Infoclimat est une association fondée par des passionnés de météorologie. En plus d’accumuler une montagne de données, elle a pour objectif la mise en commun des informations, l’installation de stations météo supplémentaires, la vulgarisation scientifique et les échanges entre les différents acteurs de la météo. En mai 2026, elle a lancé, en partenariat avec Data for good, DataClimat, un portail citoyen destiné à « rendre le changement climatique visible, compréhensible et vérifiable par tous ».
1) Infoclimat.fr, un site très pédagogique
Fondée en 2002 par des passionnés de météorologie, Infoclimat est aujourd'hui l'un des plus grands réseaux météorologiques amateurs de France. L'association fédère plusieurs milliers de stations météo bénévoles réparties sur l'ensemble du territoire, des plaines aux sommets alpins, en passant par les territoires ultramarins. Grâce à cet engagement bénévole, Infoclimat collecte, contrôle et diffuse en open data des observations météorologiques continues, constituant une base de données d'une richesse exceptionnelle.nAu-delà du réseau de mesure, l'association porte des valeurs fortes : partage de la connaissance, accessibilité des données scientifiques et indépendance vis-à-vis des intérêts commerciaux. Rejoindre l'association, c'est contribuer à la pérennité de cette mission d'intérêt général.
Infoclimat fournit des données de prévisions météorologiques issues de MétéoFrance, mais aussi des données et bilans climatiques à l'échelle nationale et à l'échelle régionale. Une rubrique spéciale "Météo à l'Ecole" propose des mises au point scientifiques et pédagogiques avec des ressources proposées par niveau de classe. On y trouve des fonctions simples comme l’envoi d’observations et de photos, des forums de discussions, des analyses des conditions météo et autres. Mais le site propose également des outils beaucoup plus techniques à l’attention des personnes en ayant besoin et sachant les exploiter. Le tout forme un parfait exemple, selon l’association, de science participative.
Données de température sur Infoclimat en mai 2026 (crédit : Infoclimat.fr)
Infoclimat collecte des données issues d’environ 1 100 stations installées par des passionnés sur tout le territoire, regroupées dans le réseau StatIC (STATions InfoClimat). Températures, précipitations et vent sont mesurés. Les données sont ensuite envoyées sur les serveurs de l’association toutes les 10, 15 ou 30 minutes selon le matériel. Infoclimat lutte pour l’ouverture des données météorologiques (ce que MétéoFrance commence seulement à faire).
Créée en 2014, Data For Good à pour but de « bâtir un contre-pouvoir tech citoyen ». L'association qui mobilise plus de 8000 bénévoles avec des compétences liées à l'analyse de données — data scientists, ingénieurs, designers, développeurs — pour les mettre au service de projets d'intérêt général portés par des associations, ONG ou organismes publics. Les projets Data For Good réunissent des dizaines de bénévoles autour de causes variées - santé, environnement, éducation, solidarité ... - dans le but de créer et livrer un outil, un plaidoyer ou un site web à l'association afin qu'elle puisse l'utiliser et le faire évoluer si besoin. Data For Good croit que la technologie et les données peuvent être des leviers puissants pour le bien commun, tout en luttant contre une vision hégémonique de la Tech : DataClimat est l'un des projets nés de cette conviction.
2) Dataclimat.fr, le nouvel outil de datavisualisation d'Infoclimat
En mai 2026, l’association Infoclimat, en partenariat avec Data for good, a lancé DataClimat, un portail inédit qui risque de faire bouger les lignes de l’accessibilité aux données climatiques en France. DataClimat propose trois rubriques (indicateur thermique national, écart aux normales, records), exportables en différents formats (png, csv et html), afin d'être repris par les médias et sur les réseaux sociaux. L’objectif est clair : rendre le changement climatique visible, compréhensible et vérifiable par tous. En mettant à disposition des données fiables et faciles à explorer, le but est de donner aux citoyens, aux décideurs et aux journalistes des outils concrets et gratuits pour répondre aux discours climatosceptiques qui circulent sur internet et jusque dans le débat politique.
Les records de température correspondent aux valeurs extrêmes — maximales ou minimales — mesurées depuis la création d'une station disposant d'au moins 50 ans de données.
Tableau de bord national avec températures et anomalies (source : DataClimat.fr)
L'écart de température à la normale est défini comme la différence de la température moyenne sur une période donnée et la température moyenne de référence calculée sur la période 1991–2020 pour une durée équivalente
Ecart à la normale en France métropolitaine depuis 1980 (crédits : Infoclimat, DataforGood)
Présentation du site DataClimat par Serge Zaka (Youtube)
Les données sont issues de mesures open source de Météo-France.
Informations sur les normales climatiques : https://donneespubliques.meteofrance.fr/client/document/normales-methode_299.pdf https://meteofrance.com/, https://fr.wikipedia.org/wiki/Normale_climatique
Classe des stations :
https://www.data.gouv.fr/datasets/fiches-dinformations-sur-les-stations
66 vagues de chaleur observées en France entre 1900 et 2026 (source : @sergezaka.bsky.social)
Pour compléter
« Dôme de chaleur, épisode de chaleur : huit départements placés en vigilance orange canicule par Météo-France à partir du 26 mai 2026 » (Libération). Au total, 28 départements sont concernés par la vigilance, orange comme jaune.
Lorsque le phénomène "Canicule" a intégré la vigilance de Météo-France en 2004, elle avait été pensée pour une période de "veille saisonnière" du 1er juin au 31 août, depuis allongée au 15 septembre. Une alerte orange Canicule est déclenchée pour la première fois au mois de mai en France. Les climatologues ont montré que les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, causé principalement par la combustion des énergies fossiles. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s’allonger et s’intensifier.
« Vague de chaleur : c’est historique, la France n’a jamais connu un jour de mai aussi chaud » (Le Parisien). Jour de mai le plus chaud à l'échelle du pays, des centaines de records mensuels battus (parfois très largement)... Et l'épisode va continuer, des modèles envisagent des températures totalement dingues pour un mois de mai. La France n’est pas isolée en Europe de l’Ouest. Le dôme de chaleur qui la recouvre touche aussi certains pays voisins, comme l’Angleterre. Les écarts aux « normales » de saison vont devenir gigantesques, jusqu’à + 17 °C en Bretagne mercredi. À nouveau, une palanquée de records mensuels - parfois ceux atteints ce lundi - devrait « tomber », surtout sur la moitié ouest du pays.
« Un record de plus de 70 ans déjà battu : pourquoi Rennes connaît une vague de chaleur inédite » (Ouest-France). Le 23 mai 2026, la ville bat le record de mai de 1953 avec 31,1°C. La Bretagne glisse vers un climat plus chaud, en plein printemps. Ce week-end ou dans les jours à venir, les températures pourraient dépasser les 31-32 degrés à Rennes (Ille-et-Vilaine). Une première pour un mois de mai.
Vincent Dubreuil, géographe climatologue à l’Université Rennes 2, décrypte les enjeux d'une vague de chaleur précoce à Rennes. Il rappelle que Rennes pourrait dépasser 31-32°C fin mai, une situation jamais observée à cette période. La chaleur arrive plus tôt dans l’année, dure davantage et s’intensifie. Le changement climatique modifie déjà le calendrier des extrêmes, jusqu’en Bretagne. Rennes a gagné un peu moins de 2°C depuis deux siècles. Pour Vincent Dubreuil, son climat actuel ressemble à celui de Bordeaux il y a 50 ans. Certaines années, comme 2022, avec plus de 40°C, la ville connaît déjà des traits du climat toulousain dans l’Ouest français. Les projections donnent une mesure concrète du basculement. À la fin du siècle, Rennes pourrait approcher la température moyenne du centre du Portugal. La moyenne annuelle passerait de 11 à 15°C, et les 45°C pourraient être dépassés vers le milieu du siècle, loin du Midi. La chaleur est plus dure à vivre en ville. Les bâtiments et les matériaux stockent l’énergie le jour, puis la restituent la nuit. Cet îlot de chaleur urbain transforme Rennes en île chaude, quand la campagne voisine reste un peu plus fraîche et respirable, surtout la nuit. Les nuits tropicales, au-dessus de 20°C, empêchent le corps de récupérer. Rennes en connaît 4 à 6 par an, avec un record de 12 en 2023, alors qu’elles n’existaient pas il y a 50 ans. La chaleur devient un risque sanitaire nocturne, pas seulement diurne.
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