Atlas cartographique de l'Arc jurassien


L'Arc jurassien est une région franco-suisse au cœur de l'Europe qui s'étend sur 300 km entre le Rhin au nord, le Rhône et les Alpes au sud. Pour la partie française, ce périmètre comprend 28 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) des trois départements frontaliers de la région Bourgogne-Franche-Comté : Doubs, Jura et Territoire de Bel­fort. Pour la partie suisse, il couvre 15 districts appartenant aux cantons de Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud. L’expression « Arc jurassien suisse / Arc jurassien français » est utilisée pour désigner respectivement la zone observée en Suisse et en France.

L'Atlas cartographique de l'Arc jurassien est le fruit d'une collaboration entre l'Observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien (OSTAJ) et le système d'information du territoire neuchâtelois (SITN). Cet outil cartographique constitue un élément incontournable pour la connaissance du territoire de l'Arc Jurassien. Il permet d'analyser les données statistiques relatives à ce territoire transfrontalier et de les représenter sous forme de cartes, tableaux, graphiques et rapports. Ce sont ainsi plusieurs cartes thématiques qui peuvent être réalisées et combinées entre elles via l'application Geoclip. 

Population résidente et part de la population étrangère par commune en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Proportion de frontaliers dans la population active et nombre de frontaliers dans le tertiaire en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Économie, emploi, démographie, services, santé, mobilités, environnement, agriculture, tourisme : ce recueil en ligne propose de nombreuses représentations cartographiques enrichies de commentaires concis et de tableaux statistiques permettant d’appréhender les particularités et la structure de l’Arc jurassien franco-suisse. Les cartes et données présentées dans ce document sont organisées autour des quatre territoires de coopération qui forment le cœur de cet espace transfrontalier. 

Portraits de territoires de coopération :
Cartes thématiques par commune :
L’OSTAJ a été mis en œuvre à partir de 2005 dans le cadre d’un partenariat entre la Région Bourgogne-Franche-Comté, l’État et l’Insee pour la partie française, la CTJ-Suisse (devenue aujourd’hui arcjurassien.ch) et les offices statistiques des quatre cantons frontaliers pour la partie helvétique (Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud). Il a, en outre, bénéficié du soutien du programme INTERREG IIIA. Cet observatoire est un outil d'observation et d'information statistique harmonisée entre les régions suisse et française. Il est destiné à fournir des éléments permettant une analyse de la situation économique et sociale transfrontalière jurassienne, en assurant notamment un suivi des répercussions des accords bilatéraux conclus entre l'Union Européenne et la Suisse, et en particulier de l'accord sur la libre circulation des personnes. Pour fonctionner, l'OSTAJ met en réseau les savoirs, les données, les infrastructures techniques.

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Les facteurs qui déterminent les décès liés aux glissements de terrain en montagne


Source : Fidan, S. et al. (2026). « Wealth and land-cover change govern landslide fatalities on world’s mountains »  [Le niveau de richesse et les changements de couverture terrestre déterminent les décès dus aux glissements de terrain dans les montagnes du monde]. Science Advances, volume 12, issue 15, https://doi.org/10.1126/sciadv.aec2739 (article en accès libre).

Contrairement à une idée répandue, la plupart des glissements de terrain mortels surviennent dans des environnements transformés par l'homme. Même sur des terrains escarpés, les perturbations anthropiques peuvent profondément influencer les glissements de terrain. Les connaissances sur l'interaction entre les glissements de terrain et les activités humaines se limitent généralement à des modèles locaux ou à des évaluations heuristiques régionales fondées sur des données empiriques. Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé les changements d'occupation et d'utilisation des sols comme indicateur pour déterminer le rôle de la pression humaine comme facteur favorisant les glissements de terrain mortels et ainsi dresser un panorama global. Ils ont pris en compte le niveau de revenu, la population, l'exposition et un ensemble de données portant sur environ 60 ans de changements d'occupation et d'utilisation des sols dans les zones montagneuses afin de comparer les glissements de terrain et les décès dans 46 pays. Leurs analyses statistiques montrent que les changements d'occupation et d'utilisation des sols ont une influence nettement plus importante sur la densité des glissements de terrain mortels et le nombre de décès liés à ces glissements que les facteurs physiques tels que la topographie ou les précipitations, en particulier dans les pays à faible revenu. Ils observent un impact marginal sur les glissements de terrain lorsque les changements d'occupation et d'utilisation des sols sont faibles, quel que soit le niveau de revenu. Les résultats soulignent que la planification efficace de l’utilisation et de la couverture des sols est essentielle pour réduire le nombre de décès dus aux glissements de terrain, en particulier dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur.

Répartition mondiale des glissements de terrain mortels dans les zones montagneuses K1.

Le panneau (A) illustre la répartition des glissements de terrain mortels dans les zones montagneuses K1 des différents pays. La couche K1 définit les terrains montagneux en fonction de l'altitude, de la pente et du relief topographique, avec une résolution de 1 km. Les panneaux (B) à (D) présentent des vues rapprochées des glissements de terrain mortels survenus respectivement en Amérique centrale et dans le nord des Andes, en Afrique de l'Est et en Asie du Sud-Est. Les pays ayant enregistré au moins six glissements de terrain mortels sont mis en évidence en gris. La taille des points représentant chaque glissement de terrain est proportionnelle au nombre de victimes.

La base de données mondiale sur les glissements de terrain mortels (GFLD) est disponible gratuitement sur le blog consacré aux glissements de terrain. La couche sur les chaînes de montagnes K1 est accessible à cette adresse. La couche mondiale sur les établissements humains (GHSL) est accessible par ici. Le jeu de données HILDA+ (HIstoric Land Dynamics Assessment+) est disponible à cette adresse. Les codes d'analyse utilisés sont librement accessibles. Toutes les données et tous les codes nécessaires à l'évaluation et à la reproduction des résultats présentés dans l'article sont disponibles dans l'article et/ou dans les documents complémentaires. 

Pour compléter

Les glissements de terrain se réfèrent à une gamme de dangers qui impliquent un mouvement du sol, des coulées de boue ou des éboulements. Ils se produisent souvent en même temps que d'autres dangers, tels que les inondations, et sont plus fréquents dans les zones montagneuses. Les glissements de terrain peuvent avoir diverses répercussions sur la santé, y compris des décès, des blessures et un stress mental grave en cas de destruction et de décès. La gravité de l’impact dépend au moins en partie de la vitesse du glissement de terrain, ce qui prend les gens par surprise et laisse peu de temps pour l’alerte et l’activation des procédures d’urgence. Au cours de la période 1995-2014, 27 pays de la région européenne ont enregistré 1 370 décès et 784 blessés dans 476 glissements de terrain mortels. Lorsque la cause du glissement de terrain a été identifiée, elle était le plus souvent due à des événements météorologiques extrêmes, tels que de fortes pluies et des inondations. Dans certains autres cas, des glissements de terrain ont été déclenchés par des activités minières, industrielles ou des tremblements de terre. En général, les personnes vivant dans des zones montagneuses, telles que les Alpes ou dans des zones montagneuses en Turquie, sont les plus touchées par les glissements de terrain, mais d’autres facteurs, tels que la propriété du sol, la couverture terrestre et le débit d’eau, influencent également la probabilité de glissements de terrain (source : Climate Adapt).

Depuis 2009, la susceptibilité des versants aux mouvements de terrain a été cartographiée à l’échelle du territoire métropolitain à l’initiative d’un groupe d’experts européens, piloté par la Commission européenne. La méthode combine trois facteurs : la pente et la topographie, la lithologie et l’occupation du sol. Plus de 40 % du territoire national présenterait une susceptibilité forte et 30 % une susceptibilité modérée. Ces valeurs sont élevées car elles ne représentent que la probabilité d’occurrence spatiale sans intégrer la probabilité d’occurrence temporelle ou l’intensité des phénomènes. Les cartes d’aléa identifient les terrains susceptibles aux mouvements de terrain, tandis que l’estimation du risque doit intégrer une évaluation économique des dommages directs (destructions) et indirects sur les activités. De plus, si les enjeux justifient des actions préventives à l’égard des voies de communication ou des zones urbanisées par exemple, l’analyse de leur vulnérabilité peut constituer des références utiles pour une prise de décisions adaptées (source : Gis Sol).

Une carte de sensibilité aux glissements de terrain a pu être élaborée en 2018 au niveau européen en combinant la topographie, la nature des roches et l'occupation du sol : Wilde, M. et al., Pan-European landslide susceptibility mapping: ELSUS Version 2, Journal of Maps, vol 14, 2018. La carte ELSUS V2 illustre la zonation de la susceptibilité aux glissements de terrain pour chaque zone climatique et physiographique d'Europe (données SIG à télécharger par ici). Elle couvre une superficie plus étendue que l'ELSUS 1000 et offre une résolution spatiale plus fine (200 × 200 m). Cette carte actualisée a été élaborée selon la même méthode semi-quantitative que l'ELSUS 1000, combinant les ratios de fréquence des glissements de terrain avec un modèle d'évaluation multicritères spatial basé sur trois prédicteurs thématiques : la pente, la lithologie du sous-sol superficiel et l'occupation du sol. 

Sensibilité aux glissements de terrain en France (source : Ministère de la transition écologique)

En France métropolitaine, environ 20 % du territoire a une sensibilité élevée ou très élevée aux glissements de terrain. La sensibilité est estimée faible ou très faible pour deux tiers du territoire et moyenne pour environ 14 %. Les zones de montagne (Alpes, Corse, Massif central, Pyrénées, Vosges) sont particulièrement sensibles. En Corse, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, la sensibilité élevée aux glissements de terrain concerne plus de 45 % du territoire (source : Chiffres clés des risques naturels).

La base de données Mouvements de terrain (BD-Mvt) recense les mouvements de terrain répertoriés en France métropolitaine et dans les départements des Antilles, de la Guyane et de La Réunion. Cette base nationale, qui regroupe environ 6000 références, est gérée depuis 1994 par le BRGM, avec le soutien du Ministère en charge de l'écologie, du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la recherche. Les données sont téléchargeables au format csv par département.

Glissements de terrain et écoulements majeurs historiques en France (liste non exhaustive)
(source : Gis Sol. L’état des sols de France, 2011)

Année

Localisation

Phénomène

Victimes

1962

St-Jean-de-Maurienne (Savoie)

Lave torrentielle

75 victimes

 

1970

Plateau d’Assy (Haute-Savoie)

Coulée de boue

70 morts, destruction d’un sanatorium

1980

Grand-Ilet, Cirque de Salazie (Réunion)

Glissement

10 morts

1981

La Ravoire (Savoie)

Lave torrentielle

Dégâts estimés à
2 millions d’euros

1987

Le Grand-Bornand (Savoie)

Coulée de boue

29 victimes

 

1987

St-Antoine,Modane (Savoie)

Coulée de boue

Dégâts estimés à
3 millions d’euros

1994

La Salle-en-Beaumont (Isère)

Glissement

4 morts, plusieurs bâtiments détruits

2000

Cabassou, Remire-Montjoly (Guyane)

Glissement

10 morts

2000

Petit Bourg (Guadeloupe)

Glissement

20 bâtiments endommagés ou détruits

2001

Féterne (Haute-Savoie)

Glissement

50 bâtiments endommagés ou détruits

2003

Faucon (Alpes-de-Haute-Provence)

Lave torrentielle

Dégâts estimés à
3 millions d’euros

2004

Le Villard (Alpes-de-Haute-Provence)

Glissement

20 bâtiments endommagés ou détruits

Aux Antilles et à La Réunion, les terrains argileux sur fortes pentes et les pluies tropicales abondantes favorisent l'évolution des glissements de terrain en coulées de boue ou en laves torrentielles. Lors du cyclone Hyacinthe à La Réunion en 1980, pas moins de 3 mètres de précipitations sont tombées dans le cirque de Salazie. Un glissement de terrain de grande ampleur a eu lieu à Grand Ilet faisant 10 victimes. Du fait de sa taille exceptionnelle (plus de 350 Mm3) et du nombre d'habitants exposés (plus de 1000), le glissement de terrain de Salazie est l'un des plus grands glissements de terrain habités dans le monde. À la Réunion, le BRGM surveille ce glissement depuis 20 ans. En l’espace de 10 ans (2003-2013), le BRGM a pu mesurer sur certaines maisons des déplacements de l’ordre de 10 mètres (voir cette vidéo). 

À La Réunion, le croisement entre l’aléa et les enjeux indique que près de 100 000 personnes sont exposées à des mouvements de terrain. Ces études d’aléa, sous la maîtrise d’ouvrage de l’État, peuvent notamment conduire à la prescription de Plans de Prévention du Risque Mouvement de Terrain (PPR-MT) dans les secteurs les plus sensibles.

Carte de l’aléa mouvement de terrain à La Réunion (source : DDRM - Préfet de la Réunion)

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Atlas du réseau ferré en France


L'Atlas du réseau ferré national a été mis à jour (version 2026). Cet Atlas constitue un outil précieux pour tous les passionnés de géographie ferroviaire, ou pour celles et ceux qui réfléchissent aux enjeux de l’aménagement du territoire. C'est l'outil cartographique de référence pour décrypter les infrastructures ferroviaires françaises :

  • 28 000 km de voies 
  • 15 000 trains en circulation chaque jour 
  • 1 700 chantiers pour construire le réseau de demain

Carte simplifiée du réseau ferré en France en avril 2025 (source : Atlas du réseau ferré national 2026)

La carte du réseau ferré national représente de manière exhaustive l'ensemble des lignes, exploitées ou non, selon des critères d'électrification et de circulation mixte ou fret. Elle représente également la liste des gares et autres points d'arrêts sur l'ensemble du territoire métropolitain.

Lien pour télécharger l'Atlas en pdf

Lien pour télécharger la carte du réseau ferré national en haute résolution

Base de cartes du réseau national et régional de la SNCF

Chronotrains, une cartographie isochrone depuis la gare de votre choix

Données SIG en open data de la SNCF

Carte des trafics voyageurs régionaux (source : Atlas du réseau ferré national 2026)


L'Atlas se décompose en 4 parties qui abordent non seulement le tracé des lignes ferroviaires, mais aussi les trafics voyageurs ou marchandises (avec les deux cumulés), ainsi que l'organisation territoriale depuis la création de SNCF Réseau en 2014.

1) LE RÉSEAU FERRÉ NATIONAL

Le réseau hier, aujourd'hui et demain
Tableau d'assemblage
Cartographie du réseau ferré
Carte simplifiée du réseau
Le réseau des Trains d'équilibre du territoire

2) UN RÉSEAU CIRCULÉ : LES TRAFICS

Les trains aptes à la grande vitesse
Les voyageurs régionaux
Le Transilien
Le fret
Tous trafics

3) UN RÉSEAU FRANÇAIS AU COEUR DE L‘EUROPE

4) UN RÉSEAU HUMAIN : ORGANISATION TERRITORIALE

Articles connexes

Géofer, une plateforme pour connaître le potentiel des gares voyageurs et des sites fret

Intensification de la déforestation en Indonésie


Source
: « État de la déforestation en Indonésie en 2025 » (Auriga Nusantara).

Selon les chiffres publiés par l'ONG Auriga Nusantara dans le cadre du rapport Indonesia Deforestation Status 2025 (STADI 2025), la déforestation en Indonésie a atteint un total de 433 751 hectares en 2025, soit une augmentation de 66 % par rapport aux 261 575 hectares enregistrés en 2024. Depuis 2023, Auriga Nusantara publie des données annuelles sur la déforestation en Indonésie. Son objectif est de démocratiser l'accès à ces données et de prévenir les monopoles qui pourraient masquer les réalités du terrain et éloigner les politiques et pratiques publiques de la nécessité concrète d'enrayer la déforestation en Indonésie. Toutes les grandes îles d’Indonésie voient leur couvert forestier reculer, avec des pertes particulièrement marquées à Kalimantan, Sumatra et en Papouasie. Depuis 2013, Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, reste le principal moteur de la déforestation.

Déforestation sur les principales îles d'Indonésie (en hectares) entre 2021-2025 (source : Auriga Nusantara)


La déforestation en Indonésie est en augmentation depuis plusieurs décennies. La déforestation est due pour une grande part à l'exploitation de palmiers à huile destinée pour l'essentiel à l'exportation d'huile de palme en vue de la fabrication d'agrocarburants, mais aussi à la multiplication des mines à ciel ouvert de charbon, dont l'Indonésie est l'un des premiers producteurs mondiaux, et à l'exploitation de bois tropicaux en vue de l'exportation. Entre 2000 et 2012, l’archipel a perdu plus de 6 millions d’hectares de forêts vierges, avec un record dans les années 2010 à 2015 et une baisse tendancielle depuis lors, en raison de la mise en place d'un moratoire forestier en  2011 et d'un moratoire sur l'huile de palme en 2018. L'arrivée au pouvoir du président Prabowo Subianto en 2024 semble marquer une nouvelle accélération de la déforestation à travers l’archipel. De quoi raviver les critiques sur la responsabilité de l’État dans la gestion des zones protégées.

Évolution de la déforestation en Indonésie entre 2001 et 2024  (source : Auriga Nusantara)


Dans un souci de transparence, ces cartes et analyses de la déforestation sont mises à disposition du public via la plateforme Simontini (Système indonésien d'information sur l'occupation et les usages des sols). Les données et cartes de déforestation pour 2025 ont été élaborées grâce à une combinaison de modélisation spatiale (à partir d'images satellites Sentinel-2 d'une résolution de 10 mètres), d'inspections visuelles et de vérifications sur le terrain. Les zones déboisées ont été détectées à partir des alertes mensuelles de déforestation générées par l'Université du Maryland, lesquelles ont été traitées afin de couvrir des superficies beaucoup plus vastes et ainsi minimiser le risque d'omission de zones déboisées. Pour ce faire, Auriga Nusantara a utilisé comme références les cartes de couverture forestière naturelle produites par MapBiomas Indonesia, le ministère des Forêts, le Centre commun de recherche de la Commission européenne et la base de données Forest Persistence de Google. L'organisation a mené des visites de terrain couvrant 49 321 hectares de sites déboisés dans 38 villages répartis dans 28 districts et 16 provinces de Sumatra, Kalimantan, Sulawesi, Nusa Tenggara, l'archipel des Moluques et la Papouasie.

Cartes et données sur la couverture et l'utilisation des sols en Indonésie pour la période de 1990-2024
(source : MapBiomas Indonesia)


Pour remédier aux problèmes de déforestation, Auriga Nusantara avance les recommandations suivantes :
  1. promulguer des réglementations garantissant la protection de toutes les forêts naturelles restantes en Indonésie ;
  2. se procurer et appliquer des instruments de contrôle des révisions de la planification spatiale ;
  3. accélérer l’expansion des aires de conservation, en particulier en dehors des domaines forestiers ;
  4. redistribuer les responsabilités institutionnelles et le personnel de gestion forestière afin que l’ensemble du couvert forestier soit supervisé et protégé ;
  5. veiller à ce que les entreprises gérant des zones forestières s’engagent à respecter les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ;
  6. offrir des incitations aux gouvernements régionaux, aux communautés et aux entreprises qui protègent les forêts naturelles.
Une analyse complète est disponible sous forme de diaporama. Les données SIG de la déforestation en Indonésie en 2025 sont accessibles en téléchargement ou en consultation sur la plateforme Simontini.

Déforestation en Indonésie - comparaison 2023, 2024 et 2025 (source : Simontini)


Pour compléter

On se souvient du film "Green" sur une femelle orang-outan victime de la déforestation en Indonésie. A  travers les yeux de ce grand singe, Patrick Rouxel a filmé en 2009 un documentaire poignant sur l'impact dévastateur de la déforestation. Ce film de 48 minutes sur l'extinction des orangs-outans est disponible sur ImagoTV.

« Le géant de l'huile de palme Korindo accusé à nouveau d'avoir brûlé illégalement la forêt tropicale de Papouasie » (Mongabay). Une enquête indépendante basée sur des images satellitaires a conclu que le géant de l’huile de palme Korindo a délibérément mis le feu en 2020 pour dégager la forêt tropicale dans sa concession de la province indonésienne de Papouasie.

Jean-Benoît Bouron, « Étudier les relations environnement-sociétés à partir du cas de l'huile de palme à Bornéo », Géoconfluences, décembre 2018. L'étude des liens entre production d'huile de palme et déforestation à Bornéo invite à démêler l'imbrication des acteurs à différentes échelles autour de questions environnementales, sociales, économiques, ou encore de santé publique.

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L'ampleur inégale de la déforestation en Amazonie selon Amazon Conservation

Cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux

 

Source : « Retrait-gonflement des argiles : la carte nationale d’exposition évolue » (BRGM).

À la demande de l’État, le BRGM et la Mission risques naturels ont actualisé la cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, qui cause chaque année des dommages considérables aux bâtiments. Environ 240 000 sinistres dus au retrait-gonflement des sols argileux ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58% des sinistres survenus depuis 1989 (chiffres Mission risques naturels). Face à cette situation, l’État a demandé au BRGM et à la Mission risques naturels d’actualiser la cartographie d’exposition à ce phénomène. Le nouveau zonage sera applicable dans le cadre de l’article 68 de la loi Élan au 1er juillet 2026.

À compter du 1er juillet 2026, la nouvelle cartographie des zones exposées au retrait-gonflement des argiles s’appliquera aux promesses de vente, aux actes de vente de terrains non bâtis constructibles et aux contrats visés par le Code de la construction et de l'habitation (CCH) en matière de sols argileux. Le sujet est loin d’être marginal : les zones d’exposition moyenne à forte représentent désormais 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % auparavant. Ce phénomène, lié aux alternances de sécheresse et de réhydratation des sols est à l’origine de nombreux désordres structurels sur les bâtiments. La nouvelle cartographie résulte d’un croisement entre données géotechniques et sinistralité, avec près de 446 000 sinistres recensés entre 1989 et 2022. Le CCH prévoit dans ces zones, une étude géotechnique préalable en cas de vente d’un terrain non bâti constructible, ainsi que sa transmission avant contrat. Certaines régions sont particulièrement impactées par cette révision, notamment le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est, où la part du territoire classée en exposition moyenne à forte progresse fortement. L’Île-de-France est elle aussi concernée.

Carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2026 (source : © BRGM)

Consulter la nouvelle carte d’exposition sur le site Géorisques

Télécharger les données SIG de la base Retrait gonflement des argiles

En savoir plus sur le retrait-gonflement des argiles


Dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles (RGA)

Pour compléter 

« Aléa argileux : c’est l’un des plus importants risques de catastrophe naturelle mais il est médiatiquement invisible » (The Conversation).

D’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et le Ministère de la transition écologique, les dégâts des habitations liés à cet aléa concernent déjà un cinquième du territoire. Ils représentent le premier poste d’indemnisation au titre de l’assurance dommage-ouvrage pour les sinistres touchant les maisons individuelles. C’est-à-dire bien plus que les indemnisations liées aux avalanches, feux de forêt, séismes ou mouvements de terrain. Courant, cet aléa est pourtant très faiblement médiatisé. C’est ce que montre une étude systématique réalisée sur tous les articles de presse publiés dans la presse écrite locale et nationale sur les phénomènes de retrait-gonflement des argiles arrivés dans le Puy-de-Dôme entre 2011/2013 et 2018/2020. Plusieurs raisons ressortent des entretiens menés. La première explication, relativement banale, tient à la dimension peu spectaculaire des aléas argileux comparativement à d’autres aléas à la survenue plus soudaine, comme les inondations, les avalanches ou encore les feux de forêt. D’autres facteurs tiennent à l’organisation des médias qui s’emparent le plus de ces questions : les médias locaux. Obligés de couvrir un vaste territoire, les journalistes locaux qui doivent traiter ces aléas en sont rarement spécialistes. De même, du point de vue des services techniques en charge de la cartographie des zones argileuses risquées, le déploiement d’une communication de prévention ne fait pas partie de leurs missions, a fortiori pour des acteurs qui considèrent que la communication du risque doit avant tout être précise et pédagogique et reposer sur des documents techniques mis à disposition de la population. Dès lors, en l’état, le risque argileux reste présenté comme un risque dépolitisé qui nécessite uniquement des solutions techniques, des solutions dont la mise en œuvre et la responsabilité incombent aux particuliers et non aux responsables politiques en charge de l’aménagement des territoires, y compris des communes les plus sujettes à ce risque.
Cette situation limite la prise de conscience du phénomène par le grand public et la prise de décisions collectives visant à en réduire l’impact.

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Cartographie des populations côtières confrontées aux risques liés à l'eau

Cartographier l'anthropocène - Le risque inondation (Atlas IGN, 2025)

Mégafeux. Le changement climatique augmente les risques d’incendies de forêt extrêmes à l’échelle mondiale

Risques interconnectés de catastrophe (rapport de l'ONU)

Démographie scolaire. Projections d’effectifs d’élèves dans les 1er et 2nd degrés à horizon 2035 (DEPP)


Source : André, P., Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026). Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035, Note d'Information, n° 26-09, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-26-09

Les projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 s’inscrivent dans un contexte démographique marqué par une baisse des naissances amorcée depuis 2010 et qui s’est accentuée ces dernières années. Cette évolution entraîne une diminution progressive de la taille des générations entrant dans le système éducatif, qui se traduit d’abord dans le premier degré avant de se répercuter dans le second degré. Au total, la baisse des effectifs s’établirait à 1,7 million d’élèves en dix ans, avec des évolutions contrastées selon les académies et les départements.

Les projections d’effectifs d’élèves reposent sur des hypothèses démographiques liées à l’évolution de la fécondité. Trois scénarios (bas, intermédiaire et haut) encadrent les évolutions possibles. Le scénario intermédiaire retenu ici poursuit la tendance à la baisse mais à un rythme plus modéré jusqu’à se stabiliser en 2030 à 1,5 enfant par femme. Ces projections, établies à partir d’hypothèses nationales, sont déclinées au niveau départemental en tenant compte des dynamiques locales.

Dès la rentrée 2026, la Depp anticipe une baisse des effectifs de 161 000 élèves. Dans le premier degré, le nombre d'élèves s'établirait ainsi à "6,02 millions d'élèves, soit 125 400 élèves de moins qu'à la rentrée 2025 (‑ 2,0 %)". Sur dix ans, les effectifs du premier degré baisseraient de 933 000 élèves, pour atteindre 5,22 millions d'élèves en 2035, soit une baisse de 15,2 %. Dans le second degré, le nombre d'élèves baisserait de 743 800 élèves pour atteindre 4,88 millions en 2035, soit une baisse 13,2 %. Dans le second degré, on compterait "5,58 millions d'élèves, soit 36 200 élèves de moins qu'en 2025 (‑ 0,6 %)". La Depp précise que cette évolution démographique connaîtra "plusieurs phases", avec une première phase jusqu'en 2035 "particulièrement marquée dans le premier degré, notamment dans le préélémentaire" entre 2026 et 2028, puis à partir de 2028 un recul des effectifs qui "se déplacerait progressivement vers le second degré". Puis les effectifs du préélémentaire pourraient "se stabiliser à partir du début des années 2030, voire légèrement augmenter".La Guyane et Mayotte sont les seuls départements qui connaîtront une hausse du nombre d'élèves du second degré d'ici à 2035.

Un Document de travail publié par la DEPP en avril 2026 complète cette analyse :
Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026) Projections d'effectifs d'élèves dans les premier et second degrés à horizon 2035, Document de travail - série études, n° 2026-E08, DEPP.

Télécharger les données associées à l'étude au niveau national et académique.

Pour aller plus loin

« Quand la baisse des effectifs scolaires transforme la vie locale : fermetures, regroupements et inégalités entre territoires » (Parlons politique). 
Les projections ministérielles prévoient 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035, avec le premier degré le plus affecté. Ce recul impose des choix locaux : fermetures d’écoles, regroupements ou réorganisation du maillage scolaire selon les territoires. Quand une classe perd des élèves, la promesse est simple : plus d’espace, plus de temps, plus d’attention. Mais dans la vraie vie, la baisse des effectifs peut aussi entraîner des fermetures de classes, des regroupements et des trajets plus longs pour les familles. C’est tout l’équilibre local qui bouge, pas seulement un tableau de statistiques...

« Quand la chute des effectifs transforme l’école de quartier : garantir la proximité scolaire et l’accompagnement des élèves face à la baisse démographique » (Parlons Politique).
Quand les élèves se font plus rares, la question n’est pas abstraite. Est-ce que l’école du quartier restera ouverte ? Est-ce que le trajet pour aller en classe va s’allonger ? Et qui paiera, au bout du compte, la baisse des effectifs : les enfants, les enseignants, ou les communes ? La baisse démographique scolaire touche d’abord la proximité. Puis elle touche l’organisation du service public, surtout dans les territoires où chaque fermeture de classe pèse plus lourd qu’ailleurs. Le ministère dit maintenant vouloir traiter ce sujet comme une transformation de fond, pas comme un simple ajustement comptable.

« École : une chute historique des effectifs sur fond de mobilisation sociale » (Le Café pédagogique).
"Dans un contexte de mobilisation contre les suppressions de postes, cette projection démographique nourrit un débat central : la baisse du nombre d’élèves doit-elle conduire à réduire les moyens, ou au contraire à améliorer les conditions d’enseignement, particulièrement dans le service public d’éducation fragilisé ?"

« Suppressions de postes : la démographie contestée par les syndicats » (Le Café pédagogique).
Au total, 4 000 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2026, dans le public comme dans le privé. Malgré la baisse du nombre d’élèves, les organisations syndicales dénoncent des choix budgétaires qui aggravent les inégalités et dégradent les conditions d’enseignement. L'argument démographique est vivement contesté par les syndicats, qui estiment qu’il ne correspond pas aux réalités du terrain.

« Baisse démographique : les effectifs scolaires du public reculent plus vite que ceux du privé » (Banque des territoires)
Une note de l'Institut des politiques publiques montre que la chute de la natalité entraîne une baisse des effectifs scolaires plus importante dans le secteur public que dans le privé. Ce déséquilibre se traduit par une hausse mécanique du poids du secteur privé et contribuerait, par conséquent, à renforcer la ségrégation sociale à l'école. 
Pauline Charousset,  Julien Grenet (2026) « Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ? » Note IPP, n°124, mars 2026.

« Plus de 17 000 écoles ont été fermées en France depuis 40 ans » (France-Info). 
Avec un nombre d’écoles publiques qui passe de 60 059 en 1985 à 42 443 en 2025, la France a connu la fermeture de 17 616 établissements en 40 ans. Franceinfo détaille la localisation de ces fermetures, principalement en zone rurale. Avec un moteur de recherche, il est possible de connaître le pourcentage de diminution d’écoles par département et les fermetures par commune. Par exemple, à Morlaix dans le Finistère, « depuis 1985, 12 écoles ont fermé dans la commune (-66,7%). Dans le département, le nombre d’écoles publiques du premier degré a diminué de 38,8% depuis 1985 ». (voir les données sur les écoles fermées sur Data.education.fr)

« Baisse démographique, réussite des élèves : quel maillage scolaire pour la France de demain ? » (Rapport d'information du Sénat, n°749, 18 juin 2025).
La politique éducative territoriale qui inclut une réflexion sur le maillage des établissements scolaires doit répondre à un impératif : garantir à chaque élève la maîtrise des savoirs fondamentaux et la réussite de son parcours scolaire. Cela suppose de faire de l’école primaire une priorité nationale et d’élaborer un maillage territorial des établissements scolaires – qu’il s’agisse des écoles, collèges ou lycées – avec pour objectif : trouver le bon équilibre entre proximité géographique et qualité de l’offre éducative. 

« La compétence scolaire des collectivités territoriales face aux évolutions démographiques et aux défis d'aménagement du territoire » (Rapport d'information du Sénat, n°186, 4 décembre 2025).
Au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, l’élaboration de la carte scolaire reste trop souvent vécue comme un « couperet » s’imposant, sans véritable concertation, aux enseignants, aux parents d’élèves et aux élus locaux. Dans les territoires déjà fragilisés, cette situation est particulièrement critique, la disparition d’une classe ou d’une école pouvant menacer la vitalité même de la commune. Les rapporteurs proposent ici des pistes pour une carte scolaire mieux concertée et plus équitable reposant, d’une part, sur une méthode offrant davantage de prévisibilité, et s’appuyant, d’autre part, sur des critères qualitatifs tenant mieux compte des spécificités territoriales. 

« Actualisation des projections de la population en France à l’horizon 2070 : quelles hypothèses retenir ? » (Blog de l'Insee). 
Combien serons-nous en France en 2070 ? Combien d’enfants à accueillir dans les écoles ? Combien de personnes en âge de travailler ? Combien de seniors ayant besoin d’être accompagnés dans leur quotidien ? Pour répondre à ces questions, l’Insee réalise depuis plusieurs décennies, tous les 5 ans environ, un exercice de projection de la population vivant en France, qui alimente à son tour de nombreux autres exercices de projection.

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