Une décennie de transformation urbaine vue du ciel (New York Times)


A Decade of Urban Transformation, Seen From Above (New York Times, 27 décembre 2019).

Pour saisir l'ampleur de l'urbanisation sur la dernière décennie, le New York Times a travaillé avec Tim Wallace et Krishna Karra du Descartes Labs, une société d'analyse géospatiale spécialisée dans le domaine de l'imagerie satellitaire. Après la crise urbaine de la fin des années 2000, les banlieues explosent de nouveau aux Etats-Unis. Pour montrer l'évolution de l'artificialisation des sols, ils ont comparé les images Landsat 8 de 2018-19 avec celles de 2008. Leur outil de détection automatique des changements fait apparaître un fort étalement urbain autour des grandes métropoles américaines et dans la Sunbelt.

 Transformations urbaines aux Etats-Unis sur la période 2008-2018 (source : New York Times)





Pour visionner les images Landsat 8 sur les Etats-Unis :
http://www.mrlc.gov/viewer/


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OneSoil, la carte interactive des parcelles et des cultures en Europe et aux Etats-Unis



Chiffres INSEE 2017 : l’attractivité se diffuse aux communes peu denses éloignées des villes


L’Insee a publié fin 2019 les chiffres officiels de la population française au 1er janvier 2017, commune par commune. En complément, l’étude « Une croissance démographique marquée dans les espaces peu denses » et des études régionales et départementales analysent les évolutions démographiques sur la période récente.

Pour télécharger les données :
http://www.insee.fr/fr/statistiques/fichier/4267787/if177.xls

Variation annuelle de la densité de population entre 2007 et 2017




Étude nationale

Études régionales



Sélectionner une période au choix entre 1968 et 2016 et zoomer si besoin sur la carte



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Gentrification et paupérisation au coeur de l'Île-de-France (évolutions 2001-2015)

Intérêt et limites du zonage en aires urbaines

Cartographier les espaces ruraux en France



The arrogance of space : un outil cartographique pour montrer la place allouée à l'automobile en milieu urbain


The arrogance of space est un outil en ligne qui permet de cartographier la place de chaque mode de transport en ville et de montrer la place hégémonique accordée à la voiture. En 2012, Mikael Colville-Andersen, spécialiste de la mobilité urbaine, qualifiait la ville « d’arrogante », en évoquant le partage inégal de l’espace public entre les piétons, les mobilités douces, les automobilistes et les autres véhicules. Naît alors « The Arrogance of Space ».

La prise en main de l'outil est assez simple :  
  1. Téléchargement d'une photographie aérienne ou d'une image satellite d'une ville de votre choix  (par exemple une intersection ou un quartier complet)
  2. Délimitation de l'espace alloué aux voitures, aux piétons et aux vélos.
  3. Choix d'une couleur pour chaque type de transport.
  4. Choix d'une grille pour calculer la surface.



Pour voir quelques exemples à partir de Paris, Calgary ou Tokyo :

Le site Parkulator permet de réaliser le même type de cartographie pour les parkings de stationnement : 
http://wiki.lafabriquedesmobilites.fr/wiki/Parkulator





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Big data et choix d'aménagement urbain pour les piétons et les cyclistes

Tableau de bord de la mobilité en Île-de-France 
 

Cartographier et comparer le niveau de scolarité dans le monde


Des chercheurs issus de l'Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) ont publié en décembre 2019 une étude sur les disparités de niveau d'études au sein des pays à revenus faibles ou intermédiaires. L'étude parue dans la revue Nature porte sur 105 pays et s'appuie sur 528 sources. Elle permet d'aborder la question du niveau de scolarité à une échelle infranationale. Il s'agit d'estimations sur la période 2000-2017 qui permettent de mieux cibler les besoins pour l'avenir.

L'éducation constitue une des priorités des Objectifs pour le Développement Durable (objectif n°4 des ODD). Si le niveau de scolarité a tendance à s'améliorer, les disparités restent fortes entre les régions et entre les sexes. Entre 2000 et 2017, de nombreux pays ont considérablement progressé vers la parité dans le taux d'achèvement des études primaires et secondaires, à l'exception des régions de l'Afrique subsaharienne.

Concernant l'Inde et le Nigéria qui font l'objet d'une étude plus spécifique, on observe des progrès à l'échelle nationale pour les deux pays, mais les disparités internes restent importantes. Les enfants et les adolescents n'achèvent pas toujours leur parcours de scolarité. Certains facteurs affectent différemment les filles, tels par exemple le coût des études, la scolarisation tardive, le retrait forcé des adolescentes mariées ou encore l'influence sociale des membres de la famille en ce qui concerne le rôle traditionnel des filles et des femmes.
 



Cette étude publiée dans la revue Nature aborde l'éducation avant tout comme un déterminant social de la santé. Si l'augmentation de la durée de la scolarité (ODD 4) est en lien direct avec l'amélioration de l'égalité des sexes (ODD 5) et l'amélioration de la santé (ODD 3), elle ne constitue pas le seul indicateur en matière d'éducation et mériterait d'être recroisée avec d'autres variables. Les cartes publiées dans l'article ne sont pas toujours très lisibles, mais on peut utiliser l'outil de visualisation des données fourni par l'IHME. Le principal intérêt de cette étude est de fournir des données à l'échelle infranationale et de réduire les biais statistiques par des méthodes d'échantillonnage assez robustes.

Pour lire l'article :
Graetz, N., Woyczynski, L., Wilson, K.F. et al. Mapping disparities in education across low- and middle-income countries. Nature (2019). http://www.nature.com/articles/s41586-019-1872-1/

Pour accéder à l'application cartographique :
http://vizhub.healthdata.org/lbd/education

Pour télécharger les données :
http://ghdx.healthdata.org/record/ihme-data/lmic-education-geospatial-estimates-2000-2017

En complément, l'âge minimum pour être responsable pénalement diffère beaucoup selon les pays :



Cartographier et comparer l'accès aux soins dans le monde

L'accès aux services publics dans les territoires ruraux

La condition des femmes dans le monde à travers les cartes


L'histoire par les cartes : une animation sur l'histoire de la traite atlantique du XVIe au XIXe siècle


Cette animation cartographique a été conçue par Andrew Kahn pour le journal Slate. Elle donne à voir l’ampleur de la traite des esclaves dans l'océan Atlantique de 1545 à 1860. Les points qui représentent des navires négriers sont proportionnels au nombre d'esclaves transportés. En arrêtant l'animation et en cliquant sur un point, il est possible d'en savoir plus sur l'origine et la destination du navire ainsi que sa place dans l'histoire de la traite négrière.




Plus de 35 000 voyages ont été répertoriés dans la base de données sur le commerce transatlantique des esclaves (voir présentation de cette base sur le site MasterGeonum). Le graphique au bas de la carte indique les données cumulées, qui ne représentent toutefois qu'une partie de la traite des esclaves - environ la moitié - du nombre d'Africains réduits en esclavage et transportés hors du continent.

En tant que premiers États européens présents dans le Nouveau Monde, le Portugal et l'Espagne dominent la traite transatlantique des esclaves, envoyant des centaines de milliers de personnes en esclavage dans des plantations en Amérique et dans les Caraïbes. A partir du XVIIIe siècle cependant, les navires espagnols diminuent et sont remplacés par des navires d'origine britannique, française, hollandaise et - à la fin du siècle - américaine. La période 1725-1825 correspond  au point culminant de la traite négrière. La traite britannique dépasse alors celle du Portugal. Dans les dernières décennies de la traite transatlantique, le Portugal reprend son statut de premier Etat esclavagiste, envoyant 1,3 million de personnes dans l'hémisphère occidental, principalement au Brésil. L'Espagne revient également en tant que nation leader dans le commerce des esclaves, en transportant 400 000 esclaves dans le Nouveau Monde. Les autres pays européens, en revanche, ont largement mis fin à ce type de commerce.A la fin du XIXe siècle, les Européens avaient réduit en esclavage et transporté plus de 12,5 millions d'Africains. Au moins 2 millions d'entre eux n’ont pas survécu au voyage.

Pour compléter, voir le site de l'International Slavery Museum de Liverpool.

Pour accéder aux données concernant le monde atlantique, consulter le site Slave Voyages.











Quand le mouvement de grève contre la réforme des retraites mobilise la cartographie et interroge nos modes de vie au quotidien


Le projet de réforme des retraites a rencontré de fortes oppositions et entraîné une importante mobilisation en France tout au long du mois de décembre 2019. Comme lors du mouvement des Gilets jaunes, la cartographie a joué un rôle important dans la diffusion de l'information et l'organisation des manifestations. Avec la paralysie des transports en commun, les cartes concernent également la question de l'accès au travail et des modes de transport, notamment en ville où la question est particulièrement sensible.





En pleine grève des transports, beaucoup de Parisiens font désormais le choix de la marche. Le journal Le Parisien propose une infographie résumant les temps de parcours à pied entre les principaux lieux de la capitale.


Depuis le début de la grève des transports, le 5 décembre 2019, le trafic automobile a augmenté en Ile-de-France – et les embouteillages aussi. Dans le même temps, les Parisiens ont manifestement choisi de se déplacer davantage à vélo. Le Monde - Les Décodeurs réalisent une infographie qui montre deux fois plus de vélos que d’autos aux heures de pointe pendant la grève.

Sur le site de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) de Sciences-Po, Maxime Parodi et Xavier Timbeau étudient l’impact de la grève de la RATP le 17 décembre 2019 pour l’accessibilité de l’emploi. Le mouvement social qui a conduit à la fermeture totale d’une dizaine de lignes de métro, de réductions importantes de la fréquence sur le RER A et B; de réductions de fréquence ou d’interruptions de trafic sur les lignes de bus, s'est traduit par un allongement des temps de transport et une réduction de l’accessibilité à l’emploi.


Articles connexes

Un outil collaboratif pour cartographier les mouvements sociaux en France
 
Comment interpréter la carte des Gilets jaunes ?

La carte, objet éminemment politique : les manifestations à Hong Kong

L'évolution du réseau autoroutier en Europe (1920-2020)


Signalé par Maps Mania (100 Years of Motorway, 20 décembre 2019)

Le Victoria & Albert Museum de Londres a publié une carte interactive qui retrace l'évolution du réseau autoroutier européen au cours des 100 dernières années. En 1924, l'Italie inaugurait la première autoroute au monde. On peut suivre l'extension du réseau routier européen à grande vitesse  à partir de ce premier tronçon de l'autoroute de Laghi, dans le nord de l'Italie.


A partir des années 1930, l'Allemagne a ouvert la voie au développement d'un réseau national d'autroutes. Ce n'est que dans les années 1960 que les autres pays européens ont commencé à construire leurs propres réseaux autoroutiers. Par exemple, la première autoroute du Royaume-Uni, qui est le contournement de Preston, n'a été construite qu'en 1958. En cliquant sur le bouton « en savoir plus », on accède à des informations détaillées sur chaque tronçon.

La carte du V&A se termine par le tracé de la future route méridienne de Russie. Cette très longue autoroute fera à terme partie d'une grande route intercontinentale Russie-Chine.

Les données sont téléchargeables sur Github :
http://github.com/StudioFolder/european-motorways/


Consulter ou élaborer des cartes de flux dynamiques sur Internet (flow maps)


Les cartes de flux (flow maps) sont de plus en plus nombreuses sur Internet. Elles permettent désormais d'afficher des flux de manière dynamique. Nous présentons ici des outils et des ressources pour consulter ou élaborer des cartes de flux en utilisant des outils en ligne.

1) Consulter ou construire des cartes de flux avec Flowmap.blue (en mode "hubs and spokes")

Le site Flowmap.blue permet de construire des cartes de flux en étoile selon le modèle dit "hubs and spokes" (centres et rayons). Pour pouvoir construire ce type de carte, il faut disposer des données de déplacement entre chaque lieu ou pôle (données dites "origine-destination"). Le site Flowmap.blue donne les sources pour les exemples proposés.
http://flowmap.blue/

Carte des flux de réfugiés en 2017 (source : Flowmap.blue)



 Carte des flux des flux de navettage aux Pays-Bas en 2016 (source : Flowmap.blue)


  
Carte des migrations entre comtés aux Etats-Unis en 2012-2016 (source : Flowmap.blue)



Si l'on dispose d'un compte Google, on peut fabriquer directement ses propres cartes de flux avec l'application Flowmap.blue qui est en open source (licence MIT). Il suffit de télécharger la feuille de calcul qui comporte trois onglets et de la compléter avec ses données, puis d'indiquer le lien sur son compte Google. La carte produite s'affiche à la fin dans l'application Mapbox.

Etapes à suivre :

1) Ouvrir la feuille de calcul dans Google Sheet et en faire une copie "Fichier / Faire une copie ou télécharger…"
2) Ajouter vos données à la feuille de calcul en remplissant les 3 onglets "properties" (titre et description) , "locations" (identifiant et coordonnées en latitude/longitude) et "flows" (origine, destination et quantité) correspondant à chaque identifiant.
3) Partager la feuille de calcul en allant sur  "Fichier" / "Partager", cliquer sur "Avancé", puis choisir  "Accès en lecture à toute personne".
4) Copier le lien de partage sur le site de Flowmap.
5) La carte s'affiche dans Mapbox à partir d'un lien.

Voici un exemple avec une carte de flux animée entre New York, Londres et Rio de Janéiro. En cliquant sur un des 3 pôles, on indique les autres pôles avec qui celui-ci est en reation et l'importance des flux origine/destination :
http://flowmap.blue/1q99-PTAYfVMdvOsI6Tl0nHfy0SgevuSXMJKGr7nTx98

Un autre exemple avec la carte des flux aériens aux Etats-Unis en 2018
http://flowmap.blue/13PZndO5uCtm88VBzdHcKX37NrGIrs8iWwXaSrtnJf-U

Visualizing mobility data : the scalability challenge
http://medium.com/teralytics/visualizing-mobility-data-the-scalability-challenge-2575fe819702

Une carte des flux de migrants en 2020 d'après les données de l'ONU
http://roqueleal.me/big-data/unmigrant.html 


2) Utiliser des cartes de flux en mode points animés

Mark Evans a produit un autre type de cartes de flux en simulant le déplacement par des points animés dont les couleurs indiquent les différentes villes d'origine et la taille des cercles l'importance des flux. Ce type de cartographie peut être efficace pour représenter des migrations domicile-travail (commute maps).

En voici deux exemples pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Il suffit d'utiliser les deux menus déroulants pour choisir un Etat ou une région, puis un comté ou une commune :

Origine des commuters venant travailler à Birmingham (Royaume-Uni)


Ce type de carte pose néanmoins des problèmes de lecture du fait de l'accumulation des points. Une autre manière de procéder consiste à simuler le flux par un déplacement continu de points sur un même tracé. C'est le choix opéré par exemple pour représenter les flux de touristes britanniques dans le monde entre 1994 et 2017 (Vividmaps) . Ce type d'infographie reste cependant moins efficace qu'une carte montrant des flux par figurés proportionnels. L'utilisateur doit déplacer la souris sur chaque pays pour pouvoir accéder aux données.


Interactive Map: The Flow of International Trade 🌎


3) Utiliser des cartes de flux avec des flèches simples ou proportionnelles

Plus classiques mais néanmoins toutes aussi efficaces sont les cartes de flux avec des flèches. Celles-ci peuvent être simples ou proportionnelles.

En voici un exemple avec une carte des flux de migrations internes aux Etats-Unis sur la période 2011-2015. La carte interactive permet de sélectionner une ville au choix et d'afficher les 5 villes d'origine les plus importantes d'où sont originaires les migrants : 
http://benmatheson.github.io/migrationMap/index.html



L’Oregon State University  propose un autre type de cartes pour montrer les destinations les plus prisées des Américains qui déménagent. Il s'agit d'une carte discrétisée dont la largeur des flèches est proportionnelle à l'importance des flux entre états des États-Unis entre 2009 à 2013 :




La carte indique en outre la densité des états et permet de hiérarchiser les 50 principaux flux par origine, destination et total. La méthode permet de réduire l'encombrement et d'améliorer la lisibilité de la carte. Pour en savoir plus sur les principes de conception de cette carte, lire l'article Design Principles for Origin-Destination Flow Maps. L'un des intérêts de cet article est de montrer que les flèches incurvées sont plus efficaces que les flèches droites pour représenter des flux. 

En voici un exemple avec la carte du réseau vélo en libre service à Boston où l'on peut jouer sur différents indicateurs (heure de la journée, âge, sexe des utilisateurs) : http://bostonography.com/hubwaymap/
 

4) Visualiser des données de flux ou de trafic avec Arabesque

Arabesque a été développé dans le cadre du projet gFlowiz de l'IFSTTAR afin de visualiser des données de flux ou de trafic permettant d'analyser les déterminants géographiques de la mobilité spatiale. L'application en ligne propose un ensemble d’outils d’analyse et de représentation de matrices complexes d’interactions géographiques (catégorielles et temporelles), innovants en termes de méthodologie (articulation de plusieurs dimensions, interactivité, animation), de techniques (facilité de travail et exploration, fluidité de l’affichage) dans une configuration simple facilitant leur appropriation par différents publics (académique, institutionnel, socio-économique, éducatif ...).
http://arabesque.ifsttar.fr/

Tutoriel de prise en main d'Arabesque :
http://github.com/gflowiz/sageo-ricardo



Comme l'explique Françoise Bahoken sur le blog Néocarto, Arabesque s’inscrit dans le paradigme de la « cartographie de visualisation » (Alan MacEachren, 2004) qui consiste à combiner au sein d’une même interface les deux piliers de la représentation : la (géo)visualisation et le traitement amont des données correspondantes. Arabesque s’appuie sur les possibilités technologiques actuelles, en particulier celles offertes par les nouvelles bibliothèques de visualisation et de cartographie web (openlayers, d3, OSM, Turf, NaturalEarthData).

La réalisation d’une carte de flux avec arabesque se décompose en 5 grandes étapes :
- Importation des données de flux (liens et/ou nœuds) ;
- Traitement des données de flux (création d’indicateurs, statistiques) ;
- Exploration et filtrage numérique des données ;
- Symbolisation graphique ;
- Exportation et sauvegarde.


5) Une autre méthode originale pour représenter des flux : le diagramme alluvial

Le diagramme alluvial (chord diagram), qui constitue un type de diagramme de Sankey, est une manière originale de représenter des flux origine-destination de manière plus modélisante et sans avoir besoin de recourir à une carte.  

En voici quelques exemples :
  • La cartographie des migrations domicile-travail dans la région de Toronto :


  • La cartographie des migrations internes entre pays d'Afrique (DTM-IOM)
 
  • Les travailleurs détachés en Europe (Le Figaro)

  • Une cartographie intracommunautaire des déplacements domicile-travail au sein de l'UE en 2017 (How Europe moves)


6) D'autres outils disponibles : QGIS, Magrit, Kepler, Mapbox...

Le logiciel QGIS dispose de modules spécifiques qui permettent de construire ses propres cartes de flux à partir d'un SIG (voir ce tutoriel). 

Magrit est un outil de cartographie en ligne qui fournit la possibilité de construire des cartes en oursins.

Kepler.gl fait partie des nouveaux outils de géovisualisation dynamique capables de gérer des données origine-destination (développé et mis à disposition en open source par l'entreprise Uber).

Jill Hubley recense un grand nombre de cartes de flux anciennes ou actuelles (voir son compte Twitter).

L'application d’exploration cartographique deck_mobiliPro, fabriquée par Nahélou Quentin, permet de géovisualiser les mobilités professionnelles de la région Bretagne à l’échelle communale.

L'Observatoire des territoires (CGET) fournit un outil de représentation graphique et cartographique pour étudier les mobilités résidentielles en France à l'échelle des départements.

Pour organiser votre propre veille sur les cartes de flux, vous pouvez consulter le fil Twitter #Flowmap.

7) Les problèmes posés par la représentation des flux 

Les cartes de flux sont souvent plus difficiles à lire que les cartes en aplats : le grand nombre de flèches tracées à partir de différents pôles en rend la lecture difficile (avec un risque d'enchevêtrement des flèches). D'où l'importance de pouvoir disposer de cartes interactives où l'on puisse cliquer sur un pôle au choix pour en simplifier l'affichage.

Lire : Françoise Bahoken, Quels flux représenter et comment, Blog Néocarto, 25 juin 2020, https://neocarto.hypotheses.org/10776

Une nouvelle génération d'applications dynamiques sur Internet permet de proposer une cartographie interactive (voir par exemple cette carte des flux de navetteurs dans la région de San Francisco réalisée par Alasdair Rae avec Kepler et Mapbox). Aussi esthétiques soient-elles, ces cartes restent difficilement lisibles au delà d'un grand nombre de flèches.



Les problèmes posés par la représentation des flux aériens sont analysés et discutés par Françoise Bahoken qui a travaillé dans sa thèse sur les matrices de flux. Concernant Openflight, elle évoque notamment les questions liées aux sources de données et au choix des projections cartographiques dans un billet Exploration cartographique de relations mondiales sur le blog Néocarto.

Relations inter aéroports de l’Openflightdata, dans une projection polaire
(source : F. Bahoken sur le blog Néocarto)
 

Parmi les problèmes de représentation inhérents à la cartographie des flux on trouve "l'effet spaghetti". Dans un article de M@ppemonde paru en 2015, Françoise Bahoken explique l'effet spaghetti à partir d'une définition empruntée à Breukelmann et al. (2009): « S’il y a beaucoup de flux, sur une carte, entre les origines et les destinations, leur tracé peut entraîner un motif ‘spaghetti’; tous les types de flux étant dessinés les uns sur les autres, brouillant les motifs généraux. Pour être en mesure de produire une carte lisible, seuls les principaux flux seront par exemple représentés ».

Un bon exemple est fourni par la cartographie établie par Matthieu Totet sur sa page IataMap Airports. Pour information, le code IATA (en français AITA) est le code international qui permet d'identifier n'importe quel aéroport dans le monde à partir d'un identifiant à trois lettres.

Cartographie des liaisons aériennes par Matthieu Totet (source : IataMap airports


Pour éviter ces problèmes de surcharge graphique, on peut cliquer sur un aéroport au choix afin de faire apparaître les lignes aériennes en provenance ou à destination de ce noeud. Voici par exemple les destinations pour l'aéroport de Francfort, grand hub à l'échelle européenne et internationale.

Francfort, un hub international pour les liaisons aériennes (source : IataMap airports)


Un dégradé de couleurs (du bleu clair au bleu foncé) permet de distinguer l'importance du hub ainsi que le nombre de compagnies aériennes par destination. Voici par exemple l'aéroport de Chicago (en bleu foncé car il constitue un hub important aux Etats-Unis en lien avec le Canada tout proche).

Chicago et ses liaisons aériennes vers les Etats-Unis et le Canada (source : IataMap airports)



Références :

Françoise Bahoken, « Sur la première carte des flux réalisée avec des flèches (Ravenstein, 1885) », Confins [En ligne], 17 | 2013, http://journals.openedition.org/confins/8187

Françoise Bahoken, Exploration d’une application web de visualisation de flux : deck_mobiliPro, Néocarto, http://neocarto.hypotheses.org/6277

Françoise Bahoken, L’image des flux spatialisés dans le geoweb, Néocarto, http://neocarto.hypotheses.org/13750

Bernhard J. & al.,  Design principles for origin-destination flow maps, Cartography and Geographic Information Science, vol 45, 2018, p. 62-75
http://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/15230406.2016.1262280

Willard C. Brinton, Graphic Presentation, 1939 (un chapitre sur les cartes de flux de l'époque)
http://archive.org/details/graphicpresentat00brinrich/page/216


Liens ajoutés le 17 janvier 2020


Lien ajouté le 23 février 2020

Lien ajouté le 1er avril 2020

Cette carte présente une visualisation des migrations résidentielles des Français en 2016 suivant la catégorie socio-professionnelle et le sexe. Les données sont issues du recensement de la population et diffusée par l'INSEE. Pour établir ces cartes, Etienne Côme a mis en œuvre une méthodologie développée par Waldo Tobler qui re-construit un champ vectoriel à partir de données de migrations et permet ainsi de visualiser les flux et les courants sous-jacents aux soldes migratoires observés
https://www.comeetie.fr/galerie/wind/




Ces cartes donnent à voir en un coup d'œil l'attractivité de Paris pour les cadres, la mobilité à destination des pôles urbains des étudiants, ou l'attrait de la côte atlantique pour les retraités. Si ces données vous intéressent je vous encourage à aller regarder les travaux (rapport, synthèse interactive) de l'observatoire des territoires.


Lien ajouté le 15 avril 2020

Migrations, cartes de vents et calligramme cartographique par Etienne Côme (Blog Néocarto)

Comment cartographier le mouvement, les déplacements, les migrations ? Cette question agite le cerveau des cartographes depuis longtemps, car aucune réponse simple ni de consensus n’a jamais été complètement trouvé [...] Pour résoudre cette difficulté, les cartographes ont tout de même imaginé un grand nombre de solutions. Des cartes de flux utilisant des flèches, des cartes multiples, des représentations matricielle, des représentations circulaires […] La solution dont nous allons discuter a été imaginée par le prolifique Waldo Tobler dans les années 70 / 80. Tobler a travaillé sur différentes méthodes de visualisation et a évoqué une approche particulière dans différents articles, permettant de reconstruire un champ vectoriel (tel que ceux rencontrés dans la description des vents, par exemple) pour décrire des migrations observées... Lire la suite sur le blog Néocarto.

 Carte des vents des migrations résidentielles des retraités Français en 2016 [source recensement INSEE]


Lien ajouté le 24 avril 2020

Une recension de cartes origine-destination par R.J. Andrews (@infowetrust) :
http://docs.google.com/presentation/d/1J2smDZOr664zUWrpScqSU8U2tFHeKD4qLhRaKXtPE2c/edit

Un carte des migrations dans le monde (1827-1947) sous forme de diagramme de Sankey parue dans le magazine Fortune : http://archive.org/details/fortune36octluce/page/7


Lien ajouté le 13 janvier 2021


Lien ajouté le 22 avril 2021


Lien ajouté le 26 mai 2021

Lien ajouté le 20 février 2022


Lien ajouté le 21 février 2022

Articles connexes

Cartographier les migrations internationales

MigrExploreR pour géo-visualiser des migrations internationales
 

MissileMap et NukeMap : deux sites pour cartographier l'impact de missiles à longue portée


Signalé par Maps Mania (The Long Range Missile Map, 16 décembre 2019)

Le site Maps Mania signale deux sites qui permettent de cartographier l'impact de missiles nucléaires à longue portée. 

Il s'agit tout d'abord de MISSILEMAP d'Alex Wellerstein qui fournit une carte interactive avec la gamme de différents missiles balistiques nucléaires intercontinentaux. Si on sélectionne un pays dans le menu déroulant, on peut afficher une liste des armes à longue portée disponibles dans ce pays. Si on sélectionne une cible, la carte calcule automatiquement le SSPK (Single Shot Probability of Kill) : il s'agit de la probabilité qu'un seul lancement de missile détruise complètement une cible donnée.




Si on souhaite en savoir plus sur les effets probables du missile sur la cible choisie, on peut exporter le résultat vers NUKEMAP. Ce site développé par le même auteur permet de visualiser les effets d'armes nucléaires de différentes tailles. Il permet de voir l'extension de la zone incendiée, ainsi que la zone soumise aux explosions et celle soumise aux radiations, en fonction des armes nucléaires choisies. La carte peut également calculer le nombre estimé de victimes en fonction de la cible sélectionnée. Cette estimation comprend le nombre prévu de morts et de blessés (estimations calculées d'après la population recensée dans cette zone).

MISSILEMAP et NUKEMAP ont été transférés de Google Maps à Mapbox. Alex Wellerstein a rédigé une explication détaillée des raisons de ce changement (en particulier le manque de développement de l'API Google Maps ces dernières années, couplé aux frais exorbitants pour l'utilisation de l'API Google Maps).




Quels sont les pays que les missiles nord-coréens peuvent atteindre ?


Liens ajoutés le 7 mars 2022

Articles connexes

Bomb Blast, un outil pour cartographier l'impact d'une explosion nucléaire