Regioviz, un outil de géovisualisation pour situer les régions françaises en Europe


Source : M. Viry, R. Ysebaert et M. Guérois, « Regioviz, un outil de géovisualisation pour situer les régions françaises en Europe », Mappemonde, 133 | 2022.

Regioviz est un outil de visualisation interactive qui permet aux acteurs publics territoriaux de situer le profil démographique et socio-économique des régions françaises par rapport à leurs homologues européennes. Après avoir montré comment Regioviz s’inscrit dans le champ des outils de géovisualisation conçus pour faciliter les comparaisons territoriales, cet article en présente les principales fonctions, en insistant sur l’adaptation de l’application à des utilisateurs qui ne sont pas, a priori, familiers des représentations multivariées de l’information géographique.

En s’appuyant sur les besoins exprimés par les acteurs territoriaux, le choix de développer un outil ad hoc, tel que Regioviz, permet d’orienter la navigation à l’aide de questions simples pour l’observation (« quelle est la position de ma région ? quelles sont les régions qui lui ressemblent le plus et selon quels critères ? ») et de minimiser le temps de formation. L’originalité de Regioviz ne réside donc pas tant dans la conception de méthodes de visualisation et d’interactivité innovantes que dans la démarche d’articulation de ces fonctions d’analyse au sein d’une même interface, répondant, a priori, aux besoins des utilisateurs.

L'application Regioviz a été conçue par l’équipe de l'UMS RIATE pour l’Observatoire des territoires de l’ANCT (Agence Nationale pour la Cohésion des Territoires, ex-CGET). Dans le prolongement des travaux consacrés aux effets des nouveaux découpages territoriaux sur la position relative des régions en France et en Europe, il s’agissait de concevoir un outil pédagogique et adapté à une démarche plus exploratoire et interactive des comparaisons régionales. Les trois maillages territoriaux disponibles dans Regioviz sont NUTS1, NUTS2 et Maille Infra Nationale de Décision (MIND). La MIND est une création du projet et combine les niveaux 1 et 2 de la nomenclature territoriale NUTS pour proposer un maillage territorial comparable d'un point de vue statistique et pertinent du point de vue de la prise de décision politique. 

L'article aborde également trois autres applications de géovisualisation pour comparer les régions et les villes européennes :

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La carte, objet éminemment politique : vers une lecture géopolitique de l'Eurovision


L'Eurovision de la chanson est un concours organisé depuis 1956 par l'Union européenne de radio-télévision. Retransmis à la télévision, la radio et sur Internet, ce concours peut être regardé comme un grand show de divertissement réunissant de nombreux pays européens (même au-delà de l'Europe). Les controverses politiques sont de plus en plus nombreuses du fait de son fonctionnement. Chaque pays est invité, par jury national et par télévote, à distribuer un nombre de points aux pays dont il a préféré les chansons. Ce système est de nature à favoriser la proximité géographique ou au contraire à traduire des inimitiés. Il peut donc être intéressant d'en proposer une grille de lecture géopolitique.

Pour commencer, voici une petite présentation des enjeux géopolitiques par Jules Grandin pour l'émission Le Cartographe (« Qui vote pour qui à l'Eurovision ? » TMC, 12 mai 2022).

La dimension partisane de l'Eurovision est devenue encore plus flagrante depuis 2014 où les tensions géopolitiques entre la Russie et l'Ukraine ont des conséquences sur le déroulement du concours. En 2016, la victoire de la représentante ukrainienne Jamala suscite une importante controverse sur Internet pour sa chanson 1944, évoquant la déportation des tatars de Crimée par les autorités soviétiques durant la Seconde Guerre mondiale. Certains qualifient cette victoire de trop « politique », accusant même la chanteuse de diffuser de la « propagande anti-russe ». Il y a notamment des appels au boycott de l'édition 2017 du concours et une pétition a été créée dans le but de recommencer le décompte des points. 

Lors du concours 2022, dans le contexte d'invasion de l'Ukraine par la Russie, l'Ukraine l'emporte massivement par le télévote alors qu'elle n'est classée que 4e par le jury (voir le détail des votes par pays sur le site d'Eurovision ainsi que la carte par pays). Cette victoire est qualifiée par plusieurs médias de symbolique. Le journal Libération résume les résultats de cette 66e édition en ces termes : « Tout le monde s’attendait à ce que l’Ukraine gagne l’Eurovision, l’Ukraine devait gagner l’Eurovision, l’Ukraine a gagné l’Eurovision. » (Libération, Eurovision 2022 : victoire de l’Ukraine, amour total, vide sidéral, 15 mai 2022).

L'Eurovision, le concours de musique live le plus important et peut-être le plus excentrique au monde, est surtout connu pour ses performances exagérées et son potentiel de création de stars. Mais en tant que vitrine destinée à promouvoir l'unité européenne et les échanges culturels, il n'a jamais vraiment été séparé de la politique, bien que les règles du concours interdisent normalement aux candidats de faire des déclarations politiques lors de l'événement. En 2022, le groupe Kalush Orchestra of Ukraine a été nommé vainqueur, poussé au sommet par le vote du public. Le groupe a remporté la victoire avec une interprétation d'une chanson conçue comme un hymne en hommage à l'Ukraine en tant que patrie. Quelques heures après avoir remporté le concours de l'Eurovision, le groupe ukrainien a également mis en ligne un clip pour sa chanson lauréate nommée Stefania. Cette vidéo fait aussi écho à l'invasion russe en Ukraine.

Afin de montrer à quel point l'Eurovision est désormais basé sur les scores de popularité, Maarten Lambrechts à chercher à comparer lors du Concours 2019 ce que seraient les résultats si on utilisait les recherches effectuées sur le moteur de Google. Il montre, à partir des données Google Trends, que l'on peut prédire sensiblement les résultats réels à partir de l'activité de recherche sur Internet. Un tableau permet de comparer les recherches par pays avec le système de vote à 12 points et le classement par télévote.

D'un point de vue géopolitique, on peut s'interroger si le concours de L'Eurovision est encore aujourd'hui le marche pied sur le grand escalier de l’Union européenne. Pour Cyrille Bret et Florent Parmentier (« Géopolitique de l’Eurovision : un miroir déformant de l’identité européenne », Diploweb, 23 mai 2017), "le miroir déformant que l’Eurovision tend au continent européen fait apparaître tout à la fois ses forces, ses limites et ses contradictions... Ce qui se joue c’est évidemment la position relative des grands Etats de la construction européenne (à l’exception de la Pologne) et ses rapports avec les autres membres de l’Union européenne qui, issus d’élargissements plus récents, commencent à peser si ce n’est dans le concert des nations du moins dans le concert de l’Union. En somme, l’enjeu est ici moins le déclin des anciens membres de l’Union que la cohésion interne du continent et les résultats des politiques d’élargissement engagées durant les années 2000. En outre, l’Eurovision, parce qu’il propulse sur la scène européenne des artistes, des industries et des pays qui ne sont pas stricto sensu européens (Azerbaïdjan, Israël, etc.) et s’adresse à des publics non-européens (arabes et musulmans notamment) pose la question des rapports de voisinage de l’Union européenne". 

L'étude conduite par le journal El Orden Mundial (14 mai 2022) est intéressante sur le plan géopolitique. Elle propose une carte des blocs de l'Eurovision. Elle met en évidence sur un temps long (1975-2021) les liens politiques ainsi que les affinités culturelles. Les anciens pays du bloc de l'Est et la Yougoslavie ont donné à la Russie 60 % des points qui lui ont été attribués depuis sa première participation en 1994. L'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Biélorussie, l'Ukraine et l'Arménie ont voté pour la Russie plus que pour tout autre pays. Au sein de la carte des blocs de vote de l'Eurovision, il y a aussi des pays qui rompent avec la dynamique du groupe auquel ils appartiennent et qui optent pour des options alternatives. C'est le cas par exemple de la Suède qui vote généralement pour l'Irlande ou l'Allemagne qui diversifie considérablement son vote (malgré le fait qu'elle ait cessé de participer depuis 2013, la Turquie reste son vote principal). De la même manière, il y a des pays qui reçoivent beaucoup plus de votes d'un participant qu'ils n'en reçoivent en retour. Le cas le plus significatif est celui de l'Italie et du Portugal : depuis 1975, Rome a reçu 153 voix de plus qu'elle n'en a donné à Lisbonne. Ce déséquilibre est également présent dans les relations de la Russie avec l'Estonie, la Lettonie et la Biélorussie, ou entre l'Espagne et l'Allemagne - Madrid a donné 116 points de plus à Berlin qu'elle n'en a reçu d'elle - ou la Suisse - elle a reçu 103 points de plus. En voyant le Royaume-Uni en dernière place en 2021, les Britanniques eux-mêmes n'avaient déjà plus guère de doute sur le côté géopolitique de l’Eurovision.

Géopolitique et liens culturels : la carte des blocs de l'Eurovision à l'échelle européenne (El Orden Mundial, 14 mai 2022)


Cette infographie met en évidence les liens culturels sur un temps long (1975-2021), mais ne permet pas de saisir les changements géopolitiques dans la période récente, notamment la solidarité entre pays de l’Est qui s'effrite de plus en plus (voir cette caricature de Charlie Hebdo). D'où l'importance de pouvoir accéder aux données. 


Accès aux données

Pour aller plus loin

  • Jean-François Gleyze, « L’impact du voisinage géographique des pays dans l’attribution des votes au Concours Eurovision de la Chanson », Cybergeo : European Journal of Geography, 2011.
  • Cyrille Bret, Florent Parmentier, « Géopolitique de l’Eurovision : un miroir déformant de l’identité européenne » (Diploweb, 23 mai 2017).        
  • « Geopolítica y lazos culturales : el mapa de los bloques de Eurovisión »  (El Orden Mundial, 14 mai 2022)
  • «  2022 Compasión, vecindad o geopolítica: así se vota en Eurovisión »  (RTVE, 14 mai 2022)
  • « Partisanship at Eurovision is becoming more blatant. Collusion between countries has increased tenfold in 40 years » (The Economist, 11 mai 2018)
  • Maarten Lambrechts, « The Eurosearch Song Contest 2019. What if Google searches were used to award points in the Eurovision Song Contest? And how close is this prediction based on search activity to the real Song Contest’s outcome ? » (Google Trends, 2019)
  • « Eurovision : petits votes entre pays amis  » (Le Parisien, 5 mai 2017). Voir l'infographie.
  • « L'influence de la géopolitique à l'Eurovision expliquée en cartes » (BFM-TV, 10 mai 2018).
  • « Eurovision : sous le kitsch, le strass et les paillettes, le poids de la géopolitique » (Le Monde, 15 mai 2022).
  • « Eurovision 2022 : petite géopolitique de l’Europe post guerre d’Ukraine » (Atlantico, 15 mai 2022).
  • « Aidez l'Ukraine !" : le message politique de Kalush Orchestra à l'Eurovision 2022 ne sera pas sanctionné » (BFM-TV, 10 mai 2018).


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Mesurer la liberté de la presse dans le monde en 2022. Reporters Sans Frontières modifie sa méthodologie


Comparer le degré de liberté dont jouissent les journalistes et les médias dans 180 pays ou territoires : tel est l’objectif du Classement mondial de la liberté de la presse. Cette analyse est basée sur une définition de la liberté de la presse élaborée par Reporters sans frontières (RSF) et son panel d’experts, dans le cadre de la révision méthodologique de 2022 :

“La liberté de la presse est la possibilité effective pour les journalistes, en tant qu’individus et en tant que collectifs, de sélectionner, produire et diffuser des informations dans l’intérêt général, indépendamment des interférences politiques, économiques, légales et sociales, et sans menace pour leur sécurité physique et mentale.”

 


Le score de chaque pays dépend désormais de cinq indicateurs contextuels, qui permettent de comprendre la liberté de la presse sur un territoire dans sa complexité : contexte politique, cadre légal, contexte économique, contexte socioculturel et sécurité. Un sous-score est calculé pour chaque indicateur, entre 0 et 100. Ils ont tous un poids égal au sein du score global. Et au sein de chaque indicateur, toutes les questions et sous-questions ont le même poids.


Ce changement rend les comparaisons avec les années plus délicates. Mais sur l'outil de cartographie en ligne, RSF permet de faire des comparaisons avec la même échelle de couleurs. RSF alerte depuis plusieurs années sur une hausse globale de la désinformation et du "contrôle des médias".

On observe de très graves atteintes à la liberté de la presse dans 28 pays en 2022. L’invasion de l’Ukraine (106e rang) par la Russie (155e) contribue à une guerre de propagande. Hong Kong connaît un recul impressionnant en passant du 80e au 148e rang. La France, qui avait connu un recul relatif, remonte du 34e au 26e rang. La Norvège, le Danemark et  la Suède restent dans le peloton de tête en raison de leur liberté d’expression. Grâce à un changement de gouvernement en Moldavie (40e) et en Bulgarie (91e), ces deux pays se distinguent par l’espoir d’une amélioration de la situation des journalistes, même si les médias y sont encore essentiellement détenus ou contrôlés par des oligarques.

« Dans les sociétés démocratiques, le développement de médias d’opinion sur le modèle de Fox News et la banalisation des circuits de désinformation, amplifiée par le fonctionnement des réseaux sociaux, provoquent un accroissement des clivages. Sur le plan international, l’asymétrie entre, d’une part, les sociétés ouvertes et, d’autre part, les régimes despotiques qui contrôlent leurs médias et leurs plateformes tout en menant des guerres de propagande, affaiblit les démocraties. Aux deux niveaux, cette double polarisation est un facteur d’intensification des tensions. »







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Carte de l'indice de perception de la corruption (Transparency International)

L'indice de perception de la démocratie selon Dalia Research



World Map Generator et Graticule, deux applications pour générer ses propres fonds de carte à partir de projections


Ce billet présente deux applications en ligne très pratiques pour concevoir ses propres fonds de carte à partir de différentes projections cartographiques :

  • World Map Generator permet de générer un fond de carte en centrant sur n'importe point du globe et en jouant sur les différentes projections proposées. 

  • Graticule, développé par l’Atelier de cartographie de Sciences Po, est un outil assez similaire avec quelques fonctionnalités en plus. Mais les deux applications sont complémentaires.

1) World Map Generator, une application destinée à fabriquer sa propre projection

Comme le rappelle l'équipe suisse qui a développé cette application, le but est de pouvoir créer des cartes alternatives du monde. Julia Mia Stirnemann se passionne depuis dix ans pour les cartes et les visions du monde qui leur sont associées. Elle a conçu la première version de l'outil cartographique dans le cadre de sa thèse de doctorat à la Haute École des arts de Berne (HKB) et le développe maintenant avec Rouven Bühlmann, développeur web.

« Les cartes du monde générées par World Map Generator sont plus difficiles à lire que les cartes traditionnelles. Notre vision du monde habituelle est tellement régie par des normes et des conventions que nous avons peine à interpréter des cartes non conventionnelles du monde » explique Julia Mia Stirnemann


Le site World Map Generator a bien évolué avec un grand choix de projections (y compris en double hémisphère). Il permet d'exporter sa projection personnalisée au format SVG. Pour récupérer les différents calques dans un logiciel de dessin vectoriel, il faut un peu de manipulations (voir ce fil Twitter).


Pour rappel, son prédécesseur World Map Creator ne permettait que des exports en PNG. Ce site très pédagogique reste néanmoins pratique pour sa simplicité par rapport à World Map Generator (développé par la même équipe de la Haute École des arts de Berne).




2) Graticule, un outil orienté vers l'extraction de fonds de carte

Graticule est une application en ligne encore plus nettement orientée vers la création de fonds de carte à partir de projections cartographiques. Conçu et développé par l’Atelier de cartographie, cet outil gratuit et open source permet à tout type de public de s’initier à la cartographie et ses concepts (notamment la latitude et la longitude, les parallèles, l'indicateur de Tissot...). Sur le fond de carte, il est possible d'ajouter les frontières, le relief, les lacs et rivières, les villes, etc.

L’interface et les fonctionnalités de l’application ont été pensées pour un public large afin de découvrir et manipuler les projections cartographiques, ajouter des informations géographiques, ou même mobiliser des notions en design graphique (voir la prise en main sur le site Cartolycée). L'échelle s'adapte bien dans Graticule selon trois critères : la projection, le niveau de zoom et la position dans la carte. Mais deux comportement sont possibles.


La création de fonds personnalisés s'effectue en 5 étapes bien identifiées :

  • CADRER : sélectionner une région ou un pays dans une liste ou bien naviguez librement dans la carte
  • PROJETER : trouver une projection cartographique adaptée à son cadrage
  • PERSONNALISER: afficher des informations géographiques et changer le style de votre fond de carte
  • SIMPLIFIER : ajuster le niveau de détail des tracés pour faciliter la lecture de la carte
  • TÉLÉCHARGER : avec différents formats disponibles (PNG, SVG ou PDF).

Khartis (Atelier de cartographie de Sciences Po) et Magrit (UAR2414 RIATE) sont deux applications en ligne destinées plutôt à effectuer des traitements statistiques, mais elles peuvent être utilisées pour exporter des projections cartographiques. 

Voir notre page ressources qui recense d'autres outils permettant de découvrir et manipuler des projections cartographiques.

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Compare Map Projections. Un site pour comparer des projections cartographiques entre elles

The Impossible Map (1947), un court métrage d'animation très pédagogique d'Evelyn Lambart pour montrer pourquoi les projections cartographiques sont trompeuses

Pourquoi les projections icosaédriques ont tendance à nous fasciner 

La nouvelle projection Equal Earth, un bon compromis ?

Des usages de la projection Spilhaus et de notre vision du monde

Utiliser Khartis dans le cadre de la géographie scolaire

Utiliser Magrit dans le cadre de la géographie scolaire

Page de ressources sur les projections cartographiques



L'histoire par les cartes : une série de webconférences diffusées par la Chicago Map Society


La Chicago Map Society est une véritable institution aux Etats-Unis. Elle est la plus ancienne société de cartographie en Amérique du Nord et organise des réunions mensuelles entre ses membres et à destination du public depuis 1976. Elle soutient des projets cartographiques tels que The History of Cartography Project, un vaste projet de recherche et d'édition de l'Université du Wisconsin - Madison. Du fait des contraintes de la pandémie, elle organise des webconférences qui sont désormais mises en ligne sur Internet.



La chaîne Youtube de la Chicago Map Society diffuse une série de webconférences sur la cartographie, son histoire et ses objets de recherche. Ces conférences concernent les cartes et vues anciennes de la ville de Chicago et plus largement l'histoire de la cartographie à l'échelle du monde.

Voici la liste des conférences d'ores et déjà disponibles : 



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Image, le générateur de cartes statistiques d'Eurostat

 

IMAGE (Interactive Map Generator) est un générateur de cartes qui permet de produire des cartes thématiques à l'échelle des pays et régions de l'Union européenne, de l'AELE et des pays candidats à l'UE. Il est destiné à faciliter la création rapide de cartes statistiques pour un usage personnel ou professionnel. Il nécessite de s'inscrire sur le site avant de pouvoir l'utiliser.

La version 4 du module cartographique IMAGE proposé par Eurostat permet de générer des cartes choroplèthes en couleurs, des cartes par trames en N&B ou des cartes par figurés ponctuels proportionnels.


La génération de cartes se déroule en plusieurs étapes bien identifiées :

  • Choix des données (à partir de la base Eurostat ou de données importées)
  • Sélection du type de carte (à partir de modèles pré-établis ou non)
  • Sélection de la palette de couleurs
  • Choix de la méthode de discrétisation 
  • Ajout de textes
  • Ajout d'étiquettes
  • Export de la carte au format  PNG, SVG ou PDF
  • Téléchargement du jeu de données


Le principal intérêt de l'application IMAGE est de pouvoir cartographier directement les données Eurostat disponibles à différentes échelles - européenne, nationale et régionale (NUTS 1, 2 et 3). La Nomenclature des unités territoriales statistiques (NUTS) est un découpage territorial destiné à faciliter les comparaisons entre pays et régions de l'UE. L'histogramme donne accès à la répartition et facilite le choix des seuils. On peut sauvegarder le jeu de données sur lequel on travaille pour l'importer à nouveau dans l'application. Ces mêmes données sont disponibles sur le serveur d'Eurostat qui offre aussi un petit module pour afficher les données au format graphique ou cartographique.


Pour utiliser les données Eurostat dans une autre application (SIG ou autre logiciel de cartographie)

L'application IMAGE ne comprend pas toutes les fonctionnalités d'un logiciel de cartographie statistique ou d'un SIG. On peut utiliser l'application Eurostat.map.js pour développer des cartes en ligne. Sinon il est également possible d'importer les données pour réutilisation dans une autre application. 

Dans le cadre du projet GISCO (Système d'information géographique de la Commission européenne), l'UE fournit des fonds de cartes et des données SIG à différentes échelles et dans différents formats (shp, svg, topojson, geojson).

Les fonds NUTS sont disponibles en téléchargement sur le site de la Commission européenne. La nomenclature NUTS (Nomenclature des unités territoriales statistiques) est un système hiérarchique divisé en 3 niveaux. Le niveau NUTS 1 correspond aux grandes régions socio-économiques (92 régions), le niveau NUTS 2 aux régions de base pour l'application des politiques régionales (242 régions), le niveau NUTS 3 aux sous-régions pour des diagnostics spécifiques (1 166 sous-régions). Le niveau NUTS 0 coïncide généralement avec les frontières nationales. La législation NUTS est périodiquement modifiée, ce qui explique qu'il y a différentes années en téléchargement.

Dans le cadre de l'Audit urbain, Eurostat fournit une base statistique commune pour l'ensemble des aires urbaines à l'échelle européenne. Ces données statistiques sont produites sur deux niveaux géographiques : les Cities (densité supérieure à 1 500 habitants par km2) et les aires urbaines fonctionnelles ou FUA (zone de navettage fixée à au moins 15 % des actifs). L'INSEE met à disposition ces fichiers à l'échelle de la France métropolitaine et des départements d'outre-mer. Ces aires urbaines sont désormais intégrées à la nomenclature des NUTS (au niveau NUTS 3). 


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Plus de 400 000 photographies aériennes mises en ligne par les archives historiques de l'Angleterre


Le site Historic England met en ligne plus de 400 000 photographies aériennes, obliques et verticales, issues de sa très riche collection iconographique (environ 6 millions d'images conservées dans les archives historiques de l'Angleterre).



Ces images aériennes couvrent plus d'un siècle d'histoire, de 1919 à nos jours. Environ 300 000 de ces images proviennent du Service d'étude et de cartographie aérienne fondé en 1967 et dont la mission est de prendre des photographies aériennes de l'Angleterre afin de découvrir de nouveaux sites archéologiques ou de surveiller l'état des sites historiques existants. Les 100 000 images restantes proviennent de photographies prises dans l'entre-deux-guerres et l'après-guerre par Aerofilms Ltd et la Royal Air Force. Ces images permettent d'aborder l'étude des transformations des centres urbains ainsi que celles du paysage rural. 

On accède aux images via une interface cartographique qui permet de choisir un secteur puis de sélectionner parmi les nombreux sites répertoriés. 

Les sites inscrits sur la liste du patrimoine national de l'Angleterre (NHLE) sont disponibles en téléchargement au format SIG.

Les images aériennes concernent aussi bien des vestiges archéologiques que des dommages causés par la Seconde Guerre mondiale, des sites industriels du XXe siècle, des monuments historiques encore visibles ou disparus aujourd'hui.

A découvrir : 100 ans d'images aériennes (1919-2019) à travers l'histoire de l'entreprise Aerofilms LtdNée au lendemain de la Première Guerre mondiale, Aerofilms Ltd était une entreprise commerciale assez exceptionnelle. Mariant la technologie naissante du vol motorisé à la discipline photographique, l'entreprise a pris plus de 760 000 photographies aériennes obliques entre 1919 et 2006. Survolant le pays de long en large, Aerofilms Ltd a tracé le visage changeant du Royaume-Uni.

En complément

La collection de photographies aériennes de l'Université de Cambridge (CUCAP) est le résultat de campagnes d'enquêtes aériennes lancées en 1947 par JK St Joseph. Depuis lors, la collection s'est enrichie de près de 500 000 images obliques et verticales en noir et blanc, en couleur et en infrarouge. La quasi-totalité de la Grande-Bretagne est couverte. Ces images aériennes sont accessibles via un site dédié qui permet d'y accéder par secteurs géographiques ou par thèmes d'étude. 

Pour la France, l'accès aux images aériennes est possible via le site Remonter le temps de l'IGN.

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Frontières et conflits en Afrique du Nord et de l’Ouest

 
Source :  OCDE/CSAO (2022). Frontières et conflits en Afrique du Nord et de l’Ouest, Editions OCDE, Paris.

Cet ouvrage consultable en ligne est publié sous la direction de Marie Trémolières, Olivier J. Walther, Steven M. Radil dans le cadre du Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (CSAO). La publication examine le rôle des régions frontalières dans l'évolution de la violence depuis la fin des années 1990 en Afrique du Nord et de l'Ouest. Grâce à l’indicateur innovant de l'OCDE sur la dynamique spatiale des conflits (SCDi), le rapport explore la relation croissante entre violence politique et régions frontalières : au niveau régional en analysant plus de 170 000 événements violents entre janvier 1997 et juin 2021 et à l’aide d’études de cas au Sahel central et Sahel oriental. Ces dernières années, la violence dans les espaces frontaliers est plus intense en termes de nombre de victimes et plus diffuse géographiquement. 

Ce rapport combine des données quantitatives sur la localisation des événements violents et des victimes, leur cartographie dans le temps et l'espace et une analyse des acteurs en conflit pour répondre à trois questions : 

1) Les zones frontalières sont-elles plus violentes que les autres espaces ? 

2) L'intensité de la violence dans les régions frontalières a-t-elle augmenté dans le temps ? 

3) Certaines zones frontalières sont-elles plus violentes que d'autres ? 

La proéminence et la complexité croissantes des conflits et des groupes violents transnationaux en Afrique du Nord et de l'Ouest appellent à une analyse plus territorialisée pour des options politiques plus adaptées et flexibles.



L'étude est conduite principalement à partir de données de l'ACLED et s'inscrit dans une approche spatiale des conflits. Après avoir interrogé la manière dont les frontières façonnent les conflits (chapitre 1), elle montre les limites d'une approche stato-centrée concernant des conflits le plus souvent transnationaux (chapitre 2). Le chapitre 3 « Cartographier la dynamique fluctuante des conflits » (p 57 et suiv.) est consacrée plus spécifiquement à des questions méthodologiques et propose un algorithme pour délimiter les frontières en fonction des échanges. Les chapitres 4 et 5 s'interrogent sur l'intensification et la dispersion des violences. Bien que la violence ait tendance en général à diminuer en fonction de la distance aux frontières, les régions frontières ne sont pas toujours les épicentres spatiaux des conflits politiques. 


Cliquer ici pour lire directement la publication en ligne.

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Cartes et données sur les conflits et violences dans le monde

L'histoire par les cartes : la France en Amériques, un projet entre la BnF et la LoC

 

Le site La France aux Amériques s'inscrit dans le cadre d'un partenariat  entre la Bibliothèque nationale de France (BnF) et son homologue américain la Bibliothèque du Congrès (LoC). 

Lancé en 2020 pour les collections consacrées à l’Amérique du nord, le projet sera totalement déployé en 2022 avec l’ajout de celles consacrées à la Caraïbe. Manuscrits, imprimés, cartes, dessins et photographies, sélectionnées dans les collections de 19 partenaires, constituent aujourd’hui un corpus de plus de 2 000 documents de toute nature. 




Les Amériques s’y dessinent telles qu’elles sont à travers leur histoire : théâtre d’affrontements entre projets coloniaux rivaux ; terres d’expression, ici en Amérique du Nord, pour un projet politique révolutionnaire marqué du sceau de la liberté mais sans abolition de l’esclavage et une citoyenneté fort incomplète pour les libres de couleur et plus encore pour les autochtones, là, aux Antilles, pour une Révolution haïtienne, dans le sillage de la Révolution française, aboutissant à la première abolition de l’esclavage et à la deuxième indépendance du continent sur fond de restauration de l’esclavage en Guadeloupe et en Guyane ; mais aussi continent synonyme d’exploration de voyage, de partage, avec les figures de Cartier, La Vérendrye, Champlain, Plumier, Jolliet, le père Marquette, Iberville, La Pérouse, Labat, de Wimpffen, où s’exercent les talents des cartographes, des ethnologues, des écrivains, des linguistes, source d’inspiration sans fin pour un imaginaire puissant.

La France aux Amériques entend témoigner d’une communauté de destin et célébrer un héritage multiple et complexe. Le site s'organise autour de 6 rubriques (Peuples autochtones, Savoirs, Politiques, Economies, Sociétés, Cultures). Une entrée est plus spécifiquement dédiée à la Cartographie et permet de découvrir des cartes du Canada et de l'Acadie, la cartographie du fleuve Saint-Laurent, les Pays d'En-Haut, la Louisiane et le fleuve Mississipi. Un bon nombre de cartes géographiques françaises portant sur le territoire nord-américain se trouvent aujourd’hui dans la collection du Service hydrographique de la Marine de la Bibliothèque nationale de France. A partir de 1720, toutes les cartes marines, les plans, les journaux de navigation et les mémoires nautiques doivent y être transférés

Réunissant un ensemble de bibliothèques numériques constituées par la BnF, la collection Patrimoines Partagés a pour objet de témoigner des relations entretenues entre la France et le monde au fil des siècles, et met en lumière cette histoire dans une approche globale. Cette collection s’enrichit régulièrement de nouveaux partenaires et horizons, et témoigne de la profondeur et de la diversité des collections de la BnF. À ce jour, sept bibliothèques sont proposées : Bibliothèques d’Orient, France-Asie du Sud, France-Brésil, France-Chine, France-Pologne, France-Vietnam et La France aux Amériques. S’y ajoute l’exposition virtuelle France-Japon, un projet précurseur de cette collection.

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L'histoire par les cartes : La France aux Amériques ou la naissance des mondes atlantiques (BnF et Bibliothèque du Congrès)



The Green Book, un guide touristique qui donne à voir la géographie des lieux jugés « fréquentables » par des Noirs dans l’Amérique de l’après-guerre



Compare Map Projections. Un site pour comparer des projections cartographiques entre elles


Compare Map Projections propose une galerie importante de projections cartographiques à comparer. Développé par Tobias Jung, le site est facile à utiliser avec des explications et des pistes pour choisir les projections que l'on souhaite mettre en comparaison.


Les projections peuvent être inversées (sud en haut) et téléchargées sous différents formats (avec ou sans relief) et en différentes résolutions.





Une fois que l'on a sélectionné deux projections cartographiques, elles peuvent être superposées pour faire apparaître les différences, comme par exemple ici avec la comparaison des projections Eckert et Mollweide.


Très pédagogique, le site propose même un tableau des projections qui peuvent être intéressantes à comparer, soit par leurs ressemblances soit par leur différences.


Les projections sont basées sur des images raster issues du site naturalearthdata.com et ont été projetées avec différentes applications (Geocart, G.Projector, Flex Projector, MapDesignerRaster, d3-geo-projection). D'autres images ont été téléchargées à partir de Wikimedia Commons. Sauf indication contraire, les images du site sont sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 et ont été générées par Tobias Jung.


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La BD Haie ou couche nationale de référence des haies linéaires en France métropolitaine

 

La BD Haie est le résultat des travaux initiés dans le cadre du dispositif de suivi des bocages (DSB). La première version est le résultat de la fusion de deux sources de données et de leur linéarisation : les haies et bosquets du thème végétation du produit topographique de l’IGN, appelé BD TOPO® et des haies arborées ou non, les arbres alignés et les bosquets issus des surfaces non agricoles du registre parcellaire graphique (RPG).

Le référentiel linéaire des haies a été monté en base et intégré dans la BDTOPO. Les données haies sont disponibles :

L’enquête TERUTI-LUCAS  (UTIlisation du TERritoire/Land Use and Cover Area frame Statistical survey) montre le recul persistant des haies en France (-10% entre 2006 et 2015). L'objectif est de décrire l’occupation du territoire français. Cette enquête est l’unique source d’information annuelle sur l’occupation du territoire. 



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Géopolitique des débats présidentiels de l'entre deux tours depuis 1974

 

Source : Ce que les lieux cités dans les débats de l'entre deux tours disent de nous (TMC, Le Cartographe)

Jules Grandin a  suivi les 2h50 du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen et il en a tiré une carte des lieux évoqués par les candidats. Sans surprise, la France, mentionnée plus de 180 fois, arrive en tête suivie de l’Europe (125 mentions), l’Ukraine (33), la Russie (27), puis l’Allemagne (17), les États-Unis (10) et la Chine (7).


Depuis 1974, on observe une sorte d'internationalisation des débats. Alors qu'il n'y avait que 11 pays ou continents cités lors du débat entre Giscard et Mitterrand en 1974, on en décompte plus de 30 en 2012 dans le débat entre Sarkozy et Hollande et 25 en 2022 dans le débat entre Macron et Le Pen. Les lieux mentionnés lors de ces débats varient aussi en fonction de l'actualité du moment. Cela permet d'esquisser une sorte de géopolitique des débats de l'entre deux tours. Généralement c'est toujours la même structure : on a deux ou trois pays qui dominent largement les échanges. Le débat de 2012 est sans doute le plus international de ces débats.

Jules Grandin et Tom Février ont publié un article complet à ce sujet dans Les Echos :


Jules Grandin explique le making-of de ce travail et fournit les cartes en grand format dans ce thread : 

En complément

Présidentielles 1974-2017 : les débats télévisés entre les deux tours (Vie-publique.fr)

C'est en 1974 qu'est organisé le premier débat opposant les deux candidats présents au second tour de la présidentielle. Depuis cette date, le débat de l'entre-deux-tours constitue un rite républicain attendu par les électeurs et très suivi par les téléspectateurs. Retour en images sur les moments marquants de ces débats télévisés.

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Géopolitique de la twittosphère en période d'élections présidentielles

La régate présidentielle ou course à l'Elysée 2022 en version carte imaginaire

Analyser les cartes et les données des élections présidentielles d'avril 2022 en France

Dis-moi où tu vis, je te dirai ce que tu votes ? (Géographie à la carte, France Culture)

S'initier à la cartographie électorale à travers l'exemple des élections présidentielles de novembre 2020 aux Etats-Unis

Cartographie électorale, gerrymandering et fake-news aux Etats-Unis

La carte, objet éminemment politique


Carte des précipitations mondiales (2007-2021) enregistrées par les satellites du programme EUMETSAT


Source
: Brocca, L., Filippucci, P., Hahn, S., Ciabatta, L., Massari, C., Camici, S., Schüller, L., Bojkov, B., Wagner, W. (2019). SM2RAIN–ASCAT (2007–2018) : global daily satellite rainfall data from ASCAT soil moisture observations. Earth Syst. Sci. Data, 11, 1583–1601. 



Les produits de précipitations maillées à long terme sont cruciaux pour de nombreuses applications dans le domaine de l'hydrologie, de l'agriculture et des sciences du climat. Il s'agit ici d'une version GeoTIFF à résolution 10 km du modèle SM2RAIN-ASCAT (2007-2021) qui contient les précipitations mondiales quotidiennes enregistrées à partir de l'ensemble de données ASCAT sur l'humidité du sol v1.1 (Brocca et al. 2019). 

Les données proviennent de trois satellites météorologiques opérationnels (MetOp) lancés en 2006, 2012 et 2018, dans le cadre du programme Système polaire de l'Organisation européenne pour l'exploitation de satellites météorologiques (EUMETSAT). Les valeurs quotidiennes sont stockées sous forme d'entiers, alors que dans le NetCDF l'ensemble de données est arrondi à une décimale. Le NetCDF dispose également d'un indicateur de qualité pour une meilleure utilisation des données (non utilisé ici). P05, P50 et P95 indiquent les quantiles dérivés par pixel.

Outre les données quotidiennes et mensuelles, les fichiers comprennent des tendances à long terme qui ont été produites en ajustant des modèles de régression à des séries chronologiques désaisonnalisées, comme expliqué dans ce didacticiel Python. Fondamentalement, les modèles sont ajustés pour chaque pixel et les paramètres du modèle sont enregistrés sous forme d'images.

Les données de précipitations quotidiennes par année sont téléchargeables sur Zenodo au format raster Geotiff.


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Une animation des images Sentinel-2 à l'échelle du monde et sur toute une année



Un projet de cartographie participative pour inventorier les traces du passé colonial italien

 

Le site Postcolonial Italy vise à « enregistrer les traces matérielles du colonialisme italien et à les contextualiser historiquement afin de stimuler un débat public sur le passé colonial de l'Italie ». Il s'agit d'un projet de recherche collaborative et d'une entreprise d'histoire publique. Grâce à la collaboration d'autres chercheurs travaillant sur le patrimoine colonial, le projet entend se développer en ligne et intégrer les traces coloniales présentes dans d'autres régions et dans les anciennes colonies de l'Italie.

Les auteurs du site recherchent les traces matérielles du colonialisme italien qui sont encore visibles aujourd'hui dans l'espace public : (a) les rues, places et bâtiments dont les noms sont liés à l'histoire coloniale ; (b) les statuts, monuments, plaques commémoratives qui sont liés à l'histoire coloniale ; (c) les institutions qui ont été impliquées dans le colonialisme et qui existent encore ; (d) les traces coloniales dans la culture populaire et de masse. Les contributions sont envoyées au comité de rédaction qui vérifie les informations et se réserve le droit d'en refuser. Même s'il s'agit d'un projet collaboratif, tout contributeur reste propriétaire de ses textes et de ses photos  (voir les conditions).

Débuté en 2018 à Florence, le projet invite à découvrir le passé colonial de plusieurs villes italiennes, notamment BolzanoCagliariRomeTurinTriesteVenise.  Vous pouvez cliquer sur la carte ci-dessous pour en explorer certaines directement. 



Ce site de cartographie s'inscrit dans une démarche participative et une approche postcoloniale à laquelle on est libre d'adhérer ou non. Ce qui est publié sur le site doit cependant répondre à certaines normes scientifiques. Il est précisé également que "le contenu doit être accessible à un public n'ayant aucune connaissance préalable de l'histoire coloniale italienne". Les informations peuvent être consultées ou téléchargées sous forme de fichier kml-kmz comme par exemple ici pour Rome.



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L'histoire par les cartes : les collections numérisées de la Bibliothèque Vaticane


La Bibliothèque Vaticane, située à Rome, est l'une des plus anciennes bibliothèques du monde. C'est la bibliothèque du Saint-Siège. Le grand public n’est pas autorisé à la fréquenter, mais fort heureusement la bibliothèque a entrepris de numériser ses archives depuis plusieurs années. 

Le site DigiVatLib donne accès aux collections numérisées de la Bibliothèque vaticane. On y trouve des cartes historiques depuis l'époque du Moyen Age. Les entrées thématiques proposées concernent les manuscrits, ouvrages imprimés, incunables, monnaies et médailles. Il n'existe par d'entrée spécifiquement dédiée à la cartographie. 

On peut néanmoins utiliser des mot-clés (cartography, map, mappamundi...) à partir du moteur de recherche interne et raffiner la recherche avec des noms d'auteurs. On y retrouve des oeuvres connues comme par exemple un exemplaire de la Cosmographie de Ptolémée ou encore une mappemonde de la Renaissance représentant l'Amérique (avec l'Est en haut).


Extrait de la Cosmographie de Claudius Ptolémée 1482 (Vat.lat.3811 et Vat.lat.5698)




De cosmographia, geographia et navigatione libri I-VII. (Arch.Cap.S.Pietro.H.27)




D'autres cartes historiques de la Bibliothèque vaticane sont à découvrir, notamment : 
  • Une série de cartes nautiques d'époque médiévale (Borg.Carte.naut)
  • Des cartes du Secretum fidelium du XIVe siècle (Vat.lat.2972)
  • Une carte turque du Nil vers 1685 (Vat.turc.73)
  • Une carte de la région de Canton (Chine) par Battista Maoletti De Serravalle - 1715 (Borg.cin.507)
  • Une carte du monde vu de la Chine par Giulo Aleni (Barb.or.151.pt.1)
  • Un livre de volvelles triple couche et de diagrammes célestes (Reg.lat.1139). La volvelle est une carte tournante, utilisée pour l'astronomie, la navigation et la médecine. Il s'agit d'un instrument de calcul. Elle met en forme les principes de l'astrolabe dans un livre. Voir par exemple cettte volvelle du XIIIe siècle conservée par la Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, Section Médecine (H 18 f. 223)
La Galerie des cartes géographiques fait partie de la Bibliothèque vaticane. C'est une magnifique salle de 120 mètres de long. Aux murs sont accrochées d'immenses cartes topographiques et des fresques de villes italiennes. Les cartes et les peintures au plafond datent du XVIe siècle. A découvrir sur Wikipédia.

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L'histoire par les cartes : une série de 14 films documentaires sur les cartes portulans (BNF)

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L'histoire par les cartes : le Rijksmuseum met à disposition plus de 700 000 œuvres sur le web, notamment des cartes

Numérisée en haute résolution, la carte médiévale de Fra Mauro peut être explorée en détail

Rubrique Cartes et atlas historiques