L'inégal côut d'abonnement à Netflix selon les pays


Source : Colin von Negenborn (2026). « Implicit Price Discrimination : The Netflix Index » [Discrimination implicite par les prix : l'indice Netflix], Nightingale, Journal of the Data Vizualisation Society, 24 septembre 2026. URL : https://nightingaledvs.com/implicit-price-discrimination/

Netflix est moins cher dans les pays les plus pauvres, mais est-ce suffisamment bon marché ? Les prix de Netflix varient considérablement d'un pays à l'autre. Un abonnement standard coûte environ 29 dollars en Suisse, environ 7 dollars en Inde et seulement 2,84 dollars au Pakistan. À première vue, cela semble presque équitable : les pays les plus riches paient plus cher que les pays les plus pauvres. Mais est-ce vraiment le cas si l'on tient compte du pouvoir d'achat local ? Ce projet crée un indice Netflix, une mesure relative des prix qui établit les coûts d'abonnement en fonction du PIB par habitant de chaque pays. Le résultat bouleverse en partie la situation initiale et met en lumière ce que les économistes appellent la discrimination par les prix au troisième degré : la segmentation des marchés par les entreprises et la pratique de prix différents selon les segments.

Prix ​​absolu (à gauche) et indice Netflix (à droite). Sources : Netflix, Banque centrale européenne, XE.com et Banque mondiale. Cartes réalisées par l'auteur.


Le contraste est frappant entre les deux cartes : les pays qui paient le plus cher par mois ne sont pas ceux pour qui Netflix est le plus onéreux par rapport à leurs revenus. Le fardeau pèse de manière disproportionnée sur les pays à faible revenu.

Ouvrir la carte interactive dans un nouvel onglet.

Tout le code est disponible sur GitHub.

Le processus est entièrement reproductible : le notebook récupère automatiquement toutes les données actualisées auprès de Netflix, de la Banque mondiale, de la BCE et de XE. Les données géographiques, les prix Netflix et l’indice calculé sont également stockés dans le dépôt, ce qui garantit la reproductibilité de l’analyse même en cas de modification des sources en amont.

L'auteur de l'étude, Colin von Negenborn, est économiste quantitatif et chercheur postdoctoral spécialisé en théorie des jeux et modélisation informatique. Il s'intéresse particulièrement aux questions d'équité, d'efficacité et autres problématiques de distribution.

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La beauté cachée des cartes. Par Jean-Luc Arnaud

 

A l'heure de la génération automatique de cartes produites par intelligence artificielle, il n'est pas inutile de revenir à l'essentiel : le geste du cartographe qui emplissait de symboles la page papier et organisait l'espace à sa manière. Avant même de l'envoyer à l'imprimeur, il prenait conscience que son geste, reproduisant voire dépassant sa pensée, était susceptible d'ouvrir tout un univers de sens que les lecteurs pouvaient alors explorer à leur guise. Mais cela n'est-il pas le cas encore aujourd'hui, où la cartographie 2.0 n'hésite pas à explorer les conditions de production et de partage des cartes ?

L'ouvrage de Jean-Luc Arnaud est magnifique, presque une oeuvre d'art en soi qui vient célébrer « la beauté cachée des cartes ». Il vient rappeler, si besoin est, que la carte est un art autant qu'une technique, qu'elle s'inscrit dans une poïésis qu'il convient de retrouver à travers l'acte même de sa conception. Il ne faut pas se fier aux apparences : Jean-Luc Arnaud ne fait pas que de partager sa passion pour les cartes, il nous en révèle la profonde ambivalence. Que vaut en effet une carte, lorsqu'on lui enlève son auteur, son titre, sa légende ou son orientation ? C'est à ce jeu qu'il nous invite et dans ce chemin que l'on a pris beaucoup de plaisir à le suivre.

Jean-Luc Arnaud, La Beauté cachée des cartes, Atlas Autrement, collection « Atlas pour tous », 2025.


La carte, entre art visuel et art poétique

« De toute évidence, les cartes n’ont pas été produites pour cet usage. Ce sont des détournements dont les résultats témoignent du fort potentiel de la cartographie à être divertie de son objectif initial ».

L'ouvrage La beauté cachée des cartes est une invitation à « porter un autre regard sur les cartes ». L'entreprise peut paraître au départ étrange, voire déroutante. Jean-Luc Arnaud a sélectionné plus de 200 morceaux choisis de cartes du monde entier. Extraits de la planche d’origine et de leur contexte, ces fragments deviennent, une fois agrandis, de véritables oeuvres d’art. Surgissent ainsi des paysages, des fleurs, des animaux ou des motifs géométriques, accompagnés de textes poétiques. Les cartes géologiques, météorologiques ou statistiques révèlent des détails insoupçonnés et créent une collection de tableaux abstraits qui transporte dans un voyage inédit et surprenant.

Ce livre, de très belle facture, mérite d'être mis entre toutes les mains. Il se destine aussi bien aux experts qu'aux amateurs. Les fragments de carte se donnent à voir comme des images aussi belles qu'énigmatiques. C'est la raison pour laquelle l'auteur a pris le soin de les accompagner de textes. Mis en regard de chaque image, ces textes - souvent poétiques - viennent en montrer le mode de construction et en dévoiler en partie le sens. Il faut ici le rappeler : la cartographie est d'abord un acte de création (au sens même de poïésis). Le mot est censé dire la chose. Enfin pas vraiment ou pas complètement car la carte va au delà de l'image, elle a ses propres codes et symboles. Entre l'émetteur et le récepteur ou, pour le dire autrement, entre la boîte à dessiner (à dire et à penser) du cartographe et la boîte à déchiffrer (à voyager et à rêver) du lecteur, le message passe-t-il aussi bien qu'on le croit ?

Du symbole à la carte, et inversement

« Les cartes comportent rarement des indications quant à la manière d’en conduire l’investigation. Ce sont des représentations synoptiques susceptibles d’être l’objet de multiples formes de consultation mais on ne lit jamais une carte comme on lirait un livre... Agrandir impose un resserrement du cadre. Il est souvent nécessaire de tailler dans le vif, en particulier dans les mots et dans les signes conventionnels ».

Du symbole à la carte et inversement, ce n'est pas seulement une affaire de conventions sémiologiques. Se dégage en creux toute une réflexion sur la sémiotique de l'image cartographique. Le cartographe a des raisons que la raison du lecteur parfois ignore. Entre l'image dessinée par l'un et la capacité d'observation et de compréhension de l'autre, il peut y avoir de la marge. Ce qui est bien normal et ne doit pas conduire à dire que les cartes nous mentent, mais plutôt qu'elles ne nous disent pas tout et dérobent parfois l'essentiel à notre regard, alors qu'en apparence elles nous mettent tout sous les yeux. C'est dans ce jeu entremélé de l'image et du texte, du symbole cartographique et de son interprétation que l'auteur nous entraîne. Ce que montre très bien Jean-Luc Arnaud, c'est que nous sommes trop prisonniers de l'idée que les cartes devraient se lire et se comprendre d'emblée, pouvoir être embrassées d'un seul regard. Rompre avec cette approche synoptique et cette vision monolithique est d'une impérieuse nécessité. Il convient d'aller y voir de plus près, de les examiner « à la loupe » pour voir ce qu'elles ont à nous dire dans le détail. Du concret à l'abstrait et inversement, il faut sans arrêt parcourir le chemin visuel sur la carte. Un seul détail peut parfois amener à jeter un autre regard sur la carte.

La carte comme moyen d'interroger nos certitudes

« Placés en vis-à-vis, textes et extraits de cartes entretiennent des correspondances diverses mais toujours en tension tant leurs interprétations peuvent être plurielles. En invitant le lecteur à faire un pas de côté, ce livre se propose de troubler quelques certitudes ».

La beauté cachée des cartes est sans conteste un livre d'émerveillement, au sens propre et figuré. Il suscite l'admiration et contient des merveilles (des perles cartographiques ?) de nature à créer la surprise et à susciter la curiosité. On ne manquera pas tout d'abord de s'émerveiller des belles formules poétiques qui accompagnent les fragments de carte qui, tel un jeu de correspondances, nous permettent d'accéder à ces images abstraites. Ainsi le sifflement des trains à vapeur et le craquement des wagons sur une carte du réseau de chemin de fer dans le nord-ouest de la France en 1894. Au détour d'une image, la carte peut se faire sonore. Ou encore ce quadrillage de bâtiments au sol qui, vu verticalement, pourrait devenir une façade d'immeuble sur un plan de la ville de Hungnam en Corée du Nord en 1945. De quoi brouiller nos perspectives visuelles.

C'est aussi et surtout l'occasion de retrouver le pouvoir d'interroger nos certitudes. Et l'auteur de jouer avec nos représentations : « Une carte représente un espace donné par une combinaison de points, de lignes, de surfaces et d'écritures. Un point, c'est tout ». N'est ce pas ce que l'on répète souvent et - il faut le reconnaître - bien naïvement quand on enseigne la cartographie ? Que devient le point lorsqu'on l'agrandit, une surface n'est-ce pas ? Ainsi sur une carte des deltas de l'Annam au 1:25 000 de 1909 où, à force de zoomer, le point finit par devenir une grosse tâche colorée bavant sur le papier. Inversement, que devient le cercle lorsqu'on le diminue ? Un point noir minuscule presque imperceptible à l'oeil nu. Un conseil : ouvrez l'oeil, mais surtout n'allez pas prendre au pied de la lettre ce que vous dit l'auteur, quand bien même celui-ci aime à jouer avec le tracé des lettres sur la carte à plusieurs endroits de l'ouvrage, parfois jusqu'aux limites de l'absurde. L'art du double jeu, Jean-Luc Arnaud s'en délecte et le lecteur avec lui. 

La surface, le point, la ligne peuvent cacher bien des significations insoupçonnées. Ainsi ces cercles et ces lignes mystérieuses sur les cartes aéronautiques si difficiles à déchiffrer, a fortiori lorsque la carte est dans une autre langue que la sienne. La carte peut garder son mystère indéchiffrable, en dépit de tous les efforts minutieux de son concepteur pour se faire comprendre. Au delà des limites de notre entendement, la carte ne cesse jamais d'exercer son pouvoir d'étonnement, quitte parfois à nous bouleverser. Quel sens donner à ces tâches de couleur sur une carte ethnique de la Hongrie de 1941 qui distingue les Israélites en noir des autres peuples et minorités indiqués en polychromie ? Ou encore ces camps de prisonniers en Lituanie représentés par des petits cercles colorés sur des aplats de rose sur une carte allemande de 1942 ? Tout n'est pas rose, loin s'en faut quand on observe de près. La carte peut devenir tragique, lorsque le lecteur entrevoit la réalité voire la cruauté qui peut se cacher derrière des signes en apparence anodins.

Et quand bien même le rouge-rose-orangé domine sur beaucoup de cartes pour mieux trancher dans le vif, c'est loin d'être aussi simple qu'on pourrait le croire. La carte peut dégager des émotions. Telle frontière surlignée de rouge peut être un moyen d'indiquer des limites nationales ou, si l'on est migrant, d'éprouver la douleur du franchissement. Le rouge vif n'est pas le seul moyen à disposition. Le noir et le blanc peuvent, tour à tour, venir mettre en valeur ou invisibiliser. Les lignes entremêlées d'un réseau peuvent d'un coup prendre sens lorsqu'on les relie entre elles ou au contraire restées à jamais insaisissables faute d'arriver à en démêler l'écheveau. C'est notre regard porté sur la carte qui oriente nos représentations et, dans un mouvement inverse, nous permet de relever tel détail imperceptible pour autrui. Tout est affaire de codes de perception et de capacité à ressentir en fonction de sa propre sensibilité, de l'époque où l'on vit ou celle dans laquelle la carte nous projette. 

L'envie de remonter aux sources

« La beauté cachée des cartes est désorganisée comme la promenade d’un flâneur qui privilégie les incertitudes et les tensions. Un flâneur toujours prêt à emprunter un chemin de traverse au risque de s’égarer, toujours prêt à faire une pause ou bien un pas de côté pour examiner quelques brins d’herbe dans une fissure, au risque d’oublier le monument qui les porte ».

La carte, détachée de son contexte de production, finit par nous faire douter de l'intention même du cartographe qui l'a produite. Enseigner, apprendre, de et par la carte, c'est aussi une affaire de contextualisation. La tentation est grande de vouloir en savoir plus et de pouvoir appréhender ces cartes dans leur globalité. Comprendre la carte, c'est être capable à un moment donné de rassembler toutes nos perceptions éparses afin de leur donner sens. Après avoir décontextualisé et déconstruit, il convient alors de recontextualiser le document cartographique. Du symbole particulier à la carte générale, on peut volontiers se prêter au mouvement inverse et chercher à remonter aux sources, car l'auteur ne manque pas d'indiquer toutes ses références en annexe de l'ouvrage. Voici quelques exemples où l'on s'est attaché à retrouver les traces des cartes citées en référence dans l'ouvrage. L'occasion de s'émerveiller et de s'étonner en passant du micro- au macroscopique : à petite échelle et à grands traits, la carte peut encore avoir des choses à nous dire.

Il ne s'agit là que de quelques exemples. L'ouvrage comporte beaucoup d'autres cartes (géomorphologiques, géologiques, climatiques, météorologiques, démographiques ou économiques), dont le but n’était pas au départ d’être des œuvres d’art mais qui, sorties de leur contexte de production, forment comme une collection de tableaux abstraits qui transporte dans un voyage inédit et surprenant.

 « Ouvrir les yeux, se laisser surprendre, parfois perdre pied  » : il y a dans cet ouvrage un bel effort de dévoilement de la carte qui, par nature mais sans prétention, se cherche, s'essaie et s'expérimente comme une tentative de dévoilement du monde.

Présentation de l'auteur

Jean-Luc Arnaud, architecte et historien de la période contemporaine, est directeur de recherche au CNRS et rattaché au laboratoire TELEMM de l’Université d’Aix-Marseille. Après avoir dirigé les observatoires urbains du Caire et de Beyrouth, il a consacré ses premières recherches aux questions d’urbanisation et de politiques urbaines dans les grandes villes du Proche-Orient (Le Caire, Istanbul, Damas, Sanaa…). Il s’est ensuite orienté vers l’histoire de la cartographie, fondant au début des années 2000 le site web CartoMundi consacré à la valorisation du patrimoine cartographique. Auteur de plusieurs ouvrages dont La Carte de France. Histoire et techniques (Parenthèses, 2022) et d’une centaine d’articles scientifiques, il préside l’association Le Monde à la Carte. 

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GeoWhisperer, une application en ligne pour comparer deux images satellites (OSINT)


GeoWhisperer est un outil en ligne qui permet de comparer des images satellites à deux dates différentes. L'outil peut s'avérer utile pour comparer des transformations liées à un projet d'aménagement ou des changements brutaux liés à une guerre ou une catastrophe ("chaque endroit a un avant"). L'outil peut servir aussi à conduire des analyses dans le domaine de l'OSINT (Open source Intelligence). GeoWhisperer, que l'on pourrait traduire par "Géo-chuchoteur" (aiu sens de révélateur), est présenté sur le site comme l'outil d'observation "pour ceux qui ne peuvent pas se permettre de se tromper" (sic). L'outil présente des avantages et des inconvénients que l'on présente dans ce billet.

Quelques exemples d'utilisation à partir de l'actualité : 

Les destructions dans le quartier de l'Hôpital Al-Shifa à Gaza (source : © GeoWhisperer)

L'utilisation est simple. Il suffit de saisir un nom de lieu, puis de choisir parmi les fournisseurs d'images proposés (Images Esri, Maxar et Earthstar Geographics). Les images proviennent d'Esri World Imagery Wayback : toutes les versions de la carte de base satellite d'Esri depuis février 2014 sont archivées et conservées sous forme de publications datées. En fonction du lieu choisi, l'outil interroge les archives afin de trouver les publications contenant une photo différente, compare les images pour supprimer les doublons et récupère la date de prise de vue, la résolution et le fournisseur de chaque photo dans les archives d'Esri. La plupart des images proviennent de Maxar et ont une résolution de 30 à 50 cm par pixel. En cliquant sur le bouton "Quest-ce qui a changé ?", on obtient au bout de quelques secondes une analyse des parties de l'image qui ont changé, en distinguant ce qui relève de changements mineurs ou majeurs. L'appli donne des pistes d'interprétation par cellules.

Une image que vous déposez est géolocalisée par votre navigateur, mais n'est jamais téléchargée. Chaque modification est enregistrée dans une case de la grille et accompagnée d'une brève description des deux photos, ce qui permet de vérifier visuellement avant de rédiger un commentaire.

Avantages :

  • Possibilité de choisir un ou plusieurs lieux et de faire des comparaisons ;
  • L'appli segmente automatiquement l'image en 8 cellules et met en évidence les zones les plus concernées par les changements ;
  • Un rapport est proposé, avec un indice de confiance pour chaque cellule analysée ;
  • Une vidéo est fournie en animation ;
  • Un lien vers l'image analysée est également proposé (possibilité de partage).

Inconvénients :

  • Pas de possibilité de visualiser et sauvegarder les zones de changement sous format SIG ;
  • L'appli ne connaît que les photos publiées par Esri. Un lieu peut changer plusieurs fois entre deux photos ;
  • La lecture peut ne pas tenir compte des changements et mal interpréter les ombres, la saison et l'angle de vue ;
  • Rien ici n'indique qui a fait quoi ni pourquoi ;
  • Il s'agit d'un outil d'IA avec analyse automatisée des images. Il peut y avoir des erreurs. 
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Réévaluation de l'importance mondiale des îles et atolls coralliens de l'Indo-Pacifique


Source : Wegmann, A, Long, G, Abraham, C, et al. (2026). « The atoll gap : area, governance, and the under-recognition of a major coral reef system » [Le déficit d'atolls : superficie, gouvernance et sous-reconnaissance d'un système récifal corallien majeur]. Frontiers in Marine Science, 13., doi : 10.3389/fmars.2026.1911248

Des chercheurs réévaluent l'importance mondiale des atolls. Leur étude montre que ces îles coralliennes dispersées dans l'Indo-Pacifique forment un vaste ensemble récifal encore trop peu reconnu. Un atoll naît autour d'une ancienne île volcanique qui s'érode et s'enfonce. Il forme un anneau récifal autour d'un lagon, parfois surmonté d'îlots très bas. Récifs, terres émergées et océan y fonctionnent ensemble. Leur avenir dépend donc aussi des échanges de sédiments et de nutriments. Grâce aux cartes satellites de l'Allen Coral Atlas, les chercheurs étudient 309 atolls de l'Indo-Pacifique. Ils y recensent 27.211 km² de milieux récifaux peu profonds, soit 7,8% de la surface mondiale cartographiée. Il s'agit d'écosystèmes récifaux, pas uniquement de coraux vivants. Dans les bassins océaniques de l'Indo-Pacifique, les atolls représentent 41,5% des surfaces récifales peu profondes associées aux îles. Pourtant, ils sont souvent étudiés séparément, comme de petits espaces isolés. Réunis, ils constituent un ensemble écologique d'importance mondiale. Les atolls de l'Indo-Pacifique couvrent presque autant de milieux récifaux peu profonds que la Grande Barrière australienne, soit 27.211 km² contre 28.261 km². Mais leur organisation diffère. D'un côté, une grande barrière continue ; de l'autre, des centaines de récifs épars en pleine mer. Leur répartition est très inégale. Le Pacifique rassemble 255 atolls et 19.264 km² de milieux récifaux, contre 54 atolls et 7.947 km² dans l'océan Indien. La Polynésie française arrive en tête avec 5.176 km², suivie des Maldives (4.851 km²) et des îles Marshall (3.234 km²). Les dimensions des atolls sont très contrastées. La moitié possède moins de 43,8 km² de milieux récifaux cartographiés, tandis que les 50 plus grands concentrent 57,4% de la surface totale. La conservation doit donc tenir compte à la fois de grands ensembles et de petites îles dispersées. Ces récifs relèvent de 23 juridictions réparties dans 19 États souverains. Cette fragmentation complique la coordination des recherches, des financements et de la protection. Contrairement à la Grande Barrière australienne, les atolls ne bénéficient pas d'une gouvernance unie à leur échelle. Loin d'être condamnés à disparaître, les atolls sont des milieux mobiles. Les vagues déplacent les sédiments produits par les récifs et peuvent rehausser certaines îles. Leur capacité à suivre la montée des eaux dépend toutefois de récifs fonctionnels et d'écosystèmes préservés. Les oiseaux marins jouent un rôle écologique majeur. Les atolls de l'Indo-Pacifique abritent environ un quart des oiseaux marins tropicaux restants. Leurs déjections apportent des nutriments aux sols et aux récifs, favorisant la croissance des coraux, les poissons et la productivité marine. Certains récifs d'atolls pourraient mieux supporter la chaleur. À Palmyra, dans le Pacifique, l'épisode El Niño de 2015-2016 a provoqué un fort blanchissement, mais relativement peu de mortalité corallienne. Ce résultat suggère des capacités de résistance, sans les garantir partout. L'étude invite à intégrer les atolls aux politiques de conservation. Protéger les oiseaux marins, limiter la surpêche et la pollution, préserver les récifs et les sédiments peut renforcer leur résistance. Mais le manque de moyens consacrés à ces îles reste à mesurer précisément. 

Répartition et taille des 309 atolls de l'Indo-Pacifique (source : Wegmann, Long, Abraham et al. , 2026)
La surface représentée par les symboles est proportionnelle à l'étendue du paysage récifal cartographié 

Pour compléter

« Cartes de l'Atlas des coraux d'Allen montrant la couverture benthique et les zones géomorphologiques des récifs coralliens de la Micronésie occidentale ». URL : https://zenodo.org/records/3953053

Ce jeu de données comprend des fichiers de formes (shapefiles) de classification de la couverture benthique et des zones géomorphologiques des récifs coralliens peu profonds de la région de Micronésie occidentale. Les limites de la zone cartographiée sont incluses.

Il s'agit d'un sous-ensemble du jeu de données cartographiques mondial des récifs coralliens de l'Atlas des coraux d'Allen. L'Atlas des coraux d'Allen, développé par l'Université d'État de l'Arizona, cartographie les récifs coralliens du monde entier et surveille les menaces qui pèsent sur eux afin de fournir des données exploitables et une compréhension partagée des écosystèmes côtiers. Avec des cartes mondiales des habitats, un système de surveillance du blanchissement, la détection de la turbidité et l'ensemble des fonctionnalités de données de l'Atlas des coraux d'Allen, conçues pour faciliter une gestion éclairée des récifs coralliens. Des informations complémentaires sur les licences et les citations sont disponibles sur Github.

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Qui est le plus exposé aux risques climatiques dans le monde ? (Banque mondiale)


Source : « Who is at high risk from climate hazards ? A new map to explore exposure and vulnerability » [Qui est le plus exposé aux risques climatiques ? Une nouvelle carte pour explorer l’exposition et la vulnérabilité]. (Blog de la Banque mondiale)

En juin 2026, le Groupe de la Banque mondiale a introduit un nouvel indicateur dans son tableau de bord recensant les personnes les plus exposées aux risques climatiques. Les recherches récentes montrent que, dans les conditions climatiques actuelles, plus de la moitié de la population mondiale – soit plus de 4,5 milliards de personnes – risque de subir au moins une inondation, une sécheresse, une vague de chaleur ou un cyclone majeur au cours de sa vie. En combinant ces estimations d'exposition avec les données sur la vulnérabilité des ménages, la Banque mondiale estime qu'environ 1,2 milliard de personnes dans les pays disposant de données sont fortement exposées. Un chiffre qui atteint 1,5 milliard – soit près d'une personne sur cinq – si l'on extrapole ces données à l'échelle mondiale. Qu'est-ce que cela signifie ? Cela signifie que ces personnes vivent en situation de vulnérabilité et auront du mal à s'en remettre car elles sont pauvres, n'ont pas accès aux services essentiels ou ne disposent d'aucun filet de sécurité.

La carte actualisée des personnes exposées aux risques liés au climat (PARCH), disponible sur le portail géospatial de la pauvreté du Groupe de la Banque mondiale (Plateforme sur la pauvreté et les inégalités), illustre les deux aspects de cette problématique : les zones où les populations sont exposées aux aléas climatiques et celles où elles manquent de ressources et de services pour y faire face. Les utilisateurs peuvent explorer séparément l’exposition aux aléas climatiques et la vulnérabilité socio-économique, ou observer leurs points de convergence.

La carte des personnes exposées aux risques liés au climat montre les zones où l'exposition aux inondations, aux sécheresses, aux vagues de chaleur et aux cyclones coïncide avec une vulnérabilité socio-économique. 

Personnes à haut risque face aux aléas climatiques (source : PARCH, Banque mondiale)

Que peut-on faire avec cette carte ?

Cette carte interactive permet d'explorer les points de convergence entre les risques climatiques et les vulnérabilités socio-économiques. Elle aide à identifier les zones où les populations sont à la fois exposées aux risques et confrontées à des difficultés telles que la pauvreté ou un accès limité aux services essentiels, mettant ainsi en évidence les lieux où des interventions comme les transferts monétaires, les infrastructures résilientes ou les systèmes d'alerte précoce sont les plus nécessaires. Les utilisateurs peuvent explorer différents indicateurs de risques et de vulnérabilité, comparer les tendances entre les lieux et examiner l'évolution des résultats en fonction de leurs choix. La carte illustre également pourquoi l'exposition à un risque ne signifie pas nécessairement être en danger. Elle fournit des estimations du nombre de personnes exposées à des risques spécifiques et du nombre d'entre elles qui vivent également dans la pauvreté ou qui souffrent de carences en services essentiels.

Deux questions : qui est exposé et qui est vulnérable ?

La carte permet de distinguer deux questions. La première concerne les personnes exposées : celles qui vivent dans des zones où une inondation, une sécheresse, une vague de chaleur ou un cyclone tropical grave est suffisamment probable et intense pour causer des dommages importants. Par exemple, la population vivant dans des zones où il y a au moins 1 % de chances que les inondations dépassent 0,5 mètre chaque année, ou qu’un cyclone tropical d’au moins catégorie 2 soit touché. Ainsi, les utilisateurs de données peuvent se concentrer sur les zones où les risques sont plus fréquents en ajustant le seuil de fréquence.

Le second critère concerne la vulnérabilité : les personnes qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour faire face aux aléas climatiques ou s’en remettre. La carte analyse sept domaines, en s’interrogeant par exemple sur le revenu des ménages (sous le seuil international de pauvreté de 3 dollars américains par jour), sur le niveau d’instruction primaire de leurs membres et sur leur accès à un compte bancaire ou de paiement mobile, à l’électricité et à l’eau potable. Ces seuils sont délibérément fixés à des niveaux minimaux, à l’instar du seuil d’extrême pauvreté, afin d’identifier les personnes les moins à même de se remettre d’un choc.

Les personnes à la fois exposées et vulnérables sont considérées comme à risque. Les utilisateurs peuvent sélectionner « dangers uniquement » pour afficher la part de personnes exposées ; sélectionner « zones difficiles » pour afficher la part de personnes vulnérables ; ou sélectionner les deux pour afficher la part de personnes à risque.

Interroger les données en fonction de ce qui compte pour vous

Les utilisateurs peuvent choisir les dangers et les domaines difficiles sur lesquels se concentrer, ainsi que la manière de les combiner.

L'opérateur OU comptabilise les personnes touchées par au moins une des catégories sélectionnées (par exemple, l'exposition aux inondations ou aux vagues de chaleur), tandis que l'opérateur ET comptabilise uniquement les personnes touchées par toutes les catégories sélectionnées (par exemple, l'exposition aux inondations, aux sécheresses et aux vagues de chaleur). Au fur et à mesure que les utilisateurs effectuent leur sélection, la page explique clairement qui est pris en compte.

L'indicateur Vision du tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale utilise le cadre le plus large : il comptabilise les personnes exposées à TOUT danger ET vulnérables dans N'IMPORTE QUELLE zone.

Ce que révèle la carte

Le risque varie considérablement d'une région à l'autre. L'exposition est la plus forte en Asie du Sud et de l'Est, mais la vulnérabilité y est moindre, notamment grâce à un meilleur accès à la protection sociale et aux services financiers. En Afrique subsaharienne, la situation est inverse : 90 % de la population est très vulnérable sur au moins un point, ce qui signifie que presque toutes les personnes exposées sont également à risque.

Les risques varient également. À l'échelle mondiale, les vagues de chaleur sont le risque le plus répandu, tandis que la plupart des populations rurales sont confrontées à la sécheresse agricole, souvent dans un contexte de vulnérabilité accrue. La carte permet aux utilisateurs de consulter ces tendances pour chaque pays et d'identifier les risques et les difficultés qui expliquent ces chiffres.

En regardant en arrière

En comparant les années précédentes et suivantes, on constate l'évolution de la situation. Les progrès réalisés depuis 2010 sont mitigés. La part de la population à haut risque a diminué, passant d'environ une personne sur trois à une personne sur cinq, principalement grâce à une baisse de la vulnérabilité socio-économique, tandis que l'exposition aux aléas climatiques est restée globalement stable au sein de la population. Cependant, le nombre de personnes exposées a augmenté de 461 millions, ce qui reflète en partie la croissance démographique.

Il est important de noter que cette carte comptabilise les personnes vivant directement sur la trajectoire d'un danger, et non celles qui sont affectées indirectement. Les pays ne disposant pas de données récentes d'enquêtes auprès des ménages ne sont pas inclus, et les chiffres les plus récents accusent un retard de quelques années.

Ces conclusions ne représentent qu'une partie du tableau. Le prochain rapport « Pauvreté, prospérité et planète » (3PR) analysera plus en détail l'ampleur et la répartition des risques climatiques, ainsi que la manière dont l'exposition et la vulnérabilité interagissent pour façonner les défis auxquels sont confrontées les populations du monde entier.

Plus d'informations

• Consultez le document « Qui est le plus à risque ? Un indicateur de vision mondiale pour mesurer la vulnérabilité climatique » pour découvrir les conclusions mondiales et leurs implications politiques.

• Voir l’indicateur sur le tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale.

• La note méthodologique du tableau de bord du Groupe de la Banque mondiale explique étape par étape comment les personnes à haut risque sont comptabilisées.

• Le document de travail de la Banque mondiale sur la recherche en matière de politiques publiques expose les recherches qui sous-tendent la méthode.

• Un article précédent du blog de données examine quelles régions sont les plus à risque et comment cela se compare à leurs émissions de gaz à effet de serre.

Comment citer la carte PARCH : 

Banque mondiale. (2026). Personnes exposées aux risques liés au changement climatique (PARCH) [Données ou carte interactive]. Plateforme Pauvreté et Inégalités, Banque mondiale. Consulté le [Jour Mois Année] sur https://pip.worldbank.org/map/climate-risk

Articles connexes


Le choc climatique frappe déjà les villes les plus peuplées du monde (rapport WaterAid)

Risques interconnectés de catastrophe (rapport de l'ONU)

Cartes et données sur l'indice des risques climatiques pour les enfants (UNICEF)

Suivi de la pollution atmosphérique dans plus de 32 000 villes (Banque mondiale)

Atlas mondial sur la pauvreté et les inégalités à l'échelle infranationale (Banque mondiale)

Les déchets augmentent à un rythme alarmant dans le monde (rapport de la Banque mondiale)

Atlas des Objectifs de développement durable (Banque mondiale)


La carte des expulsions aux États-Unis (The Deportation Project Map)


Entre 2025 et août 2026, l'administration Trump a expulsé plus de 25 000 personnes vers des pays autres que leur pays d'origine. Selon le Guardian, parmi les personnes expulsées figurent des personnes ayant passé la majeure partie de leur vie aux États-Unis, des parents interpellés alors qu'ils emmenaient leurs enfants à l'école, et les enfants adultes de personnes âgées dépendantes d'eux. Très peu de ces expulsions ont été annoncées publiquement par les États-Unis. Le Deportation Project les a recensées et représentées sur cette carte.

The Deportation Project Map (source : Forbiden stories)

Crédits : Evident Media, Icetracking.org , Forbidden Stories, FRANCE 24, Berkeley Human Rights Center · Données : Ice Flight Monitor , Third-Country Deportation Watch

Principales conclusions

  • Au moins 25 447 ressortissants de pays tiers ont été expulsés des États-Unis entre janvier 2025 et le 31 août 2026.
  • Au moins 35 pays ont conclu un accord avec les États-Unis pour accepter les ressortissants de pays tiers entre ces dates.
  • Au moins 28 pays ont accueilli des ressortissants de pays tiers entre ces dates. Au moins sept autres devraient en recevoir prochainement en vertu d'un accord.

Les données de cette carte ne proviennent pas de l'administration Trump. La plupart des expulsions ne sont pas annoncées publiquement, et le nombre de personnes expulsées ainsi que leur nationalité sont souvent tenus confidentiels. Le suivi des expulsions vers des pays tiers (migrants expulsés du territoire américain, mais non renvoyés dans leur pays d'origine) est un combat quotidien mené depuis plus d'un an par des organisations telles que Human Rights First et Refugees International. Une grande partie des données de cette carte est issue de leur travail.

Les deux ONG ont créé « Third Country Deportation Watch », un site web qui recense le nombre d'accords signés et le nombre de ressortissants de pays tiers expulsés chaque mois vers chaque pays. « Grâce à un effort concerté de la société civile, auquel nous participons, mais aussi des avocats, nous avons réussi à lever le voile sur ces pratiques et à rendre plus difficile leur dissimulation », a déclaré Savi Arvey de Human Rights First. Elle explique que son organisation a mis en place un vaste réseau d'ONG et de personnes sur le terrain dans les pays d'accueil afin de recueillir des informations sur chaque vol transportant des ressortissants de pays tiers.

Des données supplémentaires ont été recueillies grâce au suivi effectué par le Centre des droits de l'homme de l'UC Berkeley, à des articles publiés par des journalistes du monde entier et à des rapports des membres du consortium. 

Cette carte donne également accès aux travaux publiés par les 24 médias impliqués dans ce projet, auquel 72 journalistes ont contribué pendant six mois. Elle comprend des images et des vidéos obtenues par le consortium. Elle fournit des informations sur les accords signés par les États-Unis pour permettre ces expulsions et présente les pays d'origine des personnes déportées vers des pays tiers.

Sources : ICE Flight Monitor , un projet de Human Rights First ; Third-Country Deportation Watch , un projet conjoint de Human Rights First et Refugees International ; le Human Rights Center (HRC) de l'UC Berkeley ; les demandes d'accès à l'information (FOIA) et les rapports de notre consortium ; les avocats représentant des ressortissants de pays tiers ; les articles d'organisations de presse locales ou internationales ; les autorités des pays concernés.

Les transferts de personnes expulsées vers leur pays d'origine et transitant par un pays tiers n'ont pas été inclus dans le décompte des ressortissants de pays tiers transférés. 

Vous trouverez la méthodologie complète ici .

Pour compléter

« L'immigration légale a chuté de façon spectaculaire aux Etats-Unis sous Trump » (The New York Times). L'administration Trump a réduit de moitié l'immigration légale au début de l'année 2026 avec des politiques bloquant les visas pour les immigrants de près de la moitié du globe.

Articles connexes

Une data visualisation pour étudier les vagues d'immigration aux Etats-Unis (1790-2016)

Nature en ville. Cartographier les espaces verts et les couverts arborés urbains (IGN)


Connaissez-vous la base de données "Nature en ville" ? Il s'agit d'un outil d’aide au suivi des espaces verts urbains financé par le Ministère Ecologie, Territoire, Transports, Ville et Logement. Cette base de données permet aux collectivités locales de faire un état des lieux de la végétation urbaine et de définir leurs objectifs de renaturation dans le cadre du "Plan Européen de Restauration de la Nature". Vous y retrouverez par exemple : les arbres plantés en ville, la végétation basse (type buissons), les prairies permanentes de nos parcs et jardins urbains...  Et tout ça grâce en partie à l'Intelligence Artificielle du programme Couverture du Sol par IA (CoSIA®), appliquée à partir des prises de vues aériennes (images BD ORTHO® 2021 / 2023) de l'IGN.

Depuis février 2026, l'IGN fournit une base de données nationale pour recenser la végétation arborée, la végétation basse permanente, les surfaces d'eau et les infrastructures végétalisées en contexte urbain. Celle-ci est réalisée pour l'ensemble du territoire métropolitain et des départements et régions d'Outre-mer (DROM). La base de données couvre les communes urbaines denses et intermédiaires selon la grille de densité INSEE. Elle a été élaborée pour deux millésimes, à partir d'images de la BD ORTHO® captées entre 2017 et 2023.

Caractéristiques principales :

  • Localisation des végétations permanentes et des bâtiments végétalisés, par détection IA
  • Différentiation des pelouses et des prairies permanentes agricoles grâce au RPG®
  • Hydrographie issue de la BD TOPO® et complétée par détection IA

Utilisations recommandées :

Cette base de données permet de localiser le couvert arboré, les surfaces végétalisées permanentes, les bâtiments végétalisés et les surfaces en eau sur les communes urbaines denses et intermédiaires, situées sur l'ensemble du territoire métropolitain et des départements et régions d'outre-mer (DROM). Produite via la Couverture du Sol par intelligence artificielle (CoSIA®) à partir de prises de vues aériennes, cette base constitue un outil essentiel pour le suivi de la renaturation des villes. Un référentiel national utilisable aux différents échelons territoriaux pour le pilotage des politiques publiques de restauration de la nature.

Descriptif de contenu et de livraison (fichier PDF)

Téléchargement de données Nature en ville (format GeoPackage)

La donnée Nature en Ville est également disponible sur cartes.gouv.fr

Gérer la végétation urbaine grâce aux données 3D LiDAR HD

La base de données « Nature en Ville » couvre la France Métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer (DROM). Les communes les moins denses sont exclues des données diffusées. L’exclusion se fait sur la base du degré de densité (3 postes) dans la grille de densité INSEE 2024. Les communes de degré 1 (urbain dense) ou de degré 2 (urbain intermédiaire) sont conservées. Les communes de degré 3 (rural) sont écartées. 

Comparaison 2017-20 et 2021-23 sur Cartes.gouv.fr

Aménagement, urbanisme, environnement, observation territoriale, adaptation au changement climatique… les usages possibles sont nombreux. L'IGN lance un court questionnaire pour recueillir vos besoins, vos pratiques et vos idées autour de Nature en Ville. Les personnes qui souhaitent aller plus loin pourront également nous laisser leurs coordonnées afin de participer à de futurs ateliers utilisateurs. 

Maintenir les villes habitables grâce à la nature

Plan Nature en Ville : trajectoire 2024-2030

Les actualités sur le plan de la France "Agir pour restaurer la nature".

Pour compléter 

« Quand la nature prend ses quartiers en ville  » (Sciencs et Avenir). De nombreuses études en psychologie environnementale et en aménagement urbain soulignent aujourd'hui les bienfaits sur la santé mentale des interactions de l'humain avec la nature présente en ville.

Verdiers d'Europe dans les buissons, faucons crécerelles sur les tours des cathédrales : de nombreuses espèces ont su s'adapter aux ressources offertes par le milieu urbain. Elles s'épanouissent d'autant mieux que les espaces verts sont connectés entre eux. La pandémie de covid-19 a accéléré le développement de jardins partagés et solidaires en pied d'immeubles, friches, parcs, souvent gérés par des associations locales. S'y ajoutent des potagers installés sur les toits et des micropotagers privés sur les balcons, terrasses et cours intérieures. Caroline Depecker explore la nature urbaine avec écologues et géographes. Mathilde Riboulot, géographe de l’environnement à Paris 1, montre que jardins, friches, toits et corridors font de la ville un milieu vivant, mais fragile et morcelé. Hervé Daniel, écologue du paysage à l’Institut Agro Rennes-Angers, souligne un paradoxe. Les citadins ont besoin d’espaces verts, utiles au bien-être et à la santé mentale, mais la densification urbaine réduit ces refuges et contraint l’épanouissement du vivant. Les friches montrent que l’abandon peut devenir ressource écologique. Une enquête menée en 2017 par Audrey Muratet (Université de Strasbourg), y repère insectes, papillons, renards, blaireaux, fouines, crapauds et parfois sangliers au cœur des villes. Emmanuelle Baudry, écologue à Paris-Saclay, rappelle que les jardins privés couvrent seulement 2% du territoire français. Fragmentés, ils restent précieux car potagers, hérissons ou renards offrent des expériences de nature qui réapprennent le vivant ordinaire. Mathilde Riboulot montre que le jardin est aussi un espace social. Tonte différenciée, haies moins taillées, friches et compost favorisent la biodiversité, mais se heurtent au regard du voisinage. Même petit, un jardin végétalisé ajoute une maille au vivant urbain. Les pollinisateurs révèlent l’intérêt des villes moyennement urbanisées. Dans le programme Urbio, en Pays de la Loire, ces sites accueillent davantage d’abeilles sauvages grâce à la diversité des fleurs, des jardins, des friches et des lieux de nidification. Les espèces urbaines réussissent quand leurs traits biologiques s’ajustent au milieu. Verdiers, merles, étourneaux ou faucons crécerelles trouvent abris et nourriture. Le hérisson, quasi menacé, parcourt jusqu’à 4km par nuit si les jardins restent connectés. La biodiversité urbaine dépend moins d’un grand parc isolé que d’un réseau de micro-lieux. Jardins, haies, sols, balcons et toits végétalisés deviennent des relais. Relier ces fragments permet aux plantes, aux sols et à la petite faune de circuler. 

« La nature en ville à La Réunion  » (Agora'scope, n°15, août 2026) 

Le saviez-vous ? 30% de l’espace urbain à La Réunion est végétalisé. Ce chiffre monte à 50 % si l’on ajoute les pelouses. Evidemment ce chiffre varie beaucoup en fonction des quartiers. Partez à la découverte de ce sujet avec notre nouveau visualiseur sur la nature en ville à La Réunion. Ce visualiseur est une expérimentation de l’AGORAH (Agence d'urbanisme de La Réunion) à partir de données IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) 

Articles connexes




« Si la nature dessinait une carte du monde, à quoi ressemblerait-elle ? » (Bioregions 2023)

Un visualiseur de scénarios pour intégrer les contributions de la nature aux besoins de l'humanité (IPBES)

La nature dans le rouge – Alimenter l’économie de transition vers des solutions fondées sur la nature

Atlas Trois océans : mieux comprendre l'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien


Pour la première fois, l’IRIS et l’AFD s’unissent pour offrir aux amateurs de cartes une vision nouvelle de nos représentations géographiques, géoéconomiques et géopolitiques des océans. «  Dans un monde en proie à des mutations profondes, nous estimons nécessaire de réinventer notre regard sur les bassins atlantique, pacifique et indien, avec une approche Trois Océans ».

Atlas Trois océans : mieux comprendre l'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien (IRIS et AFD).

Penser à l’échelle océanique : comprendre les sociétés insulaires et côtières à l’heure des interdépendances économiques, géopolitiques et environnementales. En faisant le pari d’appréhender ensemble territoires ultramarins, États insulaires et pays côtiers, l’Atlas Trois Océans propose une lecture inédite des sociétés et environnements ancrés dans les grands bassins océaniques : la mer des Caraïbes, le sud-ouest de l’océan Indien et le Pacifique Sud. 

Loin d’une approche sectorielle, l’ouvrage croise données sociales, politiques, économiques et écologiques pour montrer comment ces territoires, souvent considérés comme périphériques, concentrent en réalité les grands enjeux du monde contemporain – dépendance alimentaire et énergétique, préservation des écosystèmes, vulnérabilité climatique, etc. À la fois ressources et cadres de vie, l’océan et les littoraux apparaissent comme des espaces d’interdépendances, où se jouent les tensions entre développement, environnement et souveraineté.

En 20 planches thématiques enrichies de cartes, d’infographies et d’analyses, cet atlas éclaire les liens multiples entre sociétés humaines, entre nations et territoires, entre population et environnement. Conçu comme un outil de compréhension et de sensibilisation, l’Atlas Trois Océans s’adresse à tous ceux qui souhaitent mieux saisir les dynamiques de résilience des sociétés insulaires et leur place dans les équilibres du XXIe siècle.

Télécharger l'Atlas - Partie 1     

INTRODUCTION
L'océan en partage

VOIR LE MONDE À TRAVERS LES OCÉANS
Trois océans : un monde commun
- L'océan Atlantique des îles Caraïbes au plateau des Guyanes
- L'océan Indien du Mozambique aux Mascareignes
- L'océan Pacifique de la Mélanésie à la Polynésie française

MIEUX APPREHENDER LES SOCIETES INSULAIRES
Les enjeux socio-économiques des îles et archipels
- S'adapter aux dynamiques d'interdépendance
- Représenter le rôle central des femmes dans les économies littorales
- Valoriser la jeunesse insulaire, clé d'un avenir durable
- Développer une santé accessible en contexte insulaire

Télécharger l'Atlas - Partie 2

VIVRE AVEC L’OCÉAN
L’océan ressource, moteur d’échanges et vecteur identitaire
- Réduire l’isolement par la connectivité
- Pêcher, nourrir : entre durabilité et dépendance
- Améliorer l’autonomie alimentaire des îles
- Valoriser durablement les ressources minières
- Réconcilier tourisme et écosystèmes littoraux
- Réduire les pressions anthropiques

PRÉSERVER LES OCÉANS POUR DEMAIN
L’environnement, socle d’identification des États insulaires
- Pourquoi protéger les littoraux ?
- Valoriser les savoir-faire traditionnels pour s’adapter
- Appréhender les enjeux de l’eau
- Accélérer la transition énergétique
- Coopérer pour mieux gérer les ressources

CONCLUSION
Enjeux océaniques, enjeux mondiaux.
- Se préparer au changement climatique

Auteurs :

TASSE Julia, directrice de recherche, responsable du programme Océan à l’IRIS ; Romane LUCQ, analyste en stratégie internationale spécialisée sur les enjeux maritimes ; Guillaume DELACROIX, journaliste, associé au programme Asie-Pacifique de l’IRIS ; Marianne PERON-DOISE, directrice de recherche à l’IRIS, coresponsable du programme Asie-Pacifique, directrice de l’Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique ; Antoine DIACRE, coordinateur de la recherche à l’IRIS.

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Une belle géovisualisation de la NASA sur les courants océaniques à travers le monde

Les frontières maritimes des pays : vers un pavage politique des océans ?

La cartographie des déchets plastiques dans les fleuves et les océans

Le rapport du GIEC sur l'océan et la cryosphère (septembre 2019)



RustGIS : un SIG rapide, gratuit et open source


RustGIS est un SIG rapide, gratuit et open source, développé entièrement en langage Rust. Il est destiné à la cartographie, à l’analyse et au partage de données géospatiales. Il fonctionne nativement sous Windows, macOS et Linux, ainsi que dans votre navigateur web. Les données restent sur votre machine à moins que vous ne les envoyiez à un modèle d’IA que vous choisissez, et chaque action est une commande que vous pouvez scripter.

Interface de l'outil SIG open source Rustgis (source : rustgis.app)

1) Les principales fonctionnalités de RustGIS

La version 0.2.0 permet d'ouvrir de nombreux formats de données, y compris dans le navigateur. Elle ajoute un serveur MCP pour que les agents IA puissent créer des cartes, et réorganise les menus suivant l’ordre de vos opérations cartographiques :

- Plus de formats de données en ouverture : GeoPackage, GeoParquet, FlatGeobuf, KML/KMZ, GPX, fichiers Shapefiles compressés et PMTiles s’ouvrent nativement, les gros fichiers diffusent une vue à la fois, et tous fonctionnent aussi dans l’application web.

- Exportation des données dans différents formats : enregistrer les calques sous forme de GeoPackage, GeoParquet, Shapefile ou KMZ.

- SQL avec DuckDB : permet d'exécuter des requêtes SQL et d'ouvrir des bases de données DuckDB via DuckDB Spatial, et lire la géobase de fichiers, DXF et plus via GDAL.

- Serveur MCP : des agents IA comme Claude Code, Cursor et VS Code peuvent piloter RustGIS et créer des cartes avec rustgis-cli mcp.

- Un bandeau qui suit l’ordre de vos opérations cartograhiques.  Les menus proposés sont dans l'ordre  : Accueil, Données, Style, Éditer, Analyser, Visualiser et Publier. Ils peuvent être traduits dans 15 langues d’interface.

- Facile à installer et à maintenir à jour : Homebrew, l’AUR, Fedora COPR et winget, plus la possibilité de vérifier les mises à jour dans l’onglet Aide.

2) RustGIS comparé aux autres plateformes SIG

RustGIS ne prétend pas remplacer des logiciels comme ArcGis, QGis ou Geolibre. Il répond à un besoin plus spécifique : un SIG de bureau libre et open source, compilé en un seul programme natif, avec une interface à ruban familière aux SIG de bureau, chaque action étant disponible sous forme de commande scriptable, et la même application fonctionnant dans un onglet de navigateur via WebAssembly.

Voir ce tableau de comparaison par rapport à d'autres plateformes SIG. Pour plus de détail, il est possible de consulter les articles consacrés à la comparaison RustGIS/QGis et RustGIS/Geolibre. 

A noter : l'exemple donné en démonstration sur le site de l'application RustGIS (données brutes de population par pays représentées en carte choroplèthe) constitue un beau mapfail. C'est devenu un problème assez courant aujourd'hui où la visualisation directe de données a tendance à l'emporter sur les règles de base de la sémiologie graphique. De là à penser que ces outils SIG "de bureau" favorisent ce type de dérive... En y regardant de plus près, on note que dans RustGIS les choix sémiologiques sont accessibles à travers un menu "Style" comme on le trouverait dans un traitement de texte. Il y aurait à s'interroger sur la tendance des outils SIG grand public actuels à ramener les modes de représentation et de discrétisation à un simple choix de "symbologie". 

Il ne faudrait cependant pas s'arrêter à ce type de défaut. RustGis est susceptible d'offrir des fonctionnalités pratiques, surtout dans sa version web.

3) Liens utiles

Articles connexes

Systèmes d'information géographique (SIG)

La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire (Archives Nationales)


Du 14 octobre 2026 au 1er février 2027, les Archives nationales de France présentent "La carte de France de Cassini. Une encyclopédie du territoire".

Première carte de France levée géométriquement à l’échelle d’un pays entier, la carte de Cassini est à la fois un chef-d’œuvre scientifique et un monument cartographique : ses 181 feuilles assemblées mesurent plus de 11 mètres sur 12. Pendant plus de 70 ans, quatre générations de Cassini, astronomes, cartographes, ingénieurs et graveurs travaillent à cette entreprise exceptionnelle, fondée sur une méthode révolutionnaire pour l’époque : la triangulation.

À travers un fonds exceptionnel récemment versé par l’IGN, l’exposition dévoile les coulisses de cette aventure : instruments, calculs, dessins, cuivres et tirages racontent comment la France a été mesurée, représentée et transformée en une véritable encyclopédie du territoire. En 2021 et 2025, l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) a versé aux Archives nationales le fonds des archives relatives à la carte de France de l’Académie, plus connue sous le nom de carte de France de Cassini. Ce fonds remarquable se compose des calculs, des écrits, des minutes mais aussi des cuivres et des tirages originaux relatant la fabrication et la vie de cette carte entre 1750 et les années 1950. Un fonds dont le caractère exceptionnel permet de dévoiler aujourd’hui des aspects méconnus d’une œuvre à la portée universelle; une œuvre conçue par quatre générations d’astronomes et cartographes : les Cassini.

L’art de la science

Première carte levée « géométriquement » à l’échelle d’un pays tout entier, le royaume de France, à l’époque le plus puissant et le plus peuplé d’Europe, sa réalisation est admirable à plus d’un titre. Elle est, d’abord, le fruit d’une volonté étatique continue qui, avec Louis XIV et Colbert, Louis XV puis Bonaparte, en décide et pérennise le projet ; même si, de 1756 à 1793, une société privée la finance en partie. Elle implique le recours à des techniques scientifiques innovantes, pour la méthode et les instruments, qui la lient à la création de l’Académie des sciences en 1666 et de l’Observatoire de Paris en 1667. Elle naît de la constance de savants qui la mettent en œuvre jusqu’en 1815, aux côtés de la dynastie des quatre Cassini de 1669 à 1793. Elle résulte d’un travail de terrain puis de restitution par la gravure, à la fois minutieux, normé, parfois difficile, et de très longue haleine, depuis les levés de l’abbé Picard en 1668 jusqu’aux derniers levés vérifiés en 1790. Elle est hors norme, enfin, par son déploiement final, dans l’espace bien sûr puisque les 181 feuilles assemblées font plus de douze mètres de haut sur onze de large ; mais aussi dans le temps, car des premiers travaux en 1668 à l’ultime usage des cuivres au XXe, s’écoulent presque trois siècles !

Une aventure hors du commun

La construction de la carte de France de Cassini constitue une véritable épopée. De l’astronome au libraire en passant par l’ingénieur-cartographe, le vérificateur ou encore le graveur, chaque métier se doit de travailler avec grande précision et dans le respect des consignes détaillées par Cassini III en 1744 dans sa Description géométrique de la France. Levés, toponymie, calculs, dessins, signes… toutes les étapes sont scrupuleusement respectées. Lentilles-objectifs, graphomètres à lunettes, quart-de-cercle…, des instruments de pointe pour l’époque sont utilisés.

Ce travail scientifique de terrain durera plus de 70 ans avant d’atteindre sa finalisation en 1815. Une entreprise titanesque reposant sur une méthode inédite : la triangulation qui permet de mesurer les distances avec grande précision en reliant des points fixes comme des tours, des clochers, des collines.

Les habitants sont invités à collaborer, notamment pour nommer les lieux cartographiés. Ils ne le font parfois qu’avec réticence, car derrière l’entreprise «participative», ils devinent que se cache la volonté royale de mieux gérer mais aussi de mieux contrôler le royaume. Pour la science en revanche, ces nouvelles méthodes de travail vont permettre de créer une première carte territoriale complète de la France, une véritable encyclopédie du territoire.

Prestige et postérité

Ce monument cartographique va être diffusé dans une diversité matérielle remarquable, de l’exemplaire ordinaire au plus prestigieux. Le rôle des libraires a, ici, une grande importance. Certains proposent la carte avec multitude de possibilités : mise en couleur, entoilage, reliure, étui, baguette de suspension… 

L’exceptionnelle qualité de certains exemplaires présentés dans l’exposition, dont un sur soie, reflète l’éminence de leur propriétaire, tels le roi Louis XVI ou la reine Marie-Antoinette. Le gigantisme de la carte de France de Cassini n’a d’égal que sa pérennité d’usage ; le plus marquant étant la création des Départements en 1790, à laquelle elle sert de base cartographique. D’autres usages administratifs persistent jusqu’à nos jours, tel celui qui touche aux droits liés aux moulins. Son apport pour l’histoire actuelle de l’environnement ou en archéologie est tout aussi essentiel. Aventure scientifique à portée universelle, monument cartographique d’exception, la carte de France de Cassini devient un modèle pour la cartographie occidentale dont elle renouvelle les méthodes.

Articles connexes

La carte de Cassini embellie sur le site du Géoportail

Le Géoportail rejoint le site cartes.gouv.fr

De nouvelles images satellitaires révèlent l’ampleur des destructions à Gaza


L’ampleur des destructions dans la bande de Gaza est visible depuis le ciel. Les nouvelles images satellites, prises en juin 2026 et publiées par Google Maps et Google Earth, révèlent la gravité des dégâts criminels causés par l’armée israélienne. Mais surtout, elles dévoilent les destructions de logements, de commerces, de lieux de vie. 

Comparaison de Gaza en 2026 et en 2023 (images © Google Maps/Google Earth)

Voici quelques articles évoquant le sujet : 

« Gaza : sur Google Earth, les nouvelles images qui montrent l'ampleur des destructions » (France 24).

Le 27 septembre 2026, le logiciel d'imagerie satellite Google Earth a mis à jour sa carte du sud de la bande de Gaza. Ces nouvelles images en libre accès mettent en lumière la destruction quasi-totale par l'armée israélienne de certaines anciennes zones d'habitation, comme la ville de Rafah. France 24 met à disposition des images avant/après l'intervention israélienne. Le contraste avec les anciennes images est frappant. Sur ces nouvelles photos prises depuis le ciel, on ne reconnait presque plus rien de la ville de Rafah et de ses environs, tout au sud de l'enclave. Immeubles, serres, routes : la quasi-totalité des infrastructures de l'agglomération a disparu sous les gravats après trois années de guerre à Gaza. Dès mars 2025, la rédaction des Observateurs de France 24 avait documenté la destruction de près de deux-tiers des serres de la bande de Gaza, à partir des données fournies par le chercheur He Yin.

« De nouvelles images de Google Maps révèlent l'ampleur des dégâts à Gaza. Les images satellites montrent de nouvelles destructions de maisons, de commerces et de lieux de culte depuis le cessez-le-feu fragile » (The Guardian).

De nouvelles images satellitaires de juin 2026 révèlent l’ampleur des destructions à Gaza. Elles montrent un territoire ravagé par trois années de guerre, où ruines, déplacements forcés et habitats précaires structurent désormais l’espace vécu par 2,3 millions d’habitants. Le littoral porte lui aussi les traces massives de la guerre. D’immenses camps de tentes s’étendent parfois à quelques mètres de la mer. Le principal port de Gaza est endommagé et vide de bateaux de pêche, tandis que ses abords sont désormais occupés par des abris improvisés. Dans Gaza-ville, les espaces encore libres sont occupés par des tentes, cabanes et abris. Jabaliya et Shuja’iya apparaissent largement inhabitables. Au nord, Beit Lahiya et Beit Hanoun sont fortement détruites. Les images donnent ainsi à voir une rupture profonde des continuités urbaines. Au sud, Rafah apparaît presque entièrement réduite à des ruines et Tel al-Sultan largement rasé. Une large bande de terrain a aussi été dégagée le long de la frontière égyptienne. Les destructions redessinent donc quartiers, marges frontalières et conditions d’habiter à l’échelle de Gaza. Selon une évaluation de l’ONU sur le bilan matériel des destructions, environ 82% des structures de Gaza sont endommagées, soit plus de 200.000 bâtiments. Près des deux tiers sont considérés comme détruits. Le nombre de structures détruites a encore augmenté de 9% depuis octobre 2025. Cette destruction produit une géographie massive du déplacement. Plus de 2,1 millions de personnes restent déplacées et beaucoup vivent ss des tentes ou dans des abris temporaires. Les familles sont concentrées dans des espaces réduits, au milieu des ruines et d’infrastructures très dégradées. Jaco Cilliers représentant du Programme des Nations unies pour le développement en Palestine estime à 61 millions de tonnes le volume total des gravats. Leur enlèvement constitue un défi territorial majeur, auquel s’ajoutent les corps encore ensevelis sous les décombres.  Les images satellitaires montrent l’ampleur des transformations à Gaza. Quartiers détruits, camps de déplacés, port endommagé, infrastructures dégradées et vastes zones de gravats dessinent aujourd’hui un territoire profondément bouleversé par ces années de guerre.

« Que disent les images de Gaza rendues publiques par Google ? » (RFI).

Cela faisait deux ans que Google n’avait plus rendu publiques les photos de cette partie du territoire palestinien. L'imagerie spatiale du géant américain est désormais une preuve de la destruction de quartiers entiers, particulièrement autour de Rafah, par l’armée israélienne dans sa guerre déclenchée après les attaques brutales du Hamas du 7 octobre 2023. Ces révélations interviennent après la publication par erreur, par le service de cartographie israélien, d’une série d’images spatiales qui confirment la construction des bases avancées israéliennes (FOB) dans la bande de Gaza. Ces fortins sont situés à proximité de l’ancien point de passage de Karni, ainsi que dans la localité de Jabalia. Ces images brièvement mises en ligne ont été rapidement retirées à la demande des autorités israéliennes.

« Des images satellites montrent Gaza en ruines trois ans après le début de la guerre génocidaire israélienne » (Al Jazeera).

De nouvelles images de Google Maps montrent l'ampleur des destructions perpétrées par Israël à Gaza, où plus de 74 000 Palestiniens ont été tués. Selon une évaluation récente du Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT), le nombre de structures détruites à Gaza a augmenté de 9 % depuis l' entrée en vigueur du cessez-le-feu il y a près d'un an. Au total, environ 82 % des structures à Gaza, soit près de 200 000 bâtiments, ont été endommagées, et environ les deux tiers d'entre elles ont été détruites, d'après l'agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Avec des quartiers entiers réduits en ruines et ne laissant derrière eux que les contours flous des routes principales, il est désormais presque impossible de distinguer une partie de Gaza d'une autre. Les terres agricoles ont été calcinées et des lieux de culte séculaires ont été endommagés ou rayés du paysage. Pour le journal Al Jazeera, ces images sont la preuve du génocide palestinien.

« 61 millions de tonnes de décombres : les travailleurs humanitaires à Gaza sont confrontés à la tâche délicate de déblayer les ruines qui dissimulent jusqu'à 10 000 corps » (The Guardian). 

La reconstruction de Gaza représente un défi immense pour les organisations internationales et locales. Après plus de deux ans de travaux, environ 907 000 tonnes de décombres ont été retirées et plus de 300 000 tonnes recyclées et réutilisées. Mais cela ne représente qu’environ 1,5 % du volume total des décombres. L'ONU estime que le déblaiement de la majeure partie des décombres dans la bande de Gaza pourrait prendre au moins sept à dix ans et coûter des milliards de dollars. Cela ferait du déblaiement des débris de guerre à Gaza l'une des plus importantes opérations de déblaiement de l'histoire moderne. Gaza possède environ 20 fois plus de décombres que tous les conflits des 18 dernières années, selon le représentant spécial du PNUD sur le territoire. Pendant ce temps, la ligne jaune, démarcation établie au début du cessez-le-feu en octobre dernier, continue de progresser à mesure que les troupes israéliennes s'emparent de davantage de territoire. La zone encore accessible à la population et aux travailleurs humanitaires ne représente qu'à peine 30 % de la bande de Gaza, ce qui rend le problème de la gestion des décombres encore plus urgent.

Articles connexes


La carte, objet éminemment politique. Le plan de retrait de Gaza proposé par Trump