EduPixSat, une application pour initier les élèves à l'analyse d'images satellitaires


Gwenaël Régnier propose EduPixSat, une application pour initier les élèves de collège et de lycée à l’analyse et au traitement des images satellitaires. L'objectif est de proposer un outil en ligne simple et accessible, pour un usage pédagogique en classe de géographie. Pensée pour être prise en main par des enseignants d’histoire-géographie et leurs élèves, sans expertise technique préalable, l'application s’inspire de l’expérience Titus tout en se limitant volontairement à des fonctions essentielles. L’objectif n’est pas de reproduire un SIG professionnel, mais de faire découvrir l’imagerie satellitaire sans recourir à des compétences techniques avancées.

EduPixSat permet notamment :

  • d’explorer ce qu’est une image satellite multispectrale (combinaison de bandes spectrales, géolocalisation de l’image) ;
  • de lire les valeurs numériques des pixels et comprendre la notion de signature spectrale ;
  • de s’initier à la cartographie numérique par classification semi-supervisée.

L’enjeu est de proposer une première approche du traitement et de l’interprétation des images satellites, en mobilisant le raisonnement spatial des élèves et leur capacité à formuler des hypothèses à partir de données géospatiales.

EduPixSat est actuellement proposé en version expérimentale (bêta), mais il est d’ores et déjà exploitable en classe. L’application accepte des images satellites au format GeoTIFF (.tif). Voici le lien pour découvrir et tester l’application en ligne : https://edupixsat.grweb.fr/

Gwenaël Régnier est professeur d’histoire-géographie-EMC dans l'académie de Guyane. Docteur en histoire des sciences, il a soutenu en janvier 2026 une thèse sous la direction d'Isabelle Sourbès-Verger « L’image satellite et l’enseignement de la géographie dans le secondaire : enquête sur un rendez-vous manqué ». Il administre par ailleurs le site IMGSat, consacré à l'enseignement de la géographie avec des images satellite. Le site fournit de nombreuses ressources ainsi que des tutoriels pour s'initier à l’analyse et au traitement d'images satellitaires.

Accès au site IMGSat, Enseigner la géographie avec des images satellite

Accès aux images Copernicus

Accès aux études de cas Géoimage

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Cartes imaginaires. Inventer des mondes (exposition de la BnF)


Du 24 mars au 19 juillet 2026, la Bibliothèque nationale de France (BnF) présente une exposition exceptionnelle intitulée « Cartes imaginaires. Inventer des mondes ». Ce projet explore les liens étroits qui unissent depuis toujours la géographie à l’imaginaire et au fantasme humains. Accueillie dans la galerie 2 du siège de François-Mitterrand, l'exposition rassemble environ 200 pièces exceptionnelles, allant de parchemins médiévaux et d'atlas rares à des installations d'art contemporain et à des éléments de l'univers du jeu vidéo. Il s'agit d'une exploration immersive de la cartographie de l'invisible, conçue par deux expertes : Julie Garel-Grislin et Cristina Ion, directrice adjointe du Département des cartes et des plans de la BnF.

Le parcours de l'exposition est structuré en quatre étapes distinctes, destinées à guider le visiteur de l'exploration de l'inconnu à la déconstruction artistique moderne.

La première partie plonge le spectateur au cœur de l'iconographie médiévale, où les cartes n'étaient pas de simples itinéraires géographiques, mais de véritables encyclopédies visuelles peuplées de figures fabuleuses et de créatures chimériques puisées dans des sources antiques et religieuses. Ces cartes, dominées par des apparences fantastiques, témoignent de la manière dont l'esprit humain projetait le mystère sur les territoires encore à découvrir sur les cinq continents.

La seconde section est consacrée aux mondes légendaires, ces lieux imaginaires que l'humanité a crus réels pendant des siècles et auxquels les cartographes ont attribué des coordonnées précises sur le globe. Les visiteurs peuvent y découvrir comment des royaumes mythiques tels que l'Atlantide, l'Eldorado, le pays du Prêtre Jean ou encore le Paradis terrestre ont pris forme, à la frontière entre le monde terrestre et le monde céleste. Une attention particulière est portée aux cartes non européennes, comme celles représentant le mont Meru dans le bouddhisme.

La troisième étape de l'exposition explore les univers littéraires, où la fiction affranchit totalement la géographie des contraintes du réel. Des cartes confèrent une densité presque palpable aux récits, le parcours traverse les paysages de « L'Île au trésor » et des « Chroniques de Narnia », pour atteindre la cartographie complexe de la Terre du Milieu de Tolkien ou les univers modernes de « Game of Thrones », « Final Fantasy » et autres jeux vidéo qui utilisent des codes cartographiques pour gagner en crédibilité.

La scénographie de l'exposition, signée Marion Golmard, utilise des projections à grande échelle et des décors immersifs qui alternent entre l'atmosphère marine et celle de la forêt, le tout sublimé par un univers sonore poétique. La technologie y joue un rôle essentiel, notamment grâce au dispositif tactile développé en collaboration avec Ubisoft, qui permet aux visiteurs de naviguer de manière interactive au sein des cartes de la section dédiée aux mondes légendaires. 

Dans la dernière partie de l'exposition, l'art contemporain entre en dialogue avec des œuvres anciennes, déconstruisant le dispositif cartographique pour montrer que toute représentation du monde, aussi scientifique qu'elle puisse paraître, repose sur un acte d'imagination.

La Bibliothèque nationale de France a mis à disposition pour ce projet des trésors rarement exposés au public provenant du Département des cartes et des plans, une institution qui gère environ un million de cartes et 10 000 atlas. Fondé en 1828 par Edme François Jomard, ce département représente un pôle d’excellence international, collectant par dépôt légal tout document cartographique diffusé sur le territoire français. 

Pour l'exposition « Cartes imaginaires », l'institution française a été rejointe par d'importants prêts d'institutions renommées telles que la British Library, la bibliothèque Bodléienne d'Oxford, le musée Guimet et la Bibliothèque apostolique vaticane. Le jeune public bénéficie d'un parcours pédagogique dédié, avec à l'entrée une carte à gratter regorgeant d'indices et d'énigmes à résoudre au cours de la visite. Dix œuvres majeures sont présentées sur des fiches illustrées de créatures marines, offrant des clés de lecture simplifiées et imaginaires pour faciliter la compréhension de la cartographie. L'événement est complété par un programme culturel dense, comprenant une conférence inaugurale le 24 mars 2026, à laquelle participeront Cristina Ion et d'autres chercheurs prestigieux, ainsi qu'une journée d'étude consacrée à la « Popcartographie » et au lien entre les cartes et la culture populaire en avril et juin.

La BnF met à disposition une banque de 98 cartes imaginaires, une sélection de vues des collections exposées à cette occasion.

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Mission d'information sur l'état des cours d'eau en France


Source : « Rapport d'information par la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire, en conclusion des travaux d'une mission d'information sur l'état des cours d'eau » (Mme Julie Ozenne et M. Freddy Sertin), n° 2070, https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-dvp/l17b2070_rapport-information

Les cours d’eau français sont en mauvais état. En 2019, date du dernier état des lieux, seuls 43 % des cours d’eau français avaient un bon état écologique et 44 % un bon état chimique. Cette situation, qui a peu fluctué au cours des années 2010, est variable selon les territoires. Elle révèle la persistance de pressions multiples sur les milieux aquatiques, qui compromettent l’atteinte des objectifs fixés par la directive-cadre européenne sur l’eau. En quinze ans, la ressource en eau renouvelable a baissé de 14 % en France, sous l’effet combiné du changement climatique, des prélèvements excessifs et de l’évolution des usages des sols. Cette ressource, pourtant essentielle, aussi bien pour la consommation d’eau potable que pour le maintien des écosystèmes et de l’agriculture, se raréfie. L'état des cours d’eau constitue un enjeu environnemental majeur, au croisement de nombreuses politiques publiques : santé publique, biodiversité, agriculture, aménagement du territoire, etc. La richesse biologique des cours d’eau demeure fragile. Sur les 80 espèces de poissons d’eau douce recensées en France métropolitaine, 15 sont aujourd’hui menacées de disparition, soit près d’une sur cinq. Parmi elles figurent des espèces emblématiques telles que l’anguille européenne, le saumon atlantique ou encore le brochet. Face à ces constats implacables et alarmants, la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale a créé la présente mission d’information. Celle-ci a eu pour but d’examiner l’état des cours d’eau en France et dans l’Union européenne, de recenser les principales pressions qui s’exercent sur eux, d’analyser les défaillances des politiques publiques censées les protéger et de formuler des propositions opérationnelles pour préserver et restaurer les rivières et fleuves de France.

L’artificialisation des milieux demeure la première cause d’altération du fonctionnement et de la qualité des cours d’eau, devant les pollutions diffuses d’origine agricole et les pollutions ponctuelles issues d’activités industrielles, y compris les polluants dits émergents (PFAS, microplastiques) et devant les prélèvements excessifs. Ces pressions sont amplifiées par les effets du changement climatique, qui intensifie les épisodes de sécheresse ou de précipitations mais aussi réchauffe les cours d’eau, favorisant la prolifération d’espèces exotiques envahissantes et menaçant les espèces historiques de poissons. Il apparaît dès lors nécessaire de repenser et de renforcer les moyens consacrés à la protection et à la restauration des cours d’eau. La mission évalue le besoin de financement annuel pour restaurer les cours d’eau à 500 millions d’euros, ce qui reste faible par rapport aux bienfaits qu’apportent les cours d’eau. L’enjeu n’est plus seulement de préserver les milieux aquatiques, mais bien de leur redonner la capacité de résilience nécessaire pour faire face aux pressions multiples qu’ils subissent et pour répondre aux besoins essentiels des territoires. Ce financement peut notamment passer par une réforme des redevances des agences de l’eau, dont le déséquilibre actuel entraîne une hausse du coût de l’eau du robinet et donc perte de pouvoir d’achat pour les Français, le principe de pollueur-payeur étant insuffisamment mis en œuvre. Dans un contexte de finances publiques tendues et de recherche de simplification normative, les rapporteurs n’ont pas souhaité ajouter de nouvelles normes ni formuler de recommandations au coût excessif pour l’État, les collectivités territoriales ou les entreprises. Accélérer la restauration écologique des cours d’eau suppose, en premier lieu, de lever les nombreux obstacles qui freinent aujourd’hui les initiatives locales, qu’ils soient d’ordre foncier, financier, ou qu’ils tiennent à l’acceptabilité des projets et à la nécessité d’un portage politique affirmé. Cela implique la mise en place d’un cadre juridique à la fois lisible et opérationnel, ainsi que la simplification des procédures administratives. Il convient également de veiller au maintien et à la restauration de la continuité écologique des cours d’eau, condition essentielle à la reconquête de leur bon état et au bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

Part des cours d’eau en mauvais état écologique en 2021 par bassin (source : L’état de l’eau en Europe en 2024)

La réussite de cette ambition passe avant tout par une sensibilisation de l’ensemble des acteurs (collectivités territoriales, agriculteurs, associations de protection de l’environnement, riverains de cours d’eau, entreprises et industriels) à l’importance de préserver et de restaurer les cours d’eau. Les rapporteurs soulignent que les réussites locales qu’ils ont pu observer lors de leurs déplacements sur le terrain ont toutes un point commun : la population avait été embarquée. La clef de la restauration des cours d’eau réside donc dans un travail de pédagogie et une amélioration de la démocratie de l’eau. Les rapporteurs recommandent donc de donner une visibilité nationale aux projets de restauration des cours d’eau et aux personnes qui s’investissent dans cette restauration. Ils recommandent aussi de couvrir l’entièreté du territoire métropolitain par des schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), documents issus d’une concertation locale fixant un cadre d’usage de l’eau à l’échelle d’une rivière. Aujourd’hui, seuls 56 % du territoire sont en effet couverts par un Sage. Au-delà d’enjeux de gouvernance, la solution pour massifier la restauration des cours d’eau passe par une réflexion approfondie sur le foncier. L’accès aux cours d’eau et aux espaces nécessaires à leur bon fonctionnement (rives, zones humides, forêts) demeure en effet un enjeu central pour permettre de redonner aux cours d’eau leur forme naturelle, notamment par le biais de « reméandrage ». La politique foncière en matière de restauration des cours d’eau doit ainsi faire l’objet d’une stratégie nationale et déclinée à l’échelle des bassins-versants, afin de favoriser la maîtrise et la gestion des espaces nécessaires au bon fonctionnement des milieux aquatiques. Afin de permettre l’acquisition du foncier nécessaire, les rapporteurs recommandent d’étendre les missions du conservatoire du littoral aux cours d’eau et aux espaces rivulaires, c’est-à-dire liés à ces cours d’eau. Ce nouveau conservatoire du littoral, des cours d’eau et des milieux aquatiques et humides (Clemah) pourrait donc protéger acquérir, dans les zones de forte pression, les terres riveraines des cours d’eau, pour les protéger de leur source – y compris en montagne – à leur estuaire. Enfin, l’encouragement et la généralisation de pratiques vertueuses constituent un levier déterminant pour garantir, de manière durable, la qualité et la résilience des cours d’eau. La transition vers des modèles agroécologiques autour des cours d’eau offre des perspectives concrètes de réduction de la pollution diffuse, préservant les écosystèmes aquatiques. Parallèlement, l’instauration d’une politique de sobriété hydrique et d’une gestion raisonnée de la ressource en eau apparaît comme une condition indispensable pour assurer un partage équitable face à sa raréfaction croissante. Comme en témoignent les nombreuses auditions et déplacements menés par les rapporteurs, la réussite de cette démarche exige une mobilisation de l’ensemble des acteurs – collectivités territoriales, agriculteurs, industriels, associations et citoyens – autour d’un objectif commun : redonner vie à nos cours d’eau et préserver durablement la ressource en eau. 

Enfin, les rapporteurs ont souhaité traiter en profondeur des cours d’eau de Guyane. Cette région, qui abrite un quart du linéaire national de cours d’eau et la moitié de la biodiversité d’eau douce de France, fait face à d’immenses enjeux liés principalement à l’orpaillage – c’est-à-dire la recherche et l’exploitation de l’or – qui détruit 100 kilomètres de cours d’eau par an et en pollue près de 10 000 kilomètres. Les pratiques d’orpaillage, qu’elles soient légales ou illégales, reposent en effet sur la destruction du cours d’eau pour le faire dériver dans la mine et sur le rejet dans les cours d’eau d’immenses quantités de matières en suspension et de mercure, qui empoisonnent les poissons et les populations locales, notamment amérindiennes, provoquant une hausse très forte des cas de troubles neurologiques ou d’infertilité. Protéger les cours d’eau de l’orpaillage illégal n’est pas qu’un enjeu environnemental, il s’agit aussi d’un enjeu de souveraineté face à la prédation des richesses des sols français par des réseaux brésiliens soutenus par la Chine. Les rapporteurs tiennent à rendre hommage aux militaires engagés dans la lutte contre l’orpaillage illégal après le décès en opération d’un caporal du septième bataillon de chasseurs alpins le 2 novembre 2025. Les rapporteurs soulignent l’urgence de protéger les cours d’eau partout en France, dans l’hexagone et dans les outre-mer, et de massifier leur restauration. C’est un impératif pour la santé publique, pour la biodiversité, pour l’avenir de l’agriculture, de la production d’énergie et pour de nombreux secteurs économiques. Protéger nos cours d’eau, c’est donc avant tout protéger notre avenir.

La coexistence de multiples cartes des cours d’eau nuit à la lisibilité des dispositifs de protection des cours d’eau. En plus des limites précitées de la cartographie réglementaire, celle-ci se heurte à des cartes des cours d’eau concurrentes qui ne se superposent pas toujours exactement. En effet, une carte des cours d’eau est nécessaire à plusieurs réglementations notamment agricoles, en plus de la police de l’eau comme, par exemple : 

– les zones de non traitement (ZNT), bandes à proximité des masses d’eau où l’application directe de produits phytosanitaire est interdite. Elles font entre cinq et cinquantaine mètres ;

– les bonnes conditions agricoles et environnementales (BCAE), c’est‑à‑dire les règles environnementales à respecter pour obtenir le versement des aides de la politique agricole commune (PAC), notamment le respect d’une zone tampon de cinq mètres autour des cours d’eau ;

– l’application de la directive nitrates, qui limite la pollution des cours d’eau par les nitrates d’origine agricole.

En pratique, les cours d’eau concernés par ces politiques sont cartographiés par l’agrégation, par le ministère de l’agriculture, de données fournies par l’IGN et par les DDTM. L’IGN, dans ses réponses au questionnaire, souligne que le tracé des cours d’eau retenus pour les BCAE a une origine variable dans chaque département et que ce tracé n’est pas toujours superposable à l’inventaire police de l’eau, comme le montre l’exemple de superposition des différents référentiels cartographiques.

Pour compléter

« Cours d'eau en Guyane : la biodiversité aquatique menacée par l'orpaillage et la déforestation, pointe un rapport » (France-Info).

Les cours d’eau français sont en mauvais état. Et la situation en Guyane est plus que préoccupante. L’écosystème guyanais est dégradé par les activités humaines. C’est ce que révèle le rapport d'information sur l'état des cours d'eau présenté par la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire en novembre 2025. Les cours d’eau de la Guyane  représentent ¼ du littoral national et abritent 50 % de la biodiversité d’eau douce française : notamment 500 espèces de poissons, dont 25% sont spécifiques à la Guyane. Quand l’état de l’eau se dégrade, la biodiversité va mal. Parmi les 19 propositions faites à l’échelle nationale pour pallier les problèmes liés aux cours d’eau, 5 sont consacrées spécialement à la Guyane. 

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Base de données mondiale sur les aires protégées et conservées (WDPCA)


Protected Planet constitue une source de référence pour les données sur les aires protégées et les autres mesures efficaces de conservation par zone marine (MECO). Son existence est le fruit d'efforts considérables déployés par les gouvernements et d'autres acteurs pour cartographier, suivre et diffuser les données relatives aux aires protégées. Sur le site web de Protected Planet, les utilisateurs peuvent explorer la Base de données mondiale sur les aires protégées (WDPA), la Base de données mondiale sur les MECO, la Base de données mondiale sur l'efficacité de la gestion des aires protégées (GD-PAME) et une multitude d'informations connexes.

Protected Planet évolue

Des changements importants ont été effectués en novembre 2025 par Protected Planet, à savoir la fusion et la refonte des principales bases de données en une Base de données mondiale sur les aires protégées et conservées (WDPCA). Ces changements sont destinés à simplifier le processus de déclaration pour les fournisseurs de données, à élargir les options d'analyse des données et à améliorer la transparence quant à l'impact des aires protégées et conservées (APC) sur la biodiversité mondiale. Ces changements sont de nature à renforcer la capacité à suivre les progrès accomplis par rapport à l'objectif 3 du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité (CMMBB), qui vise à ce que 30 % des terres et des eaux de la planète soient effectivement conservées d'ici 2030.

Présentation de la base de données mondiale sur les aires protégées et conservées (WDPCA)

La WDPCA (World Database on Protected and Conserved Areas) représente une évolution majeure dans la manière dont Protected Planet rassemble et met à disposition des données à l'échelle mondiale. Son lancement témoigne de la diversification croissante des stratégies de conservation dans de nombreux pays, qui considèrent de plus en plus les aires protégées et les OECMOther Effective Conservation Measures ») comme deux approches complémentaires. Outre la simplification des processus de déclaration, la fusion des bases de données permettra une analyse des données et une prise de décision plus éclairées. 

Carte des aires protégées et des OECM, mars 2026 (source : Protected planet)

Téléchargement du jeu de données WDPCA au format shp (attention : 3,9 Go)

Parmi les points importants, citons l’ajout des champs suivants aux données tabulaires :

  • OECM_ASMT : ce champ contiendra des données sur le type d’évaluation utilisé pour identifier un site comme répondant à la définition d’OECM. Cela permettra d’améliorer la transparence quant aux critères de catégorisation des sites en tant qu’OECM.
  • INLND_WTRS : ce champ contiendra des données sur la mise en place de mesures de conservation pour les écosystèmes d’eaux intérieures présents dans une zone de conservation principale (ACP). Il permettra de préciser si la gestion des zones terrestres et côtières prend spécifiquement en compte les eaux intérieures.
  • GOVSUBTYPE : en plus du champ de type de gouvernance existant (GOV_TYPE), ce champ fournira une transparence supplémentaire sur les acteurs impliqués dans la gouvernance partagée des PCA.
  • OWNSUBTYPE : en plus du champ de type de propriété existant (OWN_TYPE), ce champ fournira une transparence supplémentaire sur les acteurs impliqués dans la propriété partagée des PCA.

Ces nouveaux champs sont destinés à améliorer la capacité à suivre les progrès accomplis dans la réalisation de tous les éléments de l'objectif 3 du KMGBF, ainsi que la capacité des utilisateurs à interroger les données de Protected Planet, sans alourdir significativement la charge de déclaration des fournisseurs de données. Le site web de Protected Planet sera mis à jour afin de mieux refléter les changements.

La base de données mondiale sur les aires protégées et conservées (WDPCA), mise à jour en mars 2026, recense 319 995 aires protégées et OECM : 312 510 aires protégées couvrant 245 pays et territoires et 7 485 OECM couvrant 17 pays et territoires. Parmi les enregistrements de la WDPCA, 314 045 sont des polygones et 7 809 sont des points (certaines aires protégées et OECM comprennent plusieurs parcelles, ce qui explique le nombre d’enregistrements supérieur au nombre d’aires protégées et d’OECM). Huit enregistrements d'évaluation ont été ajoutés pour le Sri Lanka dans la version de mars 2026 de la Base de données mondiale sur l'efficacité de la gestion des aires protégées (GD-PAME).

La base de données mondiale sur l'efficacité de la gestion des aires protégées (GD-PAME) a également été transformée. La création de nouvelles APC est nécessaire, mais insuffisante pour enrayer et inverser le déclin de la biodiversité et atteindre l'objectif 3 du KMGBF. Ces APC doivent également bénéficier d'une bonne gouvernance, d'une gestion efficace et de résultats durables en matière de conservation. Le GD-PAME a été repensé afin de fournir des données plus pertinentes sur chacun de ces éléments de l'efficacité des APC, en passant d'un simple enregistrement des lieux où des évaluations d'efficacité ont été réalisées à la collecte des principales données relatives aux résultats de ces évaluations. A terme, le GD-PAME sera intégré au WDPCA, ce qui permettra de rationaliser davantage la communication et la transmission des données.

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L'histoire par les cartes : la création de la Nouvelle-Angleterre vue du côté anglais et du côté algonquien


Nathan Braccio (2026). Creating New England, Defending the Northeast: Contested Algonquian and English Spatial Worlds, 1500–1700 (Native Americans of the Northeast) [Créer la Nouvelle-Angleterre, défendre le Nord-Est : mondes spatiaux algonquiens et anglais contestés, 1500-1700 (Amérindiens du Nord-Est)], Massachusetts Press

L’étude des cartes et de la construction du territoire lors des négociations entre les peuples autochtones et les colons révèle qu’entre 1500 et 1700, les cartographes autochtones et anglais de l’Atlantique Nord ont représenté très différemment la Nouvelle-Angleterre, soulignant ainsi les divergences de perception du territoire entre les deux. Tandis que les cartographes anglais s’appuyaient sur les nouvelles connaissances mathématiques et autres connaissances scientifiques émergentes venues d’Europe, ainsi que sur une vision aérienne du monde, les cartographes algonquiens puisaient dans une connaissance approfondie du territoire, héritée de la longue histoire de leurs communautés. Nathan Braccio qualifie ce phénomène de « paysages parallèles ». Dans son ouvrage, Creating New England, Defending the Northeast, il affirme que la connaissance algonquienne du territoire constituait une alternative puissante et persistante aux méthodes d’arpentage et de cartographie anglaises dans le Nord-Est. Lorsque les colons et explorateurs anglais prirent conscience de l’inadéquation de leurs techniques à la compréhension du territoire inconnu de la Nouvelle-Angleterre, ils tentèrent de s’approprier les connaissances et les cartes autochtones. Les sachems (chefs de tribus) algonquiens saisirent cette opportunité pour contrôler leurs nouveaux voisins anglais et en tirer profit. Plus tard, alors que les Anglais se sentaient menacés dans leur dépendance envers les peuples autochtones, ils entreprirent de remodeler et de marquer le paysage. Les Algonquiens s'adaptèrent, conservant un savoir spatial essentiel, même dans un lieu qui n'était plus entièrement de leur création. L'ouvrage vient ainsi nuancer les récits de conquête et mettre en lumière le savoir spatial autochtone, trop souvent négligé.

Extrait de l'introduction

« Les registres fonciers antérieurs à 1640 contenaient des allusions régulières à des guides autochtones, tandis que les cartes et les relevés effectués entre 1640 et 1665 les mentionnaient rarement. Cependant, à la fin des années 1660, alors que les Anglais se sentaient militairement en sécurité et de plus en plus préoccupés par des conflits fonciers entre eux, les Algonquiens réaffirmaient l'importance de leurs connaissances. Les arpenteurs anglais commencèrent à se référer régulièrement à des informateurs algonquiens pour légitimer les découpages fonciers. Les Algonquiens transformèrent les conflits de délimitation en un moyen de poursuivre leurs propres objectifs dans un paysage que les Anglais prétendaient dominer. Malgré les tentatives des colons d'imposer leur propre culture spatiale, les sachems [ancien faisant fonction de chef, de conseiller, chez les Indiens d'Amérique du Nord] présentèrent leurs droits à la terre et à son utilisation comme légitimes  [...].

Pendant un certain temps, les colons ont utilisé une épistémologie spatiale hybride qui s'appuyait sur l'expertise algonquienne tout en employant les conventions de l'arpentage de style européen chaque fois que cela était possible. Certains arpentages intégraient également les connaissances scientifiques anglaises les plus récentes. L'arpentage et la cartographie, ainsi que les techniques connexes, reposaient sur de nouvelles connaissances mathématiques, de nouveaux outils et une perspective aérienne du monde. Cependant, les connaissances algonquiennes, qui comprenaient leur propre forme de cartographie, représentaient une alternative à la suprématie supposée des connaissances européennes. Les colons anglais ont utilisé sporadiquement des cartes algonquiennes au milieu des années 1500, et les Algonquiens ont intégré des techniques anglaises à leurs cartes. Plusieurs cartographes autochtones ont utilisé de nouvelles compétences en écriture pour transférer leurs cartes de supports que les Anglais n'avaient pas réussi à conserver dans leurs archives, tels que l'écorce et le sable, sur du papier. Les cartes autochtones ont également servi de nouveaux objectifs à cette époque. Elles ont fourni une preuve de propriété foncière compréhensible par le système juridique anglais tout en intégrant les épistémologies spatiales algonquiennes aux archives anglaises. Cette hybridation de la culture cartographique représentait un nouveau défi aux présomptions anglaises concernant leur propre suprématie. Si les colons et les Algonquiens qui avaient accès aux techniques de cartographie anglaises ont choisi de les modifier, ces techniques ne représentaient pas le summum de la cartographie  [...].

Même si les Anglais ont intégré les connaissances amérindiennes, les reconnaissant parfois supérieures aux leurs, ils ont impitoyablement traité les Algonquiens comme des instruments au service de leurs propres fins. Ces mêmes Anglais qui reconnaissaient l'importance des connaissances algonquiennes pour la survie des colonies kidnappaient des Algonquiens, les transformant en outils de repérage. Les colons qui consignaient les témoignages d'informateurs et les actes de propriété algonquiens dans leurs titres de propriété le faisaient pour transformer la possession antérieure des terres par les Algonquiens en un outil juridique applicable aux litiges fonciers anglais. Les coloristes ont même transformé les pétitions et les supplications des Algonquiens aux gouvernements coloniaux pour obtenir une protection en arguments pour une autorité coloniale accrue. Cela a obligé les Algonquiens à lutter continuellement pour le pouvoir et l'influence au sein d'un système que les Anglais essayaient de contrôler  [...].

Les paysages parallèles qui se sont développés dans le Nord-Est/Nouvelle-Angleterre pendant la période coloniale se sont manifestés non seulement dans les connaissances et les cartes des Algonquiens et des Anglais, mais aussi dans leurs différentes pratiques d'utilisation et de propriété des terres. Alors que les Anglais mettaient l'accent sur la propriété individuelle absolue parallèlement à l'autorité politique du gouvernement sur la terre, les Algonquiens décrivaient souvent la propriété et la gouvernance en termes de droits. Bien que la terre puisse être gouvernée d'une manière généralement comparable au concept anglais d'autorité, en particulier par les sachems, les droits du sachem et de ses sujets d'accéder aux ressources telles que le bois ou le cerf sur la terre étaient plus importants. Différentes communautés algonquiennes privilégiaient différents droits, les sachems côtiers accordant une valeur particulière au droit sur les baleines échouées. En fin de compte, le paysage était défini par des limites de propriété pour devenir des terres agricoles dans les communautés chrétiennes, tandis que pour les Algonquiens, la terre était inscrite de leur propre signification historique et religieuse et définie par un ensemble de droits qui recouvraient en partie ses ressources [...].

En étudiant les cultures autochtones et anglaises en dialogue, l'ouvrage Creating New England, Defending the Northeast cherche à contrer les récits qui décrivent une montée en puissance apparemment inévitable du savoir anglais. Au cours des dernières décennies, des chercheurs, dont Karen Kupperman, ont étudié le rôle important joué par les peuples autochtones dans la compréhension du paysage par les Anglais. Tandis que Kupperman explore comment les Anglais ont interprété les corps et les comportements des Algonquiens, d'autres ont mis en lumière comment les guides et messagers autochtones contrôlaient un savoir crucial pour la survie des colons. Poursuivant cette ligne d'étude, cet ouvrage souligne comment les Algonquiens ont utilisé leur savoir supérieur pour enseigner aux Anglais le territoire et affirmer leur expertise, même lorsque les colons cherchaient à les objectiver. Cette expertise pouvait prendre des formes subtiles, notamment la cartographie, les témoignages juridiques et les interventions dans les actes anglais. Cela a non seulement eu un impact matériel sur les Anglais, mais a également contribué à façonner leur culture spatiale ».

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Cartographie des initiatives mondiales en faveur des droits de la nature


Alex Putzer, John Cook & Ben Pollock (2025). « Putting the rights of nature on the map. A quantitative analysis of rights of nature initiatives across the world – Second Edition » [Mettre en carte les droits de la nature. Une analyse quantitative des initiatives relatives aux droits de la nature dans le monde – Deuxième édition], Journal of Maps, volume 21, 2025, https://doi.org/10.1080/17445647.2024.2440376

Cet article actualise une cartographie antérieure des initiatives mondiales en faveur des droits de la nature. Cette édition l'enrichit, non seulement en intégrant davantage d'initiatives, mais aussi en actualisant les moyens de documentation et d'illustration de ce mouvement en constante évolution. Ces ajustements sont le fruit de discussions avec des experts et des militants du monde entier. L'article montre que, malgré l'émergence continue de nouvelles organisations et initiatives, on observe des signes révélateurs de coalescence et de bureaucratisation conformément à la théorie des quatre étapes des mouvements sociaux de Blumer. De ce fait, des organisations majeures comme l’Alliance mondiale pour les droits de la nature (GARN) ou l’Earth Law Center (ELC) ont vu leur influence et leur rayonnement s’accroître. L’influence durable des premières initiatives pionnières se manifeste par l’utilisation récurrente d’expressions juridiques spécifiques, telles que le « droit au débit » des rivières ou le « droit à l’existence » plus général des écosystèmes. En analysant, interprétant et affinant les catégories, tout en présentant des informations plus détaillées et en préservant la concision et la clarté du texte original, les auteurs ont cherché à mieux représenter ce mouvement.

Les droits de la nature. Un mouvement en expansion (source : Putzer et al., 2025)

La collecte de données pour la carte initiale s'est achevée en juillet 2021. Depuis, le mouvement n'a cessé de prendre de l'ampleur. En mai 2024, 94 initiatives supplémentaires avaient été recensées, portant le total à 495, réparties dans 40 pays et territoires. Les Amériques restent en tête avec plus des deux tiers des initiatives (la répartition étant presque égale entre l'Amérique du Nord à 33,7 % et l'Amérique latine à 33,4 %, cette dernière étant susceptible de prendre la tête dans un avenir proche). 12,1 % des initiatives sont internationales. L'Europe représente 9,9 %, l'Océanie 6,3 %, l'Asie 3,4 % et l'Afrique 1,2 %. Sachant que plus de 80 % de la population mondiale vit en Asie et en Afrique, ces pourcentages particulièrement faibles révèlent un manque de recherche persistant concernant la documentation des alternatives non occidentales à la conception des droits de la nature.

Le jeu de données « Droits de la nature » est à télécharger au format CSV depuis le site de l’Eco Jurisprudence Monitor. EJM est une plateforme en ligne et en accès libre qui recense les initiatives relatives aux droits de la nature ainsi que des ressources connexes destinées aux militants, juristes, décideurs politiques et chercheurs.

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Visualisation des trajets domicile-école maternelle. L'exemple des kindergarten en Slovaquie


Šveda, M., Križan, F. et Výbošťok, J. (2026). « Visualising excess commuting to kindergartens »  [Visualisation des déplacements excessifs vers les écoles maternelles]. Journal of Maps, 22 (1). https://doi.org/10.1080/17445647.2026.2638044 (article en accès libre).

La répartition spatiale des services, notamment des crèches en tant qu'établissements essentiels, est très inégale et engendre des variations spatiales dans les déplacements. L'offre de garde d'enfants diffère considérablement selon les contextes géographiques, et la configuration spatiale de l'offre influence les schémas de mobilité observés chez les utilisateurs. Ces dernières années, une attention croissante a été portée à la compréhension de la manière dont l'agencement spatial des activités et des infrastructures se traduit en distances et flux de déplacement réels, plutôt qu'aux seules mesures d'accessibilité potentielle. Un cadre analytique qui aborde explicitement cette relation est le concept de déplacements domicile-travail en excès, initialement introduit comme déplacements domicile-travail inutiles et défini comme la différence entre les déplacements domicile-travail observés et une configuration de déplacements domicile-travail théoriquement minimale dans des conditions d'adéquation spatiale optimale. Des niveaux plus faibles de déplacements domicile-travail excessifs indiquent une plus grande efficacité spatiale, tandis que des valeurs plus élevées signalent un décalage entre la localisation de l'offre et de la demande ou les choix comportementaux des usagers. Le terme de déplacements domicile-travail en excès (excess commuting) est désormais largement utilisé dans la littérature.

Déplacements excessifs vers les écoles maternelles en Slovaquie (source : Šveda et al., 2026)

Cette étude analyse et visualise les déplacements excédentaires des enfants d'âge préscolaire vers les crèches en Slovaquie à l'aide d'un cadre d'optimisation spatiale. Dans le contexte des récentes réformes législatives visant à accroître la participation à l'enseignement préscolaire, la recherche évalue l'écart entre les schémas de déplacement observés et les allocations théoriques de distance minimale. Ces déplacements excédentaires sont estimés en comparant les flux intercommunaux observés à des configurations optimales sous contrainte de capacité. Les résultats révèlent des variations régionales de l'efficacité des déplacements. Bien que la plupart des enfants fréquentent les crèches de leur commune, les déplacements intercommunaux demeurent importants et dépassent souvent les distances minimales attendues, notamment dans les zones périurbaines et les zones ethnolinguistiquement différenciées. Ces schémas reflètent la structure de l'habitat, les contraintes institutionnelles et le choix des parents quant à l'adéquation entre le domicile et l'établissement. Une typologie des pôles de déplacement et des schémas de déplacements excédentaires est élaborée et visualisée cartographiquement, permettant une identification multi-échelle des mécanismes sous-jacents à cette inefficacité. L'étude contribue à la géographie de l'éducation et à la recherche sur l'interaction spatiale en étendant l'analyse des déplacements excédentaires aux systèmes non liés au travail et en démontrant l'intérêt de l'optimisation et de l'intégration.

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Étudier les mobilités scolaires à partir des données de déplacements domicile-études de l'Insee

Étudier les mobilités résidentielles des élèves à partir des statistiques de la DEPP

Étude des mobilités étudiantes à partir des données INSEE et Parcoursup

Étudier les mobilités en France à partir de données récentes (Statistiques locales de l'INSEE)

CAPAMOB, un guide du Cerema pour réaliser des diagnostics de mobilités en territoire rural ou péri-urbain

Étudier les mobilités résidentielles des jeunes Américains à partir du site Migration Patterns


Nouvelle cartographie électorale de la France


Youssef Souidi et Thomas Vonderscher (2026). Nouvelle cartographie électorale de la France, éditions Textuel.

Cet ouvrage présente une radiographie électorale inédite de la France contemporaine, à partir de l'analyse minutieuse des résultats de plus de 70 000 bureaux de vote sur l'ensemble des scrutins majeurs entre 2017 et 2024. Ses auteurs s'appuient sur une méthode unique en son genre, plus fine que celles utilisées jusque-là, à l'échelle communale : on descend ici au niveau infra-communal, celui du bureau de vote, pour croiser les résultats électoraux avec les données sociales des quartiers fournies par l'INSEE. Une révélation nuancée et surprenante des comportements électoraux, loin des clichés sur une « France périphérique » uniforme ou sur des quartiers populaires massivement gagnés à l'abstention. À rebours des discours simplificateurs, cet ouvrage livre une radiographie électorale d’une finesse sans précédent.

En analysant les résultats de près de 70 000 bureaux de vote croisés avec les données sociales de l’Insee, Youssef Souidi et Thomas Vonderscher révèlent ce que les sondages ne montrent jamais : les contrastes politiques quartier par quartier. Cette granularité exceptionnelle bouscule de nombreuses idées reçues. Non, le RN n’est pas le premier choix des plus précaires, davantage tournés vers l’abstention ou la gauche. Quant à la fracture entre métropoles « progressistes » et campagnes « frontistes », elle apparaît largement exagérée. Les auteurs mettent ainsi en lumière une tripolarisation politique installée : une coalition présidentielle portée par les plus aisés ; un RN enraciné dans le périurbain et les classes moyennes ; des partis de gauche forts dans les grandes villes, mais qui mobilisent des électorats distincts. Leur analyse inédite des dynamiques de second tour complète ce panorama. Alliant rigueur statistique et clarté pédagogique, cette cartographie renouvelle notre compréhension de la France contemporaine, libérée des caricatures et attentive aux lignes de fracture qui dessinent l’avenir politique du pays.

Lire un extrait du livre

Pour compléter

« Municipales 2026 : cartographier la fragmentation électorale française à partir de la richesse » (Le Grand Continent).

À l’approche des municipales, comment analyser l’électorat français après « la mort du fait majoritaire » ? Pour Youssef Souidi et Thomas Vonderscher qui signent une Nouvelle cartographie électorale de la France , il faut partir de l’échelle la plus grande : l’urne. « Notre travail renouvelle la cartographie électorale en grande partie grâce à cette plongée jusque dans les urnes. Il repose en effet sur l’analyse des résultats collectés par le ministère de l’Intérieur dans les près de 70 000 bureaux de vote qui maillent la France. Pour chacun de ces bureaux de vote, il est possible de savoir combien de personnes se sont rendues à l’isoloir et comment se sont répartis leurs suffrages. Grâce à l’Insee, on connaît également les quartiers associés à chacun des bureaux de vote — une publication qui a été permise par des sollicitations répétées d’acteurs de la société civile, et notamment de chercheurs, auxquels nous sommes largement redevables 1. Ce même institut met en ligne des données permettant de calculer le niveau de vie qui correspond à chacun de ces quartiers. En associant ces trois informations, il nous a été possible d’établir une nouvelle cartographie électorale à l’échelle nationale, d’une finesse inédite, revenant à faire du bureau de vote un localisateur du niveau de vie du quartier environnant.»

« Pourquoi l’image d’une "France périphérique" peuplée d’électeurs en colère ne résiste pas à l’examen »  (The Conversation).

Le géographe Aurélien Delpirou (Université de Paris-Est Créteil) analyse la notion de "France périphérique". Il montre que cette grille opposant métropoles riches et territoires relégués simplifie excessivement les réalités sociales et spatiales françaises. Popularisée dans les années 2010 (Christophe Guilluy), cette notion oppose métropoles mondialisées et territoires ruraux ou petites villes supposés en déclin. Pourtant, de nombreuses recherches en sciences sociales montrent que cette opposition binaire rend mal compte des dynamiques territoriales. Les inégalités territoriales sont en réalité multiples et imbriquées. Elles apparaissent souvent à des échelles fines. Dans une même ville ou un même bassin de vie, on observe simultanément richesse et précarité, ce qui contredit l’idée de blocs territoriaux homogènes. Les données de l’Insee illustrent cette complexité. Certaines villes moyennes comme Aurillac ou Annecy présentent des niveaux de pauvreté plus faibles que certaines métropoles attractives comme Montpellier ou Lille. Les dynamiques économiques contredisent également la thèse de territoires « perdants ». Des zones industrielles non métropolitaines figurent parmi les plus dynamiques du pays, comme le Choletais, la Vendée ou les vallées industrielles de l’Arve et de la Bresle. Les difficultés d’accès aux services essentiels ne concernent pas seulement les campagnes. Les déserts médicaux existent aussi dans certains quartiers populaires des grandes villes. Les inégalités sociales traversent donc tous les types de territoires. Les recherches en géographie électorale confirment cette complexité. Les comportements politiques dépendent davantage de facteurs sociaux comme l’âge, le diplôme ou la trajectoire professionnelle que du lieu de résidence. La notion de "France périphérique" fonctionne surtout comme un récit médiatique simplificateur. Comprendre les inégalités territoriales suppose d’analyser finement les mobilités, les services et les trajectoires sociales à différentes échelles. Pour complément, les données de l'INSEE montrent que la pauvreté est beaucoup plus marquée dans les zones densément peuplées. Le taux de pauvreté est plus élevé dans les villes-centres des grandes agglomérations, en particulier au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville.

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Cartographie du réseau social Bluesky


Théo Sanderson (@theo.io) propose une carte des 3,4 millions d'utilisateurs de Bluesky (chiffres de février 2026). La carte permet de visualiser les utilisateurs de Bluesky en fonction de leurs abonnements. Elle fait apparaître un monde en archipels en fonction des centres d'intérêt et des appartenances par pays.

Cartographie des utilisateurs du réseau social Bluesky (source : bluesky-map.theo.io)

La carte a été créée en ajustant un modèle de type moteur de recommandation avec des ajustements scalaires pour prédire la probabilité qu'une personne X suive une personne Y en fonction de ses « abonnements » et « abonnés », puis en représentant les abonnés en 2D avec diverses itérations de l'application t-SNE. Les « groupes » sont constitués de 30 profils biographiques choisis aléatoirement au sein de chaque groupe, parmi lesquels un LLM doit identifier les points communs. Le nom attribué à un groupe ne s'applique donc pas à tous ses membres et l'on peut être surpris du groupe auquel on est rattaché.

Saisissez votre identifiant en haut à gauche de l'écran pour sélectionner et afficher des comptes spécifiques. La seule information utilisée pour vous situer sur la carte est que les types de personnes qui vous suivent suivent également d'autres personnes dans cette zone de la carte. Si vous ne souhaitez pas apparaître sur la carte, il est possible de se désinscrire en indiquant à Bluesky que vous souhaitez désactiver la visibilité des profils déconnectés. Vous serez alors désinscrit lors de la prochaine importation de vos données de profil. 

Il existe d'autre projets similaires pour visualiser la communauté des utilisateurs de Bluesky comme par exemple Aurora (présenté par Joel Gustasfon sur cette page). 

Jaz propose des graphiques statistiques sur le nombre de publications Bluesky ainsi qu'un atlas des relations entre utilisateurs. Bluesky compte 43 millions d'inscrits et plus de 2,5 milliards de messages échangés. Le nombre de posts par utilisateurs unique s'élevait à environ 650 000 par jour fin 2025. Le site Exploding Topics fournit des statistiques par âge, sexe et données démographiques des utilisateurs de Bluesky.

Lancé en tant qu'entreprise indépendante en 2021, le réserau social Bluesky a conquis de nombreux utilisateurs, enregistrant une croissance rapide à partir de 2023, date à laquelle de nombreux anciens utilisateurs de X ont quitté la plateforme d'Elon Musk. Cette croissance s'est poursuivie, même si le trafic a légèrement ralenti en 2025. 


Pour compléter

Awais, M. « Digital diaspora : mapping emotional migration and user personas from X to Bluesky » [Diaspora numérique : cartographie des migrations émotionnelles et des profils d’utilisateurs de X à Bluesky]. Quality & Quantity 60 , 1279–1296 (2026). https://doi.org/10.1007/s11135-025-02292-7

Cette étude explore les dimensions émotionnelles et discursives de la migration de la plateforme X vers Bluesky à partir d'un corpus d'avis (n = 21 400) sur l'application Bluesky publiés sur le Google Play Store. S'appuyant sur la théorie de la migration médiatique, le concept de public affectif et la notion de confiance algorithmique, l'étude utilise l'analyse lexicale des émotions, le clustering K-means et la modélisation thématique pour identifier quatre profils d'utilisateurs distincts : les migrants mécontents, les utilisateurs optimistes, les observateurs sceptiques et les fidèles de la plateforme. Les avis mentionnant Twitter (désormais X) présentent une intensité émotionnelle significativement plus élevée – tant positive (confiance, anticipation, etc.) que négative (colère, tristesse, etc.) – que ceux qui n'y font pas référence, ce qui indique un transfert affectif. Chaque profil reflète des préoccupations spécifiques liées à la modération, à la stabilité de la plateforme et aux attentes normatives. Les résultats de l'étude soulignent que la migration numérique n'est pas un acte neutre, mais un processus émotionnellement chargé, façonné par des griefs antérieurs, des espoirs pour l'avenir et des représentations algorithmiques.

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Cartographie du réseau social Mastodon


Atlas social de la France. Pour un autre récit des inégalités dans l'espace national


Le Goix R., Ribardière A., Rivière J. & alii, « Atlas social de la France. Pour un autre récit des inégalités dans l'espace national », https://atlas-social-de-france.fr/.


Cet atlas est d’abord un atlas social, son ambition est de rendre compte de la dimension spatiale des hiérarchies et inégalités sociales qui structurent la France contemporaine. Ce projet est né d’une insatisfaction collective face aux visions simplificatrices et caricaturales qui structurent trop souvent le débat public national en matière de géographie : France "périphérique", "des métropoles", des "sous-préfectures", "des pavillons", "des ruralités", "des tours", etc. L'ambition est donc également politique, au sens où il s’agit de contribuer à ce débat public en y apportant notre expertise académique disciplinaire. 

1) Un atlas de plus ?

Les angles d’analyse des planches qui composent cet atlas sont pensés au prisme d’une géographie des inégalités et des rapports sociaux de domination : clivages d’âges et de générations, rapports sociaux de genre, inégalités de scolarisation et de formation, enjeux migratoires et postcoloniaux, division et ségrégation socioprofessionnelles, polarisation des comportements électoraux, crise de l’accès au service public de santé, inégalités environnementales et écologiques articulées avec les hiérarchies sociales, etc. Ces planches s’appuient essentiellement sur des données quantitatives issues de grandes enquêtes de la statistique publique (recensement de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques, chiffres de la Direction Générale des Impôts sur les revenus, indicateurs de précarité de la Caisse d’Allocation Familiale…), mais aussi et de manière plus ponctuelle et complémentaire sur des approches qualitatives. Parce que la capacité à articuler les niveaux et échelles est fondamentale en géographie, les analyses proposent à la fois des éléments de cadrage national qui reposent sur des données récentes – tout en prenant de la profondeur historique si nécessaire – et des décrochages sur des cas locaux ou régionaux au gré des enjeux thématiques.

2) La question de la maille de mesure et de représentation comme enjeu majeur

Trop souvent, y compris chez les géographes, le travail s'effectue de manière cloisonnée entre les spécialistes des dynamiques urbaines et ceux des mondes ruraux. Les auteurs ont donc cherché à dépasser ce cloisonnement en cartographiant les indicateurs sociaux dans l’ensemble de l’espace français afin de ne pas isoler les espaces urbains (souvent saisis dans des périmètres préétablis comme ceux de la ville-centre, des Etablissements Publics de Coopération Intercommunale ou des aires d’attraction des villes telles que définies par l’INSEE) vis-à-vis des espaces ruraux, tout en conservant la possibilité d’observer les dynamiques intra-urbaines dans un maillage très fin car c’est au cœur des villes que les inégalités sont les plus fortes. C’est pourquoi, dès que les données le permettent, les auteurs ont travaillé avec une maille d’observation originale et inédite qui permet de dresser une géographie de la France dans un peu plus de 20 000 unités spatiales, depuis le 8ème arrondissement parisien jusqu’à Saint-Denis… de la Réunion parce que la France dite « d’Outre-Mer » est trop souvent oubliée des cartes et des discours.

3) Un collectif, pour informer le débat public et ouvrir la production scientifique

Le collectif éditorial implique des chercheurs et des ingénieurs couvrant différents champs thématiques, expertises techniques et orientations méthodologiques au croisement de la géographie sociale et de la géographie quantitative. Ce collectif fait ainsi dialoguer plusieurs courants de la discipline, chacun ayant historiquement développé des atlas. C’est le cas de la géographie sociale telle qu’elle s’est structurée à partir des années 1980 autour d’une analyse des «questions sociales», restituant les recherches en produisant des atlas locaux (sur des cas urbains à l’image de l’Atlas social de Nantes qui a nourri ce projet, comme sur des mondes ruraux), régionaux ou nationaux. C’est aussi le cas de la géographie dite « théorique et quantitative », avec la somme majeure que constitue l’Atlas de France produit par le groupe « Reclus » dans la seconde moitié des années 1990. Enfin et en 2025, un autre collectif réunissant des démographes et des géographes a fait paraître un Atlas de la population française, également animé par la volonté d’éclairer scientifiquement le débat public autour des enjeux démographiques.

Le collectif Atlas social de la France est coordonné par Renaud Le Goix, Antonine Ribardière et Jean Rivière. Il est composé à la fois de chercheur.es et enseignant.es-chercheur.es (Julie Fromentin, Boris Mericskay, François Madoré, Juliette Morel, Matthieu Noucher et Pierre Pistre) et d’ingénieur.es spécialisé.es dans la représentation et la géo-visualisation de l’information géographique ainsi que dans les humanités numériques (Antoine Beroud, Simon Charrier, Timothée Giraud, Nicolas Lambert, Stéphane Loret et Aliette Roux). Au sein du projet construit collectivement, les rôles et expertises spécifiques de chacun.e sont précisés dans leurs notices individuelles.

Planches disponibles

Une soixantaine d'autres planches sont prévues d'ici le printemps 2027.

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Atlas social de Caen et Atlas social de la métropole nantaise

Layers of London, un site de cartographie numérique sur l'histoire de Londres


Layers of London est une ressource en ligne gratuite qui utilise des cartes et du contenu généré par les utilisateurs pour mêler histoire, géographie et technologie numérique. Reposant sur la plateforme d'humanités numériques Humap, le site contient de nombreuses cartes sur l'histoire de Londres superposées à des données actuelles. Les collections regroupent des documents classés par thème (monuments, bâtiments, objets de musée ou personnalités). Un récit contextuel riche, fondé sur de nombreux documents, peut ainsi être présenté à travers différents lieux sur la carte.

Plateforme d'humanités numériques sur Londres (source : Layers of London)

Exploration par thème :
Le projet « In Place » de l’artiste Timothy Yufit utilise le site Layers of London pour documenter les pierres tombales déplacées, enfouies dans les parcs et espaces publics londoniens. Ces vestiges historiques fragmentés demeurent présents dans le paysage urbain contemporain.


Pour compléter 

Justin Colson, Deep Mapping in Practice : ‘Layers of London’ and Participatory Experiential Mapping, Warsaw Spatial Humanities seminar (vidéo).

The London Journal. A Review of Metropolitan Society Past and Present. 50th Anniversary Special Issue: London's Past Today, volume 50, issue 3 (2025).

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Medieval Murder Maps. Un site de cartographie interactive sur les meurtres en Angleterre à la fin du Moyen Âge

Comparer les temps de trajets en Angleterre et au Pays de Galles de 1680 à nos jours

Cartographier l'État. Les délimitations administratives en Angleterre et la réforme de 1832


Piétonisation des « rues scolaires » à Paris : collecte de données sur le terrain et analyse par télédétection


Marcel Moran (2026). Piétonisation des « rues scolaires » à Paris : collecte de données sur le terrain et analyse par télédétection d'un projet massif de réaménagement de la voirie, Journal of Planning Education and Research, 2026-02-19, https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0739456X251415006 (article en libre accès)

Repenser l’aménagement des rues en fonction des besoins des enfants, des parents, des piétons et des cyclistes – plutôt que des automobiles – peut potentiellement atténuer de nombreux problèmes urbains, tels que le manque d’espaces verts et de végétation, et l’effet d’îlot de chaleur urbain. Paris, capitale de la France et ville d’environ deux millions d’habitants, a mis en œuvre cette stratégie par le biais des « rues scolaires », où les rues adjacentes aux écoles sont piétonnisées ; l’espace auparavant occupé par les voitures stationnées et en circulation est transformé en un lieu de jeux pour les enfants, un lieu de rencontre pour les parents avant et après l’école, un lieu de passage pour les piétons et les cyclistes, et un lieu de détente pour les riverains et les clients des commerces de proximité.

Cette étude évalue de manière exhaustive les rues aux écoles parisiennes grâce à une collecte de données de terrain (incluant des visites sur l'ensemble des 272 sites actifs) et à l'analyse d'images satellites et de vues de rue à haute résolution. En quinze ans, Paris a piétonnisé 13,5 km de rues, créant ainsi 15,7 ha d'espaces verts. L'analyse de la température de surface des rues aux écoles dotées d'un revêtement rafraîchissant, comparée à celle des rues témoins adjacentes, révèle des différences de température moyennes de 5,01 °C.

Carte des rues scolaires à Paris, colorées selon leur statut (gris : installées avant 2008, rouge : ouvertes aux voitures, turquoise : phase I, bleu : phase II). Source : Moran, 2026

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L’école, la carte et les territoires