La carte des résultats aux élections législatives en Espagne (scrutin du 28 avril 2019)


Signalé sur Maps Mania (29 avril 2019)

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de centre gauche, est le principal gagnant des élections nationales qui ont eu lieu le 28 avril 2018 en Espagne. Le parti obtient 28,7% des voix et remporte le plus de sièges (123 sièges, soit une augmentation de 38 sièges par rapport à 2016). Les plus grands perdants sont le Parti du peuple (PP), parti de centre-droit touché par la corruption, qui a perdu environ la moitié de ses électeurs. Le PP n'a réussi à remporter que 66 sièges (contre 135 en 2016).

Le quotidien El Pais fournit une carte interactive détaillant les résultats par municipe. La carte montre que le PSOE est bien implanté dans la plus grande partie du pays et que le Parti Populaire perd des voix presque partout, surtout dans le sud et l’est du pays. Le Parti Populaire avait pourtant obtenu les scores les plus élevés aux élections de 2016. Ce parti a été touché par des scandales liés à la corruption et accusé d'avoir mal su traiter la question de l'indépendance catalane.

Résultats aux élections législatives en Espagne en 2019 (Source : El Pais)


La carte peut être consultée à plusieurs échelles (provincias, escanos, municipios)  sur le site du journal El Diario : http://elecciones.eldiario.es/resultados28a/

Pour télécharger la carte avec la légende des couleurs correspondant aux différents partis :
http://i.redd.it/jqrmm0cpq2v21.png

El Pais avait publié auparavant une carte interactive des élections espagnoles de 2016. La comparaison montre clairement comment le PP a perdu du terrain dans le centre de l'Espagne et comment le PSOE s'est étendu de son fief traditionnel du sud pour s'emparer de la majeure partie de l'Espagne. La chute du Parti populaire a également entraîné une augmentation des sièges pour le Parti des citoyens de centre-droit et le parti d'extrême droite Vox. Le parti des citoyens a remporté 57 sièges (une augmentation de 25) et pour la première fois Vox a remporté 24 sièges (0 siège en 2016).
  
Résultats aux élections en Espagne en 2016 (Source : El Pais)




En dépit de l'augmentation du soutien au PSOE de centre gauche, il ne dispose toujours pas des 176 sièges dont il a besoin pour obtenir une majorité. Le parti devra donc compter sur le soutien du parti Unidas Podemos (42 sièges) et de certains  petits partis régionaux et nationalistes pour former un gouvernement.

Suite aux élections de mi-mandat aux États-Unis en 2018, les médias en ligne se sont mis à proposer des cartes interactives avec des flèches montrant le déplacement de voix en faveur des démocrates ou des républicains. Le journal El Diaro propose une cartographie similaire pour les élections espagnoles de 2019, afin de montrer les changements depuis les élections de 2016.

En cliquant sur l'onglet « Por Bloques » au-dessus de la carte interactive El Diaro et en sélectionnant la carte « Variation 2016 », vous pouvez voir une carte avec des flèches indiquant où le vote a basculé à gauche ou à droite lors de cette élection. La carte révèle un énorme basculement vers les partis de gauche dans les régions du nord-ouest de l'Espagne, le long de la côte méditerranéenne et à Madrid. Il semble qu’il y ait eu un basculement vers les partis de droite dans le sud de l’Espagne, mais ces mouvements semblent en comparaison très faibles.

Voir la carte sur El Diario :
http://elecciones.eldiario.es/resultados28a/bloques

Déplacements de voix aux élections en Espagne entre 2016 et 2019  (Source : El Diario)



 Scores électoraux gauche-droite en 2019 proportionnellement à la population (Source : El Diario)




La carte du vote pour le parti d'extrême droite Vox :
http://i.redd.it/4jy6jotgk6v21.png

L'"Espagne du vide" a été un enjeu important des élections du 28 avril 2019. Il faut dire que l’Espagne est aujourd’hui le pays d’Europe le plus touché par la dépopulation des zones rurales, qui perdent en moyenne cinq habitants toutes les heures. 13% du territoire est considéré officiellement comme un désert démographique. Inversement 46,7% de la population se concentre sur 4% du territoire. Le portail « La España vacío » rassemble des données et des cartes montrant l’évolution et la répartition de la population. Les deux Castilles, l'Extremadurea, la Galicie et l'Aragon sont les régions les plus touchées par le dépeuplement.

Accéder aux jeux de données cartographiques : La España vacía


Lien ajouté le 12 novembre 2019

Appelés aux urnes pour la deuxième fois en six mois, les Espagnols, en dépit de leur scepticisme sur la nécessité de ce nouveau scrutin, ont voté massivement (70 %) le 10 novembre 2019. Et les résultats révèlent la fluidité du corps électoral, amplifiée par une proportionnelle à fort biais majoritaire. La carte électorale, entre avril et novembre, a été profondément remaniée. Victoire en demi-teinte pour le Premier ministre sortant, Pedro Sanchez. Le Parti socialiste espagnol (PSOE) est arrivé en tête des élections législatives, avec 28% des voix. Avec 120 élus, il conserve presque le même nombre de sièges au Parlement que lors du précédent scrutin, en avril dernier (123). Avec 21% des voix, les conservateurs du Parti Populaire (PP) se sont remis du pire résultat de leur histoire (66 sièges en avril) et comptent 88 sièges. Le parti d'extrême droite Vox, entré au Parlement en avril avec 24 sièges, en devient la troisième force, avec 52 sièges (15%).

Cartogramme de Dorling montrant le parti en tête par municipalité, en fonction de la population :
http://observablehq.com/@adrianblanco/dorling-cartogram-of-the-spanish-presidential-election

Selon l'Institut espagnol de statistiques nationales, plus de 2 100 000 Espagnols sont inscrits pour voter à l'étranger. La base de données des électeurs espagnols vivant outre-mer fournit un aperçu des pays où les Espagnols choisissent de vivre à travers le monde. Évidemment, tous les Espagnols vivant à l'étranger ne se sont pas inscrits sur des listes électorales. Cependant, le recensement électoral des Espagnols vivant à l'étranger est probablement le plus grand ensemble de données précises sur la localisation des Espagnols émigrés dans le monde.

Lien ajouté le 24 septembre 2020


Le monde selon Polandball : quand la cartographie et la bande dessinée jouent sur nos visions du monde entre humour et stéréotypes


Polandball (balle-Pologne en français), également appelé Countryball (balle-Pays), est un mème internet apparu en 2009 sur le site allemand Krautchan.net. Ce mème - phénomène repris et décliné en masse sur Internet - se présente comme une bande dessinée dans laquelle les pays sont représentés sous la forme de personnages sphériques avec leurs drapeaux (cf tableau détaillé), qui communiquent entre eux dans un anglais souvent approximatif. Il s'agit d'exploiter les stéréotypes sur les pays et les relations qu'ils entretiennent.

Au début, les productions avaient pour thème l'histoire de la Pologne figurée par un personnage en rouge et blanc (d'où le nom de Polandball). Un gag récurrent sur la Pologne est qu'elle n'est pas capable d'aller dans l'espace ou que le seul métier qu'on y trouve est celui de plombier. Chaque pays a désormais son countryball : le Royaume-Uni est représenté avec un chapeau haut-de-forme et un monocle qui lui confèrent une allure de vieux gentleman ayant la nostalgie de son empire ; les États-Unis portent constamment des lunettes de soleil ce qui leur donne un air supérieur ; l'Allemagne ne pense qu'à travailler et à reconquérir sa place ; la France est souvent en émeute ou en élection. Elle finit toujours par se rendre, elle se mêle aussi des affaires des autres (voir par exemple son implication avec les autres pays européens et les pays qu'elle a envahis ou colonisés dans le monde).

La carte du monde de Polandball 2018 (version officielle)


Au delà des stéréotypes, Polandball ressemble à notre monde actuel où chaque pays cherche à défendre jalousement ses propres intérêts. Les clins d'oeil à l'actualité nationale et internationale sont nombreux. On peut lire le planisphère en cherchant les relations ambivalentes entre les pays qui ont bien du mal à s'entendre, comme dans une sorte de pantomime à l'échelle mondiale. Chaque année, une nouvelle carte est publiée donnant une lecture du monde et de ses tensions. On peut donc partir de ces cartes humoristiques pour tenter d'esquisser une analyse géopolitique. Le décryptage peut s'effectuer à partir des nombreux détails et symboles, mais aussi en observant la taille des personnages, la forme et la direction de leurs regards.

La carte du monde de Polandball 2014 (version officielle)



Polandball est devenu un subreddit très important (un groupe de pages du forum Reddit) qui réunit tous les passionnés de ce type de cartographie satirique : http://www.reddit.com/r/polandball/wiki/index/about/why#wiki_history_of_polandball

Les stéréotypes vont et viennent, c'est bien connu. Le subreddit r/polandball en donne des explications et fournit de nombreuses cartes, images, gifs animés...

Le dessinateur, qui est à l'origine de Polandball, était connu sur les réseaux sociaux sous le pseudo Brain4Breakfast. Il animait une chaîne sur Youtube très appréciée par les internautes. Ses vidéos à base d'histoire, de géographie et de géopolitique étaient "beaucoup plus amusantes et attrayantes que l’école" selon les témoignages de ces fans. L'auteur vient de disparaître et laisse le souvenir d'un dessinateur de BD, "comique mais aussi éducateur" qui avait "le goût de transmettre". 

L'ascension et la chute, puis l'ascension et la chute et finalement l'ascension de l'Allemagne (source : Brain4Breakfast)



Le style Countryland a inspiré beaucoup d'autres artistes au point de devenir un style de représentation cartographique en tant que tel. Depuis plusieurs années, les cartes officielles du monde selon Polandball sont le fruit d'un travail collectif d'artistes et dessinateurs (la version de 2019 a réuni 44 artistes).

Voir la très belle sélection de "Ball nations" sur Pinterest :
http://www.pinterest.com/bibi02846/ball-nation/?lp=true

La version 2019 de Polandball donne lieu également à des sélections d'images pour les amateurs et autres collectionneurs : http://www.pinterest.fr/SlitherpuffOHG1/countryball-polandball/

Toute entité ayant un drapeau reconnaissable peut être représentée sur la carte de Polandball, qu'il s'agisse d'une région non-indépendante (Écosse, Québec, Principauté de Sealand, Transnistrie), d'une entité supranationale (Union européenne, OTAN, ONU) ou d'un état n'existant plus de nos jours (Empire romain, URSS, Troisième Reich, Empire allemand, États confédérés d'Amérique).

La carte du monde de Polandball 1910 (source : r/Polandball)


Les règles sont néanmoins assez strictes : il est interdit de représenter des ONG, des villes qui ne sont pas des cités-états ou des micro-nations ; l'usage des drapeaux militaires à la place des drapeaux civils est également interdit. Pour le reste tout est permis et les dessinateurs ne manquent pas d'imagination...


Un countryball sur la France, ses régions et ses rapports avec les pays voisins :  
http://i.redd.it/46qak0vz05331.jpg



Sur les gilets jaunes et l'incendie de Notre-Dame :


On peut s'interroger sur les visions du monde véhiculées par Polandball. Certains messages jouent sur les préjugés de race ou de religion, sur les formes de domination ou de discrimination, avec le risque de les renforcer. Mais le plus souvent ces préjugés sont tournés en dérision. C'est avant tout la vision d'une communauté de dessinateurs passionnés issus de différents pays qui aiment se moquer des travers de notre monde et de nos sociétés. 

"Ce polandball n’a pas pour objectif de critiquer la présence des mahorais à La Réunion (ils sont dans leur droit) mais plutôt de montrer la perception de la situation par les réunionnais" (source : Le Letchi amer).


Polandball s'inscrit dans une longue tradition de cartographie satirique que l'on peut faire remonter au XIXe siècle, voire au delà. Pour en avoir un aperçu, vous pouvez consulter la collection de "persuasive maps" de la Cornell University Library. Les cartes de cette collection abordent un large éventail de messages religieux, politiques, militaires, commerciaux, moraux et sociaux : http://persuasivemaps.library.cornell.edu/







 

Mise à disposition de la base Demandes de valeurs foncières (DVF) en open data


1) Les Demandes de valeurs foncières (DVF), qu'est-ce que c'est ?

La base de données Demande de Valeur Foncière (DVF) recense les mutations à titre onéreux (vente, vente en l'état futur d'achèvement, terrain à bâtir, échange, adjudication, expropriation) advenues dans les 5 dernières années. Les transactions sont visualisables à la maille de la parcelle cadastrale (avec surface, prix et année de la transaction) :
http://app.dvf.etalab.gouv.fr

La publication de ces données répond à l’objectif de transparence des marchés fonciers et immobiliers. Conformément au décret n° 2018-1350 du 28 décembre 2018 relatif à la publication sous forme électronique des informations portant sur les valeurs foncières déclarées à l'occasion des mutations immobilières, ces données sont désormais disponibles en open data. Le fichier DVF contient des données à caractère personnel. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) attire l'attention des utilisateurs sur les obligations légales qui en découlent.




2) Accès et téléchargement des données DVF 

Les données sont téléchargeables par commune et par département sur le site du Cadastre :
http://cadastre.data.gouv.fr/data/etalab-dvf

Pour télécharger les données DVF sur la période 2014-2018 et voir leurs conditions d'utilisation, consulter le site data.gouv.fr : http://www.data.gouv.fr/en/datasets/demandes-de-valeurs-foncieres/

Voir la mise à jour pour l'année 2020 :
https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/nombre-de-mutations-monoventes-et-prix-moyen-au-m2-par-commune-des-maisons-et-des-appartement-en-2020/

Les prix des ventes immobilières sont également consultables sur le site meilleursagents.com :
http://www.meilleursagents.com/prix-immobilier/dvf/lyon-69000/

Une enquête a été mise en ligne afin d'améliorer le site de visualisation des données de transactions immobilières et foncières à titre onéreux :  http://framaforms.org/demande-de-valeur-fonciere-dvf-votre-avis-nous-interesse-1556111586

Un hackathon a eu lieu le 24 avril 2019. Cette journée, à laquelle ont participé des acteurs publics et privés, professionnels de l'immobilier, bailleurs sociaux, établissements publics fonciers, chercheurs, représentants des collectivités locales et de l'administration, a été l'occasion de mieux s'approprier le ficher DVF et d'en exploiter les données pour les usages de leur secteur d'activité : http://www.collectivites-locales.gouv.fr/open-data-hackathon-sur-fichier-demande-valeurs-foncieres-dvf


3) Pistes d'utilisation

La mise à disposition de ces données ouvrent des pistes d'analyse en ce qui concerne le prix du foncier selon les secteurs géographiques, les types de biens immobiliers mis en vente, la localisation des zones d'expropriation en fonction des projets d'aménagement, etc.

"Ce que nous avons appris en développant Etalab, les visualisations de données touchent plus de gens que les données brutes" : voir les premiers retours et les actualités sur le blog

Boris Mericksay a élaboré une carte interactive de la valeur des transactions foncières par communes, qui met bien en évidence les écarts dans le prix du foncier entre les zones urbaines, les zones rurales et les zones intermédiaires :
http://carteblanche.carto.com/builder/436ecfab-ecfe-4e1d-89d0-620365a716cc/embed
 
Contrairement à d'autres applications qui se concentrent sur le prix, l’objectif de l'application Imoo est de donner à voir l’ensemble des caractéristiques des biens :
http://imoo.geoafrica.fr/#6/46.94/2.77


Pour aller plus loin 

Laure Casanova Enault, Guilhem Boulay et Mathieu Coulon, « Une aubaine pour les géographes ? Intérêts des fichiers open DVF sur les transactions foncières et immobilières et précautions d’usage », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], mis en ligne le 03 décembre 2019, consulté le 15 avril 2021. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/33602

















 


 

🔄MAJ données #DVF @dgfip_officiel > nouvelle carte des prix moyen au m² de l'immobilier résidentiel par commune en 2020.





Articles connexes




Les nouveautés de Google Earth Timelapse


En avril 2019, Google a procédé à une mise à jour de l'outil Google Earth Timelapse de manière à permettre aux utilisateurs de visualiser les évolutions à la surface de la Terre sur plus de 30 ans, soit de 1984 à 2018. Introduite en 2013, l'application Google Earth Engine s'appuie sur la plateforme cloud de Google et exploite des séries d'images satellites acquises sur plusieurs années.
 
Qu'il s'agisse de l'impact de l'urbanisation, de l'usage des terres, des activités minières ou industrielles, l'imagerie satellitaire en haute résolution et accessible au grand public change vraiment la donne en termes de compréhension des transformations accélérées de la planète sur les trois dernières décennies.

Le principal intérêt de Google Earth Timelapse est qu'il couvre la totalité du globe. Le laboratoire CREATE de l'Université Carnegie Mellon a extrait quelques exemples emblématiques de ces transformations à travers l'application Time Machine. Chaque timelapse comprend 35 images sans nuage, qui ont été rendues interactives sur des lieux où les changements sont importants et bien visibles (cf déforestation, étalement urbain, exploitations minières, fermes solaires...). Ce sont plus de 15 millions d'images satellites qui ont été exploitées, en provenance de l'USGS, de la NASA (Landsat) et des satellites d'observation du programme européen Sentinel. Pour les années 2015 à 2018, Google a combiné les images de Landsat 8 et de Sentinel-2A.




Timelapse Maps : An Overview of Our Changing Planet (Visual Capitalist)
http://www.visualcapitalist.com/timelapse-maps-an-overview-of-our-changing-planet/

Pour explorer les études de cas de Google Earth Timelapse :
http://earthengine.google.com/timelapse/

Pour explorer les jeux de données de Google Earth Engine :
http://developers.google.com/earth-engine/datasets/

Installation de Google Earth Engine dans Q-GIS (version 3.8 au minimum) :
http://veillecarto2-0.fr/2020/01/15/google-earth-engine-debarque-sur-qgis/
 
How Google Earth Engine Has Changed Access to Remote Sensing Data :

Google Earth Timelapse est désormais consultable sur téléphone portable.
 



Une sélection Youtube de près de 200 animations satellitaires réalisées avec Google Timelapse :
http://www.youtube.com/watch?list=PLWw80tqUZ5J81Xq5k3LL2NjOF5YNXtgS9&v=INFof-zFDPM
 
Recension de timelapse sur l'impact de l'urbanisation, de l'agriculture, des mines avec commentaires sur les transformations (1984-2018) : https://twitter.com/i/events/1320606357414957056

 



 




Articles connexes

Animer des images satellites Landsat avec Google Earth Engine et l'application Geemap
 


 

La cartographie des opportunités dans les quartiers des grandes métropoles : un outil au service de la justice spatiale ?


La "cartographie des opportunités" se développe surtout aux Etats-Unis et dans les pays où les questions de justice spatiale et d'équité entre les différentes communautés sont devenues des questions sensibles. Selon l'Institut Kirwan (Université de l'Ohio) qui conduit des recherches dans ce domaine, il s'agit de mieux appréhender les caractéristiques des quartiers urbains des grandes métropoles de manière à déterminer les chances qu'ils offrent en termes de réussite, notamment pour les populations défavorisées. 

Les indicateurs d’opportunité correspondent au fait de pouvoir disposer d'emplois durables, d’écoles performantes, d'un environnement porteur, d'un accès à des soins de qualité, de transports efficaces, de quartiers sûrs et d'institutions facilitant l’engagement civique et politique. Ces multiples indicateurs d'opportunité sont évalués de manière globale à la même échelle géographique, permettant ainsi la production d'une "carte d'opportunité" complète pour un quartier ou une ville. 

L'Institut Kirwan a élaboré dès 2008 une géographie des opportunités dans une douzaine d'aires métropolitaines (voir diaporama), souvent à la demande de groupes communautaires ou d'organisations impliquées dans le développement communautaire et le logement équitable :
Le blog Mapping for justice recense un grand nombre d'initiatives pour élaborer ce type de cartographie d'opportunités : http://mappingforjustice.blogspot.com/

Certaines villes américaines comme par exemple Denver proposent une cartographie des crimes et délits recensés dans chaque secteur de recensement (5000 personnes en moyenne). Outre les données sur la criminalité, la carte contient des données sur le revenu, la santé, l’accès aux transports et les niveaux d’éducation. Y figurent également des informations aussi diverses que le nombre d’arbres présents dans chaque parcelle, les magasins d’alcool, les dispensaires, les salons de tatouage... Il s'agit, selon les services de sécurité de la ville, de "prévenir le crime avant qu'il ne se produise" (sic). Cette cartographie fait partie d'un plan plus vaste qui vise à résoudre les problèmes sociaux en même temps que le crime. 

Pour accéder à la carte, consulter le Denver Opportunity Index Overview

Louisville (Kentucky) a choisi de créer des cartes détaillées de "tout ce qui est bon ou mauvais" dans les quartiers en déclin afin de déterminer exactement les types de problèmes et comment y remédier. Cela concerne aussi bien les parcelles vides que les maisons à rénover. Les terrains vacants, qui entraînent des problèmes de criminalité et de santé, constituent un problème dans l’ensemble du pays, en particulier depuis la crise des subprimes : Mapping Neighborhoods To Create Neighborhood Opportunities

 


William Stancil de l'Université du Minnesota a élaboré une carte montrant l'évolution de la pauvreté par secteurs de recensement entre 2000 et 2016. Il distingue les quartiers en expansion économique où la part de la population à faible revenu a diminué de plus de 5%, des quartiers en déclin où la part de la population à faible revenu a augmenté de plus de 5% depuis 2000. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la gentrification des zones intra-urbaines n'est pas la caractéristique principale. De nombreuses métropoles américaines voient leurs quartiers péri-centraux s'appauvrir. 




L'Atlas of justice montre que les peines de prison et les incarcérations concernent des populations venant le plus souvent de zones urbaines défavorisées où vivent les minorités ethniques.
http://www.justicemapping.org/projects
Trajectoires des quartiers urbains au Royaume-Uni : voir la cartographie en ligne

La carte propose une classification des trajectoires des différents quartiers au Royaume-Uni. Elle est basée sur les chiffres de population (grille de carreaux d'1 km), cohérents dans le temps et sur le plan géographique, et affichant des attributs démographiques, socio-économiques et de logement tirés des recensements britanniques réalisés en 1971, 1981, 1991, 2001 et 2011.

Pour plus de détails sur la méthodologie, voir Patias, N. Rowe, F. et Cavazzi, S., 2018. A scalable analytical framework for spatio-temporal analysis of neighbourhood change: A sequence analysis approach. Prepared for the Association of Geographic Information Laboratories in Europe (AGILE) 2019: Geospatial Technologies for Local and Regional Development. Limassol, Cyprus on 17-20 June, 2019.A


Liens ajoutés le 12 mai 2019

Enterprise Community Partners, dont la mission est de créer des opportunités pour les personnes à faibles et moyens revenus en leur permettant l'accès à des logements abordables, a mis au point un outil de cartographie interactive qui permet de savoir si les quartiers se sont gentrifiés dans 93 villes américaines. Trois mesures différentes sont proposées pour établir le degré de gentrification. En sélectionnant une ville américaine dans l’outil de comparaison, on peut voir quels sont les quartiers qui ont connu une gentrification au cours des quatre dernières décennies.

A titre de comparaison, la gentrification à Paris entre 1950 et 2000 en cartographie animée (réalisée par CartoMouv') :
http://www.cartomouv.parisgeo.cnrs.fr/index.php?page=anim&page2=map5

Emmanuel Vigneron (2011.05). La ville, la vie, la mort dans Paris et ses banlieues au long du RER B / Les inégalités de santé dans les territoires français, état des lieux et voies de progrès. Issy les Moulineaux : Elsevier Masson.
L’espérance de vie peut varier du simple au double alors que la ligne du RER B ne parcourt que 70 km. « C’est l’effet ZUS », explique le chercheur à Rue89. « Il a été démontré que le simple fait d’habiter dans une zone urbaine sensible – une fois qu’on a neutralisé les effets d’âge, de sexe et de classe sociale – a des effets pathogènes. Ils sont liés à mille choses : au cadre de vie, au stress, à la pollution éventuelle, au fait qu’il n’y a pas d’offre de santé suffisante dans ces zones-là ».
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/23/democratie-sanitaire-lesperance-de-vie-au-fil-de-la-ligne-du-rer-b/

Avec une carte des inégalités le long du RER B : http://parismetropole.adreva.org/documents/442


Liens ajoutés le 18 août 2019

Le site de cartographie GIS Lounge a sélectionné un certain nombre d'applications SIG permettant de suivre l'évolution de la gentrification dans quelques grandes villes des Etats-Unis (Los Angelès, San Francisco, Portland).

Using GIS to Study Gentrification :
http://www.gislounge.com/using-gis-study-gentrification/

Le MIT Media Lab a lancé un projet de recherche visant à étudier les inégalité de revenus, non seulement à l’endroit où vivent les personnes, mais également à l'endroit où elles mangent, consomment ou passent du temps libre. L'Atlas of Inequality utilise des données agrégées et anonymisées pour déterminer le nombre de visiteurs dans des milliers de lieux - comme des restaurants, des écoles et des parcs - dans l'aire métropolitaine de Boston. Le résultat final est une carte interactive colorée - avec des points bleus indiquant les lieux où l'on peut s'attendre à rencontrer des personnes de revenus différents, et des points rouges indiquant les lieux relativement homogènes.
http://inequality.media.mit.edu/#

Atlas of inequality (MIT Media Lab)


Comme beaucoup d’autres grandes régions métropolitaines américaines, Boston est aux prises avec une grande inégalité des revenus entre ses résidents. Pour parvenir à élaborer cette carte, les chercheurs ont analysé les schémas de mobilité d'environ 150 000 utilisateurs anonymes d'octobre 2016 à mars 2017, sur la base de leurs appareils numériques. L’équipe du MIT a ensuite associé ces données à une liste de 30 000 sites visités par les habitants de Boston. Si un utilisateur passe au moins cinq minutes à l’un de ces lieux, cela constitue une "visite". Ensuite, pour obtenir les données sur le revenu, les chercheurs ont déterminé le bloc de recensement où un utilisateur passait la plupart de ses heures la nuit - pensant que cela signifiait qu'un utilisateur y vivait - et attribué à cet utilisateur le revenu médian du ménage pour cette zone. Les dizaines de milliers d'utilisateurs de l'ensemble de données ont ensuite été regroupés en quatre tranches de revenus. Ensuite ils ont calculé le temps total passé par chaque groupe de revenus pour chaque lieu de l'ensemble de données. Le résultat final est un graphique pour chaque lieu qui indique la probabilité que l'on puisse avoir des personnes de chacun des quartiles de revenus.

Liens ajoutés le 3 septembre 2019

ESRI fournit un tutoriel SIG pour "apprendre à cartographier les quartiers urbains sensibles de manière à ce que la police de Lincoln puisse lutter plus efficacement contre les infractions" :
http://t.co/j9K39jC4ke?amp=1


L'Institut Haas de l’Université de Berkeley qui oeuvre en faveur d'une société équitable et inclusive a analysé les niveaux de ségrégation dans la baie de San Francisco et montré que la ségrégation raciale résidentielle avait augmenté depuis 1980. Compte tenu de la gravité du problème de la ségrégation en tant que cause de l’inégalité raciale et de la complexité de la compréhension de la nature de ce problème, l’Institut Haas lance une série de notes de synthèse qui tentent d’éclairer ses mécanismes et de démystifier la réalité de la ségrégation dans le pays. La ségrégation raciale n'étant pas la même chose que la démographie raciale, l'Institut Haas propose toute une série de cartes avec plusieurs façons de mesurer la ségrégation.

Mesurer la ségrégation dans la baie de San Francisco (une cartographie de l'Haas Institute)



Une carte de la mobilité ascendante aux Etats-Unis : les chances d'atteindre les 20% les plus riches pour les enfants issus des familles les 20% les plus pauvres (Source : The Equality of Opportunity Project).



Articles connexes  

Présentation de l'Opportunity Atlas et des problèmes d'interprétation qu'il pose

L'atlas des fractures scolaires de Patrice Caro et Rémi Rouault : comment lire et analyser les inégalités socio-spatiales en éducation ?

La baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : un révélateur des écarts entre les revenus ?

Les ségrégations raciales aux Etats-Unis appréhendées en visualisation 3D et par la différence entre lieu de travail et lieu d'habitat

Des différentes manières de cartographier la pauvreté dans le monde

Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde


Signalé sur Maps Mania, 24 avril 2019

Le site Buzzfeed a publié le 22 avril 2019 deux cartes interactives qui montrent comment le changement climatique commence à affecter certaines régions du monde. 
http://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/climate-change-maps-ice-sea-level-rise

La première carte représente le réchauffement climatique depuis 1950. En cliquant sur la carte , on affiche un graphique qui indique l'évolution de la température moyenne depuis 1880 à l'endroit choisi (on peut utiliser également le menu "Search).




Une deuxième carte témoigne de l'augmentation du niveau de la mer dans les différents océans, en comparant le niveau moyen de la mer en 2008-2010 à celui de 1993-1995. Plus le bleu est foncé sur la carte, plus le niveau de la mer est monté sur cette période. Le graphique permet d'afficher le niveau moyen de la mer pour chaque année depuis 1993 avec les variations en millimètres. En moyenne, le niveau de la mer monte d’environ 3 millimètres par an, mais les variations sont importantes d’un lieu à l’autre, en raison notamment de l’interaction des courants et de la géographie côtière, ainsi que des variations de l’attraction gravitationnelle. Près des Philippines, le niveau de la mer augmente cinq fois plus vite que la moyenne mondiale.



Voici une simulation qui montre à long terme l'impact de la remontée du niveau marin :



Le déplacement prévu des espèces animales en Amérique du Nord en raison du réchauffement climatique :
http://blog.nature.org/science/2016/08/19/migration-in-motion-visualizing-species-movements-due-to-climate-change/


Lien ajouté le 2 août 2019

Lien ajouté le 24 octobre 2019

Un rapport de l'Alliance nationale pour la recherche en environnement (AllEnvi) permet de faire le point sur les effets de la hausse du niveau des océans et de proposer différents scénarios globaux d'adaptation.


Liens ajoutés le 17 décembre 2019

Le site Climate Central fournit une carte mondiale de l'élévation projetée du niveau de la mer en 2050. Celle-ci utilise des données mondiales sur l'altitude, les marées et les probabilités d'inondations côtières pour prédire quelles zones sont susceptibles d'être inondées en fonction des scénarios de réchauffement climatique. La carte ne prend pas en compte les risques liés aux inondations intérieures, à l'érosion côtière, à l'augmentation des précipitations et des débits fluviaux.



Liens ajoutés le 12 février 2020


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La liberté de la presse dans le monde selon Reporters sans frontières


L’édition 2019 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) montre que la liberté de la presse recule en Europe et dans le monde. Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias. 

Pour accéder à la carte de Reporters sans frontières (en français) : http://rsf.org/fr/classement
 

Le classement est établi selon un indice composite, le World Press Freedom Index qui prend en compte le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l’information (voir la méthodologie).

Les pays sont colorés en fonction de leur classement. Les pays de couleur jaune pâle sont jugés « satisfaisants ». Les pays de couleur orange sont considérés comme « problématiques ». Les pays rouges sont dans une  « situation difficile » et les pays noirs sont dans une « situation très difficile ». En cliquant sur un pays au choix, on affiche son rang de classement, son score global et son évolution depuis 2018. Le site fournit en outre des analyses par continent. Les données sont téléchargeables au format CSV. La page archives permet d'accéder aux données des années précédentes avec possibilité de remonter jusqu'en 2002, date du premier rapport de RSF.
Extrait du rapport 2019 :

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5 places), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre. Et de la Russie (149e, -1 place), où le Kremlin a accentué la pression contre internet et les médias indépendants, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides. Le Vietnam (176e), talonné par la Chine (177e, -1), perd également une place. Dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée atteint l’antépénultième place (178e, +1), malgré la pacification de ses relations avec l’Ethiopie, tandis que le Turkménistan (180e, - 2) est désormais dernier, à la place de la Corée du Nord (179e, +1).

Les plus fortes dégradations affectent des régions en principe vertueuses. Cette année, c’est la zone Amérique du Nord et du Sud qui enregistre la plus grande dégradation de son score régional (+3,6%). Ce mauvais résultat n’est pas seulement dû aux piètres performances des Etats-Unis, du Brésil et du Venezuela. Le Nicaragua (114e), qui dévisse de 24 places, subit l’une des baisses les plus significatives en 2019. Les journalistes nicaraguayens qui couvrent les manifestations anti-gouvernement Ortega, considérés comme des opposants, sont fréquemment agressés.

L’Union européenne et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation du Classement (+1,7%). Dans cette zone qui reste celle où la liberté de la presse est la mieux respectée et qui est en principe la plus sûre, les journalistes doivent aujourd’hui faire face aux pires menaces : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie (111e), des attaques verbales et physiques notamment en Serbie ou au Monténégro (104e, -1), ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” en France (32e, +1), au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps. La stigmatisation des journalistes s’affiche aussi désormais de façon décomplexée : en Hongrie (87e, -14), les responsables du parti de Viktor Orban refusent de répondre aux questions des journalistes qui ne travailleraient pas pour des médias considérés comme des “amis du Fidesz”. En Pologne, ce sont les médias publics transformés en instruments de propagande qui permettent, de façon de plus en plus intensive, d’exercer des pressions sur les journalistes.


Cette carte peut être confrontée à celle de la Banque mondiale (Doing Business) qui établit chaque année un classement des pays libres dans le monde en fonction de 6 indicateurs (économiques, politiques et personnels) : http://i.redd.it/sp07qm12g9p01.png






 



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