Territoires laissés pour compte et résilience régionale face au choc de la COVID-19 en Europe


Source : H. E. Duran, A. Faggian, A. Michelangeli, K. Tkach (2026). «Left Behind Places and Regional Resilience to COVID-19 Shock in Europe » [Territoires laissés pour compte et résilience régionale face au choc de la COVID-19 en Europe]. University of Milan Bicocca Department of Economics, Management and Statistics, URL : https://ssrn.com/abstract=6176078

Résumé 

La période de turbulences actuelle pose des défis non seulement aux pays, mais aussi et surtout aux régions qui les composent. Or, la résilience économique des territoires défavorisés reste encore peu étudiée, notamment au regard des fortes disparités régionales. Cet article vise à analyser le lien entre développement régional et résilience économique dans 897 régions européennes (NUTS 3) durant la pandémie de COVID-19. Afin de dépasser l’approche fondée sur le PIB, les auteurs ont élaboré un indice multidimensionnel de « défavorisation ». Les résultats montrent que les territoires défavorisés, identifiés grâce à cette approche multidimensionnelle, ont relativement mieux résisté au choc immédiat de la pandémie, tandis que les régions plus développées ont démontré une plus grande capacité de reprise. Ces résultats suggèrent que les décideurs politiques devraient adopter une stratégie différenciée, en renforçant la résilience des régions les plus avancées et en améliorant la capacité de reprise des territoires défavorisés, afin de réduire les disparités régionales persistantes.

Indice multidimensionnel de marginalisation en Europe face à la Covid-19 (source : Duran et al., 2026)


Méthodologie et données

L'analyse repose sur trois ensembles de variables : ( i ) les variables de résilience, ( ii ) les variables de retard de développement et ( iii ) les variables de contrôle. Conformément aux travaux existants sur la résilience régionale, les auteurs construisent cinq indicateurs à partir de la dynamique du PIB réel dans les régions NUTS 3 de l’UE. Les données relatives au PIB réel proviennent des bases de données ARDECO (2025) et Eurostat (2025) . La résistance est définie comme la variation en pourcentage (ratio logarithmique) du PIB réel entre le pic pré-pandémique de 2019 et le creux de 2020, reflétant ainsi l’ampleur de la récession initiale induite par le choc de la COVID-19.

Toutes les variables de résilience sont calculées sous forme de scores z, par rapport à la moyenne nationale, et standardisées à l'aide des écarts-types interrégionaux (au niveau national). Ainsi, les valeurs positives (négatives) indiquent des régions dont les performances sont relativement meilleures (moins bonnes) que la moyenne nationale. Si la standardisation des scores de résilience au sein de chaque pays permet de saisir les performances régionales relatives, cette approche fait nécessairement abstraction des différences d'exposition aux chocs macroéconomiques entre les pays. Par exemple, lors de la pandémie de COVID-19, l'Italie a mis en œuvre l'un des confinements les plus stricts d'Europe, entraînant une forte contraction de son PIB national, tandis que la Suède a adopté une approche beaucoup plus souple, ce qui a eu un impact économique immédiat plus modéré. La standardisation des valeurs régionales à l'aide de la moyenne nationale élimine cette variation au niveau national, ce qui signifie qu'une région italienne dont les performances sont meilleures que la moyenne nationale peut recevoir un score de résilience positif, même si ses performances absolues étaient inférieures à celles d'une région suédoise dont le score national est inférieur à la moyenne. En ce sens, nos variables de résilience standardisées doivent être interprétées comme des mesures de la résilience régionale au sein d'un même pays, en termes relatifs, plutôt que comme des indicateurs comparables entre pays de résistance ou d'exposition absolues. Autrement dit, notre approche limite la possibilité d'une comparaison à l'échelle européenne des performances régionales, car elle représente une résilience régionale relative, propre à chaque pays.

L'indice multidimensionnel de « laissés-pour-compte » (LB) est un indice composite construit à partir des scores z standardisés de douze indicateurs. Ces indicateurs représentent le désavantage socio-économique régional et le déclin territorial à long terme, notamment le PIB par habitant et sa croissance, la croissance de la population et de l’emploi, la croissance de l’emploi industriel, la pauvreté, la structure démographique (proportions des groupes plus âgés et plus jeunes), la migration nette, le temps de trajet vers le secteur des services, l’accessibilité aux soins de santé et l’inclusion des secteurs de haute technologie (tels que l’information et la communication). Les données proviennent de l’ensemble de données de Velthuis et al. (2025). Ces indicateurs ont été sélectionnés pour refléter la nature multidimensionnelle du phénomène de marginalisation, en combinant la performance économique, la dynamique du marché du travail, la durabilité démographique, l'accessibilité, la capacité d'innovation et la vulnérabilité sociale, dimensions fréquemment mises en avant dans la littérature sur le déclin régional et la périphérisation analysées dans la section.

Ces indicateurs ont été sélectionnés pour refléter la nature multidimensionnelle du phénomène de marginalisation, en combinant la performance économique, la dynamique du marché du travail, la durabilité démographique, l'accessibilité, la capacité d'innovation et la vulnérabilité sociale, dimensions fréquemment mises en avant dans la littérature sur le déclin régional et la périphérisation analysées dans la section 2. Nous considérons ces indicateurs comme distincts mais interdépendants, reflétant divers aspects du désavantage régional.

Commentaire

Comme le fait remarquer Andrés Rodríguez-Pose (London School of Economics and Political Science), « la distinction entre résistance et récupération est importante... Prenez la photo au mauvais moment et la faiblesse structurelle d’hier peut ressembler étonnamment à l’avantage concurrentiel d’aujourd’hui. Une explication possible est ce que les auteurs appellent l’isolation sélective. Les territoires moins liés aux activités perturbées par la pandémie ont peut-être été partiellement protégés de ses conséquences économiques immédiates. Mais les contraintes qui limitaient leur development avant la crise pourraient aussi limiter leur capacité à saisir les opportunités par la suite. C’est précisément pour cela que les résultats comptent pour la politique. Une baisse initiale plus modeste ne nous dit pas grand-chose, en soi, sur la capacité d’une région à renouveler son économie. Le soutien alloué uniquement en fonction de la profondeur de la récession risque de négliger des endroits dont la vulnérabilité devient plus visible lorsque tout le monde commence à se remettre. Les stratégies de développement doivent donc renforcer à la fois la capacité à résister aux perturbations et la capacité à participer à la reprise. La diversification économique mérite également une attention, car elle semble déterminer une résistance initiale plus forte et une meilleure performance globale. Les territoires laissés pour compte ont besoin d’opportunités pour avancer. Un certificat les félicitant pour leur résilience ne suffira probablement pas. »

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Ce que la révision de la carte des argiles déplace en Île-de-France


La carte nationale d'exposition au retrait-gonflement des argiles a été revue par l'arrêté du 9 janvier 2026, applicable depuis le 1er juillet. À l'échelle de la France hexagonale, les zones d'exposition moyenne et forte passent de 48 % à 55 % du territoire. Le chiffre dit qu'il y a davantage de surface classée. Il ne dit pas où, et c'est pourtant la seule question qui change quelque chose pour un propriétaire, un notaire ou un service instructeur.

Nous suivons ce risque commune par commune en Île-de-France. Pour mesurer la révision, les polygones d'aléa des deux millésimes ont été intersectés avec les contours des 1 266 communes franciliennes, en projection Lambert 93. Chaque commune reçoit une part de surface en aléa moyen et une part en aléa fort, converties en un score de 0 à 50 points où l'aléa fort pèse le double de l'aléa moyen. Le barème est identique pour 2020 et pour 2026, donc l'écart entre les deux ne mesure rien d'autre que le redécoupage. Les écarts inférieurs à un demi-point sont écartés, ils relèvent du lissage des contours plutôt que d'une décision de zonage. Paris reste en dehors du calcul, la carte nationale ne couvre pas la ville.

Le résultat régional tient en trois nombres. 295 communes gagnent en exposition, 72 en perdent, 898 ne bougent pas. La révision n'est donc pas une extension uniforme du zonage, c'est un redécoupage qui laisse les sept dixièmes de la région là où ils étaient.

Sa géographie ne ressemble pas à celle du risque. La Seine-et-Marne et l'Essonne, les deux départements que l'on cite chaque été quand les maisons fissurent, ne bougent presque pas, 11 communes sur 507 pour la première et 10 sur 194 pour la seconde. Le Val-de-Marne n'en compte aucune. Le mouvement est ailleurs, dans les Yvelines avec 148 communes sur 259, et dans le Val-d'Oise avec 102 sur 183. Plus d'une commune sur deux dans chacun de ces deux départements.

Part des communes dont l'exposition surfacique augmente de plus d'un demi-point entre les deux cartographies, par département, puis en ne retenant que les communes qui atteignaient de 15 à 30 points sur 50 en 2020 (source : Expert Fissure IDF, d'après les deux millésimes de la cartographie BRGM de l'aléa retrait-gonflement des argiles).

Le reclassement se concentre à l'ouest et au nord. L'explication qui vient d'abord est arithmétique. La Seine-et-Marne et l'Essonne étaient déjà largement classées en 2020, il leur restait peu à gagner. Elle ne tient pas. En ne gardant que les communes qui partaient d'un niveau comparable, entre 15 et 30 points sur 50, l'écart subsiste et s'accentue : 73,6 % des 110 communes concernées dans les Yvelines sont reclassées à la hausse, contre 2,8 % des 211 communes de Seine-et-Marne et 1,8 % des 57 communes d'Essonne. À niveau de départ égal, une commune des Yvelines a donc été redessinée vingt-six fois plus souvent qu'une commune de Seine-et-Marne. La révision est géographiquement ciblée, elle n'est pas un rattrapage mécanique.

Ce qu'elle ajoute n'est pas non plus la même chose d'un endroit à l'autre. Dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine, le gain se fait en aléa fort. Sur les 148 communes yvelinoises reclassées, 144 comptent désormais de l'aléa fort sur plus d'un dixième de leur surface, et la part médiane atteint 42 %. Mareil-Marly passe de 26,4 à 48,6 points, avec 97 % de sa surface en aléa fort. Meudon, Clamart, Vaucresson, Bougival, Le Port-Marly, Marly-le-Roi et La Celle-Saint-Cloud suivent le même mouvement, le long des coteaux de la Seine et des buttes de l'ouest parisien.

Dans le Val-d'Oise, le gain reste en aléa moyen. Sur 102 communes reclassées, 62 n'ont pratiquement pas d'aléa fort et 43 n'en ont aucun. Neuf d'entre elles se retrouvent classées en aléa moyen sur la quasi-totalité de leur surface alors que la carte de 2020 n'en classait pas un cinquième : Villiers-le-Sec passe de 0,4 à 25,0 points, Villaines-sous-Bois de 0,8 à 25,0, Le Mesnil-Aubry de 1,0 à 24,9, Puiseux-en-France de 1,2 à 24,9. Ce sont les communes de la plaine de France, autour de Roissy. Dugny, en Seine-Saint-Denis, connaît la même bascule.

Nature du reclassement des communes dont l'exposition surfacique augmente entre la cartographie de 2020 et celle de 2026 (source : Expert Fissure IDF, intersection des contours communaux et des polygones d'aléa du BRGM en Lambert 93).

Sous un même chiffre, deux révisions différentes. La conséquence n'est pas cartographique. Le classement en exposition moyenne ou forte déclenche l'étude géotechnique préalable à la vente d'un terrain non bâti constructible, et les règles de construction qui l'accompagnent, pour les contrats conclus depuis le 1er juillet 2026. Les 295 communes concernées comptent 2,29 millions d'habitants et 133 527 maisons individuelles achevées avant 1971, bâties avant que ce risque soit pris en compte. Dans notre indice, 70 communes changent de classe d'exposition du seul fait de la révision, 68 vers le haut et 2 vers le bas, sans qu'aucun sinistre nouveau ni aucune construction ne soit intervenu. Seule la connaissance du sous-sol a changé.

Reste une précaution de lecture. Un écart entre deux millésimes ne dit rien du niveau atteint. Après révision, l'aléa moyen ou fort couvre 83 % de la surface de la Seine-et-Marne et 74 % de celle du Val-d'Oise, alors que la première n'a presque pas bougé et que la seconde a beaucoup changé. Lire la révision comme un déplacement du risque vers l'ouest et vers le nord serait une erreur. Ce qui s'est déplacé, c'est le trait.

Les chiffres de ce billet sont tirés de l'indice Fissure Île-de-France, un indice communal d'exposition au retrait-gonflement des argiles tenu à jour pour les 1 266 communes de la région, consultable commune par commune avec le détail des parts de surface et l'écart entre les deux cartographies. Il est publié sous licence CC BY 4.0.

Ce billet a été rédigé par Kharti Mick, architecte DPLG et expert en pathologie du bâtiment spécialisé dans le diagnostic des fissures et des désordres structurels en Île-de-France (Expert Fissure IDF).

Ressources utilisées

Arrêté du 9 janvier 2026 modifiant l'arrêté du 22 juillet 2020 définissant les zones exposées au phénomène de mouvement de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation des sols argileux, NOR TECP2527988A, JO n° 0026 du 31 janvier 2026 : texte sur Légifrance.

Géorisques, retrait-gonflement des argiles version 2026, données par département au format Shapefile en Lambert 93, licence etalab-2.0 : base de données.

Géorisques, Présentation de la révision et des chiffres nationaux, 4 février 2026.

Géorisques, Cartographie de l'aléa annexée à l'arrêté du 22 juillet 2020, pour le millésime antérieur.

Insee, Recensement de la population, logements ordinaires en résidence principale selon la période d'achèvement, pour le dénombrement des maisons individuelles achevées avant 1971.

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Nappes d'eau souterraine : bilan de l’évolution des niveaux 2022-2026 (BRGM)

Carte lithologique de la France au 1/50 000e sur InfoTerre (BRGM)


Les atlas historiques régionaux. Bilan historiographique et perspectives numériques


« Les atlas historiques régionaux. Bilan historiographique et perspectives numériques ». Sous la direction de Stéphane Gomis  et Vincent Flauraud, Siècles,  59 | 2025, URL : https://doi.org/10.4000/16rit

Comment l’émergence des outils numériques a-t-elle transformé notre lecture des territoires régionaux ? Les atlas historiques régionaux se caractérisent par deux composantes essentielles. D’une part, ils rassemblent des données généralement multithématiques présentées sous forme de cartes accompagnées de textes et parfois de graphiques. D’autre part, ils s’intéressent à des cadres spatiaux restreints, d’échelle moyenne. En France, leur production a surtout démarré dans les années 1960. Or, à partir des années 1980-1990, la cartographie historique a délaissé la planche à dessin pour l’ordinateur. La digitalisation des fonds de cartes, le traitement automatisé de bases statistiques, l’affichage graphique en direct des résultats sur écran, puis les développements géomatiques et numériques, ont modifié notre façon de travailler sur la dimension spatiale et de concevoir des stratégies collectives de recherche dans ce domaine. De nouveaux atlas historiques régionaux, accessibles via Internet, ont introduit un rapport à la diffusion du savoir bien spécifique, notamment en matière de science ouverte et d’actualisation des contenus. D’autre part, le rapport à la sélection d’un espace d’étude restreint, « régional », se trouve bouleversé par la mutation des cadres territoriaux d’échelle moyenne, entre décentralisation, fusions et intégration européenne. La pertinence heuristique du terrain d’étude régional mérite alors d’être réinterrogée.


Liens vers quelques atlas historiques régionaux en ligne :

Carte de l'Alsace en 1648 telle que représentée par Kirchner et al. en 1878 (source : Gallica-BNF)

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Des experts dévoilent les secrets d'une ancienne carte de navigation dans la mer Rouge et le golfe d'Aden


Source : Kerra Maddern, Two centuries on, experts unlock secrets of Red Sea and Gulf of Aden sailing chart [Deux siècles plus tard, des experts dévoilent les secrets de la carte de navigation de la mer Rouge et du golfe d'Aden], University of Exeter, 2 juillet 2026.

Une équipe de chercheurs de l'Université d'Exeter a percé des secrets enfouis depuis deux siècles dans une magnifique carte de navigation réalisée pour les marins du XVIIIe siècle naviguant en mer Rouge et dans le golfe d'Aden. Cette carte en  rouleau témoigne que les communautés maritimes de la région utilisaient leur propre système de navigation qui permettait le commerce et les échanges entre l'Inde, l'Arabie et la Corne de l'Afrique à l'époque de la voile, avant l'adoption d'une navigation plus abstraite basée sur des instruments.   

Ce document indien, en langue kutchi/gujarati, fait partie de la collection de la Royal Geographical Society depuis 189 ans. Il s'agit de l'une des cartes de navigation indigènes les plus détaillées ayant été conservées, produites dans la tradition de l'océan Indien.   



De nouvelles recherches montrent qu'il s'agissait d'un aide-mémoire efficace, reflétant le savoir propre aux marins du Gujarat actuel, en Inde. Il offre un aperçu des pratiques de navigation traditionnelles des populations de l'ouest de l'océan Indien. Les chercheurs ont pu identifier et interpréter pour la première fois les noms de lieux et les données astronomiques inscrits sur la carte, établissant la latitude, fournissant des indications de navigation et témoignant d'une connaissance locale approfondie : la carte n'a pas simplement été conçue pour faciliter le transit longue distance vers les ports de premier ordre de la mer Rouge. Cette carte, ornée de magnifiques représentations de navires et d'édifices religieux, date de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. Elle fut acquise par Alexander Burnes en 1835 auprès d'un capitaine de navire anonyme à Kachch (Kutch), et donnée à la Royal Geographical Society. Cependant, ni lui ni les chercheurs qui lui succédèrent ne purent la traduire et l'analyser avec la même précision que la présente étude.

Les quelque 66 toponymes en devanagari figurant sur la carte n'ont jamais été intégralement transcrits ni identifiés. La plupart des érudits européens qui l'ont examinée ont affirmé à tort qu'elle ne comportait aucune information de latitude ni de longitude. Ils considéraient également comme un défaut l'absence de l'angle « réel » de la mer Rouge et du golfe d'Aden, alors qu'en réalité, cet angle rend la carte plus facile à transporter. Des experts ont réalisé une projection de la carte qui présente spatialement les informations qu'elle contient d'une manière familière aux cartes modernes.  

Le cartographe qui a réalisé le document représente plus de 180 îles, ainsi que des récifs et d'autres éléments tels que des points de repère, des édifices religieux et des drapeaux. Alexander Burnes (1805-1841) obtint cette carte alors qu'il était lieutenant au service de la Compagnie des Indes orientales et assistant du résident britannique à Kutch. Burnes avait déjà acquis une grande notoriété grâce à son expédition impériale de 1832 à travers l'Asie centrale, qui avait donné lieu à un ouvrage à succès, à des distinctions de sociétés savantes londoniennes, dont la Royal Society, et à une audience auprès du roi Guillaume IV. 

Il déclara que ce document constituerait « un exemple de cartographie navale… sans égal dans aucune collection européenne » et pensait qu'il s'agissait d'un document de travail utilisé à bord d'un navire. Mais il ignorait qu'il s'agissait d'une carte de navigation pratique. Cette carte a déjà fait l'objet d'interprétations en 1947, 1987, 2002, 2012 et 2022, mais les chercheurs ont négligé son potentiel pour la navigation. Environ la moitié des toponymes en devanagari qui y figurent sont restés non identifiés et sans localisation, et beaucoup d'autres manquent encore de précision.  

Les chercheurs pensent avoir désormais trouvé les coordonnées des 66 toponymes et amélioré les transcriptions de l'écriture devanagari. Ils ont constaté que les 29 lochs des cartes servent trois objectifs principaux : établir la direction principale d’une côte ; indiquer une direction de déplacement en pleine mer ; et, dans deux cas possibles, indiquer un passage sûr pour entrer et sortir du port.  

Le professeur John Cooper, de l'Institut d'études arabes et islamiques de l'Université d'Exeter, qui a dirigé les recherches, a déclaré : « Aujourd'hui, nous sommes habitués aux cartes qui représentent l'espace mathématiquement et à l'échelle, rendant ainsi certaines régions du monde visuellement familières et accessibles d'une manière bien particulière. Bien que cette carte ne  semble pas  exacte selon notre conception, elle a permis aux marins possédant l'expérience et les connaissances nécessaires en navigation stellaire de naviguer dans certaines des eaux les plus hostiles et les plus difficiles du monde. Toutes les informations requises étaient consignées dans un rouleau très portable de seulement 25 cm de large. »  

Référence scientifique

Cooper JP, Rajani K. (2026). Kachchhi-Gujarati navigation in the Red Sea and Gulf of Aden in the eighteenth and nineteenth centuries : an intangible knowledge system, charted [Navigation kachchhi-gujarati en mer Rouge et dans le golfe d'Aden aux XVIIIe et XIXe siècles : un système de connaissances immatérielles cartographié], Journal of the Royal Asiatic Society, doi:10.1017/S1356186325101284 (article en accès libre).

Cet article propose une analyse détaillée d'une carte manuscrite en kacchi-gujarati de la mer Rouge méridionale et du golfe d'Aden, datant probablement du XVIIIe ou du début du XIXe siècle et conservée à la Royal Geographical Society–Institute of British Geographers de Londres (mr Asia S.4.). L'origine et la datation possible du manuscrit sont examinées. Les données astronomiques inscrites sur la carte, établissant la latitude et fournissant des directions de navigation, sont identifiées, interprétées et projetées. Ses toponymes en devanagari sont transcrits et associés à des lieux réels. Les profils côtiers et les éléments non nommés représentant des points de repère importants pour la navigation sont identifiés. Les édifices islamiques représentés sur la carte sont identifiés comme des mosquées-sanctuaires régionaux spécifiques. La présence de l'Empire ottoman et d'autres entités politiques régionales est déduite. La place de la carte au sein d'une tradition de manuscrits de navigation du début de l'époque moderne dans l'ouest de l'Inde et d'une tradition plus large de l'océan Indien est explorée. L'analyse établit que la carte est un ouvrage de navigation détaillé et très pratique, réfutant ainsi les critiques antérieures formulées par les chercheurs quant à sa précision. En revanche, les auteurs démontrent qu'il s'agit de l'une des cartes de navigation indigènes les plus détaillées ayant été conservées, produites dans la tradition de l'océan Indien.

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Cartes et données sur l'évolution de la population européenne (1961-2024)


L'Europe se trouve à un tournant : la population de l'UE a connu une croissance continue pendant des décennies, atteignant environ 450 millions d'habitants en 2025. Cependant, les experts prévoient que cette tendance s'inversera bientôt. Ils estiment que le pic sera atteint vers 2029, après quoi la population diminuera progressivement. Ils anticipent que cette évolution variera considérablement d'une région à l'autre et que les migrations ne compenseront pas le déclin persistant du taux de natalité. La qualité de vie dans les zones rurales est menacée.

1) Une série chronologique exceptionnelle sur l'évolution démographique au niveau de l'UE

ARDECO (Annual Regional Database of the European Commission) est la principale source de statistiques démographiques et socio-économiques aux niveaux régional et sous-régional de l'Union européenne. Les données couvrent la population, l'emploi, la croissance économique, les migrations, depuis 1980. Les données chronologiques de la population locale d'ARDECO fournissent le nombre total de résidents au niveau des unités administratives locales (UAL) généralement équivalent aux limites municipales, en cohérence avec les totaux de population au 1er janvier de la base de données ARDECO (version de février 2026), couvrant la période 1961-2024, avec des intervalles de dix ans entre 1961 et 2021.

Série chronologique de la population locale ARDECO (1961-2024)
https://data.jrc.ec.europa.eu/dataset/37fcacbf-12e2-4b31-b1af-83117a74b2c7

Référence scientifique et accès aux données :
Pigaiani Cristian, Tucci Michele, Batista Filipe (2026) : Séries chronologiques de la population locale ARDECO – 1961-2024. Commission européenne, Centre commun de recherche [Jeu de données] doi : 10.2905/JRC.RY9SDGR PID : http://data.europa.eu/89h/37fcacbf-12e2-4b31-b1af-83117a74b2c7

Contexte politique

Cet ensemble de données soutient les analyses régionales, urbaines et rurales en fournissant une série chronologique harmonisée de la population au niveau des LAU, cohérente avec ARDECO, permettant l'évaluation des changements démographiques à long terme, de la dynamique de la population, des zones en croissance et en déclin, et l'évaluation de l'évolution du degré d'urbanisation en Europe.

Méthodologie

La série chronologique de population locale ARDECO (1961-2024) a été produite en réallouant les données de population issues d’un ensemble d’unités spatiales hétérogènes vers une zone géographique cible unique : les unités administratives locales (UAL) version 2021. Ce processus a été réalisé par interpolation spatiale dasymétrique, selon la méthode suivante : pour chaque année de la série chronologique, les unités spatiales d’origine ont été croisées avec les limites des UAL cibles 2021, générant ainsi un ensemble de zones d’intersection. Les effectifs de population de chaque année ont ensuite été redistribués dans chaque zone d’intersection proportionnellement à un indicateur de volume bâti résidentiel, puis agrégés aux unités cibles UAL 2021. L’indicateur de volume bâti résidentiel pour chaque année de la série chronologique a été obtenu à partir de la série chronologique de volume bâti GHSL (GHS-BUILT-V, R2023A), modifiée par un masque résidentiel issu de la carte de base LUISA 2018, qui est resté fixe et a été appliqué sans modification à l’ensemble de la série chronologique. Enfin, les chiffres de population obtenus pour la version 2021 de LAU ont été rééchelonnés afin d'assurer une cohérence totale avec les totaux de population d'ARDECO au 1er janvier (publication de février 2026) au niveau NUTS3 pour chaque année de la série chronologique (à l'exception du Royaume-Uni, qui n'est pas inclus dans ARDECO). Les données de population pour 2021 dans les pays de l'UE-27, le Liechtenstein, la Norvège, la Suisse et l'Islande étaient déjà disponibles pour la version 2021 de LAU.

Il peut être intéressant d'aller explorer et télécharger d'autres indicateurs fournis par la base de données ARDECO (Annual Regional Database of the European Commission). On peut croiser les données de population locale avec d'autres indicateurs démographiques ou socio-économiques de la base ARDECO. Ces indicateurs sont disponibles à différents niveaux géographiques (NUTS 1 à 3) en fonction du type de données.

2) La mise en carte des données

La moitié des communes européennes comptent moins d'habitants qu'il y a 60 ans (Correctiv.org)

Une analyse de données réalisée par CORRECTIV Europe montre que, malgré la croissance démographique globale en Europe, la moitié des localités comptent moins d'habitants qu'il y a 60 ans. Ce phénomène a des répercussions particulièrement importantes sur la qualité de vie en milieu rural. La carte montre où la population a augmenté (en vert) et où elle a diminué (en rose) entre 1961 et 2024. Concrètement, cela concerne les quelque 100 000 villes et communes de l'UE, de la Grande-Bretagne, de l'Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse. Les limites municipales étant fréquemment modifiées, les données historiques étaient souvent inexactes. Grâce à une nouvelle méthode, le JRC a pu calculer pour la première fois les tendances démographiques sur une période de 63 ans pour les limites municipales actuelles.

Deux grandes tendances se dégagent des données : premièrement, le dépeuplement rural, comme on l’observe notamment en Espagne. Dans les 32 pays étudiés, une commune rurale sur cinq a perdu plus de la moitié de sa population entre 1961 et 2024. Huit des dix communes européennes ayant connu la plus forte croissance durant cette période sont dans la banlieue de Madrid. En revanche, le village de Villarroya, dans la région de La Rioja, a perdu environ 98 % de ses habitants. De nombreuses communes de l'intérieur de l'Espagne ont connu un déclin démographique spectaculaire, un phénomène connu sous le nom d'"Espagne du vide". 

De nombreuses personnes ont également quitté les zones rurales en Grèce. Depuis 1961, 84 % des communes grecques ont perdu des habitants. La croissance s'est concentrée presque exclusivement à Athènes et à Thessalonique.

Des tendances similaires émergent en Allemagne. La petite ville de Waldkappel en Hesse, par exemple, a perdu près de la moitié de ses habitants, tandis que la banlieue de la ville voisine de Kassel a connu une croissance allant jusqu'à 180 %. L'autre grande tendance que révèlent les données est l'émigration en provenance des anciens pays du bloc de l'Est, tels que la Pologne, la République tchèque ou la Bulgarie, et de l'ancienne RDA, à partir des années 1990. Fait particulièrement frappant : à Hoyerswerda, ville du district saxon, la population n’était plus que la moitié de celle de 1991 en 2024. La quasi-totalité des communes de l'est de l'Allemagne, soit 88 % des villes et villages, ont vu leur population diminuer depuis 1991. Seules 26 % des communes de l'ouest de l'Allemagne ont enregistré un déclin.

La situation est similaire dans une grande partie de l'Europe de l'Est. La Bulgarie, en particulier, est touchée depuis 30 ans. La région de Vidin a perdu 61 % de sa population. Le pays a rejoint l'UE en 2007. Dans les années qui ont suivi, l'émigration a été encore plus importante que dans les années 1990. La Lituanie est un exemple extrême de ces deux tendances : 73 % de toutes les municipalités ont vu leur superficie diminuer. Cependant, dans la capitale Vilnius, la population a presque triplé depuis 1961.

Alors que de nombreux pays d'Europe centrale et orientale connaissent un déclin démographique, d'autres ont vu leur population croître : le Luxembourg, l'Irlande, la Suède et les Pays-Bas devraient même gagner des habitants à l'avenir, selon les prévisions d'Eurostat.

Pour compléter

Milos Popovic (@Milos_gis) a cartographié l'évolution démographique en Europe sur la période 2000 à 2025. 

L'urbanisation se poursuivra malgré le déclin démographique global. Maintenir des infrastructures de qualité partout dans les zones rurales risque de s'avérer coûteux. Les populations vont vraisemblablement affluer vers les derniers îlots de prospérité et d'infrastructures solides, à savoir les grands centres urbains.

Carte interactive de l'Espagne montrant le village le moins peuplé pour chaque province avec les données de 2021 (crédit : Chao et Alvarez)

Articles connexes



Évolution contrastée de l'espérance de vie en Europe (1992-2019)


Élections régionales 2026 en Allemagne : montée de l'extrême-droite, mais la gauche l'emporte à Berlin


L'Allemagne traverse une période de bouleversements politiques majeurs suite aux élections régionales de septembre 2026, marquées par des percées historiques de l'extrême droite et de la gauche radicale :

  • En Saxe-Anhalt : l'AfD a provoqué un véritable séisme politique en enregistrant son meilleur résultat historique avec environ 44 % des voix.
  • Au Mecklembourg et en Poméranie-Occidentale : l'AfD (extrême droite) est arrivée en tête du scrutin avec un score historique de 38,2 % des voix.
  • À Berlin : la gauche radicale (Die Linke) a remporté les élections dans la capitale. L'AfD y réalise également une progression en obtenant plus de 16 % des suffrages.

Pour rappel, le paysage politique national s'est dessiné lors des élections législatives anticipées du 23 février 2025, qui ont conduit à la formation d'une "grande coalition" entre les conservateurs et les sociaux-démocrates derrière le chancelier Friedrich Merz, désormais très affaibli par ces résultats électoraux.

1) Cartes et graphiques publiés par les médias

Le parti de gauche a axé sa campagne électorale principalement sur la question du logement, ce qui a probablement joué un rôle majeur dans sa victoire décisive sur la CDU. L'âge moyen de la population berlinoise est très jeune comparé à celui des autres Länder allemands – et pour la première fois, les jeunes de 16 et 17 ans étaient également autorisés à voter aux élections régionales. Le parti de gauche doit son succès électoral, qui a doublé son score, à ces jeunes électeurs. Par rapport à 2023, il a progressé dans toutes les tranches d'âge, mais de façon particulièrement significative chez les moins de 35 ans. Voir le détail des résultats sur le site Wahlrecht.

Élections régionales 2026 à Berlin par circonscription électorale (source : Wikipedia)

« Ce que 30 ans de résultats électoraux révèlent sur le Berlin à nouveau divisé : Le Ring est le nouveau Mur » (Tageschau.de). L'ancien clivage Est-Ouest reste perceptible dans l'électorat de certains partis (voir l'AfD), mais il est bien moins marqué qu'auparavant. Dans les années 1990, la gauche était près de 40 points plus forte à Berlin-Est qu'à Berlin-Ouest. Aujourd'hui, l'écart n'est plus que d'environ 3 points. à Charlottenburg/Spandau et à Berlin-Est, le parti Die Linke a également ravi des sièges à la CDU. Cela laisse penser qu'il marque des points sur des sujets comme la flambée des prix du logement, même en périphérie de la ville. Les Verts ont conservé leurs sièges dans le sud-ouest, plus bourgeois, et ont même conquis une circonscription de la CDU à Steglitz. 

Si on compare les résultats des élections régionales en 1990 (les premières après la réunification) et des élections de 2026, les trois résultats les plus marquants sont : l’effondrement des sociaux-démocrates (2e en 1990, mais 5e en 2026), la montée de la gauche (1ère en 2026), la relative faiblesse de l’AfD (du moins par rapport aux autres régions de l’ex-Allemagne de l’Est). 

Comparaison des résultats des élections de 1990 et de 2026 à Berlin



Vers la fin de la frontière fantôme sur le plan électoral entre Berlin-ouest et Berlin-est ? Une carte animée, proposée par TagesSpiegel, permet de voir l'évolution des résultats à Berlin depuis 1995. Une limite pointillée délimite la zone centrale de la ville, souvent associée au tracé du grand anneau ferroviaire (le S-Bahn-Ring), qui marque une frontière sociologique et politique majeure à Berlin entre le centre-ville (plutôt ancré à gauche / écologiste) et la périphérie (historiquement plus conservatrice).


« Quelles régions d'Europe sont plus riches et plus pauvres que l'Allemagne de l'Est ? » (Brilliant Maps). Berlin est bien plus riche que le reste des régions de l'Allemagne de l'Est.

« Jeune, de gauche, migrant – est-ce l’effet Mamdani ? » (TagesSpiegel). Le parti de gauche a pris le contrôle du centre-ville aux Verts. Des données détaillées par quartier révèlent les nouvelles zones de conflit et établissent des parallèles avec New York. Cette analyse porte sur l'ensemble des 1 572 circonscriptions de vote par correspondance. Au total, on observe une polarisation socio-spatiale nette de la ville. Les bastions de la CDU se trouvent plutôt dans des quartiers périphériques et plus anciens, avec moins de recours à l'aide de base, une densité plus élevée de voitures particulières et un taux de propriété plus important. Les bastions de La Gauche suivent fréquemment le schéma inverse.
L' AfD manque de peu la majorité absolue. Toutefois, avec 43,8 % des voix, elle devient le parti le plus important. La CDU subit des pertes importantes et obtient moins de 18 % des voix. Viennent ensuite le SPD avec 9,3 %, les Verts (8,9 %) et le Parti de gauche (8,6 %). Le  BSW  entre de justesse au parlement de l'État avec 5,3 % des voix. Les premières projections du ZDF indiquaient qu'il n'y parviendrait pas . Le FDP  n'a pas franchi la barre des 5 %. Forte participation : 77,8 % des électeurs inscrits ont voté. En 2021, seuls 60,3 % avaient finalement voté. Voir le détail des résultats sur le site Wahlrecht.

Vague bleue en Saxe-Anhalt où l'AfD arrive en tête (source : Wikipedia)



Infographie interactive du MorgenPost montrant la montée en puissance de l'AfD dans les parlements des Länder allemands.

Des tendances similaires s'observent dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Un score plus élevé pour l'AfD est fortement corrélé aux zones rurales et périphériques. Dans les communes connaissant un déclin démographique moindre, un taux d'emploi plus élevé chez les seniors et des recettes fiscales par habitant plus importantes, l'AfD a tendance à obtenir des résultats moins bons. Voir le détail des résultats sur le site Wahlrecht.

Le comportement électoral différent du Meclembourg et de la Poméranie (source : MapPorn)

Le Mecklembourg et la Poméranie-Occidentale se distinguent assez nettement par leur comportement électoral. D'où viennent ces différences ? Traditionnellement, la partie occidentale de Mecklenburg vote plutôt social-démocrate, tandis que le Vorpommern, à l’est, penche davantage vers la CDU. Depuis 2016, les bastions de l’AfD se trouvent également principalement en Vorpommern – un schéma qui s’était déjà manifesté auparavant avec le  NPD (voir le fil de discussion de Julius Kölzer sur X)

« Toutes les élections de 1946 à 2026 » (Tagesshau). Quel parti a remporté des succès, quand et où ? À quel moment la popularité de qui a-t-elle grimpé ou chuté auprès des électeurs ? Toutes les élections nationales, fédérales et européennes, par ordre chronologique. A comparer aux élections au Bundestag.

« Elections régionales en Allemagne : nouvelle victoire régionale pour le parti d’extrême droite AfD, la gauche radicale l’emporte à Berlin  » (Le Monde). L’AfD a obtenu près de 38 % des suffrages, lors des élections dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, deux semaines après le séisme politique provoqué par son score historique en Saxe-Anhalt.  

« Comment l’AfD est devenu un parti de masse en Allemagne » (Le Grand Continent). 10 cartes et graphiques pour comprendre la victoire de l’extrême droite en Saxe-Anhalt. L’AfD parvient à doubler ses scores grâce aux transferts des autres partis (particulièrement la CDU) et aux voix d’un grand nombre d’anciens abstentionnistes. 

« En Allemagne, nouvelle poussée de l’AfD, la gauche radicale gagne Berlin et le chancelier Friedrich Merz vacille » (Public Sénat). Après sa victoire en Saxe-Anhalt, l’Alternative für Deutschland (AfD) confirme sa progression dans l’est du pays. Arrivée en tête en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle signe une nouvelle percée. À Berlin, c’est la gauche radicale Die Linke qui crée la surprise. Pour la CDU du chancelier Friedrich Merz, qui échoue pour la première fois depuis 1945 à entrer dans un Parlement régional, le revers est « historique ».

« Désastre électoral sans précédent pour les conservateurs en Allemagne, Friedrich Merz fragilisé » (Les Echos). Pour la première fois dans l'histoire de la République fédérale, les conservateurs ne parviennent pas à rentrer dans un Parlement régional. Ils ont recueilli moins de 5 % des voix lors des élections en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. La gauche radicale passe devant eux à Berlin.

« Élections en Allemagne : crise industrielle et immobilière, nouveau terreau des votes contestataires  » (La Croix). Après sa victoire en Saxe-Anhalt, l’AfD continue sa percée électorale dans le nord-est du pays, tandis que le parti de gauche radicale remporte une victoire historique à Berlin. Entre crise de l’industrie et crise du logement, les deux partis ont surfé sur un contexte économique morose pour faire campagne.

« "Une crise allemande est une crise européenne" : pourquoi la montée de l'AfD en Allemagne inquiète le reste de l'UE » (France-Info). Les pays européens craignent que les victoires du parti d'extrême droite dans deux Lander n'affaiblissent encore plus le chancelier Friedrich Merz.

2) Analyses politiques

« La victoire de l’AFD est un choc pour beaucoup d’Allemands », selon l’historienne Hélène Miard-Delacroix (Public Sénat). Le parti d’extrême droite allemand AFD a remporté une victoire historique lors des élections régionales avec 44% des voix. Même si une percée de cette formation était attendue, un tel score est vu comme une déflagration en Allemagne, selon Hélène Miard-Delacroix, professeure d’histoire et de civilisation de l’Allemagne contemporaine à Sorbonne Université. L'AfD propose de mettre fin à l’école obligatoire pour favoriser l’école à domicile et protéger les enfants d’une soi-disante mauvaise influence des professeurs jugés trop à gauche. Ils prônent également la séparation des publics scolaires, c’est-à-dire placer dans des classes séparées les enfants en situation de handicap mais aussi les enfants d’immigrés à qui on n’apprendra pas l’allemand, car selon l’AFD leurs familles n’ont pas vocation à rester sur le territoire. Ce parti souhaite aussi réécrire les manuels scolaires qu’il juge trop centrés sur la culpabilité de l’Allemagne nazie. Il y a risque de négationnisme. L’AFD rejette l’aide à l’Ukraine, minimise l’agression de la Russie et reprend les éléments de langage du Kremlin autour d’une guerre justifiée par des intérêts patriotiques et par l’histoire.

« Victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt : le fédéralisme allemand à l’épreuve » (Le club des juristes). L’arrivée en tête de l’AfD aux élections régionales en Saxe-Anhalt ouvre une séquence politique inédite en Allemagne. Au-delà du résultat électoral, elle invite à examiner les pouvoirs dont dispose un Land et leur articulation avec les institutions fédérales.

« Hartmut Rosa et le retour de l’extrême droite allemande : “À l’Est, on a le sentiment que l’Ouest ressemble à la RDA honnie” » (Courrier international). Comment expliquer la popularité de l’extrême droite dans l’est de l’Allemagne ? Stigmatisation, contrôle étatique, politique de l’émotion et pensée unique… Dans un entretien fleuve avec le quotidien de gauche “Süddeutsche Zeitung”, le célèbre sociologue Hartmut Rosa réagit à la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, analyse les évolutions politiques du laboratoire qu’est la République fédérale et en tire des conséquences pour toute l’Europe.

Steffen Mau, sociologue : « En Allemagne, ce qui a été conçu pour protéger la démocratie alimente aujourd’hui l’extrémisme » (Le Monde). Le chercheur à l’Institut Max-Planck des sciences politiques et sociales, en Allemagne, évoque, dans un entretien au « Monde », la résonance de la question de la mémoire et de l’identité est-allemande dans la progression de l’extrême droite en Allemagne. On observe que le parti tente continuellement de relativiser les crimes du passé. Il y a d’ailleurs cette célèbre citation d’Alexander Gauland, l’un des fondateurs de l’AfD : « Les douze années de règne du parti nazi ne sont qu’une fiente d’oiseau dans l’histoire allemande. » Ulrich Siegmund, le candidat de l’AfD en Saxe-Anhalt, a lui aussi dit à plusieurs reprises que cette période occupait à ses yeux trop d’importance et que nous devrions avoir une vision plus large de l’histoire. 

« Le plan de la Nouvelle Droite pour conquérir l’Allemagne  » (Le Grand Continent). Pour comprendre l’explosion de l’AfD, il faut s’intéresser à une guerre culturelle et à son stratège de longue date : Götz Kubitschek.

En Saxe-Anhalt « l’AfD a écrit l’histoire » (Le Grand Continent). Sous des airs débonnaires, Ulrich Siegmund célèbre l’ouverture d’un nouveau laboratoire de l’extrême droite européenne.

Pour Andrés Rodríguez-Pose (London School of Economics and Political Science), l'exemple de la Saxe-Anhalt et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale sont typiques du "piège de développement régional" : incapables de conserver leur dynamisme économique et en restant en retard par rapport à leurs pairs nationaux et européens, ces régions de l'ex-Allemagne de l'Est offrent peu d'opportunités. C’est ainsi que la confiance dans le système s’épuise. La participation a fortement augmenté. Ce n’est pas de l’apathie. C’est un rejet du système à grande échelle. Le mécontentement est la principale menace pour l'Europe.

Rodríguez-Pose A., Dijkstra L., Poelman H. (2024). « The Geography of EU Discontent and the Regional Development Trap » [La géographie du mécontentement de l'UE et le piège du développement régional]. Economic Geography, 100 (3), 213–245. 

Votes pour des partis eurosceptiques radicaux et modérés lors des dernières élections parlementaires, 2018-2022
(source :
Rodríguez-Pose et al., 2024)

La carte est à recouper avec l'âge médian qui est assez élevé dans l'ex-Allemagne de l'est (sauf Berlin) ainsi que dans d'autres régions de l'UE. Voir l'Annuaire 2026 d'Eurostat qui donne d'autres indicateurs très utiles.

Articles connexes

Cartes et données sur les élections législatives en Allemagne (23 février 2025)

Résultats des élections au Bundestag en Allemagne (26 septembre 2021)

Cartes et données sur les communes allemandes à partir du recensement de 2022 (Wahlatlas.net)

Inégalités territoriales d'accès au réseau hospitalier en Espagne


« À quelle distance se trouve réellement l'hôpital le plus proche en Espagne ? » (The Conversation).

L'accès équitable aux services de santé est l'un des piliers fondamentaux de tout système de santé. Pourtant, une question en apparence simple – quelle est la distance de l'hôpital le plus proche ? – reste étonnamment difficile à résoudre avec précision lorsqu'il s'agit d'un territoire aussi complexe et diversifié que l'Espagne. Cette recherche sur l'accessibilité hospitalière analyse cette problématique à l'aide d'outils géographiques et de données ouvertes. L'étude calcule le temps de trajet jusqu'à l'hôpital le plus proche pour tous les secteurs de recensement en Espagne entre 2010 et 2024. Ce travail poursuit trois objectifs principaux : mieux comprendre la répartition de l’accès aux hôpitaux sur le territoire, développer une méthodologie applicable à d’autres contextes et rendre publiques toutes les données générées. L'article scientifique complet et toutes les données générées , y compris les temps de trajet et les distances estimés pour chaque secteur de recensement entre 2010 et 2024, sont disponibles en libre accès.

Répartition de l'accessibilité hospitalière par secteur de recensement en Espagne, 2024 (source : Virgilio Pérez, 2025).


D'après les résultats de l'étude, 74 % de la population résidant en Espagne vivait à moins de 15 minutes en voiture d'un hôpital en 2024. À l'autre extrême, environ 783 000 personnes vivent dans des zones où le temps de trajet peut dépasser 60 minutes. L'analyse de la période 2010-2024 révèle une évolution modérément positive. Durant ces années, la proportion de la population vivant à plus d'une heure d'un hôpital a légèrement diminué, passant de 1,91 % à 1,62 %. Ce changement peut refléter plusieurs facteurs : des investissements dans les infrastructures de transport, l’ouverture de nouveaux hôpitaux ou des processus démographiques tels que la concentration de la population dans des zones métropolitaines mieux connectées. Toutefois, les résultats indiquent que les inégalités territoriales en matière d’accès aux services de santé demeurent un défi important, notamment dans les territoires ruraux ou peu peuplés. Au-delà des résultats obtenus pour l'Espagne, l'une des principales contributions de cette recherche réside dans la méthodologie développée. Le modèle combine trois éléments fondamentaux : des unités territoriales représentant la population (comme les secteurs de recensement), la localisation des services (ici, les hôpitaux) et un réseau de transport permettant de calculer les itinéraires et les temps de trajet. Cette approche est facilement transposable à d’autres pays ou régions et peut également s’appliquer à d’autres services essentiels : écoles, gares, tribunaux ou centres d’urgence.

Référence scientifique

Virgilio Pérez (2025). « A GIS-Based Framework for Modeling Hospital Accessibility in Spain Using Open and Collaborative Data » [Un cadre basé sur un SIG pour la modélisation de l'accessibilité hospitalière en Espagne à l'aide de données ouvertes et collaboratives], Geographical Analysis, 6 novembre 2025, https://doi.org/10.1111/gean.70026 (article en accès libre).

Cette étude, conduite par Virgilio Pérez Giménez (professeur de méthodes quantitatives en économie et gestion, Université de Valence), analyse l'accessibilité hospitalière en Espagne au niveau des secteurs de recensement de 2010 à 2024. À l'aide de données ouvertes et d'outils open source, une méthode géospatiale reproductible a été développée pour estimer les temps de trajet et les distances jusqu'à l'hôpital le plus proche, en voiture et à pied. Plus de 500 000 paires origine-destination ont été analysées, combinant les centroïdes de recensement, les données hospitalières d'OpenStreetMap et les réseaux routiers. Les résultats révèlent de fortes disparités territoriales, notamment dans les zones rurales et enclavées, où les temps de trajet dépassent souvent 30 minutes et excèdent parfois une heure, « l'heure d'or » cruciale pour les urgences. Si plus de 74 % de la population vivait à moins de 15 minutes d'un hôpital en 2024, environ 783 000 personnes devaient encore effectuer des trajets de plus d'une heure. L'accessibilité s'est améliorée au fil du temps, la part des résidents les plus mal desservis passant de 1,91 % en 2010 à 1,62 % en 2024. Ceci reflète l'impact potentiel de la planification des soins de santé et des investissements dans les infrastructures. Cette étude propose un cadre évolutif et adaptable pour analyser l'accès aux services essentiels dans d'autres contextes. L'ensemble de données ouvertes qui en résulte favorise la poursuite des recherches sur les inégalités spatiales en matière de santé et éclaire les décisions politiques en matière de santé et d'aménagement du territoire fondées sur les données. Les données qui étayent les conclusions de cette étude sont librement accessibles sur Zenodo à l' adresse https://doi.org/10.5281/zenodo.17206313

Pour compléter

L'Atlas national de l'Espagne publie des cartes thématiques sur la population, les activités, l'environnement, les services sociaux et équipements, les systèmes de transport en Espagne. Une planche est plus particulièrement liée aux questions de santé. On y retrouve cette carte d'accessibilité aux hôpitaux (avec quelques petites différences) ainsi que d'autres cartes sur les dépenses de santé, le nombre de lits par hôpitaux, etc...

Accessibilité au réseau hospitalier en Espagne en 2024 (source : Atlas national de l'Espagne)

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Évolution des installations humaines en Espagne à partir de données multi-temporelles (1900-2020)

Étudier la fréquentation touristique dans les villes espagnoles à partir des données de téléphonie mobile

Le Géoportail rejoint le site cartes.gouv.fr


Source : « Le Géoportail rejoint cartes.gouv.fr » (Carte.gouv.fr)

Le site Géoportail évolue et rejoint cartes.gouv.fr,  nouveau point d’accès unique à l’ensemble des cartes, photographies aériennes et données géographiques publiques produites par l’IGN et ses partenaires sur l’ensemble du territoire français. Le site Géoportail reste disponible jusqu’au 30 septembre 2026, date de sa fermeture définitive. 

Pourquoi le site Géoportail évolue ? 

Depuis sa création en 2006, le Géoportail a permis à des millions d’utilisateurs d’accéder à la précision des cartes IGN, à la richesse des données thématiques produites par ses partenaires et à de nombreux outils cartographiques. L’évolution de ce site s’inscrit dans la modernisation des services publics numériques, et va permettre d’offrir à tous - y compris les non-spécialistes de la cartographie - une plateforme unique pour l’ensemble des usages grand public et professionnels jusqu’alors répartis entre plusieurs sites. L’ensemble des fonctionnalités, données et services associés sont désormais regroupés sous une même identité : cartes.gouv.fr.

Une nouvelle interface

Cette évolution a permis de  : 

  • moderniser l’interface et les outils de mesure,
  • simplifier la navigation et améliorer l’accès aux cartes et données géographiques avec la communauté d’utilisateurs (vue mini-carte, accès rapide aux emprises (sélecteur de territoire),
  • unifier les services (Géoportail, Géoservices, Macarte, Espace collaboratif) autour d'une identité plus claire et d’une connexion unique pour tous,
  • proposer un nouveau service Panoramax pour explorer, partager et enrichir une vision libre et collaborative du territoire grâce à des photos de l’environnement géolocalisées, ouvertes et accessibles à tous,
  • proposer une expérience plus fluide sur mobile et tablette,
  • améliorer la sécurité, la performance, la stabilité du site,
  • améliorer la lisibilité au sein de l’écosystème numérique de l’État,
  • améliorer la consultation aux personnes en situation de handicap.

Le site cartes.gouv.fr vous donne accès dès à présent à trois services  : 

Il sera bientôt possible de créer des cartes personnalisées avancées et de collaborer sur des données. La majorité des cartes et données du Géoportail restent disponibles sur cartes.gouv.fr.

Héritier du Géoportail, cartes.gouv.fr met à disposition ses principales données auxquelles s’ajoutent de nouvelles ressources publiées directement par les producteurs. 

Le Géoportail redirigera automatiquement vers cartes.gouv.fr le 30 septembre 2026. 

Exception : les liens et les cartes relayées en iframe sur d’autres sites doivent être convertis dès à présent à l’aide du convertisseur de liens et d’ici le 31 décembre 2026 : https://ignf.github.io/permalink-converter/

Consultez les guides pour utiliser le service explorer les cartes : https://cartes.gouv.fr/aide/fr/guides-utilisateur/visualiseur-cartographique/generalites-visualiseur/

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Mise à jour de la cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux (Géolittoral)


Une nouvelle version de la cartographie nationale des ouvrages et aménagements littoraux (édition 2026) est disponible sur GéoLittoral. Réalisée par le Cerema, avec le soutien du ministère chargé de la Transition écologique, cette cartographie recense les principaux ouvrages et aménagements présents le long du front de mer, dans l’Hexagone, en Corse et dans les départements et régions d’outre-mer.

Cette nouvelle version repose sur l’interprétation de photographies aériennes plus récentes et de meilleure résolution et intègre une nouvelle typologie harmonisée des ouvrages littoraux, afin d’améliorer l’interopérabilité des données.

Quelques chiffres clés :

  • 20 871 ouvrages et aménagements littoraux recensés
  •  19 346 ouvrages encore visibles sur les photographies aériennes les plus récentes
  •  Environ 2 400 km de longueur cumulée
  •  Plus de 3 300 ouvrages supplémentaires identifiés par rapport à la première version de 2017
  •  Près de 1 000 ouvrages nouvellement construits au cours de la dernière décennie

Les ouvrages littoraux jouent un rôle important dans la protection et l’aménagement des territoires côtiers, mais peuvent également modifier les dynamiques naturelles du littoral. Cette cartographie constitue ainsi un socle national harmonisé pour mieux connaître les secteurs aménagés et accompagner les politiques publiques de gestion du trait de côte.

Une application cartographique permet de visualiser l’ensemble des ouvrages recensés.

Pour aller plus loin, un rapport d’étude du Cerema détaille la méthodologie mise en œuvre et l’exploitation des résultats.

GéoLittoral est le portail de la planification maritime et des données sur la mer et le littoral. On peut y télécharger des données SIG, regroupées par thématiques : activités portuaires et environnement, aquaculture marine, artificialisation, dynamiques et évolution du littoral, énergie éolienne, énergie houlomotrice, énergie hydrolienne, indicateur national de l’érosion côtière, zones basses du littoral et recul événementiel du trait de côte, occupation du sol, ortho littorale, trafic maritime, plaisance et mouillages, vulnérabilité aux risques littoraux.

Pour compléter

Publication d'un nouvel indicateur d'érosion du trait de côte

Produit par le Cerema avec le soutien du ministère chargé de la transition écologique, l’indicateur national de l’érosion côtière décrit l’évolution passée du trait de côte sur les littoraux de l’Hexagone, de la Corse et des départements et régions d’outre-mer. Comme la première édition, il repose sur l’analyse de photographies aériennes anciennes et récentes. Cette nouvelle version mobilise un plus grand nombre de traits de côte sur plusieurs années, ce qui permet d’analyser les évolutions du littoral sur plusieurs périodes temporelles et d’en proposer une lecture plus fine. Elle intègre désormais des données harmonisées issues des observatoires régionaux du trait de côte, afin de renforcer la cohérence entre le référentiel national et les observations de terrain. Les profils de calcul ont également été densifiés, avec environ 126 000 profils répartis tous les 50 mètres le long du littoral, afin d’affiner la restitution des résultats.

Les nouveaux résultats confirment, sur la période longue allant des années 1950 à 2020, l’ordre de grandeur déjà observé lors de la première version : environ 20 % des côtes naturelles sont en recul. En considérant l’ensemble du front de mer, en additionnant les secteurs naturels en recul et les secteurs maintenus par des ouvrages de protection ou de gestion du littoral, comme les murs ou les épis, 27,6 % des côtes apparaissent concernées par l’érosion côtière, une proportion qui atteint 50,1 % sur les secteurs de plage.

Une application cartographique permet de visualiser les évolutions du trait de côte sur plusieurs pas de temps de 1950 à nos jours. 

Le rapport d’étude du Cerema apporte les détails sur la méthodologie mise en œuvre et sur l’exploitation des résultats.

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Cartes et données sur le recul du trait de côte en France

Cartographie des populations côtières confrontées aux risques liés à l'eau