La cartographie des centrales électriques dans le monde


Signalé par le blog Maps Mania (article du 28 février 2019).

Asia Pacific Energy Portal a publié une carte interactive qui présente plus de 7 000 centrales électriques dans la région Asie-Pacifique.



US Power Plants  est une carte interactive montrant les emplacements, la taille et le type de centrales électriques aux Etats-Unis.



Carbon Brief a répertorié toutes les centrales au charbon dans le monde (actuelles ou prévues).



Carbon Brief a également cartographié les centrales nucléaires dans le monde, en indiquant le lieu (en fonctionnement ou à l'arrêt) et la capacité de production.


Vous pouvez également utiliser la carte interactive du site Resource Watch pour afficher toutes les centrales électriques dans le monde (environ 28 500 centrales dans 164 pays). Malheureusement, il n'est pas possible de filtrer les centrales par type ou par capacité. Cependant, la base de données est en open source.

En complément, voici une vue aérienne des stations de production d'énergie solaire en Chine, un pays qui investit massivement dans ce secteur et qui sait aussi communiquer pour compenser son image de pays très pollueur sur le plan énergétique à cause notamment de ses centrales au charbon (cf implantation des panneaux photovoltaïques donnant l'image de pandas vus du ciel).



Liens ajoutés le 21 mars 2019

Signalé par Maps Mania (20 mas 2019)

Transition énergétique : comment les Etats-Unis commencent à passer aux énergies renouvelables. Les États-Unis sont en train de changer radicalement leur façon de produire de l'électricité. Electricity Transition publie une story map illustrant ce passage de l’électricité d'origine thermique (à base de charbon et de gaz) à d’autres sources d'énergie (solaire et éolienne). La carte permet d'étudier les centrales électriques aux Etats-Unis, leur emplacement, leur taille et leur type.
http://electricitytransition.com/#4/38.92/-99.79


La carte des éoliennes aux Etats-Unis (sur terre et sur mer) :
http://eerscmap.usgs.gov/uswtdb/viewer/#3.76/37.88/-98.28


Lien ajouté le 7 avril 2019

La mauvaise qualité de l'air en Europe de l'Est par rapport à l'Europe de l'Ouest est directement liée au grand nombre de centrales au charbon (et lignite) que l'on peut encore y trouver (lire notre article pour plus d'informations). Voici la carte des centrales thermiques au charbon en Europe, à comparer avec la carte de la qualité de l'air :
http://beyond-coal.eu/data/
http://airindex.eea.europa.eu/
 

Articles connexes :

Resource Watch, un portail intégré pour visualiser des jeux de données en vue d'assurer "un avenir durable" à la planète

Qualité de l'air et centrales thermiques au charbon en Europe : quelle transition énergétique vraiment possible ?
Données cartographiques sur les énergies marines renouvelables consultables sur le Géoportail



Mapstory, un outil pour élaborer et partager des story maps


Les story maps sont à la mode et peuvent, dans certains cas, offrir un potentiel narratif intéressant qui apporte une plus-value par rapport à des cartes plus traditionnelles (voir l'article de réflexion collective élaboré à ce sujet).

Il existe déjà de nombreux outils pour élaborer des story maps (voir ce choix d'outils). L'intérêt du site Mapstory.org est d'être gratuit, facile à prendre en main et surtout d'offrir une banque de storymaps à explorer ou à partager. 

Le site a été créé par la MapStory Foundation ainsi que par des bénévoles et des sponsors. Il est accessible dès l'âge de 13 ans. Il faut créer un compte pour pouvoir déposer des couches cartographiques.

Pour accéder au site :
http://mapstory.org/


Pour l'instant, l'outil a surtout été utilisé pour produire des atlas historiques, notamment pour donner à voir des constructions territoriales ou des découpages administratifs ou électoraux (cf problème du gerrymandering aux Etats-Unis). Mais on trouve aussi des story maps sur des sujets d'actualité.

Le site contient d'ores et déjà plus de 700 jeux de données disponibles au 1er mars 2019. Parmi les story maps (disons plutôt les cartes historiques) mis en partage, citons par exemple :
Certains jeux de données ont été élaborés par des administrations ou par des chercheurs, d'autres sont le fruit de cartes plus "artisanales" (vérifier les données).

On peut utiliser le moteur de recherche interne qui permet de filtrer les résultats par thème.Les données sont téléchargeables dans différents formats raster (PNG, PDF, JPEG...) ou vecteurs (KML, SHP, GEOJSON...).

Une fois qu'on a sélectionné une story map, on peut l'éditer, accéder à la table et ajouter des données. La ligne chronologique joue un rôle important, cela suppose de disposer de données avec des dates précises.



Articles connexes :

Les story maps : un outil de narration cartographique innovant ?

Une story map sur la campagne de Russie de 1812-1813 à partir de la carte de Minard

Une story map sur la famine de 1631 en Inde


Une animation cartographique pour reconstituer les dynamiques de peuplement aux Etats-Unis sur la période 1790-2010


Cette carte animée est accessible sur Youtube et sur le forum Map Porn où elle fait l'objet de commentaires :
http://www.reddit.com/r/MapPorn/

L'animation reconstitue l'évolution des densités aux Etats-Unis année par année sur la période 1790-2010. Les densités sont cartographiées à l'échelle des comtés, ce qui permet d'étudier les dynamiques de peuplement et la densification progressive du territoire sur deux siècles.


Utiliser le bouton lecture-pause pour faire des arrêts sur image ou des retours en arrière

Les données sont issues de l'US Census Bureau qui est l'administration publique chargée du recensement aux Etats-Unis. Ce site est une mine d'informations pour trouver des statistiques, des graphiques et des cartes sur les Etats-Unis. Le Census Bureau a mis en ligne l'ensemble des recensements effectués depuis 1790, ce qui permet d'intégrer des données anciennes sur un temps long.

Base de tous les recensements du Census Bureau de 1790 à 2010 :


Quelques pistes pour interpréter la carte :

- L'animation permet de mettre en évidence la lente conquête de l'Ouest au cours du XIXe siècle, à partir du foyer d'origine des 13 colonies anglaises au nord-est des Etats-Unis (cf la carte des densités en 1775). La carte vient illustrer le mythe d’une nation conquise par de valeureux pionniers, d’une terre promise arrachée aux sauvages ("Go west, young man" même si on sait aujourd'hui que l'expression est un mythe). Il faut tout de même attendre 1850 (début de la "ruée vers l'or") pour que le mouvement s'accélère véritablement. La "ruée vers l'Oklahoma", avant d'être le titre d'un album de Lucky Luke, est une course aux lopins de terres attribués aux colons avides de nouvelles contrées (cf le Land run de l'Oklahoma bien observable sur la carte à partir de 1889).

- Au début du XXe, la Californie et la Floride ont encore de faibles densités (contrairement à la Louisiane peuplée depuis plus longtemps), mais elles deviennent plus attractives par la suite. Le Vieux Sud suit un schéma différent avec un peuplement plus précoce (plantations de canne à sucre), mais tout de même décalé par rapport aux comtés plus urbanisés des états du nord. A partir des années 1970-80, la densification s'opère surtout autour des grands centres urbains. Malgré tout, l'intérieur des Etats-Unis reste relativement moins peuplé. Certains comtés ruraux perdent même de la population dans la période récente, ainsi que certains comtés urbains de la Rust Belt.

- Les données sont issues des recensements officiels qui, jusqu'en 1900, ne prenaient en compte que les citoyens, à l'exclusion des populations autochtones (amerindiens) et des esclaves noirs (inclus dans la clause des trois cinquièmes demandée par les états du Sud). Cela ne veut donc pas dire que le centre et l'ouest des Etats-Unis étaient vides de populations. Leur densité étant probablement assez faible (on estime qu'il y avait environ 600 000 Amerindiens sur le territoire actuel des États-Unis en 1800), elle peut éventuellement être comprise dans la catégorie 0-2 hab / km2 indiquée en légende.

- La carte traduirait-elle un certain ethnocentrisme ? D'aucuns y voient une "animation politiquement correcte qui rassure les Américains mais qui occulte complètement les Amérindiens". Le titre n'est pas tout-à-fait juste. Plus que les densités de population, la carte représente l'implantation et l'essor de la population d'origine européenne au sein d'un continent déjà peuplé d'autochtones.

- Le seuillage de la légende mérite d'être discuté (mode de discrétisation par égal effectif ?). Le seuil maximum de 90 habitants par km2 est assez bas (à rapporter à des densités moins fortes dans le Nouveau Monde qu'en Europe). Il ne rend pas compte de l'urbanisation, mais plutôt de la colonisation progressive du territoire américain. Malgré tout, une analyse détaillée de la carte permet de voir le développement chaotique avec des "hauts" et des "bas" dans certains comtés liés aux cycles de conjoncture économique (arrivée du chemin de fer, fin de la ruée vers l'or, effets de la crise de 1929...)

- Les recensements ayant lieu tous les dix ans, les données non décennales correspondent donc à des estimations (il n'est pas précisé si des données complémentaires ont été utilisées en plus des recensements officiels).

- Les frontières des Etats-Unis ont changé (voir cet atlas historique des comtés américains qui fournit les données en téléchargement). Il faut donc recouper la carte d'évolution des densités avec la carte animée ci-dessous qui montre la construction progressive du territoire américain sur 170 ans (1789-1959) :




Ce gif animé est issu du site Smithsonian.com. Cette animation est également disponible sur Youtube sous forme de vidéo (avec possibilité de faire des arrêts sur image). La carte animée résume 170 ans d'évolution du territoire des Etats-Unis, de l'application de la Constitution américaine en 1789 jusqu'au rattachement de Hawaï en 1959. Une autre vidéo permet également de montrer l'évolution des frontières sur le site Business Insider.

Les changements sont considérables, en particulier pour la Géorgie ou le Texas qui constituent d'abord de gigantesques territoires indépendants avant de se réduire progressivement. On peut voir également les divisions de la Nouvelle Espagne et les rétractions successives de l'état du Mexique, de son origine en 1821 à sa disparition en 1854. Par le traité de Guadeloupe Hidalgo signé le 2 février 1848, le Mexique cède aux États-Unis le Texas, la Californie, l'Utah, le Nevada, le Colorado, le Wyoming, le Nouveau-Mexique et l'Arizona (soit la moitié de son territoire). D'autres gif animés sont disponibles sur le site Vividmaps.com en ce qui concerne par exemple l'évolution de l'appartenance religieuse.

La carte ci-dessous issue du forum Map Porn résume les acquisitions territoriales des Etats-Unis sur la période 1783-1853 (voir le détail par année sur Wikipedia).
 

Une autre carte animée peut être utilisée pour compléter l'analyse. Il s'agit d'une cartographie en mode point donnant à voir une représentation différente de la densité. Le pas de temps de 10 ans est moins précis, mais correspond davantage à la réalité des données disponibles à partir des recensements décennaux. Chaque point équivaut à 5 000 habitants, ce qui est relativement précis. Cette représentation des densités humaines par une densité de points permet de s'affranchir de la maille administrative et de prendre en compte les populations autochtones déjà implantées au moment de l'arrivée des populations d'origine européenne. Les foyers isolés apparaissent mieux sur cette carte que sur une carte choroplèthe. Il est plus difficile cependant de localiser les territoires concernés.




Une autre vision de la frontière américano-mexicaine : historiquement les Mexicains n’ont pas franchi la frontière américaine, c'est la frontière qui les a traversés. La carte représente non pas la nationalité d'origine, mais les citoyens américains qui s’identifient ou sont identifiés comme étant  d’origine ethnique mexicaine. Ce ne sont pas des personnes qui ont immigré aux États-Unis, ce sont des personnes qui vivent dans les mêmes régions depuis des générations. Le débat porte sur le fait de considérer ou non ces populations d'origine mexicaine comme faisant partie des "autochtones" installés préalablement à la colonisation d'origine européenne.


Une carte montrant les origines dont se réclament les Américains à l'échelle des comtés.

A compléter par cette carte des origines ethniques des ancêtres par état (enquête du Census Bureau en 2000). Source : Wikipedia


La construction du territoire des Etats-Unis en 141 cartes interactives (1789-1959) avec une typologie intéressante qui permet de distinguer entre territoire américain, état constitué ou en sécession, territoires en litige, autres territoires...  : http://michaelporath.com/projects/manifest-destiny/#overview



La carte de répartition des tribus amerindiennes vers 1500 :
http://paulmirocha.com/project/corns-journey/
http://www.themaparchive.com/indian-culture-areas-in-north-america-c-1500.html

A compléter par une carte plus détaillée sur Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Native_American_cultures_in_the_United_States


Une sélection de cartes anciennes proposée par la Bibliothèque du Congrès montrant le rôle des réseaux de chemin de fer dans la conquête de l'Ouest : http://www.loc.gov/collections/railroad-maps-1828-to-1900/

Un graphique évolutif montrant la croissance démographique des 10 plus grandes villes américaines depuis 1790 : http://www.vividmaps.com/wp-content/uploads/2019/04/10-most-populous-cities-every-decade-since-1790-10.png



Article connexe :

Déchiffrer l'information géographique à l'heure d'Internet : l'article propose plusieurs manières originales de découper le territoire américain à partir de cartes sur Internet.



Country T-SNE, une solution de data visualisation originale pour comparer des pays entre eux


La théorie de la similarité entre les pays, vous connaissez ?

C'est l'idée que les pays ayant des caractéristiques similaires sont plus à même de commercer les uns avec les autres (cela semble une approche plutôt libérale). Mais l'objectif est également de pouvoir conduire des approches comparées en s'assurant qu'il existe un minimum de comparabilité entre les pays ou inversement de permettre de faire des analyses contrastives à partir de groupes de pays ayant des caractéristiques dissemblables. Ces caractéristiques peuvent correspondre au niveau de développement ou d'éducation, au mode de gestion des ressources naturelles ou au respect de l'environnement, au régime politique ou au mode de gouvernance, et à bien d'autres critères...

C'est sur principe que la société Interacta, dont l'objectif est de fournir des solutions de visualisation interactive fondées sur les données, a mis au point l'application Country T-SNE. Les auteurs Nikita Rokotyan, Olya Stukova, Dasha Kolmakova ont eu recours à l'algorithme T-SNE, une méthode non-linéaire qui permet de représenter un grand nombre de variables sous forme de nuage de points.

Pour accéder à la data visualisation :
http://projects.interacta.io/country-tsne/

 

Au début, l'interface peut surprendre et on a du mal à comprendre ce que représentent les données affichées à l'écran. En effet, l'application est fondée sur T-SNE, un algorithme d'apprentissage automatique issu de l'intelligence artificielle qui permet de regrouper visuellement des points de données similaires sans rien connaître a priori des données réelles. 

Chaque point à l'écran  représente un pays, mais il ne s'agit pas d'une carte (donc pas de localisation géographique). S'il fallait comparer avec un type de graphique, le rendu visuel se rapproche du nuage de points, mais sans indication des variables ni des unités utilisées en abscisses et en ordonnées.

Les indicateurs, tels que la population, la superficie, le PIB, l'IDH, l'indice de GINI, l'indice Happy Planet..., sont accessibles à droite de l'écran. En choisissant un nouvel indicateur, les regroupements entre pays s'affichent automatiquement. Il faut considérer chaque pays comme un point de données possédant un certain nombre de propriétés. T-SNE recherche les similitudes locales et globales entre les pays et effectue les rapprochements directement sur la carte. Les couleurs représentent les différents continents, la taille du point est  proportionnelle à la population du pays. Ces paramètres sont modifiables. Le moteur de recherche permet heureusement d'identifier un pays si on ne le trouve pas à l'écran. Un conseil : décocher d'abord toutes les cases, puis afficher indicateur par indicateur avant de passer éventuellement à plusieurs indicateurs à la fois.

Si vous êtes amateurs de #dataviz et d'indicateurs composites, cette application devrait vous ravir. Parmi les nombreuses options de paramétrage figure notamment la "perplexité". Celle-ci permet d'équilibrer les relations locales et globales dans les données qui sont liées au nombre de voisins les plus proches. Les valeurs sont comprises entre 5 et 50. L'algorithme T-SNE (t-distributed stochastic neighbor embedding) se base en effet sur une interprétation probabiliste des proximités.

Présentée dans le cadre d'un concours le World Data Visualization Prize, cette application entend être une solution de cartographie alternative fondée sur l'analyse des données. Elle a d'ailleurs remporté le grand prix devant les autres projets qui étaient en lisse dans ce concours.

Les données ont été fournies par le site Information is beautiful et par le World Government Summit.


Articles connexes :

Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?

Utiliser des graphiques animés pour donner à voir des évolutions et des ruptures


Une data-story sur les flux de migrations en Afrique occidentale et centrale (DTM-IOM)


Fondée en 1951, l'Organisation internationale des migrations (IOM) est la principale organisation intergouvernementale dans le domaine de la gestion des migrations. Elle  publie des chiffres et des rapports annuels qui font référence au niveau international.

Outre un portail de données, l'IOM fournit une carte interactive qui permet de connaître le nombre de migrants (entrants et sortants) par pays : http://www.iom.int/fr/la-migration-dans-le-monde



L'Organisation internationale des migrations s'est associée au projet DTM (Displacement Tracking Matrix) qui permet de suivre les déplacements et la mobilité des populations de manière à "mieux comprendre les mouvements et les besoins en évolution des populations déplacées, sur site ou en cours de déplacement".

Dans ce cadre, le DTM-IOM propose une data-story sur les flux de migrants en Afrique occidentale et centrale : http://migration.iom.int/europe?type=arrivals

Le terme de data story est à rapprocher du terme de story map : il s'agit de développer un récit qui permet de comprendre le sens des données (comme pour les cartes) dans l'idée d'en fournir une visualisation efficace, mais aussi de sensibiliser voire de convaincre. Le data storytelling, actuellement en plein essor, fait l'objet d'un marché économique assez lucratif, celui  de la Business Intelligence. Il peut être mis au service d'autres finalités qu'économiques, par exemple pour informer le grand public ou mettre en place des opérations humanitaires.

D'après les statistiques de l'UNDESA, on sait que plus de 7,5 millions de migrants vivent en Afrique occidentale et centrale et que la plupart d'entre eux viennent de la même région géographique. La Côte d'Ivoire occupe la première place avec 2,2 millions de migrants installés dans le pays, suivie du Nigéria (1,2 million) et du Burkina Faso (709 000). Afin de comprendre les dynamiques de migration dans la région, DTM a commencé à mis en place un dispositif d'observation des flux à partir 2016. En 2018, il y avait environ 35 points de surveillance des flux dans la région.


D'après les données collectées par les enquêteurs du DTM, plus de 95% des flux enregistrés depuis début 2017 sont intra-régionaux, voire en provenance du même pays. Environ 50% des migrants enregistrés au Sénégal ont déclaré avoir effectué leurs déplacements à l'intérieur du pays. Le Niger, le Mali, le Sénégal et le Nigéria sont les principales destinations des migrants interrogés aux points de surveillance des flux.

Une carte par interpolation (heatmap) indique les destinations déclarées par les migrants aux points de surveillance entre janvier 2017 et septembre 2018 (on peut faire varier la période pour mesurer les évolutions) :



Le diagramme alluvial ci-dessous a été construit à partir d'un échantillon de données origine-destination collectées aux points de surveillance des flux entre janvier 2017 et septembre 2018. Il témoigne  de mouvements significatifs dans la région, mais également à l'intérieur des pays eux-mêmes. Selon un échantillon de plus de 24 000 personnes interrogées entre janvier et septembre 2018, les migrants à la recherche d'un emploi représentent la plus grande partie de la mobilité intra-régionale, les jeunes migrant d'un pays à l'autre à la recherche de meilleures opportunités d'emploi.
 


Le site de l'IOM fournit également, à travers une interface cartographique, un recensement précis des migrants décédés ou disparus chaque année dans le monde :
http://migrationdataportal.org/themes/migrant-deaths-and-disappearances


Pour compléter :

Article du Monde, L’immigration de l’Afrique de l’Ouest a surtout lieu… vers l’Afrique de l’Ouest. Par En ligne.

François Héran, L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes, Population & Société, n° 558, septembre 2018, En ligne.

Philippe Rekacewicz, Mourir aux portes de l’Europe - décembre 2016, Visionscarto. En ligne.

Les cartes du Monde. Migrant : les routes de la mort. En ligne.

Le Dessous des cartes (Arte). Migrations intra-africaines.  Disponible du 26/01/2019 au 26/03/2019
En ligne.

Hervé Le Bras - La migration africaine vers l'Europe - Interview par les experts du Dessous des cartes
En ligne.

Où sont les camps de réfugiés en Afrique ? Info migrants. En ligne (fichier kmz à télécharger)





Une story map sur la famine de 1631 en Inde


La famine de 1631 en Inde a été racontée par le voyageur Peter Mundy. Ce commerçant voyageur et écrivain d'origine anglaise est parti en 1630 de Surate au Gujarat pour se rendre à Agra (dans l'Uttar Pradesh actuel). Au cours de ce voyage, Mundy a été témoin d'une terrible famine et a raconté ses effets sur les populations qu'il a rencontrées. Son récit manuscrit a été conservé et publié sous le titre Itinerarium Mundi.

Une story map permet de suivre son itinéraire et de découvrir son récit à travers une carte interactive : Famine & Dearth in India and Britain.

Le parcours est repéré par des balises qui renvoient aux textes de Mundy dans son ouvrage Itinerarium Mundi. La couleur de chaque balise indique la gravité de la situation, de la famine à l'autosuffisance. Plusieurs cartes anciennes peuvent être utilisées en fonds de carte. En jouant sur le degré de transparence, on peut découvrir les noms correspondants sur la carte actuelle.

Cette famine a débuté au Gujarat après une longue sécheresse en 1630. L'année suivante, en 1631, les cultures ont été attaquées par des rats et des criquets. De très fortes pluies ont également provoqué l'apparition de nombreuses maladies liées à la mauvaise qualité de l'eau. Suite à ces événements calamiteux, les gens étaient si désespérés qu'ils durent manger des os humains broyés avec de la farine. Le cannibalisme était fréquent et les gens se nourrissaient de cadavres. 

La base de données Famine and Dearth contient des transcriptions issues de plus de 700 sources primaires relatives aux situations de famine et de pénurie en Inde et en Grande-Bretagne sur la période 1550-1800. Les archives contiennent des textes en dix langues différentes, en persan,  bengali et hindi, ainsi qu'en anglais, et proposent des traductions en anglais pour la majorité des textes. Ces textes couvrent un large éventail de genres, notamment des récits, chroniques, correspondances officielles, textes de lois, brochures, périodiques, pièces de théâtre, poésies, enquêtes et textes romanesques ou non romanesques.

La base de données a été publiée dans le cadre du projet Famine and Dearth in India and Britain, 1550-1800.


Article connexe:

Les story maps : un outil de narration cartographique innovant ?


Les ségrégations raciales aux Etats-Unis appréhendées en visualisation 3D et par la différence entre lieu de travail et lieu d'habitat


Ressource signalée dans un article de Vox paru le 18 février 2019 :
American segregation, mapped at day and night

Les ségrégations raciales aux Etats-Unis étaient appréhendées jusque-là principalement à partir des lieux de résidence, qui constituent également les territoires principaux de nos échanges affinitaires sur les réseaux sociaux (lire ce billet). Trois chercheurs Matthew Hall, John Iceland et Youngmin Yi ont eu l'idée d'étudier la ségrégation raciale en distinguant entre les quartiers fréquentés de jour et ceux habités de nuit (voir leur publication). Le modèle de quartiers relativement diversifiés sur le plan ethnique le jour mais de plus en plus ségrégés la nuit s'applique en effet à la plupart des villes américaines. L'étude s'appuie sur des données de déplacements issues du Census Transportation Planning Package (CCTP).

Voici la vidéo où les chercheurs expliquent la méthodologie qu'ils ont appliquée sur différentes villes des Etats-Unis (à partir de 2 minute 30).



Les auteurs ont d'abord mesuré la composition raciale dans les « lieux de travail » et ont ensuite comparé la ségrégation entre les lieux de travail et les lieux de résidence. Les résultats indiquent que la ségrégation au travail est nettement inférieure à la ségrégation résidentielle. La ségrégation noir-blanc au travail correspond, par exemple, à la moitié du niveau de ségrégation noir-blanc au domicile. Les analyses multivariées révèlent également que la ségrégation professionnelle, pour tous les groupes, est plus élevée dans les zones métropolitaines où la ségrégation résidentielle est plus grande. Pour les travailleurs hispaniques, la ségrégation liée au travail est plus forte dans les régions où l’immigration est plus importante, tandis que pour les Noirs, la ségrégation est plus faible dans les zones métropolitaines comptant une population militaire importante. Les résultats montrent également de manière constante que la ségrégation des travailleurs noirs et hispaniques est inférieure dans les zones où les groupes minoritaires sont plus défavorisés sur le plan professionnel.

On aurait pu s'attendre à ce que les lieux de travail aident à surmonter les schémas de ségrégation résidentielle dans lesquels sont coincées les populations. Mais l'étude met en garde contre une lecture trop optimiste des données. Les chercheurs ont découvert que la ségrégation dans les quartiers de travail était en train d'augmenter. Cela concorde avec les recherches récentes de John-Paul Ferguson et de Rembrand Koning, qui ont montré que la ségrégation sur les lieux de travail était plus grande qu’il y a une génération.

L'originalité de ce travail  tient également au mode de représentation des données proposées en visualisation 3D. A découvrir sur le site du journal Vox (il faut faire défiler les explications avant de pouvoir explorer les données) : http://www.vox.com/

Les comparaisons peuvent être conduites dans un premier temps entre groupes ethniques, puis en jouant sur les différences entre le jour et la nuit. Voici à titre d'exemple le cas de Los Angeles.

Répartition des blancs au domicile :


Répartition des noirs au domicile :


Répartition des asiatiques au domicile :


Répartition des hispaniques au domicile :


De jour, la répartition change en partie, surtout pour les hispaniques et les asiatiques qui se déplacent davantage sur un autre lieu de travail.

Répartition des hispaniques au travail :


Répartition des asiatiques au travail :


L'intérêt est de pouvoir explorer un très grand nombre de villes américaines de Chicago à San Francisco, de Boston à Atlanta ou Miami... mais aussi des villes de beaucoup moins grande importance (plusieurs 100e de villes sont disponibles).

Ce type de cartographie s'inscrit dans l'essor actuel des data visualisations et autres infographies en 3D. Si l’exploration de ces cartes révèle une chose pour les auteurs, c’est que "les ombres de la ségrégation résidentielle suivent les Américains partout où ils vont la journée".


Articles connexes :

Visualiser les densités de population en 3D et à l'échelle mondiale

Le rythme cardiaque de la ville : Manhattan heure par heure

Comment différencier infographie et data visualisation ?


Lien ajouté le 2 mars 2019 :

Qui peut habiter à Chicago ? Les écarts par revenus et par appartenance ethnique.


Lien ajouté le 19 mars 2019 :


Le Mobiloscope est un outil de géovisualisation pour explorer la population présente en ville au cours des 24 heures de la journée (cf mobilité différentiée selon les types de population). Il permet de voir comment les quartiers, leur composition sociale et la ségrégation urbaine évoluent au fil des heures dans une 20e de villes françaises.
http://mobiliscope.parisgeo.cnrs.fr/



Rapport de l'Observatoire des territoires sur l'impact des mobilités en France


Communiqué de l'Observatoire des territoires (CGET) :

L’édition 2018 du rapport de l’Observatoire des territoires décrypte les tendances historiques et les inflexions récentes des mobilités résidentielles et montre leurs impacts sur les territoires français. Fin de l’exode rural, périurbanisation, attrait pour le Sud et les littoraux, déménagements d’une métropole à l’autre, effets de la mobilité sur l’accès à l’emploi et sur la mixité sociale… : illustré de cartes et de graphiques, ce rapport explore de nombreux sujets et pointe leurs enjeux pour la cohésion sociale et territoriale.

Télécharger le rapport (48 Mo)

 
Pour la première fois, plusieurs outils complémentaires ont été développés pour faciliter l’appropriation du rapport :
  • une synthèse avec des illustrations interactives ;
  • une application simple d’utilisation livrant les chiffres clés du rapport à l’échelle locale (intercommunalité, département, région) ; 
  • un module logiciel développé avec le logiciel open-source R, permettant aux techniciens et analystes manipulant les bases de données statistiques d’exploiter plus facilement les sources utilisées dans le rapport et d’actualiser les indicateurs qui y sont publiés. 
  • Une note méthodologique présentant les concepts nécessaires à l’étude des mobilités résidentielles et un tutoriel détaillant les fonctions du package sont également en ligne.

Commentaire :

Ce rapport constitue une mine d'informations, de graphiques et de cartes pour traiter des questions de mobilités à différentes échelles en France et en outre-mer. L'outil en ligne fournit un complément intéressant pour approfondir l'analyse des données. La cartographie est originale et assez inédite, notamment dans la manière d'aborder les dynamiques migratoires en distinguant entre les pôles et les couronnes des aires urbaines, mais également en cherchant à mettre en évidence des logiques de mobilités résidentielles par régions ou par profils d'individus.















A compléter par  cette carte de synthèse sur les mobilités en France (2011) élaborée par le CGET pour les aires urbaines de plus de 100 000 habitants.
http://periurbain.cget.gouv.fr/sites/default/files/04_fiche_mobilite_vect.pdf



Articles connexes :

Les villes moyennes toutes en déprise : vrai ou faux ? Une analyse du CGET

La carte du monde des villes de plus de 100 000 habitants


On trouve de très nombreuses cartes des villes mondiales sur Internet. Il s'agit des grandes métropoles dont la population dépasse largement le million d'habitants. Il est plus rare de trouver des informations sur les villes "moyennes", le seuil de 100 000 habitants étant en général le critère démographique retenu. En 2015, Fingolas a élaboré une carte représentant l'ensemble de ces villes supérieures à 100 000 habitants (soit plus de 4 300 villes dans le monde).

Pour accéder à la source de cette carte :



La carte est également disponible sous forme interactive (zoomer pour faire apparaitre les villes en fonction des pays) :
http://fingolas.cartodb.com/viz/5b9a0e5c-ba27-11e4-9fc4-0e0c41326911/public_map


Les cercles sont proportionnels à la taille de la population (de moins de 500 000 à plus de 2,2 millions d'habitants environ). Le mode de classification correspond à la règle de rang-taille. La carte fait ressortir des grappes de villes à l'échelle du monde avec des concentrations urbaines très importantes en Chine (450 villes > 100 000 hab) et en Inde (plus de 350), et plus globalement sur les grandes façades maritimes. La carte peut être recoupée avec la carte mondiale des fortes densités qui montre que 50% de la population vit sur 1% des terres émergées, principalement dans des zones très urbanisées (source : Metroscom).



Pour élaborer la carte des villes de plus de 100 000 habitants, l'auteur a utilisé les données mises à disposition sur le site de l'ONU (pour la période 1999-2013). Ces données ont été complétées par celles d'Africapolis.
http://unstats.un.org/unsd/demographic/products/dyb/dyb2013.htm

Pour télécharger des données plus récentes (pour la période 1997-2016) :
http://unstats.un.org/unsd/demographic-social/products/dyb/documents/dyb2016/table08.pdf

Wikipedia  en recense une liste complète, classée par ordre alphabétique des villes et des pays :
http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_towns_and_cities_with_100,000_or_more_inhabitants/country:_A-B

Depuis 1998, l'ONU publie chaque année les chiffres de l'urbanisation dans le monde. Les données sur la population rurale et urbaine sont téléchargeables ainsi que les cartes et les profils par pays.
http://population.un.org/wup/

En France, l'INSEE fournit les statistiques concernant les plus grandes villes de France (par communes et par aires urbaines pour l'année 2015) :

La France compte seulement 42 villes de plus de 100 000 habitants, ce qui en fait déjà des grandes villes à l'échelle française, la ville "moyenne" se définissant comme une ville comprise entre 20 000 et 100 000 habitants. S'agissant des grandes villes, l'INSEE retient différents seuils (100 000, 200 000, 300 000, voire 500 000 habitants). En 2018, la France compte 20 pôles urbains supérieurs à 300 000 habitants :
http://www.insee.fr/fr/statistiques/3682672

Pour avoir accès à la base de données de toutes les villes françaises :
http://sql.sh/736-base-donnees-villes-francaises


La carte des villes de plus de 1 000 habitants en France :
https://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/9bxhzw/every_city_and_town_in_france_with_over_1000/
 
La même carte actualisée à partir de la population légale 2016 sur le site de l'INSEE :
http://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&i=pop_legales.popmun&s=2016&view=map1


La carte des villes de plus de 1 000 habitants en Europe.
http://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/3tjl1t/cities_and_towns_in_europe_over_1000_inhabitants/



Pour compléter, voici la carte des plus grandes villes "francophones" dans le monde (la source statistique utilisée ne permet cependant pas de déterminer le nombre de locuteurs francophones dans chacune de ces villes) :


Le site CityExtremes propose une application qui permet de calculer des distances par rapport aux villes les proches en fonction de leur taille de population  (100 000, 500 000, 1 million  d'habitants) : http://cityextremes.com/isolated


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Visualiser les densités de population en 3D et à l'échelle mondiale

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Utiliser des graphiques animés pour donner à voir des évolutions ou des ruptures


Les progrès de l'infographie et de la data visualisation permettent d'avoir accès à des graphiques animés en tout genre. Ils peuvent s'avérer pratiques pour dégager des dynamiques, montrer des évolutions ou des ruptures.

Nous entamons un recensement des ressources numériques disponibles à ce sujet. Pour commencer, nous avons répertorié les histogrammes animés qui permettent de mettre en évidence des classements et leur évolution.

Wawamustats

Wawamustats rassemble sur sa chaîne Youtube un très grand nombre d'histogrammes animés :
http://www.youtube.com/channel/UCy0dKy89rZFR8OCbAT69wcQ

Cliquer sur la barre de lecture pour faire des arrêts sur image ou des retours en arrière de manière à déterminer à quelles dates les rangs du classement sont complètement bouleversés.








Visual Capitalist

Visual Capitalist se présente comme "un media numérique qui utilise les données, l’art et la narration pour faciliter la compréhension de problèmes complexes auprès d’investisseurs du monde entier". C'est une source intéressante pour trouver des animations sur toutes sortes de sujets. Les graphiques animés concernent aussi bien des cartes, des histogrammes, des pyramides des âges... Attention : lorsque les barres de l'histogramme horizontal ci-dessous diminuent, ce n'est pas le PNB (en anglais GDP) qui diminue mais l'échelle du graphique qui change.





Flourish

La plateforme Flourish (voir notre présentation) propose des data visualisations dynamiques sur de nombreux thèmes notamment l'évolution de la production de pétrole par pays de 1950 à 2018.
http://public.flourish.studio/visualisation/282396/
A compléter par le site Energylawprof concernant la production des états américains :
http://www.energylawprof.com/wp-content/uploads/2019/04/State-Oil-Race-w-Gulf.gif




Le site Our World in Data propose de très nombreuses data visualisations en haute définition assorties d'analyses fouillées (voir notre article de présentation du site).


Milos Popovic produit de nombreux graphiques ou cartes animés. Voici par exemple une carte animée qui montre l'écart grandissant du  PNB entre l'Europe de l'ouest et l'Europe de l'Est pendant la Guerre Froide (1950-1990) : http://milosp.info/





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Comment différencier infographie et data visualisation ?

Décomposer les cartes d'un gif animé



Quand l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique permettent de repérer des bidonvilles à partir d'images satellitaires et aériennes


Signalé par le blog Maps Mania (article du 22 février 2019)


Les techniques d’apprentissage automatique sont de plus en plus efficaces pour détecter des zones spécifiques sur des images satellitaires ou aériennes. L'intelligence artificielle (IA) et l'apprentissage automatique fournissent des algorithmes qui permettent de rechercher des traces reconnaissables à partir de vues aériennes.

Le projet OneSoil (présenté en détail dans ce billet) est un exemple d'utilisation de l'IA et de l'apprentissage automatique pour détecter la répartition des types de cultures dans le monde. Земляна проказа est un autre exemple d'application fondée sur le machine learning, utilisé dans ce cas pour identifier les mines d'ambre illégales en Ukraine. Curio Canopy mobilise, quant à elle, des techniques d'apprentissage automatique pour identifier le couvert forestier dans les villes européennes.

Un exemple intéressant est celui du Dymaxion Labs qui vise  à cartographier les bidonvilles et constructions informelles. Dymaxion est une start-up argentine qui a recours à l'apprentissage automatique pour explorer les images satellitaires d'un certain nombre de villes d'Amérique latine dans le but d'identifier les zones de taudis et les quartiers informels. Les cartes qui en résultent sont utilisées pour aider les urbanistes et les autorités locales à déterminer les endroits où il faut développer en priorité les services publics.

Les zones d'habitat informel se développent à un rythme alarmant dans les villes d'Amérique latine, transformant les espaces en habitats périurbains en quelques mois. Les gouvernements et les ONG ont du mal à suivre l'évolution de ces changements en raison des coûts et des obstacles logistiques liés à la couverture des territoires concernés, ce qui signifie que les données sur les établissements informels sont souvent dépassées. Dymaxion Labs offre d'ailleurs la possibilité de s'inscrire sur le site pour ajouter des informations et compléter les zones de bidonvilles identifiées par les images aériennes.

Pour explorer la carte les bidonvilles et habitats informels :

Les couches vectorielles sont téléchargeables pour chacune de ces villes au format geojson :
http://ap-latam.dymaxionlabs.com/en/data

Une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980


A Paris comme partout ailleurs en France, il semble que l’histoire des classes populaires demeure plus souvent invisible dans l’espace urbain que ne le sont les lieux bourgeois, royaux ou militaires. Pour apporter une pierre à l’édifice, le quotidien Libération se lance dans une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980.

La carte interactive à consulter sur le site de Libération :
http://www.liberation.fr/apps/2019/02/paris-populaire

La présentation du projet :
Une immersion dans l’histoire populaire de Paris


La carte interactive est consultable en zoomant sur le quartier ou le lieu sélectionné. L'utilisateur peut choisir de filtrer les informations par périodes ou types de lieux. En cliquant sur un lieu, on accède à une notice détaillée donnant le descriptif et les sources historiques utilisées. La distinction entre lieux visibles et invisibles est très intéressante et mérite d'être analysée et discutée. En activant sa position GPS, on peut mieux appréhender les lieux situés à proximité. De quoi faire une exploration éclairée de lieux historiques souvent méconnus.

Parsemée de points cliquables et sourcés, cette carte forcément non exhaustive fera l’objet de mises à jour thématiques régulières. Dans le sillage de Philippe Boisseau, de son site Paris révolutionnaire ou des ouvrages d’Alain Rustenholz, Libération veut permettre de construire un pont avec les nombreux travaux des chercheurs. Il s'agit également d'inviter chacun à déambuler à travers les lieux d'une « histoire par le bas ».

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Les story maps : un outil de narration cartographique innovant ?



Battle Nodegoat, toutes les batailles de l'humanité sur une seule carte interactive


Toutes les batailles de l’humanité (enfin presque) en une carte interactive. C'est le pari un peu fou relevé par la plateforme Nodegoat, spécialisée dans les environnements de visualisation et d'analyse de données en ligne.

Pour accéder à Battle Nodegoat :
http://battles.nodegoat.net/viewer.p/23/385/scenario/3/geo




La plateforme permet plusieurs modes de consultation :
  • en cochant ou décochant les items de la légende qui classent les batailles par période (cf légende en haut à droite de l'écran) ;
  • en sélectionnant une période dans la barre chronologique en bas de la fenêtre ;
  • en zoomant directement sur un lieu de bataille (en déplaçant la souris sur la carte, on fait apparaître en infobulles les noms de batailles). En cliquant sur le lieu, on accède à une fiche descriptive donnant les explications détaillées sur DBpédia ;
  • enfin en cliquant sur le bouton d'animation, on peut créer une animation chronologique avec des batailles qui apparaissent en fonction de la période que l'on a choisie.

Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?


La mode est aux comparateurs sur Internet, on compare tout : comparateur de prix, comparateur de biens, comparateur de vols, comparateur d'itinéraires. La géographie aime aussi à faire des comparaisons entre les pays, leur superficie, leur niveau de revenus, d'accès aux soins, de préservation de l'environnement, de respect de la démocratie...

Les cartes par anamorphoses ont connu leur heure de gloire et rencontrent encore un certain succès pour rendre visible tel ou tel phénomène géographique en fonction de la taille relative des pays, du poids de leur population ou de leur niveau de richesse. Mais aujourd'hui la mode semble être davantage aux cartes comparatives qui rapportent directement la surface d'un pays ou d'une région à celle d'un(e) autre. Voyons plutôt quelques exemples. 

Quelle est la surface réelle de l'Afrique ? (source : Wikimedia)


Quel est le poids démographique de l'Inde rapporté à la population d'autres pays ? (source : Vivid Maps)


Avec parfois une sémiologie très discutable : même en connaissant bien les drapeaux des pays, il n'est pas évident de lire cette production graphique qui relève plus du patchwork décoratif que de la carte (source : Vivid maps).



Ce type de cartes quasiment illisibles peut éventuellement être détourné en faisant des jeux géographiques pour les élèves. Par exemple sur la carte ci-dessous il s'agit, en s'aidant des drapeaux, de chercher quel pays partage la plus longue ou la plus courte frontière avec tel autre ? (source : Vivid Maps)... et il peut y avoir des surprises.


Ces cartes avec drapeaux véhiculent des visions du monde qu'il convient d'interroger. Voici par exemple la carte de la 2e "nationalité" la plus importante pour chaque pays en Europe (source : Brilliant Maps). Sans critères statistiques et en confondant origine géographique et appartenance culturelle ou religieuse, ce type de cartes peut verser dans les stéréotypes.



Quel est le poids de la population de grandes métropoles mondiales comparé à la population de pays ou régions en Europe ?



La population du grand Tokyo rapporté à celle de villes américaines (source : Metrocosm)



L'importance des langues à la surface du globe rapportée au poids relatif des populations (source : Visual capitalist)


Le choix de la projection cartographique est important comme pour cette carte Mercator dont on perçoit bien les déformations (source : Brilliants Maps).


La taille respective des terres et des océans peut donner lieu à des comparaisons intéressantes : l'océan Pacifique couvre une superficie plus grande que toutes les terres réunies (source : Brilliants Maps). Une manière de donner quelques repères et quelques ordres de grandeur aux plus jeunes élèves.


Avec parfois des questions pertinentes qui pourraient s'apparenter à des formes de géographie prospective : que se passerait-il si les plus grands pays avaient les plus importantes populations (source : Map Porn) ?


Certains sites de diffusion et partage de cartes géographiques sur Internet proposent ainsi des classements :

Concernant la taille comparative des pays, on peut trouver beaucoup d'exemples en saisissant dans un moteur de recherche l'expression : "the true size of  ? Sinon vous pouvez utiliser le site du même nom True Size qui est assez efficace pour comparer la taille des pays (en voici quelques exemples). Dans la barre de recherche, on saisit le nom d'un pays qui aussitôt se met en surbrillance. Puis on le déplace sur la carte pour comparer sa taille par rapport à d'autres espaces.


L'un des usages de True Size assez inattendu et pour le moins détourné consiste à déplacer un pays de l'hémisphère Nord vers les Tropiques ou vers l'Equateur (par exemple la France vers l'Afrique centrale). Compte tenu de la projection Mercator choisie par Google Maps, la taille du pays se réduit alors de manière très significative : une manière de travailler sur les projections (voir la démo dans cet article de Cybermetric).

Si vous souhaitez pouvoir comparer la superficie ou les caractéristiques de différents espaces géographiques avec des outils de cartographie numérique, trois autres utilitaires peuvent vous rendre service :
  • Mapfrappe : http://mapfrappe.com/
    Il s'agit d'un petit utilitaire pratique, qui permet de comparer des espaces à partir de Google Maps. Grand intérêt pédagogique pour comparer la superficie de pays, de régions, de villes ou d'îles. Un peu moins puissant et convivial que True Size, mais l'avantage est de pouvoir comparer toutes sortes d'espaces (et pas seulement des pays).

    Pour montrer par exemple la taille des Etats-Unis par rapport à la France :



    Ou pour montrer la proximité des capitales au Proche-Orient  :



  •  Mapfight : http://mapfight.appspot.com/
    Cet applicatif permet de comparer la surface de deux pays comme Mapfrappe, à la différence que la comparaison s'effectue non pas sur la carte mais en choisissant leur nom dans une liste déroulante. Le résultat est donné sous la forme d'une carte superposant les deux espaces comparés et qui indique la surface précise de chacun des deux. L'intérêt de Mapfight est de comparer aussi des anciens royaumes ou des empires.

  • Geteach : http://geteach.com/
    Cette application en ligne permet d'afficher une double carte à partir de Google Maps et de cartes personnalisées hébergées dans le service de Google "My Maps" (cela suppose toutefois d'avoir un compte Google). Assez pratique pour afficher des jeux de données géographiques, comparer des cartes ou encore mesurer des distances ou des aires. Grâce à son double visualiseur (cf ce tutoriel), Geteach permet de zoomer sur des zones très précises et de comparer les deux vues à l'écran. Voir cet article en ce qui concerne la mode des doubles visualiseurs.

Aujourd'hui la tendance à faire des cartes comparatives s'est généralisée sur Internet. Elle ne sert pas qu'à comparer la taille des pays. On peut trouver le même type de comparaison pour des climats (voir le site Lonely Planet qui donnent des exemples) :

Ces cartes peuvent concerner également le niveau de revenus ou de richesses, comme par exemple le PNB des villes et des états américains à comparer de villes ou d'états européens (source : Map Porn). L'efficacité visuelle semble a priori assez bonne : sur la carte ci-dessous, on peut voir assez facilement que la richesse de l'Allemagne ne correspond pas seulement à celle de la Californie, mais à celle d'une part importante de l'Ouest américain. Il n'en demeure pas moins que ces cartes restent peu évidentes à analyser dans le détail concernant des éléments plus spécifiques. Un peu comme pour les cartes par anamorphoses, on ne peut en tirer que des ordres de grandeur.

Il s'agit parfois de jouer sur les stéréotypes (source : Maping stereotypes).


Ces cartes, bonnes ou mauvaises, entendent répondre à des besoins pratiques. On pourrait prendre beaucoup d'autres exemples sur Internet (cf ce site classant les pays par superficie ou ce jeu destiné à faire reconnaître les pays par leurs formes). Mais comparaison ne vaut pas raison. Avec la prolifération de ce type de cartes sur Internet, serait-on tombé dans l'ère du "tout image" et du "visuellement parlant" ?

C'est en tous les cas une question qu'il faut se poser si on ne veut pas tomber dans une géographie nomenclaturale et descriptive nous ramenant à comparer la surface des pays entre eux comme on apprenait autrefois à classer les fleuves par leurs longueurs ou les montagnes par leurs hauteurs (voir cette série de cartes vintage).

En prolongement, un fil Twitter a été ouvert pour recenser ces cartes de comparaison visuelles, parfois efficaces, mais souvent très discutables sur le plan sémiologique. Merci de nous les indiquer avec le hashtag (#mapcomparison).


Articles connexes :

Un jeu géographique pour localiser des pays, reconnaître leurs drapeaux et les comparer entre eux

De l'intérêt et des limites des cartes par anamorphose

La projection Equal Earth, un bon compromis ?


Liens ajoutés le 2 mars 2019

La répartition des terres émergées dans le monde en fonction de la latitude et de la longitude :
http://andywoodruff.com/blog/land-by-latitude-and-longitude-or-a-pile-of-continents/






La répartition de la population dans le monde en fonction de la latitude et de la longitude par Bill Rankin :
http://www.radicalcartography.net/index.html?histpop




Un autre mode de répartition originale des densités de population en fonction de l'hémisphère :
http://www.slate.fr/story/115109/carte-densite-population-terre