Atlas social de Caen et Atlas social de la métropole nantaise

 

ATLAS SOCIAL DE CAEN. De l'agglomération à la métropole ? 

L’atlas social de Caen est un projet du laboratoire ESO (Université de Caen) qui a pour objectif de comprendre les mécanismes qui organisent et font évoluer la société caennaise, ainsi qu'à comprendre les changements et les mutations.

« Un atlas est classiquement un regroupement de cartes commentées qui a pour but d’expliquer le fonctionnement du monde, d’un pays, d’une région ou encore d’une ville. L’atlas social de Caen répond à cet objectif : comprendre les mécanismes qui organisent et vont évoluer la société caennaise. Un atlas repère des zones, délimite des contours, identifie des frontières. Il découpe les lieux, pointe les zones à forts enjeux et met en évidence des espaces économiques, sociaux, politiques, culturels, etc. Un atlas découpe également la société : selon les groupes sociaux, les générations, les habitudes, il révèle des espaces de vie, des espaces vécus qui peuvent être communs ou séparés. » 

Les thématiques abordées sont très variées et une large place est accordée aux questions socio-spatiales : 

  • Populations et groupes sociaux
        - Les élections, miroir des inégalités dans la commune de Caen par Jean Rivière
        - Caen vue par l’INSEE : les 201 communes de l’aire urbaine par Étienne Walker
  • La Reconstruction : inventer la ville du 20è siècle
        - La Reconstruction : inventer la ville du 20è siècle par Patrice Gourbin
  • Les espaces économiques
        - Une aire urbaine de plus en plus tertiaire et des communes aux activités spécialisées (2015)par Étienne Walker
        - Le centre de Caen dans l’entre-deux-guerres : les grands magasins s'installent par Michaël Biabaud
        - Le port de Caen-Ouistreham, porte d'entrée sur l'Angleterre par Pascal Buléon et Frédérique Turbout
        - Aire de placement et zone d’emploi. Où sont les employeurs des diplômés des masters de l’Université de Caen Normandie ? par Patrice Caro, Agnès Checcaglini et Fiona Burgos
        - Le système d’enseignement supérieur et de recherche, un facteur de prospérité par Isabelle Lebon, Frédéric Chantreuil et Laura Pauchard
  • Les groupes invisibles
        - Le paradoxe de la pauvreté : un phénomène à la fois diffus et concentré par Quentin Brouard-Sala et Morgane Esnault
       - Les personnes marginalisées dans les espaces publics par Eugénie Le Bigot
       - Les « clandestins » à Ouistreham : entre stratégies de relégation et soutiens locaux par Margaux Vérove
        - Les prisons caennaises, lieux d’exclusion et de réinsertion ? par Anne Le Roux et Laura Pauchard
  • Logement et habitat
        - Plusieurs générations d’espaces périurbains par Lionel Rougé et Ludivine Collette
        - Habitat et logement dans l’aire urbaine caennaise en 2015 par Étienne Walker
        - Le parc de logements anciens : rénovation et enjeux énergétique par Soazig Vannier
  • La santé et l'éducation
        - La perception de la santé et du bien-être par Lucie Lechat et Annabelle Yon
  • L'agriculture et l'alimentation
        - Sauver les derniers légumes du marais caennais par Anne-Sophie Boisgallais, Pierre Guillemin et Maxime Marie
        - Cap à l’est : restructurations de la distribution alimentaire par Pierre Guillemin et Maxime Marie
        - Le système agro-alimentaire des grandes cultures en Plaine de Caen : une déconnexion entre production, transformation et consommation ? par Thibaut Preux, François Beauvais et Laura Pauchard
        - Alimentation locale et restauration collective dans l’aire urbaine de Caen par Morgane Esnault
        - La Plaine de Caen : une vocation légumière méconnue par Pierre Guillemin
        - Marchés de plein vent et divisions sociales à Caen : « J’ai pas envie de vendre qu’à des dentistes  » par Pierre Guillemin, Adeline Graby et Maxime Marie
  • Sports, loisirs et cultures
        - Marketing territorial et usages politiques des événements sportifs par Ludovic Lestrelin et Adrien Sonnet
  • Les aménagements urbains
        - La métropole de Caen au cœur de l’armature urbaine du Calvados par Thomas Boureau
    Caen au 19 e siècle : quelle modernisation ? par Michaël Biabaud
        - L'artificialisation des terres agricoles depuis 20 ans par Patrick Le Gouée et Guillaume Jouan
        - De Caen-aux-Odons à Caen la Mer par Jean-Michel Cador
  • Transports et mobilités
        - Les grandes surfaces commerciales, un modèle d’aménagement à réinterroger ? par Tristan Capron
  • Le vieillissement
        - Les effets de la mobilité sur la qualité de l’air par Xavier Lepetit
        - Le premier tramway à Caen : une petite révolution (1901-1937) par Michaël Biabaud

Un index très complet permet d'accéder aux articles par mots-clés. Il est assorti d'une liste d'auteurs. L'utilisateur peut choisir également d'accéder aux articles par la carte interactive enrichie d'un index géographique.

Pour compléter :
  • Elaboré par l'Université de Caen, l'Atlas Transmanche fournit de nombreuses ressources numériques (textes, images, cartes) concernant les enjeux économiques, politiques, stratégiques de la Manche dans un contexte de mondialisation des transports et en lien avec la question du Brexit.
  • "Dans ma ville on traîne". Visite guidée et habitée de l'aire urbaine de Caen par le rappeur Orelsan (Histgéobox)



Construit selon le même principe, l'Atlas social de la métropole nantaise est un projet collaboratif des sciences sociales (géographes, sociologues, architectes et urbanistes, historiens...) qui visent à éclairer les réalités sociales qui traversent la métropole nantaise. À partir du cas nantais, il indique la volonté d’interroger quelques-uns des effets, en matière de géographie et de sociologie urbaines, des politiques d’attractivité qui président assez largement aux principes de l’action publique locale dans les grandes métropoles françaises depuis deux décennies


Les sources mobilisées dans le cadre de cet atlas sont variées, avec des cartographies s’appuyant sur des indicateurs tirés des recensements de la population de l’INSEE qui sont classiques dans les études urbaines (tranches d’âges, catégories socioprofessionnelles, statuts d’occupation des logements...), mais aussi quantité d’autres qui s’appuient sur des données issues par exemple de la Direction Générale des Impôts pour les revenus des ménages, de la Caisse d’Assurance Familiale pour les bénéficiaires couverts par différentes allocations sociales, du Ministère de l’Intérieur pour les résultats électoraux à l’échelle des bureaux de vote, ou plus largement des services de Nantes Métropole dont les données sont de plus en plus accessibles en open-data. Le développement des outils numériques permet également de dresser des géographies originales à partir de données recueillies sur des plates-formes (BlaBlaCar, Airbnb...) dont le développement récent participe à transformer les mondes urbains contemporains. D’autres planches se fondent sur des enquêtes de terrain qualitatives, indispensables pour comprendre les facettes – heureusement nombreuses – de la société qui ne sont pas couvertes par les appareils statistiques institutionnels. Il s’agit donc, en somme, de proposer des sciences sociales ancrées dans le réel et qui portent pour partie sur des objets du quotidien, des objets certes ordinaires mais pourtant décisifs dans la compréhension des sociétés métropolitaines.
  • Un parc de logement segmenté
        - Les mutations de la géographie des prix de l’immobilier résidentiel par Boris Mericskay, Jean Rivière et Stéphane Loret
        - Un parc de logement profondément transformé sous l’effet de l’étalement urbain par François Madoré et Isabelle Garat
        - Des ménages de plus en plus petits et une hausse spectaculaire des personnes seules par François Madoré
        - Les rues privées : entre banalisation géographique et poches de concentration par François Madoré
  • Sports et loisirs
         - La Loire, et si on s’y (re)baignait à Nantes ? par Caroline Wypychowski
        - La multiplication des évènements de courses à pied, un véritable phénomène de société par François Madoré et Stéphane Loret
  • Environnements urbains
      - Qui est responsable des inégalités d’impacts écologiques ? par Jean-Baptiste Bahers, Christophe Batardy et Nassour Yobom
       - Les déchets nantais : exportations et flux cachés du métabolisme urbain par Jean-Baptiste Bahers, Christophe Batardy et Frédéric Barbe
  • Des aménagements contestés
        - YelloPark, un projet urbain comme s’il n’avait jamais existé par Frédéric Barbe
  • Scolarisations et inégalités
       - Comprendre les dessous de la carte scolaire (1/2) - Une forte ségrégation sociale entre collèges publics et privés par Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec
      - Comprendre les dessous de la carte scolaire (2/2) - De la ségrégation résidentielle aux contournements des collèges publics par Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec
       - La privatisation croissante de l’enseignement supérieur nantais par Sophie Orange
  • Transports et mobilités métropolitaines
       - Quand la métropole déborde par Sylvain Grisot
       - Avant la « voiture pour tous » par Christophe Batardy
      - L’internationalisation de la métropole vue à travers le trafic passagers de son aéroport par François Madoré
       - La voiture partout dans l’aire urbaine et plus encore dans le périurbain par François Madoré
       - Le covoiturage via BlaBlaCar, une infrastructure invisible dans la ville par Boris Mericskay et Sylvain Grisot
  • Des groupes invisibles
       - La trajectoire d’habiter de S. mineur isolé étranger dans la métropole nantaise par Sabryn Daiki, Élise Roy et Théo Fort-jacques
        - Pratiques spatiales et imaginaires des personnes exilées par Sabryn Daiki, Élise Roy et Théo Fort-jacques
       - Retour sur les trajectoires d’habiter des personnes exilées du square Daviais par Sabryn Daiki, Élise Roy et Théo Fort-jacques
      - Du LU au square Daviais, chronique des mobilisations pour l’hébergement des étrangers à Nantes (2012-2018) par Julien Long
       - La ville attractive et la place des étrangers à Nantes (1989-2012) par Julien Long
       - L’émergence d’une politique nocturne à Nantes : la nuit en débat ? par Jeanne Leman
       - Le marché par ses déchets. Les invisibles (glaneurs) de Talensac par Martin Manoury
  • La métropole aux urnes
        - Municipales 2020 à Nantes : un premier tour anxiogène avant confinement par Jean Rivière
        - Retour sur le paysage municipal nantais en 2014 par Jean Rivière
       - Comprendre l’abstention par la géographie sociale de Nantes-Métropole par Jean Rivière et Christophe Batardy
       - La victoire de l’Union de la gauche aux élections municipales de Nantes en    1977 : la fin de la « Troisième force » par Christophe Batardy
  • Les secteurs d'activité économique
       - Acheter bio et/ou local dans les commerces alimentaires de détail : pas si facile dans l’aire urbaine de Nantes ! par Christine Margetic, Louise de La Haye Saint Hilaire et Maxime Marie
      - Le troisième déménagement de l’histoire du Marché d’intérêt national de Nantes (MIN) par Pierre Guillemin et Christine Margetic
       - Les dessous de la ville créative à Nantes : les quartiers de la création in et off par Basile Michel
  • Age et démographie
      - Une onde de vieillissement forte dans les communes de banlieue par François Madoré et Béatrice Chaudet
       - Les femmes et les hommes dans la ville : la parité au quotidien par Julie Vallée
      - Les promoteurs privilégient les centres urbains pour construire les résidences seniors par François Madoré et Béatrice Chaudet
      - Des familles monoparentales plus nombreuses et concentrées dans le logement social par François
       - Le périurbain, l’espace des couples avec enfants par François Madoré
  • Richesse et pauvreté
       - La géographie sociale des travailleurs pauvres nantais par Claire Auzuret et Christophe Batardy
        - La violence des inégalités de revenus par Isabelle Garat
  • Les clivages socioprofessionnels
        - Quels clivages socioprofessionnels dans la métropole nantaise aujourd’hui ? par Jean Rivière
  • La culture dans la ville
       - Les pratiques d’art urbain à Nantes Métropole : des spatialités conditionnées par l’attitude des pouvoirs publics par Josselin Le Claire
       - Déambulations autour des cinémas dans le périurbain nantais par Florie Colin et Ronan Keroullé
       - Pour une ville culturelle et touristique : retour sur une stratégie nantaise par Basile Michel
Un index très complet permet d'accéder aux articles par mots-clés. Il est assorti d'une liste d'auteurs et d'un glossaire. L'utilisateur peut choisir également d'accéder aux articles par la carte interactive enrichie d'un index géographique.

Pour compléter : lire la présentation de l'Atlas social de Nantes par Pierre Pistre dans la revue M@ppemonde.


Articles connexes







Quelle évolution de la ségrégation résidentielle en France ? (France Stratégie)


L'évolution de la ségrégation résidentielle en France de 1968 à 2017 (France Stratégie) :
http://francestrategie.shinyapps.io/app_seg/

Dans cette étude accompagnée d’un outil de visualisation, France Stratégie passe au crible les 55 unités urbaines de France métropolitaine de plus de 100 000 habitants entre 1990 et 2015, à partir de données du recensement. La note d'analyse conclut que « la ségrégation résidentielle est stable pour ce qui est de la catégorie sociale, en légère baisse pour ce qui est de l’origine migratoire, et en baisse plus sensible pour ce qui est du logement social. Si certains quartiers comptent aujourd’hui une part plus élevée de cadres ou d’immigrés d’origine extra-européenne, ce n’est en général pas le résultat de leur plus grande ségrégation mais simplement le reflet de la hausse de leurs effectifs dans la population. » Il n'en reste pas moins que les ségrégations urbaines restent fortes en France comme le montre l'outil de data visualisation qui permet des analyses fines à partir des CSP, de l'âge, de l'activité et de l'origine migratoire.  

Ce projet a été réalisé par France Stratégie (institution autonome placée auprès du Premier ministre) dans le cadre de ses travaux sur l'évolution de la ségrégation résidentielle en France.

La ségrégation résidentielle désigne l’inégale répartition dans l’espace urbain des différentes catégories de population. Elle peut résulter de choix individuels, motivés par la recherche d’un entre-soi, ou de phénomènes de relégation, liés notamment au prix des logements. Pour mesurer la réalité des phénomènes de ségrégation, deux principaux indicateurs ont été utilisés :

  • l'indice de ségrégation : il permet de juger dans quelle mesure un groupe est réparti de façon homogène entre les quartiers d’une unité urbaine. Cet indice évalue le pourcentage (entre 0 % et 100 %) des membres du groupe étudié qui devraient changer de quartier de résidence pour que le poids de ce groupe soit le même d’un quartier à l’autre.

  • l'indice de concentration : il mesure à quel point les membres d’un groupe social ont tendance à vivre dans des quartiers où ils sont nombreux. L’indice de concentration indique, en moyenne, pour un membre d’un groupe social donné, la part (entre 0 % et 100 %) des habitants de son quartier qui appartiennent au même groupe social que lui.

Le module de datavisualisation se décline sous forme de cartes qui permettent de suivre l'évolution de la composition sociodémographique des différents quartiers des 55 unités urbaines françaises de plus de 100 000 habitants. Les quartiers sont représentés par les ilots IRIS ou TRIRIS (regroupement d'IRIS pour la diffusion de variables sensibles du recensement depuis 1999). Il est possible de modifier les seuils de discrétisation et de faire des comparaisons sur plusieurs cartes. En revanche, la délimitation et la composition des IRIS ayant changé, il n'est pas toujours aisé de faire des comparaisons dans le temps, notamment pour les périodes antérieures à 1999.

Composition sociale et démographique des quartiers (exemple de Marseille)



Niveau de vie des quartiers (exemple de Marseille)



Différents onglets facilitent les comparaisons entre unités urbaines ou dans le temps en affichant deux cartes côte à côte :
  • Comparaison temporelle : pour comparer au sein d'une même unité urbaine la répartition d'une catégorie dans le temps.
  • Comparaison spatiale : pour comparer entre deux unités urbaines la répartition d'une catégorie à une période donnée.
  • Outil comparatif : permet des comparaisons simultanées entre unités urbaines, dans le temps et entre catégories.



Articles connexes

Les données sur le logement social en France disponibles en open data

Etudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France avec les données INSEE

Gentrification et paupérisation au coeur de l'Île-de-France (évolutions 2001-2015)

L’inégale abordabilité du logement dans les villes européennes (Cybergéo)

Etudier la structure et l'évolution des logements dans 50 métropoles des Etats-Unis


La carte, objet éminemment politique : la cartographie du Moyen-Orient entre représentation et manipulation


L'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (IReMMO) a organisé le 12 mai 2021 une rencontre entre Philippe Rekacewicz (géographe, cartographe et journaliste) et Éric Verdeil (géographe, professeur à Sciences Po Paris). Les échanges animés par Dominique Vidal (journaliste et historien) ont concerné les usages des cartes à des fins de représentation et de manipulation dans le contexte actuel de nouvelle escalade des violences entre Juifs et Palestiniens.


La cartographie du Moyen-Orient entre représentation et manipulation (source : IReMMO)



Les cartes ont toujours constitué un objet ambigu. Avec la complexification des enjeux et la montée des tensions au Proche et Moyen-Orient, il devient de plus en plus difficile de rendre compte des multiples dimensions des conflits dans cette région et des visions contradictoires des acteurs qui n'hésitent pas eux-mêmes à se servir des cartes pour défendre leur cause ou leurs intérêts. 

Comme le rappelle Éric Verdeil, les États concernés n'ont souvent pas les moyens d'établir leurs propres cartes et de mettre à jour leurs statistiques. La cartographie devient elle-même un moyen de peser sur les débats politiques. Philippe Rekacewicz revient en particulier sur l'exemple de la série de cartes souvent utilisée pour montrer les conflits israélo-palestiniens. Ces cartes « montrent les territoires, mais pas les gens ». Pour avoir une idée de ce qu'était la répartition de la population avant 1948 et ses évolutions postérieures, il faudrait pouvoir cartographier l'importance relative des différentes communautés (voir l'article 1948 : la Palestine des archives aux cartes sur le site Visionscarto). Dans un autre article, Philippe Rekacewicz propose pour la Palestine mandataire (1922-2012) d'indiquer la part de la population arabe et juive par des traits proportionnels en diagonale.




Les cartes mentales offrent des pistes intéressantes pour cartographier le territoire vécu des populations, par exemple pour retracer les itinéraires complexes dans les territoires occupés où les mobilités sont très contrôlées à travers les checkpoints ou encore pour restituer les conditions de vie dans les camps de réfugiés. Till Roeskens a par exemple demandé aux habitants du camp Aïda à Bethléem d’esquisser des cartes de ce qui les entourait. Les dessins en train de se faire ont été enregistrés en vidéo, de même que les récits qui animent ces géographies subjectives (voir la vidéo). Pour Philippe Rekacewicz, « la carte est pleine de métaphores et pleine de symboliques qui nous font encore mieux comprendre la narration ».

Comme le souligne Éric Verdeil, « la légende est un texte qui vient donner des clés d'interprétation de la carte. Elle vient spécifier les conventions cartographiques que l'on met en avant. Les mots ne sont pas forcément neutres. La légende reflète souvent des choix cartographiques antérieurs même à la légende [...] Elle peut aussi forcer un discours. Dans ce cas-là, on en vient à des formes de manipulation. On peut manipuler l'information par le graphique, mais aussi par le texte que l'on appose ou que l'on omet. La carte est un objet sémiologique qui repose sur des conventions qui traduisent une intentionalité. Et évidemment cette intentionalité peut être de tromper. La nature ambiguë de l'objet cartographique doit ou devrait toujours être à l'esprit. Mais malheureusement comme la cartographie favorise une identification, une saisie immédiate, on se retrouve au coeur d'une contradiction ». 

La légende ainsi que la nomenclature sont primordiales. A propos de l'exemple du quartier juif de Gilo implanté au sud de Jérusalem, Philippe Rekacewicz montre que la manière même de nommer les lieux a une forte incidence. « On aurait pu dire qu'on était en Cisjordanie par exemple, ici on parle de "colonie israélienne illégale" ou encore de "Palestine occupée" aux termes de la résolution 242 de l'ONU. »



Pour Philippe Rekacewicz, « il revient aux cartographes et aux chercheurs de s'émanciper des codes sémiologiques, des règles anciennes qui ont été fixées. [...] Un cartographe n'est pas tenu comme un médecin ou un dentiste de faire des choses selon des codes, il a une très grande liberté. En tant que cartographes radicaux, critiques ou alternatifs, on n'a jamais dit qu'il fallait rejeter ce qui a été acquis [...] Mais comme disait un collègue, "Bertin c'est très bien, à condition de savoir en sortir". C'est notre devoir de chercheurs, de géographes, de cartographes, d'inventeurs, d'essayer de penser à de nouvelles écritures cartographiques, d'acquérir ce qui s'est fait par le passé, d'essayer de rebondir et de le prolonger vers quelque chose de nouveau que la technique nous autorise et qu'elle ne permettait pas auparavant. »

« La question de la création cartographique est totalement différente de la question de la manipulation et de la propagande. La carte, c'est une porte ouverte vers la manipulation. La manière dont on choisit la légende, les couleurs, c'est déjà un positionnement politique. Donc on n'a pas le choix. Il n'y a pas de neutralité, cela n'existe pas [...]. Mais maintenant comme la technique est accessible pour tout le monde, notamment pour les activistes qui se sont emparés de la cartographie pour faire de la contre-cartographie, celle-ci peut être extrêmement efficace pour contrer le pouvoir   [...]. Il n'y a pas que les professionnels qui ont le droit de faire des cartes. Comme le montre Matthieu Noucher, les "petites cartes du web" existent, tout le monde a le droit de faire sa représentation, tout le monde a le droit de se projeter sur le territoire. » 

00:00 - Introduction par Dominique Vidal
06:00 - Intervention de Philippe Rekacewicz
17:00 - Comment le cartographe peut-il rendre compte de cette complexité du monde ?
24:00 - Intervention de Éric Verdeil
31:00 - Une géographie instrumentalisée
35:00 - Les cartographies alternatives d'ONG
40:00 - La représentation des lignes de fractures dans la société libanaise
47:00 - La démographie et la cartographie de la Palestine
55:00 - Cartes militaires et cartes civiles
57:00 - La carte mentale
01:07:00 - La légende d'une carte
01:25:00 - Google et la cartographie
01:37:00 - La superposition des acteurs avec l'État-nation
01:40:00 - La représentation du confessionnalisme au Liban


Pour compléter

Jess Bier a publié en 2017 Mapping Israel, Mapping Palestine - How Occupied Landscapes Shape Scientific Knowledge (MIT Press). L'ouvrage donne un aperçu du rôle de l’expertise statistique et cartographique dans les diverses « négociations » entre Israël et les Palestiniens. « Les Israéliens l'ont démontré depuis longtemps, le moyen de gagner en influence politique au niveau international était de produire des cartes qui tentaient de représenter des vérités objectives sous une forme qui serait internationalement reconnue. »

Christine Leuenberger et Izhak Schnell montrent dans leur article The politics of maps : Constructing national territories in Israel (2010) comment des groupes sociaux et politiques israéliens ont su utiliser les cartes à l'appui de leurs revendications territoriales : une forme de rhétorique visuelle destinée à inscrire une identité sur un territoire (voir leur ouvrage publié sous le même titre en 2020).

Dans Palestine and the Oppression of the Map, Zena Agha examine les diverses manières dont les Palestiniens ont été exclus des cartes de leur propre territoire, depuis le début du mandat britannique jusqu'à nos jours. Elle fait valoir que les localités mal cartographiées modifient la façon dont les Palestiniens comprennent l'espace et les éloignent de leur patrie. Elle explore des cartes alternatives et subversives comme moyens de reconnaître le passé, d'évaluer le présent et d'imaginer l'avenir. Elle conclut que les cartes, bien qu'étroitement liées au colonialisme britannique et israélien, et constamment utilisées comme moyens d'effacement, peuvent être réinvesties comme expressions d'un imaginaire géographique et comme moyens de résistance.

L’ONG palestinienne 7amleh a publié le rapport Mapping Segregation - Google Maps and the Human Rights of Palestinians (« Cartographier la ségrégation - Google Maps et les droits fondamentaux des Palestiniens »). Cette recherche montre comment les cartes affectent la vie des Palestiniens en Israël et en Palestine occupée. Elle révèle particulièrement comment Google Maps adopte et promeut la vision israélienne de l’espace des territoires israélien et palestinien et comment cela affecte le respect des droits des Palestiniens.

Le Parisien diffuse une carte trompeuse des « territoires palestiniens perdus » (InfoEquitable). « Contrairement à ce que montre la carte, un grand classique de la propagande palestinienne dont de nombreuses versions circulent sur internet, les premiers Territoires palestiniens autonomes ne remontent pas à 1945, mais à 1994. » 

Khalil Tafakji (2021). 31° Nord 35° Est. Chroniques géographiques de la colonisation israélienne. La Découverte (Orient XXI). Ces Chroniques géographiques de la colonisation israélienne livrent le témoignage d’un « technicien », dont l’objectif tout au long de sa carrière professionnelle fut de « faire parler les cartes ». 

La démographie, l’autre face du conflit israélo-palestinien par Philippe Velilla (Areion24 News). A compléter par ce graphique qui compare l'évolution des deux populations depuis 1950 : Match démographique Israël-Palestine (Monde diplomatique).


Liens ajoutés le 18 mai 2021

Un fil Twitter à dérouler concernant le floutage des images satellites de la bande de Gaza dans Google Maps :


Liveuamap, qui s'est spécialisé depuis 2014 dans le suivi en direct des conflits, donne une lecture en apparence factuelle du conflit israélo-palestinien, mais qui reste tout de même à interroger (cf cartes à punaises pour montrer les zones pilonnées, les victimes...)

Aperçu de l'interface du site Israelpalestine.liveuamap.com



Articles connexes


La carte, objet éminemment politique : la montée des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis




Données SIG sur les écorégions terrestres (Resolve et OneEarth)


Une écorégion désigne un ensemble d'écosystèmes caractéristique d'une aire biogéographique et défini à partir de la végétation et des espèces animales qui y prédominent et y sont adaptées. En fonction de leur propre histoire biogéographique, les écorégions vont de la taille d'un archipel comme les rochers de Saint-Pierre et Saint-Paul (6 km²) à la taïga de la Sibérie orientale (3,9 millions de km²), qui abrite l'une des plus grandes étendues de forêts boréales au monde. 

Depuis 1995, le Dr Eric Dinerstein et d’autres biologistes ont inventorié plus de 800 écorégions dans le monde. Cette typologie sert de référence concernant les priorités à fixer en matière de conservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique. Ces 846 écorégions ont été regroupées en 14 biomes et 8 domaines biogéographiques (néarctique, néotropical, paléarctique, afrotropical, indo-malais, australasien, océanien et antarctique). Parmi les 14 biomes, 6 d'entre eux correspondent à des régions forestières.

La première carte des écorégions a été élaborée en 2001. En 2017, une version mise à jour a été publiée pour refléter « les progrès récents de la biogéographie ». La carte des écorégions de 2017 peut être consultée en ligne. Les ONG Resolve et One Earth mettent à disposition un site appelé Instantanés des écorégions afin de les faire découvrir au grand public.


Capture d'écran de la carte interactive Ecoregions snapshots (© Resolve)


L'ensemble des données sur les écorégions terrestres est disponible au format shp et utilisable sous Google Earth Engine :

Shapefile (zip 150 Mo) sous licence CC-BY 4.0

• Ensemble de données Google Earth Engine

Les données SIG contiennent le nom de l'écorégion, du biome et du domaine biogéographique. Deux champs attributaires concernent la superficie et l'extension en latitude des écorégions. Elles indiquent également le degré de menaces sur la biodiversité selon la typologie NNH (Nature Needs Half). Cette dernière fait référence aux efforts déployés par les scientifiques, les défenseurs de l'environnement, les organismes à but non lucratif ou les agences publiques pour protéger 50% de la planète d'ici 2030 afin de préserver la biodiversité.

Les degrés de protection des écorégions en fonction de la typologie NNH (© Resolve)

Les catégories NNH sont les suivantes :

  • plus de 50% de la superficie totale de l'écorégion est déjà protégée ;
  • moins de 50% de la superficie totale de l'écorégion est protégée, mais la quantité d'habitat naturel non protégé pourrait faire l'objet d'une protection à plus de 50% si de nouvelles zones de conservation étaient ajoutées ;
  • entre 20 et 50% de protection. Les écorégions de cette catégorie nécessiteraient une restauration pour atteindre la moitié de la protection. La nature pourrait se rétablir ;
  • nature en péril : la quantité d'habitat naturel protégé est inférieure ou égale à 20%. Atteindre la moitié de la protection n'est pas possible à court terme et les efforts devraient se concentrer sur la conservation des fragments d'habitats indigènes restants.

Référence

Dinerstein, E., Olson, D., Joshi, A., Vynne, C., Burgess, N. D., Wikramanayake, E., … & Saleem, M. (2017). An ecoregion-based approach to protecting half the terrestrial realm. BioScience, 67(6), 534-545. http://doi.org/10.1093/biosci/bix014


Articles connexes

Une carte animée des biomes anthropogéniques ou anthromes à l'échelle mondiale (Anthroecological Lab)

L'histoire par les cartes : l'Asie du Sud-Est à travers des cartes japonaises élaborées pendant la 2e Guerre mondiale


Gaihozu Viewer, une application web développée par l'université de Tohoku, met à disposition du public une collection de cartes historiques sur l'Asie du Sud-Est (principalement l'Indonésie, la Malaisie et Singapour).

Interface pour consulter les cartes du Gaihozu Viewer


Du XIXe siècle à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'ancienne armée impériale japonaise a réalisé de nombreuses cartes topographiques à des fins militaires. Les cartes des zones situées en dehors des îles japonaises sont appelées Gaihōzu, ce qui signifie « cartes des terres extérieures ». C'est là que les opérations militaires ont été menées par le Japon dans le but d'établir une vaste "zone de co-prospérité" sous son influence directe en Asie du Sud-Est. 

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'ancienne armée impériale a tenté de brûler ces cartes qui constituaient des documents confidentiels. Plusieurs ensembles de cartes ont été confisqués par l'armée américaine et ont été conservés dans une collection déposée à la bibliothèque de l'Université de Stanford.

Les cartes proviennent de différentes sources : enquêtes officielles du département du cadastre japonais, reproductions de cartes réalisées par d'autres pays, enquêtes secrètes effectuées sous ordres scellés. Ce qui donne des cartes d'échelles et de styles très variés. Les cartes ont reçu des codes couleurs en fonction de leur année d'impression (de 1939 à 1945) et sont accessibles par échelle.

Carte de Bandoung en 1943 à comparer de son emprise actuelle



Ces cartes peuvent être utilisées pour étudier les changements dans l'occupation du sol, les transformations des espaces ruraux et urbains, l'impact des catastrophes naturelles ou de la déforestation aujourd'hui par rapport à l'époque.

L'université de Tohoku référence par ailleurs toutes les cartes du fonds Gaihōzu produites depuis la fin du XIXe siècle sur une même interface web (GaDAMA) qui permet de retrouver l'ensemble des cartes à l'échelle de l'Asie du Sud-Est.

Gaihōzu Digital Archive Map-search App (GaDAMA)


Pour compléter
 

Gaihōzu : Japanese Imperial Maps (Stanford University)

Japanese Imperial Maps as Sources for East Asian History : The Past and Future of the Gaihōzu (Cross-Currents e-Journal, 2012)

Cartes japonaises anciennes de la collection David Rumsey 

Un fil de discussion sur Twitter concernant une ressource cartographique très riche mais finalement peu utilisée par les historiens en Asie : les Gaihōzu (外邦 図) « cartes des terres extérieures » qui mériteraient des recherches scientifiques plus approfondies.

Articles connexes

L'histoire par les cartes : la collection de cartes japonaises de la Manchester University Library

L'histoire par les cartes : les représentations cartographiques de Kyoto pendant la période Tokugawa (1603–1868)

L'histoire par les cartes : la carte retraçant les voyages du navigateur chinois Zheng He au XVe siècle en version interactive



La rhétorique derrière les cartes de propagande sur le coronavirus


Source
: The Rhetoric Behind the Coronavirus Propaganda Maps (Mathieu Guglielmino, Nightingale)

Les cartes sont parmi les dispositifs de narration les plus efficaces jamais créés car elles cachent souvent leur message subjectif derrière le langage visuel de l'objectivité scientifique. Chaque élément d'une carte - des sources de données aux couleurs en passant par le titre - contribue à alimenter un récit. L'épidémie de Covid-19 s'est accompagnée d'une véritable infodémie. Des milliers de cartes ont été produites en lien avec l'épidémie et vont encore être produites sur un grand nombre de thématiques. L’OMS a décidé de faire de la lutte contre l’épidémie de fausses informations  sur le coronavirus l'une de ses priorités.

Mathieu Guglielmino, datavisualiste de profession, fournit une analyse très intéressante à partir de la grille de Muehlenhaus qui identifie quatre styles rhétoriques de "géocommunication persuasive". Dans un article paru en 2013, Ian Muehlenhaus a proposé 14 « esthétiques de la carte » qui constituent la grammaire visuelle de la cartographie. Cette rhétorique de la carte combine quatre styles principaux : 
  • simple / multiple
  • spécification des données / simplification des données
  • dynamique / statique
  • symbolisation géométrique / symbolisation émotionnelle


Référence : Muehlenhaus, I. (2013). Four rhetorical styles of persuasive geocommunication : An initial taxonomy. Dresden: International Cartographic Association (consultable en ligne).

A l'appui de sa démonstration, l'auteur prend une 30e d'exemples de cartes qu'il classe et analyse. Ces cartes vont de la propagande et du sensationnalisme à l'argument d'autorité ou au message ambigu. Voir la liste des cartes recensées par l'auteur à partir de mots-clés saisis sur le moteur de recherche de Google.

La carte des premiers cas de Covid-19 à la Réunion en avril 2020, par exemple,  a suscité la polémique en reprenant les lieux de résidence des personnes contaminées, quand bien même ces personnes auraient été contaminées en métropole ou en un autre lieu. Ce n'est donc en aucune façon une carte qui permet de montrer les zones plus exposées à un risque de transmission pas plus qu'une carte indiquant des clusters (aucun cluster n'était alors recensé à La Réunion). La carte de l'ARS est à comparer à la version beaucoup plus anxiogène qui a circulé sur les réseaux sociaux :




L'une des pratiques les plus courantes consiste à chercher des corrélations en croisant les données épidémiques avec la composition sociale ou ethnique des populations. Si les catégories sociales les plus vulnérables ont pu être davantage impactées, le lien n'est pas systématique. "Les données ne sont jamais que des données, c’est toujours un récit" et on leur fait souvent dire plus qu'elles n'en disent.

Et l'auteur de conclure :
« La rhétorique est l'art de la persuasion, visant à informer, persuader ou motiver le public. La rhétorique visuelle étudie comment la persuasion peut être réalisée à travers un médium visuel et fournit un outil puissant pour analyser la façon dont les cartes structurent les récits. Comme dans dispositif de narration, la forme de la carte est aussi importante que la précision des données. » 

Mathieu Guglielmino a fondé la société de consulting CyGraph, basée à Paris spécialisée dans l'affichage graphique des données et le data storytelling. Il forme les employés d'entreprises ou d'organisations à la visualisation efficace des données.

Pour lire l'article (en anglais) :
Mathieu Guglielmino (2021). The Rhetoric Behind the Coronavirus Propaganda Maps. Nightingale, The Journal of the Data Visualization Society, URL https://medium.com/nightingale/the-rhetoric-behind-the-coronavirus-propaganda-maps-3cd6ec84aa63


Lien ajouté le 16 mai 2021


Articles connexes

La cartographie des épidémies entre peur de la contagion et efforts de prévention. Exemple à travers la diffusion du coronavirus


Cartes et données sur la vaccination contre la Covid-19 en France et dans le monde

La France en 12 portraits : cartes et analyses dans le rapport de l'Observatoire des territoires (avril 2021)

L'Observatoire des territoires publie un État des lieux de la France (2019-20) en 12 portraits. Ce dossier est vraiment très riche pour alimenter des analyses et travailler en géographie sur les notions de dynamiques démographiques, d'inégalités territoriales, de centralités urbaines, de mobilités et d'accessibilité au logement, aux transports, au numérique.

Le huitième rapport de l'Observatoire des territoires intitulé « La France en douze portraits » fournit des analyses très détaillées, avec cartes à l'appui sur les thématiques suivantes :

Pour télécharger La France en 12 portraits en PDF. 

Pour accéder à l'ensemble des cartes dans la cartothèque de l'Observatoire des territoires.

Articles connexes

La cartographie interactive de l'Observatoire des territoires s'enrichit de nouveaux zonages et indicateurs

Rapport de l'Observatoire des territoires sur l'impact des mobilités en France

eCarto, l'observatoire des territoires numériques éducatifs en open data



L'histoire par les cartes : la collection de cartes japonaises de la Manchester University Library


Source : Japanese Maps Collection launches on Manchester Digital Collections (Rylands Blog)

La Bibliothèque de l'Université de Manchester propose une collection de cartes japonaises qu'elle a numérisées en haute définition. La collection comprend une 60e de documents (cartes, images et atlas) concernant principalement la période Edo (1603-1868), à l'exception d'une carte touristique du Japon publiée en 1897 et quelques cartes du Japon publiées en Grande-Bretagne entre la fin du XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle. 

Interface de consultation de la Bibliothèque numérique de l'Université de Manchester


Dès le XVIIe siècle, la dynastie Tokugawa ainsi que les autorités japonaises locales ont ordonné des levés fonciers périodiques afin d'augmenter leur contrôle territorial, ce qui a abouti à la production de cartes administratives. Dans le même temps, une industrie de l'édition en pleine croissance a généré une multitude de cartes commerciales, certaines basées sur les modèles officiels, d'autres créées spécifiquement pour la diffusion auprès du public. La production cartographique qui en a résulté comprenait une grande variété de cartes : des cartes des zones sacrées, des cartes routières, des cartes de villes, des cartes provinciales et régionales, des cartes politiques de tout le pays et des cartes du monde.

Le marché de ce type de matériaux était vaste. Au XVIIe siècle, la dynastie Tokugawa a établi des restrictions strictes sur les déplacements, à la fois à l'intérieur du pays et au-delà des frontières. Bien que ces restrictions aient été levées progressivement, les cartes et autres documents topographiques ont continués à être recherchés par toutes les catégories sociales afin de pouvoir explorer virtuellement le pays (et le monde environnant). Ces cartes ne servaient pas exclusivement à des fins pratiques et n’étaient pas nécessairement inspirées par les notions de représentation « objective » ou « scientifique ». Certaines d'entre elles étaient au moins partiellement (et dans certains cas fortement) de nature picturale. Distribuées des principaux centres d'édition vers les régions périphériques via un réseau commercial national, elles ont participé au développement d'une nouvelle conscience géographique au Japon.

Carte japonaise du monde (1844) en deux hémisphères, basée sur une carte française de 1835 (japaneese 118a)


Chaque carte fait l'objet d'une présentation détaillée (en anglais) et s'accompagne d'une bibliographie. Possibilité de zoomer pour voir les détails ou de télécharger les cartes au format jpg.

Accès à la collection de cartes japonaises :
https://www.digitalcollections.manchester.ac.uk/collections/japanesemaps/2

Accès aux autres collections numérisées de la Manchester University Library :
http://www.digitalcollections.manchester.ac.uk/collections/


Articles connexes

L'histoire par les cartes : les représentations cartographiques de Kyoto pendant la période Tokugawa (1603–1868)

L'histoire par les cartes : la carte retraçant les voyages du navigateur chinois Zheng He au XVe siècle en version interactive




Les données sur le logement social en France disponibles en open data


Plus d'un million de demandes de logements sociaux sont déposées chaque année sur le Système National d’Enregistrement (SNE). Ce dispositif informatique déployé depuis 2011 permet la production de données statistiques. Le Groupement d’Intérêt Public en charge du SNE publie ces données statistiques sur la plateforme data.logement.gouv.fr.

Les données sont disponibles en open data à l'échelle des  EPCI. L'interface du site n'est cependant pas très facile à utiliser. Les fichiers sont téléchargeables séparément à partir de filtres par régions et par critères d'attribution. Ils ne comportent pas de Code officiel géographique (COG), ce qui rend leurs réutilisations quelque peu compliquées.



Les freins à l’exploitation de l’open data : l’exemple des demandes de logement social. Par Mathieu Chevallier et Julia Dumont
Des rapports sur les demandes de logements sociaux sont publiés chaque année. Ces informations servent aux acteurs du logement soucieux d’améliorer la qualité de l’offre sociale, et contribuent à la transparence des politiques sociales de l’habitat. Pourtant, réutiliser ces données est ardu et l’on peine à les qualifier d’ « ouvertes ». Enquête sur ce qui pourrait devenir un jeu phare de l’open data français.

Avec les statistiques SNE, le Répertoire des logements locatifs des bailleurs sociaux (RPLS) constitue la deuxième source principale d'informations. Ce répertoire dresse l’état global du parc de logements locatifs des bailleurs sociaux au 1er janvier de chaque année. Mis en place au 1er janvier 2011, il est alimenté par les informations transmises par les bailleurs sociaux.

Le site Koumoul propose une carte interactive des logements sociaux à partir des données du RPLS. La couleur correspond au DPE énergétique et on peut filtrer par année de construction.

Pression sur la demande de logement en 2018 (La France en 12 portraits, Observatoire des territoires)


Pression sur le logement social dans les aires d'attraction des villes (Observatoire des territoires



Les villes françaises qui ont construit le plus de logements sociaux en 2017-2019 (Journal du Net)

Les prix immobiliers en France par départements et par villes (BFM Immo)

Cartes et infographies sur le parc social en Ile-de-France (AORIF)

Musée virtuel du logement social

La liste des communes exemptées exceptionnellement des obligations SRU pour la période 2020-2022 (Capital.fr)

La carte du prix moyen par m2 du loyer pour un appartement ou pour une maison sur le site du Ministère de la Transition Écologique.




Articles connexes


Humanités numériques spatialisées (revue Humanités numériques, n°3, 2021)

 

La revue Humanités numériques propose dans sa 3e livraison un numéro tout-à-fait intéressant sur les humanités numériques spatialisées (à lire en open access). Ce numéro aborde plusieurs thématiques à la croisée de l'information spatiale, de l'histoire et de l'archéologie :

  • le traitement de l’information spatiale dans des corpus textuels issus des travaux en sciences humaines et sociales, principalement en études littéraires ;
  • les problématiques d’acquisition, de spatialisation et de diffusion de données géographiques du passé et du patrimoine, donc, ici, davantage en lien avec la recherche en histoire ;
  • l’information spatiale, son traitement et ses usages en archéologie.

Éditorial. Le troisième vient, c’est encore une première…

Carmen Brando, Francesca Frontini, Dominic Moreau, Mathieu Roche et Éric Masson


Information spatiale et corpus textuels 


Anne Klammt

Ioana Galleron, Roxana Patraș, Camelia Grădinaru et Frédérique Mélanie-Becquet

Motasem Alrahabi, Carmen Brando, Muhamed AlKhalil et Joseph Dichy

Hélène Flamein et Iris Eshkol-Taravella

Intégration et usages des données historiques et patrimoniales 


Isabella di Lenardo, Raphaël Barman, Federica Pardini et Frédéric Kaplan

Jean-Michel Follin, Élisabeth Simonetto et Anthony Chalais

Juliette Morel

Paul Lecat, Émile Blettery, Lætitia Delavoipière, Frédéric Saly-Giocanti, Sylvaine Conord, Valérie Gouet-Brunet, Alexandre Devaux, Mathieu Brédif et Frédéric Moret

Christine Plumejeaud-Perreau, Mélissa Mimouni, Alain Bouju, Christian Pfister-Langanay, Thierry Sauzeau et Silvia Marzagalli

Landy Rajaonarivo, Marie-Noëlle Bessagnet, Christian Sallaberry, Annig Le Parc Lacayrelle et Philippe Roose

Systèmes d’information géographique et archéologie 


Francis Tassaux

Nicolas Revert

Élodie Guillon et Antoine Laurent

Christophe Tufféry, Vincent Delvigne, Paul Fernandes et Céline Bressy-Léandri

Nicolas Poirier


Compte rendu


Déborah Dubald


Articles connexes

L'histoire par les cartes : la carte archéologique de Paris

Des images Lidar pour rendre visible l'invisible. L'exemple de l'archéologie
Etudier les formes urbaines à partir de plans cadastraux

 

« Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours ». Napoléon et les cartes


Le 5 mai 2021 a marqué le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier. La célébration de cet anniversaire a créé la polémique et divisé l'opinion concernant l'organisation des commémorations ainsi que l'héritage discuté de Napoléon (voir les débats rassemblés sur cette page Wikipédia). Entre légende noire (cf  « l'Ogre corse ») et légende dorée (cf « le bâtisseur de la France moderne » ), le personnage continue à susciter la controverse deux cents ans après sa mort, en particulier sur la question du rétablissement de l'esclavage. Ce billet examine une dimension un peu moins connue, le rapport de Napoléon aux cartes à partir de différentes ressources notamment de l'Exposition des Archives nationales "Dessiner pour Napoléon. Trésors de la secrétairerie d'Etat impériale".

1) La cartographie scientifique au service de l'art militaire

« Tout État fait la politique de sa géographie ». Napoléon s'intéressait aux cartes et à la géographie avant tout dans un but militaire. Alors que la cartographie contribue à faire la nation, pour Napoléon elle doit d'abord servir à faire la guerre. La principale préoccupation de Napoléon était de disposer de bonnes cartes de l'Europe et notamment des États allemands qu'il s'apprêtait à envahir (Pelletier, 2018). L'Empereur écrit ainsi dans une lettre adressée au chef d'Etat-major le maréchal Berthier le 26 octobre 1804 : 

« Je crois que les ingénieurs géographes travaillent, mais je ne suis pas certain qu’ils travaillent sur de bonnes bases. On leur fait faire des cadastres et non des cartes militaires ; d’où il suit que dans vingt années on n’aura rien. J’ai eu occasion de m’en assurer dans les départements du Rhin ; on m’a présenté de grandes cartes très inutiles. On a employé quatre années, et je ne sais quel nombre d’ingénieurs, et quelle somme d’argent, à ne faire qu’une partie du département de la Roer [Ruhr], et l’on a rien des départements de Rhin-et-Moselle, du Mont-Tonnerre, qui sont véritablement importants. Mettre vingt années à terminer des cartes et des plans, c’est trop travailler pour la postérité. Si l’on s’en était tenu à faire des cartes sur l’échelle de Cassini, on aurait déjà toute la frontière du Rhin. Combien de circonstances peuvent se présenter d’ici à vingt ans où nous les regretterons ! Que d’événements peuvent arriver, même pour cet amas papier, avant qu’on ait tiré quelque avantage de tout ce travail ! Je ne sais pas pourquoi la guerre veut faire des cadastres. Les ingénieurs avaient commencé en Corse un cadastre, qui dans le pays était regardé comme très-mal fait ; il n’y avait de bien et de très utile que la grande carte qui s’est perdue et qui ne devait pas coûter plus de cent mille écus, tandis que le cadastre coûtait plusieurs millions [...] Les ingénieurs sont trop maîtres de faire ce qu’ils veulent. Je n'avais pas demandé autre chose que de compléter la carte de Cassini. » 

Napoléon 1er, Correspondance militaire, t.3, Paris, Plon, 1876-1877, p. 81-82


« Le Triomphe des Armées françaises » par Antoine Monsaldy (source : Gallica)



« L'Empereur Napoléon dans son bivouac préparant par sa pensée la victoire d'Austerlitz » (source : Gallica)


Avec l'arrivée de Bonaparte au pouvoir en 1799, les méthodes de cartographie et la collecte des informations ont pris un essor considérable : action des ingénieurs géographes, développement de la statistique, confection du cadastre ou développement des recensements en tous genres (Brun, 2011). Napoléon hérite de savoirs cartographiques déjà largement développés en France au XVIIIe siècle, notamment par la famille des Cassini. 

Pour aller plus loin : 

  • Napoléon 1er , Correspondance militaire, t.3, Paris, Plon, 1876-1877, p. 81-82, lettre à Berthier, 26 octobre 1804 (consultable sur le site Napoléon, histoire du Consulat et du Premier Empire).
  • Les ingénieurs géographes. La science au service de l'Empire. Par Jean-François Brun. Revue du Souvenir Napoléonien, 2011 (consultable sur le site Napoleon.org).
  • La fin d'un rêve : dislocation de l'Empire et restitution des cartes réunies pour sa constitution. Par Monique Pelletier (Comité Français de Cartographie, n° 237, septembre 2018).
  • La carte : outil indispensable des campagnes napoléoniennes (BU de Clermont).

2) Le cadastre "qui viendra en complément utile de mon code" et limitera les procès

« Un bon cadastre parcellaire sera le complément de mon Code en ce qui concerne la possession du sol. Il faut que les plans soient assez exacts et assez développés pour servir à fixer les limites des propriétés et à empêcher les procès. »  (Correspondance, Paris, Imprimerie impériale, 32 vol. 1858-1869).

Le cadastre napoléonien reprend les méthodes d'arpentage de l'Ancien Régime mais va beaucoup plus loin que les plans terriers dans la création d'une cartographie précise et homogène à l'échelle nationale. Lancé en 1807, le cadastre ne sera parachevé que bien après la mort de Napoléon. Quand on parle le cadastre "napoléonien", il faut surtout penser aux géomètres qui vont réaliser ce travail à partir de la Restauration et de la Monarchie de Juillet. La cartographie ne sert plus seulement à faire la guerre, elle est désormais mise au service de l'oeuvre administrative et fiscale. 


Pour aller plus loin : 

3) « Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours » (Napoléon)

Cette citation, maintes fois reprise et souvent déformée, est généralement utilisée pour prouver la supériorité du langage graphique sur le langage écrit ou oral. Mais une image vaut-elle vraiment mille mots ? On peut s'interroger. Si de prime abord, ils paraissent véhiculer un message plus simple et plus explicite, les cartes et les croquis obéissent à des règles sémiologiques et nécessitent d'être décryptés dans leur contexte et avec leurs propres codes pour être compris. 

Cette citation qui est devenue presque un adage mérite d'être discutée. Il est d'ailleurs difficile d'en trouver la source exacte. Il n'est pas sûr que la phrase ait eu le même sens à l'époque. Pour Napoléon, il s'agissait de pouvoir résumer à grands traits la situation afin de pouvoir prendre des décisions stratégiques. Aujourd'hui le sens de la citation se limite à tout croquis ou schéma permettant de faire comprendre simplement une idée. 

Pour aller plus loin : 


4) Fonds cartographiques sur la période napoléonienne

Dessiner pour Napoléon. Trésors de la secrétairerie d'Etat impériale. Exposition du 10 mars au 19 juillet 2021 (Archives nationales). 

Grâce au soutien de la Maison Chaumet, de la Fondation Napoléon et des nombreux donateurs ayant participé à la souscription Sauvez les dessins et les plans de Napoléon Ier, les Archives nationales ont restauré 1342 documents figurés, numérisé et mis en ligne 1800 documents. Parmi ces documents figurent des cartes de France et d'Europe, des plans de villes, de batailles ou d'aménagements. On peut admirer notamment la Carte des 103 départements, la Carte générale des fers et aciers, la Carte générale des mines de charbon, la Carte de Toulon et ses environs, la Carte relative au mémoire sur la défense de la côte du Morbihan, la Nouvelle carte de Hollande... Beaucoup d'autres cartes, croquis, plans à différentes échelles sont consultables dans ce fonds consacré aux Documents figurés de la Secrétairerie d'État (1799-1815).

Voir les Facebook live réalisés sur "L'industrie sous Napoléon", "Les aérostats", "La transformation de Paris sous l’Empire".

Comment Napoléon a transformé le visage des villes françaises (Europe 1

Projet urbain des Ponts et chaussées pour La Roche-sur-Yon - 7 Vendémiaire An VIII (source : Archives nationales)




Fonds cartographique du site Gallica (Bnf) en rapport avec Napoléon (Gallica).

Carte de l'Ile Ste Hélène dressée en 1823 pour le Mémorial de Ste Hélène par un ancien Ingénieur du Cabinet de Napoléon (Gallica).


5) L'exposition Napoléon - Grande Hall de la Villette (à partir du 28 mai 2021)

Autant admiré que controversé, Napoléon Bonaparte est un personnage complexe dont la vie oscille entre héroïsme et tragédie, victoire et défaite, avancées modernes et mesures régressives. A l’occasion du bicentenaire de sa mort, la Réunion des Musées Nationaux - Grand Palais, La Villette et Re Re / Adonis proposent une exposition dressant le portrait d’un personnage qui a façonné la France d’aujourd’hui. De vastes reconstitutions ainsi que de nombreux dispositifs numériques offrent aux visiteurs une véritable immersion au cœur de ces moments décisifs pour l’Histoire de France. Une rubrique de l’exposition, conçue avec la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, est dédiée aux sujets de la politique coloniale de Napoléon et du rétablissement de l’esclavage.

Accès à l'exposition : http://expo-napoleon.fr/

Pourquoi Bonaparte a-t-il rétabli l’esclavage ? La Fondation pour la Mémoire de l’Esclavage publie une note historique (Fondation pour la mémoire de l'esclavage)

Les archives du rétablissement de l'esclavage par Napoléon seront montrées pour la première fois au public en avril 2021 (France Culture)

En 1798, alors qu’il est général dans les armées de la Première République, Napoléon entreprend de conquérir l’Égypte et de bloquer ainsi la route des Indes à la Grande-Bretagne, restée hostile à la France révolutionnaire.  Cette expédition militaire en Égypte pour laquelle sont mobilisés d’importants moyens humains et matériels, est doublée d’une expédition scientifique : Napoléon emmène en effet avec lui près de 167 savants, artistes et dessinateurs, dont les observations et recherches serviront à publier un ouvrage, la Description de l’Égypte, ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l’expédition de l’Armée française [consultable sur Gallica].

Papiers de J.-Fr. Champollion le jeune (1790-1832).XIXe siècle. 2e série. I-V Panthéon égyptien (Gallica)

Dessins pour l’ouvrage de la commission d’Égypte (BnF)

Plan Topographique des Pyramides et des environs. Panckoucke, C. L. F. (Charles Louis Fleury), Commission des sciences et arts d'Egypte - 1823 (Collection David Rumsey)

La BnF s'active pour fêter Champollion et le déchiffrement des hiéroglyphes en 2022 (Gallica)

6) Cartes de reconstitution historique

La vie de Napoléon Bonaparte. Etapes et conquêtes (15 août 1769 - 5 mai 1821) par René Barbier (Gallica).

Comment Napoléon a conquis (et perdu) l’Europe (documentaire vidéo - Le Monde).

Napoléon et la conquête de l'Egypte, 1798-1801 (L'Histoire).

La carte de l'Empire napoléonien en 1812 (Cartolycée).

L'Empire français et ses 130 départements (Napoléon & Empire)

La campagne de France en 1814 (L'Histoire).

Le nouvel équilibre européen en 1815 (L'Histoire).

Napoléon se serait-il trompé en lisant la carte sur le champ de bataille de Waterloo le 18 juin 1815 ? C'est la thèse de Bernard Coppens pour expliquer la défaite de Napoléon à Waterloo. Un point de vue largement remis en cause par les historiens.

Et si Napoléon avait gagné ? L'empereur, héros de la première uchronie littéraire (France Culture).




Articles connexes

L'histoire par les cartes : une géovisualisation sur la campagne de Russie de 1812-1813 à partir de la carte de Minard