Habitez-vous une ville du quart d'heure ?


L'outil Ma ville du quart d'heure, développé par Julien Bracquart, représente le nombre et le type d'activités présentes à proximité de tout lieu du territoire en France métropolitaine. La carte permet de lister les services présents à un quart d'heure à pied autour de chaque rue. L'évaluation de l'accessibilité des services du quotidien s'inspire du concept d'urbanisme de proximité, créé par le chercheur Carlos Moreno. Un survol des rues et des services apporte des informations complémentaires. Des statistiques sur la population viennent compléter ce tableau. Le profil choisi peut être : par défaut, avec enfant(s), touriste, personne âgée avec un niveau de mobilité normal ou réduit. La carte est personnalisable pour permettre à chacun de découvrir les lieux qui lui correspondent et éventuellement vivre sans voiture.

Quelle offre de services à un quart d'heure à pied à Rennes ? (source : mavilleduquartdheure.fr)


Par comparaison, l'accessibilité à pied des personnes âgées (source : mavilleduquartdheure.fr)


Les villes-centres offrent des niveaux de service plus élevés par rapport aux couronnes périurbaines, mais on observe des disparités entre aires urbaines. L'intérêt de cette application en ligne est d'une part de mettre en évidence le nombre de services manquants (de 1 à 4 ou plus) et d'autre part de pouvoir sélectionner le type de services (boulangerie, café-restaurant, commerce alimentaire, bureau de poste, pharmacie...). Les résultats peuvent être affichés au niveau des rues ou par rapport au bâti résidentiel, avec la densité du bâti rendue par des cercles proportionnels.

Analyse de cartes déclassifiées de la CIA des années 1940 à 2010 (Brilliant Maps)


Les cartes de la CIA constituent une collection exceptionnelle. Ces cartes ont été déclassifiées (plus de 12 millions de documents déclassifiés au total). Elles sont accessibles au public depuis 2016 sur le compte Flickr de la CIA et à partir du catalogue des Archives nationales des États-Unis (plus de 3000 documents mis en ligne). Toutes les cartes sont désormais du domaine public. Ces cartes, généralement classées top secret, étaient produites par le Centre de cartographie de la CIA, créé en 1941 pour fournir des cartes, des analyses géographiques et des recherches afin de soutenir le travail de l'Agence, de la Maison Blanche, des hauts responsables politiques et de la communauté du renseignement dans son ensemble. Conçues pour la planification de guerre, elles renseignent aussi sur les populations, les matières premières, les risques naturels et les trafics en tous genres. Elles présentent une grande variété d'informations, notamment sur la géographie, les frontières, les zones urbaines, les villes, et contiennent des données sociologiques, culturelles et ethniques sur les populations. 

Au cours de l'année 2026, le site Brilliant Maps a mis en ligne une série de cartes déclassifiées de la CIA classées par décennie, en les accompagnant de commentaires afin de pouvoir analyser leur contenu et le contexte de leur production. Elles sont décrites comme suit : « Le Centre de cartographie de la CIA apporte une contribution essentielle à la sécurité de notre nation, en fournissant aux décideurs politiques des informations cruciales qui ne peuvent tout simplement pas être transmises par les seuls mots ». Ces cartes, produites dans le contexte de la Guerre Froide et souvent liées à des zones de tensions ou de conflits, apportent des éléments de compréhension essentiels. Elles reflètent en même temps l'esprit de leur époque.

Cartes des missiles à Cuba de 1962 (source : compte Flickr de la CIA)


La liste ci-dessous donne le détail de ces cartes classées par décennie de 1940 à 2010 et commentées sur le site Brilliant Maps :

  • Carte des dialectes allemands de 1942
  • Carte du front russe de 1942
  • Carte de la Tunisie de 1943
  • Carte de la Chine de 1944
  • Carte des camps de concentration allemands de 1944
  • Carte de densité de population de l'Allemagne en 1944
  • Carte des positions ennemies à Okinawa en 1944
  • Carte des zones d'occupation de Berlin en 1945
  • Carte routière de l'Indochine de 1945
  • Carte de l'autosuffisance alimentaire du Japon en 1945
  • Carte de la Corée et de la Mandchourie de 1945
  • Divisions administratives de la Corée en 1945 (source : CIA)
  • Carte du contrôle japonais du Pacifique de 1945 (source : CIA)
  • Carte de Taegu de 1945 de la CIA
  • Carte de la Venise Giulia (Italie) de 1945, fournie par la CIA
  • Carte des zones de Corée de 1946 de la CIA
  • Le président Roosevelt contemplant un globe terrestre de l'OSS
  • Carte des divisions administratives de l'Afrique en 1950
  • Carte du commerce international de 1950
  • Carte topographique du bassin méditerranéen des années 1950
  • Carte de l'Indochine de 1951
  • Carte pétrolière du Moyen-Orient de 1951
  • Carte du PIB de l'URSS en 1953
  • Carte des revendications territoriales en Antarctique de 1956
  • Carte des chemins de fer chinois de 1957
  • Carte de l'Indonésie de 1957
  • Carte de l'Islande de 1958
  • Carte de la Corne de l'Afrique de 1959
  • Carte de l'Indochine de 1961 avec le président Kennedy
  • Carte des frontières du Honduras britannique de 1961
  • Carte des missiles de Cuba de 1962
  • Carte des zones communistes de Chine de 1963
  • Carte de la frontière Chine-Inde de 1963
  • Carte des forces soviétiques à Cuba en 1963
  • Carte du Sikkim de 1965
  • Carte de Bogota de 1966
  • Carte d'Aden de 1967
  • Carte de la Thaïlande centrale de 1967
  • Carte des régions climatiques de Birmanie de 1968
  • Carte des zones de culture du riz et de la population du Cambodge en 1968
  • Carte de l'Allemagne de l'Est de 1969
  • Carte de Berlin-Est/Berlin-Ouest des années 1960
  • Carte de la CIA du président Nixon de 1970
  • Carte de l'Empire khmer de 1970
  • Carte de l'Afghanistan de 1971
  • Carte de la mer de Chine orientale de 1971
  • Carte des bantoustans de 1973
  • Carte d'Anshan de 1974
  • Carte d'Israël de 1975
  • Carte du Bophuthatswana de 1977
  • Carte de profil de Cuba en 1977
  • Carte du Sud-Liban de 1977
  • Carte de l'Empire centrafricain de 1978
  • Carte de la population africaine de 1979
  • Carte des lignes du Sinaï de 1979
  • Carte des zones du Sinaï de 1979
  • Carte topographique dessinée à la main par la CIA
  • Carte de la CIA de 1975 du DCI Colby
  • Carte du centre de Moscou de 1980
  • Carte de la Yougoslavie de 1981
  • Carte de développement des ressources en eau en Jordanie de 1982
  • Carte des réfugiés afghans au Pakistan en 1982
  • Carte de la Cité du Vatican de 1984
  • Carte 3D de la vallée du Panjshir en Afghanistan en 1985
  • Carte de la péninsule coréenne de 1987
  • Carte des transports de la Tanzanie de 1988, créée par la CIA
  • Carte des ressources pétrolières et gazières indonésiennes des années 1980
  • Carte de la CIA du président Ronald Reagan
  • Carte de la CIA du vice-président George H.W. Bush, 1985
  • Carte mondiale de la culture de la coca en 1989
  • Carte de la République de l'Union soviétique de 1991
  • Carte des gisements de charbon en Chine de 1992
  • Carte ethnoreligieuse du Caucase de 1993
  • Carte du pétrole et du gaz ukrainiens de 1996
  • Carte ethnolinguistique afghane de 1997
  • Carte de la Bosnie de 1997 créée par la CIA
  • Carte de 1997 du vol 007 de Korean Airlines en 1983
  • Carte des dégâts causés par l'ouragan Mitch en Amérique centrale en 1998
  • Carte du Kosovo de 1998 créée par la CIA
  • Carte de l'Afghanistan de 1999
  • Carte des secteurs de la KFOR de 1999
Cartes déclassifiées de la CIA datant des années 2000
  • Carte de la région arctique de 2000
  • Carte de la région centrale des Balkans en 2000
  • Carte de l'ouragan Mitch (1998), édition 2000
  • Carte 3D de la vallée de Konar en Afghanistan (2001)
  • Carte des régions kurdes de 2002
  • Carte de Bagdad de 2003
  • Carte de la région du Cachemire de 2003
  • Carte de référence de la Syrie (2004)
  • Carte de Singapour de 2005
  • Carte de la culture de la coca au Pérou en 2006
  • Carte de la population birmane de 2007
  • Carte administrative de l'Albanie de 2008
  • Carte physiographique de l'Albanie de 2008
  • Carte 3D du plateau du Golan (2009)
  • Carte de la CIA du Camp David, 29 septembre 2001
  • Carte de la frontière nord de l'Afghanistan et du Pakistan en 2010
  • Carte de profil de l'Afghanistan en 2012
  • Carte de densité de population de l'Afrique en 2012
  • Carte comparative des zones et des projections de 2012
  • Projections cartographiques : Mercator versus la taille réelle de chaque pays
  • Carte topographique 3D de la frontière afghane de 2013
  • Carte de l'éducation en Afrique de 2013
  • Carte du World Factbook Asie de 2013
  • Carte de la population d'éléphants de 2013
  • Carte du trafic de l'ivoire de 2013
  • Carte des revendications séparatistes des groupes du nord-est de l'Inde en 2013
  • Carte du paludisme en Asie du Sud 2013
  • Carte de référence de la Cisjordanie de 2013
  • Carte 3D de la bataille du Liban de 2014
  • Carte de la culture de la coca en Colombie en 2015
  • Carte de répartition de l'eau au Mexique
Pour compléter :
Articles connexes

Des images satellites déclassifiées révèlent les impacts de la guerre du Vietnam

Des images aériennes déclassifiées prises par des avions-espions U2 dans les années 1950 ouvrent une nouvelle fenêtre pour l'étude du Proche-Orient

Utiliser le tableau de bord du tourisme de l'UE


Le tableau de bord du tourisme de l'UE propose des visualisations interactives de données et des indicateurs pour étudier l'écosystème touristique européen. Son objectif principal est « de  promouvoir et de suivre les transitions écologique et numérique ainsi que la résilience socio-économique du tourisme européen, et d' aider les décideurs et les opérateurs du secteur à élaborer des politiques et des stratégies fondées sur des données probantes ».

1) Présentation du tableau de bord du tourisme de l'UE

La plateforme fournit un ensemble de descripteurs de base sur les caractéristiques des destinations touristiques en termes de demande, d'offre et de proposition touristique. Elle couvre tous les pays de l'UE, ainsi que l'Islande, la Norvège et la Suisse. Les indicateurs sont répartis selon trois piliers (environnemental, socio-économique et numérique). 

Lancé en 2022, le tableau de bord du tourisme de l'UE a été développé par la Commission européenne, suite à une demande des États membres de l'UE visant à concevoir un outil de suivi de la double transition et de la résilience de l'écosystème touristique. Ce tableau de bord est élaboré en coopération avec Eurostat et en coordination avec les États membres de l'UE. Il contribue à la trajectoire de transition pour le tourisme, fixée en collaboration avec les acteurs publics et privés du tourisme de l'UE afin d'identifier les axes d'action pour la transition écologique et numérique et pour l'amélioration de la résilience du secteur touristique dans l'UE. Le tableau de bord est constamment enrichi de nouveaux indicateurs. La prise en compte de facteurs supplémentaires, tels que le nombre de visiteurs à la journée dans les sites très touristiques, permettrait d'effectuer des analyses encore plus approfondies des impacts d'un tourisme déséquilibré.

2) Piste d'utilisation : la carte d'intensité touristique de l'UE

L'intensité touristique se calcule en divisant le nombre de nuitées dans les hébergements touristiques par la population résidente. Indicateur de la dépendance économique au tourisme, elle peut révéler un surtourisme, une pression accrue sur les ressources et une vulnérabilité aux fluctuations de la demande lorsque ses valeurs sont très élevées. À l'inverse, des valeurs très faibles signalent une faible activité touristique, possiblement due à la faible attractivité de la destination ou à un potentiel de développement touristique inexploité. Les destinations touristiques dont les valeurs de cet indicateur se situent autour de la moyenne de l'UE-27 sont considérées comme ayant une dépendance au tourisme plus équilibrée. Cet indicateur fait partie du pilier socio-économique.

Carte de l'intensité touristique dans l'UE au niveau infra-régional (source : Commission européenne)

La carte (carte interactive et données en ligne) illustre l'intensité touristique au niveau infra-régional. Les 100 destinations les plus touristiques affichent une moyenne de 44 nuitées par habitant, contre 6 nuitées en moyenne dans l'UE. La plupart de ces destinations se situent en Allemagne, en Grèce, en Italie, en France, en Espagne, en Autriche et en Croatie, généralement le long des côtes et dans les zones montagneuses de l'UE. Des pics de 115 à 145 nuitées sont enregistrés en Istrie (Croatie) et sur les îles de Corfou, Kalymnos, Karpathos, Kos et Rhodes (Grèce), ainsi qu'à Fuerteventura et Lanzarote (Espagne). Les pays nordiques présentent également des scores élevés en matière d'intensité touristique. Les destinations les moins touristiques se trouvent dans les pays d'Europe de l'Est.

Pour compléter : 

« Tourisme déséquilibré : quelles destinations européennes sont potentiellement vulnérables ?  » (Commission européenne). De nouvelles données issues du tableau de bord du tourisme de l'UE mettent en lumière des facteurs de risque potentiels tels qu'un nombre trop élevé de visiteurs, la saisonnalité et l'intensité du tourisme.

Batista e Silva, F., Marin Herrera, MA, Rosina, K., Barranco, R., Freire, S., Schiavina, M. (2018) « Analysing spatiotemporal patterns of tourism in Europe at high-resolution with conventional and big data sources » [Analyse des schémas spatio-temporels du tourisme en Europe à haute résolution à l'aide de sources de données conventionnelles et massives]. Tourism Management, 68. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S026151771830044X

Articles connexes

Des tentatives pour cartographier les lieux affectés par le sur-tourisme

Étudier la fréquentation touristique dans les villes espagnoles à partir des données de téléphonie mobile

En quoi l'ascension et la chute du voyagiste Thomas Cook reflète les nouvelles dynamiques du tourisme ?

The Green Book, un guide touristique qui donne à voir la géographie des lieux jugés « fréquentables » par des Noirs dans l’Amérique de l’après-guerre

Quels apports du Géoweb et de la géolocalisation pour représenter les mobilités touristiques ?

Le tourisme international et son impact sur les émissions de CO₂

Cartographier les espaces du tourisme et des loisirs

Météo-France renforce l’information infra-départementale de la Vigilance météorologique


Depuis 25 ans, le dispositif de Vigilance météorologique permet d'informer les citoyens, les médias et les pouvoirs publics des dangers météorologiques à venir. Ce dispositif évolue régulièrement, et en 2026, Météo-France franchit une nouvelle étape en introduisant une information géographique plus fine que le département pour les phénomènes Vent, Pluie-inondation, Orages, et Neige-verglas. La Vigilance, le dispositif d’avertissement sur les phénomènes météorologiques dangereux de Météo-France, intégrait déjà des informations infra-départementales pour les phénomènes Avalanches et Vagues-submersion. Cette possibilité s’étend dorénavant pour l'Hexagone et la Corse à quatre nouveaux phénomènes : Vent, Pluie-inondation, Orages, Neige-verglas.

Pour certaines situations météorologiques, il est désormais possible de mieux préciser au sein d’un département les secteurs géographiques concernés par les conditions météorologiques les plus sévères.

Deux niveau d'information par département et infra-départementale (source : MeteoFrance)


Le système actuel "avait clairement montré ses limites !", commente Sébastien Brana, du site @infoclimat. "La météo n’a que faire des limites administratives, cela fait dix ou quinze ans que la communauté météo attendait cette évolution. Cela demandera plus de travail aux prévisionnistes mais ils ont les outils pour le faire, avec des modèles météo aux mailles très fines. Il restera une part d’incertitude et il sera toujours impossible de dire, précisément, à quel endroit une tornade va survenir."  Reste à voir "comment cela va être décliné, en termes d’alerte, par les préfectures" (source : Le Paisien). 

Cette nouveauté est un outil supplémentaire d’aide à la décision pour les autorités de gestion de crise. Elles peuvent ainsi mieux localiser les zones exposées au danger les plus sévères, et adapter l’alerte et les moyens de secours. C’est aussi une avancée pour la prévention des risques et la sensibilisation des citoyens pour adopter les bons comportements lors d’événements météorologiques intenses.

Les travaux menés conjointement par Météo-France et Santé publique France visent à étendre l’information infra-départementale aux phénomènes Canicule et Grand Froid, à partir de l'été 2027. Cette extension tiendra compte notamment des spécificités des départements de montagne et des zones côtières.

L'information infra-départementale est disponible sur le site vigilance.meteofrance.fr (vue par phénomène) et sur l'application mobile Météo-France. Elle figure également sur la double carte de Vigilance, téléchargeable en version PDF depuis le site de Vigilance.

Comment accéder à l'information infra-départementale ? (source : MeteoFrance)

Articles connexes

Données météorologiques sur la France disponibles en open data

Infoclimat et DataClimat, deux sites utiles pour accéder à des données météorologiques et climatiques

Utiliser les données DRIAS sur les futurs du climat

Replay Météo, une machine à remonter le temps pour connaître les conditions météo de 1940 à nos jours

Rapport annuel 2023 du Haut conseil pour le climat « Acter l’urgence, engager les moyens »

Scénarios d’extrêmes hydrologiques en France. Quelles projections pour l'avenir ?

Impact du changement climatique sur le niveau des nappes d'eau souterraines en 2100

Aborder la question de l'inégalité des pays face au changement climatique

Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?

Un globe 3D pour explorer le climat et ses évolutions vus de l'espace (site de l'ESA)

Analyser et discuter les cartes de risques : exemple à partir de l'Indice mondial des risques climatiques

CLIWOC. Une base de données climatologiques des océans à partir des journaux de bord des navires (1750-1850)

Tchernobyl : la météo nationale a-t-elle des cartes en 1986 ? Retour sur une polémique sur fond de complotisme

Un artefact de visualisation sur la plateforme Ventusky

Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes


Source : Patty Heida, « Redessiner le monde pour mieux le comprendre : le pouvoir politique des contre-cartes » (The Conversation, 3 août 2026).

Patty Heyda (Washington University, Saint Louis) montre que les cartes façonnent autant qu’elles représentent les territoires. Le géographe Mark Monmonier rappelle qu’en sélectionnant l’information, le cartographe peut orienter la lecture du monde.  Une carte est donc un récit spatial autant qu’un outil d’orientation. Les gouvernements, entreprises ou empires choisissent ce qu’ils montrent et ce qu’ils taisent. En 1956, la carte routière de Shell consacrée à San Diego valorisait l’automobile tout en effaçant les transports publics. La cartographie peut aussi produire de l’exclusion. Dans les années 1930, les cartes américaines du "redlining" classaient comme risqués les quartiers afro-américains de presque toutes les grandes villes. Elles ont ainsi contribué à fermer l’accès au crédit immobilier et à la propriété. Patty Heyda propose l’inverse avec les "contre-cartes". 

Son Radical Atlas of Ferguson superpose des données rarement rapprochées pour rendre visibles les rapports de force. Près du lieu où Michael Brown fut tué en 2014, plusieurs firmes du Fortune 500 bénéficient d’aides publiques locales. Changer de données change aussi le regard porté sur un territoire. À Ferguson, les cartes classiques localisent vols et cambriolages dans les quartiers noirs. Heyda y ajoute les fraudes liées aux crédits subprimes de 2008. La géographie du "risque" se déplace alors vers les acteurs financiers. La recartographie révèle également des inégalités d’accès. Dans le quartier majoritairement afro-américain où Michael Brown fut tué, aucun bureau de vote n’est implanté. Une voie ferrée surélevée et un corridor fluvial compliquent en plus l’accès à l’hôtel de ville et aux autres bureaux. Les contre-cartes changent enfin d’échelle et de temporalité. Le cartographe Andrew Middleton reprend d’anciennes cartes routières de Shell et représente les routes que la montée du niveau marin pourrait submerger. Un même support relie mobilité, énergie fossile et changement climatique. L’étude au final montre que cartographier, c’est hiérarchiser des lieux, des données et des acteurs. En réintroduisant ce qui avait été omis, les contre-cartes dévoilent les inégalités, les exclusions et les pouvoirs politiques qui structurent les territoires. 

Extrait de la carte « L'île de la Tortue décolonisée : cartographie des noms autochtones à travers l’Amérique du Nord »
(source : The Decolonial Atlas - CC BY-NC-ND)

Articles connexes

Atlas radical de Ferguson

Le « redlining » : retour sur une pratique cartographique discriminatoire qui a laissé des traces aux Etats-Unis

La carte, objet éminemment politique. Cartographie radicale par Nepthys Zwer et Philippe Rekacewicz

Pour un spatio-féminisme. De l'espace à la carte (Nepthys Zwer)

La carte, objet éminemment politique : les cartes de manifestations à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux

Les ségrégations raciales aux Etats-Unis appréhendées en visualisation 3D et par la différence entre lieu de travail et lieu d'habitat

Présentation de l'Opportunity Atlas et des problèmes d'interprétation qu'il pose

La cartographie des opportunités dans les quartiers des grandes métropoles : un outil au service de la justice spatiale ?

La suppression de la Racial Dot Map et la question sensible de la cartographie des données ethniques aux Etats-Unis


Cartes et données sur l'indice des risques climatiques pour les enfants (UNICEF)


Élaboré en 2021 par l'UNICEF et rassemblant au total 56 variables disponibles pour 163 pays du monde, l’indice des risques climatiques pour les enfants (CCRI) repose sur deux piliers centraux :
  1. l'exposition aux aléas ainsi que les stress environnementaux (canicules, cyclones, inondations, pénuries d’eau...) ;
  2. la vulnérabilité des jeunes âgés de moins de 18 ans selon la santé, la nutrition, l'accès aux besoins de base (éducation, eau potable, assainissement et hygiène), le niveau de pauvreté, les ressources de communication disponibles et la protection sociale. 
Environ un milliard d'enfants (près de la moitié des enfants du monde) vivent dans des pays à très haut risque (source : UNICEF). Les enfants sont plus vulnérables aux chocs climatiques et environnementaux que les adultes pour plusieurs raisons, notamment leur vulnérabilité physique et physiologique et un risque accru de décès. De plus, nombre d'entre eux vivent dans des régions exposées à de multiples aléas climatiques et environnementaux qui se chevauchent. Sécheresses, inondations et phénomènes météorologiques extrêmes, associés à d'autres pressions environnementales, s'aggravent mutuellement. Ces aléas peuvent non seulement s'exacerber les uns les autres, mais aussi marginaliser des pans entiers de la société et creuser les inégalités. Ils interagissent également avec d'autres risques sociaux, politiques et sanitaires, dont la COVID-19. La superposition de ces aléas rend certaines régions du monde encore plus précaires et dangereuses pour les enfants, réduisant considérablement leurs perspectives d'avenir.


1) Des enfants plus vulnérables aux chocs climatiques

« La crise climatique est une crise des droits de l'enfant : présentation de l'indice des risques climatiques pour les enfants » (UNICEF). Les enfants sont plus vulnérables aux chocs climatiques et environnementaux que les adultes pour plusieurs raisons, notamment leur vulnérabilité physique et physiologique et un risque accru de décès.

« Rapport 2021 sur les risques climatiques pour les enfants » (UNICEF).

Pour compléter, il y a un rapport de 2023 de l'UNICEF qui donne des pistes d'analyse très utiles "Grandir en plein dérèglement climatique". Ce rapport s'appuie sur l'Indice des risques climatiques pour les enfants de 2021 et examine la rareté et la vulnérabilité de l'eau, ainsi que les actions essentielles que la communauté internationale doit entreprendre lors de la COP28 pour protéger les enfants contre le changement climatique.

« Plus d'un milliard d'enfants sont aujourd'hui confrontés à au moins trois risques climatiques qui se chevauchent  » (Rapport de l'UNICEF sur les risques climatiques pour les enfants (2026). Télécharger les données et la notice technique.

Su Yu Liu, Wenjun Ding, L’indice des risques climatiques pour les enfants de l’UNICEF : de la mesure aux politiques, 22 janvier 2026, https://doi.org/10.1111/chso.70022I

Élaboré par le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et ses collaborateurs, l'Indice des risques climatiques pour les enfants (IRCE) constitue un cadre mondial essentiel pour évaluer et réduire l'impact des risques climatiques sur les enfants. En replaçant le changement climatique dans le contexte des droits de l'enfant, l'IRCE sert d'instrument politique fondé sur des données probantes pour traduire les principes normatifs de la Convention relative aux droits de l'enfant en actions nationales et internationales. Cet article analyse les caractéristiques conceptuelles, méthodologiques et politiques de l'IRCE, ainsi que son intégration aux politiques et actions nationales et internationales, notamment les initiatives de l'UNICEF. Il souligne le potentiel de l'IRCE pour orienter les politiques de réduction des risques de catastrophe, de protection sociale et d'éducation, afin de renforcer la résilience des enfants face aux risques climatiques. Certaines limites de l'IRCE, telles qu'une inclusion institutionnelle restreinte, une participation limitée des enfants et des lacunes dans les données, sont également identifiées. À partir de ces constats, cet article propose des pistes pour renforcer l'IRCE et appelle à des efforts scientifiques et politiques accrus pour promouvoir une connaissance et une gouvernance du climat centrées sur l'enfant.

Concernant l'Indice des risques climatiques pour les enfants (CCRI), on trouve des rapports détaillés de l'UNICEF avec des données à l'échelle infra nationale (exemples : Philippines, Kenya, Fidji). Nouvelles données provenant d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe

L’UNICEF met en garde contre un avenir difficile pour les enfants d’ici 2050, face aux crises climatiques, aux bouleversements démographiques et aux inégalités technologiques. La crue-éclair et les inondations qui ont eu lieu au Népal en aôut 2026 en sont un exemple récent : plus de 17 000 enfants ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

2) Un atlas interactif pour représenter les risques climatiques pour les enfants

Cet atlas interactif présente l'Indice des risques climatiques pour les enfants (CCRI). En cliquant sur un pays, une légende interactive affiche, à l'aide d'un code couleur, les scores du CCRI, de l'exposition (Pilier 1) et de la vulnérabilité des enfants (Pilier 2). Cette version bêta de l'indice sera régulièrement mise à jour et enrichie de nouvelles données, notamment des analyses de projection, en collaboration avec des partenaires tels que Data for Children Collaborative et Save the Children International.

Le CCRI est structuré autour de deux piliers centraux :

  • Pilier 1 : Exposition aux risques, chocs et contraintes climatiques et environnementaux ;
  • Pilier 2 : Vulnérabilité des enfants.
Atlas interactif sur l'Indice des risques climatiques pour les enfants (source : UNICEF)


Télécharger les données et la notice technique.

Pour compléter

Cartoviz - Chaleur en ville : cartographie de la vulnérabilité des écoliers aux canicules précoces réalisée par l'Institut Paris Région. La plateforme cartographique permet d'identifier les zones à effet d'ICU et de sensibiliser les acteurs de l'aménagement et de l'urbanisme à la chaleur urbaine.

Dans cette étude, intitulée "Chaleur et santé en ville" publiée en octobre 2025, ont été retenus la part d'espaces verts de plus d'1 ha (faire face), le nombre d'enfants par établissements scolaires (sensibilité) et la moyenne des températures maximales journalières (aléa). Exemple d’utilisation de la plateforme d’analyse multicritère : identifier les secteurs de vulnérabilité  des écoliers aux canicules précoces sur le territoire  de Plaine Commune (93) Source : Institut Paris Région.

Carte du confort thermique des cours d'écoles par Soloneos (bureau d'études expert en microclimatologie urbaine). Les diagnostics présentés sur la carte sont issus de simulations microclimatiques réalisées pour une situation météorologique de référence, correspondant à un épisode caniculaire récent : canicule de l’été 2025, du 28 juin au 1 juillet. L'objectif est de proposer une base d'analyse homogène et comparable, utile à tous les acteurs impliqués dans la réflexion et la décision.

Articles connexes


Carte mondiale d'exposition aux risques climatiques, de conflit et à la vulnérabilité

Analyser et discuter les cartes de risques : exemple à partir de l'Indice mondial des risques climatiques

Climate Change Tracker, un tableau de bord pour étudier le changement climatique global

Infoclimat et DataClimat, deux sites utiles pour accéder à des données météorologiques et climatiques

Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques

Klimarisk, un outil de cartographie du risque climatique en France


Une nouvelle version de Klimarisk France, outil de cartographie du risque climatique, est désormais disponible.  Cette version gagne en précision et simplifie la mobilisation des données.

La plateforme permet désormais la génération de rapports par collectivité :

  • Communes et EPCI : synthèse du profil climatique, incluant les classements et scores par indicateur de risque.
  • Départements et régions : cartographie territoriale par indicateurs de risque, accompagnée du classement des vingt communes aux scores les plus élevés et les plus bas.

Cet outil offre un diagnostic climatique opérationnel et granulaire pour l'ensemble des collectivités françaises. Il intègre les quatre déterminants du risque définis par le GIEC (aléa + exposition + vulnérabilité + réponse). En croisant les facteurs associés à ces quatre déterminants, cela produit un classement communal du risque climatique. Deux nouveaux aléas climatiques, la sécheresse et l'érosion côtière, ont été intégrés à la plateforme qui couvre désormais l'intégralité des neuf aléas climatiques répertoriés sur le territoire français.

Klimarisk France Source : https://klimamonitor.github.io/klimarisk.france/

Une telle approche met en évidence deux constats majeurs :

  • L'existence de "risques silencieux" : le risque climatique ne se limite pas aux seuls aléas physiques ; les variables socio-économiques jouent un rôle crucial. La conjonction de plusieurs facteurs de risque de moyenne intensité peut générer un risque total élevé. C'est le cas typique de nombreuses communes rurales du centre de la France.
  • Des inégalités territoriales sous-estimées : alors que le débat public se concentre souvent sur les impacts dans les grandes métropoles, cet outil révèle la forte vulnérabilité d'autres territoires, notamment les Outre-mer ou les communes rurales agricoles et vieillissantes.

L'application est dérivée d'une version norvégienne, développée par Noradapt - Norsk senter for berekraftig klimatilpassing, consultable en ligne. En croisant les facteurs associés à ces quatre déterminants, cela produit un classement communal du risque climatique. 

Si l'outil vous paraît intéressant, n'hésitez pas à contacter Arthur LUCAS, étudiant en sciences sociales des transitions écologiques, qui a développé cet outil. Ce travail, mené dans le cadre d'un stage à Vestlandsforsking, réplique un modèle similaire développé initialement en Norvège par Noradapt - Norsk senter for berekraftig klimatilpassing.

Arthur Lucas (2026). Assessing quiet climate risks Development of a Comprehensive Climate Risk Ranking of French Municipalities, Vestlandforsing - Rapport Nr. 7 /2026.

Articles connexes

Climate Change Tracker, un tableau de bord pour étudier le changement climatique global

Infoclimat et DataClimat, deux sites utiles pour accéder à des données météorologiques et climatiques

Agroclimat2050, un outil pour prévoir l'impact des événements météorologiques sur la production agricole

Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques

Le changement climatique par les données (La graphothèque - Bon Pote)

Cartographie des Zones Climatiques Locales (LCZ) dans les aires urbaines françaises

Utiliser les données DRIAS sur les futurs du climat

Carte mondiale d'exposition aux risques climatiques, de conflit et à la vulnérabilité

Analyser et discuter les cartes de risques : exemple à partir de l'Indice mondial des risques climatiques



State of the Map 2026


State of the Map est l'événement annuel incontournable pour tous les cartographes et utilisateurs d'OpenStreetMap. En 2026, la conférence State of the Map se tient à Paris et en ligne. Du 28 au 30 août 2026, elle propose un programme riche en conférences, ateliers, tables rondes et bien plus encore.

Nombreux sont ceux qui ont répondu à l'appel à contributions par posters et les résultats sont exceptionnels.
Articles connexes

Autour d’OpenStreetMap, les tensions grandissent sous l'influence des entreprises

Le forum d'OpenstreetMap, un lieu d'échange autour des enjeux de la cartographie collaborative et de l'open data

L'évolution de la cartographie humanitaire au sein de la communauté OpenStreetMap

Pour aider à géolocaliser des photographies, Bellingcat propose un outil de recherche simplifié à partir d'OpenStreetMap

Tentative de "caviardage cartographique" à l'avantage de la Chine dans OpenStreetMap


La couverture nuageuse quotidienne en Inde dans le style pixel art (#dataviz)


Chaque jour, le département météorologique indien publie une carte prévisionnelle pour environ 1 200 stations. Leurs graphiques de couverture nuageuse sont conçus pour ressembler à un ciel nuageux pixélisé. Aman Bhargava, jeune développeur et data designer basé à Bangalore, analyse ces cartes pour les convertir en données et les cartographier quotidiennement dans le même style pixel art.

Datavisualisation sur la couverture nuageuse quotidienne en Inde. Source : diagramchasing.fun

Les prévisions météo pour chaque ville sont converties en petits nuages qui évoluent tout au long de la journée. 

Ces données étant archivées quotidiennement depuis 6 mois, il est possible de créer des visualisations de donnéespour illustrer leur évolution et les comparer aux données actuelles. On peut également identifier des stations météorologiques « jumelles » présentant des conditions météorologiques similaires. 


Les données et le code de ce projet sont disponibles pour réutilisation sur Github.

Par ailleurs, Aman Bhargava et Vivek Matthew collectent et archivent les données de la commission de censure cinématographique indienne (CBFC). Le site CBFC Watch est une base de données open source recensant les décisions de censure, les coupes et les modifications disponibles du CBFC pour la période 2017-2025. La censure cinématographique varie surtout en fonction du contenu religieux et politique (lire cet article).

Aman Bhargava a par ailleurs publié une analyse intéressante sur les portraits de population en Inde dans les années 1970 sur le Cabinet of Infographic Curiosities.

Articles connexes

Un explorateur interactif pour définir les systèmes urbains quotidiens aux Pays-Bas


Qu'est-ce qui définit vraiment une région ? Ganesh Babu, urbaniste et architecte qui travaille à améliorer les villes, propose d'étudier les régions des Pays-Bas à travers leurs systèmes urbains comme lieux de vie et de travail au quotidien. Le site regio.toekom.st est un explorateur interactif qui montre comment les régions des Pays-Bas se forment réellement à partir des choix des habitants : où ils travaillent, étudient et vivent. Le principe des « Daily Urban Systems » est simple : si 10 % ou plus des actifs d'une commune font la navette vers une ville, cette commune appartient au système urbain de cette ville. On peut déplacer le seuil, survoler une ville pour voir son bassin de navetteurs, et faire défiler près de vingt ans d'évolution.

Systèmes urbains quotidiens — lieux de vie et de travail. Les flux de navetteurs définissent les régions quotidiennes des Pays-Bas, 1998-2024. Source : regio.toekom.st

Les limites régionales sont bien plus fluides que ne le supposent nos structures de gouvernance, les fusions de communes redessinent discrètement la manière dont on mesure tout dans le temps, et le poids d'Amsterdam est plus important qu'on ne l'imagine — au point de se demander s'il ne faudrait pas penser l'aile nord de la Randstad (Utrecht compris) comme une seule et même région urbaine. L'outil est entièrement configurable, disponible en anglais et en néerlandais, et un vrai travail de fond a été fait pour garder les communes comparables malgré deux décennies de fusions. 


Le poids d'Amsterdam dans le système urbain néerlandais. Source : regio.toekom.st

Où vivent et étudient les étudiants du MBO (DUO), 2021-2025. Source : regio.toekom.st

Sources des données : CBS StatLine, PDOK & DUO. — CC-BY 4.0

Articles connexes

Répartition spatiale des flux de mobilité régionaux en Europe

La place de la région Bruxelles-Capitale dans la structure urbaine belge

Cartographie des bassins urbains et ruraux à l'échelle mondiale (URCA - FAO)

L'INSEE propose une nouvelle typologie des aires urbaines en fonction de leur aire d'attraction

Utiliser l'Atlas statistique du canton de Genève et de la région transfrontalière

Consulter ou élaborer des cartes de flux dynamiques sur Internet (flow maps)

L'histoire par les cartes : l'Atlas des villes des Pays-Bas (1550-1565) de Jacques de Deventer

L'histoire par les cartes : le plan et les bâtiments d'Amsterdam par dates de construction

L'histoire par les cartes : une carte exceptionnelle d'Amsterdam en 1625 acquise par le musée Allard Pierson

L'histoire par les cartes : plus de 2000 cartes numérisées sur les Pays-Bas (partie centrale)


Où implanter des arbres pour rafraîchir l'atmosphère ? L'exemple de New York


Source : Caitlin Hayes, Cornell Chronicle, "Wall-to-wall" map of NYC trees could help cool cities worldwide, Cornell University, https://news.cornell.edu/stories/2026/08/wall-wall-map-nyc-trees-could-help-cool-cities-worldwide

Des chercheurs ont créé une carte interactive recensant 1,8 million d'arbres à New York, grâce à une nouvelle approche qui pourrait optimiser l'emplacement des arbres pour le rafraîchissement des villes du monde entier. Dans une étude, publiée le 14 août 2026 dans Scientific Data, des chercheurs ont identifié les essences d'arbres à l'aide d'images satellites, de données de terrain et de données 3D collectées par lidar (détection et télémétrie par laser). La méthode a démontré une précision globale de 82 %, et même supérieure pour les essences d'arbres communes de la ville de New York. 

​ Cartographie haute résolution des arbres à New York, par essences (source : Miller et al., 2026)


1) Une cartographie très utile qui pourrait contribuer à rafraîchir les villes du monde entier

Il s'agit de la première carte exhaustive recensant les arbres à l'échelle de la ville. Elle inclut les arbres situés sur des propriétés privées, dans des espaces naturels et dans d'autres zones non cartographiées, qui représentent ensemble environ 65 % de la canopée urbaine et n'étaient pas pris en compte sur les cartes précédentes. L'équipe de recherche souhaite utiliser cette carte pour déterminer quelles essences d'arbres sont les plus efficaces pour rafraîchir l'atmosphère. Ces données pourraient également éclairer de nombreuses autres décisions de plantation où le choix de l'essence est déterminant, qu'il s'agisse de réduire les allergènes ou de lutter contre les espèces envahissantes. 

Ces recherches s'inscrivent dans le cadre du projet « Cool Trees », dirigé par le Dr Arnab Ghosh, professeur agrégé de médecine à Weill Cornell Medicine et co-auteur de l'étude. Optimiser l'effet rafraîchissant des arbres est de plus en plus important, car les vagues de chaleur à New York sont de plus en plus fréquentes et intenses. Un autre projet de Cornell University, « The Generative Canopy », vise à exploiter les données relatives aux arbres de rue afin de déterminer les zones où il est nécessaire de planter davantage d'arbres pour offrir de l'ombre aux New-Yorkais les plus vulnérables.  

La ville s'est récemment fixé pour objectif d'augmenter la couverture arborée de 22 % à 30 % d'ici 2040, et la nouvelle carte pourrait directement contribuer à ces efforts, ainsi qu'à des recherches plus larges menées par l'équipe Cool Trees pour déterminer la relation entre la densité et le type d'arbres, la température et les risques sanitaires liés à la chaleur.  

Une avancée majeure dans cette recherche a consisté à exploiter les images prises par les constellations de satellites PlanetScope, déployées par la société d'imagerie satellitaire Planet. Ces satellites prennent des photos haute résolution et font le tour de la Terre toutes les 90 minutes. Selon Katz, l'utilisation d'images satellites pour l'identification des arbres représente un Graal dans son domaine depuis des décennies, mais ces images sont souvent difficiles d'accès et ne sont pas à l'échelle requise pour l'identification. L'équipe Cool Trees, dont le premier auteur et chercheur David Miller , a tiré parti de la grande quantité d'images PlanetScope prises au fil du temps, ce qui lui a permis de suivre l'évolution du feuillage des arbres à l'automne ou l'apparition des premiers bourgeons au printemps, par exemple. 

L'équipe a également utilisé des données lidar 3D de l'État de New York, une carte délimitant les cimes des arbres établie par The Nature Conservancy et l'Université du Vermont, ainsi que des données de terrain du Département des parcs et des loisirs de la ville de New York pour entraîner son classificateur et vérifier ses prédictions. Grâce à la couverture géographique des satellites PlanetScope (à l'échelle nationale et mondiale), Katz a indiqué que l'équipe espère étendre son approche à de nombreuses autres régions. Elle a ainsi constitué une base de données de 405 villes américaines moyennes et grandes qu'elle souhaite cartographier. 

Le financement de cette recherche provient de l'Institut national de l'alimentation et de l'agriculture du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA), du Centre Atkinson pour la durabilité de l'université Cornell et du fonds de bienfaisance Leona M. et Harry B. Helmsley.

2) Mode d'utilisation de la carte interactive

Cette carte représente environ 1,8 million de cimes d'arbres à New York, chacune identifiée selon son esssence (chêne, érable, orme, bouleau...). Elle recense à la fois les arbres mesurés lors de l' inventaire manuel et ceux classés à partir d'images satellites PlanetScope et de données lidar aéroportées, y compris les arbres situés sur des propriétés privées et dans des espaces naturels. Elle constitue ainsi la carte d'identification des arbres la plus complète disponible sur New York.

​ Comment lire la carte 

    • La couleur indique l'essence — voir la légende à droite. Cliquez sur une essence dans la légende pour la mettre en surbrillance dans toute la ville ; cliquez à nouveau dessus (ou sur « Afficher tous les genres ») pour rétablir la liste.

    • Cliquez sur n'importe quel polygone pour connaître le type d'arbre, qu'il s'agisse d'une observation vérifiée sur le terrain ou d'une prédiction basée sur la télédétection. Le degré de certitude du classificateur quant à l'appartenance de l'arbre à l'essence prédite apparaît dans un panneau d'information.

Bon à savoir

    • Seuls les 18 essences les plus communs à l'échelle de la ville sont classés (environ 78 % de la surface terrière totale) ; les essences plus rares ne sont pas incluses.

    • La précision globale est de 82 %, mais les essences les plus courantes ont tendance à avoir une précision plus élevée et les essences moins courantes (par exemple le bouleau) sont moins fiables.

    • Les polygones de cimes d'arbres sont fournis par TNC/UVM ; la création de ces polygones est complexe et la segmentation n'est pas parfaite ; consultez l'article pour plus de détails et les limitations.

​ Options de visualisation

    • Source des données des arbres (légende, en bas) : afficher uniquement les enregistrements d’arbres de rue de référence, uniquement les prédictions du classificateur ou tous les arbres (par défaut).

    • Estompage selon la probabilité du classificateur (légende, en bas) : sélectionnez cette option pour afficher la probabilité du classificateur. Lorsqu’elle est activée, les polygones pour lesquels le classificateur est moins certain apparaissent avec une transparence accrue. Désactivée par défaut, chaque polygone est totalement opaque, quelle que soit sa probabilité.

​ Données et crédit :

Miller, DL, Young, AR, Ghosh, AK, Green, AR, Jumonville, G., Keenan, OJ, Wang, C., Xi, W., Young, SR, Ho, GY., & Katz, DSW (2026). Classification of trees in New York City at the genus level from PlanetScope satellite imagery and airborne lidar [Classification des arbres de la ville de New York par essences à partir d'images satellites PlanetScope et de lidar aéroporté]. Ensemble de données (Zenodo) · Code de classification

Pour compléter :

Le projet Sesame du Cerema vise le même objectif que Cool Trees, à savoir la sélection des meilleures espèces d'arbres selon les services qu'ils fournissent, afin que les villes puissent relever le défi climatique. L'outil constitue une aide à la décision dans le choix des essences à planter en fonction des espaces et des attentes des usagers.

Articles connexes

Cartographier les arbres. Entre visions esthétiques et enjeux environnementaux

Le rôle des arbres urbains dans la réduction de la température de surface des villes européennes

La carte de la hauteur de la canopée dans le monde (NASA Earth Observatory)

Comment la canopée urbaine de Los Angeles rend les inégalités visibles

Un atlas interactif de la population de New York fin XIXe et début XXe siècle

« Nous avons demandé à une IA de cartographier nos histoires à travers New York »

Un atlas sémantique de Manhattan ou l'espace urbain vu par l'IA (Searchable City)

Le rythme cardiaque de la ville : Manhattan heure par heure

L'histoire par les cartes : cartes historiques de New York

Répartition spatiale des flux de mobilité régionaux en Europe


Source : Malekzadeh, M., Väisänen, T., Panori, A. et al. (2026). How regional characteristics drive various human mobility types across Europe [Comment les caractéristiques régionales influent sur les différents types de mobilité humaine en Europe]. Nature Communications, 17, 6667. https://doi.org/10.1038/s41467-026-73288-6

La mobilité spatiale des personnes entre les régions est fortement influencée par les contextes socio-économiques, qui l'affectent et l'influencent réciproquement, notamment dans le contexte des transitions écologique et numérique en cours. Or, cette mobilité est souvent étudiée sous l'angle d'un seul type de déplacement, négligeant ainsi la diversité des facteurs qui la sous-tendent. Cette étude examine les impacts distincts des caractéristiques régionales sur sept types de mobilité à travers les régions européennes : migration permanente, mobilité étudiante de courte et de longue durée, travail saisonnier, déplacements domicile-travail longue distance et transfrontaliers, et modes de vie multilocaux. En intégrant des données d'enquête sur la population active, Erasmus+ et Twitter, les auteurs montrent comment les caractéristiques régionales ont des effets différents sur chaque type de mobilité, influencés par des combinaisons uniques de facteurs économiques, environnementaux et sociaux. Ces différences soulignent les limites d'une approche uniforme pour appréhender la mobilité spatiale interrégionale et mettent en évidence la nécessité de politiques adaptées aux différents types de mobilité et aux caractéristiques régionales. À la lumière de ces constats, ils proposent des pistes de recommandations politiques visant à renforcer l'attractivité des régions et à soutenir un développement territorial équilibré.

Répartition spatiale des flux de mobilité régionaux en Europe (source : Malekzadeh et al., 2026)

Cette série de cartes témoigne de grandes différences en fonction du type de mobilité. Les déplacements transfrontaliers se concentrent autour de pays comme le Luxembourg et la Suisse. La mobilité étudiante crée ses propres corridors. Le travail saisonnier façonne une autre Europe. Et des centaines de milliers de personnes présentent désormais des schémas de résidence véritablement multilocaux.

Les sources de données utilisées pour cet article sont les suivantes :

  • Enquête sur la population active
Les données de l’enquête sur la population active (EPA) ont servi à analyser trois types de mobilité : les déplacements domicile-travail longue distance, le travail saisonnier et les déplacements transfrontaliers. Les données ont été traitées annuellement afin de prendre en compte ces types de mobilité, les pondérations démographiques fournies par l’EPA étant utilisées pour l’agrégation annuelle. Afin de garantir la comparabilité à l’échelle européenne, des pondérations supplémentaires ont été appliquées au niveau national en fonction de la population en âge de travailler pour chaque année. 

  • Données sur les échanges d'étudiants Erasmus
Les données sur la mobilité étudiante Erasmus couvrent la période 2014-2022 et détaillent les échanges individuels d'étudiants. Afin de se concentrer sur les mobilités significatives, les auteurs ont sélectionné les échanges d'une durée minimale de trois mois. Pour cette analyse, ils ont utilisé la version géoréférencée de l'ensemble de données Erasmus.

  • Données Twitter (X)
Les tweets géolocalisés de Twitter ont été utilisés pour analyser les tendances migratoires permanentes et la vie multilocale. Les données brutes ont été extraites d'une archive de données historiques Twitter recensant l'activité de tous les utilisateurs ayant tweeté au moins une fois depuis les limites de l'espace européen

L'ensemble des données harmonisées, incluant tous les types de mobilité et les caractéristiques régionales, est hébergé sur Zenodo dans le dépôt MOBI-TWIN, accessible à l'adresse https://zenodo.org/records/21786901

Articles connexes

Étudier les zones transfrontalières en Europe (Atlas CROSSGOV)

Cartographier les flux de mobilité étudiante en Europe et dans le monde

Étude des mobilités étudiantes à partir des données INSEE et Parcoursup

Étudier les mobilités en France à partir de données récentes (Statistiques locales de l'INSEE)

Étudier les mobilités scolaires à partir des données de déplacements domicile-études de l'Insee

De villes en villes. Atlas des déplacements domicile-travail interurbains

Rapport mondial sur les déplacements internes (Conseil norvégien pour les réfugiés)

CAPAMOB, un guide du Cerema pour réaliser des diagnostics de mobilités en territoire rural ou péri-urbain

Quels apports du Géoweb et de la géolocalisation pour représenter les mobilités touristiques ?


Cartes et données sur le trafic moyen journalier annuel en France

 

Le Ministère de la Transition écologique met à disposition sur le site Data.gouv.fr une série de données sur le trafic routier en France. Ces jeux de données décrivent le Trafic moyen journalier annuel sur le réseau routier national. Le trafic moyen journalier annuel (TMJA) d'une section routière est obtenu en calculant la moyenne sur une année du nombre de véhicules circulant sur cette section, tous sens confondus, au cours d'une journée. Ces données de trafic en temps différé s'accompagnent généralement d'une estimation (en pourcentage) du nombre de poids lourds entrant dans leur composition. Les données sont disponibles pour la période 2018 à 2024. A noter : elles ne concernent que le réseau concédé. Elles permettent malgré tout de conduire des analyses sur les principaux flux autoroutiers en France. 

Voici à titre d'exemples deux cartes permettant de représenter l'importance du trafic routier et la part relative des poids lourds en 2019. La première carte met en évidence la concentration du trafic sur quelques grands axes autoroutiers ainsi que sur les rocades et périphériques autour des grandes métropoles. La deuxième carte permet de comparer la part du trafic des poids lourds par tronçons autoroutiers (en particulier sur les transversales est-ouest de la France moins bien pourvue en autoroutes et autour de grandes métropoles qui concentrent les activités de fret).



Les données (disponibles en csv et shp) proviennent de deux sources : 

Les données initiales relatives au trafic des poids lourds 2019 sont erronées. Nicolas Roelandt propose une méthodologie pour corriger ces données. Un jeu de données corrigé a été publié. Ces données permettent de  calculer le trafic des poids lourds (multiplier le trafic journalier moyen annuel par le ratio_PL) et de le convertir en débit horaire (HGV/h) :

Carte du trafic des poids lourds sur le réseau routier national français, à partir des données de 2019


Pour en savoir plus : 
Roelandt, Nicolas, François Combes, Martin Koning, Lucie Letrouit, and Vincent Robin. 2025. “Données Trafic moyen journalier annuel de 2019.” Pre-print. March 13, 2025. halid: hal-05121480v1

Articles connexes





Géographie des états-majors : une base de données sur les cartes et plans du Service historique de la Défense


La base de données Géographie des états-majors référence les documents iconographiques (cartes et plans du XVIe au XXe siècles) numérisés par le Service historique de la Défense, et provenant du Dépôt de la guerre ou du Service géographique de l'armée. Ces fonds sont d'une très grande richesse documentaire et ne se cantonnent pas aux seules cartes dressées par les ingénieurs militaires : on y trouve de nombreuses cartes produites par d'autres institutions à différentes échelles (métropolitaine, régionale et locale) et sur des thématiques très variées (juridictions d'Ancien Régime, marine, réseau routier, réseau ferré, cartes géologiques, forêts, divisions religieuses...). La base permet d'explorer les cartes et plans en interrogeant la typologie, les producteurs de contenu ou encore les emprises spatiales ; elle permet aussi d'accéder aux documents numérisés et de les télécharger.

Géographie des états-majors (source : https://gem.huma-num.fr)


Sous l'égide de l'UMR 5136 FRAMESPA, et avec le concours du consortium Huma-Num Projets Time Machine, ces documents sont redocumentés (identifiés, typologisés, dotés de métadonnées descriptives) puis spatialisés afin d'en permettre l'interrogation dans la base de données. Il s'agit d'un projet au long cours entamé en 2025 et qui se prolongera pendant plusieurs années, le temps d'indexer plusieurs centaines de Giga octets de cartes numérisées. N'hésitez pas à revenir régulièrement sur la base pour découvrir de nouvelles cartes (2509 au 3 juillet 2026).

1) Origine et descriptif du projet

Commencé en juin 2025, ce projet est né suite à la découverte de la numérisation partielle des fonds cartographiques du Dépôt de la guerre et du Service géographique de l'armée par le Service historique de la Défense (SHD, dans les locaux du château de Vincennes). Jusqu'à aujourd'hui, ces numérisations n'étaient accessibles qu'au SHD, via les ordinateurs de la salle des inventaires, et ne disposaient pas de métadonnées permettant d'identifier chaque fichier. En conséquence, il était impossible d'identifier précisément les lieux figurés sur les cartes et plans, et encore moins de rechercher simplement les différentes représentations d'un lieu ou d'un territoire. De cet immense lot, seules les cartes d'Amérique et des Antilles avaient été déposées sur le site Mémoire des Hommes (comme le site l'indique, l'ensemble de la sous-série GR 6M J10 devrait progressivement être mis en ligne).

Pour pallier les manques, un projet de redocumentarisation visant à identifier le contenu de chaque fichier a vu le jour au laboratoire FRAMESPA. Les membres du projet identifient manuellement chaque carte et plan numérisé en vue de leur adjoindre les informations descriptives présentes dans l'ouvrage de Marie-Anne Corvisier de Villèle et Claude Ponnou, La France vue par les militaires, Paris, SHAT tome 1 et 2 (inédit). Une fois les documents identifiés, les fichiers correctements renseignés sont déposés dans une base de données relationnelle développée sous Heurist. Celle-ci permet d'explorer les cartes et plans en interrogeant la typologie, les producteurs de contenu ou encore les emprises spatiales ; elle permet aussi d'accéder aux documents numérisés et de les télécharger. Toutes ces données sont librement accessibles et réutilisables sous réserve de citer le Service historique de la Défense et le laboratoire FRAMESPA comme redocumenteur.

L'enrichissement de la base est effectué par des stagiaires (étudiant·es en histoire) accueillis au sein du laboratoire. À terme, près de 13 000 cartes et plans du Dépôt de la guerre et du Service géographique de l'armée devraient être hébergés dans la base, ainsi que plusieurs dizaines de registres de la bibliothèque historique de Vincennes.

3) Mode d'utilisation du site

La recherche s'effectue en cliquant sur "Les cartes et plans" puis via la colonne de gauche "Cartes". Plusieurs possibilités de recherche sont offertes par la base :

  • Recherche spatiale : cliquer sur "Définir" pour rechercher un toponyme sur une carte via un moteur de recherche ou pour dessiner un polygone sur une carte pour identifier les cartes et plans qui figurent l'espace dessiné.
  • Recherche tout champs : interroger l'intégralité des médatonnées documentaires présentes sur chaque fiche.
  • Recherche par mots-clefs du titre : rechercher exclusivement parmi les mots du titre (un titre se présente toujours sous la forme date, titre originel de la carte ou du plan, nom de l'auteur).
  • Recherche plein texte dans la description des cartes : recherches portant exclusivement sur la matérialité des documents (nombre de feuilles, dimensions...).
  • Typologie des cartes : rechercher des cartes à partir de typologies regroupant les documents en grandes catégories d'analyse. Ces dernières sont essentiellement celles des archivistes militaires.
  • Auteur(s) des cartes : rechercher par producteur de contenu (individu ou institution).
  • Lieux des cartes : il s'agit d'un classement automatique par ordre de grandeur et par lieu. Le nombre et les lieux mentionnés évoluent en fonction des critères de recherche sélectionnés ci-dessus.
  • Échelle : rechercher par échelle de carte (en lieues ou kms).
  • Cote : rechercher par cote d'un document.
  • Date de production des cartes : utiliser le slider (glissière) pour définir un interval temporel.
  • Carte remarquable : naviguer dans les cartes remarquables identifiées lors de l'indexation des documents.

Naviguer et télécharger

Le résultat de la recherche s'affiche au centre de la page sous forme de liste. Le côté droit génère une carte représentant l'ensemble des emprises spatiales des documents, ainsi qu'une frise chronologique.

Pour accéder à un document, cliquez sur le titre : la fiche s'ouvrira, présentant la numérisation (recto et verso) et les métadonnées documentaires.

Pour afficher et agrandir la carte, cliquez sur le bouton Mirador : une fenêtre s'ouvrira et il sera possible de zoomer dans le document.

Pour télécharger la carte, cliquez sur le bouton Download au-dessus de chaque document numérisé.

4) Une collection exceptionnelle de cartes et plans

La collection est exceptionnelle. Elle comporte plus de 750 cartes anciennes sur la France, près de 200 concernant Paris. Elle couvre une longue période de 1540 à 1921. 

A noter : une sélection de 43 cartes et plans remarquables dont un plan de la Bastille, un plan de Versailles en 3D, ainsi que diverses cartes agronomiques, hydrologiques ou de défense.

Toutes les cartes sont consultables en haute résolution avec leurs données de géolocalisation concernant leur emprise géographique. Les données présentes sur le site sont librement accessibles et réutilisables sous réserve de créditer :

  • le Service historique de la Défense comme producteur de contenu ;
  • le laboratoire FRAMESPA comme redocumenteur.

Articles connexes

Quand l'armée dressait des cartes pour l'école : la carte murale de l'AOF par Édouard de Martonne (1922)

« Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours ». Napoléon et les cartes

Mise en ligne d'un inventaire sur la création des départements par les Archives nationales

Plus de 400 000 photographies aériennes mises en ligne par les archives historiques de l'Angleterre

Numérisation des archives de la Société de Géographie sur Gallica

Cartes et atlas historiques

L'histoire par les cartes