Globe interactif montrant les trainées de condensation des avions dans le monde

 

Source : The Global Contrail Map (Maps Mania, 25 janvier 2023)

Le transport aérien mondial contribue largement au changement climatique. Une étude récente a révélé que les traînées de condensation des avions comptaient pour plus de la moitié dans l'impact du secteur sur le réchauffement climatique. L'étude montre comment les traînées de condensation (les nuages​​​glacés qui se forment dans le sillage des avions) emprisonnent la chaleur dans l'atmosphère, chaleur qui serait autrement libérée dans l'espace. La carte des traînées de condensation de la Contrail Climate Initiative montre comment les traînées se forment, comment elles contribuent au réchauffement climatique et comment les vols peuvent être détournés pour éviter la formation de traînées en ajustant l'altitude de l'avion. Les traînées de condensation se forment lorsque les températures sont basses et que l'humidité est élevée. Si ces conditions atmosphériques persistent, les traînées persistent également et agissent comme des pièges à chaleur.

Globe représentant les trainées de condensation des avions dans le monde (source : contrails.org)


La carte interactive des traînées de condensation permet de visualiser les traînées de condensation dans le monde en 2022 (du 21 janvier 20h au du 22 janvier 20h). Sur la carte, les traînées de réchauffement sont indiquées en brun et les traînées de refroidissement en bleu. Les lignes blanches correspondent  aux trajectoires des avions tout autour de la planète.

Il est possible de réduire considérablement le nombre de traînées produites par le trafic aérien mondial. La carte des traînées de condensation des avions explique comment des conditions atmosphériques spécifiques contribuent à la formation de traînées de condensation et comment les prévisions météorologiques peuvent prédire où ces conditions sont susceptibles d'apparaître. Les compagnies aériennes peuvent donc utiliser les prévisions météorologiques pour ajuster leurs plans de vol afin d'éviter les zones présentant des conditions atmosphériques propices à la formation de traînées de condensation. Assez souvent, il suffit de changer l'altitude d'un avion. Un exemple de vol montre comment, en appliquant un petit changement dans l'altitude de l'avion, il est possible d'éviter toutes les "régions de traînées potentielles".  

Référence : S. Lee, D.W. Fahey, A. Skowron & al.The contribution of global aviation to anthropogenic climate forcing for 2000 to 2018, Atmosperic Environment, vol. 224, 2021, https://doi.org/10.1016/j.atmosenv.2020.117834


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Des outils pour la cartographie dans les humanités numériques (Plateforme géomatique de l'EHESS)

 

La Plateforme géomatique de l’EHESS répond à des besoins grandissants dans l’accompagnement de projets de recherches en géomatique et humanités numériques, dans le développement d’outils informatiques ou encore dans la formation continue ou ponctuelle des étudiants et chercheurs. Nous en présentons ici les principales ressources et publications.


Ses objectifs sont multiples : 
  • mutualiser les compétences et les outils sur la spatialisation des données, 
  • mettre à disposition de la communauté scientifique des données à références spatio-temporelles et interopérables (Web de Données, OGC) avec le soutien de l’IGN, 
  • contribuer à la valorisation et la diffusion de collections de sources anciennes selon les standards de bibliothèques numériques (ex : Gallica), 
  • proposer à terme une infrastructure orientée vers le travail collaboratif, 
  • valoriser les travaux passés et récents, 
  • favoriser les échanges et les collaborations entre les centres de recherche, 
  • réfléchir à l’articulation scientifique et technique avec les infrastructures existantes donner des enseignements et des formations spécialisées développer une critique réflexive sur les méthodes et les outils actuels.
Dans le cadre des ateliers SIG 2022/2023,  Eric Mermet, Carmen Brando, Angelo Odore et Benoit Pandolfi proposent des tutoriels de prise en main des SIG à travers l'outil QGIS :

Parmi les réalisations, on peut signaler notamment une cartographie interactive des métiers à Paris à la fin du XVIIIe. La carte a été réalisée à partir de données élaborées par Anne Varet-Vitu, Mathieu Marraud et Eric Mermet (CNRS/EHESS/CRH & CAMS & Plateforme géomatique) à partir de sources telles que l’Atlas de Verniquet géoréférencé, de l’Almanach royal et du Provincial à Paris qui ont permis de générer des données vectorielles : le réseau viaire  à partir de l’Atlas de Verniquet ainsi que les points adresses basés sur un adressage non classique, à savoir le numérotage de Kreenfelt qui a eu cours entre 1780 et 1790. 

Pour en savoir plus :
Anne Varet-Vitu, Mathieu Marraud, Éric Mermet (2020). Spatialités sociales à Paris à la veille de la Révolution. Les apports d’un système d’information géographique. Histoire urbaine, 2020/2 (n° 58), pages 157 à 186, https://www.cairn.info/revue-histoire-urbaine-2020-2-page-157.htmL'équipe de la plateforme géomatique de l'EHESS a en outre contribué à un numéro de la revue Humanités numériques consacrée aux humanités numériques spatialisées (à lire en open access). Ce numéro aborde plusieurs thématiques à la croisée de l'information spatiale, de l'histoire et de l'archéologie :
  • le traitement de l’information spatiale dans des corpus textuels issus des travaux en sciences humaines et sociales, principalement en études littéraires ;
  • les problématiques d’acquisition, de spatialisation et de diffusion de données géographiques du passé et du patrimoine, donc, ici, davantage en lien avec la recherche en histoire ;
  • "l’information spatiale, son traitement et ses usages en archéologie.

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Humanités numériques spatialisées (revue Humanités numériques, n°3, 2021)

L'histoire par les cartes : la carte archéologique de Paris

ArchéOdyssée, une carte interactive de plus de 800 musées et sites archéologiques en France

Traitement de données complexes en Géographie (Seminaires IXXI - projet Géode)


Dans le cadre d'un séminaire IXXI sur le Traitement de données complexes en Géographie, un cycle de conférences interdisciplinaires est organisé à l'ENS de Lyon sur le thème "Extraction, traitement et visualisation de données complexes en géographie (XVIIIe siècle - XIXe siècle)".

La géographie du XVIIIe s. reste relativement mal connue dans le champ de l’histoire de la géographie. Or elle constitue un maillon essentiel pour comprendre épistémologiquement ce qui se joue durant ce siècle. La géographie des Lumières se présente en effet en tension entre héritages de savoirs et de pratiques du début de la période moderne, et projet d’organisation et de disciplinarisation qui se dessine dès la fin du XVIIIe s.

Trois grandes thématiques structurent ce cycle :
  • Histoire et épistémologie de la géographie au prisme des encyclopédies françaises du XVIIIe siècle et du XIXe siècle.
  • Linguistique des discours, traitement automatique des langues.
  • Systèmes d’information géographique, Géomatique et visualisation des données



Le projet interdisciplinaire GEODE (2020-2024) financé par le LabEX ASLAN réunit des chercheurs en linguistique, informatique et géographie des laboratoires ICAR, LIRIS et EVS. Ce projet fait suite au projet GéoDISCO (2019-2020) financé par la MSH Lyon St-Etienne. L'objectif est d’étudier dans un corpus de quatre encyclopédies françaises les changements survenus dans les discours géographiques entre 1750 et nos jours. Pour cela, les chercheurs mobilisent des méthodes de classification semi-supervisée des textes, de génération de modèles de langues et de repérage automatique de routines discursives.

Pour en savoir plus sur le projet GEODE : https://geode-project.github.io

Accès aux vidéos et aux diaporamas des conférences : https://gitlab.liris.cnrs.fr/geode/seminaires-ixxi

Séance Thème Détails et inscription Invités
24 janvier 2022 Histoire et épistémologie Slides et vidéos Laura Péaud (U. Grenoble Alpes/PACTE) & Denis Vigier (U. Lyon 2/ICAR)
14 février 2022 Linguistique des discours et TAL Slides et vidéos Antoine Doucet (U. La Rochelle/L3i) & Ludovic Moncla (INSA Lyon/LIRIS)
15 mars 2022 Systèmes d'information géographique Slides et vidéos Alexis Litvine (U. of Cambridge/CAMPOP) & Thierry Joliveau (U. Saint-Etienne/EVS)
8 avril 2022 Histoire et épistémologie Slides et vidéos Isabelle Turcan (U. de Lorraine) & Henri Desbois (U. de Paris Nanterre)
5 mai 2022 Linguistique des discours et TAL Slides et vidéos Glenn Roe (Sorbonne Université)
26 septembre 2022 Linguistique des discours et TAL Slides et vidéos Simon Gabay (Université de Genève) & Benoît Crabbé (LLF) et Achille Falaise (LLF)
20 octobre 2022 Histoire et épistémologie Slides et vidéos Martine Groult (CNRS) & Christine Jacquet-Pfau (Cergy Paris Université)
24 novembre 2022 Systèmes d'information géographique Slides et vidéos Rainer Simon (Austrian Institute of Technology) & Valeria Vitale (University of Sheffield)
8 décembre 2022 Systèmes d'information géographique Slides et vidéos Xuke Hu (German Aerospace Center) & Andrea Ballatore (King's College London)
24 janvier 2023 Histoire et épistémologie Slides et vidéos Nicolas Verdier (CNRS, EHESS)
20 février 2023 Linguistique des discours et TAL Programme et Inscription Julien Perret (IGN) & Joseph Chazalon (EPITA)
30 mars 2023 TAL & Histoire et épistémologie Programme Mauro Gaio (Univeristé de Pau) & Gilles Bertrand (Université de Grenoble)

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Cartes et fictions (XVIe-XVIIIe siècle) par Roger Chartier

Cartes et cartographies dans le monde anglophone aux XVIIe et XVIIIe siècles (colloque 2021 rediffusé en ligne)

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Publication des données Parcoursup en open data sur le site Data.gouv.fr


Les données de Parcoursup sont désormais accessibles en open data sur le site Data.gouv.fr pour les années 2018 à 2022. Ces jeux de données présentent les voeux de poursuite d’études et de réorientation dans l’enseignement supérieur ainsi que les propositions des établissements pour chaque formation. Les données sont disponibles sous forme de bases de données à télécharger et sous forme de visualisation graphique « dataviz ».

L’application Parcoursup est la plateforme nationale de préinscription mise en place par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) permettant aux élèves de candidater à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Il couvre l’ensemble des candidats ayant au moins un voeu d’orientation validé en phase principale et/ou complémentaire, ce parmi les plus de 13 000 formations proposées hors apprentissage. Il couvre ainsi chaque année plus de 900 000 candidats, avec un sous ensemble de données portant spécifiquement sur les néo-bacheliers parmi ces candidats.

Les informations sont accessibles selon l’établissement d’accueil et la formation :

  • Le nom de l’établissement et son n°UAI
  • La région, l’académie et le département de l’établissement
  • La formation demandée, agrégée et détaillée ainsi que sa nature sélective ou non
  • Le nombre de places (capacité d’accueil)
  • Le nombre de voeux reçus selon le sexe et la série du baccalauréat
  • Le nombre de voeux classés par l’établissement de la formation d’accueil selon la série du baccalauréat
  • Le nombre de propositions d’admission faites selon la série du baccalauréat
  • Le nombre de propositions d’admission faites aux différentes dates clés de la campagne Parcoursup et qui seront ensuite acceptées
  • Le nombre d’admis selon le sexe, la série du baccalauréat et la mention obtenue
  • Le rang du dernier appelé de son groupe parmi les candidatures en phase principal
  • Le nombre de boursiers de l’enseignement secondaire pour les lycéens de terminale et de l’enseignement supérieur pour les étudiants en réorientation
  • Le nombre de candidats admis en BTS ou en CPGE et issus de leur lycée (i.e. le lycée où ils étaient inscrits en terminale)

Des données issues de la cartographie du site Parcoursup.fr ont été ajoutées (à télécharger en shp ou geojson). Deux indicateurs supplémentaires sont ainsi disponibles depuis 2021 :
  • Taux d’accès par établissement et formation (malheureusement absent du jeu de données 2022)
  • Pourcentage d’étudiants par type de baccalauréats

Pourcentage d'admission des étudiants en fonction des formations (données Parcoursup 2021)
Zoomer et cliquer sur une formation pour avoir plus d'infos ou ouvrir dans une nouvelle fenêtre



Avec la possiblité d'étudier l'origine des étudiants et savoir par exemple quelle proportion d'étudiants est originaire de la même académie.

Part des étudiants originaires de la même académie (données Parcoursup 2021)
Zoomer et cliquer sur une formation pour avoir plus d'infos ou ouvrir dans une nouvelle fenêtre



A Paris par exemple, le contraste entre les universités ou les classes préparatoires de la ville-centre et les autres établissements du supérieur en périphérie est assez saisissant (données Parcoursup 2021) :



A Lyon, la part d'étudiants originaires de la même académie varie aussi considérablement d'un établissement du supérieur et d'une formation à l'autre (données Parcoursup 2021) :



Une situation très différente dans les DROM où les étudiants sont majoritairement issus de la même académie. Exemples de La Réunion ou la Guadeloupe (données Parcoursup 2021) :




Les données sont disponibles en téléchargement au format csv, json, geojson et shapefile, assortis d'une fiche méthodologique permettant d'avoir accès aux métadonnées. En outre est fournie une cartographie des formations accessibles via Parcoursup en 2020, 2021 et 2022.
Que vaut la data map qui géolocalise les voeux des candidats sur Parcoursup ?


Géo-éducation, un portail de cartographie permettant de visualiser des indicateurs sur l’éducation en France (DEPP-MEN)


La Direction de l'évaluation de la performance et de la prospective (Depp) du ministère de l'Éducation nationale a lancé en décembre 2022 Géo-éducation, un portail de cartographie permettant de visualiser des indicateurs sur l’éducation. Tous les jeux de données disponibles sur le site Data.education.gouv n'y sont pas implémentés, mais on peut déjà conduire des analyses intéressantes à partir de données récentes.

Interface du portail Géo-éducation (DEPP et Ministère de l'Education)


Les principales variables accessibles sur le portail cartographique Géo-éducation concernent (à la date du 19 janvier 2023) :

- les caractéristiques des établissements scolaires (données 2021)
- les caractéristiques des élèves (données 2021)
- les parcours scolaires et résultats (données 2021)
- le contexte social (données IPS cependant pas encore mises en accès)
- la typologie des territoires (notamment la typologie des communes rurales ou urbaines établie par la DEPP)

On y découvrira également les nouveaux découpages fonctionnels que sont les aires d’éducation avec deux zonages différents pour les études et le pilotage (voir ici leur méthode de découpage) :
- les aires parcours construites à partir des trajets domicile-établissement 2nd degré
- les aires collèges construites à partir des trajets domicile-établissement des collégiens
(carte à télécharger en pdf)


Aires d'éducation parcours et aires d'éducation collèges (source : données territoriales de Géo-éducation)




Nombre d'établissements privés sous contrat (source : données territoriales de Géo-éducation)



Part d'établissements du 1er degré avec deux classes ou moins (source : données territoriales de Géo-éducation)



Part des 0-17 ans vivant dans un logement surpeuplé (source : données territoriales de Géo-éducation)


Lien pour importer des données externes dans l'application Géoclip :

Lien vers le site Data.education.gouv pour télécharger des données en open data :

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La carte, objet éminemment politique : un globe géant place l'Afghanistan au centre du monde

 

Le gouvernement des Talibans a inauguré un globe géant sur une place de Kaboul. Ce globe terrestre de 8m de diamètre montre une Afghanistan beaucoup plus grande qu'elle ne l'est réellement. Les autorités municipales ont dévoilé en décembre 2022 un globe peint à la main sur la place Dahan-e-Bagh.

Le gouvernement taliban a inauguré à Kaboul un globe terrestre avec une carte qui agrandit l'Afghanistan (source : MapPorn)


L'AFP rapporte que « la capitale de l'Afghanistan a un nouveau point de repère audacieux qui la place au centre du monde – ou plutôt le monde au centre de Kaboul » (voir cette vidéo). La sphère, d'un diamètre d'environ huit mètres, repose sur un mécanisme qui tourne cinq fois par minute. Véritable message politique, cette carte n'a pas manqué de susciter des commentaires. L'Inde et l'Iran y apparaissent complètement déformés. La carte sépare aussi complètement le Cachemire de l'Union indienne. 

L'Afghanistan est représentée en N&B pour ressembler au drapeau taliban, avec la profession de foi islamique inscrite sur son territoire. Selon le peintre qui a réalisé cette oeuvre, il s'agit de mettre en valeur un pays longtemps minoré par son histoire. Même si beaucoup de pays ont tendance à se représenter au centre du monde, tout le monde n'a pas apprécié ce symbolisme politique et religieux, à commencer par les pays voisins mais aussi une partie de la population de l'Afghanistan en désaccord avec le régime taliban. 

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Cartographier le marché locatif de Beyrouth avec un SIG


SourcesCity of Tenants: A User-fed Platform by and for Beirut's Renters (Beirut Urban Lab) et Mapping Beirut's Rental Market with GIS (ESRI)

La plateforme SIG City of Tenants a été développée par le Beirut Urban Lab, un laboratoire de recherche interdisciplinaire qui analyse et diffuse des informations sur l'environnement bâti au Liban, avec le soutien d'Esri Liban. Ce géoportail peut être alimenté par les locataires et les chercheurs pour enregistrer les coûts et les conditions de logement à Beyrouth.

Interface de la plateforme SIG City of Tenants


À Beyrouth, au Liban, la location reste la principale forme de logement. La guerre civile et l'abrogation du contrôle des loyers ont entraîné des prix élevés qui ne sont pas alignés sur les revenus des locataires. La rareté du marché les a obligés à signer des baux de trois ans et, dans de nombreux cas, à payer un an d'avance. Avec la récente stabilisation de la région, les sociétés de gestion immobilière et les propriétaires immobiliers ont afflué vers les quartiers de Beyrouth et les ont transformés pour attirer les personnes des classes sociales supérieures, déplaçant les personnes à faibles revenus vers des zones éloignées de leur travail et du centre-ville.

S'appuyant sur la base de données de l'environnement bâti de Beyrouth du Beirut Urban Lab, l'équipe a conçu une application web, créée à l'aide d'ArcGIS Experience Builder, contenant des modules ArcGIS Dashboards intégrés. La plate-forme est optimisée pour l'arabe et l'anglais, et ses fonctionnalités sont compatibles avec des ordinateurs de bureau et des appareils mobiles. Le site hub rassemble des cartes et des données spatiales et environnementales.

Cette mise en visibilité du marché est une première étape nécessaire vers la formulation de politiques publiques qui peuvent s'adresser au secteur locatif et, en fin de compte, servir les objectifs de justice sociale en matière de logement. City of Tenants est conçu pour être un géoportail alimenté par les utilisateurs, dans lequel les locataires et les chercheurs peuvent enregistrer les coûts de location par rapport aux conditions de logement des unités louées. La plateforme permet également le partage des informations collectées sous une forme accessible et claire, pour améliorer les connaissances des demandeurs de logement sur les conditions de logement existantes et contrer la dépendance continue aux prix demandés, qui ont tendance à être gonflés. 

Face à un espace dominé par les propriétaires qui publient des annonces de location spéculatives, la plateforme  City of Tenants oppose une image tangible des conditions et des expériences de location dans le Beyrouth d'aujourd'hui. Ainsi, les prix « réels » contrebalancent les prix « demandés » et remettent en question les imaginaires spéculatifs qui dominent le marché locatif. A ce titre, la Cité des locataires rejoint d'autres initiatives au Liban (Housing Monitor) et ailleurs (ex : Anti-eviction Mapping Project, Find my Landlord, Housing Data Coalition, London Renters Union) qui trouvent dans la cartographie un mode d'action avec le potentiel de renforcement de la solidarité et de la collectivité politique entre les parties prenantes concernées sur les questions de justice locative et de logement. 

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L’inégale abordabilité du logement dans les villes européennes (Cybergéo)

Rapport du Forum économique mondial sur la perception des risques globaux


Le Forum économique mondial publie son rapport 2023 sur la perception des risques globaux. « Le monde est confronté à un ensemble de risques qui semblent à la fois totalement nouveaux et étrangement familiers. Le Rapport sur les risques mondiaux 2023 explore certains des risques les plus graves auxquels nous pourrions être confrontés au cours de la prochaine décennie. Alors que nous nous trouvons à la veille d'une ère de faible croissance et de faible coopération, des compromis plus difficiles risquent d'éroder l'action climatique, le développement humain et la résilience future. »

Top 10 des risques perçus sur une période de 2 ans et 10 ans (Rapport du Forum économique mondial, 2023)

La prochaine décennie sera caractérisée par des crises environnementales et sociétales, alimentées par les tendances géopolitiques et économiques sous-jacentes. La « crise du coût de la vie » est classée comme le risque mondial le plus grave au cours des deux prochaines années, avec un pic à court terme. « La perte de biodiversité et l'effondrement des écosystèmes » sont considérés comme l'un des risques mondiaux majeurs pour la prochaine décennie. Six risques environnementaux figurent parmi les 10 principaux risques au cours des 10 prochaines années. Neuf risques figurent dans le top 10 du classement à court comme à long terme, parmi ceux-ci : la « confrontation géoéconomique » et « l'érosion de la cohésion sociale et la polarisation sociétale » , aux côtés de deux nouveaux entrants dans le haut du classement : « la cybercriminalité généralisée et la cyber-insécurité » ainsi que les « migrations non volontaires à grande échelle ».

Outre l'augmentation globale des vulnérabilités, le risque de polycrises s'accélère comme le montre ce schéma systémique : 


L'outil de datavisualisation en ligne permet de faire des comparaisons dans la perception selon l'âge et le type de risques, à court et à plus long terme (exemple ici avec la population des moins de 30 ans) :






Pour télécharger le rapport complet 2023 : 
https://www3.weforum.org/docs/WEF_Global_Risks_Report_2023.pdf


Mise en ligne d'un inventaire sur la création des départements par les Archives nationales


Les Archives nationales publient un nouvel instrument de recherche, consacré à « La division de la France en départements sous la Révolution et le Consulat : documents écrits et cartes. 1790-1800 » (FRAN_IR_059697).



Cet inventaire analyse pièce à pièce :
  • les 6 registres du Comité de division du territoire, cotés CP/NN//*/9 à CP/NN//*/14, qui rassemblent des documents de travail du Comité de Division du territoire (premier registre) et l’ensemble des procès-verbaux de division validés par la signature des députés ou autres représentants locaux (les 5 autres registres) ;

  • les 80 cartes des 83 départements créés en 1789-1790, cotées CP/NN//66 à CP/NN//145 et CPNN//18, qui ont été validées par la signature des députés à l'Assemblée nationale constituante puis remises au Comité de Division du territoire ;

  • l’ « Atlas de la République française, contenant la division de son territoire européen en départemens et en arrondissemens communaux, faite en exécution de l'article premier de l'acte constitutionnel de l'an VIII ; précédé de la Loi du 28 Pluviose An VIII [17 février 1800) qui en règle la circonscription », coté CP/NN//*/5, qui, outre la loi et 86 cartes, comporte un « tableau des départements et arrondissements communaux de la République française » suivi d'une observation sur la dénomination des administrations ;

  • les 82 cartes de départements, cotées CP/NN//215 à CP/NN//300, qui ont été découpées dans la première publication de l'Atlas national de France, paru par livraison entre 1790 et 1793, et dû à la collaboration de Pierre Dumez (1757-1794) et de Pierre-Gilles Chanlaire (1758-1817), avec François d’Houdan (1748-1828) comme graveur.
Il offre la numérisation des 6 registres, de l’Atlas et des cartes découpées et, à terme, des 80 cartes validées de 1790.

Il détaille aussi les signataires des procès-verbaux et des cartes validées : on aboutit ainsi à l’identification de 1054 signataires différents, certains aujourd’hui célèbres – tels l'abbé Grégoire, Guillotin, Mirabeau, Pétion, Robespierre, Talleyrand, etc. – mais, pour beaucoup, restés dans l’ombre (voir l’annexe listant par départements l’ensemble des signataires).

Tel quel, cet inventaire apporte un précieux complément aux documents conservés dans la sous série DIVbis (Comité de division du territoire) des Archives nationales et à tout ce qui peut être conservé sur le sujet en Archives départementales.

Consulter le guide thématique de France Archives "Les départements : la juste proximité depuis 230 ans".


Références

Aberdam (Serge), « Note sur le Comité de division et quelques problèmes liés », dans La Révolution française , n°3, 2012, en ligne.

Mettrier (Henri), « Un plan de division régionale de la France en 1790 », Comité des Travaux historiques et scientifiques. Bulletin de la société de Géographie, tome 37, année 1922, Paris, Imprimerie nationale, 1923, p. 149-203 (exemplaire numérisé disponible en ligne sur Gallica).

Antoine (Marie-Élisabeth) et Souchon (Cécile), « La formation des départements », site l'Histoire par l'image, en ligne.


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Cartofriches : plus de 8000 sites en friches répertoriés en France (CEREMA)


Cartofriches est un dispositif conçu pour recenser les friches (industrielles, commerciales, d’habitat…). Elaboré par le Cerema à la demande du ministère de la Transition écologique, son objectif est d'aider les collectivités et l'ensemble des porteurs de projets à localiser et caractériser les friches pour les réutiliser et ainsi réduire l’artificialisation des sols.



Le Cerema utilise les données de BASIAS et BASOL, ainsi que d'autres lots de données nationaux (candidatures aux appels à projets, par exemple) pour assurer une pré-identification des friches sur tout le territoire national. Cartofriches a vocation à consolider ce recensement avec la participation des acteurs locaux au plus près du terrain. 

Plus de 8000 sites sont aujourd'hui recensés à partir de différentes sources, et chacun peut contribuer à alimenter la base de données. Les données présentes dans Cartofriches sont ouvertes et disponibles en téléchargement, en licence ouverte (Open Licence version 2.0). Deux options de téléchargement sont proposées :

  • en téléchargeant les données et leurs métadonnées directement au sein d'un dossier.zip
  • en accédant au site data.gouv.fr

« Les friches sont des terrains qui ont perdu leur fonction, leur vocation, qu’elle soit initiale ou non : friche urbaine, friche industrielle, friche commerciale, friche agricole » (voir définition sur le site Géoconfluences). Ici ce sont surtout les friches urbaines et industrielles qui ont été recensées en lien avec la question du suivi de l'artificialisation (cf mission attribuée au CEREMA par le ministère de la Transition écologique). Il convient de noter que cette base de données ne comprend pas toutes les friches réellement présentes sur le territoire français, mais seulement celles qui font l'objet d'un recensement (souvent en vue d'une opération d'aménagement ou de reconversion). Le caractère quelque peu hétérogène de la base de données provient aussi du fait qu'il s'agit d'une agrégation d'inventaires locaux sans harmonisation préalable des critères (voir les données utilisées).


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Données et cartes sur l'artificialisation des sols en France

Données CORINE Land Cover 2018

Cartes et données sur l'occupation des sols en France (à télécharger sur le site Theia)
« Personne n'habite ici » ou comment cartographier le vide ?


Tentative de description du paysage sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon-Marseille


L'idée de proposer des cartes d'itinéraires verticales pour en faciliter la lecture est déjà ancienne. @Matamix leur donne une nouvelle approche originale en proposant de cartographier ce que l'on perçoit lorsqu'on se déplace sur la ligne TGV Paris-Lyon-Marseille. La démarche est transposable sur d'autres itinéraires. 

Dans le premier exemple, il s'agit de cartographier le nombre de vaches sous forme d'isotypes à chaque kilomètre parcouru. Dans le second exemple, la carte devient un graphique de type diagramme en barres non dénué de spatialité (distance en km du départ à l’arrivée). Trois dimensions viennent à l’esprit si on veut essayer de retranscrire l’expérience du paysage quand on s’assied  dans un train :
  • Ce qui vit : est-ce qu’on peut apercevoir du monde derrière sa fenêtre ? Des humains ou des animaux ? Difficile de connaître la localisation des chevreuils et des sangliers alors concentrons nous sur les vaches et les autres.

  • Ce qu’on voit : En regardant l’occupation du sol aux abords de la voie ferrée, on se rapproche de l’impression visuelle que l’on peut ressentir en regardant par la fenêtre.

  • Ce qui pousse : les cultures sur les parcelles à proximité nous montrent aussi qu’on traverse des mondes différents au fur et à mesure de l’approche de la Méditerranée.


D'autres cartes et data visualisations à découvrir sur le site MTMX :
https://mtmx.github.io/


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Cartes et données sur l'occupation des sols en France (à télécharger sur le site Theia)

Itinéraires piétons et aménités urbaines à Boston. Le projet Desirable Streets du MIT


Utiliser QGIS avec des données temporelles en Histoire-Géographie


Depuis la version 3.14 de QGIS, les utilisateurs de ce système d'information géographique (SIG) ont la possibilité d'afficher des couches rasters ou vectorielles en fonction de paramètres temporels.

Nous faisons le postulat que, dans le cadre de l'enseignement de l'Histoire et de la Géographie, l'ajout d'une dimension chronologique aux représentations cartographiques peut contribuer à une meilleure compréhension et appropriation des processus mais aussi des concepts abordés dans nos disciplines.

Nous illustrerons ici ce propos à travers deux exemples tirés de la mise en œuvre des programmes d'Histoire et de Géographie de collège. Nous tenterons également de cerner les limites et les perspectives de cet outil.

Deux exemples de mise en œuvre du contrôleur temporel de QGIS


I- Programme de 3e - La Première Guerre mondiale, échelle et déroulement du conflit au prisme des plaques commémoratives de l'église Saint-Sauveur de Montivilliers (Seine-Maritime)

A partir des plaques commémorative de l'église Saint-Sauveur de Montivilliers (Seine-Maritime), nous avons élaboré une base répertoriant des données sur les soldats de cette commune morts durant la Première Guerre mondiale. Cette base a été constituée à partir des données du site Mémoire des Hommes, mis en ligne par le Ministère des Armées, ainsi que sur les matricules militaires disponibles sur les sites des différentes Archives départementales, notamment sur celle du département de Seine-Maritime.

Cette base de données fait l'objet dans un premier temps d'un travail d'analyse de données par les élèves. La « carte temporelle » élaborée à partir de cette analyse est conçue comme un prolongement de ce travail. En ce sens, elle facilite la généralisation à partir de l'exemple étudié par les élèves. Ainsi la répartition des décès dessine la ligne de front qui caractérise la guerre de position. Il est possible de constater la reprise de la guerre de mouvement à la fin du conflit. La concentration successive en certaines parties de la ligne de front durant la guerre de position permet de formuler l'hypothèse de batailles de grande ampleur. Par ailleurs, les décès intervenus lors de la campagne des Dardanelles ou dans les colonies sont une occasion d'évoquer la dimension mondiale du conflit. Enfin, les décès intervenus loin du théâtre des opérations témoignent de l'articulation entre le front et l'arrière.

Répartition des lieux de décès des soldats de Montivilliers


Animation - Répartition des soldats de Montivilliers morts sur le champ de bataille


La base de données initiale est disponible ici.

Parmi celles-ci figurent le lieu et la date de décès de ces soldats. Elles fournissent les paramètres nécessaires à la réalisation d'une "carte temporelle" avec QGIS. Pour prendre en main ce nouvel outil, le tutoriel de Nyall Dawson est particulièrement éclairant. Il présente le fonctionnement basique de cet outil ainsi que des usages plus pointus (compteur, barre de défilement temporel).

Tutoriel simple pour la réalisation d'une animation avec des effectifs cumulés

Nous présentons ici l'élaboration pas à pas de l'animation, de la mise en forme du tableau de données à son affichage dans QGIS. Pour ce faire, nous nous appuierons sur un extrait de la base.

 

Dans un premier temps, il faut préparer la base de données afin de permettre son affichage dans QGIS :

Étape 1 : Géolocaliser

En premier lieu, les lieux de décès des soldats sont géolocalisés. Pour ce faire, leurs coordonnées géographiques sont ajoutées à la base.

 

Étape 2 : Établir les effectifs cumulés par lieux de décès

Ensuite, les données sont triées par ordre alphabétique des lieux de décès puis par ordre chronologique des dates de décès.

Cette opération permet de réaliser ensuite le décompte des effectifs cumulés successifs des soldats décédés par lieu de décès.



Étape 3 : Paramétrer l'affichage des figurés

Enfin, l'affichage de ces effectifs cumulés est paramétré selon les règles suivantes. Le champ DATE DU DECES est retenu pour débuter l'affichage du figuré. Pour y mettre un terme, un nouveau champ est ajouté à la base. Il est intitulé FIN AFFICHAGE. Sa date est conditionnée selon les modalités suivantes :

  • Si un seul soldat décède en un lieu donné, il faut indiquer la date de décès du dernier soldat de l'ensemble de la base ;
  • Si le soldat est le dernier soldat décédé en un même lieu, il faut indiquer la date de décès du dernier soldat de l'ensemble de la base ;
  • Dans les autres cas, il faut indiquer la date de décès du prochain soldat.



Étape 4 : Enregistrer le tableau de données

Le tableau est désormais prêt à être importé dans QGIS et est enregistré au format *.csv.

Étape 5 : Créer une couche vectorielle dans QGIS

Le tableau est importé en tant que couche vectorielle dans QGIS (Couche / Ajouter une couche / Ajouter une couche de texte délimité). Les champs LATITUDE ET LONGITUDE permettent de géolocaliser chaque figuré ponctuel. La prise en compte des différents types de données (chaîne de caractères, nombre décimal, nombre entier, date) est automatique.




 

La couche vectorielle ainsi créée est ensuite enregistrée dans l'un des formats qui gèrent les champs au format date (GéoPackage, Shapefile, SQLite, ...).

Étape 6 : Réaliser une carte avec des figurés proportionnels

Les figurés ponctuels sont ensuite représentés sous la forme de cercles proportionnels au nombre de décès cumulés en un même lieu, c'est-à-dire au champ NOMBRE.



Étape 7 : Paramétrer l'animation temporelle

L'affichage dynamique des cercles proportionnels est ensuite réglé en fonction des paramètres définis précédemment. Pour ce faire, il faut ouvrir le panneau Propriétés de la couche puis l'onglet Paramètres temporels. Après activation du contrôleur temporel dynamique, il faut définir la configuration, les bornes d'affichage et les champs qui leur sont associés.

Étape 8 : Lire l'animation

Après sélection de la couche dans le panneau latéral, l'activation du panneau de contrôle temporel permet de lire l'animation. Elle s'inscrit dans une plage dont les bornes sont définies par défaut en fonction des réglages précédents (DATE DE DECES la plus ancienne, FIN AFFICHAGE la plus récente).

Le réglage du pas permet ensuite de paramétrer la vitesse de défilement des figuré.


Ici, nous avons réglé le pas sur deux jours. L'animation peut être visualisée ci-dessous :


 

II- Programme de 4e - Transition urbaine, villes millionnaires et mégapoles (1950-2020)

La division Population du Département des Affaires économiques et sociales des Nations Unies procure une base de données des populations recensées ou estimées des agglomérations de plus de 300 000 habitants. Il s'agit d'une série longue. Les données statistiques sont disponibles depuis 1950 jusqu'à 2035 selon un intervalle de 5 ans. Si la définition d'une agglomération recouvre parfois des réalités différentes selon les pays, c'est une ressource non négligeable pour appréhender l'évolution des villes millionnaires et des mégapoles à l'échelle mondiale depuis l'immédiat après-guerre.

C'est pourquoi nous employons une "carte temporelle" pour mettre en perspective les deux études de cas préconisées par les instructions officielles, en l'occurrence New York et Kinshasa.

Il est à noter que la conception de cette carte n'est pas tout à fait similaire à la précédente. En effet, il ne s'agit plus d'effectifs cumulés, c'est-à-dire de données continues, mais de données discontinues. Les populations urbaines sont en effet disponibles selon un pas de cinq ans. La "carte temporelle" réalisée est donc davantage une succession animée des populations des villes millionnaires ou des mégapoles entre 1950 et 2020.

Il est possible de paramétrer l'affichage de la carte pour faire disparaître le caractère saccadé de l'affichage lié à la discontinuité temporelle des données. Nous n'avons pas fait ce choix afin de souligner la relation entre ressources statistiques disponibles et représentation cartographique.

 Animation - Évolution de la population des agglomérations millionnaires entre 1950 et 2020


Perspectives

La dimension chronologique n'est évidemment pas étrangère à la pensée spatiale et par voie de conséquence aux représentations cartographiques, qu'elle serve à étudier l'évolution d'un phénomène ou une variable temporelle comme les cartes isochrones. La géomatique permet de renouveler pour partie ces représentations, notamment par une plus grande interactivité ou une actualisation, parfois en "temps réel", des données représentées. Des "cartes temporelles" sont par conséquent mobilisées par de nombreux domaines scientifiques. Citons par exemple la gestion et la prévention des risques sanitaires et environnementaux, le suivi du changement global, la gestion de certaines ressources comme l'eau ou la planification en matière de mobilités. Leur irruption dans le champ scientifique est relativement ancienne. Ainsi, Waldo Tobler mobilise dès les années 1970 une animation pour appréhender la croissance démographique à Détroit. Ces représentations cartographiques font également partie de notre quotidien. Que l'on songe par exemple aux animations des bulletins météorologiques. Or, elles apparaissent peu mobilisées dans l'enseignement de la Géographie dans le secondaire en France. Par ailleurs, les pratiques issues des usages des cartes" statiques" prédominent, en particulier la confrontation d'une même portion d'espace à des dates différentes à des fins comparatives. C'est ce que propose notamment le site de l'IGN intitulé Remonter le temps !. Plus généralement, les données sur lesquelles s'appuient ces pratiques sont avant tout des images aériennes ou satellitaires. Les animations qui reposent sur des données quantitatives précédemment présentées sont d'un usage encore peu fréquent.

L'analyse et l'interprétation de telles "cartes temporelles" avec des élèves du Secondaire sont, à notre connaissance, des pistes peu étudiées. Nous livrons ici quelques pistes d'interprétation. Ce n'est pas tant la durée représentée, très différente entre les deux animations évoquées, que le nombre d'entités successivement affichées qui permet, selon nous, de faire sens. Cependant, la nécessité de renouveler, parfois, le visionnage de ces animations peut peut-être représenter une limite à leur interprétation par les élèves. Si l'accumulation de figurés permet de révéler une information géographique, la multiplication des villes millionnaires en Chine par exemple, ou historique, comme le déroulement d'une bataille majeure de la Première Guerre mondiale, elle focalise le regard et l'attention. Il est possible qu'elle contribue à détourner les élèves d'autres aspects tout aussi pertinents mais moins spectaculaires.

Par ailleurs, si les deux "cartes temporelles" présentées peuvent apparaître comme identiques aux yeux des élèves, il nous semble nécessaire d'attirer leur attention sur les données qui ont permis leur réalisation. Elles ne sont pas comparables. Des données discrètes ont servi à l'élaboration de la représentation de l'évolution de la population des villes millionnaires. A l'inverse, l'animation qui illustre les lieux de décès des soldats de Montivilliers s'appuie sur des données continues.

L'élaboration de chaque animation relève par ailleurs de choix qui doivent être explicités afin d'éduquer aux données et à leur usage. L'affichage fugace du lieu de décès d'un soldat de Montivilliers est une option que nous n'avons pas retenue afin de mettre en évidence le déroulement des combats (front, batailles principales).

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