The Power Atlas. Un atlas pour aborder les éléments clés de la puissance aujourd'hui


Le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR) a publié en décembre 2021 un atlas très complet The Power Atlas. Seven battlegrounds of a networked world. L'objectif est d'aborder les éléments clés de la puissance aujourd'hui dans des domaines qui ne sont pas toujours tous pris en compte  (économie, population et défense, mais aussi technologie, climat et santé).



« La puissance se définit désormais comme la capacité à contrôler des flux de personnes, de biens, d'argent et de données, et par les connexions que ces flux permettent. Seuls les États qui voient clairement la nouvelle carte du pouvoir géopolitique pourront contrôler le monde moderne. » 

  • Économie
    De nombreux États utilisent désormais des outils économiques pour renforcer leur pouvoir géopolitique. Si l'UE veut devenir un acteur plus compétent dans cette nouvelle ère, elle devra trouver un juste équilibre dans sa réponse à la menace de coercition économique.

  • Les grandes puissances ont compris que l'accès aux nouvelles technologies est essentiel à leur souveraineté. Alors que les États-Unis et la Chine adoptent pleinement la diplomatie géo-technologique, l'UE commence seulement à apprendre à parler le langage de la puissance technologique.

  • Les pays du monde entier devront s'engager dans une transformation globale de leurs économies et de leurs infrastructures s'ils veulent atteindre leurs objectifs environnementaux. Le climat devient indissociable des formes plus conventionnelles de pouvoir politique et matériel.

  • Les États disposent d'un énorme potentiel pour renforcer le pouvoir et la résilience des populations en coopérant sur les politiques de migration et de mobilité et en veillant à ce que les migrants puissent bénéficier de conditions optimales d'intégration. Si elles sont correctement mises en œuvre, ces stratégies peuvent bénéficier à tous les acteurs, y compris les migrants et les réfugiés eux-mêmes. De nombreux documents, cartes et graphiques sont disponibles en téléchargement. 

  • Les affrontements militaires ont réintégré l'imaginaire collectif des Européens de l'Ouest. La capacité militaire se compose non seulement par du "hard power", mais également d'éléments plus souples tels que les alliances, la capacité d'agir -  profondément affectée par les développements technologiques.

  • La pandémie a transformé la santé publique en une arène de compétition sur le plan géopolitique. Certains pays vont désormais adopter une vision plus stratégique de leur capacité à produire ou à acquérir des biens médicaux – et s'en serviront comme d'un outil de politique étrangère.

  • Les normes culturelles ont une énorme influence sur la capacité des États à utiliser leurs ressources énergétiques. Dans un monde multipolaire sur le plan des idées, tout projet universaliste est susceptible de provoquer un contrecoup plus puissant que la force qui l'a provoqué.

La valorisation des géo-données privées, une affaire de sensibilité ? (Géoséminaire 2022)


Géoséminaire 2022 : La valorisation des géo-données privées, une affaire de sensibilité ? (29, 31 mars et 1er avril 2022)

La promotion du master spécialisé SILAT vous invite à suivre son Géoséminaire en ligne les 29, 31 mars et 1er avril, portant sur la sensibilité des géo-données. Trois sessions autour des enjeux des géodonnées privées et leurs usages autour des questions de santé et mobilité :

Avec la démocratisation des systèmes de géolocalisation et l’essor de l’internet des objets, les individus et les entreprises sont devenus des producteurs majeurs de données géolocalisées stratégiques pour le développement de services, qu’ils soient marchands ou non. Les modalités de collecte, de stockage, de traitement et de diffusion de ces données suscitent toutefois des questionnements, voire des inquiétudes, tant chez le citoyen tenant à préserver sa vie privée que chez le professionnel soucieux de protéger ses intérêts.  Selon les contextes et les réglementations, la donnée géographique peut être jugée sensible.

Comment caractériser la sensibilité de ces données ?  Quel potentiel et quels freins à l’exploitation et la valorisation des données géolocalisées ? De quelles manières la sensibilité des géodonnées interroge-t-elle la pratique des géomaticiens ? Les exemples présentés lors du géoséminaire mettront en lumière des solutions (techniques, juridiques, de gouvernance, etc.) que les porteurs de projet ont su développer.« Face aux défis de protection et de valorisation de ces données, quels compromis trouver ? »

  • Session 1 – Mardi 29 mars 2022 de 9h à 12h :
    « La géodonnée privée : éclairages sur les enjeux sociaux, juridiques et de gouvernance »

  • Session 2 – Jeudi 31 mars 2022 de 9h à 12h
    « Les géodonnées privées pour repenser la mobilité ? »

  • Session 3 – Vendredi 1er avril 2022 de 9h à 12h
    « Les géodonnées privées au service de la santé ? »

Inscription libre et gratuite.


Articles connexes








Enquête sur la mention « compatible GPS » indiquée sur les cartes IGN des années 1980-90


Source : Enquête sur le GPS des cartes IGN (Géoreseau, Université Paris 8)

La mise en place du quadrillage bleu sur les cartes IGN 1/25 000 pour indiquer qu'elles étaient compatibles avec un récepteur GPS, vous vous en souvenez peut-être ? Comment expliquer que l’on trouve dans la série bleue de l'IGN des feuilles avec cette mention remontant à 1979, alors qu'à cette époque le système GPS n'était pas disponible pour le grand public ? 




La petite énigme cartographique sur les feuilles IGN de 1979 portant la mention « compatible GPS » repose sur le fait que les cartes papier indiquent souvent la date de première impression de la feuille, sans que l'utilisateur sache vraiment la date de mise à jour. Cette anecdote révèle également les enjeux autour du choix de la projection pour les cartes IGN qui ont toujours été en projection Lambert et qui se sont retrouvé en WGS84 et UTM, des projections plutôt utilisées outre-atlantique. Si on lit l'article de Géoréseau sur le site de Paris8, ce double système de coordonnées aurait été mis en place dans les années 1980-90 en attente de l'adoption du système Lambert93 qui est devenu progressivement la projection de référence pour la France métropolitaine.

Il convient de rappeler que le terme GPS (Global Positioning System) est un terme générique. Le système de positionnement par satellite a une histoire plus ancienne que celle du GPS. On peut se référer au système TRANSIT déployé pour la marine de guerre américaine, opérationnel dès 1964 et remplacé en 1996 par le Navstar (GPS). Le GPS Navstar est un système de positionnement par satellite développé par l'US Air Force à partir de 1973, il a donc également une origine militaire. Le quadrillage WGS84 utilisé pour le système de positionnement GPS, lui, est généralisé seulement à partir de 1984. 

Il semble que des cartes IGN des années 1960 (au 1/50 000 et 1/100 000) aient eu un quadrillage bleu foncé pour indiquer la projection UTM basé sur le datum ED50 (European Datum 1950), avant de passer au WGS84 quelques décennies plus tard. Le but était probablement de répondre aux besoins des militaires pour avoir un référentiel européen. Preuve que la géographie militaire et l'héritage de la carte d'Etat-major ont perduré dans les cartes IGN.

Heureusement aujourd'hui il existe des petites outils simples permettant de convertir les coordonnées géographiques d'une projection à l'autre (voir la rubrique outils GPS et géocodeurs).

Articles connexes





 

#DuBoisChallenge : un challenge pour célébrer les cartes et diagrammes de W.E.B. Du Bois sous forme de dataviz


Allen Hillery, Sekou Tyler et Anthony Starks ont lancé le #DuBoisChallenge sur Twitter. En 2021, ils ont pu organiser un premier défi de 10 semaines dans lequel ils ont demandé aux participants de recréer les visualisations emblématiques de W.E.B. Du Bois, à l'aide d'outils modernes. Les oeuvres réalisées sont consultables sur Github

L'objectif était de célébrer l'auteur en tant que pionnier de la visualisation de données et de faire connaître ses réalisations. Le sociologie W.E.B. Du Bois était un militant du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis. En 1900, les étudiants diplômés de Du Bois et de l'Université d'Atlanta ont créé plus de 30 visualisations de données pour l'exposition sur les Noirs américains dans le cadre de l'Exposition Universelle de 1900 à Paris. Ces data visualisations constituent "un récit de résilience et de persévérance pour l'Amérique noire". 

La 2e édition #DuBoisChallenge2022 consiste à recréer les visualisations de données historiques de W.E.B. Du Bois présentées à l'Exposition de Paris de 1900. L'objectif est toujours de rassembler les communautés comme lors de la 1ère édition.


Chaque jour correspond à un challenge différent comme le montre le tableau ci-dessus. Ce challenge est l'occasion de découvrir de très belles data visualisations. 




Pour compléter

"La ligne de partage des couleurs" de W.E.B. Du Bois, ou la puissance de l’infographie (France Culture).

Montrer la condition afro-américaine après l’esclavage (Nepthys Zwer, Visionscarto).

W. E. B. Du Bois’s Color Line (Mable O. Wilson, Visionscarto).

W. E. B. Du Bois’ staggering Data Visualizations are as powerful today as they were in 1900 (Jason Forrest, Toward data science)


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Les dataviz des journaux vont-elles trop loin dans la manière de représenter le nombre de morts du coronavirus ?


La géographie et les cartes : des outils pour faire la guerre ? (France Culture)


À écouter« La géographie et les cartes : des outils pour faire la guerre ? »  (Géographie à la carte, France Culture)

Pour le géographe Yves Lacoste, "la géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre". Mais pourquoi les outils de la discipline, et notamment la cartographie, sont-ils nécessaires à l'élaboration des stratégies militaires ? Qu'apporte l'étude des territoires, de l'espace à ceux qui font la guerre ?

La géographie entretient avec la guerre, avec l’art de la stratégie militaire, un lien consubstantiel. La connaissance du terrain, de l’environnement physique, de la topographie, des itinéraires, la science des positions et de l’espace ont toujours intéressé, passionné les princes et les Etats-majors. En outre, ces dernières années, la géographie et la cartographie militaires connaissent un renouveau impressionnant. Pourquoi ? Officiellement, afin de mieux saisir le monde en mouvement, afin de mettre à leur service les nouvelles technologies, de contribuer à mieux garantir notre souveraineté. Plus encore sans doute parce que la géographie reste un outil fondamental, matriciel, pour faire la guerre. Alors, à l’heure où la guerre, justement, est au cœur de l’actualité européenne et internationale, tentons de comprendre ce que peuvent les cartes et la géographie, dans Géographie à la carte. 

Pour en parler, Quentin Lafay reçoit les géographes Fabrice Argounès et Philippe Boulanger, et le journaliste et auteur Pierre Servent. 

En dernière partie d'émission, étaient présent.es Marie Verdier et Honoré Dupont de l'Association fédérative nationale des étudiants en géographie (AFNEG). Ils organisent le Concours carto pour étudiants 2022 sur la "géographie du feu". Pour participer et se renseigner plus longuement sur ce concours, rendez-vous ici.


Quelques extraits 

Sur les liens historiques entre la géographie et la guerre :

« Tous les grands stratégistes à travers le temps ont montré l'importance de la connaissance géographique. » 

« Le renseignement est un réducteur d'incertitudes. La géographie, c'est un réducteur d'incertitudes. Si vous ne la comprenez pas, si vous ne la connaissez pas et si votre adversaire la connaît mieux que vous, vous perdez. » 

 « L’histoire conditionne, le terrain commande. » 

« Vous avez à la BNF, par exemple, des cartes de côtes chinoises annotées en français pour repérer les lieux où sont les principaux ports, où sont les lieux où on va pouvoir accoster. » 

 Connaître les territoires pour faire la guerre :

 « Une mise en scène du pouvoir déjà au XVIIe avec des portraits de dauphins représentés avec des globes terrestres. »  

 « Cette mise en scène militaire s'est encore accentuée depuis la guerre du Golfe et le siège de Sarajevo. »

«  Lorsque les forces spéciales américaines entrent en Afghanistan en 2001, 20% seulement de la superficie du territoire sont cartographiés. »

 « Le rêve de Poutine, c’est de mettre la main complètement sur la mer d’Azov, ce qu’il n’a pas encore totalement réussi, de manière à contrôler la mer Noire qui a toujours été l’objectif de la Russie. »

« On vit un réel renouveau de la géographie militaire (mondialisation de l’information, meilleure connaissance du terrain que dans les années 1990 ou même avant pendant la Guerre Froide). »


Lien ajouté le 18 février 2022



Lien ajouté le 16 septembre 2022


Lien ajouté le 26 septembre 2022

Prolongements

Géographie et stratégie militaire par Philippe Boulanger et Arnaud de Vachon. Colloque "A quoi sert la géographie ?" Société de géographie, 8 avril 2022 (vidéo à visionner entre 54'10'' et 1h12' ) 

Colloque « La géographie militaire, un savoir stratégique pour les armées françaises depuis le XIXe siècle » (Société de géographie, 13 mai 2022)


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Dire et changer le monde avec les cartes (émission "Nos Géographies" sur France-Culture)

Rubrique Cartes et atlas historiques


La carte, objet éminemment politique : la guerre en Ukraine

 

Ce billet propose une revue thématique concernant la montée des tensions et les événements qui ont abouti à la guerre en Ukraine. Il vise à donner des clés de lecture qui permettent de décrypter les principaux enjeux du conflit russo-ukrainien. Il s'agit de montrer comment le conflit se déroule sur fond de guerre de l'information à travers les images et les cartes qui participent de la propagande dans les deux camps. Malgré la circulation de fake news sur les réseaux sociaux, les manœuvres de la Russie sont une opportunité pour le développement du renseignement open source (OSINT). Les dimensions géopolitiques, géoéconomiques et géoculturelles du confit en Ukraine sont abordées à partir de cartes et de données explicatives. Des ressources numériques (cartes et données géographiques) ainsi que des pistes d'activités pédagogiques sont proposées à la fin du billet.

1) Décrypter les enjeux du conflit russo-ukrainien à partir de vidéos

  • « La Russie attaque l’Ukraine » (Le Dessous des cartes, ARTE, 24 février 2022). Alors que la situation évolue de manière dramatique d’heure en heure, faisant ressurgir le spectre de la guerre pour l’Europe toute entière, le Dessous des Cartes propose une présentation géographique de l’Ukraine pour mieux comprendre le cadre dans lequel se déroule cette tragique actualité.

  • « Poutine, l'Ukraine et après ? » (Le Dessous des cartes, ARTE, 4 mars 2022). L’invasion de l’Ukraine par la Russie constitue un événement géopolitique majeur. "Le dessous des cartes" lui consacre un numéro spécial dans lequel Émilie Aubry revient sur l’histoire de la relation Russie-Ukraine, puis analyse les conséquences géostratégiques de la guerre en compagnie d'Anna Colin Lebedev, spécialiste des sociétés post-soviétiques, et de Thomas Gomart, directeur de l’Ifri.



  • A l'Est, combien d'Europe(s) ? Le Dessous des cartes, ARTE, 13 novembre 2021). C’est une région dont la géographie a été bouleversée par la chute de l’URSS et qui se caractérise aujourd’hui par des États aux identités culturelles et politiques diverses. "Le dessous des cartes" passe en revue ces différentes "Europe(s) de l’Est" : les États Baltes, la Pologne et la Hongrie.

  • « Crise ukrainienne : pourquoi Vladimir Poutine menace d’entrer en guerre » (Documentaire du Monde, 13 février 2022).  La crise à la frontière ukrainienne est à la fois le résultat de plusieurs années de tensions et d’un contexte en partie favorable à la Russie. Explication vidéo, avec Sylvie Kauffmann, journaliste au « Monde », spécialiste des questions diplomatiques.
    Jusqu’où ira Vladimir Poutine ? Au début du mois de février 2022, plus de 100 000 militaires russes étaient massés aux frontières de l’Ukraine. La Russie nie avoir l’intention d’attaquer immédiatement l’Ukraine, mais Vladimir Poutine est engagé dans un bras de fer tendu avec les Etats-Unis et ses alliés occidentaux. Objectif affiché par le Kremlin : empêcher l’Ukraine de rejoindre l’OTAN. Sauf que selon de nombreux analystes, le président russe a une autre idée en tête : stopper la progression démocratique de l’Ukraine, nation slave sœur et russophone, que Vladmir Poutine considère comme partie intégrante de la sphère d’influence russe. Le chef du Kremlin espère pour cela profiter d’une fenêtre qui pourrait lui être favorable : des Etats-Unis occupés ailleurs et la hausse des prix de l’énergie. Explication, en cartes et en images, avec Sylvie Kauffmann, journaliste et directrice éditoriale au Monde, spécialiste des questions diplomatiques. 

  • La crise entre la Russie et l’Ukraine en 6 questions simples (Brut, 16 février 2022). Anna Colin Lebedev (@colinlebedev), enseignante-chercheuse sur les conflits armés des sociétés post soviétiques, répond à six questions sur la crise entre la Russie et l'Ukraine. Pour cette chercheuse, nous sommes dans le répertoire de l'escalade. « La meilleure chance de non-escalade, c'est une propagande tellement bâclée qu'il est impossible de mordre à l'hameçon, comme cette carte ukrainienne "interceptée" des plans d'attaque du Donbass (cf texte en russe et territoires séparatistes appelés "républiques"). » Ce plan d'invasion prétendue de la République de Donetsk est brandi comme une menace par Eduard Basurin, chef adjoint de la République populaire de Donetsk, dans une mise en scène militaire sur fond d'incitation à la guerre.

  • « L’Ukraine en alerte après le début d’exercices militaires russo-biélorusses »  (Le Monde, 11 février 2022). Avec une carte montrant un déploiement russe d'envergure dans un contexte de tensions avec l'Ukraine et l'OTAN.

  • « Guerre du Donbass, le drame ukrainien » (ARTE, 20 nov. 2021). Un retour documenté sur le conflit déclenché en 2014 par la région sécessionniste, avec le soutien de la Russie, qui s’enlise dans ce pays charnière entre l’Est et l’Ouest, minant la présidence de Volodymyr Zelensky et la paix européenne.

  • « Russie-Ukraine : l'Europe sait-elle se défendre ? » Une leçon de géopolitique du Dessous des cartes (ARTE, 2 février 2022). Pour en parler, Émilie Aubry rencontre Élie Tenenbaum. Docteur en histoire, il est le directeur de Centre des Études de sécurité à l’IFRI, l’Institut français des relations internationales.

2) Une guerre de l'information conduite à travers les images et les cartes

  • « Comment les États-Unis combattent Poutine en révélant les mouvements de troupes possibles de la Russie.
    Cet article du New York Times met en évidence le rôle de la surveillance à travers les images satellites (New York Times, 12 février 2022). Après des décennies  d'apprentissage de la guerre de l'information par le président russe Vladimir Poutine, les États-Unis tentent de battre le maître du Kremlin à son propre jeu.


  • « En cartes : batailles pour le contrôle de la mer Noire »  (Le Monde, 13 octobre 2018).
    La mer d'Azov (et une partie de la mer Noire) est à nouveau bloquée par les forces navales russes. Aucun couloir n'est prévu pour les navires marchands. Le Monde avait déjà cartographié en 2018 la prise en main de ces deux mers intérieures.

  • La Russie ferme de vastes zones de la mer Noire et presque toute la mer d'Azov pour des exercices de missiles (Liveuamap, 9 février 2022). Le pont aérien de l'OTAN tourne à plein régime, avec le fameux détour géopolitique par la frontière nord de l'Allemagne. 

  • Pourquoi la mer d'Azov est-elle si chère aux yeux de Poutine ? (Le Figaro). Dans les faits, Moscou contrôle déjà cette mer, vu qu'elle en contrôle la seule entrée : le détroit de Kertch. Mais en conquérant toute la bande littorale côté ukrainien, les Russes seront désormais libres de disposer de cette mer dont la position est aussi symbolique que stratégique. L'historien Martin Motte décrypte les enjeux géopolitiques et stratégiques qui se cachent derrière la mer d'Azov. 

  • De fait l'Ukraine semble être devenue une "no fly zone". Les vols en provenance du Moyen-Orient ou d'Asie du Sud disposent d'un couloir aérien étroit tout au sud de la mer Noire. Avec les exercices navals dans la Mer Noire, les flux aériens semblent passer encore plus au sud et à l'est de la zone conflictuelle (données issues du site Flightradar24). L'invasion russe de l'Ukraine est en train de redessiner les routes aériennes à l'échelle de l'Europe (Reuters, 4 mars 2022).


  • Les Etats-Unis et l'OTAN hésitent à établir une zone d'exclusion aérienne officielle qui pourrait passer pour une forme de provocation pour la Russie. Une grande partie du territoire de l'Ukraine est déclarée NOTAM (Note to AirMAn) pour les pilotes de ligne régulières. Ce qui n'empêche pas des rotations d'avions militaires et de drones. Les drones Forte 10 et Forte 12 ont déjà été utilisés en 2021 pour la Crimée. La plupart des pays européens ont décidé à partir du 26 février 2022 d'interdire leur ciel aux avions russes. Les impacts de l’invasion de l’Ukraine sur l’aviation civile sont importants (VisionsCarto).


  • Carte de surveillance Russie-Ukraine (Cen4infoRes). Il s'agit d'une démarche participative pour cartographier, documenter et vérifier les informations afin de fournir des informations fiables pour les décideurs politiques et les journalistes. Cette cartographie est tenue à jour par le Center For Information Resilience (@Cen4infoRes) dans le cadre d'un effort plus large pour lutter contre la désinformation et promouvoir des informations transparentes et vérifiées.

  • Liveuamap utilise des robots d'exploration sur Internet pour trouver les dernières nouvelles sur les conflits frontaliers et les déploiements militaires. Les informations sont ensuite vérifiées et si elles s'avèrent exactes, elles sont ajoutées à la carte interactive d'information en direct.

  • «  A new era of transparent warfare beckons »  (The Economist, 19 février 2022). Va-t-on vers une nouvelle ère de guerre plus transparente ? Les manœuvres de la Russie sont une vraie opportunité pour le développement du renseignement open source (OSINT). Le Wall Street Journal montre par exemple l'importance des vidéos postées sur Tiktok. Inspiré par l'article de The Economist, Gennadii Donchyts (@gena_d) a développé une application à partir de Earth Engine qui permet de repérer les anomalies sur les 6 derniers mois à partir d'images satellites Sentinel-1.

  • Comment l’open source intelligence est devenue une arme majeure dans la guerre en Ukraine ? (Futura Sciences, 28 février 2022). Dans la guerre acharnée que mènent les Ukrainiens, l'OSINT est devenue une ressource nécessaire pour prévaloir sur les opérations russes.

  • Guerre en Ukraine : comment repérer les fausses photos et vidéos sur les réseaux sociaux (BFM-TV, 24 février 2022). Pour ne pas partager des fausses informations, il est nécessaire d'adopter quelques réflexes lorsqu'on est confronté à des photos et vidéos en lien avec la guerre.

  • « If Russia Invades Ukraine, TikTok Will See It Up Close » (Wired, 17 février 2022). "Si la Russie envahit l'Ukraine, vous le verrez sur TikTok" : le titre est accrocheur, il témoigne plus largement de l'importance du « renseignement open source » à travers les réseaux sociaux (résumé en français sur Korii).
  • « En photos. La Russie envisage-t-elle d'envahir l'Ukraine ? » (Geospatialworld)

  • L'étude conduite par le CSIS à partir des images Maxar laisse apparaître un déploiement d' environ 190 000 hommes (forces terrestres conventionnelles et irrégulières comprises) en plus des forces navales et aériennes, auxquels il faut ajouter environ 50 000 soldats biélorusses, qui pourraient mener des opérations en Ukraine (CSIS, 18 février 2022).

  • La mission spéciale de l'OSCE en Ukraine a enregistré le 20 février 2022 plus de 1 500 violations du cessez-le-feu dans le Donbass, dont près de 1 400 explosions. Les sources exactes des violations ne sont pas identifiées, mais leur cartographie montre que la plupart des explosions se produisent en territoire rebelle.

  • Sélection de cartes permettant de comparer la manière dont les journaux internationaux ont choisi de cartographier l'invasion du territoire ukrainien par la Russie le 24 février 2022. Sur Russia Today, il est assez édifiant de découvrir "une guerre sans image et sans faits" (Arrêts sur images, Arte). 

  • « Attention à l’effet Diagoras : alors que cette guerre est abondamment filmée à l’âge des smartphone, ce n’est pas forcément dans les lieux où sont les journalistes et où des images sont produites qu’ils se passe les choses les plus importantes. » (Michel Goya, Le Grand Continent, 3 mars 2022).

  • Pour suivre l'avancée des troupes russes en Ukraine, la carte de Wikipedia est mise à jour quotidiennement. Le suivi cartographique réalisé par l'Institute for the Study of War constitue la principale source pour les médias. Voir également la cartographie régulièrement mise à jour par le journaliste @JulianRoepcke. A noter : les cartes de suivi du conflit ont tendance à surreprésenter les « zones sous contrôle russe » indiquées en aplats roses alors que le contrôle du territoire n'est pas uniforme et laisse des poches de résistance ukrainienne (voir ce fil Twitter concernant l'approche critique de la cartographie des mouvements de troupes en temps de guerre).




  • Une storymap de Reuters Graphics sur la montée des tensions entre la Russie et l'Ukraine, cartes et images à l'appui (à comparer avec le récit de la guerre 5 mois après "la route vers l'impasse"). Voir également les infographies concernant la menace gazière russe sur l'Europe.

  • « Crise ukrainienne : l’Allemagne bloque Nord Stream 2 »  (Courrier international, 22 février 2022)

  • Cinq scénarios d'attaque militaire de la Russie contre l'Ukraine (Velina Tchakarova). Même si ces scénarios sont hypothétiques, ils permettent de faire de la géo-prospective (rétrospectivement il peut être intéressant de les comparer au mouvement d'invasion tel qu'il s'est déroulé et continue d'évoluer).

  • « The Russia – NATO A2AD Environment  » (CSIS, 3 janvier 2017). Suite au conflit de 2014 en Crimée, le CSIS avait cartographié les forces A2AD qui contribuent à empêcher un adversaire d'accéder à une région ou à entraver sa liberté de manœuvre. Les forces A2AD comprennent les défenses aériennes, les forces anti-maritimes et les armes de frappe offensive, tels que les missiles balistiques à courte ou moyenne portée, les missiles de croisière et autres munitions à guidage de précision. Voir le scénario supposé d'invasion de l'Ukraine par la Russie publié par le CSIS.
  • «  Putin’s battle plans & Ukraine invasion maps as (un)-covered by Western media ». La chaîne de télévision d'information en continu RT, financée par l'État russe (anciennement Russia Today) recense, pour s'en moquer, quelques-uns des plans de bataille d'invasion de l'Ukraine proposés par les médias occidentaux (RT, 20 janvier 2022). Le président biélorusse Loukachenko a montré ce qui ressemble à un véritable plan d'invasion conjoint avec la Russie. 

  • « In Putin’s War, the Map Is Not the Territory ». Mateusz Fafinski, historien de l'Antiquité tardive et du Moyen Âge, propose une mise en perspective historique sur les cartes de conflits et montre à quel point elles peuvent légitimer un contrôle territorial (Foreign Policy, 7 mars 2022). Lien vers le fil de discussion ouvert par Mateusz Fafinski et à l'origine de cet article. 

  • « Wetlands and radioactive soil : how Ukraine's geography could influence a Russian invasion » (Washington Post, 4 février 2022). Les analystes militaires qui mettent en garde contre une éventuelle invasion russe de l'Ukraine, surveillent aussi la météo. Les températures, la couverture nuageuse ou même la radioactivité du sol pourraient déterminer quand et où les troupes russes effectueraient un mouvement possible.

  • Délimitation de deux quasi-États non reconnus situés dans la région du Donbass : la République populaire de Donetsk (DNR) et la République populaire de Lougansk (LNR). Sur le plan international, ils sont reconnus comme des régions constitutives de l'Ukraine en tant qu'oblasts de Donetsk et Louhansk (en ukrainien, Lougansk en russe). Ils ont proclamé leur indépendance après la révolution ukrainienne de 2014 et la guerre russo-ukrainienne qui s'en est suivie.

  • Géo gaffe sur fond de guerre de l'information à propos de l'Ukraine. Sputnik News se moque des connaissances géographiques approximatives de la secrétaire au Foreign Office Liz Truss à propos de Voronezh et Rostov qui sont déjà sous souveraineté russe.

  • La partition de l'Ukraine telle que la verraient bien certains commentateurs russes. La carte de 2018 qui fait de la Russie un état riverain de la Roumanie a été reprise par différents médias notamment Rossiya-1 TV. Voir également cette carte dite Novorossiya 2.0. La Komsomolskaya Pravda publie un papier sur le futur territorial de l'Ukraine, avec 3 scénarios : retour aux frontières d'avant (sans le Donbass), découpage territorial, "la meilleure solution au problème", ou bien sa disparition complète.

  • «  Why a Russian Invasion of Ukraine Would Be a Big Test for Google Maps » (Time.com, 15 février 2022). En 2014, six semaines après l'invasion de la Crimée par la Russie, Google Maps avait reconnu la Crimée comme territoire russe, tout en laissant en pointillé la frontière sur la version internationale. Pour un géant de la cartographie par satellite comme Google, la Crimée est un dilemme. Le processus mal défini de résolution des litiges concernant les frontières et les toponymes utilisés par Google a entraîné l'entreprise dans des affrontements houleux qui continuent à faire polémique, l'entreprise américaine détenant 80 % du marché de la cartographie numérique et ayant tendance à faire autorité. 

  • Google Maps ne montre pas la même carte du monde selon le pays où vous vous trouvez. Exemple avec la Crimée. Par Jules Grandin.

  • « Google Maps Live Traffic Showed the Russian Invasion of Ukraine » (Vie.com). En pleine nuit, Jeffrey Lewis, expert en renseignement open source (OSINT) et professeur à l'Institut Middlebury, a vu un embouteillage à Belgorod en Russie en utilisant la couche trafic de Google Maps. Les soldats russes avaient laissé leur téléphone allumé, à moins qu'il s'agisse des migrants qui ne pouvaient pas prendre la route à cause du mouvement des troupes militaires russes en train de franchir la frontière. "Je pense que nous avons été les premiers à voir l'invasion" a déclaré Lewis à Motherboard. Utilisé de manière détournée, Google Maps a dû depuis modifier un certain nombre de ses fonctionnalités pour éviter une trop grande implication dans le conflit.

  • Le site de journalisme d'investigation Bellingcat, spécialisé dans la vérification des faits, a identifié plusieurs exemples d'armes à sous-munitions tirées sur des zones civiles d'Ukraine, notamment des zones résidentielles, des écoles et des hôpitaux.

  • Le nombre de posts envoyés sur Wikipédia depuis 2016 concernant l'article sur la guerre russo-ukrainienne n'a cessé d'augmenter et témoigne de divergences de points de vue sur le conflit. L'invasion de l'Ukraine par la Russie fait l'objet d'une couverture multilingue : elle est traitée en 89 langues dans Wikipédia (avec plus d'audience en anglais et en russe).

  • Des cartes et caricatures montrant l'Ukraine assiégée par la Russie. On trouve à l'inverse des cartes montrant la Russie encerclée par l'OTAN. La question du "qui menace qui ?" est assez classique dans ce type de conflit frontalier, bien que la dissymétrie des forces en présence soit indiscutable. 

  • Une carte publiée sur le forum MapPorn suscite des débats. Le conflit concernerait-il en fin de compte l'influence de l'OTAN et l'élargissement de son adhésion ? Pour Poutine, « aujourd’hui il suffit de jeter un simple coup d’œil sur la carte pour voir comment les pays occidentaux ont tenu leur promesse d’empêcher l’expansion de l’OTAN vers l’Est. En fait cela a été une tromperie, nous avons assisté à cinq vagues d’élargissement de l'OTAN l’une après l’autre […] En conséquence l’alliance, son infrastructure militaire sont parvenues jusqu’aux frontières de la Russie. C’est devenu l’une des principales causes de la crise de la sécurité européenne. Cela a eu les conséquences les plus négatives sur l’ensemble du système des relations internationales et a entraîné une perte de confiance mutuelle […] Ce n’est pas nous qui avançons vers l’OTAN, c’est l’OTAN qui avance vers nous ».

  • Russia versus Not Russia. En 2014, au moment de l'annexion de la Crimée par la Russie, une « guerre des cartes » avait eu lieu entre la Russie et le Canada sur Twitter. La carte indiquait que l'Ukraine n'était "pas la Russie". La Russie avait riposté en montrant la Crimée comme faisant partie de son territoire. La carte, devenue un mème sur Internet, circule à nouveau aujourd'hui sur les réseaux sociaux et dans les manifestations.


  • Peter Zeihan, analyste géopolitique américain, propose à partir de cartes et de projections originales de comprendre la vision du territoire et des frontières tels que les perçoit la Russie. Voir sa carte de 2016 montrant les frontières convoitées par la Russie sur son flanc ouest, les Etats considérés comme entrant dans sa sphère d'influence directe  ("l'étranger proche" du point de vue de la CEI).

  • Le réveil des frontières intérieures par Sabine Dullin. Pouvoirs 2018/2 (n° 165). L’Union soviétique a parfois été décrite comme un vaste appartement communautaire dans lequel chaque nation avait sa chambre meublée et décorée selon ses traditions, tandis que les Russes contrôlaient les espaces communs.

  • Cartographier les réactions à l’invasion de l’Ukraine (Le Grand Continent, 24 février 2022). Les pays européens ont condamné quasi unanimement l'invasion russe (à l'exception de la Serbie et de la Biélorussie). Cette carte des positions des pays vis-à-vis de la guerre en Ukraine est susceptible d'évoluer au gré des événements. Elle connaît également plusieurs versions selon les journaux. Le Parisien fait par exemple apparaître les condamnations avec/sans sanctions ainsi que les pays "neutres". Wikipedia introduit une nuance à propos des pays "rejetant la faute sur l'OTAN". Cette carte n'est pas sans évoquer le retour ou la poursuite du monde de la Guerre Froide. « Condamnation de la Russie : les cartes parlent » (Pascal Boniface).

  • Cartographie du vote à l'ONU condamnant l'agression contre l'Ukraine (2 mars 2022). A comparer au vote concernant la situation des droits de l'homme en Crimée en 2021 ou encore au vote sur la suspension du statut de membre du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies de la Russie le 7 avril 2022. « Condamnation de la Russie : les cartes parlent » (analyse de Pascal Boniface pour l'IRIS).

  • Le site #StandWithUkraine répertorie les manifestations de soutien à l'Ukraine et au peuple ukrainien dans le monde. « Ce n'est pas juste une attaque contre le peuple ukrainien. C'est une guerre contre les valeurs démocratiques, les droits de l'homme et la paix. » 

  • Cartographie des villes et régions russes ayant posté le hashtag #нетвойне (en russe "non à la guerre") sur Twitter et Instagram entre le 24 et le 27 février 2022 (The Economist, 28 février 2022). 

  • Quels pays aident l'Ukraine dans la guerre contre la Russie et comment ?  Une typologie (aide humanitaire,  aide militaire ou les deux) qui reste sommaire faute d'avoir le détail des mesures d'aide (France-Inter, 2 mars 2022)

  • « War in Ukraine reminds us that maps can be weapons » (Financial Times, 4 mars 2022). La guerre en Ukraine nous rappelle que les cartes peuvent être des armes. Elles peuvent servir aussi bien à visualiser des données qu'à mettre en avant des revendications territoriales.

  • Guerre en Ukraine : les plateformes numériques rattrapées par la géopolitique (La revue des médias, INA, 12 avril 2022). Désormais, la guerre de l’information ne se limite pas à la propagande conventionnelle mais comprend également l’emploi massif d’une nouvelle forme de censure, à savoir la déplateformisation : la privation d’accès aux canaux numériques de diffusion que sont les médias sociaux et les plateformes de distribution de contenu, soit du côté de l’offre (pour des sources), soit du côté de la demande (pour le public).

3) Les dimensions géopolitiques, géoéconomiques et géoculturelles du confit en Ukraine

  • « Le conflit ukrainien, des enjeux géopolitiques et géoéconomiques » (Pascal Marchand). Le territoire de l'Ukraine a été tracé sur la carte en 1945 dans une aire d'affrontement séculaire  (Échogéo, 2014).

  • Dossier géopolitique : Russie et Ukraine, quelles relations ? (Diploweb, 27 février 2022). Ce dossier géopolitique du Diploweb conçu par Pierre Verluise rassemble deux décennies d’éclairages féconds à travers des liens vers des documents de référence de nombreux auteurs.

  • L'influence russe dans le monde (L'Express, 20 janvier 2021). Depuis son accession au pouvoir en 2000, Vladimir Poutine s'emploie à restaurer la sphère d'influence de l'ex-URSS. La carte de synthèse et l'infographie proposées par Dario Inguisto permettent de contextualiser le cas de l'Ukraine par rapport aux relations avec l'ancien bloc de l'Est.

  • « Un désir de grande Russie ? Réflexions sur la grande stratégie russe »  (Le Rubicon, 10 février 2022).

  • La doctrine Primakov. Pour comprendre Poutine, il faut relire la première traduction française du texte clef de la doctrine géopolitique russe la plus influente et la moins connue. (Le Grand Continent, 8 novembre 2017).

  • « L’Ukraine et l’Europe. Qui a le droit d’être géopolitique ? »  (Le Grand Continent, 22 janvier 2022)

  • Ukraine, pourquoi la crise ? (Le Monde diplomatique, février 2022). Alors qu’ils s’alarment d’une montée des tensions en Ukraine, les Européens sont les grands absents des négociations ouvertes entre Moscou et Washington. En s’alignant sur les États-Unis, Paris et Berlin ont poussé la Russie à traiter directement avec ces derniers. Et laissé le Vieux Continent redevenir un terrain d’affrontement entre les deux puissances.

  • Pourquoi Poutine a déjà perdu la guerre (Le Grand Continent, 27 février 2022). "Un choc d’une magnitude plus grande encore à celle du 11 septembre 2001, qui nous fait entrer dans une nouvelle ère des relations internationales [...] Cette guerre est une démonstration par l’absurde de la valeur ajoutée de l’OTAN, c’est-à-dire une démonstration du risque de ne pas en faire partie [...] Le scénario du pire est improbable mais il n’est pas impossible, comme l’est le risque de guerre majeure en général.". 

  • « Sur fond de crise ukrainienne, les Européens cherchent à réduire leur dépendance au gaz russe » (Le Monde, 29 janvier 2022). Le problème avec ce type de représentation cartographique sur le gaz russe, c’est l’absence d’information sur l’importance de cette source dans le mix national qui permettrait de pondérer l’impression de dépendance (voir ce graphique de The Economist permettant de rapporter au pourcentage que cela représente pour chaque pays).

  • « Si la Russie cesse de fournir du gaz à l'Europe, quelles sont les alternatives ?  » (Euronews, 1er février 2022). Avec une infographie permettant de comparer le degré de dépendance par sources d'énergie. La dépendance des pays européens est à rapporter à l'importance relative du gaz dans le mix énergétique de chaque pays.

  • Washington sème la zizanie sur le marché européen du gaz (Le Monde diplomatique, mai 2021).Conflit en Ukraine, sort de l’opposant Alexeï Navalny, gazoduc Nord Stream 2 : la dégradation des relations entre la Russie et l’Europe occidentale depuis 2014 occupe les chancelleries. Ces tensions ont pour toile de fond un « grand jeu » énergétique où se croisent la stratégie russe, les exigences américaines, les intérêts allemands, l’urgence climatique et le dogmatisme libéral de la Commission européenne.

  • La zone de production de blé en Ukraine. 40% de la production de blé est réalisée dans les oblasts de l'Est du pays avec 8% pour les indépendantistes de Louhansk et du Donetsk, où se situe le port d'exportation de Marioupol et où la Russie veut "maintenir la paix".

  • « Le blé : un enjeu de food power »  (Le dessous des cartes, ARTE, 12 mars 2022). Le blé, une céréale très géopolitique. De l’Antiquité grecque au plan Marshall, le blé a toujours été un outil de puissance. Mais plus récemment, c’est la Russie de Vladimir Poutine qui a décidé de miser sur ce "food power" en développant son industrie céréalière. 

  • « Four maps that explain the Russia-Ukraine conflict » (The Washington Post, 21 janvier 2022). 
    La manière de cartographier les populations russophones peut donner à penser que la Russie a raison de vouloir récupérer une partie de l'Ukraine (voir ce fil de discussion sur Twitter). Mais la langue n'est pas le seul facteur à prendre en compte. La carte ethno-linguistique de l'Ukraine souvent montrée dans les médias contient des données déjà anciennes (données de recensement de 2001) et alimente des interprétations quelques peu sommaires assimilant les russophones à des pro-régime russe (voir ce fil Twitter). A comparer à la carte de répartition ukrainien/russe à partir du réseau social V_kontakte.

  • « Map Explainer: Key Facts About Ukraine » (Visual Capitalist, 23 février 2022). Infographie avec les données clés sur l'Ukraine assorties d'une pyramide des âges et d'une carte par anamorphose montrant la répartition de la population. 

  • Le Wall Street Journal publie une infographie du transfert d'unités des forces armées russes vers les frontières occidentales. La plupart des unités des régions orientales de la Fédération de Russie sont impliquées (carte du Wall Street Journal en discussion sur le forum MapPorn).

  • L'OTAN a déclaré qu'elle prévoyait d'approfondir la cyber-coopération avec l'Ukraine après qu'une attaque radicale ait détruit des sites Internet du gouvernement de Kiev au moment où les  tensions sont croissantes entre la Russie et l'Occident au sujet de la sécurité ukrainienne (AFP).

  • « Ukraine: la Russie annonce le retrait de ses troupes à la frontière » (The Huffington Post, 15 février 2022). Effet d'annonce ou simple tactique de Poutine pour laisser les Occidentaux douter jusqu'au bout sur ses réelles intentions ?  La Russie dit que ses unités rentrent chez elles après des exercices près de l'Ukraine. Les preuves semblent suggérer le contraire (CNN, 18 février 2022).

  • Cartes comparant le pourcentage d'élèves et d'étudiants éduqués dans des établissements où l'on parle l'ukrainien ou le russe en 2000 et en 2019 (AFP). En 2017, une nouvelle loi a imposé l’ukrainien comme langue principale dans l’éducation scolaire. Suscitant beaucoup de débats et d'oppositions, cette loi a été suspendue dans son application (reportée à 2023). Vladimir Poutine utilise cette loi comme argument pour faire passer les dirigeants pro-occidentaux de Kiev pour des persécuteurs des Russes de souche.

  • Pourquoi Vladimir Poutine a-t-il tenu à mettre la main en 2009 sur la Société de géographie russe ? La géographie et les cartes : des outils pour faire la guerre ? (France Culture, 17 février 2022).

  • Carte de l'implantation des instituts Russki Mir (Russie) dans le monde comparée à celle des instituts Confucius (Chine). La fondation Rousski Mir n'a pas réussi à enrayer la contraction de la "russophonie" qui a perdu 50 millions de locuteurs depuis 1991 (Questions internationales, janvier 2020, mis en accès libre).

  • Huit manières de découper l'Ukraine (MapPorn). Des découpages régionaux fondés sur des stéréotypes, mais aussi des réalités, le territoire de l'Ukraine résultant de nombreux remaniements.

  • Plus d'un millions de réfugiés ont fui l'Ukraine au 3 mars 2022 (voir les données mises à jour par le HCR). Le HCR estime qu'il pourrait y en avoir 4 millions (The Economist), mais le nombre pourrait être encore plus important. La manière de cartographier les flux de migrants ukrainiens n'est pas neutre. En fonction des choix sémiologiques, l'exode peut sembler plus ou moins massif (voir ce fil Twitter ou encore celui-ci). Crisisready montre comment les zones frontalières de l'Ukraine deviennent des zones de polarisation pour les migrants. Pour comparer la cartographie des flux de migrants, voir ce fil de discussion

  • Réhumaniser l’exode des réfugiés passe aussi par la cartographie. Des centaines de milliers d’Ukrainiens fuient leur pays pour trouver refuge en Europe. Pour les représenter sur les cartes, on utilise le plus généralement d’énormes flèches pour montrer leur trajectoire. En plus d’être impersonnelles et simplificatrices, ces flèches ont aussi le défaut d’avoir été utilisées dans de nombreuses images de propagande à travers l’Histoire (Le Cartographe, TMC). Elbie Bentley a proposé une cartographie des réfugiés au 24 mai 2022 qui cherche à restituer la gravité de la crise migratoire ukrainienne (Visual Capitalist).

4) Des cartes historiques sur l'Ukraine pour rappeler les héritages

  • L’histoire de l'Ukraine du Moyen Age à nos jours, une mise au point en 9 grandes parties et 15 cartes (L'Histoire)
     
  • Russie - Ukraine : comprendre les raisons du conflit en Crimée (Géo).

  • Histoire de l'Ukraine à partir de cartes (U-laval).

  • L'Ukraine : des frontières mouvantes (L'Histoire).

  • La construction territoriale de l'URSS (@LegendesCarto).

  • La chute de l'URSS (@LegendesCarto).

  • La Russie, l’Ukraine et l’étranger proche 1991-2014 (L'Histoire).

  • L'Ukraine, un pays en guerre depuis 2014 (Légende Carto).

  • Carte détaillée de l'Ukraine, de ses villes et des ses régions (France Diplomatie).

  • Carte de l'élargissement de l'OTAN depuis 1949 (Diploweb).

  • L’OTAN aux portes de la Russie. La nouvelle Guerre Froide (Le Monde diplomatique).

  • A l’origine des tensions entre la Russie et l’Otan. Cartes sur table (Courrier International).

  • Dossier sur la Russie. Nouvelles ambitions, forces et faiblesses (Diplomatie Mag, août 2020).

  • Russie, la puissance solitaire (Questions internationales, janvier 2020 en accès libre).

  • Interventions militaires et conflits gelés dans l'ex-URSS (@LegendesCarto).

  • Carte de la puissance militaire dans le monde (IFRI).

  • La Crimée est-elle russe ? (L'Histoire). Cartes historiques sur la presqu'île de Crimée à découvrir sur Gallica.

  • 5 dates pour comprendre les tensions entre la Russie et l'Ukraine (Brut). De l'ukrainisation voulue par Lénine à l'invasion lancée par Poutine.

  • Histoire de l'Ukraine en 4 épisodes. Le Cours de l'Histoire par Xavier Mauduit (France Culture). 

  • Que nous apprend l'histoire sur la guerre en Ukraine ? (vidéo Nathan Lycée général)

  • Ukraine - Russie : comprendre la crise en 4 cartes (Les Echos, 23 février 2022). Vladimir Poutine a décidé de reconnaître l'indépendance des républiques séparatistes de l'est de l'Ukraine et d'envoyer une force de « maintien de la paix ». Une décision qui accentue les tensions dans ce pays historiquement tiraillé entre son attachement à la Russie et à l'Europe de l'Ouest. 

  • « 4 Historical Maps that Explain the USSR » (Visual Capitalist, 26 février 2022).

  • L'Ukraine et ses voisins (1525 à 1998). Sélection de 329 cartes couvrant 4 siècles d'histoire (collection David Rumsey)

  • "Tableau de l'Empire de Russie et de l'univers tartare compilé à partir des archives et rapports les plus récents et les plus approuvés, et pour les projections légitimes" 1784 (Gallica).

  • Il n'est pas clair si la reconnaissance des Républiques populaires de Donetsk et Louhansk par la Russie s'étend aux terres contrôlées par les séparatistes à l'intérieur de la ligne de contact ou à l'ensemble des oblasts de ces deux entités. Dans les deux cas, le droit international reconnaît ces territoires comme faisant partie intégrante de l'Ukraine.

  • Part des Ukrainiens ayant voté en faveur de l'indépendance en 1991 (carte des résultats par oblast). Le taux de participation était élevé : 84% des gens sont allés voter. Les résultats étaient nettement en faveur de l'indépendance, y compris dans l'Est. Seule la Crimée était plus partagée.
  • Carte du protocole de Minsk signé en 2014 (Wikipédia) qui visait en principe à faire cesser tous les combats dans l'est de l'Ukraine.

  • En 2015, l'offensive victorieuse des séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine trace une ligne de démarcation à l'intérieur même du pays. Le front devient frontière entre l'Ukraine et la Russie (Le Monde).

  • La crise ukrainienne : un conflit gelé. Une carte géopolitique réalisée pour l'Atlas de l'École de Guerre Édition 2022 - Une géopolitique du monde (@LeCartographe).

  • Denis Eckert, « L’Ukraine ou les contours incertains d’un Etat européen », L’Espace Politique, 33 | 2017-3.

  • « Les incertitudes de l’identité ukrainienne ». Par François de Jabrun (Diploweb, 2008).

  • Ukraine under Western Eyes. Cambridge, MA: Harvard University Press, 2011. Ouvrage dirigé par Steven Seegel (disponible en téléchargement).

  • L'Ukraine a toujours été une région frontalière, géographiquement, religieusement et culturellement. La bibliothèque universitaire de Leiden a regroupé de nombreuses cartes historiques de la région. Disponible en anglais et en ukrainien.

  • Les revendications territoriales de la jeune République d'Ukraine ont été présentées à la Conférence de Paris en 1919. Une affiche caricature intitulée « La paix mondiale en Ukraine ! » montre un pays en proie aux flammes et aux rivalités (l'Ukraine n'avait pas été admise à la table des négociations).

  • L'Ukraine dans ses frontières suivant le principe ethnographique par Georges de Gassenko (1919). Sur cette infographie très moderne pour l'époque, Gassenko essaie, en bon patriote, de chercher des frontières suivant un principe ethnographique. Il met en évidence une grande Ukraine qui s'étend des Carpates jusqu'au Caucase, avec un territoire plus vaste que la France ou le Royaume-Uni et dont la production de blé dépasse le "Colosse du Nord" (la Russie avec la Pologne) dès les années 1920 (voir ce fil Twitter).


  • Planisphère représentant la distribution des Ukrainiens dans le monde selon Georges de Gassenko (1920). Une manière d'affirmer l'existence d'une nation ukrainienne et de montrer son rayonnement à l'échelle mondiale.

  • Carte des nationalités en Ukraine par Wolodymyr Kubijowytsch (1938). Carte redessinée en 1992 par Stephen Rapawy et Robert Shlanta (Geography and Map Division, Library of Congress, 1992).

5) Images et caricatures d'hier à aujourd'hui

  • Affiche de propagande de 1921 représentant le Donbass comme le coeur industriel et minier qui irrigue toute la Russie.



  • « The next european war will start in the Ukraine » (Look magazine, 1939). A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, l'Ukraine constituait déjà un enjeu stratégique.


  • Humour soviétique sur les forces nazies massées à la frontière tchécoslovaque en 1938 :
    « - Pourquoi y a-t-il autant de troupes ? - En cas de provocation. - Et s'il n'y a pas de provocation ?  - Comment pourrait-il ne pas y en avoir avec autant de troupes ? »




  • Carte caricature montrant la situation politique en Europe en 1877 (l'empire russe identifié à une pieuvre étend ses tentacules sur l'Europe et le Moyen-Orient). Le fameux "débouché vers les mers chaudes" : mythe ou réalité ?



6) Cartes et données géographiques

  • Fonds de cartes SIG sur l'Ukraine avec différents niveaux de maillage administratif à télécharger sur le site Humanitarian Data Exchange. A compléter par les données SIG du projet MAPA Digital Atlas of Ukraine de l'Université d'Harvard.

  • Fonds de carte sur l'Ukraine disponibles sur le site D-maps au format GIF ou SVG. 

  • Géographie de l'Ukraine en cartes (@LegendesCartographie): le territoirel'économie, les transports, la population, le relief. À l'exception des montagnes des Carpates au sud-ouest, de la mer Noire au sud et de la mer d'Azov au sud-est, l'Ukraine est principalement une vaste plaine sans limites naturelles. Le Dniepr et ses affluents unissent économiquement le centre du pays.

  • Les données statistiques sont accessibles sur Ukraine census, le site officiel de statistiques de l’Ukraine. Le recensement qui devait avoir lieu depuis 2012 a été constamment repoussé et ajourné. Les données de 2020 correspondent plus à un sondage. Les dernières données fiables et détaillées sur la composition linguistique de la population ukrainienne remontent à 2001.

  • Le site du recensement de 2001 est encore en ligne. Pour avoir des données plus complètes par districts et villages, il faut passer par le site sauvegardé en web archive

  • Entre 1989 et 2021, la population de l'Ukraine a fortement diminué de 51 à 41 millions d'habitants. Le vieillissement est très perceptible quand on compare les pyramides des âges par dates (voir cette animation). 



  • Données du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unis sur les migrants ukrainiens.

  • Carte de la répartition de la population parlant ukrainien ou russe en 2001 (MapPorn).

  • La démographie, l’autre front russe (Le Monde). Le taux d'accroissement naturel de la population est devenu négatif dans beaucoup de régions en Russie (Wikipedia).

  • En l'absence de données fiables sur le plan démo-linguistique, on peut utiliser cette carte qui distingue l'usage de l'ukrainien et du russe d'après les données du réseau social V-Kontakte qui était encore relativement utilisé en 2013 (avec un biais lié au fait que les sites Internet sont souvent en russe en Ukraine).

  • Au delà de l'opposition russe/ukrainien, on observe un mélange des deux langues particulièrement dans la zone centrale de l'Ukraine où l'on trouve le surzhik (socio-dialecte qui mélange les deux). Cette carte linguistique de l'Ukraine utilise des informations de 2009 de l'Université nationale des langues de Kiev et des données du recensement ukrainien de 2001. La source est intéressante à lire "Pourquoi l'Ukraine n'est pas la Tchécoslovaquie".




  • Guerre en Ukraine : quelques clés sur un conflit en cours - situation en mai 2022 (Géoconfluences). L'article de Pascal Orcier rappelle les liens historiques entre l'Ukraine et la Russie, la difficile autonomisation de l'Ukraine après l'éclatement du bloc soviétique, et les tentatives successives de la Russie de ramener son voisin dans son giron. Ce contexte replace l'invasion de 2022 dans le cadre d'une violence graduelle débouchant sur la guerre. Il analyse ensuite les objectifs et les motivations possibles de la Russie, laquelle s'est engagée dans un conflit à l'issue moins certaine qu'il paraissait au départ.

  • Pour suivre les opérations militaires, le suivi cartographique réalisé par l'Institute for the Study of War constitue une source de référence avec une mise à jour quotidienne. Voir également la carte de Wikipedia qui fait une synthèse. Des analystes produisent des cartes et des comptes rendus réguliers : voir par exemple Olivier Kempf (@egea_blog), Michel Goya (@Michel_Goya), The Study of War (@TheStudyofWar), PolGeoNow (@PolGeoNow), Jomini of the West (@JominiW), Mick Rayan (@WarintheFuture).

  • La plupart des journaux ont consacré une rubrique spéciale au suivi cartographique du conflit. Voir par exemple Le Monde, Les Echos, Le FigaroNew York Times, Financial Times, BBC News...

  • Croquis simplifié donnant l'historique de l'avancée des troupes russes (Edugéo). Données à télécharger au format geojson sur le site Github de Jean-Marc Viglino.

  • « L'Europe entre associations, alliances et partenariats. L'état de l'Union européenne, de la zone euro, de l'espace Schengen et de l'Otan ». Une série de cartes proposées par Pascal Orcier (Géoconfluences).

  • Principales régions européennes suivant les frontières étatiques réelles et les proximités culturelles par le Comité permanent allemand des noms géographiques (MapPorn). Ces découpages correspondent à des constructions sociales et culturelles et renvoient à des conceptions géopolitiques (par exemple la vision d'une Europe centrale / orientale). A comparer avec cet autre découpage régional de l'Europe (H. J. de Blij & Peter O. Muller, Concepts and Regions in Geography, 2002).

  • La Crimée et la Mer Noire dans le cadre de la rivalité des puissances : enjeux géopolitiques européens et mondiaux du XIXème siècle à aujourd’hui (EuroContinent).

  • Cartographie de l’Ukraine – Géographie d’une invasion. La géographie peut servir à faire la guerre… et inversement. Dossier cartographique proposé par Rémi Scoccimarro.

  • La guerre en Ukraine s'invite à Téhéran. La relation russo-turque à l’épreuve du terrain (Le Monde, 22 juillet 2022).

  • Carte de l’Ukraine à la veille de l’invasion russe de 2022 (Histocarte).

7) Ressources et pistes d'activités pédagogiques

Pour sortir des informations anxiogènes diffusées en continu par les chaînes d'information, il est important que les enseignants puissent apporter des clés de lecture auprès de leurs élèves, de manière à leur permettre de prendre du recul par rapport aux événements et d'acquérir un sens critique par rapport à l'information. 

Le conflit russo-ukrainien  (ré)interroge l'intérêt et les limites de l'histoire immédiate, la place accordée au politique et à la géopolitique en histoire et en géographie, le traitement des conflictualités en tenant compte des réalités anthropologiques de la guerre. Il peut être abordé sous différents angles en fonction des disciplines et du contexte propre à chaque classe. On peut choisir par exemple de partir (liste non exhaustive) :
- des représentations des élèves pour leur permettre de mettre des mots sur un contexte et sortir de la peur ou de la sidération ;
- des programmes d'histoire et de géographie, en essayant de définir ce que serait une lecture plutôt géopolitique et/ou géohistorique du conflit ;
- du traitement médiatique de l'information à travers les médias et les réseaux sociaux (approche davantage EMI) ;
- de l'usage des cartes et des images numériques : rôle de l'OSINT comme support d'information mais aussi outil de pouvoir / contre-pouvoir (en lien avec l'EMC).

  • Évoquer la crise ukrainienne avec les élèves (Eduscol). La crise ukrainienne et ses répercussions internationales peuvent susciter des questions de la part des élèves. Les ressources sélectionnées proposées ici permettent d’éclairer divers aspects de cette crise, à différentes échelles de temps. Elles peuvent servir aux professeurs de support pour échanger avec les élèves, afin de les aider à mieux en comprendre les enjeux géopolitiques, économiques, culturels et humains.

  • Des ressources pour aider à comprendre la guerre en Ukraine (Géoconfluences). Une sélection de ressources pour comprendre et faire comprendre l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui fait suite à l’annexion de la Crimée en 2014.

  • Évoquer la guerre en Ukraine dans les classes - quelques pistes et ressources pédagogiques. Thibaut Poirot, professeur au lycée Stéphane Hessel d'Epernay, propose sur le site de l’APHG une mise au point autour de trois questions : la perspective historique, la « haute intensité » et les ruptures stratégiques (APHG).

  • Comment travailler l'invasion de l'Ukraine en classe ? (Café pédagogique). Christine Guimonnet, secrétaire générale de l’APHG, Association des professeurs d’histoire-géographie, montre les pièges à éviter. Une sélection de ressources pédagogiques complète son témoignage.

  • La guerre en Ukraine, révélateur des tensions géopolitiques du monde (Les Clionautes). « Professeurs d’histoire et de géographie, nous avons d’abord le devoir de dire et d’expliquer sans cesse. » Une carte mentale proposée par Christophe Auberthier permet de visualiser les acteurs et les enjeux dans une approche multiscalaire.

  • Se documenter pour parler de la crise ukrainienne avec les élèves. Pascal-Eric Lalmy (IA-IPR) et Marc Bauland proposent des ressources à partir de Lumni et d'autres sites comme Toute l'Europe et Géoconfluences. Au lycée, c’est en HGGSP particulièrement que l’on peut montrer l’aspect multidimensionnel de cette crise en l’interrogeant à travers différents thèmes d'étude : la  puissance, la frontière, l’information en Première ; la guerre et la paix ou encore les liens entre histoire et mémoires en Terminale (académie de Reims).

  • Dossier sur la genèse du conflit en Ukraine et sur ses conséquences (Lumni).

  • Se documenter pour parler de la guerre en Ukraine avec les élèves (académie de Poitiers) en lien avec l'éducation aux médias.

  • La guerre en Ukraine. Un carte de synthèse assortie de repères historiques et géographiques par Matthieu Remblière (académie de Versailles).

  • Un croquis et des cartes pour comprendre le conflit en Ukraine par Pascal Mériaux (académie de Lyon). 

  • Un Genialy proposé par Nolwenn Falcon pour expliquer le conflit en Ukraine (explications à adapter selon les niveaux).

  • Ressources pédagogiques pour évoquer la guerre en Ukraine en classe (Wiki Faire école). Avec des informations relatives à l'impact du conflit sur l'éducation.

  • Comprendre la crise en Ukraine par Th. Reyser. Réaliser trois infographies concernant la crise ukrainienne : une sur les causes de la crise, une deuxième sur la situation actuelle, une troisième sur les dénouements possibles (en spécialité HGGSP).

  • Pistes pour aborder l'Ukraine dans les programmes d'études du supérieur (John Vsetecka, doctorant au département d'histoire de la Michigan State University).

  • Aborder la guerre en Ukraine avec les élèves. Un mur de ressources ouvert par Alexandre Balet pour les enseignants d'HG-HGGSP.

  • Comprendre la guerre en Ukraine. Une édition spéciale du Temps pour les jeunes, leurs parents et le corps enseignant (Le Temps.ch).

  • Évoquer la crise migratoire issue de la guerre en Ukraine. Sébastien Lambert met en ligne sur le site de l'académie de Lille une fiche élève pour comprendre les déplacements des réfugiés ukrainiens et la catastrophe qu'ils vivent.

  • La presse jeunesse s’appuie sur les questions des enfants pour raconter la guerre en Ukraine de manière à ne pas à avoir à répondre à des questions qu'ils ne se posent pas forcément (La revue des médias, INA).

  • Guerre en Ukraine : des regards se tournent vers l’OTAN (JDE.be). Un article du JDE, site belge qui aide les enfants de 9 à 13 ans à comprendre l’actualité.

  • L’Ukraine au coeur… de la classe, l’école au coeur du monde (Questions de classe).

  • « Est-ce que c’est la Troisième Guerre mondiale ? » (Gabriel Kleszewski, professeur d'histoire-géographie au collège).

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