Qu'est-ce qui définit vraiment une région ? Ganesh Babu, urbaniste et architecte qui travaille à améliorer les villes, propose d'étudier les régions des Pays-Bas à travers leurs systèmes urbains comme lieux de vie et de travail au quotidien. Le site regio.toekom.st est un explorateur interactif qui montre comment les régions des Pays-Bas se forment réellement à partir des choix des habitants : où ils travaillent, étudient et vivent. Le principe des « Daily Urban Systems » est simple : si 10 % ou plus des actifs d'une commune font la navette vers une ville, cette commune appartient au système urbain de cette ville. On peut déplacer le seuil, survoler une ville pour voir son bassin de navetteurs, et faire défiler près de vingt ans d'évolution.
Systèmes urbains quotidiens — lieux de vie et de travail. Les flux de navetteurs définissent les régions quotidiennes des Pays-Bas, 1998-2024. Source : regio.toekom.st
Les limites régionales sont bien plus fluides que ne le supposent nos structures de gouvernance, les fusions de communes redessinent discrètement la manière dont on mesure tout dans le temps, et le poids d'Amsterdam est plus important qu'on ne l'imagine — au point de se demander s'il ne faudrait pas penser l'aile nord de la Randstad (Utrecht compris) comme une seule et même région urbaine. L'outil est entièrement configurable, disponible en anglais et en néerlandais, et un vrai travail de fond a été fait pour garder les communes comparables malgré deux décennies de fusions.
Le poids d'Amsterdam dans le système urbain néerlandais. Source : regio.toekom.st
Où vivent et étudient les étudiants du MBO (DUO), 2021-2025. Source : regio.toekom.st
Des chercheurs ont créé une carte interactive recensant 1,8 million d'arbres à New York, grâce à une nouvelle approche qui pourrait optimiser l'emplacement des arbres pour le rafraîchissement des villes du monde entier. Dans une étude, publiée le 14 août 2026 dans Scientific Data, des chercheurs ont identifié les essences d'arbres à l'aide d'images satellites, de données de terrain et de données 3D collectées par lidar (détection et télémétrie par laser). La méthode a démontré une précision globale de 82 %, et même supérieure pour les essences d'arbres communes de la ville de New York.
Cartographie haute résolution des arbres à New York, par essences (source : Miller et al., 2026)
1) Une cartographie très utile qui pourrait contribuer à rafraîchir les villes du monde entier
Il s'agit de la première carte exhaustive recensant les arbres à l'échelle de la ville. Elle inclut les arbres situés sur des propriétés privées, dans des espaces naturels et dans d'autres zones non cartographiées, qui représentent ensemble environ 65 % de la canopée urbaine et n'étaient pas pris en compte sur les cartes précédentes. L'équipe de recherche souhaite utiliser cette carte pour déterminer quelles essences d'arbres sont les plus efficaces pour rafraîchir l'atmosphère. Ces données pourraient également éclairer de nombreuses autres décisions de plantation où le choix de l'essence est déterminant, qu'il s'agisse de réduire les allergènes ou de lutter contre les espèces envahissantes.
Ces recherches s'inscrivent dans le cadre du projet « Cool Trees », dirigé par le Dr Arnab Ghosh, professeur agrégé de médecine à Weill Cornell Medicine et co-auteur de l'étude. Optimiser l'effet rafraîchissant des arbres est de plus en plus important, car les vagues de chaleur à New York sont de plus en plus fréquentes et intenses. Un autre projet de Cornell University, « The Generative Canopy », vise à exploiter les données relatives aux arbres de rue afin de déterminer les zones où il est nécessaire de planter davantage d'arbres pour offrir de l'ombre aux New-Yorkais les plus vulnérables.
La ville s'est récemment fixé pour objectif d'augmenter la couverture arborée de 22 % à 30 % d'ici 2040, et la nouvelle carte pourrait directement contribuer à ces efforts, ainsi qu'à des recherches plus larges menées par l'équipe Cool Trees pour déterminer la relation entre la densité et le type d'arbres, la température et les risques sanitaires liés à la chaleur.
Une avancée majeure dans cette recherche a consisté à exploiter les images prises par les constellations de satellites PlanetScope, déployées par la société d'imagerie satellitaire Planet. Ces satellites prennent des photos haute résolution et font le tour de la Terre toutes les 90 minutes. Selon Katz, l'utilisation d'images satellites pour l'identification des arbres représente un Graal dans son domaine depuis des décennies, mais ces images sont souvent difficiles d'accès et ne sont pas à l'échelle requise pour l'identification. L'équipe Cool Trees, dont le premier auteur et chercheur David Miller , a tiré parti de la grande quantité d'images PlanetScope prises au fil du temps, ce qui lui a permis de suivre l'évolution du feuillage des arbres à l'automne ou l'apparition des premiers bourgeons au printemps, par exemple.
L'équipe a également utilisé des données lidar 3D de l'État de New York, une carte délimitant les cimes des arbres établie par The Nature Conservancy et l'Université du Vermont, ainsi que des données de terrain du Département des parcs et des loisirs de la ville de New York pour entraîner son classificateur et vérifier ses prédictions. Grâce à la couverture géographique des satellites PlanetScope (à l'échelle nationale et mondiale), Katz a indiqué que l'équipe espère étendre son approche à de nombreuses autres régions. Elle a ainsi constitué une base de données de 405 villes américaines moyennes et grandes qu'elle souhaite cartographier.
Le financement de cette recherche provient de l'Institut national de l'alimentation et de l'agriculture du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), du Centre Atkinson pour la durabilité de l'université Cornell et du fonds de bienfaisance Leona M. et Harry B. Helmsley.
2) Mode d'utilisation de la carte interactive
Cette carte représente environ 1,8 million de cimes d'arbres à New York, chacune identifiée selon son esssence (chêne, érable, orme, bouleau...). Elle recense à la fois les arbres mesurés lors de l' inventaire manuel et ceux classés à partir d'images satellites PlanetScope et de données lidar aéroportées, y compris les arbres situés sur des propriétés privées et dans des espaces naturels. Elle constitue ainsi la carte d'identification des arbres la plus complète disponible sur New York.
Comment lire la carte
• La couleur indique l'essence — voir la légende à droite. Cliquez sur une essence dans la légende pour la mettre en surbrillance dans toute la ville ; cliquez à nouveau dessus (ou sur « Afficher tous les genres ») pour rétablir la liste.
• Cliquez sur n'importe quel polygone pour connaître le type d'arbre, qu'il s'agisse d'une observation vérifiée sur le terrain ou d'une prédiction basée sur la télédétection. Le degré de certitude du classificateur quant à l'appartenance de l'arbre à l'essence prédite apparaît dans un panneau d'information.
Bon à savoir
• Seuls les 18 essences les plus communs à l'échelle de la ville sont classés (environ 78 % de la surface terrière totale) ; les essences plus rares ne sont pas incluses.
• La précision globale est de 82 %, mais les essences les plus courantes ont tendance à avoir une précision plus élevée et les essences moins courantes (par exemple le bouleau) sont moins fiables.
• Les polygones de cimes d'arbres sont fournis par TNC/UVM ; la création de ces polygones est complexe et la segmentation n'est pas parfaite ; consultez l'article pour plus de détails et les limitations.
Options de visualisation
• Source des données des arbres (légende, en bas) : afficher uniquement les enregistrements d’arbres de rue de référence, uniquement les prédictions du classificateur ou tous les arbres (par défaut).
• Estompage selon la probabilité du classificateur (légende, en bas) : sélectionnez cette option pour afficher la probabilité du classificateur. Lorsqu’elle est activée, les polygones pour lesquels le classificateur est moins certain apparaissent avec une transparence accrue. Désactivée par défaut, chaque polygone est totalement opaque, quelle que soit sa probabilité.
Source : Malekzadeh, M., Väisänen, T., Panori, A. et al. (2026). How regional characteristics drive various human mobility types across Europe [Comment les caractéristiques régionales influent sur les différents types de mobilité humaine en Europe]. Nature Communications, 17, 6667. https://doi.org/10.1038/s41467-026-73288-6
La mobilité spatiale des personnes entre les régions est fortement influencée par les contextes socio-économiques, qui l'affectent et l'influencent réciproquement, notamment dans le contexte des transitions écologique et numérique en cours. Or, cette mobilité est souvent étudiée sous l'angle d'un seul type de déplacement, négligeant ainsi la diversité des facteurs qui la sous-tendent. Cette étude examine les impacts distincts des caractéristiques régionales sur sept types de mobilité à travers les régions européennes : migration permanente, mobilité étudiante de courte et de longue durée, travail saisonnier, déplacements domicile-travail longue distance et transfrontaliers, et modes de vie multilocaux. En intégrant des données d'enquête sur la population active, Erasmus+ et Twitter, les auteurs montrent comment les caractéristiques régionales ont des effets différents sur chaque type de mobilité, influencés par des combinaisons uniques de facteurs économiques, environnementaux et sociaux. Ces différences soulignent les limites d'une approche uniforme pour appréhender la mobilité spatiale interrégionale et mettent en évidence la nécessité de politiques adaptées aux différents types de mobilité et aux caractéristiques régionales. À la lumière de ces constats, ils proposent des pistes de recommandations politiques visant à renforcer l'attractivité des régions et à soutenir un développement territorial équilibré.
Répartition spatiale des flux de mobilité régionaux en Europe (source : Malekzadeh et al., 2026)
Cette série de cartes témoigne de grandes différences en fonction du type de mobilité. Les déplacements transfrontaliers se concentrent autour de pays comme le Luxembourg et la Suisse. La mobilité étudiante crée ses propres corridors. Le travail saisonnier façonne une autre Europe. Et des centaines de milliers de personnes présentent désormais des schémas de résidence véritablement multilocaux.
Les sources de données utilisées pour cet article sont les suivantes :
Enquête sur la population active
Les données de l’enquête sur la population active (EPA) ont servi à analyser trois types de mobilité : les déplacements domicile-travail longue distance, le travail saisonnier et les déplacements transfrontaliers. Les données ont été traitées annuellement afin de prendre en compte ces types de mobilité, les pondérations démographiques fournies par l’EPA étant utilisées pour l’agrégation annuelle. Afin de garantir la comparabilité à l’échelle européenne, des pondérations supplémentaires ont été appliquées au niveau national en fonction de la population en âge de travailler pour chaque année.
Données sur les échanges d'étudiants Erasmus
Les données sur la mobilité étudiante Erasmus couvrent la période 2014-2022 et détaillent les échanges individuels d'étudiants. Afin de se concentrer sur les mobilités significatives, les auteurs ont sélectionné les échanges d'une durée minimale de trois mois. Pour cette analyse, ils ont utilisé la version géoréférencée de l'ensemble de données Erasmus.
Données Twitter (X)
Les tweets géolocalisés de Twitter ont été utilisés pour analyser les tendances migratoires permanentes et la vie multilocale. Les données brutes ont été extraites d'une archive de données historiques Twitter recensant l'activité de tous les utilisateurs ayant tweeté au moins une fois depuis les limites de l'espace européen
L'ensemble des données harmonisées, incluant tous les types de mobilité et les caractéristiques régionales, est hébergé sur Zenodo dans le dépôt MOBI-TWIN, accessible à l'adresse https://zenodo.org/records/21786901.
Le Ministère de la Transition écologique met à disposition sur le site Data.gouv.fr une série de données sur le trafic routier en France. Ces jeux de données décrivent le Trafic moyen journalier annuel sur le réseau routier national. Le trafic moyen journalier annuel (TMJA) d'une section routière est obtenu en calculant la moyenne sur une année du nombre de véhicules circulant sur cette section, tous sens confondus, au cours d'une journée. Ces données de trafic en temps différé s'accompagnent généralement d'une estimation (en pourcentage) du nombre de poids lourds entrant dans leur composition. Les données sont disponibles pour la période 2018 à 2024. A noter : elles ne concernent que le réseau concédé. Elles permettent malgré tout de conduire des analyses sur les principaux flux autoroutiers en France.
Voici à titre d'exemples deux cartes permettant de représenter l'importance du trafic routier et la part relative des poids lourds en 2019. La première carte met en évidence la concentration du trafic sur quelques grands axes autoroutiers ainsi que sur les rocades et périphériques autour des grandes métropoles. La deuxième carte permet de comparer la part du trafic des poids lourds par tronçons autoroutiers (en particulier sur les transversales est-ouest de la France moins bien pourvue en autoroutes et autour de grandes métropoles qui concentrent les activités de fret).
Les données (disponibles en csv et shp) proviennent de deux sources :
Les données initiales relatives au trafic des poids lourds 2019 sont erronées. Nicolas Roelandt propose une méthodologie pour corriger ces données. Un jeu de données corrigé a été publié. Ces données permettent de calculer le trafic des poids lourds (multiplier le trafic journalier moyen annuel par le ratio_PL) et de le convertir en débit horaire (HGV/h) :
Carte du trafic des poids lourds sur le réseau routier national français, à partir des données de 2019
Pour en savoir plus : Roelandt, Nicolas, François Combes, Martin Koning, Lucie Letrouit, and Vincent Robin. 2025. “Données Trafic moyen journalier annuel de 2019.” Pre-print. March 13, 2025. halid: hal-05121480v1
La base de données Géographie des états-majors référence les documents iconographiques (cartes et plans du XVIe au XXe siècles) numérisés par le Service historique de la Défense, et provenant du Dépôt de la guerre ou du Service géographique de l'armée. Ces fonds sont d'une très grande richesse documentaire et ne se cantonnent pas aux seules cartes dressées par les ingénieurs militaires : on y trouve de nombreuses cartes produites par d'autres institutions à différentes échelles (métropolitaine, régionale et locale) et sur des thématiques très variées (juridictions d'Ancien Régime, marine, réseau routier, réseau ferré, cartes géologiques, forêts, divisions religieuses...). La base permet d'explorer les cartes et plans en interrogeant la typologie, les producteurs de contenu ou encore les emprises spatiales ; elle permet aussi d'accéder aux documents numérisés et de les télécharger.
Sous l'égide de l'UMR 5136 FRAMESPA, et avec le concours du consortium Huma-Num Projets Time Machine, ces documents sont redocumentés (identifiés, typologisés, dotés de métadonnées descriptives) puis spatialisés afin d'en permettre l'interrogation dans la base de données. Il s'agit d'un projet au long cours entamé en 2025 et qui se prolongera pendant plusieurs années, le temps d'indexer plusieurs centaines de Giga octets de cartes numérisées. N'hésitez pas à revenir régulièrement sur la base pour découvrir de nouvelles cartes (2509 au 3 juillet 2026).
1) Origine et descriptif du projet
Commencé en juin 2025, ce projet est né suite à la découverte de la numérisation partielle des fonds cartographiques du Dépôt de la guerre et du Service géographique de l'armée par le Service historique de la Défense (SHD, dans les locaux du château de Vincennes). Jusqu'à aujourd'hui, ces numérisations n'étaient accessibles qu'au SHD, via les ordinateurs de la salle des inventaires, et ne disposaient pas de métadonnées permettant d'identifier chaque fichier. En conséquence, il était impossible d'identifier précisément les lieux figurés sur les cartes et plans, et encore moins de rechercher simplement les différentes représentations d'un lieu ou d'un territoire. De cet immense lot, seules les cartes d'Amérique et des Antilles avaient été déposées sur le site Mémoire des Hommes (comme le site l'indique, l'ensemble de la sous-série GR 6M J10 devrait progressivement être mis en ligne).
Pour pallier les manques, un projet de redocumentarisation visant à identifier le contenu de chaque fichier a vu le jour au laboratoire FRAMESPA. Les membres du projet identifient manuellement chaque carte et plan numérisé en vue de leur adjoindre les informations descriptives présentes dans l'ouvrage de Marie-Anne Corvisier de Villèle et Claude Ponnou, La France vue par les militaires, Paris, SHAT tome 1 et 2 (inédit). Une fois les documents identifiés, les fichiers correctements renseignés sont déposés dans une base de données relationnelle développée sous Heurist. Celle-ci permet d'explorer les cartes et plans en interrogeant la typologie, les producteurs de contenu ou encore les emprises spatiales ; elle permet aussi d'accéder aux documents numérisés et de les télécharger. Toutes ces données sont librement accessibles et réutilisables sous réserve de citer le Service historique de la Défense et le laboratoire FRAMESPA comme redocumenteur.
L'enrichissement de la base est effectué par des stagiaires (étudiant·es en histoire) accueillis au sein du laboratoire. À terme, près de 13 000 cartes et plans du Dépôt de la guerre et du Service géographique de l'armée devraient être hébergés dans la base, ainsi que plusieurs dizaines de registres de la bibliothèque historique de Vincennes.
3) Mode d'utilisation du site
La recherche s'effectue en cliquant sur "Les cartes et plans" puis via la colonne de gauche "Cartes". Plusieurs possibilités de recherche sont offertes par la base :
Recherche spatiale : cliquer sur "Définir" pour rechercher un toponyme sur une carte via un moteur de recherche ou pour dessiner un polygone sur une carte pour identifier les cartes et plans qui figurent l'espace dessiné.
Recherche tout champs : interroger l'intégralité des médatonnées documentaires présentes sur chaque fiche.
Recherche par mots-clefs du titre : rechercher exclusivement parmi les mots du titre (un titre se présente toujours sous la forme date, titre originel de la carte ou du plan, nom de l'auteur).
Recherche plein texte dans la description des cartes : recherches portant exclusivement sur la matérialité des documents (nombre de feuilles, dimensions...).
Typologie des cartes : rechercher des cartes à partir de typologies regroupant les documents en grandes catégories d'analyse. Ces dernières sont essentiellement celles des archivistes militaires.
Auteur(s) des cartes : rechercher par producteur de contenu (individu ou institution).
Lieux des cartes : il s'agit d'un classement automatique par ordre de grandeur et par lieu. Le nombre et les lieux mentionnés évoluent en fonction des critères de recherche sélectionnés ci-dessus.
Échelle : rechercher par échelle de carte (en lieues ou kms).
Cote : rechercher par cote d'un document.
Date de production des cartes : utiliser le slider (glissière) pour définir un interval temporel.
Carte remarquable : naviguer dans les cartes remarquables identifiées lors de l'indexation des documents.
Naviguer et télécharger
Le résultat de la recherche s'affiche au centre de la page sous forme de liste. Le côté droit génère une carte représentant l'ensemble des emprises spatiales des documents, ainsi qu'une frise chronologique.
Pour accéder à un document, cliquez sur le titre : la fiche s'ouvrira, présentant la numérisation (recto et verso) et les métadonnées documentaires.
Pour afficher et agrandir la carte, cliquez sur le bouton Mirador : une fenêtre s'ouvrira et il sera possible de zoomer dans le document.
Pour télécharger la carte, cliquez sur le bouton Download au-dessus de chaque document numérisé.
4) Une collection exceptionnelle de cartes et plans
La collection est exceptionnelle. Elle comporte plus de 750 cartes anciennes sur la France, près de 200 concernant Paris. Elle couvre une longue période de 1540 à 1921.
A noter : une sélection de 43 cartes et plans remarquables dont un plan de la Bastille, un plan de Versailles en 3D, ainsi que diverses cartes agronomiques, hydrologiques ou de défense.
Toutes les cartes sont consultables en haute résolution avec leurs données de géolocalisation concernant leur emprise géographique. Les données présentes sur le site sont librement accessibles et réutilisables sous réserve de créditer :
le Service historique de la Défense comme producteur de contenu ;
Les corridors sont devenus une technologie dominante dans divers espaces, lieux et territoires, reflétant une évolution mondiale de la gouvernance urbaine et régionale, des flux d'investissement, des approches de planification, des régimes logistiques et des processus d'urbanisation.
GlobalCORRIDOR est une enquête en cours qui répond à cette nouvelle géographie urbaine mondiale de la corridorisation par le biais d'un programme de recherche novateur visant à répondre aux immenses changements que ces visions, plans et investissements sont susceptibles d'imposer à la vie urbaine, ainsi qu'aux lacunes dans les connaissances relatives à ce phénomène. L’objectif de GlobalCORRIDOR est de trouver de nouvelles façons d’aborder la recherche et la réflexion sur les corridors et d’évaluer comment ces transformations induites par les infrastructures façonnent les géographies urbaines et régionales.
Le travail de recherche couvre un large éventail de domaines, allant des grands ensembles de données et de la visualisation des données au travail de terrain sur de nombreux corridors en Égypte, en Grèce, au Kenya, en Italie, au Pakistan et en Ouganda, en passant par l'analyse historique, les séminaires, les événements publics et les ateliers, ainsi que les collaborations avec des cinéastes et les méthodes photographiques.
L’enquête a été organisée autour de la subvention de démarrage du Conseil européen de la recherche (2021-2027) du professeur Jonathan Silver dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne. Le projet est basé à l'Institut urbain de l'Université de Sheffield avec des partenaires dans plusieurs régions où sont menées les études de cas (Asie du Sud, Méditerranée et Afrique de l'Est).
2) Vers une typologie des corridors
La corridorisation est une logique qui transforme la planète. L'équipe de recherche distingue plusieurs types de corridors qui peuvent se recouper. Même si elle peut être discutée, cette typologie a le mérite d'apporter des éléments éclairants pour l'analyse :
Les corridors d'infrastructure : ils correspondent à des dispositifs matériels et immatériels associés à des processus de standardisation et de développement axés sur les infrastructures. Ils permettent une interconnexion et une circulation fluides sur de longues distances, au sein et entre différents territoires, afin de fournir divers services.
Les corridors économiques, de croissance et de développement : ils sont à envisager comme des instruments financiers permettant de réaliser la croissance, la prospérité et les plans de développement nationaux.
Les corridors de transit ou de transport : ils sont définis comme des connexions constituées par différents modes de transport, permettant le trafic de passagers et de marchandises, dans le but de dynamiser l'activité économique. La mondialisation des chaînes d'approvisionnement a engendré un besoin de coordination des transports intercontinentaux, du transit terrestre longue distance et de la livraison locale de marchandises.
Les corridors logistiques : ils se distinguent des corridors de transit ; il sont spécifiquement dédiés au passage de marchandises et de matières premières, et intègrent les capacités de transformation, de conditionnement et de valorisation avant leur expédition vers les marchés.
Les corridors urbains : ils relient les espaces urbains pour former de vastes agglomérations. Une fois établis, ils favorisent l'urbanisation et la croissance urbaine le long de leur tracé.
Les corridors maritimes : il s'agit de voies de transit maritimes axées sur le commerce, ce qui justifie une catégorisation distincte, tout en soulignant leur chevauchement et leur intégration avec les corridors terrestres.
Les corridors agricoles : ils représentent des extensions à grande échelle dotées d'infrastructures destinées à soutenir la production, la transformation et la commercialisation des produits agricoles.
Les corridors fauniques et de conservation : ils sont conçus pour faciliter les déplacements de la faune dans le but de préserver la biodiversité.
Les corridors illicites : ils désignent les différentes utilisations de zones et d'infrastructures pour faciliter les flux et activités illicites au sein des circuits mondiaux de capitaux, de produits et d'informations. Les ports, par exemple, situés au carrefour de la sécurité et de l'insécurité, sont souvent synonymes de flux non autorisés.
Les corridors peuplés : un corridor peut être considéré comme « peuplé » lorsqu’il est public, habité ou occupé. Mais il peut également l’être s’il sert de corridor de transit et permet la circulation et la mobilité des personnes le long de son tracé.
Les corridors de transferts de fonds, ou marchés ou flux de transferts de fonds, désignent les systèmes de transfert de fonds non commerciaux qui circulent d'un pays à l'autre lorsque des travailleurs migrants ou des membres de la diaspora envoient (ou reçoivent) de l'argent vers leur pays d'origine.
3) L'Atlas Global Corridor pour cartographier le phénomène
L'Atlas Global Corridor cartographie 1,58 milliard de dollars de projets d'infrastructures de corridors à l'échelle mondiale. L'Atlas a été conçu comme un outil de visualisation de données. Pour l'utiliser, vous pouvez sélectionner un groupe de corridors ou une région dans le menu principal. Un ensemble de données et d'informations est fourni pour chaque projet d'infrastructure (voirl'intro de l'Atlas).
Les corridors sélectionnés pour l'Atlas et la base de données comprennent :
Le projet chinois « Belt and Road Initiative » : Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) ; Nouveau pont terrestre eurasien (NELB) ; Corridor économique Chine-Asie centrale-Asie occidentale (CAWEC) ; Corridor économique Chine-Mongolie-Russie (CMREC) ; Corridor économique Chine-Myanmar (CMEC) ; Corridor économique Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar (BCIM) ; Corridor économique Chine-péninsule indochinoise (CICPEC)
Au Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) : Route de développement de l'Irak ; Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) ; Corridor multimodal transmaghrebien ; Corridor international de transport Nord-Sud (INSTC)
En Afrique centrale : Corridor Libreville-Brazzaville-Pointe Noire ; Couloir de Douala ; Kribi; Couloir de Lobito ; Bas-Congo
En Afrique de l'Est et du Sud-Est : LAPSSET ; Corridor Nord ; Corridor de développement de Dar es Salaam ; Central; Djibouti-Addis ; Couloir de Beira ; Couloir de Maputo ; Nacala ; Corridor Nord-Sud (Afrique) ; Corridor de développement de Mtwara ; Couloir de Massaoua
Dans la Baie de Walvis : Corridor Trans-Kalahari ; Corridor Trans-Oranje ; Corridor de Développement Ndola-Lubumbashi ; Corridor Trans-Cunene
En Afrique de l'Ouest : Corridor Praia-Dakar-Abidjan ; Corridor de Tema à Ouagadougou ; Corridor Abidjan-Lagos ; Corridor Dakar-Bamako ; Corridor transsaharien ; Corridor Lomé-Ouagadougou-Niamey (LON)
En Europe : Corridor Baltique-Adriatique ; Corridor méditerranéen ; Corridor mer du Nord-Baltique ; Corridor atlantique ; Corridor Rhin-Danube ; Corridor scandinave-méditerranéen ; Corridor Orient/Méditerranée orientale ; Corridor Rhin-Alpes ; Corridor mer du Nord-Méditerranée
Dans les Amériques : Corridor bioocéanique Pérou-Brésil ; Corridor bioocéanique du Capricorne (CBC) ; Corridor CANAMEX
Source : M. Neumann, A. Raichuk et al. « Global forest typology at 10-meter resolution for forest and land-use monitoring » [Typologie forestière mondiale à une résolution de 10 mètres pour la surveillance des forêts et de l'utilisation des terres], EarthArXiv, https://doi.org/10.31223/X58R27
Pour comptabiliser le carbone, évaluer la biodiversité, planifier la conservation et la réglementation des chaînes d'approvisionnement, il est essentiel de pouvoir distinguer les différents types de forêts des cultures arboricoles agricoles et autres utilisations de terres. Or, aucune base de données mondiale existante n'offre cette typologie avec une haute résolution spatiale. Les chercheurs présentent ici la version 1 de la typologie forestière (ForTy), une carte mondiale d'une résolution de 10 mètres qui classe les terres en six catégories, conformément aux définitions de la FAO et du règlement européen sur la déforestation (EUDR) : forêt primaire, forêt à régénération naturelle, forêt plantée, forêt de plantation, cultures arboricoles et agroforesterie, autres terres. Ce travail vise à soutenir les efforts de durabilité et de conservation en fournissant des informations spatiales cruciales sur le type de forêts, les objectifs de conservation 30×30, le TFFF et une comptabilité crédible du carbone. Le jeu de données a été élaboré en collaboration avec Google DeepMind/Google Research, le World Resources Institute et International Institute for Applied Systems Analysis (IIASA). Il a été construit à l'aide d'un pipeline d’apprentissage profond à partir de données des satellites, entraîné sur 1,7 million d’échantillons répartis mondialement.
Typologie forestière (ForTy v1, 2020) en projection Equal Earth montrant la classe majoritaire
La carte peut être explorée librement sur Google Earth Engine avec les scores de probabilité pour chaque type de forêts.
Les données au format raster GeoTIFF sont disponibles sur Figshare. Le jeu de données Forest Typology (ForTy) v1 fournit des cartes probabilistes multiclasses à résolution spatiale mondiale de 10 mètres pour l'année de référence 2020. Ce dépôt contient les principales couches de probabilité multibandes distribuées sous forme de GeoTIFF optimisés pour le cloud (COG), segmentées en archives géographiques localisées sur la grille mondiale Universal Transverse Mercator (UTM).
Les groupes sont classés comme suit :
Bande 1 (PrimaryForest) : pseudo-probabilité quantifiée (0-250) pour la forêt primaire.
Bande 2 (Forêt à régénération naturelle) : Pseudo-probabilité quantifiée (0-250) pour la forêt à régénération naturelle.
Bande 3 (PlantedForest) : pseudo-probabilité quantifiée (0-250) pour la forêt plantée.
Bande 4 (PlantationForest) : pseudo-probabilité quantifiée (0-250) pour la forêt de plantation.
Bande 5 (Cultures arboricoles et agroforesterie) : pseudo-probabilité quantifiée (0-250) pour les cultures arboricoles et les systèmes agroforestiers mixtes.
Dérivation programmatique de la classe 6 (autres terrains)
La probabilité de la 6e classe thématique (autres terres) n'est pas stockée explicitement sous forme de bande. Elle doit être calculée par programme comme le complément des cinq premières bandes à l'aide de la formule suivante (en texte brut) :
Une carte catégorielle stricte peut être obtenue en appliquant une opération argmax standard sur les six classes. Pour obtenir les pseudo-probabilités dans la plage de 0 à 1, divisez les valeurs de la bande par 250.
Source : « Féminisme des données pour la visualisation de données » (Data Feminism for Data Visualization) par Lauren Klein et Catherine D'Ignazio.
Lauren Klein et Catherine D'Ignazio lancent un nouveau cours qui développe leur ouvrage « Data Feminism » paru en 2020 aux presses du MIT (consultable sur le site). Ce cours invite à réfléchir à la manière dont l'examen des questions de genre, de pouvoir et de justice peut transformer notre façon de visualiser les données. En puisant dans la riche histoire de l'activisme féministe et de la pensée critique, les auteurs nous apprennent à identifier et à contrer les biais inhérents aux pratiques de visualisation conventionnelles, tout en développant les compétences nécessaires à la création de visualisations plus éthiques, inclusives et socialement responsables. Le cours met en dialogue des exemples concrets de visualisation de données avec des cadres théoriques qui interrogent les perspectives incluses (ou non) en science des données et en communication des données, illustrant ainsi la nécessité d'approches qui utilisent la visualisation pour amplifier les perspectives minoritaires et attirer l'attention sur les enjeux d'équité et de justice.
Catherine D'Ignazio est par ailleurs l'autrice de « Counting Feminicide » ("Comptage des féminicides : le féminisme des données en action") disponible en téléchargement sur le site du MIT. L'ouvrage met en lumière le travail de militant·e·s des données à travers les Amériques qui documentent ces meurtres et remettent en question la logique dominante de la science des données en plaçant la prise en charge, la mémoire et la justice au cœur de leurs recherches. S'appuyant sur « Data Against Feminicide », un vaste projet de recherche collaboratif, Catherine D'Ignazio décrit le travail créatif, intellectuel et émotionnel de ces militant·e·s des données sur les féminicides, à l'avant-garde d'une éthique des données qui prend en compte avec rigueur et constance les rapports de pouvoir et les personnes.
Lauren Klein a publié « Data by Design » ("Données dès la conception. Visualisation et pouvoir : de l’abolition à l’aube de la science des données"). L'ouvrage explore les continents et les siècles pour révéler la puissance de la visualisation et montrer comment elle peut être utilisée à des fins de transformation. Une série de nouvelles images, créées par Lauren Klein et son équipe de recherche – également visibles sur un site web interactif – élargit notre compréhension de ce que la visualisation, utilisée avec intention et rigueur, peut accomplir.
Le site « Data by Design » vise un large public. Il s'adresse notamment aux concepteurs et chercheurs en visualisation, aux journalistes et scientifiques des données, ainsi qu'aux militants, organisateurs et autres personnes qui utilisent les données et la visualisation dans le cadre de leur travail. Il concerne également les étudiants et les chercheurs de divers domaines universitaires, tels que les humanités numériques, les études littéraires et culturelles, les études féministes et de genre, les études critiques de la race, les études autochtones, les études médiatiques, les sciences et études de l'information, les études sociales des sciences et des technologies (STS) et l'interaction homme-machine (IHM).
L. Klein, T. Sharma, J. Varner, S. Li, M. Adams, N. Yang, D. Jutan, J. Fu, A. Mola, Z. Fang, Y. Li et S. Munro. L. (2024). Data by Design. Public beta, https://dataxdesign.io/.
Infoclimat est une association fondée par des passionnés de météorologie. En plus d’accumuler une montagne de données, elle a pour objectif la mise en commun des informations, l’installation de stations météo supplémentaires, la vulgarisation scientifique et les échanges entre les différents acteurs de la météo. En mai 2026, elle a lancé, en partenariat avec Data for good, DataClimat, un portail citoyen destiné à « rendre le changement climatique visible, compréhensible et vérifiable par tous ».
1) Infoclimat.fr : un site très pédagogique
Fondée en 2002 par des passionnés de météorologie, Infoclimat est aujourd'hui l'un des plus grands réseaux météorologiques amateurs de France. L'association fédère plusieurs milliers de stations météo bénévoles réparties sur l'ensemble du territoire, des plaines aux sommets alpins, en passant par les territoires ultramarins. Grâce à cet engagement bénévole, Infoclimat collecte, contrôle et diffuse en open data des observations météorologiques continues, constituant une base de données d'une richesse exceptionnelle.nAu-delà du réseau de mesure, l'association porte des valeurs fortes : partage de la connaissance, accessibilité des données scientifiques et indépendance vis-à-vis des intérêts commerciaux. Rejoindre l'association, c'est contribuer à la pérennité de cette mission d'intérêt général.
Infoclimat fournit des données de prévisions météorologiques issues de MétéoFrance, mais aussi des données et bilans climatiques à l'échelle nationale et à l'échelle régionale. Une rubrique spéciale "Météo à l'Ecole" propose des mises au point scientifiques et pédagogiques avec des ressources par niveau de classe. On y trouve des fonctions simples comme l’envoi d’observations et de photos, des forums de discussions, des analyses des conditions météo et autres. Mais le site propose également des outils beaucoup plus techniques à l’attention des personnes en ayant besoin et sachant les exploiter. Le tout forme un parfait exemple, selon l’association, de science participative.
Données de température sur Infoclimat en mai 2026 (crédit : Infoclimat.fr)
Infoclimat collecte des données issues d’environ 1 100 stations installées par des passionnés sur tout le territoire, regroupées dans le réseau StatIC (STATions InfoClimat). Températures, précipitations et vent sont mesurés. Les données sont ensuite envoyées sur les serveurs de l’association toutes les 10, 15 ou 30 minutes selon le matériel. Infoclimat lutte pour l’ouverture des données météorologiques (ce que MétéoFrance commence seulement à faire).
Créée en 2014, Data For Good à pour but de « bâtir un contre-pouvoir tech citoyen ». L'association qui mobilise plus de 8000 bénévoles avec des compétences liées à l'analyse de données — data scientists, ingénieurs, designers, développeurs — pour les mettre au service de projets d'intérêt général portés par des associations, ONG ou organismes publics. Les projets Data For Good réunissent des dizaines de bénévoles autour de causes variées - santé, environnement, éducation, solidarité ... - dans le but de créer et livrer un outil, un plaidoyer ou un site web à l'association afin qu'elle puisse l'utiliser et le faire évoluer si besoin. Data For Good croit que la technologie et les données peuvent être des leviers puissants pour le bien commun, tout en luttant contre une vision hégémonique de la Tech : DataClimat est l'un des projets nés de cette conviction.
2) Dataclimat.fr : le nouvel outil de datavisualisation d'Infoclimat
En mai 2026, l’association Infoclimat, en partenariat avec Data for good, a lancé DataClimat, un portail inédit qui risque de faire bouger les lignes de l’accessibilité aux données climatiques en France. DataClimat propose trois rubriques (indicateur thermique national, écart aux normales, records), exportables en différents formats (png, csv et html), afin d'être repris par les médias et sur les réseaux sociaux. L’objectif est clair : rendre le changement climatique visible, compréhensible et vérifiable par tous. En mettant à disposition des données fiables et faciles à explorer, le but est de donner aux citoyens, aux décideurs et aux journalistes des outils concrets et gratuits pour répondre aux discours climatosceptiques qui circulent sur internet et jusque dans le débat politique.
Les records de température correspondent aux valeurs extrêmes — maximales ou minimales — mesurées depuis la création d'une station disposant d'au moins 50 ans de données.
Tableau de bord national avec températures et anomalies (source : DataClimat.fr)
L'écart de température à la normale est défini comme la différence de la température moyenne sur une période donnée et la température moyenne de référence calculée sur la période 1991–2020 pour une durée équivalente. En 2025, en France, un jour sur deux, la température a été supérieure aux normales de saison.
Ecart à la normale en France métropolitaine depuis 1980 (crédits : Infoclimat, DataforGood)
L'Indicateur Thermique National (ITN) est la température moyenne mesurée à l'échelle du pays (moyenne des températures minimales et maximales sur 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée en France). L’ITN est disponible en libre accès sur le site Infoclimat.
Indicateur Thermique National (ITN) pour l'année 2025 (source : Infoclimat)
Ces indicateurs montrent que les évolutions climatiques ne relèvent plus uniquement de projections futures, mais de phénomènes déjà observables sur notre territoire.
Présentation du site DataClimat par Serge Zaka (Youtube)
Les données sont issues de mesures open source de Météo-France.
« Dôme de chaleur, épisode de chaleur : huit départements placés en vigilance orange canicule par Météo-France à partir du 26 mai 2026 » (Libération). Au total, 28 départements sont concernés par la vigilance, orange comme jaune.
Lorsque le phénomène "Canicule" a intégré la vigilance de Météo-France en 2004, elle avait été pensée pour une période de "veille saisonnière" du 1er juin au 31 août, depuis allongée au 15 septembre. Une alerte orange Canicule est déclenchée pour la première fois au mois de mai en France. Les climatologues ont montré que les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s’allonger et s’intensifier.
« Vague de chaleur : c’est historique, la France n’a jamais connu un jour de mai aussi chaud » (Le Parisien). Jour de mai le plus chaud à l'échelle du pays, des centaines de records mensuels battus (parfois très largement)... Et l'épisode va continuer, des modèles envisagent des températures totalement dingues pour un mois de mai. La France n’est pas isolée en Europe de l’Ouest. Le dôme de chaleur qui la recouvre touche aussi certains pays voisins, comme l’Angleterre. Les écarts aux « normales » de saison vont devenir gigantesques, jusqu’à + 17 °C en Bretagne mercredi. À nouveau, une palanquée de records mensuels - parfois ceux atteints ce lundi - devrait « tomber », surtout sur la moitié ouest du pays.
« Un record de plus de 70 ans déjà battu : pourquoi Rennes connaît une vague de chaleur inédite » (Ouest-France). Le 23 mai 2026, la ville bat le record de mai de 1953 avec 31,1°C. La Bretagne glisse vers un climat plus chaud, en plein printemps. Ce week-end ou dans les jours à venir, les températures pourraient dépasser les 31-32 degrés à Rennes (Ille-et-Vilaine). Une première pour un mois de mai.
Vincent Dubreuil, géographe climatologue à l’Université Rennes 2, décrypte les enjeux d'une vague de chaleur précoce à Rennes. Il rappelle que Rennes pourrait dépasser 31-32°C fin mai, une situation jamais observée à cette période. La chaleur arrive plus tôt dans l’année, dure davantage et s’intensifie. Le changement climatique modifie déjà le calendrier des extrêmes, jusqu’en Bretagne. Rennes a gagné un peu moins de 2°C depuis deux siècles. Pour Vincent Dubreuil, son climat actuel ressemble à celui de Bordeaux il y a 50 ans. Certaines années, comme 2022, avec plus de 40°C, la ville connaît déjà des traits du climat toulousain dans l’Ouest français. Les projections donnent une mesure concrète du basculement. À la fin du siècle, Rennes pourrait approcher la température moyenne du centre du Portugal. La moyenne annuelle passerait de 11 à 15°C, et les 45°C pourraient être dépassés vers le milieu du siècle, loin du Midi. La chaleur est plus dure à vivre en ville. Les bâtiments et les matériaux stockent l’énergie le jour, puis la restituent la nuit. Cet îlot de chaleur urbain transforme Rennes en île chaude, quand la campagne voisine reste un peu plus fraîche et respirable, surtout la nuit. Les nuits tropicales, au-dessus de 20°C, empêchent le corps de récupérer. Rennes en connaît 4 à 6 par an, avec un record de 12 en 2023, alors qu’elles n’existaient pas il y a 50 ans. La chaleur devient un risque sanitaire nocturne, pas seulement diurne.
« Cet épisode de chaleur est un événement sans précédent », prévient le climatologue Christophe Cassou (Le Monde).
Audrey Garric s'entretient avec Christophe Cassou, climatologue (CNRS, ENS). Il éclaire une chaleur précoce dans l'ouest de la France et montre comment le réchauffement transforme déjà les lieux, les saisons, les seuils et les risques. Le 25 mai 2026, la France connaît une chaleur très inhabituelle pour la saison. Les températures atteignent 32°C à 35°C sur la majorité du pays, avec 36°C dans l'Ouest. Météo-France place 8 départements en vigilance orange, un seuil jamais activé si tôt. Christophe Cassou insiste sur une anomalie intense, précoce, longue et très étendue. Pendant près de dix jours, l'Europe de l'Ouest bascule dans une chaleur de début d'été extrême. Le Royaume-Uni et l'Irlande sont touchés, preuve que l'événement déborde largement le Sud. Les températures dépassent les normales de 10°C à 15°C et effacent d'anciens records de 2°C ou 3°C. Cassou parle d'un événement millénaire, avec environ une chance sur 1.000 d'apparaître dans le climat 1979-2025, et quasi impossible avant l'ère industrielle. Le phénomène naît d'une configuration météorologique redoutablement efficace. Une goutte froide fait remonter l'air chaud du Maghreb et d'Espagne, puis un anticyclone le bloque sur l'Europe de l'Ouest. Des sols humides évitent encore 1°C à 2°C de chaleur en plus. L'épisode surprend aussi par sa géographie. La chaleur n'est pas centrée sur la Méditerranée, mais sur l'Ouest. Cassou parle d'ovni climatique, car l'événement déborde les repères habituels. Une nuit tropicale à Rennes, en mai, rend ce basculement très concret. Les effets ne touchent pas seulement les corps. Ils traversent les milieux et les activités. Les personnes vulnérables sont exposées, les grains agricoles peuvent moins bien se remplir, et les côtes de l'Ouest voient moules et huîtres menacées par chaleur et virus. Christophe Cassou rappelle que réduire les émissions reste décisif pour limiter ces extrêmes. Il juge l'adaptation trop lente et trop réactive. Il faut cartographier les vulnérabilités alors que la France pourrait recevoir 20% de pluie en moins.
« Lutter contre le changement climatique, ce n’est pas un problème technique, c’est un enjeu démocratique » (RFI).
"On prend conscience que lutter contre le changement climatique n’est pas seulement un problème physique, ni un problème technique. C’est un problème politique, au sens de « faire société », de définir notre relation au vivant, notre relation au commun. Viser un monde durable et résilient implique des changements fondamentaux dans le fonctionnement de la société, dans les modes de vie, dans les valeurs, dans les visions du monde, dans les systèmes politiques et économiques, dans les relations de pouvoir. C’est donc aussi un enjeu démocratique. Lutter contre le changement climatique questionne les inégalités, l’accès aux ressources, la justice, l’équité, la solidarité. Peut-être que nous, climatologues, n’avons pas assez porté ce message : lutter contre le changement climatique, ce n’est pas seulement des degrés de réchauffement, de millimètres de pluie en plus ou de sécheresses. C’est toucher au fonctionnement même de la société. Aujourd’hui, il y a une dissonance entre les valeurs nécessaires pour lutter contre le changement climatique et les valeurs défendues au niveau politique".
« Comment le changement climatique favorise ces vagues de chaleur » (Climate Shift Index Map).
L’indice de dérèglement climatique (IDC) révèle dans quelle mesure le changement climatique influence la température d’une journée donnée. Cet indice varie de -5 à +5, les valeurs positives indiquant des températures de plus en plus probables en raison du changement climatique. Concernant la vague de chaleur sur l'Europe observée fin mai 2026, l'indice est à son maxi (+5) pour une bonne partie de la France, de l'Espagne, du Royaume-Uni, de la Suisse et de l'Autriche.
« Climat : fait-il chaud ou froid pour la saison ? Comparez la météo du jour à l'historique des températures des dernières décennies". Un tableau de bord mis à jour quotidiennement » (France-Info).