L'archipel imaginaire de San Serriffe. Retour sur un célèbre poisson d'avril du journal The Guardian


Source« Poisson d'avril - San Serriffe : ressource pédagogique du mois tirée des archives du Guardian », avril 2012.

Le 1er avril 1977, le Guardian publia un supplément de voyage de sept pages sur la minuscule république tropicale de San Serriffe, « un petit archipel dont les îles principales sont regroupées approximativement en forme de point-virgule, dans l'océan Indien », qui célébrait apparemment ses 10 ans d'indépendance. Le pays était en réalité une pure invention, un poisson d'avril. Le nom San Serriffe et la forme des îles n'étaient que les premiers indices ; tout ce qui touchait à San Serriffe était nommé d'après des termes d'imprimerie et de composition. Le nom lui-même fait référence aux caractères sans empattement ; Bodoni, la capitale, est une variété de police de caractères ; les deux îles principales s'appellent Caisse Haute et Caisse Basse ; les insulaires autochtones sont appelés flongs, un moule servant à fabriquer des caractères d'imprimerie, et toute la République est gouvernée par le dictateur, le général MJ Pica, dont le nom provient d'une unité de mesure typographique.

Si les lecteurs n'étaient pas familiers avec le jargon des imprimeurs, d'autres indices laissaient entendre que l'article était une plaisanterie, notamment dans les descriptions des différents aspects de San Serriffe. L'introduction saluait le succès « partiel » de la démocratie parlementaire, et la légende d'une photo évoquait « les nombreuses plages où le terrorisme a été quasiment éradiqué ». Une section consacrée à l'éducation expliquait qu'« en plus des matières classiques, un adolescent de San Serriffe pouvait se voir proposer la plongée aux perles comme option au baccalauréat ». L'idée de ce supplément parodique est venue de Philip Davies, un publicitaire qui travaillait sur des reportages spéciaux au sein du service publicité, produisant régulièrement ce genre de supplément financé par les annonceurs pour le Guardian.

Carte de San Serriffe, extraite du reportage spécial du Guardian de 1977 (crédit : © The Guardian)


Pages du journal The Guardian sur San Seriffe
Pages externes concernant San Serriffe

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Identification des voies de migration marines à l'échelle mondiale pour les oiseaux migrateurs


Source : « Marine flyways are the missing map we can use to boost seabird conservation » [Les voies de migration marines sont la carte manquante qui va permettre de renforcer la conservation des oiseaux marins] (Mongabay)

En 2026, la COP15 de la Convention sur les espèces migratrices reconnaît enfin les "routes marines" des oiseaux migrateurs. Cette cartographie globale transforme la conservation des océans. Les recherches de BirdLife International identifient 6 grandes routes marines reliant 54 pays et plus de 150 espèces. Ces corridors structurent l’espace océanique. La sterne arctique, par exemple, parcourt près de 100.000 km par an entre Arctique et Antarctique. Ces trajectoires révèlent des zones clés comme les upwellings, les zones d’alimentation et les sites de reproduction. Les oiseaux marins deviennent des indicateurs visibles de la santé des océans. Leur présence localise les espaces majeurs de biodiversité mondiale. La vulnérabilité est forte puisque 42% des espèces sont menacées et plus de la moitié déclinent. Pêche industrielle, espèces invasives sur les îles, pollution et réchauffement modifient la disponibilité alimentaire et perturbent les cycles de reproduction. Les scientifiques insistent sur l’échelle de conservation pertinente. Les oiseaux franchissent les frontières, la réponse doit être transnationale. Les routes marines offrent un cadre pour coordonner aires protégées, pratiques de pêche et financements à l’échelle des bassins océaniques. Les solutions existent et sont déjà testées comme par exemple l'éradication des espèces invasives, la sécurisation des pêcheries, la restauration des habitats. Le sommet mondial des voies de migration marines en 2026 doit accélérer la coopération. 

Six voies de migration marines identifiées grâce aux données de suivi des oiseaux marins.
Infographie réalisée par © Hannah Whitman pour BirdLife International


Les voies de migration marines sont utilisées dans les deux sens et tout au long de l'année. Au sein de chaque voie, certains individus suivent l'intégralité du trajet, comme l'Albatros à tête grise (Thalassarche chrysostoma) dans la voie de migration de l'océan Austral. D'autres migrent par tronçons, comme l'Albatros des Antipodes (Diomedea antipodensis) qui se déplace vers l'est au sud du 25e parallèle sud, depuis ses colonies au large des côtes d'Aotearoa Nouvelle-Zélande jusqu'au courant de Humboldt. Certains individus empruntent plusieurs voies de migration, comme la Sterne arctique (Sterna paradiasea), qui peut migrer par la voie de migration de l'océan Atlantique, puis par celle de l'océan Indien oriental, avant de rejoindre la voie de migration de l'océan Austral. Dans certains cas, une même population utilise différentes voies de migration, comme le Labbe antarctique (Catharacta maccormicki) qui se reproduit sur l'île du Roi-George, en Antarctique : certains individus migrent le long de la voie de migration de l'océan Pacifique, et d'autres le long de celle de l'océan Atlantique. Les voies de migration marines mettent en évidence la connectivité migratoire à l'échelle des bassins océaniques et incitent à des efforts coordonnés et collaboratifs de conservation des oiseaux marins. 

Ces itinéraires de migration complètent les voies de migration terrestres et côtières. Elles peuvent s'appuyer sur les succès obtenus grâce à l'application du concept de voies de migration à la conservation des oiseaux terrestres et aquatiques. Le cadre des voies de migration peut servir à : (1) identifier et protéger un réseau mondial de zones importantes ; (2) identifier et atténuer les menaces émergentes sur des sites clés et à plus grande échelle ; (3) faciliter l'identification des partenariats intergouvernementaux et des collaborations entre les parties prenantes ; et (4) identifier les besoins et les opportunités de recherche. Les voies de migration marines sont particulièrement pertinentes pour les accords multilatéraux sur l'environnement, notamment la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS). 

Référence scientifique :
Morten, JM, Carneiro, APB, Beal, M., Bonnet-Lebrun, A.-S., Dias, MP et al. (2025). « Global Marine Flyways Identified for Long-Distance Migrating Seabirds From Tracking Data [Identification des voies de migration marines mondiales pour les oiseaux marins migrateurs de longue distance à partir de données de suivi]. Global Ecology and Biogeography, 34 (2), https://doi.org/10.1111/geb.70004

Base de données de suivi des oiseaux marins : 
BirdLife International, « Seabird Tracking Database », https://data.seabirdtracking.org/

Pour compléter

« Six voies de migration marines ont été identifiées à partir de données de suivi des oiseaux marins » (BirdLife International).

Le concept de voies de migration s'est révélé un cadre utile pour faciliter la collaboration internationale en matière de conservation des oiseaux terrestres et aquatiques migrateurs. Cependant, les routes migratoires océaniques de nombreux oiseaux marins n'avaient jusqu'à présent pas été prises en compte dans ce contexte. Afin de combler cette lacune, les données de 48 espèces de migrateurs pélagiques au long cours ont été analysées, révélant ainsi six voies de migration marines. Celles-ci comprennent deux voies en forme de huit dans les océans Pacifique et Atlantique, traversant les deux hémisphères, et un anneau circumpolaire autour de l'Antarctique. Ces voies de migration marines offrent un cadre propice à une collaboration efficace pour la conservation des oiseaux marins.

La 15e Conférence des Parties à la Convention sur les espèces migratrices (CMS COP15) s'est tenue du 23 au 29 mars 2026 à Campo Grande (Brésil). Elle intervient à un moment critique pour la biodiversité mondiale : près de 50 % des espèces migratrices protégées par la CMS sont en déclin, et il reste moins de 5 ans pour atteindre les objectifs 2030 du cadre mondial de la biodiversité (Kunming-Montréal). Les espèces migratrices – oiseaux, mammifères marins, chauves-souris, poissons migrateurs et autres – dépendent d’actions coordonnées entre pays. La CMS constitue donc un levier essentiel pour traduire les engagements globaux en mesures concrètes sur les espèces, les habitats et les corridors écologiques à l’échelle des voies de migration (voir le rapport 2026 sur l'état des espèces migratrices dans le monde).

« Quarante nouvelles espèces migratrices, comme la loutre géante du Brésil ou la hyène rayée, vont bénéficier d’une protection internationale » (Le Monde). Cette liste approuvée lors de la dernière séance plénière comprend notamment le harfang des neiges (Bubo scandiacus), la chouette rendue célèbre par la saga Harry Potter, ou la barge hudsionienne (Limosa haemastica), un oiseau au long bec menacé d’extinction qui parcourt 30 000 kilomètres par an le long des Amériques. Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) y figure également, ainsi que des mammifères terrestres, comme la hyène rayée (Hyaena hyaena) ou aquatiques, comme la loutre géante du Brésil (Pteronura brasiliensis). Parmi les 40 espèces à protéger, deux sont portées par la France : la loutre géante (Pteronura brasiliensis), présente notamment en Guyane française, et le puffin à pieds pâles (Ardenna carneipes) qui séjourne en Nouvelle-Calédonie. Par ailleurs, un nouveau rapport sur les poissons d’eau douce montre que 81 % des populations migratrices ont disparu depuis 1970, en particulier à cause de barrages et d’aménagements humains qui entravent la circulation des poissons. Autre coup de projecteur cette année, l’exploitation des fonds marins — qui menace la moitié des espèces marines protégées par la convention — a fait l’objet d’une étude.

« Carte illustrant avec précision les routes migratoires de plusieurs espèces d’oiseaux entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie » (ESRI Allemagne)


Ces migrations illustrent l’adaptabilité des oiseaux face aux variations climatiques et aux contraintes environnementales. Ces déplacements réguliers jouent un rôle vital, permettant aux espèces de trouver des habitats propices à la reproduction, à l’alimentation et à la survie tout au long de l’année. Cette carte révèle l’ampleur et la complexité de ces phénomènes naturels. Chaque couleur correspond à une espèce spécifique, mettant en évidence leurs itinéraires distincts :
  • Cigogne blanche (Ciconia ciconia) : ces oiseaux emblématiques effectuent de longs trajets depuis l’Europe pour hiverner en Afrique, parcourant des milliers de kilomètres chaque année.
  • Martinet alpin (Tachymarptis melba) : ces experts du vol prolongé migrent entre l’Europe méridionale et les zones tropicales africaines, démontrant une endurance remarquable.
  • Oie rieuse (Anser albifrons) : elles migrent depuis leurs aires de reproduction arctiques vers l’Europe et l’Asie, couvrant de vastes distances en quête de conditions favorables.
  • Goéland brun (Larus fuscus) : ces oiseaux côtiers, bien que sédentaires pour certains, parcourent parfois de grandes distances le long des littoraux européens.
  • Rapaces : incluant des busards, des faucons et des aigles, ces prédateurs migrent selon des trajectoires variées à travers les continents, témoignant de leur adaptabilité.
Les oiseaux migrateurs sont considérés comme des espèces bio-indicatrices et peuvent être utilisés pour identifier les conséquences environnementales du changement climatique à travers le monde. Copernicus propose un outil de narration visuelle qui permet l'exploration et la visualisation géospatiales de la progression de la migration des oiseaux au printemps et des changements dans les schémas de migration au cours des 40 dernières années. 

Les cartes de migration d'oiseaux à l'échelle continentale peuvent être très esthétiques. Audubon a créé en 2022 une datavisualisation spectaculaire à partir des schémas migratoires de 450 espèces d'oiseaux en Amérique du Nord. La cartographie est interactive ; elle permet d'identifier des espèces à partir de leurs traces. Le National Geographic a également produit en 2018 de belles animations cartographiques concernant les grandes migrations d'oiseaux dans les Amériques. 

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La figure de la Terre. Un débat scientifique franco-anglais (XVIIᵉ-XXIᵉ siècle)


L’Académie des sciences et la Royal Society présentent, du 1er avril au 20 juin 2026, l’exposition « La figure de la Terre. Un débat scientifique franco-anglais (XVIIᵉ-XXIᵉ siècle) », dans les locaux de la bibliothèque Mazarine, au coeur de l’Institut de France. Conçue par l’Académie des sciences et la Royal Society, avec le concours des bibliothèques Mazarine et de l’Institut de France, l'exposition retrace plus de trois siècles de débats, d’expériences et de coopérations autour d’une question fondamentale : quelle est la forme exacte de la Terre ? 


Exposition Royal Society/Académie des sciences, Londres, 2024 :
Exhibit: Figuring the Earth - perspectives from the Académie des Sciences and the Royal Society

Télécharger le dossier de presse

Cette exposition propose une traversée historique et scientifique de plus de trois siècles de recherches consacrées à la mesure, la modélisation et la compréhension de la forme de notre planète, depuis le XVIIe siècle jusqu’à l’ère spatiale. Depuis l’Antiquité, on sait que la Terre est, dans ses grandes lignes, une sphère. Reste une question essentielle : est-elle légèrement aplatie aux pôles, ou bien allongée ? Pour répondre à cette question, savants, astronomes, mathématiciens et géodésiens ont élaboré des modèles théoriques, conçu des instruments innovants et mené de vastes campagnes d’observation à travers le monde. L’exposition met en regard des sources exceptionnelles issues essentiellement des collections de l’Académie des sciences et de la Royal Society, témoignant de l’intensité des échanges scientifiques entre Paris et Londres et du rôle décisif de la coopération internationale dans la production des savoirs.

POURQUOI S’INTÉRESSER À LA FIGURE DE LA TERRE ?

Pour les savants des Lumières, cette question répond d’abord à un puissant désir de comprendre le monde, animé par la rationalité, la curiosité et l’ambition d’universalité. Cette quête intellectuelle conduit notamment, à la fin du XVIIIe siècle, à la création d’une unité de mesure de longueur universelle et non arbitraire, le mètre, fondée sur les dimensions de la Terre. Mais cette ambition ne saurait occulter les réalités politiques et économiques de l’époque. Les grandes expéditions scientifiques s’inscrivent aussi dans un contexte de rivalités nationales, d’expansion coloniale et de stratégies militaires, où la maîtrise des mesures astronomiques et géodésiques devient un enjeu de pouvoir et de domination maritime.

UNE CONTROVERSE SCIENTIFIQUE EUROPÉENNE

Dès la fin du XVIIe siècle, la question de la figure de la Terre oppose deux conceptions : celle défendue par Isaac Newton, pour qui la Terre est aplatie aux pôles en raison de sa rotation, et celle soutenue par certains astronomes français, notamment Cassini, qui, s’appuyant sur des relevés géodésiques, privilégient une Terre allongée. Publiée en 1687, la première édition des Philosophiae naturalis principia mathematica de Newton, conservée à la Bibliothèque de l’Institut de France, constitue un tournant majeur de la science moderne. Elle introduit le concept de gravitation universelle et s’appuie sur les outils naissants du calcul différentiel et intégral. Newton y montre notamment que la rotation terrestre doit entraîner un aplatissement aux pôles, qu’il tente de quantifier à partir des mesures disponibles à son époque. 
Face à ces développements théoriques, l’Académie des sciences engage un vaste programme de vérification expérimentale. Les mémoires de Jacques Cassini, d’Alexis Clairaut ou encore de Pierre Louis Moreau de Maupertuis, présentés dans l’exposition, témoignent de la vigueur des débats scientifiques au sein des académies.Voltaire a résumé ce vaste débat en 1734 dans ses Lettres philosophiques, par une formule restée célèbre : « À Paris, vous vous figurez la Terre faite comme un melon ; à Londres, elle est aplatie des deux côtés ».
 
SAVANTS-EXPLORATEURS ET GRANDES EXPÉDITIONS 

L’exposition met en valeur la dimension exploratoire de la recherche. Ces savants, aussi explorateurs, ont quitté les observatoires et académies pour partir aux confins du monde mesurer des arcs de méridien et confronter leurs modèles théoriques à la réalité du terrain. La mission géodésique en Laponie (1736–1737), dirigée par Pierre Louis Moreau de Maupertuis, est illustrée par des manuscrits conservés à la Royal Society, dont la lettre adressée par Maupertuis à ses homologues londoniens avant même la publication officielle de ses résultats. Ces mesures confirment l’aplatissement de la Terre aux pôles et participent à la validation de la théorie de la gravitation de Newton. 
En parallèle, l’expédition menée au Pérou par Charles Marie de La Condamine, Pierre Bouguer et Louis Godin est documentée par des manuscrits, cartes et tableaux de triangulation issus des archives de l’Académie des sciences. Les Tables des triangles de la méridienne de Quito ou les épreuves annotées des schémas de terrain montrent concrètement comment les données étaient collectées, vérifiées et exploitées sur plusieurs années. 
Ces entreprises reposaient sur une collaboration entre officiers espagnols, savants français et correspondants britanniques qui participaient à la collecte et à l’analyse des données. Une collaboration internationale, illustrant son importance comme moteur du progrès scientifique.
 
INSTRUMENTS, MÉTHODES ET CIRCULATION DES SAVOIRS 

Au-delà des textes, l’exposition présente des instruments emblématiques de la géodésie et de l’astronomie. Le pied de roi (longueur d’un pied de Charlemagne) ayant appartenu à La Condamine, utilisé comme instrument de mesure proportionnelle, ou encore le cercle azimutal d’Edward Troughton, employé lors de la grande triangulation des Indes, incarnent la matérialité du travail scientifique. 
Ces instruments circulaient entre pays, tout comme les données et les publications. La traduction anglaise, par Richard Waller, de la Mesure de la Terre de Jean Picard (1688), conservée à la Royal Society, témoigne des premiers échanges savants entre les deux académies et de la diffusion rapide des résultats scientifiques à l’échelle européenne. Dans cet ouvrage, Picard présente la mesure de la longueur d’un degré de latitude du méridien de Paris qu’il a réalisée par triangulation. À partir de ses relevés, il détermine que le rayon de la Terre à l’équateur mesure 6328 km, soit une erreur relative de 0,8 % par rapport à la valeur acceptée aujourd’hui.

CALCULS, MODÈLES ET RENOUVELLEMENT THÉORIQUE 

Les observations accumulées au fil des expéditions alimentent un travail de calcul et de modélisation de plus en plus sophistiqué. Alexis Clairaut, dans ses manuscrits et traités présentés dans l’exposition, corrige par exemple l’hypothèse de Newton d’une Terre homogène en la remplaçant par un sphéroïde hétérogène, intégrant de cette façon les résultats expérimentaux aux modèles mathématiques. Au XIXe siècle, les travaux d’Henri Poincaré sur l’équilibre d’une masse fluide en rotation soumise à la gravitation, illustrés par le manuscrit de l’une des notes qu’il a publiées à ce sujet dans les Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, proposent un cadre mathématique général pour les formes d’équilibre. Poincaré y montre qu’une masse fluide en rotation, pouvant être comparée par certains aspects à la Terre, ne se réduit pas nécessairement à un simple ellipsoïde, ouvrant la voie à des conceptions plus complexes de sa forme, comme celle d’une poire.
 
DE LA TRIANGULATION AUX SATELLITES 

Le parcours s’achève sur les développements contemporains, marqués par l’avènement des techniques spatiales. La maquette de Spoutnik 1 rappelle le rôle décisif des satellites dans l’affinement des mesures de la forme de la Terre. Les travaux d’Anny Cazenave, qui a contribué à mesurer l’élévation du niveau des océans, à mieux comprendre le phénomène El Niño et dont des portraits et publications sont présentés, montrent comment l’altimétrie satellitaire et l’étude du champ gravitationnel ont conduit à la notion moderne de géoïde.

FEMMES DE SCIENCES ET CIRCULATION DES IDÉES 

L’exposition présente conjointement des ouvrages d’Émilie du Châtelet et de Mary Somerville. Traductrices et commentatrices majeures des oeuvres de Newton et de Laplace, respectivement, elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion, la compréhension et l’appropriation des théories scientifiques à l’échelle européenne, contribuant pleinement à l’histoire intellectuelle de la figure de la Terre.

COOPÉRATION ET ÉMULATION SCIENTIFIQUES 

Fondées à six ans d’intervalle, la Royal Society à Londres en 1660 et l’Académie des sciences à Paris en 1666, les deux institutions incarnent, depuis plus de trois siècles et demi, une relation singulière mêlant rivalité intellectuelle, admiration mutuelle et coopération durable. Leurs devises respectives, Nullius in verba (« Ne croire personne sur parole ») et Invenit et perficit (« Découvrir et perfectionner »), résument un même idéal scientifique fondé sur l’expérience, la démonstration et l’amélioration continue des connaissances. 
Isaac Newton occupe une place centrale dans cette histoire partagée. Sa démonstration de l’aplatissement de la Terre aux pôles, exposée dans le Livre III des Principia, constitue l’un des sommets de la pensée scientifique. Traduit en français par Émilie du Châtelet, ce texte fondateur est présenté dans l’exposition. Newton, premier membre étranger de l’Académie des sciences élu en 1699, incarne à lui seul la reconnaissance mutuelle entre les deux communautés scientifiques. Depuis lors, près de 190 savants britanniques ont été élus à l’Académie, témoignant de la profondeur et de la continuité de ces échanges. 
De Newton à Poincaré, en passant par Maupertuis, Clairaut ou Maclaurin, les échanges, les débats et l'estime réciproque entre savants français et britanniques ont façonné une histoire scientifique commune, que cette exposition met en lumière. L’histoire de la figure de la Terre rappelle ainsi que la science progresse à la croisée de motivations intellectuelles, techniques et géopolitiques, une tension toujours d’actualité, que cette exposition invite à interroger.
Un événement unique, entre patrimoine, nature et savoirs scientifiques, à destination de tous les passionnés, des élèves et des enseignants.

Pour compléter

« Déterminer la forme de la Terre : une aventure scientifique et politique entre la France et le Royaume Uni » (The Conversation).

Étienne Ghys, mathématicien et directeur de recherche émérite CNRS (ENS de Lyon, Académie des sciences) revient sur l'histoire de la triangulation et montre à quel point elle a constitué une affaire de patience. A partir du XVIIe siècle, la Terre devient un objet mesurable, arpenté, calculé. Les conditions sont extrêmes, les instruments fragiles, les incertitudes nombreuses. Mais le verdict tombe : la Terre est bien légèrement aplatie aux pôles. Les savants français, par leurs propres observations, confirment la prédiction newtonienne.

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Cartographia. Comment les géographes (re)dessinent le Monde

Latitudes et longitudes géographiques dans l’Encyclopédie de Diderot et d'Alembert


Déconstruire l'autorité cartographique dans la planification spatiale maritime


Juliette Davret, Matthieu Noucher, Brice Trouillet (2026). « Unpacking map authority in marine spatial planning: a stakeholder perspective on map making and map use in ocean governance » [Déconstruire l'autorité cartographique dans la planification spatiale marine : le point de vue des parties prenantes sur la cartographie et son utilisation dans la gouvernance des océans]. Geoforum, volume 172,  https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0016718526000990 (article en libre accès).

Résumé

Cette recherche s'appuie sur des travaux antérieurs démontrant le rôle scientifique, artistique ou politique que peuvent jouer les cartes dans les processus de planification, et applique ce concept au contexte de la planification spatiale maritime par une analyse approfondie des cartes de planification. En étudiant la manière dont les cartes sont élaborées et utilisées, les auteurs explorent leur perception et leur rôle dans un contexte multipartite. Les cartes sont examinées selon une perspective de cartographie critique afin de révéler leur utilisation dans le processus de planification spatiale. Les résultats sont issus d'une série d'ateliers participatifs organisés en France, réunissant 30 acteurs du secteur maritime, au cours desquels sept cartes ont été étudiées en détail. Les caractéristiques des cartes et les rôles que leur attribuent les différents acteurs ont été analysés afin d'identifier le lien entre l'élaboration et l'utilisation des cartes, et ainsi appréhender l'autorité conférée aux cartes de planification spatiale maritime. Une analyse statistique permet d'identifier les éléments qui influencent l'interprétation et la perception des cartes de planification par les acteurs. L’étude conclut que les processus techniques cachés ou inexplicables qui sous-tendent la structuration des processus d’aménagement du territoire doivent être pris en compte pour comprendre les rapports de pouvoir en jeu et remet en question les hypothèses de planification fondées sur des preuves selon lesquelles la rigueur scientifique confère automatiquement une autorité légitime.

Trois cadres d'utilisation des cartes indispensables à la compréhension des différents rôles que jouent les cartes dans les projets de planification spatiale (source : Carton, 2007)

Points forts

  • L'autorité d'une carte est influencée par sa conception visuelle, son cadrage et la perception des parties prenantes.
  • Le pouvoir d'interprétation varie entre les parties prenantes en raison de connaissances cartographiques inégales.
  • La cartographie est un processus socio-technique qui module le pouvoir et structure la gouvernance.
  • Le caractère abstrait du milieu océanique renforce l'autorité des cartes de planification spatiale maritime.

Articles connexes

Atlas critique de la Guyane (par Matthieu Noucher et Laurent Polidori)

Le Blanc des cartes. Quand le vide s'éclaire (Atlas Autrement)

Atlas des zonages des Pays de la Loire


Perrine Bauer, Samuel Trivière, Matthieu Vahé (2026). Atlas des zonages des Pays de la Loire, Insee Dossier Pays de la Loire n°16, mars 2026, https://www.insee.fr/fr/statistiques/8887932?sommaire=8887976

L’atlas des Pays de la Loire recense, décrit et cartographie les zonages les plus utilisés par les organismes d’observation et par les pouvoirs publics de la région. Il en présente les versions actualisées en 2025. Cet atlas est un outil de travail opérationnel permettant d’appréhender les principaux zonages à disposition des acteurs de la région, leurs spécificités et leurs complémentarités. Il permet de faire un choix éclairé du zonage le plus pertinent pour une analyse donnée du territoire. 

Après une présentation de la région, l’ouvrage répertorie une vingtaine de zonages regroupés selon trois types :

  • les zonages administratifs ;
  • les zonages d’étude ;
  • les zonages d’action publique.

Perrine Bauer, Samuel Trivière et Matthieu Vahé présentent un Atlas qui recense et cartographie les principaux zonages utilisés pour comprendre, administrer et aménager la région. L’atlas montre que l’analyse d’un territoire dépend du choix de l’échelle. La région est structurée par des éléments naturels comme les fleuves et par les réseaux de transport. Ces facteurs organisent les mobilités et les dynamiques spatiales à l’échelle régionale. Les zonages administratifs organisent l’action publique. Communes, départements et régions permettent de gérer les populations et les politiques. Ces découpages historiques structurent la gouvernance mais ne suffisent pas à expliquer les dynamiques réelles. Les zonages d’étude permettent d’analyser les pratiques spatiales. Les aires d’attraction des villes mesurent l’influence urbaine, les zones d’emploi structurent les mobilités professionnelles et les bassins de vie évaluent l’accès aux services. La diversité des zonages révèle la complexité du territoire. La grille de densité distingue urbain et rural, tandis que les carreaux offrent une analyse fine à l’échelle infra-urbaine. Le croisement de ces outils permet de mieux comprendre les espaces périurbains. L’atlas montre que l’action publique s’appuie sur ces découpages pour réduire les inégalités. Les SCoT organisent la planification, les quartiers prioritaires ciblent les populations modestes et la loi Littoral encadre les espaces soumis à pression.

L’Insee met à disposition des données et des indicateurs à ces différents niveaux géographiques. L’offre de données locales est déclinée ainsi à travers des tableaux et graphiques interactifs, des bases de données et deux sites dédiés à la cartographie. Cet atlas, que nous espérons utile pour tous les acteurs du territoire, est une actualisation du dossier publié en 2020.

Pour compléter

Célia Péoc’h (2026). Phénomènes d’urbanisation en région Pays de la Loire, DREAL Datalab des Pays de la Loire, 24 mars 2026.

L’artificialisation des sols, la diminution des espaces naturels et agricoles au profit du développement de nouveaux logements et d’activités économiques sont aujourd’hui l’une des causes premières du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Les Pays de la Loire se classent en quatrième position des régions les plus artificialisées et depuis 2011 comme la quatrième la plus consommatrice d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette publication, qui est une actualisation d’une étude de 2022, apporte des éclairages et caractérise la diversité des phénomènes d’urbanisation observés sur les différentes échelles territoriales, et dans le temps. Elle est basée sur plusieurs données : l’occupation des sols à grandes échelles, les fichiers fonciers, les recensements de la population…

La Cour des comptes alerte sur la prolifération des zonages administratifs : un millefeuille coûteux qui entrave logement, urbanisme et éducation (Rapport 2026 de la Cour des comptes). La pratique du zonage territorial, introduite au début du XXe siècle aux États‑Unis et adaptée en France, sert à piloter des politiques locales dans des domaines variés — logement, urbanisme, éducation, transition écologique, etc. Le rapport souligne cependant que la multiplication des découpages entraîne des coûts et des effets d’éparpillement.

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De villes en villes. Atlas des déplacements domicile-travail interurbains

Atlas des centres. Mesurer les dynamiques des centres-villes français (FNAU)

Utiliser l'Atlas statistique du canton de Genève et de la région transfrontalière


D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ?


Source : Louis Bodelin, « Les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale en 2024-2025 », Note Flash du SIES, n°2025-22, 18 septembre 2025.

D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ? Une carte permet d’y répondre via la note du SIES n°2025-22 sur les mobilités internationales par Louis Bodelin.


En 2024, 12 % des étudiants en France sont des étrangers en mobilité internationale, soit 330 000 étudiants venant étudier dans les établissements français. Cela correspond à une hausse, par rapport à 10 ans auparavant, de près de 100 000 étudiants venant de l’étranger (+3 % en un an, +13 % par rapport à 2019-2020 et +38 % en 10 ans). La croissance des effectifs d’étudiants mobiles entrants est portée par les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie. 

Sept étudiants internationaux sur dix s’inscrivent dans cinq régions académiques. Les régions Ile-de-France (119 700 étudiants mobiles), Auvergne Rhône-Alpes (42 300), Occitanie (29 700), Grand Est (24 600) et Hauts-de-France (23 700) concentrent à elles seules 73 % des étudiants internationaux inscrits à la rentrée 2024 dans l’enseignement supérieur, alors qu’elles n’accueillent que 65 % de l’ensemble des étudiants.

De nouvelles données viennent compléter ces informations sur la plateforme d'open data du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Vous y trouverez le détail des étudiants accueillis en France par pays d’origine et par année de 2013 à 2024. Ce jeu de données présente les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale et les effectifs d’étudiants étrangers dans les établissements et les formations de l’enseignement supérieur, recensés dans les systèmes d’information et enquêtes des ministères en charge de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture, de la Pêche, de la Santé et des Sports selon différentes filières de formation et niveaux géographiques (au niveau national et régional). 

Les étudiants étrangers en mobilité internationale sont les étudiants de nationalité étrangère titulaires d’un diplôme d’études secondaires étranger ou d’un baccalauréat français obtenu à l’étranger. Ils correspondent à une population venant suivre des études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Les effectifs d’étudiants en mobilité internationale sont directement calculés à partir des informations collectées pour 97 % des étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur. Pour 3 % des étudiants principalement inscrits en formations paramédicale et sociale et en écoles privées hors contrat, la notion d’étudiant en mobilité internationale est estimée. Avec les étudiants résidents étrangers (étudiants de nationalité étrangère ayant obtenu leur baccalauréat sur le territoire français, non dénombrés dans cette table), ils forment l’ensemble des étudiants étrangers.

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La langue française dans le monde (rapport 2026 de l'OIF)

Développer la culture statistique des élèves en histoire-géographie avec les ressources de l'INSEE


Développer la culture statistique des élèves constitue un enjeu civique majeur dans un contexte de profusion des données chiffrées et des représentations infographiques sur tous les sujets. Alors que l'apprentissage des statistiques reste souvent l'apanage des mathématiques, il est essentiel de pouvoir éduquer les élèves aux données dans le domaine de l'histoire-géographie et de l'économie. L'analyse et le recul critique par rapport aux données concerne les sciences humaines et sociales au sens large. Le site Eduscol propose une page pour accompagner les professeurs dans leur travail d’exploitation des statistiques en classe.

Développer la culture statistique des élèves en classe

Dans le cadre du programme national de formation 2025-2026, le parcours de formation « Développer la culture statistique des élèves » est proposé en partenariat avec l’Insee (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) sur la plateforme Magistère. Le parcours s’adresse aux enseignants de toutes disciplines intervenant dans le second degré, notamment en économie-gestion, enseignement moral et civique, histoire-géographie, mathématiques et sciences économiques et sociales.

La conférence de présentation sur la « Fabrique des statistiques » du 14 octobre 2025 est disponible en rediffusion. Elle est suivie par des masterclasses sous forme de webinaires tout au long de l'année. Une communauté en ligne permet d'échanger avec les autres participants sur la plateforme Magistère.

Un outil de recherche propose des ressources de l’Insee sélectionnées en lien avec les programmes du cycle 4 au lycée. Il permet une recherche par niveau, discipline et thématique. Cet outil est en cours d’élaboration. À terme, il couvrira les treize thématiques.

L'utilisation et l'analyse des statistiques est l'occasion de développer des compétences interdisciplinaires. Une nouvelle proposition pédagogique pour la mise en œuvre des programmes est disponible en mathématiques/histoire-géographie : Analyse des dynamiques territoriales de l’aire d’attraction de Grenoble (niveau : première générale). L'exemple de Grenoble montre que les enseignants d'histoire-géographie peuvent réaliser des activités assez simples à partir des données de l'INSEE. Le moteur de recherche identifie 229 ressources en lien avec les programmes d'H-G (du cycle 4 au lycée). Avis aux enseignants d'histoire-géographie : il ne reste plus qu'à produire des activités pédagogiques à partir de ces ressources, en lien avec les compétences disciplinaires et transversales. Les possibilités d'exploitation sont nombreuses : de l'approche critique des données à leur traitement, leur analyse et leur représentation sous forme graphique ou cartograhique, en lien avec les compétences du Cadre de référence des compétences numériques (CRCN) invitant à développer la culture des données.




Ressources et outils de l’Insee à vocation pédagogique

Le service Découvrir, apprendre, enseigner, accessible depuis la page d’accueil du site de l’Insee, constitue la porte d’entrée des professeurs et des élèves pour toutes les ressources à vocation pédagogique développées par l’Insee. Y figurent notamment le Tableau de bord de l’économie française et la collection « L’essentiel sur… ».

Le Tableau de bord de l’économie française (TBEF) : outil statistique de référence qui présente des tableaux, des graphiques et des cartes sur les principales thématiques socio-économiques, aux échelles nationale, régionale et européenne, de manière accessible et interactive.

L’essentiel sur... : collection numérique pédagogique pour comprendre les grands sujets socio-économiques. Trois rubriques simples et éclairantes pour observer « en quelques chiffres », décrypter « en 6 questions » et « pour comprendre comment l’Insee mesure ».

Des outils interactifs pour « datavisualiser » :
Des vidéos pédagogiques à retrouver sur la chaîne YouTube de l’Insee.

Les données locales : le dossier complet, le comparateur de territoires et le site statistiques-locales.fr sont 3 outils pour faire le tour de votre quartier, zone d’emploi, commune, département, etc.

Le blog de l’Insee : les articles du blog, en écho à l’actualité ou pour décrypter les projets et méthodes de l’Insee, ont pour ambition d’éclairer le débat public.

Insee mobile : application pour smartphone pour lutter contre les idées reçues, s’informer et tester ses connaissances. Des actualités, des quiz, des « vrai ou faux » et « le saviez-vous ? », organisés autour de 5 grands thèmes socio-économiques : population, conditions de vie, emploi et revenus, économie et entreprises, territoires et environnement.

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Incertitudes cartographiques (revue Mappemonde)


La revue Mappemonde consacre son numéro 141 | 2026 aux « Incertitudes cartographiques ». Dirigé par Christine Plumejeaud-Perreau, Claire Portal et Marion Picker, ce numéro thématique aborde la question de l'incertitude du point de vue de la géographie critique et montre qu'elle peut être analysée au prisme d’enjeux éthiques, d’enjeux d’aménagement territoriaux et de pouvoir. 

  • Christine Plumejeaud-Perreau, Claire Portal et Marion Picker. Introduction au numéro « Incertitudes cartographiques ».

    Ce numéro, qui s’intitule « Incertitudes cartographiques », est le fruit de réflexions menées au cours d’un projet poitevin éponyme entre octobre 2022 et mars 2024. Le projet ICAR s’inscrit dans une dimension transversale et interdisciplinaire pour croiser les approches et les pratiques relevant des études culturelles et du champ de la géographie critique autour de l’objet cartographique et des questions d’incertitudes qui s’y attachent. Ce thème fertile a permis d’engager des collaborations fructueuses et durables entre ces disciplines. Ainsi, faisant suite à un atelier de travail international avec dix-sept communications, le collectif ICAR a édité un numéro spécial pour la revue International Journal of Cartography, (Portal et al., 2025) intitulé « Uncertainty in Cartography » dans lequel trois publications du collectif ont été acceptées. Mais ICAR a aussi permis de monter et diffuser une exposition faisant état de quatorze cartes choisies et commentées sur le fil directeur de l’incertitude. L’incertitude naît de l’imperfection (lacunes de l’information, informations imprécises, voire erronées) des données réunies pour répondre à une question à un instant donné. Souvent représentée par une « zone blanche » ou une tache monochrome, cette indécision spatiale influence les représentations que les lecteurs construisent. Mais d’autres enjeux sont à analyser, puisque la carte est souvent mobilisée comme artefact communiquant, et comme outil de pouvoir suivant une perspective de géographie critique. L'incertitude inclut également les doutes des cartographes par rapport à leur propre légitimité et leur propre production.

Les cartes servaient à gérer l’incertitude géographique tout en affirmant le pouvoir politique des empires. Dans l’expansion européenne vers les Amériques, la carte devient un instrument central de domination. Elle permet d’explorer, décrire et partager des territoires lointains tout en revendiquant la souveraineté face aux puissances rivales comme le Portugal ou la France. Les cartes ne sont pas seulement scientifiques. Elles servent aussi de propagande. Par exemple la carte de l’Amérique réalisée en 1562 par Diego Gutiérrez pour Philippe II met en scène armoiries, mythes et toponymes afin d’affirmer les prétentions territoriales espagnoles. La production cartographique combine savoir savant et observations empiriques. Les cosmographes travaillent depuis l’Europe tandis que marins, arpenteurs et populations locales collectent les informations sur le terrain lors des explorations coloniales. Les cartes servent aussi à planifier la colonisation. La carte de la Chesapeake réalisée par Augustine Herrman en 1670 localise villages, ressources et zones inhabitables afin d’orienter le peuplement et les activités commerciales. Les cartes administratives permettent également de gouverner à distance. Elles circulent entre colonies et métropoles pour informer les autorités, comme le Conseil des Indes espagnol ou le Board of Trade anglais chargé des colonies. Dans ces représentations, l’incertitude est souvent masquée. Les cartographes remplissent les espaces vides par des symboles, des récits ou des ornements afin de montrer une maîtrise du territoire et de légitimer la domination impériale. La cartographie fut un outil majeur de construction des empires modernes. Elle permettait simultanément de produire du savoir géographique, d’organiser la colonisation et de mettre en scène l’autorité politique sur les territoires lointains. 

  • Christine Plumejeaud-Perreau et Bernard Pradines. « Vérifier des routes maritimes passées via une cartographie interactive »

    À partir d’une base de données sur le commerce maritime de la fin du XVIIIe siècle (projet ANR Portic), une proposition pour la lecture interactive de trajectoires incertaines (de navires ou de capitaines) est déployée. Elle tend à valoriser la nécessité de connaître et de modéliser finement cette incertitude, multi-dimensionnelle par nature et, ensuite, à concevoir un outil d’exploration adapté aux questionnements de l’utilisateur. Il s’agit ici de coupler intelligemment cartographie et graphiques interactifs pour faciliter l’analyse et la critique de l’interprétation des sources inscrites dans la base de données. L’outil libre et disponible sur le web (shiproutes.portic.fr/) offre notamment une perspective originale sur l’usage des chronogrammes interactifs dans le domaine des représentations spatio-temporelles.

  • Octavian Groza et Alexandru Rusu. « La carte, c’est d’abord un dialogue in absentia »

    À l’aide d’exemples pertinents tirés de l’expertise géographique roumaine et européenne en matière de planification spatiale et de formation de spécialistes, l’article explore la relation ambiguë entre les fabricants et les utilisateurs de cartes, une relation marquée de plus en plus par la méfiance mutuelle. En s’appuyant sur une réflexion historique et épistémologique sur le sujet, l’article étudie les fondements et les dynamiques de la cartographie contemporaine, utilisant comme exemple le cas particulier de la Roumanie. Se gardant de proposer des solutions, le texte préfère lancer des questions et des pistes de réflexion, y compris sur les efforts qui restent à faire en termes d’efficacité de la communication cartographique et d’harmonisation des discours cartographiques.

  • Brenda Le Bigot. « Cartographier les mobilisations : Incertitudes d’échelle, de légitimité et d’utilité »

    La représentation des mobilisations est explorée dans cet article au regard d’une production cartographique (la Mapmob') réalisée lors d’une mobilisation en France contre une réforme des retraites. Les incertitudes suscitées par cette production sensible et individuelle invitent à considérer dans une posture réflexive des enjeux méthodologiques, théoriques et éthiques autour de la cartographie des mobilisations. Le choix de l’échelle de la représentation est interrogé au regard de l’échelle des revendications. La légitimité du discours apparaît très liée au terrain. L’utilité de la production cartographique est reliée à l’enjeu de transmission et de connaissance des luttes, qui constitue aussi un risque.

Crédit : Brenda Bigot, Carte de la Mapmob'

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CLIWOC. Une base de données climatologiques des océans à partir des journaux de bord des navires (1750-1850)




Sur les traces des cartes. Littérature américaine et cartographie


« Sur les traces des cartes. Littérature américaine et cartographie ». Exposition du 19 mars au 26 mai 2026. Bibliothèque Diderot de Lyon.

L’exposition « Sur les traces des cartes » explore la manière dont les cartes issues de la tradition cartographique occidentale ont façonné la littérature américaine anglophone, du XVIᵉ siècle à nos jours. Des cartes coloniales aux expérimentations contemporaines, en passant par des auteurs et autrices comme Susan Fenimore Cooper ou Herman Melville, le parcours montre comment la carte peut servir à mesurer, quadriller, posséder, mais aussi à déplacer le regard et contester les récits dominants. À travers des ouvrages issus des collections patrimoniales de la Bibliothèque Diderot, des reproductions de cartes anciennes et des dispositifs invitant à observer les documents de près, l’exposition explore l’expansion territoriale, le motif de la ligne droite, les cartographies maritimes et les récits afro-américains et féministes.

Visuel : création Marion GAIGEOT (IHRIM) ; illustration G. Mercator et J. Hondius, Atlas, ou représentation du monde universel, 1633, collections de la Bibliothèque Diderot de Lyon.

Commissariat de l’exposition : Julien NÈGRE (ENS de Lyon – IHRIM / IUF), avec le concours de la Bibliothèque Diderot de Lyon.

Organisation : Aurore CLAVIER (u. Paris Cité), Monica MANOLESCU (u. Strasbourg – USIAS), Julien NÈGRE (ENS de Lyon – IHRIM / IUF) et Pauline PILOTE (u. Bretagne Sud).

Cette exposition a lieu dans le cadre d'un symposium international : 

The “Maps in American Literature” international symposium will take place at ENS de Lyon, France, on April 1-3, 2026. The symposium explores how maps have shaped American literature from the era of exploration to the present day.

Pour compléter

« Quand l’Amérique apparaît sur les cartes » (Les Essentiels - BnF)

Après la découverte du continent américain, l’Amérique se dessine progressivement sur les cartes occidentales. Un processus complexe sur lequel revient Julie Garel-Grislin, conservatrice au département des Cartes et plans de la BnF.

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Carte des road trips les plus épiques de la littérature américaine

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L'histoire par les cartes : comment le continent européen s'est pensé et construit du 16e au 20e siècle (BnF - Gallica)

La langue française dans le monde (rapport 2026 de l'OIF)


Source : « La langue française dans le monde », Organisation internationale de la francophonie (OIF), rapport 2026.

Forte de son statut de quatrième langue la plus parlée au monde avec 396 millions de Francophones, de deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents, de quatrième langue présente sur Internet, de troisième langue de l’économie et des affaires, la langue française est bien une langue mondiale. L’OIF a missionné son Observatoire de la langue française (OLF) pour en comprendre les pratiques et les usages pluriels, les formes vivantes, les mutations éducatives ainsi que les imaginaires partagés et les recompositions identitaires. Dans cette vision, le français devient une langue de médiation entre univers linguistiques et culturels particuliers, une langue d’intersection entre générations différentes, une langue de rencontre entre disciplines et champs de connaissance éloignés, une langue de fusion entre expressions artistiques et culturelles. Cette édition 2026 s’inscrit dans la continuité d’un long travail d’observation qui consiste à affiner la connaissance des usages diversifiés du français dans le monde, mais aussi dans une nouvelle exigence : penser la mondialité de la langue tout en préservant sa diversité. Pluri/polycentrique, la francophonie y est considérée comme un réseau de cercles linguistiques ancrés à Dakar, Montréal, Port-au-Prince, Bruxelles, Beyrouth, Genève, Casablanca, Hanoï et dans des milliers d’autres espaces où se tissent au quotidien des pratiques et des créations en français. Elle revendique la vitalité d’un « français mondialisé » qui, loin d’être une simple juxtaposition de variétés locales, représente une manière de faire société à travers la langue. D’Abidjan à Paris, de Lomé à Djibouti, de Kinshasa à Fort-de-France, de Tunis à Antananarivo, les jeunes locuteurs réinventent les rythmes, les images et les registres du français, à travers les réseaux sociaux, les musiques urbaines, la recherche scientifique ou la littérature numérique. 

La densité francophone dans le monde en 2025 (source : rapport 2026 de l'OIF)

Cette édition souligne la complémentarité entre langues autochtones et langue française dans la construction identitaire, l’innovation scientifique et économique et la création artistique. Au cœur de la vitalité de la langue française, cette pluralité participe à un renouvellement éthique, fondé sur la reconnaissance et la circulation des patrimoines culturels. Cet ouvrage tend ainsi à saisir ces transformations multiples qui posent un double défi : préserver cette langue en partage sans figer sa plasticité créatrice, et concilier unité et diversité du français, qui s’enrichit principalement par sa circulation planétaire. Avec un centre de gravité de la francophonie se déplaçant irréversiblement vers l’Afrique dont la population est majoritairement jeune, le français sera une langue de l’avenir s’il sait devenir vecteur de mobilité, de réussite et d’émancipation sociales et économiques. Mais cette jeunesse pose à la Francophonie des exigences nouvelles, celle d’une éducation de qualité et inclusive, d’une formation solide des enseignants, d’un accès généralisé au numérique, d’une promotion juste et équilibrée du français et des langues et cultures autochtones. Ces enjeux nécessitent d’investir massivement dans la formation, la littératie numérique et la Francophonie scientifique et économique, afin de faire du français non plus un simple héritage, mais un outil d’accès à la connaissance, à l’emploi, à l’innovation et à l’épanouissement individuel et collectif. Cette édition de La Langue française dans le monde présente une cartographie complète de l’enseignement du et en français dans l’espace francophone, croisée avec des indicateurs démographiques et économiques. Cette approche renouvelée met en lumière les corrélations entre la politique linguistique des États, la formation des enseignants et la vitalité du plurilinguisme dans les systèmes éducatifs. Cette cartographie illustre les progrès considérables accomplis par les pays francophones du Sud, mais aussi les défis persistants liés à la qualité et à la formation éducatives. Elle constitue un outil stratégique pour orienter les politiques publiques et les coopérations.

Nombre d'apprenants de franççais dans le réseau des Alliances françaises (source : rapport 2026 de l'OIF)

Pour compléter

« Le français devient la quatrième langue la plus parlée au monde » (France-Info).

La langue de Voltaire occupe la deuxième place au niveau de l'apprentissage, avec plus de 170 millions de francophiles répartis sur les cinq continents. Le monde compte 396 millions francophones, dont "près de 65%" sur le continent africain, souligne le dernier rapport sur la langue française dévoilé lundi 16 mars 2026 à Québec par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), à quelques jours de la Journée internationale de la francophonie célébrée le 20 mars. Le français est désormais la quatrième langue la plus parlée au monde. Il gagne une place dans le classement mondial en arrivant derrière l'anglais (qui réunit plus d'1,5 milliard de personnes), le mandarin (plus d'un milliard de locuteurs) ou encore l'espagnol (plus de 600 millions d'hispanophones) mais devance l'arabe standard. Au nombre des atouts de cette langue mondiale, "une forte légitimité dans la diplomatie, le droit international, les relations culturelles et dans certains espaces scientifiques et académiques". Elle puise également sa force "dans la littérature, la philosophie, les arts, la gastronomie, la mode et le cinéma d’auteur". Le français peut également se targuer d'être "la deuxième langue la plus apprise sur les cinq continents". En 2024, plus de 170 millions d’élèves dans 36 pays "ont reçu un enseignement en français ou ont appris le français en milieu institutionnel". Elle est également "la troisième langue de l’économie et des affaires".
Cependant, "sa position se fragilise dans les sciences exactes, les nouvelles technologies et l’enseignement supérieur à cause de l’hégémonie de l’anglais". Cette dernière reste la langue dominante sur la toile, avec "environ 20%" des contenus contre quelque 3,5% pour le français. C'est autant pour l'arabe, le hindi, le portugais et le russe avec lesquels la langue de Molière partage la quatrième place dans le classement des contenus sur Internet. Ainsi, "si l’on établit un palmarès complet des langues dans Wikimédia", l’anglais est "en première position, avec en moyenne 23% des entrées, l’allemand en deuxième position avec 10%, et le français en troisième place avec 8%, devant l’italien (5 %), l’hébreu (4%), le polonais et le russe (3 %)". Plus globalement, pointe le rapport de la Francophonie, si la langue de Shakespeare continue de damer le pion au français, cela tient d'abord au fait que "les débats sur l’usage des connaissances fiables dans l’élaboration des politiques publiques se déroulent principalement en anglais", notamment dans des revues comme Evidence & Policy ou Science Communication.
En 2050, le français devrait être utilisé "par 590 millions de personnes, dont 9 sur 10 vivront en Afrique", rappelle la secrétaire générale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo. À cet horizon, prédit la dernière édition de La Langue française dans le monde (2023-2026), le destin de la langue de Voltaire "ne se lira plus depuis Paris, mais se concevra plutôt à Abidjan, Beyrouth, Bruxelles, Dakar, Kinshasa, Montréal, Port-au-Prince, Tunis ou Yaoundé". Le français sera alors "une langue plurielle dont l’avenir se jouera dans sa capacité d’adaptation aux nouvelles réalités numériques et géopolitiques".

« Ciel ! Le français n’existe pas : il vit ! » (Le Café pédagogique).

Et si on se décentrait un peu ? Et si on considérait enfin que le français, langue de l’Ecole, discipline à part entière, est en réalité une langue d’autant plus vivante qu’elle se déploie, se transforme, se questionne à l’échelle du monde ? A l’occasion de la Journée internationale de la francophonie célébrée le 20 mars, l’Organisation Internationale de la Francophonie publie en ce sens son rapport 2026, éclairant et passionnant. Une ressource essentielle pour combattre le déclinisme, linguistique et culturel... D’une belle facture visuelle et pédagogique, le rapport de l’OIF livre de vigoureuses invitations : refuser « le mythe de la pureté et de l’homogénéité », « contribuer à la promotion et à la valorisation des langues locales et savoirs autochtones », promouvoir « le poly/pluricentrisme du français » et son « hybridité joyeuse, linguistique (lexicale, syntaxique, phonologique, prosodique) et culturelle. » Ces invitations, assurément, méritent de résonner aussi dans l’hexagonale Education nationale. Pour que s’y déploie une approche des langues qui se fasse plus vivante que normative. Pour que la pluralité des langues, des usages et des cultures y trouve mieux sa place. Pour que nous allions avec nos élèves nourrir internet de riches et créatifs contenus. Pour que nous saisissions enfin la chance, exaltante, de l’humilité : « Il faut que les Français acceptent l’idée d’être des francophones comme les autres » (Leila Slimani, France-Inter, 19 mars 2026). 

Taux d'encadrement dans l'enseignement primaire (source : rapport 2026 de l'OIF)


Taux d'encadrement dans l'enseignement secondaire (source : rapport 2026 de l'OIF)

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Les visions multiples de la francophonie à travers le monde

EduPixSat, une application pour initier les élèves à l'analyse d'images satellitaires


Gwenaël Régnier propose EduPixSat, une application pour initier les élèves de collège et de lycée à l’analyse et au traitement des images satellitaires. L'objectif est de proposer un outil en ligne simple et accessible, pour un usage pédagogique en classe de géographie. Pensée pour être prise en main par des enseignants d’histoire-géographie et leurs élèves, sans expertise technique préalable, l'application s’inspire de l’expérience Titus tout en se limitant volontairement à des fonctions essentielles. L’objectif n’est pas de reproduire un SIG professionnel, mais de faire découvrir l’imagerie satellitaire sans recourir à des compétences techniques avancées.

EduPixSat permet notamment :

  • d’explorer ce qu’est une image satellite multispectrale (combinaison de bandes spectrales, géolocalisation de l’image) ;
  • de lire les valeurs numériques des pixels et comprendre la notion de signature spectrale ;
  • de s’initier à la cartographie numérique par classification semi-supervisée.

L’enjeu est de proposer une première approche du traitement et de l’interprétation des images satellites, en mobilisant le raisonnement spatial des élèves et leur capacité à formuler des hypothèses à partir de données géospatiales.

EduPixSat est actuellement proposé en version expérimentale (bêta), mais il est d’ores et déjà exploitable en classe. L’application accepte des images satellites au format GeoTIFF (.tif). Voici le lien pour découvrir et tester l’application en ligne : https://edupixsat.grweb.fr/

Gwenaël Régnier est professeur d’histoire-géographie-EMC dans l'académie de Guyane. Docteur en histoire des sciences, il a soutenu en janvier 2026 une thèse sous la direction d'Isabelle Sourbès-Verger « L’image satellite et l’enseignement de la géographie dans le secondaire : enquête sur un rendez-vous manqué ». Il administre par ailleurs le site IMGSat, consacré à l'enseignement de la géographie avec des images satellite. Le site fournit de nombreuses ressources ainsi que des tutoriels pour s'initier à l’analyse et au traitement d'images satellitaires.

Accès au site IMGSat, Enseigner la géographie avec des images satellite

Accès aux images Copernicus

Accès aux études de cas Géoimage

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Dark Light Viewer, un outil pour repérer les changements à partir d'images satellites (OSINT)

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Des images satellites déclassifiées révèlent les impacts de la guerre du Vietnam

La NASA met à disposition plus de 11 000 vues satellitaires prises ces 20 dernières années

Animer des images satellites Landsat avec Google Earth Engine et l'application Geemap