Inégalités territoriales d'accès au réseau hospitalier en Espagne


« À quelle distance se trouve réellement l'hôpital le plus proche en Espagne ? » (The Conversation).

L'accès équitable aux services de santé est l'un des piliers fondamentaux de tout système de santé. Pourtant, une question en apparence simple – quelle est la distance de l'hôpital le plus proche ? – reste étonnamment difficile à résoudre avec précision lorsqu'il s'agit d'un territoire aussi complexe et diversifié que l'Espagne. Cette recherche sur l'accessibilité hospitalière analyse cette problématique à l'aide d'outils géographiques et de données ouvertes. L'étude calcule le temps de trajet jusqu'à l'hôpital le plus proche pour tous les secteurs de recensement en Espagne entre 2010 et 2024. Ce travail poursuit trois objectifs principaux : mieux comprendre la répartition de l’accès aux hôpitaux sur le territoire, développer une méthodologie applicable à d’autres contextes et rendre publiques toutes les données générées. L'article scientifique complet et toutes les données générées , y compris les temps de trajet et les distances estimés pour chaque secteur de recensement entre 2010 et 2024, sont disponibles en libre accès.

Répartition de l'accessibilité hospitalière par secteur de recensement en Espagne, 2024 (source : Virgilio Pérez, 2025).


D'après les résultats de l'étude, 74 % de la population résidant en Espagne vivait à moins de 15 minutes en voiture d'un hôpital en 2024. À l'autre extrême, environ 783 000 personnes vivent dans des zones où le temps de trajet peut dépasser 60 minutes. L'analyse de la période 2010-2024 révèle une évolution modérément positive. Durant ces années, la proportion de la population vivant à plus d'une heure d'un hôpital a légèrement diminué, passant de 1,91 % à 1,62 %. Ce changement peut refléter plusieurs facteurs : des investissements dans les infrastructures de transport, l’ouverture de nouveaux hôpitaux ou des processus démographiques tels que la concentration de la population dans des zones métropolitaines mieux connectées. Toutefois, les résultats indiquent que les inégalités territoriales en matière d’accès aux services de santé demeurent un défi important, notamment dans les territoires ruraux ou peu peuplés. Au-delà des résultats obtenus pour l'Espagne, l'une des principales contributions de cette recherche réside dans la méthodologie développée. Le modèle combine trois éléments fondamentaux : des unités territoriales représentant la population (comme les secteurs de recensement), la localisation des services (ici, les hôpitaux) et un réseau de transport permettant de calculer les itinéraires et les temps de trajet. Cette approche est facilement transposable à d’autres pays ou régions et peut également s’appliquer à d’autres services essentiels : écoles, gares, tribunaux ou centres d’urgence.

Référence scientifique

Virgilio Pérez (2025). « A GIS-Based Framework for Modeling Hospital Accessibility in Spain Using Open and Collaborative Data » [Un cadre basé sur un SIG pour la modélisation de l'accessibilité hospitalière en Espagne à l'aide de données ouvertes et collaboratives], Geographical Analysis, 6 novembre 2025, https://doi.org/10.1111/gean.70026 (article en accès libre).

Cette étude, conduite par Virgilio Pérez Giménez (professeur de méthodes quantitatives en économie et gestion, Université de Valence), analyse l'accessibilité hospitalière en Espagne au niveau des secteurs de recensement de 2010 à 2024. À l'aide de données ouvertes et d'outils open source, une méthode géospatiale reproductible a été développée pour estimer les temps de trajet et les distances jusqu'à l'hôpital le plus proche, en voiture et à pied. Plus de 500 000 paires origine-destination ont été analysées, combinant les centroïdes de recensement, les données hospitalières d'OpenStreetMap et les réseaux routiers. Les résultats révèlent de fortes disparités territoriales, notamment dans les zones rurales et enclavées, où les temps de trajet dépassent souvent 30 minutes et excèdent parfois une heure, « l'heure d'or » cruciale pour les urgences. Si plus de 74 % de la population vivait à moins de 15 minutes d'un hôpital en 2024, environ 783 000 personnes devaient encore effectuer des trajets de plus d'une heure. L'accessibilité s'est améliorée au fil du temps, la part des résidents les plus mal desservis passant de 1,91 % en 2010 à 1,62 % en 2024. Ceci reflète l'impact potentiel de la planification des soins de santé et des investissements dans les infrastructures. Cette étude propose un cadre évolutif et adaptable pour analyser l'accès aux services essentiels dans d'autres contextes. L'ensemble de données ouvertes qui en résulte favorise la poursuite des recherches sur les inégalités spatiales en matière de santé et éclaire les décisions politiques en matière de santé et d'aménagement du territoire fondées sur les données. Les données qui étayent les conclusions de cette étude sont librement accessibles sur Zenodo à l' adresse https://doi.org/10.5281/zenodo.17206313

Pour compléter

L'Atlas national de l'Espagne publie des cartes thématiques sur la population, les activités, l'environnement, les services sociaux et équipements, les systèmes de transport en Espagne. Une planche est plus particulièrement liée aux questions de santé. On y retrouve cette carte d'accessibilité aux hôpitaux (avec quelques petites différences) ainsi que d'autres cartes sur les dépenses de santé, le nombre de lits par hôpitaux, etc...

Accessibilité au réseau hospitalier en Espagne en 2024 (source : Atlas national de l'Espagne)

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Évolution des installations humaines en Espagne à partir de données multi-temporelles (1900-2020)

Étudier la fréquentation touristique dans les villes espagnoles à partir des données de téléphonie mobile

Le Géoportail rejoint le site cartes.gouv.fr


Source : « Le Géoportail rejoint cartes.gouv.fr » (Carte.gouv.fr)

Le site Géoportail évolue et rejoint cartes.gouv.fr,  nouveau point d’accès unique à l’ensemble des cartes, photographies aériennes et données géographiques publiques produites par l’IGN et ses partenaires sur l’ensemble du territoire français. Le site Géoportail reste disponible jusqu’au 30 septembre 2026, date de sa fermeture définitive. 

Pourquoi le site Géoportail évolue ? 

Depuis sa création en 2006, le Géoportail a permis à des millions d’utilisateurs d’accéder à la précision des cartes IGN, à la richesse des données thématiques produites par ses partenaires et à de nombreux outils cartographiques. L’évolution de ce site s’inscrit dans la modernisation des services publics numériques, et va permettre d’offrir à tous - y compris les non-spécialistes de la cartographie - une plateforme unique pour l’ensemble des usages grand public et professionnels jusqu’alors répartis entre plusieurs sites. L’ensemble des fonctionnalités, données et services associés sont désormais regroupés sous une même identité : cartes.gouv.fr.

Une nouvelle interface

Cette évolution a permis de  : 

  • moderniser l’interface et les outils de mesure,
  • simplifier la navigation et améliorer l’accès aux cartes et données géographiques avec la communauté d’utilisateurs (vue mini-carte, accès rapide aux emprises (sélecteur de territoire),
  • unifier les services (Géoportail, Géoservices, Macarte, Espace collaboratif) autour d'une identité plus claire et d’une connexion unique pour tous,
  • proposer un nouveau service Panoramax pour explorer, partager et enrichir une vision libre et collaborative du territoire grâce à des photos de l’environnement géolocalisées, ouvertes et accessibles à tous,
  • proposer une expérience plus fluide sur mobile et tablette,
  • améliorer la sécurité, la performance, la stabilité du site,
  • améliorer la lisibilité au sein de l’écosystème numérique de l’État,
  • améliorer la consultation aux personnes en situation de handicap.

Le site cartes.gouv.fr vous donne accès dès à présent à trois services  : 

Il sera bientôt possible de créer des cartes personnalisées avancées et de collaborer sur des données. La majorité des cartes et données du Géoportail restent disponibles sur cartes.gouv.fr.

Héritier du Géoportail, cartes.gouv.fr met à disposition ses principales données auxquelles s’ajoutent de nouvelles ressources publiées directement par les producteurs. 

Le Géoportail redirigera automatiquement vers cartes.gouv.fr le 30 septembre 2026. 

Exception : les liens et les cartes relayées en iframe sur d’autres sites doivent être convertis dès à présent à l’aide du convertisseur de liens et d’ici le 31 décembre 2026 : https://ignf.github.io/permalink-converter/

Consultez les guides pour utiliser le service explorer les cartes : https://cartes.gouv.fr/aide/fr/guides-utilisateur/visualiseur-cartographique/generalites-visualiseur/

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Mise à jour de la cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux (Géolittoral)


Une nouvelle version de la cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux (édition 2026) est disponible sur GéoLittoral. Réalisée par le Cerema, avec le soutien du ministère chargé de la Transition écologique, cette cartographie recense les principaux ouvrages et aménagements présents le long du front de mer, dans l’Hexagone, en Corse et dans les départements et régions d’outre-mer.

Cette nouvelle version repose sur l’interprétation de photographies aériennes plus récentes et de meilleure résolution et intègre une nouvelle typologie harmonisée des ouvrages littoraux, afin d’améliorer l’interopérabilité des données.

Quelques chiffres clés :

  • 20 871 ouvrages et aménagements littoraux recensés
  •  19 346 ouvrages encore visibles sur les photographies aériennes les plus récentes
  •  Environ 2 400 km de longueur cumulée
  •  Plus de 3 300 ouvrages supplémentaires identifiés par rapport à la première version de 2017
  •  Près de 1 000 ouvrages nouvellement construits au cours de la dernière décennie

Les ouvrages littoraux jouent un rôle important dans la protection et l’aménagement des territoires côtiers, mais peuvent également modifier les dynamiques naturelles du littoral. Cette cartographie constitue ainsi un socle national harmonisé pour mieux connaître les secteurs aménagés et accompagner les politiques publiques de gestion du trait de côte.

Une application cartographique permet de visualiser l’ensemble des ouvrages recensés.

Pour aller plus loin, un rapport d’étude du Cerema détaille la méthodologie mise en œuvre et l’exploitation des résultats.

GéoLittoral est le portail de la planification maritime et des données sur la mer et le littoral. On peut y télécharger des données SIG, regroupées par thématiques : activités portuaires et environnement, aquaculture marine, artificialisation, dynamiques et évolution du littoral, énergie éolienne, énergie houlomotrice, énergie hydrolienne, indicateur national de l’érosion côtière, zones basses du littoral et recul événementiel du trait de côte, occupation du sol, ortho littorale, trafic maritime, plaisance et mouillages, vulnérabilité aux risques littoraux.

Pour compléter

Publication d'un nouvel indicateur d'érosion du trait de côte

Produit par le Cerema avec le soutien du ministère chargé de la transition écologique, l’indicateur national de l’érosion côtière décrit l’évolution passée du trait de côte sur les littoraux de l’Hexagone, de la Corse et des départements et régions d’outre-mer. Comme la première édition, il repose sur l’analyse de photographies aériennes anciennes et récentes. Cette nouvelle version mobilise un plus grand nombre de traits de côte sur plusieurs années, ce qui permet d’analyser les évolutions du littoral sur plusieurs périodes temporelles et d’en proposer une lecture plus fine. Elle intègre désormais des données harmonisées issues des observatoires régionaux du trait de côte, afin de renforcer la cohérence entre le référentiel national et les observations de terrain. Les profils de calcul ont également été densifiés, avec environ 126 000 profils répartis tous les 50 mètres le long du littoral, afin d’affiner la restitution des résultats.

Les nouveaux résultats confirment, sur la période longue allant des années 1950 à 2020, l’ordre de grandeur déjà observé lors de la première version : environ 20 % des côtes naturelles sont en recul. En considérant l’ensemble du front de mer, en additionnant les secteurs naturels en recul et les secteurs maintenus par des ouvrages de protection ou de gestion du littoral, comme les murs ou les épis, 27,6 % des côtes apparaissent concernées par l’érosion côtière, une proportion qui atteint 50,1 % sur les secteurs de plage.

Une application cartographique permet de visualiser les évolutions du trait de côte sur plusieurs pas de temps de 1950 à nos jours. 

Le rapport d’étude du Cerema apporte les détails sur la méthodologie mise en œuvre et sur l’exploitation des résultats.

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Cartes et données sur le recul du trait de côte en France

Cartographie des populations côtières confrontées aux risques liés à l'eau

Rapport du PNUE - Limiter le dépassement


Source : « Limiter le dépassement – ​​Gérer le dépassement de 1,5 °C et les voies de retour » (Rapport du PNUE, septembre 2026)

La hausse des températures mondiales devrait dépasser 1,5 °C, probablement dans les prochaines années, poussant les risques et les impacts climatiques à des niveaux de plus en plus dangereux, mais il est encore possible de faire baisser les températures et d’atteindre les objectifs mondiaux de l’Accord de Paris, selon un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Le rapport, intitulé « Limiter le dépassement » prévoit une hausse maximale des températures de 1,8 °C dans le meilleur des cas ; d’autres évoquent plus de 2 °C. Au-delà de 1,5 °C, les impacts climatiques et les risques de points de basculement s'intensifient à chaque fraction de degré. La trajectoire « dépassement, pic et déclin » reste la meilleure option pour aider les nations et les communautés vulnérables à faire face à la situation et à revenir à une température inférieure à 1,5 °C. 

Cette voie permettrait de minimiser la hausse maximale des températures grâce à des réductions immédiates et soutenues des émissions de gaz à effet de serre, notamment de méthane, sur la voie de la neutralité carbone, et de faire baisser les températures grâce à des émissions nettes négatives à long terme, la capture et le stockage du dioxyde de carbone (CSC) soigneusement encadrés – le processus consistant à extraire le carbone de l’air et à le stocker par le biais du reboisement ou d’autres moyens – constituant un élément essentiel de cette stratégie. 

Parallèlement, suivre cette voie impliquerait des mesures d'adaptation visant à réduire la vulnérabilité aux impacts actuels, prévus et imprévus du changement climatique sur les sociétés, les communautés et les économies – même si l'adaptation aura probablement ses limites et que des impacts irréversibles subsisteront, notamment si les pics de température ne sont pas minimisés. Le rapport souligne qu'une telle voie permettrait de réduire les risques et les impacts, de faciliter et de rendre l'adaptation moins coûteuse, et d'accroître les chances de faire baisser les températures. 

« Il n’y a pas de bonnes perspectives si le réchauffement climatique reste supérieur à 1,5 °C. Partout dans le monde, les vagues de chaleur extrêmes prouvent déjà que les impacts du changement climatique se feront sentir plus rapidement, plus durement et plus longtemps, entraînant davantage de pertes humaines et des perturbations plus profondes », a déclaré Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE. « Il est temps d’intensifier nos efforts pour lutter contre le changement climatique. Nous pouvons – et devons – nous engager sur la bonne voie. En réduisant les émissions de gaz à effet de serre, en renforçant la résilience et l’adaptation, et en veillant à ce que le dépassement de 1,5 °C soit aussi limité et bref que possible. »

Impacts dévastateurs

Le scénario le plus optimiste prévoit une hausse des températures maximale de 1,8 °C au-dessus des niveaux préindustriels, dépassant ainsi l'objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C fixé par l'Accord de Paris. La plupart des autres scénarios anticipent des pics plus élevés.

Au-delà de 1,5 °C, les risques et les impacts s'intensifieront à chaque fraction de degré supplémentaire et chaque année. Parmi les impacts anticipés figurent l'intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, la destruction des écosystèmes et la submersion des petits États insulaires en développement et des villes côtières de faible altitude. Des dommages importants sont à prévoir pour la santé humaine, la sécurité alimentaire, les ressources en eau, la nature, les villes, les infrastructures et les économies.

Le rapport met en garde contre le risque accru de franchir des points de basculement irréversibles, proportionnel à l'ampleur et à la durée de la hausse des températures. Parmi ces points de basculement figurent la déstabilisation des grandes calottes glaciaires, la dégradation de la forêt amazonienne et la perturbation de la circulation méridienne de retournement atlantique (le système de courants qui transporte les eaux chaudes de surface vers le nord et les eaux froides profondes vers le sud, jouant un rôle clé dans la régulation du climat). Certains impacts pourraient se manifester brutalement, tandis que d'autres s'accumuleront au fil du temps.

Compte tenu de l’ampleur des risques et des avantages collatéraux des interventions climatiques, comme une transition rapide des énergies fossiles vers les énergies renouvelables – amélioration de la qualité de l’air et de la santé publique, réduction des coûts énergétiques et accès accru à l’électricité –, le rapport préconise une action collective et mondiale accélérée afin d’amorcer une trajectoire de dépassement, de pic et de déclin. La rapidité et l’intensité de cette action détermineront la forme et la trajectoire de cette trajectoire.

Conditions de réussite

Une forte volonté politique et le multilatéralisme, des politiques efficaces, une gouvernance inclusive et des financements adéquats sont autant de conditions essentielles à l'action – et l'équité et la justice doivent sous-tendre toutes les réponses. Les pays les plus responsables du changement climatique devraient agir le plus rapidement et avec la plus grande ambition.

Le rapport constate également que l’atténuation et l’adaptation, qui se renforcent mutuellement, doivent progresser de concert, tout en tenant compte des risques émergents. Les interventions permettant d’atteindre à la fois les objectifs d’atténuation et d’adaptation – comme le refroidissement par la nature – devraient être privilégiées.

Les mesures d’adaptation mises en place aujourd’hui constituent le fondement des efforts à venir, mais elles doivent devenir transformatrices et réactives aux risques évolutifs, non linéaires et soudains – y compris ceux qui nuiront aux efforts d’atténuation.

Le rapport souligne que la neutralité carbone est une étape essentielle vers un bilan carbone négatif, et que le captage et le stockage du carbone (CSC) doivent compléter, et non remplacer, une réduction durable des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, le CSC ne peut contribuer de manière crédible à un réchauffement inférieur à 1,5 °C que si le pic de réchauffement reste nettement inférieur à 2 °C et que toutes les émissions résiduelles sont réduites. Des cadres de gouvernance solides pour le CSC seront indispensables pour permettre un déploiement responsable et gérer les conséquences sur l'intégrité environnementale, l'équité et l'échelle du projet.

Répondre à un avenir transformé

Des années d'inaction signifient que, même si le réchauffement climatique est ramené sous la barre des 1,5 °C, des pertes irréversibles et des bouleversements durables sont inévitables. De nombreuses communautés pourraient être contraintes de se déplacer ou de changer de moyens de subsistance, tandis que les sociétés devront faire face au défi de la réadaptation. Ceci soulève des questions de justice, de pouvoir et de légitimité politique, qui exigeront de nouveaux mécanismes de gouvernance inclusifs pour résoudre ces problèmes complexes.

Ce rapport nous rappelle que le scénario de dépassement, de pic et de déclin représente un défi climatique majeur pour les générations futures, un défi qu'il est impératif d'aborder sans délai. Une action immédiate est indispensable pour que ce scénario reste envisageable.

Explication du dépassement 

5 choses à comprendre sur un monde au-delà de 1,5 °C

D'autres rapports du PNUE ont déjà recensé de nombreuses solutions pour minimiser les dépassements. Le rapport « Limiter les dépassements » souligne les enjeux liés à une mise en œuvre et un déploiement à grande échelle trop lents de ces solutions.

  • Le dépassement est un cheminement, pas un instant.
  • Dépasser 1,5°C ne doit pas signifier renoncer à l'objectif.
  • L’adaptation et l’atténuation doivent aller de pair.
  • La capture et le stockage du dioxyde de carbone (CSC) sont nécessaires, mais ce n'est pas une solution miracle.
  • La baisse des températures ne ramènera pas le monde à la « normale ».

Le rapport propose des graphiques et des schémas efficaces pour montrer les différentes trajectoires en fonction des scénarios et mettre en évidence les liens entre adaptation et atténuation qui ne s'opposent pas l'un l'autre et peuvent aller de pair. A compléter avec le glossaire du GIEC qui donne des définitions très claires des termes employés, notamment sur les notions de vulnérabilité, de dépassement, d'adaptation, d'atténuation...

Les impacts potentiels durant les phases de dépassement, de pic, de baisse et finalement de stabilisation, dépendront de la trajectoire suivie


Des décennies d'action insuffisante nous ont enfermés dans trois défis cumulatifs pour limiter le dépassement des seuils de température, rendant une action immédiate urgente.

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Cartographier l’anthropocène - la forêt (Atlas IGN, 2026)


À en croire l’opinion publique, la forêt française aurait perdu du terrain ces dernières décennies. Bien au contraire. En France hexagonale et en Corse, sa superficie a plus que doublé en deux siècles. En 1840, la forêt française couvrait 8,9 millions d’hectares ; elle en couvre aujourd’hui 17,6 millions. Autrement dit, un paysage sur trois est une forêt. Et la dynamique se poursuit : chaque année, la surface forestière gagne en moyenne 90 000 hectares, soit plus de 8,5 fois la surface de Paris. Pourtant, si la forêt s’étend, elle se fragilise. Deuxième puits de carbone après les océans, elle subit de plein fouet le changement climatique. La hausse des températures et la multiplication des épisodes de sécheresse altèrent son cycle de régénération et l’exposent davantage aux risques naturels (champignons et insectes ravageurs, mais aussi incendies). En dix ans, la mortalité des arbres a plus que doublé. Veiller sur la forêt est plus que jamais essentiel pour sa préservation et son adaptation.


Après l'occupation du sol (2023), l'intelligence artificielle (2024), les inondations (2025), l'IGN consacre son Atlas Cartographier l'anthropocène (édition 2026) au thème de la forêt. « Des cartes pour penser la forêt » : comme le souligne en introduction Sébastien Soriano (Directeur général de l'IGN), « au vu des nombreux services rendus par les forêts, des questions reviennent de manière plus aiguë, réclamant  des débats sereins et éclairés...Un minutieux travail de terrain, des observations aériennes et satellitaires à foison, l’apport des meilleures technologies, dont des modèles innovants d’intelligence artificielle : il y a un peu de tout cela dans les données de cet Atlas, réalisé avec la conviction que la carte reste un puissant média pour la compréhension de systèmes complexes comme les forêts ». Outre de très belles images, on y trouve des data visualisations originales sur l'évolution de la forêt française sur deux siècles, sur la répartition des forêts publiques et privées, sur la continuité et le morcellement des forêts de France hexagonale. Les départements d'outre-mer ne sont pas en reste avec de très belles cartes sur la Guyane (stock de carbone dans les arbres), la Guadeloupe et la Martinique (formations végétales et forestières) ainsi que la Réunion (niveau d'invasion des forêts par des plantes exotiques envahissantes).





À quoi ressemblent les forêts françaises ?

Quatrième forêt d’Europe par sa superficie, la forêt française s’apparente à un assemblage de milieux modelés par la géographie, le climat et les pratiques sylvicoles. Des zones montagneuses aux territoires ultramarins en passant par les plaines alluviales et les littoraux, ces massifs forestiers présentent une multitude de faciès, dont l’agencement est aussi le produit de notre propre histoire. Façonnée de longue date par les activités humaines, la forêt française a vu sa surface décliner régulièrement jusqu’au milieu du XIXe siècle. Elle connaît depuis lors une expansion spectaculaire découlant à la fois de l’exode rural, des transformations agricoles et des politiques publiques de reboisement.

Quels rôles jouent les forêts ?

Alliée précieuse dans la lutte contre le changement climatique et l’atténuation des catastrophes naturelles, la forêt française constitue également un réservoir de biodiversité exceptionnel. Pourvoyeurs de nombreux emplois et de ressources renouvelables telles que le bois d’oeuvre, les espaces forestiers sont aussi le théâtre de multiples activités de loisirs. Concilier l’ensemble de ces usages, parfois contradictoires, implique une gestion adaptée et un dialogue permanent entre forestiers, pouvoirs publics et citoyens. Une démarche dans laquelle s’inscrivent l’IGN et ses partenaires comme l’Office national des forêts (ONF), auquel incombe la gestion de nos forêts publiques.

Nos forêts sont-elles en danger ?

Les forêts sont confrontées à de multiples pressions qui fragilisent ces milieux déjà malmenés par la hausse globale des températures : sécheresses à répétition, incendies, prolifération de parasites, développement de nouvelles maladies, surabondance d’ongulés sauvages accentuent la mortalité des arbres, qui a plus que doublé en une décennie. Loin de provoquer pour autant un déclin généralisé de la forêt française, ces perturbations révèlent aussi ses capacités d’adaptation. En s’appuyant sur le suivi sanitaire des peuplements forestiers, la diversification des essences et des stratégies de gestion fondées sur la résilience, forestiers et scientifiques s’efforcent d’accompagner l’adaptation des forêts françaises à cette nouvelle réalité qu’est l’anthropocène.

Comment mieux connaître la forêt ?

Qu’il s’agisse de suivre l’évolution des peuplements d’arbres ou d’anticiper les transformations des milieux forestiers, des informations fiables et actualisées sont indispensables à la gestion des forêts à l’ère de l’anthropocène. À travers l’Inventaire forestier national et l’amélioration constante de ses outils d’observation et d’analyse, l’IGN joue ce rôle de sentinelle de la forêt française. En agrégeant les données produites par les différents établissements chargés de scruter les forêts, l’Observatoire des forêts françaises éclaire, pour sa part, les prises de décision des professionnels de la filière forêt-bois et des collectivités en matière de gestion durable des écosystèmes forestiers.

Feuilleter l'Atlas en ligne

En complément

Découvrez les onze projets primés dans le cadre du Concours Carto 2026 "Mille et une forêts" organisé par l'IGN en partenariat avec Le Figaro et Datagora. Sous forme d'affiches, de cartes pliées ou de cartes postales, les participants ont su réinventer leur regard sur les forêts, ces écosystèmes désormais placés au centre des stratégies climatique, écologique et industrielle qui dessinent l'avenir de notre société.

Exploiter et protéger une ressource "naturelle" : la forêt française depuis Colbert (Margot Kestener, Lucas Sarkissian) 

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Bilan environnemental de la France (SDES)

 

En mai 2026, le site Statistique publique de l'Energie, des Transports, du Logement et de l'Environnement (SDES) a mis en ligne son rapport Bilan environnemental de la France - Édition 2025. Publiés depuis 2020, ces bilans annuels font un état de l'environnement en France et donnent les tendances et indicateurs clés en matière d'environnement.

1) Principaux résultats 

Les activités économiques, sources de pressions sur l’environnement

Les activités économiques, comme le transport, l’industrie, l’énergie, le logement-construction ou l’agriculture, représentent un enjeu majeur, mais elles exercent des pressions sur l’environnement. Extraction, prélèvement et consommation de ressources naturelles, émission de gaz à effet de serre et de polluants dans l’atmosphère, production de déchets, artificialisation des sols… ces pressions dégradent les écosystèmes et contribuent à la perte de biodiversité, à la pollution et au changement climatique. Des politiques publiques visant la décarbonation de l’économie, la préservation des sols et de la biodiversité, ainsi que la transition vers une économie circulaire, sont mises en oeuvre afin de construire un modèle plus durable.

L’état de l’environnement

Les pressions exercées par les activités humaines perturbent de plus en plus l’état et le fonctionnement des écosystèmes, fragilisant les nombreux services qu’ils rendent à la société. À la suite de la mise en oeuvre de règlementations, certains domaines s’améliorent comme la qualité de l’air ou la qualité de l’eau pour certains paramètres. Des défis majeurs demeurent, liés notamment à la pollution des nappes phréatiques, à l’artificialisation des sols, au déclin de la biodiversité, en particulier dans les milieux humides, marins et littoraux. Les forêts doivent également faire face aux aléas climatiques et biologiques. En milieu agricole, les sols se dégradent.

Changement climatique et accroissement des risques naturels

Le changement climatique, avec une hausse des températures de 2,1 °C en France par rapport à 1900-1930, a des répercussions directes sur l’élévation du niveau des mers, le changement de la pluviométrie, les sécheresses et la biodiversité. Ces effets deviennent de plus en plus concrets pour l’opinion publique. Cumulant différentes actions, les investissements en faveur du climat sont estimés à 100 milliards d’euros en 2024, soit 3,5 % du PIB. Dans ce contexte, les risques naturels, comme les inondations, le retrait-gonflement des argiles, les tempêtes, les séismes ou encore les submersions marines concernent de plus en plus de population et se concrétisent plus fréquemment. Ainsi, les événements naturels très graves ont progressé sur la période récente tout comme le coût des sinistres pour catastrophe naturelle, qui représente 1,7 milliard d’euros en 2024.

Un ensemble d’actions en faveur de la protection de l’environnement

Face au défi environnemental et climatique, les acteurs publics et privés s’engagent dans la prévention des pollutions, la restauration des milieux et la réduction de la consommation des ressources naturelles. En 2023, les dépenses en faveur de la protection de l’environnement et de la gestion durable des ressources sont estimées à 100 milliards d’euros, dont 30 milliards d’euros financés par le secteur public. La fiscalité environnementale se répartit en une quarantaine d’impôts : la plus grande partie concerne les taxes sur les produits fossiles. À côté de ce volet financier, l’économie et le marché du travail accordent une part croissante aux activités et aux métiers liés à l’environnement. Les éco‑activités, produisant des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion durable des ressources naturelles, représentent 817 000 emplois en 2023 et croissent, plus vite que l’ensemble de l’économie, aussi bien en valeur ajoutée qu’en emploi. En 2023, 9 % des étudiants suivent une formation environnementale et 114 000 étudiants sont inscrits en dernière année. Par ailleurs, une politique de contrôle est mise en oeuvre en France pour garantir le respect de la réglementation environnementale.




2) Accès aux données

Des données associées sont téléchargeables sous forme de fiches classées par thématique.

Il est possible de faire des comparaisons en accédant aux précédénts bilans environnementaux 2020, 202120222023 et 2024.

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Les déterminants environnementaux de la bronchiolite du nourrisson dans la métropole de Lyon

Cartographie et racisme environnemental. L'exemple de « Cancer Alley » en Louisiane

OSINT, conflit et impact sur l'environnement. L'épandage d'herbicide par les forces de défense israélienne

Méthode d’estimation de l’accès aux aménités environnementales en milieu urbain

Climat : un élève sur dix a vu sa scolarité perturbée en 2025 (UNICEF)


Tempêtes, inondations et vagues de chaleur ont perturbé la scolarité de plus de 171 millions d’enfants à travers le monde en 2025, soit près d’un élève sur dix, selon une analyse publiée par l’UNICEF le 10 septembre 2026. 

Intitulé Learning Interrupted (« Apprentissages interrompus »), ce rapport porte sur 106 pays et territoires et met en évidence l’impact croissant des phénomènes météorologiques extrêmes sur l’éducation. Les tempêtes sont le premier facteur mondial, avec environ 109 millions d'élèves concernés, devant les inondations (au moins 70 millions) et les vagues de chaleur (environ 50 millions). Fermetures d’écoles, suspension des cours, journées raccourcies, enseignement à distance : les perturbations prennent des formes multiples. Dans certains cas, les établissements sont directement endommagés, tandis que les déplacements de population et l’augmentation de l’absentéisme peuvent accroître le risque de décrochage scolaire. 

« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne font pas qu’interrompre les leçons : ils détruisent des écoles, déracinent des familles et écartent durablement de la salle de classe les enfants les plus vulnérables, en particulier les filles », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell.

Perturbations scolaires liées au climat (carte réalisée à partir des données statistiques du rapport de l'UNICEF).
Pour certains pays, les estimations ont été ajustées pour tenir compte du sous-dénombrement dans des contextes de crise.

Les pays les plus pauvres sont les plus durement touchés

Si les perturbations ont touché les élèves de tous les niveaux de revenus, les trois quarts d'entre eux vivent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, selon l'UNICEF, car les systèmes éducatifs y manquent souvent des ressources nécessaires pour préserver l'apprentissage lors des urgences liées au climat. Par exemple, au Pakistan – l’un des pays les plus touchés selon l’étude – les graves inondations de mousson du mois d’août ont retardé la rentrée scolaire de plus de 28 millions d’élèves, ce qui en fait l’une des plus importantes perturbations de l’éducation liées au climat enregistrées en 2025. De même, en Égypte, une puissante tempête de Khamsin (vent et poussière) a provoqué une suspension nationale des cours pendant une journée en avril, touchant également plus de 28 millions d'élèves.

Les filles sont plus vulnérables

Le rapport constate que les filles sont plus susceptibles que les garçons d'abandonner leurs études lorsque les aléas climatiques perturbent ou ferment les écoles. Lorsque les écoles et les installations sanitaires sont endommagées, et que les familles sont déplacées et perdent leurs revenus, les filles se voient généralement confier des responsabilités supplémentaires en matière de soins et de collecte d'eau. Ces pressions peuvent également accroître le risque de mariage forcé d'enfants , ce qui rend très difficile le retour des filles à l'école une fois les établissements rouverts. 

Conséquences à long terme

« Pour des millions d’enfants, les aléas climatiques ne se contentent pas de perturber les cours, ils détruisent les écoles, déracinent les familles et excluent définitivement les enfants les plus vulnérables, notamment les filles, des salles de classe », a souligné Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. À moins que des mesures claires ne soient prises pour les aider, les élèves qui ont subi des perturbations scolaires liées au climat en 2025 pourraient perdre au total au moins 200 milliards de dollars de revenus sur toute leur vie, selon le rapport. À l'échelle macroéconomique, les pertes d'apprentissage et les taux d'abandon scolaire plus élevés peuvent réduire la productivité de la main-d'œuvre, ralentir la croissance économique et rendre plus difficile pour les pays de réduire la pauvreté. 

Parmi les pays d'Asie du Sud, l'Inde a enregistré le plus grand nombre d'élèves touchés. Les tempêtes et autres catastrophes climatiques qui ont frappé différents États ont perturbé la scolarité de 26 millions d'élèves. La crise de l'éducation liée au climat ne concerne plus seulement les pays pauvres ou vulnérables au changement climatique. Dans plusieurs pays européens, les vagues de chaleur, les tempêtes et les inondations ont perturbé la scolarité de millions d'élèves.

Des solutions concrètes à mettre en oeuvre

Parallèlement, le rapport met en lumière des solutions concrètes qui contribuent déjà à protéger l'apprentissage des aléas climatiques, notamment l'intégration de la résilience climatique dans la planification nationale de l'éducation, le renforcement des infrastructures scolaires, la garantie de la continuité de l'apprentissage pendant et après les perturbations, et l'intégration de l'éducation au climat dans les programmes scolaires afin de doter les enfants et les jeunes des compétences nécessaires pour s'adapter à un monde en mutation. 

Fort de ces approches éprouvées, l'UNICEF appelle les gouvernements et les partenaires à intensifier leurs efforts et à protéger l'éducation des pires conséquences des aléas climatiques : 

  • Renforcer la résilience climatique des systèmes éducatifs pour assurer la continuité de l'apprentissage en cas d'urgence.
  • Accroître les financements nationaux et internationaux pour la résilience du système éducatif.
  • Investir dans des infrastructures éducatives résilientes face au changement climatique pour protéger les élèves et les enseignants. 
  • Donner aux enfants et aux jeunes les connaissances et les compétences nécessaires pour renforcer leur résilience et impulser l'action climatique.
  • Renforcer les systèmes de données sur le climat et l'éducation pour mieux anticiper les perturbations, y répondre et s'en remettre.

Pyramide en faveur d'une éducation résiliente au climat qui tient compte du niveau de responsabilité individuel et collectif (schéma traduit à partir du rapport de l'UNICEF)

Ces quatre piliers offrent une approche globale pour une éducation résiliente face au climat. Les politiques, la planification et le financement créent un environnement propice ; des infrastructures et des systèmes éducatifs résilients protègent l’apprentissage et renforcent la préparation ; tandis que les compétences vertes et le leadership permettent aux enfants et aux jeunes de mener des actions climatiques et de contribuer à des sociétés plus résilientes et plus durables.

Références

Rosa Pietroiusti et al. (2026). « Age-specific exposure to human-induced increases in humid heat  » [Exposition spécifique de l'âge aux augmentations de chaleur humide induites par l'homme]. Science Advances 12, eaeb3232, https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aeb3232

Les enfants sont particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique et subiront des effets de plus en plus marqués tout au long de leur vie. Les auteurs montrent ici que les enfants sont déjà exposés de manière disproportionnée par rapport aux générations plus âgées, car nombre d'entre eux vivent dans les régions les plus touchées par l'aggravation du stress thermique lié à l'humidité. En combinant des données démographiques avec un cadre d'attribution à l'échelle mondiale, ils constatent qu'au rythme actuel du réchauffement climatique, 2,8 à 3 fois plus d'enfants âgés de 0 à 9 ans que d'adultes âgés de 60 à 69 ans sont exposés à au moins 20 jours supplémentaires de stress thermique attribuables au changement climatique anthropique, selon les réanalyses (3,0 [3,0 à 3,1]) et les modèles climatiques (2,8 [2,4 à 3,0]). En moyenne, les enfants subissent 9 à 10 jours de stress thermique supplémentaires attribuables au changement climatique que les personnes âgées de 60 à 69 ans (réanalyses : 9 [6 à 9] ; modèles : 10 [6 à 13]), et cette différence est probablement sous-estimée, car les enfants passent plus de temps à l'extérieur. Cette disparité intergénérationnelle persiste à mesure que le stress thermique global s'intensifie sous l'effet du réchauffement climatique de 1,5°C et 2°C, soulignant la nécessité de politiques d'atténuation et d'adaptation pour protéger les enfants des risques sanitaires liés à la chaleur.

Liu, Sable​ W. Ding (2026). « The UNICEF Children's Climate Risk Index : From Measurement to Policy  » [L’indice des risques climatiques pour les enfants de l’UNICEF : de la mesure à la politique]. Children & Society, 40, n°4 : 878-884 . https://doi.org/10.1111/chso.70022.

Élaboré par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses collaborateurs, l'Indice des risques climatiques pour les enfants (IRCE) constitue un cadre mondial essentiel pour évaluer et réduire l'impact des risques climatiques sur les enfants. En replaçant le changement climatique dans le contexte des droits de l'enfant, l'IRCE sert d'instrument politique fondé sur des données probantes pour traduire les principes normatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant en actions nationales et internationales. Cet article analyse les caractéristiques conceptuelles, méthodologiques et politiques de l'IRCE, ainsi que son intégration aux politiques et actions nationales et internationales, notamment les initiatives de l'UNICEF. Il souligne le potentiel de l'IRCE pour orienter les politiques de réduction des risques de catastrophe, de protection sociale et d'éducation, afin de renforcer la résilience des enfants face aux risques climatiques. Certaines limites de l'IRCE, telles qu'une inclusion institutionnelle restreinte, une participation limitée des enfants et des lacunes dans les données, sont également identifiées. À partir de ces constats, cet article propose des pistes pour renforcer l'IRCE et appelle à des efforts scientifiques et politiques accrus pour promouvoir une connaissance et une gouvernance du climat centrées sur l'enfant.

Adwoa Kumiwa, Asare Afrane et Adeladza Kofi Amegah (2025). « Climate change impacts on child health in Africa : time for action » [Impacts du changement climatique sur la santé infantile en Afrique : il est temps d'agir], Environmental Research : Health 3 033002, https://iopscience.iop.org/article/10.1088/2752-5309/adf08c (en accès ouvert).

La crise climatique affecte de manière disproportionnée les enfants en Afrique et dans d'autres régions en développement du monde, où la rareté des ressources et les carences en infrastructures accentuent leur vulnérabilité aux aléas climatiques. Selon l'UNICEF, les enfants de la quasi-totalité des pays africains sont exposés à un risque élevé, voire extrêmement élevé, lié aux changements climatiques. Ces changements constituent une grave menace pour la santé infantile en Afrique, en raison de la conjugaison de multiples vulnérabilités qui engendrent des défis sans précédent. Afin de prioriser les actions face aux risques climatiques pesant sur les enfants en Afrique, il est essentiel d'identifier les zones les plus touchées et les facteurs de vulnérabilité. C'est dans ce contexte que, les auteurs mettent en lumière les principaux problèmes de santé infantile liés au climat en Afrique, recensent les lacunes de la recherche et proposent des stratégies d'intervention pour protéger la santé des enfants sur le continent.

Schéma expliquant les conséquences néfastes du changement climatique sur la santé des enfants
en Afrique (source : Kumiwa, Afrane et Kofi Amegah, 2025)

Pour compléter

« On estime que 3,9 millions d’enfants vivent dans les zones touchées par les puissants séismes de magnitudes 7,5 et 7,2 qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, mettant en danger des milliers d’enfants et de familles » (UNICEF). Le ministère de l'Éducation du Venezuela a fermé les écoles pour quelques jours pour servir de refuge et de centre de dons. « Salles de classe désertes et cours sous des tentes : à La Guaira, la rentrée scolaire a été perturbée, plus de deux mois après les tremblements de terre qui ont fait plus de 6.500 morts au Venezuela » (Mediapart).

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Infoclimat et DataClimat, deux sites utiles pour accéder à des données météorologiques et climatiques

Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques



Géographie de la gouvernance des mobilités en France à partir des AOM


Benoit Conti et Mariane Thébert (2026). Géographie de la gouvernance des mobilités en France : la Loi d’orientation des mobilités au prisme des déplacements pendulaires, Cybergeo : European Journal of Geography, Espace, Société, Territoire, document 1109, http://journals.openedition.org/cybergeo/43116

Cet article examine la recomposition de la gouvernance des mobilités en France suite à la mise en œuvre de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) de 2019. Deux échelles sont analysées : celles des autorités organisatrices de la mobilité (AOM), qui couvrent désormais l’ensemble du territoire, et celles des bassins de mobilité, nouveau périmètre de coordination des AOM. L’article examine ces périmètres politiques et techniques au regard des déplacements pendulaires afin de restituer dans leur variété les enjeux de gestion de ces mobilités. L’analyse, réalisée sur la France continentale, repose sur une démarche quantitative conduite à partir des données de mobilité pendulaire du recensement de la population (Insee). Une typologie en quatre profils d’AOM permet de qualifier la diversité des enjeux à considérer entre actifs stables, sortants et entrants. Les AOM issues de la LOM sont caractérisées par l’extraversion des flux domicile-travail mais présentent aussi des profils marqués. Étonnamment, l’intérêt pour le statut d’AOM est plus forte chez les communautés de communes échangeant le plus d’actifs avec l’extérieur, traduisant l’importance d’interagir en qualité d’interlocuteur légitime avec la Région. Toutefois, les bassins de mobilité n’offrent pas toujours de périmètre de coopération adéquat au regard des profils identifiés, et les réflexions sur les enjeux de coordination entre intercommunalités et Régions ouvrent des pistes de recherche sur les conditions du dialogue entre planification territoriale et gestion des mobilités.

Les quatre classes d’AOM au regard des pratiques de mobilité (source : Conti et Thébert, 2026)


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L'évolution du revêtement des routes dans le monde


Randhawa, S., Randhawa, G., Langer, C. et al.  (2026). The changing surface of the world’s roads [L’évolution du revêtement des routes dans le monde]. Nature Communications, 17, 9345.  https://doi.org/10.1038/s41467-026-76234-8

Des chercheurs de l’Université de Heidelberg ont cartographié l’état des routes dans le monde. À partir d’images satellites et de l’IA, ils montrent que leur qualité éclaire le développement, les inégalités et les vulnérabilités territoriales. L’étude cartographie 95,5% des 9,2 millions de kilomètres des grands axes routiers entre 2020 et 2024, à une résolution de 3-4 mètres grâce aux images PlanetScope. Les chercheurs distinguent les routes revêtues et non revêtues et estiment leur largeur, de manière à suivre l’évolution concrète des infrastructures. La carte mondiale fait apparaître une forte fracture spatiale. Les routes étudiées sont revêtues à 97,4% en Europe et Asie centrale et 96,9% en Amérique du Nord, contre 63,1% en Afrique subsaharienne. L’inégalité concerne surtout les campagnes, bien moins équipées que les villes. Le lien entre routes rurales et développement humain apparait clairement. La part de routes revêtues est fortement corrélée à l’indice de développement humain dans les campagnes (r=0,74), davantage que dans les villes (r=0,54), où les réseaux sont déjà presque entièrement revêtus. Entre 2020 et 2024, le revêtement progresse dans une grande partie du monde, mais à des rythmes très inégaux. Les hausses les plus fortes se concentrent dans plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique du Sud, d’Asie du Sud et du Sud-Est, révélant des espaces de rattrapage rapide. Les routes non revêtues ne sont pas seulement un signe de retard. Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, d’Amérique du Sud ou d’Asie du Sud-Est, elles restent indispensables aux liaisons entre villes. Leur fragilité peut donc menacer la continuité des échanges et des réseaux. Les études locales révèlent ces écarts à grande échelle. Au Ghana, 84,6% des grands axes sont revêtus, contre 44,9% des routes urbaines et 5% des voies de desserte. Au Pakistan, la surface et la largeur des routes servent aussi à repérer les secteurs vulnérables aux inondations. L’état des routes révèle les inégalités territoriales, l’accessibilité et la résilience. Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une corrélation, non d’une causalité : toutes les routes n’ont pas à être revêtues, et les besoins diffèrent selon les territoires.

État et dynamique des infrastructures routières mondiales : revêtement en 2024 et évolution de 2020 à 2024 d'après les données de PlanetScope (source : Randhawa et al., 2026


L’ensemble de données mondial sur les surfaces routières généré et analysé dans cette étude est librement accessible sur la plateforme Humanitarian Data Exchange (HDX) sous licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 (CC BY-NC 4.0). D’autres ensembles de données utilisés dans cette étude sont accessibles au public auprès des sources citées dans le texte principal. Les images satellites PlanetScope utilisées pour l’entraînement et la validation du modèle ont été obtenues dans le cadre d’un accord de licence de recherche et d’éducation avec Planet Labs PBC. En raison de ces conditions de licence, les images Planet ne peuvent être redistribuées.

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Le salaire des enseignants dans l'Union européenne, de l'école primaire au lycée


Source : Valentin Ledroit, «  Le salaire des enseignants dans l'Union européenne, de l'école primaire au lycée », 1er septembre 2026 (Toute l'Europe).

Dans l’Union européenne, les salaires des enseignants diffèrent fortement selon les pays. Entre le Luxembourg, où ils figurent parmi les plus élevés, et la Bulgarie, où ils restent modestes, l’écart est considérable. Où se situe la France dans ce panorama ? En France, 11,6 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école à la rentrée 2026. C'est également le cas pour les quelque 851 000 enseignants de l'Hexagone. À quelques mois de l'élection présidentielle, de nombreux candidats ont proposé d'augmenter les salaires des professeurs, notamment pour combler l'écart avec leurs voisins européens. D'un État membre à l'autre, les conditions salariales des enseignants sont en effet très différentes.

Salaire statutaire annuel brut d'un enseignant (en euros) pour l'année scolaire 2024/2025, au niveau lycée

Source : Eurydice. Le comparatif utilise la Classification internationale type de l'éducation, et plus particulièrement les niveaux suivants : ISCED 1 (primaire), ISCED 2 (collège) et ISCED 3 (lycée). Pour les pays membres n'utilisant pas l'euro (Danemark, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Suède), les conversions ont été effectuées avec le taux donné par la BCE le 31 août 2026.

Des disparités fortes en début de carrière

Selon les chiffres publiés par la Commission européenne pour l’année scolaire 2024/2025 (dernières données Eurydice disponibles), un enseignant bulgare en école primaire gagne environ quatre fois moins que son collègue allemand en début de carrière. En France (12e du classement européen), les enseignants du primaire gagnent, en début de carrière, 32 264 euros bruts par an, ce qui les place entre Chypre (26 553 €) et l'Espagne (35 030 €). Le niveau de rémunération est identique, de l'école primaire au lycée, dans une majorité d'États membres (14 au total). Le site Eurydice de l'UE permet de faire des comparaisons en fonction de l'évolution dans la carrière.

Des évolutions disparates

Les évolutions salariales au cours de la carrière ne sont pas non plus les mêmes selon les pays. C'est à Chypre que l'augmentation de salaire est la plus conséquente, avec une hausse de 143 % dans l'enseignement primaire. En France, un enseignant du primaire verra sa rémunération annuelle augmenter de 61 % après 34 ans de carrière en moyenne. Mais cette évolution est loin d'être régulière. Après 10 ans d'ancienneté, l'augmentation n'est que de 10 %, puis de 13 % après 15 ans.  Les niveaux de rémunération affichés ne tiennent pas compte du temps de travail effectif dans chaque État membre. Ces chiffres correspondent toutefois au temps d'enseignement réglementaire, et non au temps de travail total des enseignants, qui comprend également la préparation des cours, la correction des copies, les réunions ou encore les échanges avec les familles. En France, une étude de la DEPP (le service statistique public de l'éducation) publiée en 2025 estime ainsi que les enseignants du second degré à temps plein ont travaillé en moyenne 1 632 heures sur l'ensemble de l'année scolaire 2022-2023. 

Une corrélation avec le PIB par habitant

Le niveau de salaire des enseignants est le plus souvent corrélé au niveau de PIB par habitant : plus ce dernier est élevé, plus le salaire moyen des enseignants tend à l'être également. Toutefois, même en ajustant ces salaires en fonction de la richesse par habitant, le classement évolue peu.

Pour compléter

«  Bac +3, master ou simple baccalauréat… quel est le niveau de qualification requis chez nos voisins européens ?  » (Toute l'Europe). 
Si 12 pays de l'UE demandent un niveau licence pour enseigner à l'école primaire, comme l'Autriche, la Belgique ou encore le Danemark, 14 autres pays de l'UE exigent un niveau master. C'est notamment le cas de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suède. Pour pallier les difficultés de recrutement des professeurs en France, les concours d'enseignants sont désormais accessibles aux étudiants de licence 3. 

«  Crise d’attractivité : le rapport qui appelle à revaloriser le métier enseignant » (Café pédagogique). 
La question salariale est au centre de la rentrée, et cela continue avec le rapport de France stratégie publié lundi 31 août. Dans son rapport sur le niveau scolaire, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan décrit un métier sous tension, marqué par la baisse du nombre de candidats, la charge de travail, un sentiment de faible reconnaissance et une formation jugée insuffisante. « En France, le métier d’enseignant fait partie des métiers où le niveau de tension psychologique est le plus élevé. » : le rapport propose de profiter de la baisse démographique pour agir sur les rémunérations, la formation et les conditions d’exercice.

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Une typologie des communes pour décrire le système éducatif (DEPP-MEN)

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Etudier les établissements scolaires en lien avec la politique de la ville : intérêt et limites

Les territoires de l’éducation : des approches nouvelles, des enjeux renouvelés

Habitez-vous une ville du quart d'heure ?


L'outil Ma ville du quart d'heure, développé par Julien Bracquart, représente le nombre et le type d'activités présentes à proximité de tout lieu du territoire en France métropolitaine. La carte permet de lister les services présents à un quart d'heure à pied autour de chaque rue. L'évaluation de l'accessibilité des services du quotidien s'inspire du concept d'urbanisme de proximité, créé par le chercheur Carlos Moreno. Un survol des rues et des services apporte des informations complémentaires. Des statistiques sur la population viennent compléter ce tableau. Le profil choisi peut être : par défaut, avec enfant(s), touriste, personne âgée avec un niveau de mobilité normal ou réduit. La carte est personnalisable pour permettre à chacun de découvrir les lieux qui lui correspondent et éventuellement vivre sans voiture.

Quelle offre de services à un quart d'heure à pied à Rennes ? (source : mavilleduquartdheure.fr)


Par comparaison, l'accessibilité à pied des personnes âgées (source : mavilleduquartdheure.fr)


Les villes-centres offrent des niveaux de service plus élevés par rapport aux couronnes périurbaines, mais on observe des disparités entre aires urbaines. L'intérêt de cette application en ligne est d'une part de mettre en évidence le nombre de services manquants (de 1 à 4 ou plus) et d'autre part de pouvoir sélectionner le type de services (boulangerie, café-restaurant, commerce alimentaire, bureau de poste, pharmacie...). Les résultats peuvent être affichés au niveau des rues ou par rapport au bâti résidentiel, avec la densité du bâti rendue par des cercles proportionnels.