Étude sur la diversité des ruralités (ANCT - Observatoire des territoires)


Source
: Étude sur la diversité des ruralités « Typologies et trajectoires des territoires » (ANCT - Observatoire des territoires)

Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda rural, une nouvelle définition des zones rurales basée sur la grille de densité communale de l’INSEE a été actée par le gouvernement en novembre 2020. Ainsi défini, le rural réunit 30% de la population nationale et plus de 80% des communes françaises. Dans la suite de ce travail, l’Agence nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) a engagé une étude visant à rendre une image actualisée de la diversité des  ruralités.

Cette étude propose une nouvelle lecture de la France rurale, dans la continuité des travaux typologiques menés par la DATAR en 2003 et 2011. Elle vise à mettre en perspective les enjeux et défis qui se posent aux territoires ruraux, dans toute leur diversité, ainsi qu’aux politiques publiques qui les accompagnent. Elle comporte des cartes très utiles sur la typologie et les trajectoires des territoires ruraux, réalisées par l’équipe Acadie et Magali Talandier.

Typologie structurelle 2022. La diversité des communes rurales
(source : Étude sur la diversité des ruralités, © équipe Acadie et Magali Talandier)



L’élaboration de cette étude a été suivie par un conseil scientifique réunissant des enseignants chercheurs spécialistes du développement et des dynamiques des territoires ruraux. Il était composé de : Laurence Barthe, maître de conférences en géographie et aménagement à l’Université de Toulouse Jean Jaurès, Laurent Rieutort, professeur de géographie à l’Université de Clermont-Ferrand et directeur de l’Institut Auvergne Rhône Alpes de Développement des Territoires (IADT), Dominique Royoux, professeur de géographie à l’Université de Poitie s, codirecteur du Lab Com (ANR) DESTINS et Martin Vanier, professeur de géographie à l’Ecole d’Urbanisme de Paris. Leur contribution se trouve en postface de cette étude. 

Deux approches complémentaires sont proposées pour définir les fonctions qu’occupent les espaces ruraux :

  • Une lecture structurelle, qui montre la pluralité des communes rurales de la France métropolitaine.
  • Une lecture systémique, qui qualifie les contributions actuelles et potentielles des espaces ruraux aux grands enjeux de transitions.

La synthèse de cette étude est disponible en pdf sur le site de l'Observatoire des territoires.

L'étude s'appuie sur la nouvelle définition du rural (2021) dont les données sont disponibles à l'échelle communale sur le site de l'INSEE. Les autres données croisent plusieurs sources concernant les équipements et l'emploi. La France d’outre-mer est exclue de l’étude. La dernière partie de l'étude aborde la contribution des espaces ruraux aux différentes dimensions de la transition

Pour trouver une typologie des territoires ruraux qui s'en approche, voir France découverte (Géoclip). 

Lien ajouté le 27 septembre 2023
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EuroCrops, un ensemble de données harmonisées et en open data sur les parcelles cultivées au sein de l'UE


EuroCrops regroupe l'ensemble des données de parcelles cultivées autodéclarées au sein de l'Union européenne. Le projet est financé par l'Agence spatiale allemande du DLR pour le compte du Ministère fédéral des Affaires économiques et de l'Action pour le climat (BMWK). Ces données sont dérivées d'auto-déclarations par les agriculteurs recevant des subventions dans le cadre de la Politique agricole commune (PAC) de la Commission européenne. 


Parcellaires agricoles dans la région frontalière Autriche-Slovaquie autour de Bratislava (source : EuroCrops )


Pendant un an et demi, les ensembles de données nationaux individuels sur les cultures ont été collectés manuellement, les classes de cultures ont été traduites en langue anglaise et transférées dans la nouvelle taxonomie hiérarchique des cultures et de l'agriculture (
HCAT). EuroCrops est en amélioration continue grâce à une communauté d'utilisateurs actifs. Ce travail est sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International. 

En étant capables d'analyser les données agricoles à une échelle spatiale élargie qui s'étend de la Suède au Portugal, les auteurs espèrent que les chercheurs pourront mener leurs travaux au-delà des frontières et acquérir de nouvelles connaissances. Les données sont disponibles pour l'instant pour 16 pays de l'UE (avec la possibilité de conduire des comparaisons sur la période 2105-2021 pour certains pays).

Les 16 pays de l'UE qui participent aux données collectées par EuroCrops (en vert)

Alors que la population mondiale continue de croître et que le changement climatique mondial devient de plus en plus apparent, l'amélioration de l'efficacité et de la résilience de l'agriculture au niveau local et mondial constitue un défi crucial pour l'avenir de l'humanité. Les développements récents dans le domaine de l'observation de la Terre par satellite ont permis d'observer et d'analyser quasiment en temps réel les processus qui se produisent à la surface de la Terre. En tirant parti de l'apprentissage automatique et de l'intelligence artificielle, ont peut désormais extraire des informations de ces énormes volumes de données, qui peuvent éclairer le développement de modèles pour le suivi des cultures agricoles et la conception d'applications futures. Sur la base de ces informations, les agriculteurs sont en mesure de prendre des mesures à un stade précoce. Cela constitue une contribution décisive à la sécurité alimentaire, qui représente l'un des objectifs centraux des Objectifs de  développement durable (ODD) énoncés par les Nations Unies. Cependant, ces possibilités sont souvent limitées par la disponibilité insuffisante de références qualitatives nécessaires à la création de modèles de processus fonctionnels sur la base de ces données d'observation de la Terre. Le projet EuroCrops vise à montrer comment cette lacune peut être comblée en compilant des données administratives évaluées dans le cadre du contrôle des subventions.

Les données vectorielles avec la taxonomie pour chaque pays sont disponibles sur Github et Zenodo.

Pour la France, les données sont issues du Registre parcellaire graphique, disponible sur Data.gouv.fr et consultable sur le Géoportail.

Pour en savoir plus  

M. Schneider, T. Schelte, F. Schmitz & M. Korner (2023). EuroCrops : All you need to know about the Largest Harmonised Open Crop Dataset Across the European Union. ArXiv:2302.10202v1 [cs.OH] 20 Feb 2023. https://arxiv.org/abs/2302.10202

A. Nicolaus Fendrich, F. Matthews, E. Van Eynde, M. Carozzi, Z. Li, R. d'Andrimont, E. Lugato, Ph. Martin, Ph. Ciais, P. Panagos (2023). From regional to parcel scale : A high-resolution map of cover crops across Europe combining satellite data with statistical surveys, Science of the Total Environment, Volume 873, 15 May2023.  https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969723009166

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Mise à jour de la base de données sur la couverture du sol aux Etats-Unis (NLCD)

Atlas des centres. Mesurer les dynamiques des centres-villes français (FNAU)


La Fédération nationale des Agences d'Urbanisme (FNAU) a mise en ligne en février 2023 un Atlas des centres dont l'objectif est de mesurer les dynamiques des centres-villes français.


Projet d’observation des centres villes

Depuis les années 70, le centre-ville a semblé entrer dans une période de déclin. Victime de l’étalement urbain et du délitement des structures sociales traditionnelles, il s’est fragilisé. Ce phénomène inégal a plus particulièrement touché les petites centralités et les « villes moyennes ». Pourtant, depuis une dizaine d’années, de nouveaux processus sont à l’œuvre. La fin de l’ère des hydrocarbures et l’aspiration de certains groupes sociaux à un modèle de société « post industriel » centré sur des relations de proximité redonnent une pertinence toute nouvelle à cet espace.

De nombreux élus ont pris conscience de ces mutations et orientent désormais leurs choix vers la protection et la redynamisation de leur centre-ville afin d’en faire un atout pour leur commune. C’est également dans ce sens que des programmes nationaux d’aménagement du territoire ont vu le jour, à l’instar d’Action Cœur de ville ou de Petites villes de demain.

Les acteurs publics manquent cependant encore d’outils pour appréhender un espace aussi complexe que le centre-ville. Il n’existe par exemple pas de référentiel national pour servir de base de comparaison entre différentes communes. L’ambition de ce projet d’observation des centres villes est de fournir un outil de comparaison multithématique capable d’aider les acteurs des centres villes dans l’auto-diagnostic de leur centre et faciliter leurs prises de décision.


Un projet en réseau, en trois étapes


Ce projet s’inscrit plus largement dans le dispositif d’observation mutualisée des espaces urbains créé depuis 2013 par la Fnau, en partenariat avec France Urbaine et Intercommunalités de France (AdCF) qui mobilise un réseau d’experts très impliqués, issus des agences d’urbanisme et des collectivités territoriales.

Pour rappel, le projet d’observation des centres-villes s’inscrit sur un chantier de deux années autour de trois étapes.
  • Etape 1 : Identification des communes françaises exerçant des fonctions de centralité et réalisation d’une typologie. Cette première étape a été finalisée en mai 2021 et a donné lieu à un poster sur la typologie des centralités françaises
  • Etape 2 : Délimitation des contours des centres villes des communes retenues dans l’étape 1
  • Etape 3 : Production d’indicateurs statistiques pour établir un portrait de « l’état de santé » des centres-villes étudiés
Le poster sur la typologie des centralités françaises est fourni avec une base de données des centre-villes à télécharger également.


L'atlas des centres de la FNAU est assorti d'un outil de cartographie interactive consultable par ici :

La méthodologie d’identification des centres-villes (sur laquelle il n'y a pas vraiment de consensus) repose sur le choix de deux critères : 
1) le rôle structurant de l'emploi et des équipements 
2) la place dans le système territorial 


L'étude a permis de déterminer 3 136 centralités réparties en 5 catégories :
  • polarité structurante (haut niveau d'emplois et d'équipements, attraction des actifs des territoires environnants)
  • polarité multiconnectée (lieu d'emplois mais niveau d'équipements moins élevé, connectée à plusieurs polarités structurantes)
  • centralité indépendante (bénéficie d'une certaine offre en équipements et emplois, mais pas d'aire d'influence)
  • centralité relais (près de 70% des actifs se rend dans une polarité structurante pour travailler)
  • centralité résidentielle (peu d'emplois, 80% des habitants travaillent ailleurs)
Cette typologie, qui croise offre en emplois et en équipements et aire d'influence, est à analyser et discuter. Ainsi les trajets domicile-travail restent l'un des critères majeurs pour définir le niveau de centralité, alors qu'il peut y en avoir d'autres.


Les données détaillées sont à télécharger au format xlsx. Outre un tableau de bord des indicateurs, un onglet permet d'accéder à la typologie par communes avec un niveau détaillé de 11 types de centralités.  


Pour compléter 

Nicolas Lebrun (2023). Réinterroger la centralité marchande. Pôles, territoires, discontinuités et réseaux au service de la centralité Géographie. Université Paris 8 - Vincennes-Saint-Denis, 2023. 

Résumé de son HDR : 
Faire centre. Appréhender la centralité. Evaluer l’urbanité d’un espace central. Voilà un débat, aussi vieux que l’analyse spatiale, au coeur des préoccupations des chercheurs de l’ensemble des sciences sociales depuis bien longtemps. C’est notamment le cas lorsqu’on étudie la fonction marchande. L’auteur constate que l’évaluation de la centralité marchande va communément de pair avec le binôme centre-polarisation et avec le binôme accessibilité-attractivité. Pourtant, à trop réduire les logiques marchandes à ces éléments, nous sommes peut-être passé à côté de quelque chose. Ainsi, nos pratiques de consommation ont évolué notamment sur les 20 dernières années : nous sommes de plus en plus motiles et mobiles, et la consommation s’insère dans des chaînages de déplacements de plus en plus complexes. Mais en parallèle, lorsque nous consommons, le recours à la proximité ou à la livraison à domicile, n’ont jamais été autant sollicités. En conséquence l’offre marchande est de plus en plus polymorphe, le lieu de vente n’étant qu’un moyen parmi d’autres d’atteindre le client potentiel. La théorie développée ici par l’auteur est que le primat de la centralité marchande de polarisation est révolu. Il existerait autant de modes de centralité qu’il existe de formes spatiales de bases : le point, la ligne, l’aire, le réseau. La première partie propose d’aborder successivement les quatre modes de centralité ainsi constitués : la centralité de polarisation, la centralité de positionnement, la centralité d’ancrage, la centralité en distanciel. Il s’agit de voir en quoi chaque mode de centralité a ses propres logiques, interagit différemment avec la fonction marchande, correspond à des comportements de consommation différents, génère des formes et paysages marchands spécifiques. Mais reste à voir, dans une seconde partie, comment ces modes de centralité s’articulent entre eux, pour constituer la coloration marchande des lieux. Alors seulement sera abordée la question de la mise en valeur par l’usage de la centralité marchande théorique du lieu. Et c’est dans l’appréhension de la distorsion entre centralité théorique et usages réels que se trouve la clé d’une utilisation optimale de la fonction marchande comme levier d’urbanité. Le commerce pourra alors être envisagé comme constitutif d’une centralité apaisée.

Pour Nicolas Lebrun, en ce qui concerne la centralité marchande, il convient de distinguer différents types de centralités (d'ancrage, de positionnement, de polarisation). En conclusion de son HDR, il attire l'attention sur les quatre points suivants : 
  • Faire centre n’est pas une fin en soi
  • L’usage de la centralité suppose un rapport sensible à l’espace
  • Une centralité marchande non valorisée n’est pas toujours gaspillée
  • Différents niveaux de centralité 

Lien ajouté le 5 septembre 2023

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Explorer la cartographie des réseaux de transports publics avec des données GTFS


Un simulateur de ballon espion avec de vraies données atmosphériques

 

Spy Balloon Simulator  est un simulateur qui permet de lancer des ballons espions imaginaires de n'importe quel endroit dans le monde et de visualiser leur trajectoire de vol sur une période de 20 jours en fonction des données atmosphériques du moment.


Les trajectoires de vol sont calculées à partir des données atmosphériques ERA5 produites par le Copernicus Climate Change Service. Au bas de la carte, on peut choisir la durée de la simulation et les heures précises où l'on souhaite visualiser la trajectoire.

Comme le précise le panneau à l'accueil, ce démonstrateur est destiné seulement à  "un usage récréatif, il n'est pas assez précis en tant que source crédible pour des informations militaires". Les auteurs du site souhaitent dissiper tout malentendu pour des utilisateurs qui y verraient des attaques d'OVNIS extraterrestres !

Pour compléter

Le Pentagone dit surveiller un ballon espion chinois détecté en train de survoler les États-Unis (The Guardian).

Les ballons chinois espionnent en escadrille, accuse Washington (Libération).

Une start-up en IA utilise l'imagerie satellite pour tracer la trajectoire d'un ballon chinois (SpaceNews).

Le New York Times a travaillé avec la société d'intelligence artificielle Synthetaic pour détecter la trajectoire du ballon chinois à partir d’images satellites Planet Labs. La 1ère détection du ballon se situe au large de l'île chinoise de Hainan le 15 janvier 2023. L'étude est aussi en accès libre sur le site d'imagerie satellite Planet.

Après l'hystérie des ballons chinois, la carte des centres de commandement de la défense aérienne des Etats-Unis (@ThrustWR).

Souveraineté aérienne. La limite supérieure de l'espace aérien national n'est pas définie par le droit international (Wikipédia).

Ballon chinois abattu par les États-Unis : Pékin se « réserve le droit » de répliquer (Le Figaro).

Pourquoi la Chine utiliserait-elle un ballon espion alors qu'elle a des satellites ? (BBC).

Comment les États-Unis ont improvisé un plan pour faire face à un ballon chinois (The Washington Post)

Le Pentagone repère le site militaire où Pékin crée sa nouvelle génération de dirigeables espions (BFM-TV)

Humour. En 1983 Nena avait déjà tout prévu en faisiant tirer sur des ballons pris pour des ovnis dans l'interprétation de sa chanson "99luftballons" (Youtube).

Lien ajouté le 15 mai 2023


Lien ajouté le 8 juin 2024

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Des images aériennes déclassifiées prises par des avions-espions U2 dans les années 1950 ouvrent une nouvelle fenêtre pour l'étude du Proche-Orient


Ukraine-Russie. Retour sur un an de guerre en cartes et en analyses (février 2022 - février 2023)


Comme le note l'IFRI, « l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 constitue un tournant majeur des relations internationales. Les objectifs stratégiques de Vladimir Poutine n’ont pas été atteints et la suite de la guerre est incertaine. Les risques d’escalade – y compris nucléaire – sont réels et une extension régionale des hostilités ne saurait être exclue. Les conséquences de ce conflit sont d’ores et déjà mondiales : recomposition des alliances, hausse des prix de l’énergie, insécurité alimentaire grandissante ». Ce billet propose une revue cartographique en deux temps, d'abord en recensant les cartes et graphiques disponibles sur ce conflit, puis en renvoyant vers des pistes d'analyse et de débat.

1) Retour en cartes et en graphiques sur un conflit géopolitique majeur

« À la Une : l’Ukraine, un an après…». Vendredi 24 février 2023, cela fait un an jour pour jour que l’invasion russe débutait en Ukraine. Bilans, rétrospectives, suppléments, éditions spéciales vont se succéder dans la presse tout au long de cette semaine (Revue de presse de RFI). 

« Un an de guerre en Ukraine. Le Dessous des cartes » (Arte-TV). Les grands enjeux et les acteurs du conflit russo-ukrainien. Une analyse géopolitique et cartographique de l'émission Le Dessous des cartes pour mieux comprendre ce séisme majeur de l’histoire du XXIe siècle.

« Invasion de l'Ukraine : un monde a chaviré  » (Les Échos). L'attaque de l'Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a bouleversé la géopolitique mondiale. Pour la première fois depuis 1945, l'Europe est le théâtre d'un conflit de haute intensité.


« De l'invasion russe à la bataille de Bakhmout : un an de guerre en Ukraine raconté en cartes » (Le Figaro). Le Figaro retrace, en cartes animées et commentées, un an de batailles acharnées en Ukraine depuis les premiers jours de l'invasion russe.

« Les cartes de la guerre en Ukraine, depuis l’invasion russe de février 2022 » (Le Monde). Un an après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le journal Le Monde propose de visualiser l’évolution du conflit sur le terrain et ses conséquences dans le monde. Les cartes et infographies réunies dans cet article permettent de suivre l’évolution des territoires contrôlés par les Russes en Ukraine depuis le 24 février, ainsi que les enjeux humanitaires, économiques et militaires du conflit. « L'espace mondial fragmenté par la guerre en Ukraine » (série de cartes).

« Résolution sur l’Ukraine à l’ONU : un indicateur du jeu des alliances planétaire » (France-Culture). À un an du déclenchement de la guerre en Ukraine, zoom sur le vote des 193 États à l’ONU concernant les résolutions sur l'Ukraine et la Russie. Voir la carte du journal Le Monde.

Comparaison des votes du 3 mars 2022 et du 23 février 2023 à l'Assemblée générale des Nations Unies vis-à-vis de la guerre en Ukraine (AB Pictoris).

« Comprendre le vote aux Nations unies du 23 février 2023 » (Le Grand Continent). On remarque relativement peu de changements entre le vote du 23 février 2023 et celui du 2 mars 2022. Il y a toutefois une majorité de la population mondiale qui vit dans un pays s’étant abstenu lors du vote (51,4%). Les gouvernements représentant 55,9 % de la population mondiale ont décidé de ne pas s’opposer frontalement à Moscou.


« Carte de l’Ukraine au 24 Février 2023, un an après l'invasion russe » (Edmaps).

« Un an de guerre en Ukraine ». Carte évolutive co-publiée par AbPictoris et Diploweb pour identifier les ruptures (YouTube). 

Carte chronologique interactive permettant de suivre les opérations jour par jour, avec les dates significatives du conflit surlignées en gris (Grid). 

« Après un an de guerre en Ukraine, quelles perspectives pour la suite du conflit ? » (Géo)

« Ukraine : un an de guerre (février 2022 - février 2023) » (National Geographic)

« Les données des satellites révèlent l'étendue des combats en Ukraine » (The Economist). Les cicatrices de la guerre peuvent être trouvées bien au-delà des lignes de front.

« L'invasion de l'Ukraine par la Russie en cartes. Un guide visuel de la guerre » (Financial Times).


« 365 jours. Un an de guerre en Ukraine » (Zeit Online). Assaut, résistance, contre-offensive, guerre de tranchées : la Russie attaque l'Ukraine depuis un an. Une storymap montrant les principales phases de la guerre à partir de cartes et d'images satellites.

Le South China Morning Post revient sur un an de guerre avec des photos marquantes en N&B et une série de cartes et graphiques explicatifs.

Al Jazeera cartographie des principales batailles de la guerre en Ukraine à partir d'images aériennes ou au sol, assorties de cartes chronologiques.

« Le conflit un an plus tard, en cartes ». Une brève revue de "cartoblographie" à partir de morceaux choisis et de reportages (Kenneth Field).p

« Pendant la guerre en Ukraine, le Groupe Wagner tisse sa toile en Afrique  » (France Culture). Alors que le conflit en Ukraine bat son plein, le groupe de mercenaires et outil de l’expansion russe soutient sur le continent africain des régimes autoritaires. Le tout en développant une logique de prédation visant à exploiter les ressources locales. Voir la carte du journal Le Monde.

« Guerre Ukraine-Russie - Faits et chiffres » (Statista).

« La guerre en Ukraine en données : un an de victimes, de violences et de déplacés » (Grid).

« Soldats morts par habitants dans les régions russes » (Reddit) d'après les décès identifiés par BBC-Mediazona. A partir de ces données, le journal allemand Spiegel a produit une datavisualisation impressionnante dans un article intitulé « Les morts sur lesquels Poutine cherche à garder le silence ». Avec une question récurrente concernant ces cartes et graphiques par points (dotmaps) : ces dataviz ne contribuent-elles pas paradoxalement, au lieu de mettre en visibilité, à invisibiliser de fait tous ces morts anonymes ? Une question qui se posait déjà à propos de la manière dont le data journalisme représentait les morts du Covid-19.

« D'où viennent les soldats russes mobilisés ? » La Russie ne divulgue aucune information sur le nombre d’hommes mobilisés ni sur les victimes de la guerre en Ukraine. Cette étude s'appuie sur l’augmentation des dépôts bancaires dans les régions de la Russie. La chaîne Horyushko Telegram est aussi engagée dans la recherche, la publication et le calcul de Russes tués. Recherche conduite avec des sources ouvertes (réseaux sociaux, sites Internet, chaînes Telegram).

« De plus en plus d'Ukrainiens s'installent à l'étranger alors que la guerre se poursuit » (Bloomberg). Plus de 8 millions d'Ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, ont fui le pays suite à l'invasion russe. Une datavisualisation montre la répartition par pays d'accueil. L'UNHCR estime que cela représente 19,5% de la population du pays, près d'un Ukrainien sur cinq a quitté son pays depuis un an. 

« Un an de guerre en Ukraine : la galerie de dessins » (Chappatte).

« L'invasion de l'Ukraine par la Russie : une tragédie post-soviétique. » Un dossier pédagogique de Julie Deschep pour Le Livre scolaire


2) Pistes d'analyse et de débat

« Un an de guerre en Ukraine, l’émission spéciale de Mediapart » (Mediapart). Vladimir Poutine a, depuis l’automne, un discours non pas contre l’Ukraine mais contre l’Occident pris collectivement.

« 365 jours de guerre en Ukraine : plongée dans les sociétés russes et ukrainiennes » (France-Inter). Un an après, quel bilan les sociétés ukrainiennes et russes tirent-elles de cette guerre ?

« Le premier fil du premier jour de la guerre, il y a un an » (Anna Colin Lebedev). « Poutine est fou. Peut-être, mais peu importe, car nous avons surtout besoin de comprendre la rationalité interne de son action. Nous avons besoin de cerner l'étendue de son projet, de voir ses points saillants (l'Ukraine, et au-delà, les Etats-Unis, l'Occident) ». Pour suivre les analyses d'Anna Colin Lebedev (@colinlebedev), spécialiste de l'Ukraine et de la Russie post-soviétique.

« Ukraine-Russie, la guerre de propagande » (Arte-TV). Dans les médias et les réseaux sociaux, le conflit entre Moscou et Kiev est raconté, mis en scène. Tour d’horizon de la guerre de communication entre les deux pays.

« Ukraine-Russie, un an après..."  Entretien avec Pierre Verluise directeur du site Diploweb, émission Planisphère (Radio Notre-Dame). 

« L'innovation ukrainienne dans une guerre d'usure » (CSIS). La guerre en Ukraine est devenue une guerre d'usure. Aucune des deux parties n'a gagné beaucoup de territoire depuis les offensives réussies de l'Ukraine fin 2022, alors même que le nombre de victimes a augmenté.

« Guerre en Ukraine, un an après : que faire ? » (Pascal Boniface) Un an après le déclenchement de l'offensive russe sur l'Ukraine, quelles sont les perspectives du conflit ? Deux options se dessinent : l'enlisement ou l'embrasement. Il y a une sorte de prudence, d'hypocrisie. On ne dit rien sur les buts de guerre.

« La guerre en Ukraine refonde l’Europe en la soudant » (La Croix). Pour Sylvain Kahn et Jacques Lévy, auteurs du Pays des Européens (2019), il ne fait aucun doute que face à la guerre en Ukraine, l’Union européenne « agit », s’employant à « isoler l’agresseur », et devient ainsi « le catalyseur d’une alliance » des républiques démocratiques.

« Poutine veut une guerre éternelle » (Le Grand Continent). Le sociologue russe Grigori Yudin revient sur les buts poursuivis par Poutine. Il y inscrit la guerre d'Ukraine dans une perspective plus large – qui ne connaît pas de frontières.

« Ignorer la guerre : les sociétés civiles russes et l’Ukraine » (Le Grand Continent). Poutine n’a pas anéanti l’opposition — il a orchestré une apathie généralisée, une passivité mêlée à de la crainte, dans une confusion entretenue.

Déambulation historique avec Stéphane Audoin-Rouzeau, l'historien face à la guerre (France Culture).

« Armer l'hiver en Ukraine ». Un rapport de l'équipe Eyes on Russia révèle le changement délibéré des attaques de la Russie contre l'infrastructure énergétique de l'Ukraine pour militariser l'hiver (Centre for Information Resilience).

« Faut-il négocier la paix avec Poutine ? ». Décryptage dans l'édito de Patrick Cohen C à vous (France-TV).

« La Paix, c'est la guerre. Faut-il négocier maintenant avec Poutine ? ». Par Thorniké Gordadzé (Terra Nova).

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La carte, objet éminemment politique : la guerre en Ukraine

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Dynmark : un outil de suivi des prix de l'immobilier à différentes échelles de territoire (Cerema)


L'application Dynmark permet d'analyser le marché immobilier depuis 2010, d'explorer et de comparer des dynamique de marché par rapport à d'autres territoires. Elles contient les données de l'ensemble de la France (hors l'Alsace, la Moselle et Mayotte), pour différentes échelles géographiques (commune, EPCI, département et aire d'attraction des villes), avec une typologie de biens selon son type, sa taille et sa période de construction. L'application est en cours de lancement en version bêta.

Ce travail de visualisation est basé sur une collaboration entre le Cerema et l'INRAe - unité écodéveloppement d'Avignon, dans le cadre du projet UrbanSIMUL dans sa version nationale.

Le Cerema utilise les données DV3F issues du retraitement et de l'enrichissement des données de Demandes de Valeurs Foncières de la DGFiP par les Fichiers Fonciers.

La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) proposait déjà gratuitement et en open-data le fichier Demande de Valeurs Foncières (DVF) qui recense l'ensemble des mutations foncières à titre onéreux publiées dans les services de la publicité foncière. Cette donnée, riche et précise, restait  néanmoins difficilement exploitable. Le Ministère du Logement a donc missionné le Cerema pour travailler à une structuration de la donnée (DVF) en y associant des données foncières complémentaires permettant des analyses plus fines.

Ces travaux ont conduit à la constitution de la base de données DV3F ainsi qu'à des outils facilitant son exploitation. Pour les acteurs ne pouvant bénéficier de DV3F, les données open-data sont également disponibles librement sous un format "DVF+ - open-data" structuré et géolocalisé.

Téléchargement des données DV3F en open data :

AppDVF, un outil libre pour l’exploitation de DV3F :

Accès aux bases de données en open data du site Datafoncier : 

Articles connexes

Mise à disposition de la base Demandes de valeurs foncières (DVF) en open data


Géoréférencer des cartes anciennes sur le site de la Bibliothèque centrale de Zürich


La Bibliothèque centrale de Zurich, qui contient plus de 2 900 cartes numérisées issues de magnifiques atlas, propose aux personnes intéressées de géoréférencer elles-mêmes des cartes anciennes des XVe-XVIIe siècles.



La localisation géographique d'une carte avec le « Georeferencer » sur la plateforme web Old Maps Online est intuitive et ne nécessite en principe aucune connaissance préalable. La localisation se fait en quelques clics, elle peut s'avérer une tâche plus difficile dans certains cas (certaines cartes n'étant pas orientées au nord).

Au fur et à mesure des documents géoréférencés, le matériel cartographique est mis en accès libre sur la plateforme Old Maps Online.

Les copies numériques sont d'ores et déjà accessibles au public sur la plateforme e-rara dans la collection « Magnificent Atlases : From the Beginnings to the Golden Age ».

Voir par exemple les monstres et autres îles imaginaires découverts dans les cartes et atlas qui ont été numérisés.

L'initiative s'inscrit dans le cadre d'un projet de science citoyenne conduit par la Bibliothèque centrale de Zürich. Une fois numérisées, les cartes sont intégrées dans le projet Chronoscope qui intègre plus de 2000 cartes historiques consultables en open data à partir d'une seule interface cartographique.

Accès au catalogue en ligne de cartes et de vues panoramiques de la Bibliothèque centrale de Zürich.

Kartenportal.ch permet de rechercher dans les fonds de la ZB et dans les bibliothèques suisses à partir d'un moteur de recherche spatial.


Articles connexes

L'histoire par les cartes : les collections numérisées de la Bibliothèque Vaticane



PopFlux, une application pour visualiser les déménagements des Français avant et après la crise Covid-19


L'application en ligne PopFlux permet de visualiser les déménagements qui ont eu lieu en France métropolitaine entre 2017 et 2022, à plusieurs échelles, en s'appuyant sur les données de flux migratoires issues des contrats de réexpédition de courrier souscrits auprès de La Poste. Le site permet de conduire des comparaisons sur plusieurs périodes et à partir de données postales peu utilisées jusque-là (à recouper avec d'autres critères tels que l'évolution démographique, le marché immobilier, l'emploi...).

Interface de l'application PopFlux développée par le programme POPSU Territoires



1) Une application cartographique en ligne proposée par le programme POPSU Territoires

L'application a été développée dans le cadre de l'étude « Exode urbain », pilotée par le programme POPSU Territoires grâce au financement du Réseau rural français et du Plan urbanisme construction architecture (Ministère de la transition écologique et de la Cohésion des territoires). Elle est le fruit d'une collaboration entre La Poste et une équipe de chercheurs du CESAER composée de Félix Baillet, Marie Breuillé, Camille Grivault, Julie Le Gallo et Olivier Lision.

L'application comprend deux interfaces cartographiques :
  • l'interface Soldes Migratoires propose des cartes interactives des soldes migratoires et de leur variation entre plusieurs périodes ;

  • l'interface Flux de Déménagements permet de visualiser, sous forme de flux, les soldes migratoires entre deux territoires ainsi que leur variation. Elle fournit également pour chaque territoire le pourcentage de flux internes, de flux entrants et de flux sortants et leur variation par rapport à la période précédente.
Flux de déménagements avec possibilité de choisir une maille habitat (surce : PopFlux)


Cet outil permet en particulier de caractériser l'évolution des flux de mobilité résidentielle depuis la crise de la Covid-19. Pour en savoir plus sur l'étude « Exode urbain : impacts de la pandémie de Covid-19 sur les mobilités résidentielles », rendez-vous sur la page dédiée.


2) L'exode urbain ? Petits flux, grands effets

Exode urbain : mythe ou réalité ? Acclamée lors de la crise de la COVID-19, qu’en est-il réellement de la thèse du départ massif des urbains vers les campagnes ? Le Réseau Rural Français et le Plan Urbanisme Construction Architecture pilotent, depuis juin 2021, une étude intitulée « Exode urbain : impacts de la pandémie de COVID-19 sur les mobilités résidentielles », dont les premières conclusions (exploratoires) sont disponibles.

Les premiers travaux montrent, que la pandémie de Covid-19 n’a pas bouleversé de fond en comble les structures territoriales françaises qui restent marquées par la centralité des grands pôles urbains. Largement et bruyamment annoncé dans la presse et certains discours d’élus (pour l’espérer ou le craindre), l’exode urbain ne semble pas, pour l’instant, revêtir un caractère massif. Est-ce à dire que rien ne se passe dans les trajectoires résidentielles depuis le début de la crise sanitaire ? Les travaux menés repèrent des signaux faibles, qui viennent renforcer et accélérer des phénomènes déjà présents dans les territoires : processus de périurbanisation – qui s’étend à d’autres territoires et devient une « méga-périurbanisation » –, de « renaissance rurale », de renforcement de l’attractivité des espaces de villégiature, au coeur de circulations résidentielles entre bi-résidentialité et habiter polytopique. La sociologie des ménages engagés dans une démarche d’exode urbain est diverse et recoupe des réalités socio-économiques et spatiales variées. La pandémie fait néanmoins ressortir un nouveau modèle d’investissement immobilier, à la croisée de réflexes « collapsologiques » - soit en lien avec une anxiété croissante vis-à-vis des évolutions climatiques -, et des stratégies d’extraction de la rente foncière. En creux, dans certains territoires, le risque d’un renforcement de la précarité rurale et des difficultés d’accès au logement pour certaines catégories de la population émerge. 

Derrière l’expression « exode urbain » se cacherait donc un double malentendu : d’une part il n’est pas question ici d’un déferlement massif de populations « urbaines » dans les « campagnes », sorte de retour de bâton d’un exode rural qui aurait marqué les mobilités résidentielles au XXe siècle. D’autre part, les premières analyses invitent à saisir la diversité des territoires, y compris urbains : si départs de population il y a, ils sont loin de concerner toutes les catégories de villes. 

Résultats de l'étude à télécharger : "Exode urbain : mythe ou réalité ? La pandémie de Covid-19 a-t-elle déclenché le départ des habitants des grandes villes vers les communes rurales ?"







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Cartes et données sur les séismes en Turquie et en Syrie (février 2023)


Une série de tremblements de terre de forte magnitude (supérieure à 7,5 sur l'échelle de Richter) a frappé la Turquie et la Syrie le 6 février 2023, causant des destructions massives et faisant plus de 45 000 morts (bilan au 1er mars 2023). Les secousses ont été enregistrées dans une bonne partie de l'Europe et jusqu'au Groenland, avec de nombreuses répliques dans les jours qui ont suivi. Ces séismes se sont produits dans des régions assez démunies, à l'est de la Turquie et au nord de la Syrie. 

L'aide humanitaire peine à être acheminée et beaucoup de victimes n'ont pu être secourues. Des immeubles entiers ne respectant pas les normes anti-sismiques se sont effondrés. Le président Erdoğan se retrouve sous le feu des critiques pour avoir approuvé un vaste programme d'amnistie en 2018, qui a régularisé des millions de bâtiments non conformes aux normes sismiques, en dépit des précédents qu'a connus la Turquie en matière de catastrophe (le séisme d'Izmit en 1999 avait fait plus de 17 000 morts). En Syrie, la population, déjà très affectée par la guerre civile, se retrouve dans une situation de vulnérabilité accrue. Dans un contexte géopolitique très difficile à gérer, l'enjeu humanitaire se transforme en enjeu politique.

Face à une catastrophe de cette ampleur, il est important, en tant que géographes, de proposer des pistes d'analyse scientifique et des ressources didactiques qui sortent du catastrophisme ambiant. Ce billet de recension n'a pas vocation à être exhaustif, mais seulement à proposer des ressources pour enseigner. Il vise tout d'abord à distinguer les dimensions de traitement médiatique d'une catastrophe, des pistes d'analyse scientifique en termes d'aléa / risque / vulnérabilité mais aussi d'enjeux (économiques, sociaux, politiques, environnementaux...). Il propose également de montrer l'usage (et les limites) des outils de cartographie numérique pour la mise en visibilité des zones à risques, l'organisation de l'aide humanitaire mais aussi la modélisation et la simulation pour d'autres séismes (notamment à Istanbul).


Données de secousses sismiques enregistrées par l'Observatoire Kandilli et
l'Institut de recherche sur les tremblements de terre (KOERI)


1) Traitement médiatique de la catastrophe

« Séismes en Turquie et en Syrie : visualisez l'épicentre et les zones touchées » (Le Monde). 

« La Turquie, une longue histoire de séismes dévastateurs » (RFI). Il s'agit du cinquième séisme le plus meurtrier du XXIe siècle (Le Monde-Les Décodeurs). 

« Les séismes du 6 février 2023 en Turquie et Syrie » (carte-infographie de Visactu). Voir le graphique des principaux séismes en Turquie depuis 1900.

« En Turquie et en Syrie, secousses sismiques, répliques politiques » (Le Monde). L’acheminement de l’aide à la Turquie et à la Syrie est conditionné à la fois à l’accessibilité des routes, à la météo, mais aussi au morcellement géopolitique de la région. Voir la carte du journal Le Monde et sa présentation par Delphine Papin dans le cadre de l'émission Cartes en mouvement (France Culture).

« Séismes, histoire d'un cataclysme politique » (Radio-France). De Voltaire à Aznavour jusqu’au drame humanitaire qui sévit aujourd'hui en Turquie et en Syrie, les séismes sont toujours, aussi, des cataclysmes politiques.

Les zones touchées par les séismes à l'échelle de la France (France Bleu). Si ce type de comparaison visuelle (#mapcomparison) permet de donner une idée générale de l'importance de la catastrophe, on compare ici des territoires et pas des populations dont la vulnérabilité, rappelons-le, n'est absolument pas la même.

« Comment la Turquie a été secouée par plus de 10 000 répliques depuis le tremblement de terre du 6 février » (Reuters). La datavisualisation proposée par Reuters Graphics permet de comparer quelques grands séismes avec leur nombre de répliques et de montrer que ces dernières peuvent être nombreuses, même si leur intensité décline progressivement. De grandes répliques peuvent se produire, mais elles ne sont pas la norme - et elles deviennent moins probables avec le temps.

La comparaison entre un article du New York Times et un article de la BBC permet d'observer deux types de traitement médiatique : le premier repose plutôt sur des cartes et des données satellitaires (data journalism), le deuxième est basé davantage sur des photographies au sol (visual journalism) à hauteur d'hommes. Dans les deux cas, on observe le rôle important de la géolocalisation. Au delà des images, Reuters propose un storytelling plus pédagogique avec des cartes montrant la fréquence des séismes et des schémas explicatifs concernant les types de failles (voir également cette storymap). Kenneth Field (@kennethfield) compare, à travers une revue cartographique, la manière dont les médias ont cartographié la catastrophe.

Comparateurs d'images aériennes et satellitaires avant et après la catastrophe : images Planet (voir le montage vidéo). Vue avant/après d'un impressionnant glissement de terrain dans une oliveraie près d'Hatay.

Reconstitution par le New York Times des façades de rues d'Antakya en surimpression des images de drones prises après le tremblement de terre. Cela fait penser aux images d'anastylose que l'on trouve d'habitude dans le domaine de l'archéologie (New York Times). Dans le même style, le journal propose une reconstitution en 3D de l'effondrement de l'immeuble Renaissance : un complexe d'appartements haut de gamme censé transformer l'enclave rurale d'Ekinci en banlieue animée et qui s'est effondré du fait d'une série de mauvaises décisions architecturales (« Comment un immeuble d'appartements haut de gamme est devenu un piège mortel », New York Times)

Densité de population et intensité des secousses (carte 3D par @Kontur Inc). Voir également la carte en relief proposée par @Riccarto pour rendre visuellement la forte intensité des séismes.

« Un village syrien d'Idlib emporté par une inondation après l'effondrement d'un barrage » (Arabnews). Voir la cartographie de la zone inondée par l'UNOSAT.

« Séisme en Turquie : un barrage fissuré fait craindre une nouvelle catastrophe » (reportage vidéo TF1-Info)

Séismes et effet de ricochet. Peu relayée pour l'instant, la question de la vulnérabilité des barrages (souvent en terre) en Turquie. Ils pourraient avoir joué eux-mêmes un rôle dans les mouvements  tectoniques (Jordan News).

« La ville qui ne s'est pas effondrée : comment Erzin est devenue un refuge après le tremblement de terre en Turquie » (NBCNews) Cette ville de la province de Hatay, dans le sud de la Turquie, n'a subi aucun décès et n'a vu aucun bâtiment s'effondrer du fait de la décision de longue date de ne pas autoriser les constructions qui violent les lois du pays.

« Le président Erdoğan sous le feu des critiques pour avoir supervisé un vaste programme d'amnistie en 2018 ». Ce programme a régularisé des millions de bâtiments non conformes aux normes sismiques du pays, en dépit des précédents en matière de catastrophes (Financial Times). Les amnisties en la matière sont fréquentes en Turquie, surtout à l'approche des élections pour séduire les habitants et les promoteurs. Mais la campagne de régularisation de 2018 était sans précédent : plus de 7 millions de logements devenus "conformes" du jour au lendemain. Jusqu'à 75 000 bâtiments dans la zone du tremblement de terre ont bénéficié d'un tel sursis » (The Guardian).

« Pourquoi l’armée turque a-t-elle si peu réagi et est intervenue aussi tard après les tremblements de terre ? » (Foreign Policy).

Si le terme de résilience revêt un sens fort dans le domaine de la géographie des risques, il convient de noter que le terme est récupéré politiquement par Erdogan qui a annoncé un "programme de reconstruction d’urgence et de résilience au profit des provinces sinistrées" (sic). Ce programme prévoit la fin des immeubles de grande hauteur (avec des petites unités limitées à 3 ou 4 étages maximum) ainsi que des études préalables tenant compte des conditions géologiques, géophysiques, géotechniques, hydrogéologiques, sismotectoniques et morphologiques.  « Nous ne pouvons laisser nos villes se vider... Nous construirons et remplacerons chaque maison détruite par une nouvelle maison meilleure, plus belle et plus sûre », a déclaré le président de la Turquie.

Kenneth Field passe en revue les cartes produites par les médias ayant couvert l'événement (presse anglophone).

2) Pistes d'analyse scientifique en termes d'aléa / risque / vulnérabilité et enjeux

« Séismes en Turquie et en Syrie : l'une des pires catastrophes naturelles depuis un siècle » (Radio-France). Avec Leïla Vignal géographe, professeure et directrice du département de géographie à l'École normale supérieure (ENS), spécialiste de la Syrie et du Moyen-Orient.

« Trois questions à Robin Lacassin sur les séismes du 6 février 2023 en Turquie ». Robin Lacassin, chercheur CNRS et géologue à l'IPGP et Université Paris Cité, revient en vidéo sur les mécanismes à l'origine de ces secousses (Chaîne IPGP). 

« Séisme en Turquie et en Syrie : où sont les failles ? ». Avec Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du Globe de Paris et Michel Campillo, sismologue, professeur à l’Université Grenoble Alpes (Radio-France).

« Turquie / Syrie : les grands séismes de février 2023, entre aléa, risque vulnérabilité et résilience » (Géoimage). Un dossier proposé par Laurent Carroué et Pierre Ferrand à partir d'images satellites interprétées, qui montre que "cette catastrophe n’est en rien fatale ; elle témoigne des profondes impasses d’un modèle de croissance spéculatif, extensif et court-termiste. Elle pose surtout en termes nouveaux la question d’une véritable sortie de crise fondée sur une nouvelle résilience systémique".

« Un séisme qui intéresse autant la politique que la géologie ». Entretien vidéo avec Pierre Raffard qui analyse les conséquences immédiates et à plus long terme de cette tragédie (Société de Géographie).

« Série Turquie, Syrie : après le séisme » (France-Culture). Dans l'épisode 1 ("L’Etat turc face à ses responsabilités"), Yoann Morvan explique qu'"au-delà des bâtiments individuels et commerciaux, un certain nombre d’infrastructures publiques - l’une des fiertés du régime - ont aussi été détruites. Cela pose la responsabilité de l'État car certains bâtiments étaient censés servir de refuge aux populations comme des hôpitaux ou permettre l’arrivée des secours comme l’aéroport d’Antioche ». Pour Gülçin Erdi, « ce séisme est le miroir des dysfonctionnements du régime présidentiel et suscite de nombreuses interrogations sur les conditions de réalisation des élections [présidentielles de mai 2023] notamment dans les régions touchées par la catastrophe ».  Pour Nouran Gad, "dans une société déjà en situation de crise économique avec une xénophobie antisyrienne latente, des rumeurs de pillages commises par des Syriens se sont rapidement diffusées et les cas de discriminations ont explosé". Dans l'épisode 2 ("Les sinistrés otages du régime syrien"), Ziad Majed rappelle que "les Nations unies ont souvent eu une politique attentiste vis-à-vis de la Syrie, les négociations avec son allié russe étant très lentes. Là, l’aide est urgente et elle va être nécessaire pendant longtemps sans attendre que la Syrie ou la Russie soient d'accord". Dans l'épisode 3 ("La puissance régionale turque ébranlée ?"), selon Jana Jabbour "ce séisme crée un contraste entre l’efficacité du gouvernement turc et l’apathie des gouvernements arabes en Syrie, au Liban et en Jordanie. Paradoxalement, ce séisme a relancé le débat autour du modèle turc." Pour Aurélien Denizeau, "chacun a des intérêts à envoyer ces aides humanitaires. Elles peuvent favoriser et accélérer la normalisation des relations avec certains États comme l’Egypte, Israël mais aussi l’Arménie. Elles servent aussi à des États comme la Grèce à montrer à l’opinion publique turque qu’on les aide et que les rivalités diplomatiques sont mises en scène par le président Erdogan."

« Séismes, inondations : penser le risque naturel » (France Culture, Géographie à la carte). Pour Magali Reghezza-Zitt géographe spécialiste des risques naturels, de la vulnérabilité urbaine et des stratégies de gestion, « il n'y a pas d'un côté une culture du risque et de l'autre un déni absolu du risque, ce n'est pas si simple. Ce n'est pas parce qu'on connaît le risque qu'on en a une mémoire, ce n'est pas parce que l'on sait en partie comment résoudre le problème que cela va marcher le jour J [...]. Il y a une dimension politique dans la gestion des risques et en amont dans la prévision des catastrophes. Dans certains cas, l'inaction, la non prise en compte des décisions, est un choix. Il y a, dans la catastrophe et l'après catastrophe, un récit de légitimation du pouvoir. Quels que soient les époques et les régimes, dans les Etats modernes et pré-modernes, la sécurité fait vraiment partie des prérogatives régaliennes. [...] Vous acceptez à un moment donné de vivre en société parce qu'un pouvoir vous garantit cette sécurité. Et donc la vacance du pouvoir est quelque chose de terrible qui rompt le pacte social. [...] Vous avez une mise en scène du pouvoir qui va se réaffirmer à travers la gestion de crise...».

Séisme en Turquie : « ce sont 400 kilomètres de faille qui ont été brutalement réactivées » (Futura Sciences). Mustapha Meghraoui, chercheur en paléosismologie à l’université de Strasbourg, apporte des éclaircissements sur ces terribles événements, qui étaient prévisibles en considérant les contraintes tectoniques accumulées.

Les données satellitaires montrent à quel point le séisme de 6,8 qui s'est produit en 2020 était proche géographiquement des récents séismes de 2023 (écart d'environ 55 km seulement entre les deux). Est-ce que l'on aurait pu s'y attendre ? C'est une question sur laquelle de nombreux scientifiques travailleront dans les semaines et les mois à venir (Dr Chris Milliner).

« Temporary seismic quiescence : SE Turkey » (Geophysical Journal). Même si le XXe siècle a été une période d'une relative quiétude, la mémoire du risque est à prendre en compte. 

Le professeur de géophysique Diego Melgar (@geosmx) a reconstitué une modélisation 3D des tremblements de terre à partir des enregistrements.

Erdik, M., Tümsa, MBD, Pınar, A., Altunel, E. et Zülfikar, A preliminary report on the February 6, 2023 earthquakes in Türkiye (Tremblor). Le rapport commence par l'étude des mécanismes géologiques, mais aborde ensuite le problème du non respect des règles de construction (d'où des effondrements de bâtiments en crêpes particulièrement meurtriers), l'impact sur les infrastructures (routes, barrages, hôpitaux...), les questions spécifiques liées aux phénomènes de liquéfaction, l'absence de dispositif d'alerte précoce (le séisme a eu lieu de nuit) ainsi que la faible couverture du  risque par les assurances (les pertes assurables sont difficiles à estimer mais pourraient dépasser les 4 milliards de dollars). Depuis 2000, l'assurance tremblement de terre est obligatoire pour les habitations privées situées en zones à risque. Elle est couverte par le pool turc d'assurance contre les catastrophes (TCIP, DASK en turc). Le système d'assurance obligatoire contre les tremblements de terre en Turquie devrait permettre de couvrir environ 55 % des bâtiments endommagés. Le pool couvre les montants jusqu'à un certain niveau, mais au-delà l'assurance est facultative et couverte par des assureurs privés.

Rashmin G, Escudero I., Anil O, Edward D-J. & al., Global Rapid Post-Disaster Damage Estimation (GRADE Report), 2023, februar 6, Kahramanmaraş Earthquakes, Türkiye Report, Washington, DC (Banque mondiale). Ce rapport de la Banque mondiale estime à plus de 34 milliards de dollars les dommages causés par les séismes en Turquie, soit l'équivalent de 4 % du PIB du pays en 2021. Ce montant pourrait être deux fois supérieur du fait des coûts liés à la reconstruction. Les baisses de PIB dues aux perturbations économiques engendrées par les tremblements de terre en Turquie (plus de 10 000 répliques en un mois) viennnent s’ajouter aux dommages directs.

Taftsoglou M., Valkaniotis S., Karantanellis E., Goula E., Papathanassiou, Preliminary mapping of liquefaction phenomena triggered by the February 6 2023 M7.7 earthquake, Türkiye / Syria, based on remote sensing data (Zenodo). Ce rapport préliminaire sur la cartographie des phénomènes de liquéfaction est basé sur l'imagerie satellitaire optique (imagerie VHR Maxar, Planet, Copernicus Sentinel-2 et autres) ainsi que sur les orthophotos Copernicus Sentinel-1 SAR et UAV. Il cartographie 750 sites avec liquéfaction et étalement latéral. En raison de limitations (couverture de neige, disponibilité en images VHR), la cartographie a été limitée au tremblement de terre M7.7 le long de la zone de faille de l'Anatolie orientale et n'inclut pas la liquéfaction déclenchée par le tremblement de terre M7.6 d'Ekinözü.

Stein, R.S., Toda, S., Özbakir, A. D., Sevilgen, V., Gonzalez-Huizar, H., Lotto, G., Sevilgen, S., 2023, Interactions, stress changes, mysteries, and partial forecasts of the 2023 Kahramanmaraş, Türkiye, earthquakes. Selon ce rapport, la rupture de la faille d'Anatolie orientale était prévue par deux études scientifiques depuis 20 ans. Mais aucune des deux études ne donnait de prévision au sens strict. Si les moyens techniques actuels permettent de mesurer les contraintes qui s'exercent sur les failles, il n'est pas possible de dire à quel moment il peut y avoir rupture. Ces deux études identifiaient néanmoins les lieux où un séisme était le plus susceptible de frapper le long de la faille de l'Anatolie orientale (Tremblor).

Ce ne sont pas les séismes qui tuent. À propos des séismes de Kahramanmaras (Turquie) du 6 février 2023 (L'Information géographique). Jean-François Pérouse montre que « ce sont des facteurs très humains, trop humains qui expliquent la transformation de ces séismes en catastrophe sans précédent pour le pays dans une région au développement urbain rapide et incontrôlé ces trois dernières décennies ».

« Séismes de Turquie du 6 février 2023 : apports de la télédétection » (Planet-Terre). Caractérisation du rejet des failles par interférométrie RADAR et corrélation d’images. Contexte géodynamique de la plaque anatolienne.


3) Cartes et données SIG à visualiser en ligne ou à télécharger

Cartographie préliminaire des ruptures de faille réalisée à partir d'une analyse des données satellitaires post-séisme (USGS). Voir aussi la storymap qui donne l'essentiel des interprétations  :
https://usgs.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=5229bb842bd64b688d769abbefe43b46

Cartographie des zones impactées à partir d'images satellites en open data :
https://ouutu.maps.arcgis.com/apps/webappviewer/index.html?id=86251995abe0496da17122a1b7a1c562

Carte des dommages élaborée par le Jet Propulsion Laboratory de la NASA et le California Institute of Technology en Californie du Sud à partir des images satellites Copernicus Sentinel-1 de l'Agence spatiale européenne (ESA) :
https://aria-share.jpl.nasa.gov/20230206_Turkey_EQ/DPM/

Images mises en téléchargement par l'Observatoire de la Terre (EOS-RS) et le Centre d'imagerie et d'analyse rapides avancées de Singapour (ARIA-SG) :
https://eos-rs-products.earthobservatory.sg/EOS-RS_202302_Turkiye_Syria_Earthquake/

Données de secousses sismiques enregistrées par l'Observatoire Kandilli et l'Institut de recherche sur les tremblements de terre (KOERI) - Université du Bosphore :
http://udim.koeri.boun.edu.tr/zeqmap/hgmmapen.asp#

Cartes et données SIG mises à disposition par le service de gestion des urgences de Copernicus :
https://emergency.copernicus.eu/mapping/node/155224
https://emergency.copernicus.eu/mapping/list-of-components/EMSR648

Cartographie polygonale des zones impactées à partir de l'analyse des images Maxar (changements entre 2019 et 2023) :
https://maxar-opendata.s3.amazonaws.com/events/Kahramanmaras-turkey-earthquake-23/building_change/DataDescription.txt

Analyse d'images du CNES par le Service régional de traitement d'image et de télédétection (SERTIT) https://sertit.unistra.fr/rms/?action=783
https://sertit.unistra.fr/rms/?action=777

Carte d'évaluation des dommages aux bâtiments par Gece Yazilim, Yer Cizenler et İhtiyaç Haritası :https://hasar.6subatdepremi.org/

Il s'agit d'une évaluation préliminaire au 20 février 2023 en fonction du niveau d'endommagement. Il peut y avoir plus de bâtiments endommagés que ceux représentés sur la carte. Cette cartographie d'estimation ne se substitue pas aux enquêtes détaillées qui ont lieu dans un deuxième temps (voir cet article).

Une autre application en ligne peut être utilisée en complément. Il s'agit du géoportail de la Turquie qui fournit les images satellites suite aux tremblements de terre :
https://atlas.harita.gov.tr/#6.99/37.498/37.15

Carte des risques sismiques en Turquie élaborée en 2018 par l'AFAD (Agence chargée de la gestion des urgences et catastrophes au sein du Ministère turc de l'Intérieur). Destinée à remplacer la carte de 1996 qui n'était plus à jour, cette carte était censée aboutir à un renforcement des règles de construction parasismiques après le terrible séisme d'Izmit en 1999 (17500 morts). Mais l'absence de contrôles en a limité l'application.
https://www.thbb.org/media/474741/turkiye_deprem_tehlike_haritasi.pdf



« Earthquake Insurance in Turkey ». Ce rapport de la Banque mondiale, publié en 2006, cherche à évaluer les critères de prise en charge du risque sismique par les assurances. Suite au séisme de 1999, il s'agit de réévaluer la sinistrabilité à l'échelle de tout le territoire de la Turquie (la carte en 5 zones reprend le même zonage que la carte des risques ci-dessus) :
https://www.alnap.org/system/files/content/resource/files/main/turkeyeqinsurance-book.pdf



En l'absence de cartographie exhaustive concernant l'âge et la résistance des batiments à l'échelle de la Turquie, on peut néanmoins disposer de ce type de données pour Istanbul. Un article récent, publié en 2022, donne des modèles de simulation en cas de séisme.

Carte mondiale des risques sismiques (Global Earthquake Model). Cette carte de 2018 décrit la distribution géographique de l'accélération maximale du sol (PGA) avec une probabilité de 10 % d'être dépassée dans 50 ans. La carte a été élaborée à partir de modèles probabilistes de risques sismiques développés par diverses institutions et projets à l'échelle nationale et régionale ainsi que par des scientifiques de la Fondation GEM. 

La carte interactive de Seismic Explorer permet de visualiser 40 ans d'activité sismique à la surface du globe, avec des informations sur la magnitude, la profondeur et l'emplacement de chaque tremblement de terre enregistré.

La base de données Active Faults of Eurasia (AFEAD), sortie fin 2022, dispose d'une carte interactive. En cliquant sur les failles, on accède à des descriptifs avec les articles scientifiques correspondant.

Des images et des analyses à partir d'images satellites Pléiades (CNES) sont mises à disposition dans le cadre de la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures ». Cartes réalisées par UNITAR / UNOSAT.

4) Utilisation de la cartographie pour organiser l'aide humanitaire

« La région n'était pas prête à endurer cela : après le séisme en Syrie, le défi des secouristes pour acheminer l'aide humanitaire aux victimes » (France-Info).

« Acheminer l’aide humanitaire en Syrie après le séisme : le casse-tête devenu course contre la montre ».  L'article pose plusieurs questions : faut-il rouvrir tous les points de passage, suspendre les sanctions, dépolitiser l'aide ? (RTBF). 

« Après la catastrophe, le difficile déploiement de l’aide humanitaire en Syrie et en Turquie » (National Geographic). Au total, la Turquie a reçu des offres d’assistance de 103 pays et a coordonné l’arrivée de 11 320 personnels de 90 pays. […] À l’inverse, en Syrie, peu d’aide gouvernementale a été envoyée dans les zones les plus sinistrées, la région étant sous contrôle rebelle. L’aide bilatérale a été réduite et l’accès des ONG strictement limité.

« Séisme en Turquie : la colère de membres d'ONG empêchés de faire leur travail » (Géo). Dès le 15 février 2023, les autorités turques appliquent brutalement la politique gouvernementale de centralisation du contrôle de l'aide. Les centre de distribution "non-officiels" sont repris en main par de nombreux militaires, forces armées et de police. Plusieurs centres de distribution, pourtant très bien gérés par les Kurdes, sont aussi été fermés par la gendarmerie. 

« Craindre le politique : la réponse humanitaire aux catastrophes dites "naturelles" » (Cahiers d'Outre-Mer). "Le rapport des humanitaires au politique lors de la réponse aux catastrophes en zones de conflit : un cercle vicieux ?" Le schéma explicatif proposé dans cet article prend tout son sens si l'on se réfère aux difficultés rencontrées par l'aide humanitaire lors des séismes en Turquie et Syrie.

« Les satellites, précieux alliés dans l’organisation des secours en Turquie et en Syrie » (Le Courrier International).

Cartographie collaborative à partir des données d'OpenStreetMap (HotOsm). Données SIG à télécharger sur le site Data.humdata.org (couches bâtiments, routes, zones peuplées, établissements de santé, ports et aéroports...).

A compléter par les rapports très détaillés du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (UNOCHA) qui publie des bulletins réguliers sur l'impact des séismes en Turquie et en Syrie.

Impact Initiatives est un "think-and-do tank" basé à Genève qui vise à améliorer l'impact de l'action humanitaire. Il montre, par une série de cartes, la grande vulnérabilité et les besoins des personnes résidant dans le nord-ouest de la Syrie.

Comment le système d'information rapide sur les tremblements de terre LastQuake, conçu par des sismologues du Centre Sismologique Euro-Méditerranéen (CESM), et le système de crowdsourcing ont-ils été utilisés immédiatement après le tremblement de terre. Voir le projet « Médias sociaux, sismologie citoyenne et réduction des risques sismiques » (SCOR).

Données de population 2021 de la Turquie par sexe, par âge et par niveaux administratifs sur le site Human data (Hdx).

L’académie de Toulouse explique comment utiliser un SIG pour "amener les élèves, à travers une étude de cas contextualisée, à produire une carte narrative (story map) sur une image satellite d’une ville frappée par un aléa".

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