Cartographie et racisme environnemental. L'exemple de « Cancer Alley » en Louisiane


L'allée du cancer (« Cancer Alley ») est le surnom donné à un corridor de 135 km le long du fleuve Mississippi, entre Bâton-Rouge et La Nouvelle-Orléans en Louisiane. Ce couloir industriel abrite plus de 200 raffineries et usines pétrochimiques. En 2012, cette zone représentait 25 % de la production pétrochimique des États-Unis. Dès les années 1970, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a documenté une grave pollution de l’eau et de l’air. Les écologistes considèrent cette région comme une zone sacrifiée où les taux de cancer dus à la pollution atmosphérique dépassent les seuils de risque acceptables fixés par le gouvernement fédéral. L' « allée du cancer », au sens large, s'étend plus à l'ouest le long de la côte du Golfe du Mexique, dans la région de Freeport, au Texas.

Des leaders communautaires comme Sharon Lavigne ont mené la charge en protestant contre l'expansion de l'industrie pétrochimique dans Cancer Alley, et en s'attaquant aux disparités raciales et économiques associées. De nombreux chercheurs et habitants de cette région ont qualifié cette zone d' exemple flagrant de racisme environnemental. Le racisme environnemental peut se définir comme un « ensemble des règles, réglementations, politiques ou décisions institutionnelles (de la part des gouvernements ou d'entreprises) qui ciblent délibérément certaines communautés en leur imposant localement des usages du sol jugés indésirables et en appliquant de manière laxiste les réglementations en matière d'urbanisme et d'environnement, ce qui a pour conséquence une exposition disproportionnée de ces communautés aux déchets toxiques et dangereux en raison de leur appartenance ethnique » (source : Wikipédia). Ce billet vient documenter les cartes et données disponibles sur le sujet.

  • « Cancer Alley Louisiana  ». Une story map proposée par Aydrien Souris.

Destinée à sensibiliser le grand public, cette story map montre la réalité dévastatrice de Cancer Alley. Les résidents noirs sont clairement plus exposés aux produits chimiques que les résidents blancs de Louisiane. Cette injustice nécessite des mesures selon l'auteur. « Pour faire changer les choses, les habitants ont tenté de convaincre les législateurs d'instaurer des limites concernant les émissions de produits chimiques. Cela reste difficile car les données sont très difficiles à collecter. Il est donc facile pour les entreprises de sous-estimer leurs émissions ou de les mettre complètement sous le tapis. Que pouvez-vous faire pour aider ? À l'heure actuelle, la meilleure mesure à prendre face à cette injustice est de faire part de vos préoccupations aux législateurs de Louisiane en exigeant la mise en œuvre légale de la loi sur la qualité de l'air et de l'eau »

  • « Dans une zone notoirement polluée du pays, de nouvelles usines chimiques massives continuent de s'installer » (ProPublica).

ProPublica, un site à but non lucratif qui enquête sur les abus de pouvoir, a utilisé un modèle scientifique développé par l’Agence de protection de l’environnement (EPA). L'analyse montre que certains des quartiers où de nouvelles usines sont construites présentent déjà de très fortes concentrations de produits chimiques toxiques. Pourtant la Louisiane continue d’autoriser la construction de ces nouvelles usines et l’agrandissement de celles existantes. Le modèle de l'EPA utilisé par ProPublica, connu sous le nom d'indicateurs environnementaux de dépistage des risques (RSEI), calcule les concentrations chimiques estimées des émissions toxiques des installations industrielles à travers le pays, jusqu'à des blocs de 810 x 810 mètres (voir rapport de l'EPA de 2019). ProPublica a utilisé ce modèle pour trouver où les niveaux toxiques de produits chimiques cancérigènes étaient les plus élevés au sein de sept paroisses, alors même que les normes en matière de pollution de l'air sont beaucoup moins strictes en Louisiane que dans d'autres États. L'analyse réalisée par ProPublica sur cinq années de données modélisées de l'EPA a permis d'identifier plus de 1 000 zones à forte concentration de substances toxiques et a révélé qu'environ 250 000 personnes vivant dans ces zones pourraient être exposées à des niveaux de risque excessif de cancer que l'EPA juge inacceptables.

En 2015, deux cimetières ont été découverts lors d’une étude sur un projet d’agrandissement d’une raffinerie appartenant à la compagnie pétrolière Shell. Quatre ans plus tard, quatre autres cimetières ont été découverts lors des premières étapes de la construction d’une nouvelle installation par la société Formosa Plastics. En collaboration avec le groupe d'activistes de la communauté de la clôture RISE St James, Forensic Architecture a développé une méthode pour aider à localiser ces cimetières, en soutien aux efforts locaux de longue date pour protéger les sites ancestraux et aux demandes de moratoire sur l'expansion future du corridor pétrochimique. Toutes les recherches sont mises à la disposition du public en open source. Forensic Architecture propose par ailleurs une plateforme cartographique qui géolocalise et mosaïque des images aériennes et des cartes provenant de sources multiples couvrant trois siècles de transformation de la région. En utilisant un processus de régression cartographique, elle a pu examiner les changements d'utilisation du sol sur une période de soixante-dix ans le long de la « Death Alley » en se référant à des images aériennes historiques. L'utilisation de cartes et d'autres données a étendu cette portée sur trois siècles, en permettant de remonter aux plantations de canne à sucre implantées avant l'industrialisation. La communauté noire réclame depuis longtemps des comptes aux entreprises pétrochimiques qui occupent leurs terres. Aujourd’hui, cette demande se transforme en une vision plus large de la justice : demande de réparations pour des siècles de violence raciste, demande de réparation de l’environnement, demande d'emplois qui soutiennent leurs communautés et leur santé, demande de moratoire sur le développement industriel et le pouvoir de gérer leurs terres. En outre, ils réclament une révision fondamentale du concept de préservation historique en vue d’une reconnaissance des communautés noires, des sites ancestraux et de nos écosystèmes au sens large comme étant intrinsèquement précieux, indivisibles et dignes de protection.

La plateforme cartographique sur la Louisiane et Cancer Alley proposée par Forensic Architecture

  • « Des résidents noirs remportent une décision clé dans une affaire de racisme environnemental dans la  Cancer Alley » (CapitalB).

Le 9 février 2026, un juge de la Nouvelle-Orléans a statué que les groupes représentant les résidents de la « Cancer Alley » en Louisiane pouvaient poursuivre leur action en justice historique visant à obtenir un moratoire sur les usines industrielles toxiques dans deux districts à majorité noire de la paroisse de St. James. Le tribunal a rejeté la tentative du gouvernement paroissial de faire classer l'affaire sans suite et a autorisé la poursuite de toutes les demandes. Celles-ci reposent sur deux arguments principaux : les pratiques d'aménagement du territoire de la paroisse, en vigueur depuis des décennies, violent le 13e amendement, qui a aboli l'esclavage, et le 14e amendement, qui garantit à tous les Américains l'égalité devant la loi. Ce procès obligera un jury à déterminer si l'implantation disproportionnée d'installations, dont la pollution est liée à des cas de cancer, d'asthme, de maladies cardiaques et pulmonaires et de troubles neurologiques, constitue un vestige de l'esclavage. On estime que dans ces communautés à forte population noire, le nombre de cas de cancer diagnostiqués est sept fois supérieur à la moyenne nationale.

Les États-Unis sont à la fois marqués par la prédation environnementale et l'extractivisme, par une culture des grands espaces et de la nature sauvage, et par une tradition précoce d'écologie appliquée. Celle-ci oscille entre deux tendances contradictoires, la préservation et la conservation, témoignant de l'ambivalence du rapport à la "nature". La notion d'espace (p)réservé incarne cette tension : la préservation peut viser aussi bien à protéger la nature qu'à mettre des ressources en réserve pour les exploiter plus tard, d'où une renégociation récurrente des périmètres protégés et du degré de protection. Aux États-Unis, les années 1980 voient se développer des mobilisations locales au nom de la justice environnementale autour de problèmes liés à la pollution. Les cas de Love Canal (banlieue de Niagara Falls) dans l’État de New York (une décharge de produits toxiques enfouie sous une école), du comté de Warren en Caroline du Nord (stockage de mort-terrains contaminés aux PCB dans une zone à forte majorité africaine-américaine défavorisée) et de la « Cancer Alley », le corridor pétrochimique entre Bâton-Rouge et La Nouvelle-Orléans en Louisiane qui connaît les taux de cancer les plus élevés du pays, sont emblématiques des luttes pour la justice environnementale. Cette notion, née du militantisme, vise à dénoncer le fait que le risque d’habiter à proximité des sources de pollutions (de l’air, de l’eau et des sols) est inversement proportionnel au revenu des ménages. Les communautés les plus vulnérables sont considérées comme des « voies de moindre résistance ». De ce fait, les inégalités environnementales peuvent prendre plusieurs formes : les degrés différents d’exposition à un risque environnemental selon les groupes (sociaux et ethniques), l’accaparement des ressources environnementales, l’impossibilité à influencer les décisions concernant l’environnement, la non-reconnaissance des relations particulières que les différents groupes (sociaux et ethniques) peuvent entretenir avec leur environnement. Aux États-Unis, la justice environnementale englobe le principe selon lequel toutes les personnes et les communautés ont droit à une protection égale et à une application égale des lois et des règlements en matière d'environnement (Paddeu, 2012 ; 2016). Ainsi, les revendications de justice environnementale sont souvent portées devant les tribunaux, faisant valoir les lois fédérales de protection de l’environnement (NEPA, Clean Air Act et Clean Water Act entre autres,) ou plus spécifiquement la loi sur les droits civiques de 1964 ou encore la clause du quatrième amendement de la Constitution qui concerne la protection égale de tous les citoyens étatsuniens. Depuis 1994, aux États-Unis, la promotion de la justice environnementale fait partie des missions de l’Environmental Protection Agency (les moyens de cette agence ont été sérieusement réduits depuis lors par Donald Trump).

« Cancer Alley », le corridor pétrochimique en Louisiane (Géoconfluences, 2024)

Source : d’après Terrell Kimberly & St Julien Gianna, “Air pollution is linked to higher cancer rates among black or impoverished communities in Louisiana”, 13 January 2022. Environmental Research Letters, volume 17, number 1. Traduit par Géoconfluences.

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Atlas archéologique de la Grèce


La Grèce antique a laissé de nombreux sites archéologiques. Les trouver impliquait autrefois de consulter des guides touristiques et des sites web souvent disparates ou obsolètes. Cet Atlas archéologique de la Grèce recense tous les sites archéologiques et musées importants : 424 sites avec leurs coordonnées géographiques, leurs descriptions et leurs catégories. Que vous planifiez un voyage en Crète, fassiez des recherches sur les forteresses mycéniennes ou souhaitiez simplement découvrir les environs d’Athènes, vous trouverez toutes les informations nécessaires.

Atlas archéologique de la Grèce (source : archaeological-greece.vercel.app)

La carte présente un design épuré, évoquant la forme d'un parchemin. Elle recense 424 sites répartis selon quatre catégories distinctes, chacune représentée par un marqueur de couleur :

  • Musées archéologiques (en rouge)
  • Sites archaïques, classiques et hellénistiques (en bleu)
  • Sites mycéniens (en brun)
  • Sites minoens (en orange)

Ce projet réorganise les données de L'AnticoPédie de René Kauffmann qui avait déjà réalisé un gros travail de recensement. Les données sont ainsi beaucoup plus accessibles. En exportant les données KML à partir de la carte de Kauffmann (en français), en traduisant les entrées en anglais et en créant une interface personnalisée, le développeur John Kappa a transformé un ensemble de données essentiellement statique en un outil de recherche plus performant.

L'une des fonctionnalités les plus utiles est la possibilité de filtrer selon quatre catégories. Si vous prévoyez un voyage en Crète, vous pouvez masquer tous les sites sauf les sites minoens pour visualiser d'un coup d'œil l'empreinte de cette civilisation. À l'inverse, si vous effectuez des recherches sur les forteresses mycéniennes, la carte vous permet d'isoler ces ruines spécifiques sur le continent. En  cliquant sur un marqueur, on ouvre une barre latérale où s'affiche le nom du site, ses coordonnées géographiques et sa description.

Si vous souhaitez explorer plus en détail les merveilles archéologiques de la Grèce, il est possible de consulter Virtual Tours, un projet de l'Université technique nationale d'Athènes (NKUA). Cette université a créé des visites immersives de certains des sites historiques les plus importants tels qu'Athènes, Olympie, Mycènes et Marathon. Chaque visite inclut une carte personnalisée du site archéologique mettant en évidence les principaux édifices et monuments. La carte d'Athènes, par exemple, présente le Parthénon, l'Acropole, l'Agora antique et le temple de Zeus Olympien. 

Pour compléter

Cartes et données sur la Grèce ancienne
Ces données et fonds de carte de l'American School of Classical Studies à Athènes sont disponibles sous licence Creative Commons.
http://www.ascsa.edu.gr/excavations/ancient-corinth/digital-corinth/maps-gis-data-and-archaeological-data-for-corinth-and-greece

Cartographie de l'ancienne Athènes
Cette plateforme SIG montre l'extension des vestiges archéologiques dans le tissu urbain contemporain et permet de parcourir les fouilles dans et autour de la ville d'Athènes sur un temps long.
http://map.mappingancientathens.org/

Données du Centre de cartographie du monde antique (AWMC)
L'un des objectifs du Centre de cartographie du monde antique (AWMC) est de fournir des données géospatiales gratuites très précises sur le monde antique. Les données culturelles contiennent des informations sur les aqueducs, les routes, les noms de régions. Les données physiques contiennent des informations sur les côtes, les eaux intérieures, les cours d'eau et autres caractéristiques physiques.
https://github.com/AWMC/geodata

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Forest Navigator, un outil pour explorer les données forestières à l'échelle européenne


L'outil cartographique Forest Navigator permet d'explorer des données sur les forêts de l'Union européenne. Ces données en haute résolution abordent des thèmes tels que la santé des forêts, l'atténuation du changement climatique ou l'adaptation à celui-ci. Les cartes et les données sont mises à disposition en haute résolution.

Interface de la plateforme de données forestières à l'échelle de l'UE (source : Forest Navigator)


Le portail Forest Navigator est un outil d'aide à la décision en ligne développé dans le cadre du projet européen Horizon Europe ForestNavigator (2022-2026). Il rassemble des connaissances, des outils et des analyses pour une gestion durable des forêts et l'élaboration de politiques en matière de gestion durable des forêts au sein de l'UE. 

Les forêts de l'UE jouent un rôle essentiel dans la réalisation de l'objectif de neutralité climatique de l'Union : elles couvrent 44 % du territoire et absorbent près de 10 % de ses émissions de gaz à effet de serre chaque année. Cette contribution devrait augmenter à l'avenir. Toutefois, en raison de la demande croissante de bois, de la multiplication des perturbations naturelles et de la maturité des forêts, le taux d'absorption de carbone par les forêts européennes a diminué au cours de la dernière décennie. Le projet ForestNavigator évalue le potentiel d'atténuation du changement climatique des forêts et des secteurs forestiers en modélisant des trajectoires politiques robustes, alignées sur les objectifs climatiques à moyen (2030) et long terme (2050), et en apportant un soutien aux décideurs européens et nationaux.

Aperçu et méthodologie

Le couvert forestier désigne les terres dont le couvert arboré est supérieur à 10 %, avec des arbres atteignant au moins 5 m de haut et ayant une superficie supérieure à 0,5 ha. La résolution spatiale est de 100 m et les données datent de 2020 (source : ESA WorldCover 10 m 2020 v1.0). Les données ESA WorldCover à 10 mètres ont été utilisées pour identifier les zones où le couvert arboré dépasse 10 %. Conformément à la définition de la FAO pour les forêts, les informations sur le couvert arboré ont été combinées aux estimations de la hauteur de la canopée. Les données mondiales de hauteur de canopée proviennent des observations LiDAR GEDI et des archives satellitaires Landsat. Afin d'harmoniser la résolution, les données ESA WorldCover à 10 mètres ont d'abord été suréchantillonnées à 30 points de grille. Un rééchantillonnage basé sur le mode a permis de préserver la classe d'occupation du sol dominante lors des processus d'agrégation spatiale. La couche de couvert arboré suréchantillonnée a été croisée avec les données de hauteur de canopée à l'aide d'un seuil de 5 mètres. Les pixels dont la hauteur d'arbre est inférieure à 5 mètres ont été exclus afin de maintenir la cohérence avec la définition de la FAO pour les forêts. Les petites parcelles forestières isolées de moins de 0,5 hectare ont été supprimées (en fonction de la connectivité). Le masque forestier résultant a été agrégé à une résolution de 100 mètres à l'aide de méthodes de rééchantillonnage basées sur le mode. Enfin, l'ensemble de données a été reprojeté en coordonnées géographiques à l'aide du système de référence spatiale WGS84. Le résultat représente une couche binaire de couvert forestier indiquant la présence ou l'absence de forêt en 2020.

Un double visualisateur pour faire des comparaisons

Un double visualisateur permet de conduire des comparaisons, à différentes échelles et selon différents indicateurs. On peut par exemple comparer la perturbation forestière et les types d'agent perturbateur. Si les données ne s'affichent pas immédiatement, patientez un peu.

Comparaison entre perturbation forestière et types d'agent perturbateur à l'échelle de la forêt des Landes
(source : Forest Navigator)

Accès aux données

Les cartes sont téléchargeables en haute résolution au format tif. Les données sont mises à disposition au format csv pour l'ensemble des pays européens (niveau Nuts 2 pour les pays de l'UE).

L'explorateur de données permet de visualiser des ensembles de données harmonisés et spatialisés, notamment l'état des forêts, leurs changements et les perturbations qu'elles subissent. D'autres données, telles que des données sur la biodiversité, seront mises à disposition par la suite.

Affichage de la couverture forestière et de sa répartition au niveau Nuts 2 dans QGIS

Liste des indicateurs disponibles (au 11/02/26) :

  • Biomasse aérienne forestière
  • Type de forêt
  • Couverture forestière
  • Changement de la couverture forestière entre 2000 et 2020
  • Volume estimé de bois en mètres cubes par hectare (m3/ha)
  • Fragmentation des forêts sur la base d'un indice synthétique de fragmentation forestière 
  • Forêts naturelles
  • Agent perturbateur
  • Perturbation forestière
  • Fraction de perturbation à partir des observations de perturbations, agrégée pour la période 1985-2023
  • Hauteur de la canopée forestière en mètres
  • Fraction de couverture forestière d'une résolution spatiale de 30 m (entrée originale) à une résolution spatiale de 100 m
  • Changement dans la fragmentation des forêts

Références

Zanaga, D., Van De Kerchove, R., De Keersmaecker, W., Souverijns, N., Brockmann, C., Quast, R., Wevers, J., Grosu, A., Paccini, A., Vergnaud, S., Cartus, O. (2021). ESA WorldCover 10 m 2020 v100 [Ensemble de données ESA WorldCover 10 m 2020 v100]. Zénodo. https://doi.org/10.5281/zenodo.5571936

Potapov, P., Hansen, MC, Pickens, A., Hernandez-Serna, A., Tyukavina, A., Turubanova, S., Zalles, V., Li, X., Khan, A., Stolle, F., Harris, N. (2022). The Global 2000-2020 Land Cover and Land Use Change Dataset Derived From the Landsat Archive: First Results [Jeu de données mondial sur les changements de couverture et d'utilisation des terres de 2000 à 2020 dérivé des archives Landsat]. Frontiers in Remote Sensing, 3, 856903. https://www.frontiersin.org/journals/remote-sensing/articles/10.3389/frsen.2022.856903/full

Alexandra Runge, Martin Herold, Fulvio Di Fulvio, Simon Besnard, Claudine Egger, Karl-Heinz Erb, Andrey Lessa-Derci-Augustynczik, Sarah Matej, Florian Weidinger. (2024). Géodatabase forestière multicouche au service du suivi et de la modélisation du carbone et de la biodiversité (Livrable D2.1). ForestNavigator, Convention de subvention Horizon Europe n° 101056875. Union européenne. https://www.forestnavigator.eu/wp-content/uploads/FN_D2.1_Multilayered-forest-geodatabase_v2.pdf

Yao, Y., Sieber, P., Hauser, M. et al. (2025). Conversion from coniferous to broadleaved trees can make European forests more climate-effective [La conversion des conifères en feuillus peut rendre les forêts européennes plus efficaces face au changement climatique]. Nature Communication 16 , 9536 (2025). https://doi.org/10.1038/s41467-025-64580-y

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L'histoire par les cartes. Une carte de Kingsbridge (Devon) assez unique de 1586


Source  : « New Acquisition : Devon Tudor », Map South West Heritage Trust, https://swheritage.org.uk/news/devon-tudor-map/

« On trouve rarement des illustrations de petites villes de cette époque ». Une carte exceptionnellement rare d'une ville du Devon a été acquise par le South West Heritage Trust. La carte du XVIe siècle enrichit le patrimoine historique du comté et ouvre de nouvelles perspectives pour des recherches approfondies sur l’héritage des Tudors dans le Devon, après être restée quatre siècles entre les mains de propriétaires privés.

Une carte Tudor exceptionnellement rare de Kingsbridge, dans le Devon, a été acquise pour le public
(crédit : South West Heritage Trust)

Cette carte dessinée et peinte à la main (41 cm de large × 48,5 cm de haut) est remarquablement bien conservée, avec ses couleurs d'origine éclatantes. Elle présente des représentations détaillées des principaux éléments de Kingsbridge à l'époque Tudor, tels que l'église paroissiale, un pilori et la « Cheape House », un bâtiment central de la rue principale où siégeait le tribunal seigneurial jusqu'à sa démolition en 1796.

Ce document cartographie les terres appartenant à Sir John Petre, seigneur du manoir. Il a probablement été commandé par lui. La famille Petre était une figure importante et ancienne de l'histoire du Devon ; le père de Sir John, Sir William Petre, fut secrétaire d'État sous Henri VIII, Édouard VI et Marie Tudor. Cette carte récemment acquise est destinée à venir compléter les importantes archives de la famille Petre conservées au Devon Heritage Centre. Couvrant la période du XIIe au XIXe siècle, la collection comprend de nombreux registres seigneuriaux et titres de propriété documentant les domaines des Petre dans le Devon.

Les représentations visuelles contemporaines des villes de province de l'époque élisabéthaine sont très rares. Si plusieurs représentations célèbres de Londres, d'Oxford et de Cambridge subsistent, les illustrations de petites villes de cette époque sont peu nombreuses. Les cartes foncières du XVIe siècle sont extrêmement rares, et ce type de vue l'est encore plus.

Notice de la carte de Kingsbridge (référence KBM) :

« Cette carte, dessinée en partie comme un plan et en partie comme une vue à vol d'oiseau, semble avoir été réalisée lors de la construction de la nouvelle cathédrale avec ses cinq piliers de pierre, selon le style de l'église de Kingsbridge, en 1586, probablement pour Sir John Petre, alors seigneur du manoir, dont les terres, appelées Norton, sont représentées de l'autre côté du ruisseau du moulin. Les Petre étaient une ancienne famille du Devon. Le père de Sir John, Sir William Petre, fut secrétaire d'État sous Henri VIII, Édouard VI et Marie Ière Tudor. La famille Petre employait des dessinateurs de talent pour réaliser les plans de leur domaine d'Ingatestone, dans l'Essex, que Sir William choisit comme résidence principale. Il est fort probable que ce soit l'un de ces dessinateurs qui ait conçu cette belle œuvre, peinte sur vélin en six couleurs, mesurant 410 x 485 mm. Parmi les éléments remarquables, citons l'église paroissiale du XIIIe siècle, la halle ou maison de marché en bois, alors appelée Chepe House (où se tenaient les tribunaux seigneuriaux jusqu'à la démolition du bâtiment en 1796) et le pilori. Les maisons sont représentées comme étant construites en pierre (un matériau encore rare à l'époque élisabéthaine), avec des toitures en ardoise ou en briques rouges. La prédominance des cheminées, devenues populaires dans la seconde moitié du XVIe siècle, est moins remarquable. Les propriétés sont figurées avec de petits appentis devant elles, indiquant leur lien avec le commerce. La propriété la plus impressionnante est sans conteste celle identifiée comme la résidence de George French, probablement le marchand George French qui hypothéqua des locaux sur le quai de la paroisse voisine de Dodbrooke en 1604. À l'arrière de la maison sont indiqués plusieurs dépendances et un beau jardin clos de murs, comprenant une tonnelle (dans l'angle droit), une arche rustique (dans l'angle droit) et ce qui semble être un « nœud » dans l'angle supérieur gauche.»

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Appréhender les vulnérabilités sociales territoriales à différentes échelles


Source : Olivier Portier, Les vulnérabilités sociales territoriales. Cahier de recherche, Caisse des dépôts et OITC, janvier 2026. 

Olivier Portier propose un indice synthétique et global de vulnérabilité sociale pour évaluer l’intensité des vulnérabilités sociales aux différentes échelles géographiques. Cet indice repose sur les indicateurs suivants : niveau de diplôme, précarité, vieillissement, conditions de logement, niveau de vie, pauvreté, inégalités sociales et spatiales, accessibilité aux équipements de proximité, état de santé des populations et accessibilité aux services de santé. Un examen des niveaux de vulnérabilité par strate de densités confirme que si en moyenne, les communes du rural à habitat très dispersé présentent l’indice de vulnérabilité sociale le plus élevé, viennent juste derrière les centres urbains intermédiaires et les grands centres urbains. Loin de se réduire à une opposition entre espaces denses et espaces peu denses, les vulnérabilités observées se déploient selon des logiques différenciées, où s’entrecroisent trajectoires productives, dynamiques résidentielles, régimes de mobilité et structures socioéconomiques locales. L'intensité des vulnérabilités varie sensiblement selon les types de territoires : les indices thématiques présentent une dispersion bien plus marquée que l’indice global.

Niveau de vulnérabilité sociale des populations au niveau départemental et communal (source : Portier, 2026)

Le rapport se décompose en deux parties :  1) une lecture synthétique des vulnérabilités sociales à partir d’un indice composite produit à plusieurs échelles géographiques, 2) une analyse thématique des principales dimensions de la vulnérabilité sociale. L’ensemble des indicateurs mobilisés a été normalisé pour permettre leur comparaison et leur agrégation. La normalisation est effectuée par échelle territoriale :  1 à 100 pour les échelles communale et intercommunale et 1 à 10 pour les échelles départementale et régionale. Dans tous les cas, 1 = niveau de vulnérabilité sociale le plus faible, 100 / 10 = niveau de vulnérabilité le plus élevé. Les indicateurs normalisés ont été regroupés en grandes familles thématiques. Une moyenne est calculée par thématique. A noter : les scores thématiques ne sont pas utilisés pour l’indice global afin d’éviter les biais de pondération. L’indice global de vulnérabilité est la moyenne de tous les indicateurs normalisés. Dans cette approche, tous les indicateurs ont le même poids. 

L’Observatoire des impacts territoriaux des crises (OITC) a été créé en 2020 à l’occasion de la pandémie Covid19 afin d’évaluer en temps réel les incidences de la crise sur les économies territoriales. L'Observatoire a proposé de prolonger ses travaux pour analyser les effets différés et durables des crises qui se sont succédé depuis, élargir son champ d’étude aux impacts des transitions énergétiques et écologiques sur les territoires et apprécier le degré d’exposition des territoires aux différentes crises en cours (hausse des tarifs douaniers américains, crise économique…) et à venir (réchauffement climatique, aléas naturels…). Analyste territorial, Olivier Portier est consultant et le créateur et  coordinateur de l’Observatoire  des Impacts Territoriaux des Crises (OITC). 

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L'histoire par les cartes. Les peuples d'Amérique du Nord en 1776


Dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance américaine, la Société historique de l'Utah publie une carte intitulée « Les peuples d'Amérique du Nord en 1776 ». Il s'agit d'une ressource utile pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire des peuples autochtones en Amérique du Nord. Le principal intérêt de la carte est de mettre en évidence l'implantation des communautés amerindiennes au moment de l'indépendance des États-Unis et de l'expédition Domínguez-Escalante qui eut lieu à la même date.

Les peuples d'Amérique du Nord en 1776 (source : America250 Utah)

En 1776, au moment même où les colons américains proclamaient leur indépendance de la Grande-Bretagne, un groupe d'explorateurs entreprit un voyage à travers les terres inconnues de l'Ouest américain. Leur objectif était de trouver une route terrestre reliant Santa Fe (Nouveau-Mexique) à Monterey (Californie). Menés par deux prêtres franciscains, les membres de l'expédition espéraient relier les colonies espagnoles d'Amérique du Nord, rechercher des opportunités économiques et convertir les populations autochtones au catholicisme. Bien qu'ils n'aient pas réussi à atteindre la Californie, c'était la première fois que des Européens foulaient le sol de ce qui allait devenir l'Utah, et la première rencontre entre les Paiutes et les Utes de l'Ouest et ces nouveaux arrivants. L'expédition Domínguez-Escalante comprenait des personnes originaires d'Espagne, du Mexique, du Nouveau-Mexique et de l'Utah. Chacun apporta des compétences différentes à la mission, et ensemble, ils accomplirent un remarquable périple de cinq mois et de 2 700 kilomètres (1 700 miles) entre Santa Fe et le lac Utah, puis un retour au Nouveau-Mexique. Les ressources et activités mises à disposition sont l'occasion de s'interroger sur les contacts entre populations autochtones et premiers arrivants européens. Sous-titré « le pouvoir des lieux », la page du site entend « se concentrer sur l'histoire particulière des habitants et des lieux de l'Utah en 1776 et au-delà ».

Les activités pédagogiques sont proposées à partir de diverses sources documentaires (textes, cartes, graphiques, storymap...) et selon différents niveaux de classe. Ces activités ont été conçues par la Société historique de l’Utah, en partenariat avec BYU ARTS, le Bureau de la préservation historique de l’État de l’Utah, UEN et America250 Utah. Ce dossier pédagogique ainsi que la carte des peuples autochtones qui l'accompagne ne sont pas sans interroger la vision des "premières nations" des États-Unis aujourd'hui. Frédéric Giraut fait remarquer que « le traitement par entités territoriales à limites fixes (sauf pour les French settlements) sans recouvrements, aires partagées, ni zones buffer, ni emboitements ni saisonnalité, relève de l'application des principes de la modernité territoriale à des réalités spatio-politiques, économiques et culturelles bien plus riches qui n'en relevaient pas, mais qui doivent aujourd'hui jouer ce mode de représentations pour être reconnues historiquement ».

L'expédition Dominguez et Escalante de 1776

Activités
Leçons
Nations autochtones de l'Utah : cadres de référence

« Initier les élèves aux nations tribales amérindiennes de l'Utah et à leurs liens continus avec leurs terres ancestrales et leur patrimoine culturel ».
Devenir l'Utah : le parcours d'un peuple

Cette vidéo d'animation, ce guide pédagogique et ces trois fiches de leçon explorent le « long parcours de l'Utah vers le statut d'État et les nombreuses communautés qui y vivent » (Société historique de l'Utah). Niveaux 4 à 6, 11 à 12.
« Notre passé, leur présent » : enseigner avec des sources primaires


Ces sources primaires permettent d' « explorer des périodes où les habitants de l'Utah étaient confrontés à de grands bouleversements ou à des crises, et de voir comment ils ont surmonté les difficultés et cherché à trouver des solutions » (Société historique de l'Utah). Niveaux 4e, 7e, 11e et 12e années.
Ressources complémentaires

Territoires traditionnels
Un recensement et une cartographie qui permettent d'explorer les territoires autochtones ancestraux à travers le monde (notamment les réserves indiennes en Amérique du Nord).
http://territoire-traditionnel.ca/
 
Cessions de terres amerindiennes
Ces cartes de cessions des peuples autochtones ont été établies par l'Administration américaine entre 1890 et 1900 afin d'établir les transferts de territoires par lesquels les peuples autochtones des États-Unis ont perdu leurs terres. La carte Invasion of America permet de voir comment les États-Unis se sont développés vers l'ouest en saisissant des terres amérindiennes par le biais de traités et de décrets.
http://digitreaties.org/

Terres autochtones
Une cartographie interactive des peuples indigènes en Amérique et en Australie avec possibilité de faire des recherches par territoire, langue ou traité de cessions territoriales. Une API permet d'intégrer ces données dans son jeu de données SIG.
http://native-land.ca/

La carte des traités
Le Yellowhead Institute propose une carte des traités fonciers « négociés » entre les nations autochtones et le gouvernement fédéral canadien. L'Institut souhaite utiliser cette carte pour favoriser une meilleure compréhension des droits fonciers des autochtones et des conflits en cours entourant ces traités.
https://treatymap.yellowheadinstitute.org/

Native American History of Washington, D.C
Dans cet ouvrage de 2023, Armand Lione montre que, bien avant de devenir District of Columbia, les terres de Washington D.C abritaient des peuples autochtones. Des artefacts amérindiens ont été retrouvés un peu partout notamment à Rock Creek Park, à Anacostia, à l'Arboretum, à Van Ness, aux Palisades, au Capitole et même à la Maison-Blanche.

Native People & Settler Colonialism : A Story of Land and Maps
« Peuples autochtones et colonialisme de peuplement : une histoire de territoire et de cartes ». Le Norman Leventhal Map & Education Center met à disposition des ressources pédagogiques. La première partie de l'activité présente aux élèves une carte de 1837 créée par des membres de la communauté tribale Báxoje/loway et leur demande de la comparer à une carte réalisée en 1902 par un cartographe euro-américain afin de discuter de la signification de la terre et de la façon dont elle est comprise et visualisée par les deux. Les élèves poursuivent la leçon en examinant une carte des réserves indiennes et en réfléchissant à l'héritage de la dépossession des terres et du génocide culturel. La deuxième partie amène les élèves à travailler en petits groupes avec une série de cartes euro-américaines du XIXe siècle pour répondre à des questions qui révèlent comment les communautés autochtones sont représentées sur le territoire. Niveau scolaire : 4e à Terminale

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Face à Google Maps, comment la France joue la carte de la souveraineté

 
Source : Jules Grandin, Face au mastodonte Google Maps, comment la France joue la carte de la souveraineté, Les Echos (1er février 2026).

La carte est l'objet de pouvoir par excellence. Comment pourrait-on connaître, administrer ou défendre son territoire sans l'avoir cartographié avec précision ? En France, c'est la mission de l'IGN, dont le modèle économique est en train de basculer du papier vers les pixels. Cette enquête est déclinée sous forme de vidéo sur YouTube.

Vidéo : « Comment la France se bat contre Google Maps » 

"La carte est, et a toujours été, une affaire d’Etat. Depuis les premières campagnes de cartographie lancées sous Louis XIV jusqu’à la mission de l’IGN aujourd’hui, l’enjeu a toujours été le même : il faut être maître de la carte de son territoire. Bienvenue dans notre nouveau Plan Carte." (Jules Grandin)

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Google Street View et sa couverture géographique très sélective


Mapping Nunaat - Repenser le patrimoine cartographique groenlandais


L'exposition Mapping Nunaat - Rethinking Greenlandic Cartographic Heritage s'est déroulée de mai à septembre 2025 au Musée et archives nationales du Groenland à Nuuk.

Loin d'être de simples outils neutres et de simples représentations, les cartes ont façonné notre vision du monde et la manière dont nous nous l'approprions. Dans l'Arctique, la cartographie occidentale a servi les ambitions coloniales, cartographiant souvent des territoires avant même leur exploration, effaçant les toponymes et les savoirs autochtones, et imposant des frontières, des noms et l'illusion de terres « vides ». Bien avant l'arrivée des explorateurs européens, les communautés inuites avaient développé un riche savoir géographique, fondé sur la tradition orale, les souvenirs et une profonde compréhension de l'environnement. 
En langue indigène Inuit, Nunaat se traduit par la Terre comme source de vie.

Cette exposition révèle comment les cartographies autochtones alternatives remettent en question les récits dominants et comment, hier comme aujourd'hui, les cartes peuvent être réappropriées comme outils de résistance et de réappropriation. En s'opposant aux représentations prédominantes, les cartographies autochtones offrent de nouvelles façons de voir, de nommer et d'habiter l'Arctique. On pénètre dans un espace où les cartes sont uniques et aussi essentielles que le territoire lui-même.

L'exposition numérisée s'appuie sur des cartes d'époque réunie au sein d'une storymap (en anglais) que l'on peut dérouler en plusieurs étapes :

  • Introduction
  • Qu'est-ce qu'une carte ?
  • Saisir le territoire : le colonialisme
  • Renommage impérial dans l'Arctique
  • Inventer des espaces vierges
  • Cartographier notre monde. Groenlandais
  • Savoirs et sciences inuits
  • Kitsissut
  • Les procès verbaux de la Société de géographie en 1886
  • Perspectives asiatiques
  • Décoloniser les cartes ?
  • De nouveaux territoires émergent.
  • Le 140e anniversaire de la remise des cartes en bois sculpté d'Ammassalik.
  • Yochi Shiryaku (1878) et le boréalisme européen de l'époque
Face au projet d'annexion du Groenland par les États-Unis, cette exposition vient utilement rappeler le pouvoir des cartes longtemps au service des puissances coloniales. Mais les cartes peuvent servir aujourd'hui à défendre un territoire pour les autochtones qui l'habitent. 

Cette exposition a été réalisée en collaboration avec l'Ambassade de France au Danemark, l'Institut Français Danemark, Ponant, le Nunatta Katersugaasivia Allagaateqarfialu, le Musée national du Groenland, l'Université de Rouen Normandie (INSPE). Les commissaires de l'exposition sont Fabrice Argounes, Pierre Singaravelou et Frederik Fuuja Larsen, directeur du musée national du Groenland.

Contexte 

« En 2019, le président Donald Trump, reprenant des propositions antérieures de 1867, 1910 et 1946, formule au nom des États-Unis une offre d'achat du Groenland. La Première ministre danoise répond que ce territoire n'est pas à vendre et que cette idée est « absurde », mot qui suscite l'irritation du président américain. En décembre 2024, Trump, récemment réélu, « exprime à nouveau son souhait de prendre le « contrôle » du Groenland » sans exclure l'usage de la force armée pour parvenir à ses fins . Le Groenland est considéré comme stratégique pour l'armée américaine avec sa base spatiale de Pituffik. Le 17 janvier 2026, une enquête de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) indique que les motivations américaines à l’égard du Groenland ne se limitent pas aux considérations sécuritaires, mais incluent des intérêts économiques privés liés aux minerais critiques, notamment les terres rares. Les États-Unis mènent des opérations d'entrisme sur l'île visant à fissurer les relations entre celle-ci et le Danemark. En réaction, le Danemark convoque en août 2025 le chargé d'affaires américain et dénonce des « tentatives d'ingérence ». Dans ce contexte, le renseignement militaire danois considère désormais Washington comme une menace pour la sécurité nationale du Danemark. À la suite de la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis au Venezuela début janvier 2026, l'épouse de Stephen Miller poste sur X une carte du Groenland aux couleurs américaines alors que Trump déclare : "Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... Parlons du Groenland dans vingt jours". Le 19 janvier 2026, The Guardian, pour contester l'affirmation de Donald Trump qu'il n'y a aucun écrit reconnaissant la souveraineté du Danemark sur le Groenland, signale que le 4 août 1916, le secrétaire d'État Robert Lansing a signé un document déclarant que le gouvernement des États-Unis d'Amérique n'élèverait aucune objection à ce que le gouvernement danois étende ses intérêts politiques et économiques à l'ensemble du Groenland » (source : Wikipedia).

« Le Groenland, un territoire convoité entre l'Europe et l'Amérique » (Toute l'Europe). Ce podcast résume les principaux enjeux du Groenland aujourd'hui.

Pour compléter

Daniel Chartier, Hanna Guttorm, Britt Kramvig, Berit Kristoffersen, Johannes Riquet & Philip Steinberg (2026). « Decolonial cartographies. Counter-mapping in the Arctic » [Cartographies décoloniales. Contre-cartographie dans l'Arctique]. In Johannes Riquet, The mediated Arctic Poetics and politics of contemporary circumpolar geographies, p 183-208, https://www.manchesterhive.com/display/9781526174024/9781526174024.xml

Ce chapitre se concentre sur la contre-cartographie comme instrument de pouvoir dans les contextes coloniaux et autochtones de l'Arctique. Le Nord, dans son ensemble, est un territoire colonial où des initiatives décoloniales ont émergé en divers endroits. Parmi celles-ci, plusieurs s'enracinent dans la cartographie ; celle-ci a été imposée au territoire de manière si brutale que la seule voie possible est de renverser la pratique elle-même. Analyser la cartographie implique avant tout d'examiner les conventions qui permettent la transformation du territoire en une entité abstraite, ainsi que les valeurs qui sous-tendent sa représentation culturelle ; et les inversions cartographiques sont des actes de résistance au colonialisme de peuplement. S'appuyant sur les conceptions autochtones de la cartographie et sur des approches post-représentationnelles de la cartographie, ce chapitre analyse des initiatives de contre-cartographie à travers le monde circumpolaire : les cartes de Sápmi des artistes samis Elle-Hánsa ou Hans Ragnar Mathisen/Keviselie ; le travail d'inversion linguistique du projet Nunavik Nunatop ; les transformations contemporaines du Groenland par l'art cartographique et la pratique spatiale ; enfin, la critique cartographique de l'État pétrolier norvégien par l'artiste norvégien Tomas Ramberg. Dans chacun de ces cas, la cartographie est utilisée comme un outil culturel et politique. Ces projets de contre-cartographie reconnaissent à l'esthétique le pouvoir de redéfinir les perceptions spatiales et, par conséquent, d'agir sur les enjeux liés aux rapports de pouvoir. Par des renversements et des changements de perspective, ils rendent compte de la diversité des espaces géographiques et culturels de l'Arctique. Les analyses révèlent ainsi que la cartographie décoloniale ne se limite pas aux produits finis, mais concerne plutôt les processus cartographiques qui racontent des histoires, imaginent une justice réparatrice et affirment la souveraineté autochtone.

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Évolution contrastée de l'espérance de vie en Europe (1992-2019)

 

Source : Bonnet, F., Alliger, I., Camarda, CG. et al. (2026).  «Potential and challenges for sustainable progress in human longevity» [Potentiel et défis pour un progrès durable en matière de longévité humaine]. Nature Communications, 17, 996, https://doi.org/10.1038/s41467-026-68828-z (article disponible en accès ouvert).

Le ralentissement de la progression de l'espérance de vie dans les pays à revenu élevé suscite des inquiétudes quant à l'avenir de la longévité humaine. Afin de mieux comprendre ces évolutions, les auteurs ont examiné les tendances de la mortalité à l'échelle infranationale en Europe occidentale sur la période 1992-2019. Entre 1992 et 2005, les gains d'espérance de vie ont été à la fois substantiels et généralisés. Les régions en retard ont connu les progressions les plus fortes, entraînant une convergence régionale rapide. Entre 2005 et 2019, cependant, les gains dans ces régions ont ralenti, tandis qu'ils sont restés remarquablement stables dans les régions pionnières, ce qui suggère qu'il est encore possible de continuer à allonger la durée de vie. Le ralentissement observé des gains d'espérance de vie est fortement associé à la mortalité chez les 55-74 ans, qui a augmenté durant cette période dans de vastes régions d'Europe occidentale, notamment en Allemagne et en France. Dans ce travail, les auteurs montrent que le suivi des tendances de la mortalité à une échelle géographique fine est crucial pour révéler à la fois le potentiel et les défis d'un progrès durable en matière de longévité humaine.

Gains annuels de l'espérance de vie masculine et classement de 450 régions d'Europe occidentale
pour l'espérance de vie masculine en 1992-1993, 2004-2005 et 2018-2019 (source : Bonnet et al. 2026)


Gains annuels de l'espérance de vie masculine et classement de 450 régions d'Europe occidentale
pour l'espérance de vie masculine en 1992-1993, 2004-2005 et 2018-2019 (source : Bonnet et al. 2026)

L'article cite les différentes sources statistiques utilisées avec l'adresse des sites officiels par pays. 

Pour compléter

« Où vit-on le plus vieux ? Ce que la géographie dit d’une Europe de plus en plus fragmentée » (The Conversation).

Florian Bonnet, Carlo Giovanni Camarda et France Meslé (Ined) et Josselin Thuilliez (CNRS) analysent la longévité en Europe occi. Leur étude compare 450 régions entre 1992 et 2019 et montre une Europe de l’espérance de vie de plus en plus fragmentée. L’espérance de vie progresse en Europe depuis plus d’un siècle grâce au recul des maladies infectieuses puis cardiovasculaires. Mais depuis le milieu des années 2000, les gains ralentissent dans plusieurs pays, faisant émerger l’hypothèse d’un possible essoufflement des progrès sanitaires. L’analyse régionale nuance cette idée. Dans les régions pionnières, les gains se poursuivent sans ralentissement. Les hommes y gagnent environ 2,5 mois de vie par an, les femmes 1,5 mois. En 2019, certaines régions atteignent 83 ans pour les hommes et 87 ans pour les femmes. Ces régions pionnières se situent notamment dans le nord de l’Italie, en Suisse, en Espagne et en France autour de Paris ou de la frontière suisse. Elles prouvent que la longévité humaine n’a pas encore atteint de plafond biologique mesurable. À l’inverse, d’autres régions décrochent depuis 2005. En Allemagne de l’Est, en Wallonie ou dans certaines régions britanniques, les gains deviennent faibles voire nuls. Chez les hommes, les Hauts-de-France figurent parmi ces territoires en difficulté. La fracture européenne s’explique surtout par la mortalité entre 55 et 74 ans. À ces âges, la baisse des décès s’est arrêtée, voire inversée dans certaines régions. Or ces classes d’âge concentrent une part importante des décès influençant l’espérance de vie globale. Les causes évoquées combinent comportements à risque comme tabac, alcool ou alimentation, et facteurs socio-économiques. La crise de 2008 a accentué les inégalités territoriales, fragilisant durablement la santé dans les régions les plus touchées. L’étude montre une Europe à deux vitesses. Les progrès de longévité restent possibles, mais très inégalement répartis. L’enjeu majeur devient territorial. Réduire les écarts régionaux apparaît plus décisif que la recherche d’un hypothétique plafond biologique. 

« Espérance de vie : une Europe à deux vitesses se dessine, avec des écarts de plusieurs années selon les régions » (Le Monde).

Une étude menée dans 13 pays européens montre que le fossé se creuse à partir de 2005 entre des régions favorisées, où l’espérance de vie continue de progresser, et d’autres qui prennent du retard, où la dynamique s’essouffle. C’est une Europe de la longévité à deux vitesses qui se dessine dans les cartes développées par des chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (INED) et de l’Institut fédéral allemand de recherche démographique (BiB). Le Monde propose une série de cartes simplifiées à partir de l'étude scientifique.

« L’espérance de vie par niveau de vie : chez les hommes, 13 ans d’écart entre les plus aisés et les plus modestes » (Insee Première).

Plus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée. Ainsi, parmi les 5 % les plus aisés, l’espérance de vie à la naissance des hommes est de 84,4 ans, contre 71,7 ans parmi les 5 % les plus pauvres, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : 8 ans séparent les plus aisées des plus pauvres. Aux alentours d’un niveau de vie de 1 000 euros par mois, 100 euros supplémentaires sont associés à 0,9 an d’espérance de vie en plus chez les hommes et 0,7 an chez les femmes, tandis que l’écart n’est plus que de 0,3 an et 0,2 an aux alentours d’un niveau de vie de 2 000 euros par mois. Les femmes ont une espérance de vie plus élevée que les hommes (6 ans en moyenne). Elles vivent même en général plus longtemps que les hommes les plus aisés : celles dont le niveau de vie se situe parmi les 70 % les plus aisées ont une espérance de vie plus longue que les hommes parmi les 5 % les plus aisés. Les personnes les plus aisées ont plus souvent un diplôme du supérieur, mais cela n’explique qu’en partie les écarts d’espérance de vie selon le niveau de vie. Avec ou sans diplôme, plus on est aisé, plus l’espérance de vie augmente.

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Atlas cartographique du grand âge

Cartes sur la jeunesse, la formation et l'emploi au sein de l'Union européenne

Baisse de la part des jeunes dans la population de l’Union européenne d’ici 2050

Image, le générateur de cartes statistiques d'Eurostat

Géofer, une plateforme pour connaître le potentiel des gares voyageurs et des sites fret


La plateforme du Cerema Géofer a pour objectif d’être un outil d’aide à la décision permettant de visualiser le potentiel ferroviaire. Elle propose un système de couches, que l’on peut choisir d’afficher ou non. L’outil intègre également des bases de données permettant de consulter différents paramètres en cliquant sur des points d’intérêt. À ce jour, ces points regroupent environ 3 500 gares voyageurs et 3 000 ITE (Installations terminales embranchées, c’est-à-dire des sites de chargement et de déchargement de marchandises) réparties sur l’ensemble du territoire français.

Interface cartographique de la plateforme Geofer (source : Cerema)

Parmi les nouveautés de la plateforme Géofer :

  • Analyse d'implantation express : elle permet de tester n'importe quel emplacement et d'évaluer rapidement l'intérêt ou non d'ouvrir un nouveau point d'arrêt sur une ligne existante ou future.
  • Données socio-économiques clés : ces données fournissent des informations précises sur la population, les salariés et les élèves situés à proximité de ce point fictif.
  • Visualisation des aménités et services accessibles depuis le point d'arrêt simulé.
Test d'un arrêt fictif de transport en commun à Saint-Denis de la Réunion

Pour la majorité des gares, les données sont issues de l’open data SNCF. Les isochrones sont générées à partir de l’API mise à disposition par l’IGN. Pour une analyse fine de l'accessibilité multimodale, les tests sont basés sur les isochrones suivantes :

  • 15 minutes à pied
  • 10 minutes à vélo
  • 10 minutes en voiture

Le nombre d’établissements localisés dans l’isochrone, identifié à partir du code NAF, est croisé avec la capacité d’hébergement touristique des communes en 2025 (INSEE). Ainsi, chaque établissement se voit attribuer la capacité moyenne des établissements de son type dans la commune. L’objectif n’est pas d’obtenir un simple nombre d’établissements, mais une estimation du nombre de place d’hébergement touristique dans l’isochrone, afin d’évaluer l’attractivité touristique de la gare. Comme la capacité d’accueil de chaque établissement n’est pas disponible, une capacité moyenne communale est utilisée pour chaque type d’hébergement (camping, hôtel, chambre d’hôtes).

L’export des données relatives aux gares est réalisable à partir du bouton d’export intégré aux couches de données agrégées. La base de données ITE 3000 produite par le Cerema est, par ailleurs, mise à disposition sur data.gouv.fr.

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