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Datavisualisations sur les villes jumelées en Europe et dans le monde (#TidyTuesday)


TidyTuesday est une communauté de pratiques organisée par la Data Science Learning Community (DSLC). Chaque semaine, un nouvel ensemble de données est mis en avant afin que les participants puissent s'exercer à l'explorer et à partager leurs résultats. Les participants peuvent suivre le hashtag #tidytuesday sur les réseaux sociaux (XBluesky ou Mastodon). Le TidyTuesday de la semaine du 11 mai 2026 était consacré aux villes jumelées (sister cities). Un jumelage est une forme d'accord entre deux localités géographiquement et politiquement distinctes, visant à promouvoir des liens culturels. L'objectif des jumelages a été élargi pour encourager le commerce et le tourisme ou pour refléter d'autres liens, tels que des villes portant le même nom ou ayant des liens migratoires. Les données utilisées sont celles fournies par Wikipedia, qui fournit une liste des villes jumelées par pays et continents. Voici une sélection de data visualisations intéressantes sur le phénomène.


1) Une datavisualisation des villes jumelées dans le monde, proposée par Georgios Karamanis

Selon Wikidata, 5 470 villes dans le monde ont signé au moins un accord de jumelage. Chaque point ici représente l'une d'entre elles. Georgios Karamais (@karaman.is) a choisi de les représenter sur un fond sombre pour les faire ressortir. Voir les autres dataviz qu'il présente sur Github.


2) Une datavisualisation des villes jumelées dans le monde, proposée par Victor Hartman

Victor Hartman (@victorhartman.bsky.social) propose une datavisualisation en N&B, illustrant l'importance des villes européennes. La carte est inspirée de la carte des "amis" sur Facebook de Paul Butler.



3) Une datavisualisation des villes jumelées dans le monde, proposée par Clinton Sears

Clinton Sears (@clintonsears.bsky.social) propose une dataviz montrant la densité des liens qui unissent les villes jumelées. Les jumelages traduisent des proximités politiques et culturelles plus que géographiques La carte fait bien ressortir les principaux noeuds et les liens qui les unissent. Aucklan, Le Caire, Mexico, Rio de Janeiro et Saint-Petersbourg occupent le top des villes jumelées pour leur continent respectif, ce qui représente 356 partenariats. C'est un réseau de plus de 10 231 liens qui donne à voir un monde connecté à l'échelle mondiale. 


4) Une datavisualisation des villes jumelées dans le monde, proposée par Roy Aulie Jacobsen

Roy Aulie Jacobsen propose une répartition des jumelages par continent (plus importants en Europe). L'histogramme à plat qui accompagne la carte et reprend le même code couleurs, montre le poids de l'Europe qui représente la grande majorité des jumelages.




5) Un graphique donnant le détail selon les pays par Steven Ponce

Steve Ponce montre le rôle de l'histoire dans le développement des jumelages. L'Europe domine le réseau mondial des villes jumelées, en particulier l'Allemagne et ses voisins d'Europe central. Après la guerre, les villes ont œuvré à la réconciliation. Le jumelage Allemagne-Pologne constitue le plus important corridor bilatéral de l'ensemble de données, avec 344 liaisons. Il s'inscrit dans une infrastructure de vaste réconciliation d'après-guerre, construite ville par ville au-delà des frontières redessinées de mémoire récente.



6) Un graphique donnant la part selon les continents proposé par Nicola Rennie

Nicola Rennie (@nrennie.bsky.social) a développé avec ggplot2 un graphique montrant, pour chaque pays sélectionné, sur quels continents se situent ses différents jumelages. A découvrir sur son site.



7) Un explorateur de villes jumelées sous forme de carte ou de graphe, proposé par Ahmad Barclay

Cet explorateur de villes jumelées permet de passer d'une représentation sous forme de graphe à une représentation sous forme de carte (et inversement). Il s'agit d'une visualisation expérimentale basée sur des données de villes jumelées extraites de Wikidata. Choisissez une ville ou cliquez sur « Ville aléatoire » pour commencer, puis cliquez sur les villes connectées pour étendre votre réseau. Cet outil a été conçu et développé par Ahmad Barclay (@bothness.bsky.social). Pour les plus technophiles, il est possible de télécharger toutes les données sous forme de nœuds (villes) et d'arêtes (connexions entre elles).  En cliquant sur chaque ville jumelée, on affiche son nom.




Pour découvrir d'autres datavisualisations issues de la série #TidyTuesday :

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Le #30DayChartChallenge, un défi communautaire pour réaliser la meilleure datavisualisation

#DuBoisChallenge : un challenge pour célébrer les cartes et diagrammes de W.E.B. Du Bois sous forme de dataviz

Replay Météo, une machine à remonter le temps pour connaître les conditions météo de 1940 à nos jours


Source : «  Weather Replay : your time machine to revisit past weather » (Copernicus)

Weather Replay est une application du service Copernicus sur le changement climatique (C3S). Véritable machine à remonter le temps, l'application Weather Replay permet de consulter l'évolution de la météo partout dans le monde, heure par heure, de janvier 1940 jusqu'à aujourd'hui (avec un délai de quelques jours). Weather Replay illustre la puissance des données de réanalyse ERA5 et des archives météorologiques du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT). 

1) Accès à la rediffusion météo

Vous êtes-vous déjà demandé quel temps il faisait le jour de votre naissance ? Ou à une date historique ? Ou lors d’un événement météorologique marquant ? La nouvelle application Weather Replay du C3S et du CEPMMT permet de reproduire les conditions météorologiques de n’importe quel moment historique depuis 1940. Les simulations sont disponibles en quelques secondes grâce à la réanalyse ERA5, au système d’archivage ARCO compatible avec le cloud et à la puissante architecture des bases de données du CEPMMT. Les simulations sont en réalité produites avec les mêmes outils que ceux utilisés pour les prévisions météorologiques du CEPMMT.

Les données peuvent être explorées librement en sélectionnant une date dans le calendrier en haut à gauche, et un lieu avec la géolocalisation ou manuellement en cliquant sur la carte ou en utilisant la zone de recherche, et également via une sélection d'événements météorologiques importants comme les tempêtes, les vagues de chaleur et les inondations.

L'application recrée par exemple la trajectoire lente et dévastatrice du cyclone Katrina le 28 août 2005, qui a provoqué des précipitations impressionnantes, la canicule européenne de 2003 ou le cyclone Nargis qui a touché terre au Myanmar le 1er mai 2008. Pour les vagues de chaleur, l'application inclut un lien direct vers son application sœur Thermal Trace, permettant aux utilisateurs d'explorer plus de 80 ans de données sur le confort thermique.

Carte reconstituant la trajectoire du cyclone Katrina en 2005 (source : Replay Meteo - Copernicus)

Les événements sélectionnés ne sont que quelques exemples significatifs en termes de météo, mais on peut  sélectionner une date personnelle ou d'autres événements historiques. Weather Replay permet aussi de comparer deux événements. Par exemple, la vague de chaleur qui a frappé la Scandinavie en juillet 2018 avec la vague de chaleur sans précédent qui a touché la Fennoscandie en 2025, un événement mis en avant dans le rapport « État du climat en Europe 2025 ». L'application Thermal Trace propose des données complémentaires pour les épisodes de chaleur ou de froid.

L'application Thermal Trace propose des données complémentaires pour les épisodes de chaleur ou de froid.


2) Principales données mises à disposition

On peut sélectionner différentes variables à l'aide du bouton "Calques" situé en haut à droite de l'écran. Celles-ci incluent :

  • Température à 2 mètres — également appelée température de l'air en surface, la mesure la plus couramment utilisée pour représenter la température que nous ressentons.
  • Rafales de vent — rafales de vent maximales à 10 mètres, l'une des hauteurs les plus courantes pour représenter les vents, dépassant généralement les vitesses moyennes du vent en surface.
  • Pression moyenne au niveau de la mer — représentée par des courbes de niveau en hectopascals (hPa). Lorsque les isobares sont rapprochées, cela indique généralement un fort gradient de pression et des conditions instables.
  • Vent à 10 mètres — une variable standard pour le vent près de la surface.
  • Précipitations — précipitations totales, en millimètres.

Les variables de température, de vent et de précipitations peuvent être affichées à une résolution plus élevée grâce aux boutons du menu des paramètres. L'application comprend également un ensemble de variables atmosphériques en altitude, qui peuvent aider à expliquer les conditions atmosphériques à l'origine de ce que l'on observe en surface :

  • Température à 850 hPa — températures à environ 1,5 km au-dessus du niveau de la mer.
  • Hauteur géopotentielle à 500 hPa — Elle indique approximativement l'altitude à atteindre dans l'atmosphère avant que la pression ne descende à 500 hPa. En moyenne, ce niveau se situe autour de 5,5 km au-dessus du niveau de la mer. On le qualifie souvent de niveau directeur, car les systèmes météorologiques ont tendance à se déplacer dans la même direction que les vents à cette altitude.
  • Vent à 850 hPa — vents à environ 1,5 km au-dessus du niveau de la mer.
  • Vent à 250 hPa — vents à environ 10 km d'altitude, généralement utilisés pour identifier les courants-jets et le mouvement des systèmes météorologiques à grande échelle.

Couches avancées (peuvent affecter les performances)

  • Précipitations cumulées — précipitations accumulées depuis le début de la période sélectionnée, en millimètres. La première case est donc souvent vide ou presque vide.
  • Rafales de vent maximales pendant la période — affichant la rafale la plus forte enregistrée pendant la période sélectionnée.
  • Étiquettes MSL — ajoute des valeurs numériques hPa aux contours de pression au niveau moyen de la mer.

Les conditions jour/nuit locales sont activées par défaut. La couche « Étoiles » , bien qu'elle ne représente pas l'état réel du cosmos à ce moment précis, offre un rendu magnifique. Sa désactivation réduit légèrement les ressources nécessaires au fonctionnement de l'application.

Fenêtres de contrôle et d'information

Au-delà de la carte et des outils de sélection de l'heure et des couches, le tableau de bord permettant de naviguer dans Weather Replay est constitué des panneaux d'information. La petite fenêtre en bas à gauche affiche des informations sur les variables sélectionnées à n'importe quel point de la carte lorsqu'on la survole. On peut également utiliser cette fenêtre pour modifier la palette de couleurs et l'échelle des variables actives.

L'application avec son tableau de bord et ses options de comparaison (source : Weather Replay)

La fenêtre principale, accessible via la double flèche vers le haut, affiche des données détaillées pour les variables sélectionnées à l'emplacement choisi, sur une période de 48 heures. Les données de séries temporelles présentent toujours la résolution spatiale (0,25 degré, soit environ 30 km) et temporelle (1 heure) la plus élevée possible. Il est également possible de télécharger les données au format CSV.

Le panneau inférieur résume l'évolution des principales variables sur la période de 48 heures sélectionnée. Les utilisateurs peuvent télécharger directement les fichiers CSV ou accéder aux notebooks de séries temporelles pour récupérer les données par programmation et apprendre à créer leurs propres graphiques. Un tutoriel interactif contenant des conseils de base guide les utilisateurs à travers les principales fonctions, et des informations complémentaires sont disponibles via le bouton « Informations ».


Toutes les données visualisées par Replay Météo proviennent du jeu de données de réanalyse ERA5 (fichiers grib) disponibles au téléchargement et à l'utilisation sous licence CC-BY 4.0 sur le Climate Data Store. ERA5 est une réanalyse atmosphérique globale couvrant la période de 1940 à nos jours, développée et maintenue par le CEPMMT. Elle combine des observations directes et un modèle numérique pour produire une estimation globale de diverses variables climatiques. Cette application utilise la réanalyse horaire à haute résolution (31 km), interpolée sur une grille régulière de 0,25° × 0,25°. Vous trouverez plus d'informations dans les entrées du guide d'utilisation des prévisions concernant les vents de surface, les précipitations à grande échelle et les températures à 2 mètres.

Découvrir toutes les applications d'entrepôts de données de Copernicus

Pour en savoir plus sur les nouvelles archives de données ARCO

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Cartographie de la pollution atmosphérique NO₂ à l'échelle mondiale (à partir des images Copernicus Sentinel-5P)

Données météorologiques sur la France disponibles en open data

Agroclimat2050, un outil pour prévoir l'impact des événements météorologiques sur la production agricole

Développer la culture statistique des élèves en histoire-géographie avec les ressources de l'INSEE


Développer la culture statistique des élèves constitue un enjeu civique majeur dans un contexte de profusion des données chiffrées et des représentations infographiques sur tous les sujets. Alors que l'apprentissage des statistiques reste souvent l'apanage des mathématiques, il est essentiel de pouvoir éduquer les élèves aux données dans le domaine de l'histoire-géographie et de l'économie. L'analyse et le recul critique par rapport aux données concerne les sciences humaines et sociales au sens large. Le site Eduscol propose une page pour accompagner les professeurs dans leur travail d’exploitation des statistiques en classe.

Développer la culture statistique des élèves en classe

Dans le cadre du programme national de formation 2025-2026, le parcours de formation « Développer la culture statistique des élèves » est proposé en partenariat avec l’Insee (Institut National de la Statistique et des Études Économiques) sur la plateforme Magistère. Le parcours s’adresse aux enseignants de toutes disciplines intervenant dans le second degré, notamment en économie-gestion, enseignement moral et civique, histoire-géographie, mathématiques et sciences économiques et sociales.

La conférence de présentation sur la « Fabrique des statistiques » du 14 octobre 2025 est disponible en rediffusion. Elle est suivie par des masterclasses sous forme de webinaires tout au long de l'année. Une communauté en ligne permet d'échanger avec les autres participants sur la plateforme Magistère.

Un outil de recherche propose des ressources de l’Insee sélectionnées en lien avec les programmes du cycle 4 au lycée. Il permet une recherche par niveau, discipline et thématique. Cet outil est en cours d’élaboration. À terme, il couvrira les treize thématiques.

L'utilisation et l'analyse des statistiques est l'occasion de développer des compétences interdisciplinaires. Une nouvelle proposition pédagogique pour la mise en œuvre des programmes est disponible en mathématiques/histoire-géographie : Analyse des dynamiques territoriales de l’aire d’attraction de Grenoble (niveau : première générale). L'exemple de Grenoble montre que les enseignants d'histoire-géographie peuvent réaliser des activités assez simples à partir des données de l'INSEE. Le moteur de recherche identifie 229 ressources en lien avec les programmes d'H-G (du cycle 4 au lycée). Avis aux enseignants d'histoire-géographie : il ne reste plus qu'à produire des activités pédagogiques à partir de ces ressources, en lien avec les compétences disciplinaires et transversales. Les possibilités d'exploitation sont nombreuses : de l'approche critique des données à leur traitement, leur analyse et leur représentation sous forme graphique ou cartograhique, en lien avec les compétences du Cadre de référence des compétences numériques (CRCN) invitant à développer la culture des données.




Ressources et outils de l’Insee à vocation pédagogique

Le service Découvrir, apprendre, enseigner, accessible depuis la page d’accueil du site de l’Insee, constitue la porte d’entrée des professeurs et des élèves pour toutes les ressources à vocation pédagogique développées par l’Insee. Y figurent notamment le Tableau de bord de l’économie française et la collection « L’essentiel sur… ».

Le Tableau de bord de l’économie française (TBEF) : outil statistique de référence qui présente des tableaux, des graphiques et des cartes sur les principales thématiques socio-économiques, aux échelles nationale, régionale et européenne, de manière accessible et interactive.

L’essentiel sur... : collection numérique pédagogique pour comprendre les grands sujets socio-économiques. Trois rubriques simples et éclairantes pour observer « en quelques chiffres », décrypter « en 6 questions » et « pour comprendre comment l’Insee mesure ».

Des outils interactifs pour « datavisualiser » :
Des vidéos pédagogiques à retrouver sur la chaîne YouTube de l’Insee.

Les données locales : le dossier complet, le comparateur de territoires et le site statistiques-locales.fr sont 3 outils pour faire le tour de votre quartier, zone d’emploi, commune, département, etc.

Le blog de l’Insee : les articles du blog, en écho à l’actualité ou pour décrypter les projets et méthodes de l’Insee, ont pour ambition d’éclairer le débat public.

Insee mobile : application pour smartphone pour lutter contre les idées reçues, s’informer et tester ses connaissances. Des actualités, des quiz, des « vrai ou faux » et « le saviez-vous ? », organisés autour de 5 grands thèmes socio-économiques : population, conditions de vie, emploi et revenus, économie et entreprises, territoires et environnement.

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Cartographier les inégalités en France à partir des données carroyées de l'INSEE

Cartographie du réseau social Bluesky


Théo Sanderson (@theo.io) propose une carte des 3,4 millions d'utilisateurs de Bluesky (chiffres de février 2026). La carte permet de visualiser les utilisateurs de Bluesky en fonction de leurs abonnements. Elle fait apparaître un monde en archipels en fonction des centres d'intérêt et des appartenances par pays.

Cartographie des utilisateurs du réseau social Bluesky (source : bluesky-map.theo.io)

La carte a été créée en ajustant un modèle de type moteur de recommandation avec des ajustements scalaires pour prédire la probabilité qu'une personne X suive une personne Y en fonction de ses « abonnements » et « abonnés », puis en représentant les abonnés en 2D avec diverses itérations de l'application t-SNE. Les « groupes » sont constitués de 30 profils biographiques choisis aléatoirement au sein de chaque groupe, parmi lesquels un LLM doit identifier les points communs. Le nom attribué à un groupe ne s'applique donc pas à tous ses membres et l'on peut être surpris du groupe auquel on est rattaché.

Saisissez votre identifiant en haut à gauche de l'écran pour sélectionner et afficher des comptes spécifiques. La seule information utilisée pour vous situer sur la carte est que les types de personnes qui vous suivent suivent également d'autres personnes dans cette zone de la carte. Si vous ne souhaitez pas apparaître sur la carte, il est possible de se désinscrire en indiquant à Bluesky que vous souhaitez désactiver la visibilité des profils déconnectés. Vous serez alors désinscrit lors de la prochaine importation de vos données de profil. 

Il existe d'autre projets similaires pour visualiser la communauté des utilisateurs de Bluesky comme par exemple Aurora (présenté par Joel Gustasfon sur cette page). 

Jaz propose des graphiques statistiques sur le nombre de publications Bluesky ainsi qu'un atlas des relations entre utilisateurs. Bluesky compte 43 millions d'inscrits et plus de 2,5 milliards de messages échangés. Le nombre de posts par utilisateurs unique s'élevait à environ 650 000 par jour fin 2025. Le site Exploding Topics fournit des statistiques par âge, sexe et données démographiques des utilisateurs de Bluesky.

Lancé en tant qu'entreprise indépendante en 2021, le réserau social Bluesky a conquis de nombreux utilisateurs, enregistrant une croissance rapide à partir de 2023, date à laquelle de nombreux anciens utilisateurs de X ont quitté la plateforme d'Elon Musk. Cette croissance s'est poursuivie, même si le trafic a légèrement ralenti en 2025. 


Pour compléter

Awais, M. « Digital diaspora : mapping emotional migration and user personas from X to Bluesky » [Diaspora numérique : cartographie des migrations émotionnelles et des profils d’utilisateurs de X à Bluesky]. Quality & Quantity 60 , 1279–1296 (2026). https://doi.org/10.1007/s11135-025-02292-7

Cette étude explore les dimensions émotionnelles et discursives de la migration de la plateforme X vers Bluesky à partir d'un corpus d'avis (n = 21 400) sur l'application Bluesky publiés sur le Google Play Store. S'appuyant sur la théorie de la migration médiatique, le concept de public affectif et la notion de confiance algorithmique, l'étude utilise l'analyse lexicale des émotions, le clustering K-means et la modélisation thématique pour identifier quatre profils d'utilisateurs distincts : les migrants mécontents, les utilisateurs optimistes, les observateurs sceptiques et les fidèles de la plateforme. Les avis mentionnant Twitter (désormais X) présentent une intensité émotionnelle significativement plus élevée – tant positive (confiance, anticipation, etc.) que négative (colère, tristesse, etc.) – que ceux qui n'y font pas référence, ce qui indique un transfert affectif. Chaque profil reflète des préoccupations spécifiques liées à la modération, à la stabilité de la plateforme et aux attentes normatives. Les résultats de l'étude soulignent que la migration numérique n'est pas un acte neutre, mais un processus émotionnellement chargé, façonné par des griefs antérieurs, des espoirs pour l'avenir et des représentations algorithmiques.

Articles connexes

Cartographie du réseau social Mastodon


Géographie des bibliothèques en France


L'Atlas des bibliothèques territoriales, publié en 2024 par le Ministère de la Culture, fournit des cartes et des données très utiles pour dessiner une géographie des bibliothèques et des points d'accès aux livres en France. 

Les 15 500 bibliothèques et points d’accès au livre permettent à 85 % des Français d’accéder à ce service culturel dans leur commune de résidence. La France compte en moyenne 23 établissements de lecture pour 100 000 habitants. Les collectivités urbaines sont plus équipées en lieux de lecture (neuf communes urbaines sur 10). Cependant, un tiers des communes rurales disposent d’un établissement de lecture publique, desservant ainsi près de 22 % des Français. La distribution dans l’espace métropolitain et ultramarin des bibliothèques publiques offre une remarquable couverture du territoire et un accès de grande proximité à la population. L’implantation des équipements est très liée à la densité de la population sur le territoire : les établissements majeurs (points en rouge) et les établissements de taille moyenne (points en orangé) se localisent généralement dans les zones les plus peuplées et urbanisées de la Métropole et de l’Outre-mer ; les espaces moins denses en population (zones très rurales, zones montagneuses, ou encore l’intérieur des terres en Outre-mer par opposition aux littoraux) accueillent moins d’établissements métropolitaine, ces zones peu peuplées disposent plutôt de points d’accès au livre (points en bleu), alors que dans les Outre-mer l’offre en bibliothèques se resserre autour d’établissements majeurs ou de taille moyenne. 

Implantation et types de bibliothèques en France (source : Atlas des bibliothèques territoriales)

Les régions Île-de-France, Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Pays de la Loire, et en Outre-mer, La Réunion et la Guadeloupe, sont les mieux desservies : plus de 93 % des habitants résident dans une commune équipée d’au moins une bibliothèque, contre 85 % en moyenne en France. La qualité du service proposé peut cependant différer au sein d’une région selon leur lieu d’implantation. L’écosystème propre aux villes, permettant de concentrer et de polariser les acteurs économiques, culturels, éducatifs et institutionnels, favorise des partenariats plus nombreux et les bibliothèques desservent des populations plus importantes. A l’inverse, les populations habitant en milieu rural sont moins bien desservies, même si les bibliothèques offrent ce service culturel en France à 66 % des ruraux dans leur commune de résidence. Il y a cependant des différences : moins de quatre ruraux sur 10 à Mayotte ont accès à une bibliothèque dans leur commune et seulement cinq ruraux sur 10 en Corse, dans le Grand Est, en Normandie et dans les Hauts-de-France. 

Concentration des bibliothèques selon le type d'établissement (source : Atlas des bibliothèques territoriales)

L'Atlas comporte de nombreuses cartes assorties de chiffres et de graphiques concernant les périodes de création des bibliothèques, leur accessibilité, leur amplitude horaire, leur type de publics, la diversité et la qualité de leur offre documentaire, leurs moyens humains et financiers, leur patrimoine, leurs équipements informatiques et numériques, leurs actions culturelles et leurs partenariats. 

Source : Françoise Lucchini, Lola Jordan (dir.). Atlas des bibliothèques territoriales. Direction de l'information légale et administrative (DILA), 2024, https://shs.hal.science/halshs-04444109v1

L’Atlas des bibliothèques territoriales est une publication du Ministère de la Culture (Service du Livre et de la Lecture). Trois parties composent cet Atlas. La première présente un panorama national des bibliothèques en France : premier service culturel de proximité, la bibliothèque se déploie sur tout le territoire et propose de multiples services et activités à ses publics. La deuxième partie dessine des portraits régionaux de l’état de la lecture publique dans les territoires. Enfin, la dernière partie met en avant, d’une part, les mises en réseau des bibliothèques à différentes échelles (départementale, intercommunale, métropolitaine et municipale), et, d’autre part, illustre avec une photothèque les récentes évolutions en matière d’offres de services, d’aménagements et de constructions architecturales. Cet Atlas est issu d’un partenariat de recherche entre le Ministère de la Culture et le laboratoire IDEES UMR 6266-CNRS Université de Rouen Normandie qui a élaboré et rédigé les cartes et textes. Les données utilisées proviennent de l’enquête annuelle statistique du Ministère de la Culture auprès des bibliothèques territoriales qui s’appuie sur un partenariat avec les conseils départementaux.

Les données ayant servi à constituer l'Atlas des bibliothèques des collectivités territoriales sont disponibles sur le site data.culture.gouv.fr. Les fichiers à plat sont au format CSV, JSON, Excel et Parquet. Toutefois ils ne comportent pas de données de géolocalisation. Il est possible de se reporter au site data.gouv.fr qui comporte les mêmes données, mais avec géolocalisation.


Par ailleurs Victor Gayed propose une carte de recensement des bibliothèques (BXN - Bibliothèque eXpansion Numérique) via l'application Gogocarto. En zoomant sur la carte en ligne, on accède aux différentes informations. Les points sont partiellement renseignés.  Vous pouvez les modifier en cliquant sur [Proposer des modifications] après avoir sélectionné un point. 


Les données géolocalisées de la BXN sont téléchargeables au format ods, csv ou xls à partir de cette pageLes données des établissements correspondent à l’ensemble des informations contenues dans les fiches des établissements renseignés grace au formulaire. Pour chaque établissement cela regroupe le nom, l'adresse, son type ainsi qu'une description éventuelle, la tranche de population desservie, le fonctionnement ou non en réseau, la présence ou non d'un portail internet, la possession ou non de labels liés au numérique, l'accès au ressources numériques via un tiers ou non, et enfin toutes les ressources numériques proposées par l'établissement.

Les données géolocalisées du site Data.gouv.fr permettent de réaliser des cartes à partir d'un SIG (type QGIS) ou d'un logiciel de cartographie thématique (type Magrit ou autre). On peut par exemple représenter les bibliothèques en fonction de leur nombre d'entrées. 

Importance des bibliothèques d'après leur nombre d'entrées en 2023 (source : Data.gouv.fr)

Plus que le nombre d'entrées ou d'emprunteurs (il peut y avoir des abonnés qui empruntent peu de livres), il semble que ce soit le nombre réel de prêts qui soit à même de rendre compte du dynamisme des bibliothèques. Voici une carte qui rapporte le nombre de prêts à la population de la commune. Ce type de carte fournit des pistes d'analyse. Cela met en valeur les grandes bibliothèques à forte attractivité (bien qu'un peu minorées ici par la classification par quantiles réduite à 5 classes), mais aussi les petites bibliothèques intercommunales qui sont nombreuses en France et peuvent avoir un rayonnement assez large sur les communes limitrophes.


La base de données permet de réaliser d'autres cartes en utilisant les nombreuses variables proposées. Nous proposons une série de cartes en version interactive à retrouver à partir de cette story map (cela permet d'inclure les territoires ultramarins).


Pour compléter  

« Cartographier les ressources numériques en bibliothèques » (BPI). Face au défi de la valorisation des offres de ressources numériques en bibliothèques, la cartographie se développe comme une solution visuelle efficace et attractive.

Emmanuel AZIZA et Xavier SENÉ, « Éditorial : audiovisuel et multimédia en bibliothèque », Bulletin des bibliothèques de France (BBF), 2025-1. Entre 2018 et 2023, le prêt de DVD chute de 27 % alors que celui des livres augmente de 14 points. La vidéo à la demande (VàD) est présente dans 446 bibliothèques. Deux cartes présentent l’offre des ressources numériques onéreuses (sous droit) proposée par les bibliothèques municipales (BM) et départementales (BD) en 2023. Les BM moyennes et grandes, les réseaux de BM, achètent et proposent des ressources directement ; les petites BM proposent généralement des ressources acquises par la BD de leur territoire.

Carte des bibliothèques de France dotées d'un accès aux ressources numériques en IIIF (Chronoscope World). L'IIIF (International Image Interoperability Framework) est un ensemble de normes ouvertes permettant de manipuler en ligne des objets numériques en haute résolution. 

« Les Français et la lecture en 2025 » (CNIL). Mis en œuvre depuis 2015 par le Centre national du livre (CNL) et confié à Ipsos, ce baromètre bisannuel porte sur un échantillon de 1 000 personnes, représentatives de la population française (dès 15 ans et plus) et interrogées par téléphone. Il a pour objectifs de mesurer, sur la durée, les pratiques et les perceptions des Français vis-à-vis du livre et de la lecture, mais aussi de mieux comprendre ce qui favorise ou au contraire freine la lecture.

« Pratiques de lecture : en finir avec les lamentations » (Café pédagogique). Le 14 avril 2026, le Centre National du Livre (CNL) a publié la 5e édition de son étude régulière sur « les jeunes Français et la lecture ». Le déclinisme y fait une nouvelle fois des ravages ; moins d’ailleurs dans les résultats (globalement stables) que dans le discours tenu (qui cible la jeunesse, le numérique, et un peu les parents). Et si on profitait de cette étude biaisée pour une mise à jour de nos représentations collectives et de nos pratiques scolaires ?

« Des bibliothèques à l’épreuve de leurs milieux géographiques : entre adaptation et dépassement » (Bulletin des Bibliothèques de Francedossier thématique, 8 décembre 2025). Parmi les contributions, lire notamment l'article : « La malédiction de la cote 910 : la géographie, belle incomprise de la classification Dewey ».

« Des livres au lien social : les bibliothèques au cœur des transitions sociétales » (Observatoire des pratiques culturelles). On recense aujourd’hui près de 38 000 fonctionnaires territoriaux bibliothécaires en France, à peu près le double si l’on compte le nombre de bénévoles. Les bibliothèques sont les premiers lieux culturels de proximité. Comment la profession, les équipements et cette politique publique s’adaptent-ils aux évolutions des pratiques culturelles et aux transitions sociétales ?

« Loisirs des villes, loisirs des champs : territoires et caractéristiques sociales des personnes influent sur leurs loisirs sportifs et culturels » (Portrait social de la France, INSEE, 2022). Au cours d’une année, les habitants du rural autonome ou sous faible influence d’un pôle d’emploi vont moins à la bibliothèque que ceux de l’urbain dense (21 % contre 32 %), au cinéma (respectivement 53 % et 59 %, contre 68 %) ou au musée (22 % contre 37 %). D’autres loisirs peuvent se pratiquer à domicile, comme regarder la télévision ou écouter la radio : 65 % des habitants du rural autonome écoutent la radio tous les jours ou presque, contre 52 % des habitants de l’urbain dense. Ces écarts de pratique selon les territoires s’expliquent en partie par l’offre disponible mais aussi par les caractéristiques sociodémographiques des habitants.

Lien ajouté le 19 mai 2026

Christine Liefooghe, « Les bibliothèques publiques à l’ère d’Internet », Géographie et cultures, « Situer les pouvoirs en géographie culturelle », 128 | 2026, http://journals.openedition.org/gc/28997

Les bibliothèques publiques, lieux de démocratisation du savoir, doivent se réinventer face à l’offre numérique, aux restrictions budgétaires et aux nouveaux besoins sociaux. Leur rôle dépasse l’accès du public à la lecture : elles deviennent des lieux d’apprentissage numérique, d’inclusion des publics vulnérables et de lutte contre la désinformation. La recherche internationale, en particulier le projet européen LibrarIN, analyse leur évolution vers la co-création de services avec les usagers, malgré les tensions entre nouvelles méthodes de gestion et valeurs démocratiques. Entre ancrage territorial, innovation sociale et enjeux politiques, les bibliothèques cherchent à renforcer le pouvoir d’agir des habitants et à affirmer leur légitimité comme équipement de proximité. Le cas de la France illustre, à plusieurs échelles, les dimensions politiques des bibliothèques, entre pouvoirs institutionnels et pouvoir des individus.

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Atlas et cartes numériques conservés par des bibliothèques

Terres cultivées et évaluation mondiale des émissions de gaz à effet de serre


Source : Pei Yu Cao, Franco Bilotto, Carlos Gonzalez Fischer et al (2026). « Spatially explicit global assessment of cropland greenhouse gas emissions circa 2020 » [Évaluation mondiale spatialement explicite des émissions de gaz à effet de serre des terres cultivées vers 2020]. Nature Climate Change, https://www.nature.com/articles/s41558-026-02558-4 (article en open access).

Des chercheurs de l’Université Cornell publient dans la revue Nature Climate Change une carte très précise des émissions agricoles mondiales. Ils cartographient en 2020 les émissions de GES des cultures à 10 km de résolution pour cibler les points de fortes ou faibles émissions. Les terres cultivées occupent 12% des surfaces mondiales, soit 1 570 Mha, et génèrent 25% des émissions du secteur agricole et usages des terres. En 2020, elles émettent 2,5 GtCO2e par an. Les auteurs intègrent dans leurs calculs les engrais azotés, le fumier, les résidus, les brûlis, les rizières et tourbières drainées. Entre 2000 et 2020, l’usage d’azote passe de 81 à 111 TgN. Les rizières s’étendent de 154 à 165 Mha. Les tourbières cultivées atteignent 17 Mha. Quatre cultures concentrent 67% des émissions : riz, maïs, palmier à huile et blé. Le riz représente 43% à lui seul. Les principales sources sont les tourbières drainées (35%), les rizières inondées (35%) et les engrais synthétiques (23%). Les intensités moyennes atteignent 2 MgCO2e par hectare. Les plus fortes se situent en Asie et en Europe, où la productivité calorique est élevée. Les régions qui produisent beaucoup émettent aussi beaucoup. Un lien spatial apparaît entre rendement et émissions. Les chercheurs comparent émissions par surface et par calorie produite. Ils révèlent des arbitrages géographiques entre efficacité productive et potentiel de réduction. Cibler une région sans considérer sa production peut être socialement et économiquement injuste. Les cartes à 5 minutes d’arc (environ 10 km à l'Equateur) permettent une analyse infranationale. Elles identifient des marges d’action locales. Réhumidifier les tourbières, modifier la gestion de l’eau du riz ou optimiser les engrais sont des leviers différenciés selon les contextes. Cette base harmonisée crée un cadre mondial pour planifier la réduction des émissions agricoles. Elle relie systèmes de culture, productivité et climat, et hiérarchise les priorités là où les fonds sont rares et les impacts potentiellement élevés. 

Toutes les données utilisées dans cette étude sont répertoriées et mises à disposition avec les figures. Les données mondiales sur la gestion des cultures et les estimations d'émissions de GES correspondantes sont disponibles sur Figshare. Les données sources sont fournies dans l'article.

 Répartition mondiale de l'intensité surfacique des émissions des terres cultivées, de l'intensité calorique des terres et de l'intensité calorique des émissions (source : Cao, Bilotto, Fischer et al, 2026)


Lien ajouté le 24 mai 2026

« Le riz nourrit des milliards de personnes, mais son rôle dans l'aggravation du changement climatique est croissant » (The Conversation).

Une équipe de chercheurs montre que si le riz nourrit plus de la moitié de l’humanité, les rizières inondées, de l’Asie du Sud-Est à l’Inde et la Chine, libèrent aussi des GES dans les sols pauvres en oxygène. Leur étude montre une hausse nette depuis les années 1960. Les émissions des rizières ont presque doublé et atteignent en moyenne 1,1 Md t CO2e par an dans les années 2010, soit l’équivalent annuel de 239 millions de voitures. Le riz devient un grand poste agricole. La hausse vient d’abord de l’expansion des surfaces. En Afrique, les terres rizicoles ont environ doublé depuis les années 1960, entraînant une progression comparable du méthane régional. La demande alimentaire transforme donc les paysages humides en sources climatiques. L’intensification pèse aussi. Variétés plus productives, plants plus serrés, engrais et résidus organiques augmentent les rendements, mais aussi les émissions. Le retour des tiges de riz au sol explique à lui seul 18% de la hausse nette depuis les années 1960. Les engrais azotés ajoutent un autre problème. Leur usage synthétique a augmenté de 76% après 2000, nourrissant les émissions de protoxyde d’azote. Ce gaz explique environ 9% de la hausse globale nette, tout en aggravant parfois la pollution de l’eau. Les chercheurs croisent trois méthodes, un modèle d’écosystème, une IA pour combler les zones peu mesurées et une méta-analyse de plus de 1.200 sites d’essais. Cela permet de suivre méthane, protoxyde d’azote et carbone des sols entre 1961 et 2020. Les solutions existent, mais elles doivent être situées. Assécher périodiquement les champs réduit le méthane, au risque d’un peu plus de protoxyde d’azote. Moins d’engrais, moins de résidus, du biochar ou moins de labour peuvent aider, sans recette valable partout. Même avec les meilleures pratiques connues, les émissions mondiales du riz ne baisseraient que d’environ 10% d’ici le milieu du siècle. Nourrir des milliards tout en refroidissant le climat demande donc d’autres innovations régionales. 

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Cartes et données sur l'évolution des terres cultivées dans le monde (2000-2024)

Estimation du PIB agricole à l'échelle mondiale sur une trame de 10x10km²

Climate Trace, une plateforme pour visualiser et télécharger des données sur les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Attribution systématique des vagues de chaleur aux émissions des grandes compagnies de carbone

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Quand la lutte contre les émissions de CO₂ passe par la dénonciation des entreprises les plus concernées

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Un atlas sémantique de Manhattan ou l'espace urbain vu par l'IA (Searchable City)


Searchable City propose une exploration visuelle de Manhattan (New York) à travers des images Street View prises au niveau des rues. Le site permet de découvrir des objets urbains, des styles architecturaux et des textures urbaines grâce à une recherche sémantique basée sur l'IA. Il s'agit du premier atlas sémantique à vocabulaire ouvert de la ville de New York. L'auteur, Sean Hardesty Lewis, a traité des centaines de milliers d'images des rues de Manhattan à l'aide d'un modèle de langage visuel (VLM). Au lieu de demander des coordonnées au modèle, il lui a demandé de décrire ce qu'il voyait.

Le premier atlas sémantique à vocabulaire ouvert de la ville de New York

Les cartes sont aveugles

Les cartes traditionnelles représentent la ville comme un simple plan. Elles indiquent les rues, les îlots et les limites des propriétés. Or, une ville se définit par ses différentes strates, et pas seulement par son agencement. En appliquant la vision par ordinateur à l'imagerie au niveau de la rue, l'objectif est de décoder efficacement les systèmes invisibles qui font fonctionner New York. La ville n'est pas qu'un simple quadrillage d'adresses. C'est un flux dense et complexe d'informations visuelles, et pour la première fois, nous avons la puissance de traitement nécessaire pour le lire. 

En transformant le bruit visuel de la rue en données structurées, on peut suivre des phénomènes auparavant impossibles à quantifier. On peut percevoir la densité culturelle, les vecteurs de la gentrification et l'empreinte physique de l'économie. On passe d'une cartographie des lieux à une cartographie du sens. Cependant, cette approche présente des limites intrinsèques. Elle est soumise aux mêmes lois physiques que l'œil humain. Une borne d'incendie peut disparaître derrière un camion de livraison stationné en double file. L'entrée d'un sous-sol peut se fondre dans l'obscurité. Une rampe d'accès pour piéton peut être présente, et pourtant invisible, si le cadre la capture sous un mauvais angle.

L'infrastructure de la vie quotidienne et ses angles morts

Il y a les angles morts structurels : ce que la caméra ne voit jamais. Les cours intérieures. Les halls d’entrée. Les toits. La ville privée derrière le mur de la rue. Street View n’est pas « la ville ». C’est un passage précis, depuis une hauteur précise, un jour précis, le long d’itinéraires qu’une plateforme a choisi de parcourir et de mettre à jour. Contrairement aux données de terrain fournies par la ville, un index visuel est influencé par son point de vue. Il ne voit que ce que voit la voiture de surveillance de Google Street View : ni plus, ni moins. Ces cartes sous forme de heatmaps représentent des probabilités, non des faits absolus. L'absence d'une étiquette ne signifie pas qu'un objet est manquant. En réalité, les zones vides sur la carte révèlent souvent davantage les limites de la collecte de données que la ville elle-même.

La ville vue par l'IA

Imaginez une ville où vous pouvez faire des recherches avec Ctrl+F. L'auteur propose plus de 3 000 étiquettes descriptives. Il ne s'agit pas d'une liste d'adresses : c'est une surface vivante que l'on peut interroger. Recherchez par exemple : « échafaudage », « ombre », « risque d'inondation », « magasin fermé », « marches où les gens s'assoient ». On se dirige vers une réalité continue et consultable. Avec la multiplication des caméras et la réduction des cycles de rafraîchissement, la carte cesse d'être un document figé et devient une question que l'on peut poser à tout moment. L'interface est simple – une barre de recherche – mais le résultat est inédit : une ville organisée par le sens plutôt que par les coordonnées. Voilà ce que permet la cartographie sémantique à vocabulaire ouvert. Non seulement la navigation, mais aussi la perception à grande échelle : la capacité de voir comment la ville change comme si l’on se trouvait à chaque coin de rue simultanément.

Avec le mot-clé "Chinese", l'application parvient à délimiter Chinatown sans connaître le moindre code postal (Searchable City)


En cliquant sur la heatmap, on accède à chaque image StreetView au niveau de la rue, ici par exemple les rues avec des graffitis (Searchable City)


L'auteur du site

L'auteur, Sean Hardesty Lewis, est étudiant en master au sein du pôle technologique urbain de Cornell Tech. Il développe des modèles du monde qui relient la perception à la planification, permettant ainsi un raisonnement hypothétique et une prise de décision fiable pour les systèmes autonomes et les décideurs humains. Ses travaux font progresser la planification basée sur des modèles, la simulation générative et l'aide à la décision tenant compte de l'incertitude. L'objectif est de développer des méthodes transposables à des environnements riches en capteurs et simulés, tels que les villes, les infrastructures, les environnements numériques et les tâches multi-agents. L'auteur souhaite pouvoir mettre à disposition des outils, des jeux de données et des évaluations afin d'accélérer leur adoption et leur reproductibilité.
Pour compléter

Un ingénieur de Google Andy Coenen présente une carte 3D artistique de New York. La carte a a générée à partir des vues orthographiques de New York de Google Maps. L'auteur a affiné un modèle Qwen/Image-Edit pour transformer ces vues en illustrations faon SimCity, puis a répété le processus pour des milliers de tuiles afin de créer une immense carte axonométrique de la ville. Les outils d'IA Gemini 3 et Claude Opus 4.5 ont été utilisés pour conduire les différentes étapes du projet. Cette esthétique vidéoludique met en valeur la puissance des outils numériques pour représenter un territoire métropolitain complexe. La modélisation restitue avec précision le bâti et les volumes urbains. Gratte-ciel, quartiers résidentiels, parcs et infrastructures sont lisibles. Mais la ville apparaît vidée de ses usages. Peu de voitures, aucun déchet, pas de foule. L’espace urbain est réduit à sa seule forme matérielle. Explorez la carte : https://cannoneyed.com/isometric-nyc/. Suite à la tempête de neige historique qui a enseveli New York sous une couche de neige record en février 2026, l'auteur a décidé de publier une mise à jour de New York sous la neige

New York en vue isométrique façon SimCity (source : cannoneyed.com)


« Here Grows New York » (Ici grandit New York) est un court métrage de Myles Zhang qui illustre le développement des  infrastructures et du réseau routier de New York de 1609 à nos jours. Ce film d'animation de neuf minutes s'appuie sur des cartes historiques géoréférencées pour retracer la croissance des cinq arrondissements, depuis la colonie néerlandaise de La Nouvelle-Amsterdam jusqu'à l'ère moderne, en passant par la révolution industrielle. Il est important de noter que le film ne représente qu'une partie du projet. Une carte interactive l'accompagne également. Elle permet de parcourir le temps et d'observer l'évolution du réseau routier et de l'environnement de la ville de 1609 à nos jours. Elle offre une série d'instantanés cartographiques de  New York et transforme les données en une carte historique interactive, permettant ainsi aux utilisateurs de remonter le temps et d'observer les cycles d'expansion qui caractérisent non seulement New York, mais aussi de nombreuses autres villes américaines. Si vous souhaitez explorer New York avant l'arrivée des Néerlandais, consultez la carte de Manhattan du projet Welikia, qui permet de visualiser la région avant la colonisation européenne. En explorant la ville coloniale néerlandaise de La Nouvelle-Amsterdam en 1660 (créée par le Centre d'histoire de Nouvelle-Amsterdam), vous pourrez découvrir ses maisons, ses fermes, ses tavernes, ses ateliers et ses remparts. La maquette est basée sur le plan Castello de 1660 de Jacques Cortelyou.

« Calling 311 in New York City » (Appeler le 311 à New York).
Le site propose une visualisation interactive des plaintes déposées auprès du service téléphonique 311 de la ville de New York entre 2022 et 2025. Comment le bruit, les infractions de stationnement, les pannes de chauffage, l'activité des rongeurs et les dépôts illégaux sont répartis dans les quartiers de New York, et comment chaque catégorie a évolué d'année en année.

Articles connexes


Adoption de l'IA générative à l'échelle mondiale : une fracture numérique qui se creuse


Source
: Global AI Adoption in 2025—A Widening Digital Divide [Adoption mondiale de l'IA en 2025 : une fracture numérique qui se creuse], Microsoft AI Economy Institute, 8 janvier 2026.

Aucun indicateur n'est parfait et celui-ci ne fait pas exception. Le Microsoft AI Economy Institute publie une étude sur la part d'utilisateurs de l'intelligence artificielle générative par pays. Le rapport s'appuie sur un indicateur transnational croisant la part d'utilisateurs Microsoft utilisant l'IA générative, la part de la population possédant un ordinateur de bureau ainsi que celle l'utilisant en situation de mobilité. Malgré les progrès réalisés en matière d'adoption de l'IA, les données révèlent un fossé grandissant : l'adoption dans les pays du Nord a progressé presque deux fois plus vite que dans les pays du Sud. De ce fait, 24,7 % de la population en âge de travailler dans les pays du Nord utilise désormais l'IA, contre seulement 14,1 % dans les pays du Sud. Lorsqu'on examine les économies qui connaissent les progressions les plus rapides, le déséquilibre apparaît encore plus clairement. Parmi les dix pays où la part de l'adoption de l'IA a le plus augmenté, tous ont des économies à revenu élevé. La Corée du Sud et les Émirats arabes unis se distinguent particulièrement, avec des taux de croissance supérieurs à quatre points de pourcentage. Pris dans leur ensemble, les données révèlent un monde qui adopte l'IA à une vitesse remarquable, tandis que le fossé entre les régions les plus avancées et les plus en retard se creuse.

Diffusion de l'IA générative par pays, 2e semestre 2025 (crédit : © Microsoft)

Un autre phénomène parallèle, qui a redessiné le paysage mondial en 2025, a été l'essor fulgurant de DeepSeek, une plateforme d'IA open source qui a conquis des marchés longtemps négligés par les fournisseurs traditionnels. En publiant son modèle sous licence open source MIT et en proposant un chatbot entièrement gratuit, DeepSeek a levé les barrières financières et techniques qui limitaient l'accès à l'IA avancée. Sans surprise, son adoption la plus forte s'est faite en Chine, en Russie, en Iran, à Cuba et en Biélorussie. Mais la popularité grandissante de DeepSeek en Afrique est peut-être encore plus remarquable, grâce à une promotion stratégique et à des partenariats avec des entreprises comme Huawei.

Part de marché estimée de Deepseek par pays (crédit : © Microsoft)

Article scientifique

A. Misra, J. Wang, S. McCullers, K. White et J.L. Ferres, Measuring AI Diffusion : A Population-Normalized Metric for Tracking Global AI Usage [Mesurer la diffusion de l’IA : une métrique normalisée par la population pour le suivi de l’utilisation mondiale de l’IA], 4 novembre 2025, arXiv, https://arxiv.org/abs/2511.02781

Résumé

Mesurer la diffusion mondiale de l'IA reste complexe en raison du manque de données d'utilisation rapportées à la population et couvrant l'ensemble des pays. Les auteurs présentent la part d'utilisateurs d'IA, un indicateur novateur qui estime la part de la population active de chaque pays utilisant activement des outils d'IA. Construite à partir de données télémétriques anonymisées de Microsoft et ajustée en fonction de l'accès aux appareils et de la part d'utilisation mobile, cette mesure couvre 147 économies et offre une vision cohérente et en temps réel de la diffusion mondiale de l'IA. Ils constatent une forte variation de l'adoption, avec une corrélation marquée entre la part d'utilisateurs d'IA et le PIB. L'adoption est particulièrement forte dans les économies développées, mais l'utilisation parmi les populations connectées à Internet dans les pays à faible revenu révèle une demande latente importante. Les chercheurs observent également de fortes augmentations de l'utilisation suite aux lancements de produits majeurs, tels que DeepSeek début 2025. Bien que la dépendance de cet indicateur aux seules données télémétriques de Microsoft puisse introduire des biais liés à cette base d'utilisateurs, il offre une nouvelle perspective essentielle sur la diffusion mondiale de l'IA. La part d'utilisateurs d'IA permet un étalonnage opportun, susceptible d'éclairer les politiques d'IA fondées sur les données (fournies à la fin de l'article).

Pour compléter 

« Les États-Unis et la Chine sont en retard sur l’Europe en matière d’adoption de l’IA » (Le Grand Continent).

Selon le rapport de Microsoft, publié le 8 janvier 2026, l’Europe devance les États-Unis et la Chine en matière d’utilisation de l’intelligence artificielle générative. En France, en Espagne et en Irlande, plus de 40% de la population y a déjà eu recours au cours du deuxième semestre 2025, contre moins de 30% aux États-Unis et 16% en Chine. Malgré des investissements considérables dans les infrastructures de l’intelligence artificielle par les États-Unis et la Chine - centres de données, nouvelles capacités de production d’électricité, laboratoires de recherche -, c’est en Europe que l’IA générative est la plus utilisée. Avant la publication du rapport de Microsoft, les chiffres du Bureau du recensement américain suggéraient que la demande pour les produits d’IA pourrait avoir atteint un plateau aux États-Unis, notamment dans les grandes entreprises de plus de 250 salariés. La Russie, avec un taux d’adoption de seulement 8 %, est quant à elle en retard par rapport aux grandes puissances mais également aux pays dont la population présente un niveau de vie similaire, comme la Pologne (28,5 %) ou la Hongrie (30 %).

« Les connexions internet et l’accès au haut débit dans le monde » par Jean-Christophe Fichet (Cartolycée).

La carte établie à partir des données de Microsoft peut être rapprochée de celle de l'Internet haut débit proposée par Jean-Christophe Fichet sur le site Cartolycée. Ce qui est en soi assez logique car ce sont les pays bénéficiant de hauts débits Internet qui sont plus à même d'utiliser des outils d'IA. Pour la Chine caractérisée par un fort niveau d'accès Internet, il se peut qu'il y ait un biais lié au fait que les données viennent de Microsoft et que l'IA utilisée en Chine concerne plutôt des opérateurs chinois.


Lien ajouté le 25 janvier 2026

« ChatGPT s'avère refléter et intensifier les inégalités sociales mondiales existantes » (Phys.org).

L’Université d'Oxford publie une recherche sur la manière dont ChatGPT classe, compare et qualifie les territoires. L’IA hiérarchise les lieux en reproduisant et en accentuant les inégalités sociales et territoriales à l’échelle mondiale. À partir de plus de 20 millions de requêtes, les chercheurs observent que ChatGPT valorise systématiquement les régions riches. États-Unis, Europe de l’Ouest et Asie orientale sont souvent jugés plus sûrs, intelligents ou innovants que l’Afrique ou l’Amérique latine. Ces biais apparaissent autant dans des questions subjectives que dans des comparaisons présentées comme objectives. Les cartes produites placent la majorité des pays à bas revenus en bas des classements, révélant une hiérarchie spatiale très marquée. À l’échelle urbaine, les résultats suivent les fractures sociales existantes. À Londres, New York ou Rio, les quartiers favorisés sont mieux classés que les quartiers populaires, ce qui reflète des divisions socio-raciales déjà bien connues. Les auteurs expliquent ces biais par la structure même des données. Les modèles apprennent à partir d’informations inégalement produites, surtout en anglais, favorisant les territoires très  L’étude alerte sur les usages croissants de l’IA dans les politiques publiques et l’éducation. Présentées comme neutres, ces réponses peuvent renforcer les inégalités spatiales existantes si elles ne sont pas analysées de façon critique. 

Article scientifique :
Francisco W. Kerche et al., « The Silicon Gaze : A typology of biases and inequality in LLMs through the lens of place » [Le regard du silicium : une typologie des biais et des inégalités dans les LLM à travers le prisme du lieu], Platforms and Society (2026). DOI : 10.1177/2976862425140891 http://journals.sagepub.com/doi/10.1177/29768624251408919


Articles connexes

Géographie des datacenters dans le monde

Les investissements de la Chine dans les secteurs de l'Intelligence artificielle et de la surveillance