Battle Nodegoat, toutes les batailles de l'humanité sur une seule carte interactive


Toutes les batailles de l’humanité (enfin presque) en une carte interactive. C'est la pari un peu fou relevé par la plateforme Nodegoat, spécialisée dans les environnements de visualisation et d'analyse de données en ligne.

Pour accéder à Battle Nodegoat :
http://battles.nodegoat.net/viewer.p/23/385/scenario/3/geo




La plateforme permet plusieurs modes de consultation :
  • en cochant ou décochant les item de la légende qui classent les batailles par période (en haut à droite de l'écran) ;
  • en sélectionnant une période dans la barre chronologique en bas de la fenêtre ;
  • en zoomant directement sur un lieu de bataille (en déplaçant la souris sur la carte, on fait apparaître en infobulles le nom des batailles). En cliquant sur le lieu, on accède à une fiche descriptive donnant les explications détaillées sur DBpédia ;
  • enfin en cliquant sur le bouton d'animation, on peut créer une animation chronologique où les batailles apparaissent  pendant une période que l'on a choisie.

Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?


La mode est aux comparateurs sur Internet, on compare tout : la qualité des produits, les prix d'achats, les temps de transport, etc... La géographie a aussi ses comparateurs entre les pays, leur superficie, leur niveau de revenus, d'accès aux soins, de préservation de l'environnement, de respect de la démocratie.

Les cartes par anamorphoses ont connu leur heure de gloire et rencontrent encore un certain succès pour rendre visible tel ou tel phénomène géographique par rapport à l'importance d'un pays, au poids de sa population ou à son niveau de richesse. Mais aujourd'hui la mode semble être davantage aux cartes comparatives qui rapportent directement la surface d'un pays ou d'une région à celle d'un autre. Voyons plutôt quelques exemples. 

Quelle est la surface réelle de l'Afrique ? (source : Wikimedia)


Quel est le poids démographique de l'Inde rapporté à la population d'autres pays ? (source : Vividmaps)


Avec parfois une sémiologie très discutable : même en connaissant bien les drapeaux des pays, il n'est pas évident de lire cette production graphique qui relève plus de l'image décorative que de la carte.


Ce type de cartes quasiment illisibles peut éventuellement être détourné en faisant des jeux géographiques pour les élèves. Par exemple sur la carte ci-dessous il s'agit, en s'aidant des drapeaux, de chercher quel pays partage la plus longue ou la plus courte frontière avec tel autre ? (source : Vividmaps)... et i peut y avoir des surprises.


Le choix du mode de représentation cartographique est parfois plus heureux comme pour cette projection Mercator dont on perçoit bien les déformations (source : Brillants Maps).


La taille respective des terres et des océans peut donner lieu à des comparaisons intéressantes : l'océan Pacifique couvre une superficie plus grande que toutes les terres réunies (source : Brillants Maps). Une manière de donner quelques repères et quelques ordres de grandeur aux plus jeunes élèves.


Avec parfois des questions pertinentes qui pourraient s'apparenter à des formes de géographie exploratoire voire prospective : que se passerait-il si les plus grands pays avaient les plus importantes populations (source : Map Porn) ?


On peut trouver beaucoup d'autres exemples en saisissant dans un moteur de recherche les termes : "the true size of  ? Sinon vous pouvez utiliser le site du même nom True Size qui est assez efficace pour comparer la taille des pays (voir quelques exemples). Dans la barre de recherche, on saisit le nom d'un pays qui aussitôt se met en surbrillance. Puis on le déplace sur la carte pour comparer sa taille par rapport à d'autres espaces.


L'un des usages de True Size assez inattendu et pour le moins innovant consiste à déplacer un pays de l'hémisphère Nord vers les Tropiques ou vers l'Equateur (par exemple la France vers l'Afrique centrale). Compte tenu de la projection Mercator choisie par Google Maps, la taille du pays se réduit alors de manière très significative : une manière de travailler sur les projections (voir la démo dans cet article de Cybermetric).

Si vous souhaitez pouvoir comparer la superficie ou les caractéristiques de différents espaces géographiques avec des outils de cartographie numérique, trois autres utilitaires peuvent vous rendre service :
  • Mapfrappe : http://mapfrappe.com/

    Il s'agit d'un petit utilitaire pratique, qui permet de comparer des espaces à partir de Google Maps. Grand intérêt pédagogique pour comparer la superficie de pays, de régions, de villes ou d'îles. Un peu moins puissant et convivial que True Size, mais l'avantage est de pouvoir comparer toutes sortes d'espaces (et pas seulement des pays).


  •  Mapfight : http://mapfight.appspot.com/

    Cet applicatif permet de comparer la surface de deux pays comme Mapfrappe, à la différence que la comparaison s'effectue non pas sur la carte mais en choisissant leur nom dans une liste déroulante. Le résultat est donné sous la forme d'une carte superposant les deux espaces comparés et qui indique la surface précise de chacun des deux. L'intérêt de Mapfight est de comparer aussi des anciens royaumes ou des empires.
  • Geteach : http://geteach.com/

    Cette application en ligne permet d'afficher une double carte à partir de Google Maps et de cartes personnalisées hébergées dans le service de Google "My Maps" (cela suppose toutefois d'avoir un compte Google). Assez pratique pour afficher des jeux de données géographiques, comparer des cartes ou encore mesurer des distances ou des aires. Grâce à son double visualiseur (cf ce tutoriel), Geteach permet de zoomer sur des zones très précises et de comparer les deux vues à l'écran. Voir cet article en ce qui concerne la mode des doubles visualiseurs.


Aujourd'hui la tendance à faire des cartes comparatives s'est généralisée sur Internet. Elle ne sert pas qu'à comparer la taille des pays. On peut trouver le même type de comparaison pour des climats (voir le site Lonely Planet qui donnent des exemples) :

Ces cartes peuvent concerner également le niveau de revenus ou de richesses, comme par exemple le PNB des villes et des états américains à comparer de villes ou d'états européens (source : Map Porn). L'efficacité visuelle semble a priori assez bonne : sur la carte ci-dessous, on peut voir assez facilement que la richesse de l'Allemagne ne correspond pas seulement à celle de la Californie, mais à celle d'une part importante de l'Ouest américain. Il n'en demeure pas moins que ces cartes restent peu évidentes à analyser dans le détail concernant des éléments plus spécifiques. Un peu comme pour les cartes par anamorphoses, on ne peut en tirer que des ordres de grandeur.

Ces cartes, bonnes ou mauvaises, entendent répondre à des besoins pratiques. Mais comparaison ne vaut pas raison. Avec la prolifération de ce type de cartes sur Internet, serait-on tombé dans l'ère du "tout image" et du "visuellement parlant" ?

C'est en tous les cas une question qu'il faut se poser au risque de tomber dans une géographie régressive nous ramenant à comparer la surface des pays entre eux comme on apprenait autrefois à classer les fleuves par leurs longueurs ou les montagnes par leurs hauteurs (cf ce site classant les pays par superficie).

Calculer le bilan carbone de nos déplacements aériens


Il existe plusieurs applications qui permettent de calculer son bilan carbone si l'on prend l'avion, tels Carbon Footprint, Climat Mundi ou My Climate pour ne citer que ces exemples.

L'intérêt de Flight Emission Map est de fournir une interface cartographique pour calculer l'empreinte carbone de différents vols que l'on peut comparer entre eux. Voici par exemple la comparaison entre les vols Paris-Tokyo, Paris-Miami et Paris-Abidjan. Le détail des émissions carbone s'affichent en légende et directement sur la carte.


Les étapes à suivre : 
  • Double-cliquer : pour sélectionner une ville de départ, la carte se recentre automatiquement sur cette ville ;
  • Déplacer la souris sur la carte : pour sélectionner un vol depuis la ville d'origine, les villes de destination possibles s'affichent avec les trajets en pointillé rouge ;
  • Valider avec la barre d'espace : pour afficher le vol, le trait en pointillé rouge devient continu ;
  • Double-cliquer sur une nouvelle ville pour changer de point de départ. Tous les vols sélectionnés disparaissent lorsqu'un nouveau centre est choisi.
Les calculs sont basés sur les recherches de Larsson & Kamb qui estiment les émissions de CO2 provoquées par la combustion de combustibles fossiles à 90 g par personne et par kilomètre, auxquelles s'ajoutent 90% d'émissions supplémentaires liées aux traînées de condensation (vapeur d'eau) et aux aérosols (petites particules). Soit une émission totale de 170 g par personne et par kilomètre en équivalent CO2. Les émissions indiquées concernent les vols directs. Pour les itinéraires avec étapes, les émissions réelles ont tendance à être plus importantes.

La carte en projection azimutale facilite la lecture. Elle peut être sauvegardée en PDF ou insérée directement dans un autre site en iframe (suivre les conseils dans le menu).


Articles connexes :

Le tourisme international et son impact sur les émissions de CO


Resource Watch, un portail intégré pour visualiser des jeux de données en vue d'assurer "un avenir durable" à la planète


Surveiller le pouls de la planète : tel est l'objectif du Resource Watch qui fournit "des données fiables et actualisées pour assurer un avenir durable" à la planète.

Pour accéder au site Resource Watch :
http://resourcewatch.org/


Cette solution de cartographie en ligne (webmapping) permet d'accéder directement à des jeux de données sur des thèmes pré-sélectionnés  : ville, climat, énergie, alimentation, forêt, océan, société, eau.

L'application s'adresse au départ à des journalistes, des analystes ou des décideurs. Mais elle peut être aussi utilisée par des étudiants et des élèves.

Ce sont plus de 200 jeux de données qui sont disponibles sur des sujets allant du changement climatique aux migrations, de la déforestation à la qualité de l'air, de l'agriculture à l'énergie... Toutes les données sont ouvertes et gratuites, visualisables, superposables et partageables. Même si elles proviennent de différentes sources, elles sont affichables à travers une seule interface de visualisation.

Le principal intérêt est de pouvoir superposer et partager les données (des couches cartographiques uniquement en figurés ponctuels ou en aplats). Des dossiers cartographiques assortis d'explications sont proposés par exemple sur les incendies aux Etats-Unis, sur la production de chocolat dans le monde, etc. En outre il est possible d'accéder aux données et de paramétrer ses choix de variables, d'affichages et de modes de représentation (carte, graphique ou tableau).




Pour suivre les nouveautés du site Resource Watch : voir leur blog ou suivre leur compte Twitter.

La plateforme a été créée par le World Resource Institute (WRI) et 30 autres partenaires. Outre Resource Watch, le WRI propose d'autres plateformes consacrées à des thèmes d'étude spécifiques :
  • Climate Watch : pour observer le climat et le changement climatique
  • PrepData : pour renforcer la résilience face à la vulnérabilité climatique
  • LandMark : pour  les terres détenues par des peuples autochtones ou des communautés locales
  • Aqueduct : pour mesurer, cartographier et réduire les risques liés aux besoins en eau 

 Carte des risques liés aux besoins en eau (source : Aqueduct)

Estimation de la baisse de production de maïs par pays en raison du réchauffement climatique
(source : Resource Watch)



Numbeo, une banque de données et de cartes sur les conditions de vie dans le monde


Numbeo est une banque de données sur les villes et les pays du monde, directement alimentée par des utilisateurs du monde entier. L'objectif est de fournir des informations actualisées sur les conditions de vie, notamment le coût de la vie, les prix du logement, les soins de santé, le trafic automobile, la criminalité et la pollution. La présentation de Numbeo est l'occasion de s'interroger sur la fiabilité des données et sur les indicateurs de qualité de vie.

Pour accéder au site :
http://fr.numbeo.com/

L'interface du site est très simple à prendre en main : on sélectionne d'abord un thème au choix dans les menus déroulants, puis une année de référence (ce qui permet des comparaisons). La carte s'affiche directement avec un tableau de classement des pays, des villes ou des régions en dessous de la carte. Il n'est pas possible de paramétrer les couleurs ni de choisir les seuils. On peut en revanche choisir une carte plus précise à l'échelle d'un continent.


Les mêmes données peuvent être affichées en figurés ponctuels, ce qui permet de mettre en évidence les lieux géographiques où elles ont été saisies. On peut remarquer que les données peuvent être lacunaires ou au contraire très denses en fonction des pays ou des régions.


Une autre façon de tirer parti du site Numbeo est de rechercher directement une ville ou un pays dans le moteur de recherche sur la page d'accueil. Aussitôt apparaît une liste impressionnante de données qui vont du prix de produits de la vie courante à celui des tickets de transport, en passant par le coût d'une place de cinéma, de la garde d'enfants, du loyer ou de l'achat d'un appartement en centre ville ou en dehors...

Il convient d'être très vigilant sur l'origine et la fiabilité de ces données. Comme l'avoue avec franchise Numbeo, il s'agit d'utiliser la "sagesse de la foule pour obtenir des données aussi fiables que possible". L'intérêt de cette banque de données est d'être contributive et partagée. Elle permet surtout de disposer de données assez difficiles à obtenir par des sources officielles qui offrent peu d'informations sur les conditions de vie (à supposer que les indicateurs proposés suffisent à appréhender ces conditions).

En cliquant sur le sous-menu Motivation et méthodes, il est possible d'en savoir plus sur la méthode de collecte des données :

"Numbeo s'appuie sur les contributions des utilisateurs et des données collectées manuellement à partir de sources autorisées (sites web de supermarchés, sites web d'entreprises de taxis, institutions gouvernementales, articles de journaux, autres enquêtes, etc.). Les données collectées manuellement à partir de sources établies sont entrées deux fois par an. Nous réalisons des filtres automatiques et semi-automatiques pour filtrer les interférences de données..."

La plupart des indicateurs sont mis à jour régulièrement. Les indicateurs donnés à l'échelle des pays sont souvent issus de sources officielles comme par exemple les données sur le taux de criminalité par pays, qui correspond d'ailleurs à des estimations.


La carte qui semble la plus intéressante est celle qui concerne la qualité de vie. Elle reprend les principaux indicateurs du site pour en donner une synthèse, à savoir les indices du pouvoir d'achat, de sécurité, des soins de santé, du coût de la vie, de l'immobilier, des temps de trajets, de la pollution... et également du climat. Cette carte mérite d'être analysée et discutée pour le choix des indicateurs et du dégradé de couleurs, mais également pour ce qu'elle est en mesure de nous "dire" (ou non) sur la qualité de vie réelle dans chaque pays.



Cette carte est à croiser avec une carte qui a beaucoup circulé sur Internet : la "carte du bonheur" publiée dans le cadre des rapports annuels de l'ONU sur le bonheur mondial, qui donne un classement pour 157 pays (sur 197). Une mise à jour a lieu chaque année (voir le World Happiness Report 2018)

Créée par Guy Kawasaki en association avec Adrian G. White, un psychologue à l'université de Leicester, la carte du monde du bien-être repose sur une « méta-analyse » de plus de 100 études et 80 000 personnes interrogées. Les principaux critères et procédés de l'analyse, expliqués dans le magazine Science Daily, ont un rapport direct avec la santé, la richesse, l'accès à l'éducation, mais aussi (plus surprenant) l'identité nationale et la beauté des paysages.


Une autre "carte du bonheur" a été proposée à l'échelle de l'Union européenne à partir des données d'Eurostats. L'INSEE préfère parler de satisfaction globale de la vie. Le bonheur étant un sentiment éminemment subjectif, il reste à discuter toutes ces cartes...


Le bonheur à l'école devenant aujourd'hui un sujet de préoccupation et de recherche (cf travaux du laboratoire BONHEURS), à quand une carte du bonheur dans les écoles ?

En attendant, vous pouvez consulter ces 18 cartes qu'on ne vous a jamais montrées à l'école. La carte du bonheur en fait partie. Ce choix de cartes est à prendre avec de l'humour et du recul, de même que cette autre sélection de cartes avec de nombreux stéréotypes. Voilà de quoi s'approvisionner en cartes à déconstruire pour travailler sur les représentations cartographiques et mentales !

Articles connexes




Les villes moyennes toutes en déprise : vrai ou faux ? Une analyse du CGET


Le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET), qui conseille et appuie le Gouvernement français dans ses politiques de lutte contre les inégalités territoriales et de soutien au développement des territoires, souhaite revenir sur quelques idées reçues concernant le déclin des villes moyennes, souvent présenté comme un phénomène homogène et inexorable.

Il rappelle que la France bénéfice d’un maillage en villes moyennes particulièrement dense. Ces villes représentent ainsi près de 23 % de la population française, soit plus de 15 millions d’habitants en 2013. Elles disposent de 1/4 des emplois, 1/3 des établissements de santé, 1/4 des lycées et des effectifs étudiants… Mais, si les villes moyennes sont donc bien au cœur de l’armature urbaine française, leurs situations sont loin d’être homogènes.



Les 30 villes moyennes les plus fragilisées se situent dans des zones d’emploi elles-mêmes fragilisées. Elles sont principalement dans le grand arc nord-est du pays, de Rouen à Limoges en passant par Troyes (lire le Rapport du CGET sur la cohésion des territoires).

Sur la période 2009-2014, cet arc montre, en effet, un creusement du déficit migratoire, une chute de l’emploi, une persistance du chômage, en particulier de longue durée. Une situation liée, notamment, à la surreprésentation du secteur secondaire, héritée de l’industrialisation de la fin du XIXe siècle. Mais ce secteur repose souvent sur des industries à faible valeur ajoutée et subit la baisse générale de l’activité industrielle.

En termes de conditions de vie, les habitants de ces territoires connaissent, par ailleurs, une forte surmortalité prématurée (avant 65 ans) par rapport à la moyenne nationale, et de plus faibles niveaux de vie.

Afin d’améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et de conforter le rôle de moteur de développement du territoire de ces dernières, le programme Action Cœur de Ville a été déployé. Coordonné par le CGET, il permet d’accompagner 222 villes moyennes porteuses d’un projet de dynamisation de leur centre-ville. Lire le dossier du CGET.

Lire la publication du CGET :
En détail sur les villes moyennes : « Regards croisés sur les villes moyennes » (avril 2018).

L'indicateur de fragilité construit par le CGET tient compte, pour chaque ville moyenne, des dynamiques démographiques et économiques (taux de croissance annuel moyen de la population et de l’emploi entre 2008 et 2013) ainsi que du taux de pauvreté. Est ainsi calculé un "score de fragilité".


Article connexe :

Comment interpréter la carte des gilets jaunes ?

Les enjeux du projet de gazoduc Nord Stream 2 à partir de ressources cartographiques disponibles sur Internet


Le Nord Stream est un gazoduc reliant la Russie à l'Allemagne via la mer Baltique. Le projet Nord Stream 2, envisagé pour doubler ce premier gazoduc, est longtemps resté en suspens du fait de l'opposition de l'Union européenne. Mais l'Allemagne semble décidée à réaliser le projet avec la Russie, en dépit des fortes réticences de ses partenaires européens.

Nord Stream 2, surnommé le "pipeline de Poutine", est un sujet de discorde majeur dans l'Union Européenne. En jeu : l'indépendance de l'UE vis à vis de l'entreprise russe Gazprom. A lire et écouter sur France Culture (16 février 2019).

Nord Stream 2 : la bataille écologique (source : Le Courrier de Russie)


Le Nord Stream 2 à l'échelle du réseau des gazoducs en Europe



Le site officiel du projet Nord Stream 2
http://www.nord-stream2.com/

Pourquoi le Nord Stream 2 divise les Européens (Alternatives économiques)
http://www.alternatives-economiques.fr/europe-russie-deau-gaz-1402201988249.html

La mer Baltique est d'ores et déjà colonisée par de nombreuses infrastructures : zones industrialo-portuaires, gazoducs et oléoducs, plateformes pétrolières, champs d'éoliennes, câbles sous-marins.... Muriz Djurdjevic et Thomas Paturet ont publié en 2015 un Atlas of Overexploited Territories - Baltic Sea qui permet de localiser et analyser ces infrastructures et leurs enjeux sur les plans politique, économique, environnemental... 
http://atlasofplaces.com/Atlas-of-Overexploited-Territories-Djurdjevic-Paturet

Une des cartes de cet Atlas de la Baltique est disponible en très haute résolution sur Map Porn :
http://www.reddit.com/comments/arbvj1



L'Europe se trouve de fait dans une situation de lock-in, en étant obligée de traiter avec la Russie. Un carte de synthèse résume cette situation de dépendance : Global Gas lock-in bridge to disaster

La Baltique n'est pas le seul espace maritime à connaître des tensions autour de l'implantation de gazoducs ou d'oléoducs. La Mer noire constitue également une zone de fortes tensions.

Turkish Stream : la bataille ne fait que commencer (sur le site Diploweb) :
http://www.diploweb.com/Turkish-Stream-la-bataille-ne-fait.html

Emission Le dessous des cartes (Arte) - Mer noire, géopolitique des tubes (2008) :
http://www.youtube.com/watch?v=J2qZwlufb68

Emission Le dessous des cartes (Arte) - Géopolitique du gaz 
http://www.youtube.com/watch?v=RA1TylIaU0o

Géopolitique du gaz en Méditerranée - France culture (2018)
http://www.franceculture.fr/emissions/affaires-etrangeres/affaires-etrangeres-du-samedi-28-avril-2018

Sur la géopolitique des tubes en Asie centrale (Philippe Rekacewicz, Monde diplomatique, février 2011 ) : http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/asietubes

Géopolitique de l’énergie. Tendances actuelles et approches critiques par Romain j. Garcier (Laboratoire Environnement Ville Société – UMR5600 CNRS) :
http://www.garcier.net/

Carte interactive des gazoducs et oléoducs en Europe (Agence internationale de l'énergie) :
http://www.iea.org/gtf/#

L'Environmental Justice Atlas fournit également une carte interactive des réseaux de gazoducs en Europe, mais dans le but de recenser les formes de résistance dans un contexte d'implantation de nouvelles infrastructures gazières qui représentent une dépendance aux combustibles fossiles et des dépenses publiques considérables dans le cadre de projets d'intérêt commun financés par des fonds publics de l'UE :
http://ejatlas.org/featured/global-gas-lock-in-map

Carte officielle des projets d'intérêt communs définis par l'UE :
http://ec.europa.eu/energy/infrastructure/transparency_platform/map-viewer/main.html


Le tracé prévu pour le gazoduc Nord Stream 2 traverse la péninsule de Kurgalsky, où se trouve l'une des sites naturels les plus importants du nord-ouest de la Russie. Voir le site consacré à la défense de cette réserve écologique :
http://kurgalsky.nord-stream2.com/

En faisant une recherche sur les termes "pipeline" ou "gas", il est possible d'aborder beaucoup d'autres exemples de "projets d'intérêt commun" contestés en Europe.
http://ejatlas.org/conflict/severny-potok-north-stream-natural-gas-pipeline-at-kurgalsky-reserve

Article connexe :

Les câbles sous-marins, enjeu majeur de la mondialisation de l'information 

La navigation en réalité augmentée arrive sur Google Maps


Ce n'était un secret pour personne, Google l'avait déjà annoncé en mai 2018 : l'entreprise était en train de préparer une nouvelle version de Google Maps intégrant des fonctions de réalité augmentée. 

L'Intelligence artificielle (IA), c'est un peu l'arme secrète de Google qui dépense beaucoup d'argent depuis des années dans le domaine de la reconnaissance d'images.  En plus des enjeux financiers énormes, il y avait un besoin important : pouvoir donner une nouvelle jeunesse à Google Maps, qui est l'une des plus vieilles applications de Google. Créée en 2005, Google Maps reste l'application de navigation la plus utilisée par le grand public. Elle a bénéficié d'importantes évolutions, avec notamment l'intégration de Street View qui augmentait déjà un peu l'expérience de l'utilisateur. 

En intégrant la plateforme de vision par ordinateur Google Lens dans Maps, Google permet de parcourir une rue de la ville et de voir des fenêtres contextuelles apparaître de manière à afficher en temps réel des restaurants, des cinémas ou d'autres lieux. C’est un peu ce que permettait déjà de faire Google Glass, mais il fallait pour cela acquérir les lunettes Google. Désormais l’appareil photo de votre smartphone devrait suffire.


Pour l'instant, l'application est encore en phase de test. Un journaliste du Wall Street Journal a pu faire part de ses premières impressions dans un article publié le 17 février 2019.


Cette navigation en réalité augmentée n'est pas disponible en permanence. La réalité augmentée (AR) s'efface au bout de quelques minutes pour laisser la place à l'interface de navigation classique. Question de sécurité, explique la firme californienne qui a remarqué que les utilisateurs regardaient leur écran trop longtemps en le tenant devant eux à bout de bras. Un comportement propice aux collisions dans un environnement urbain.

"L'application sera très utile dans les moments où vous sortirez du métro, et où vous vous demandez dans quelle direction aller", explique le responsable de l'expérience utilisateur chez Google.

Cette fonctionnalité AR sera d'abord déployée aux membres certifiés Local Guide avant d'être disponible pour tous les utilisateurs à une date qui n'a pas encore été dévoilée par Google.

Voici en complément une expérience de Matt Reed, "creative technologist" chez Redpepper, qui montre les progrès réalisés par l'Intelligence artificielle, notamment en termes de reconnaissance automatique d'images. Il s'agit d'une expérience faite à partir du célèbre album Where is Waldo ?, une série de livres-jeux britanniques créés par Martin Handford où le lecteur doit réussir à retrouver un personnage, Charlie. La caméra saisit toutes les images de personnages et parvient, en utilisant AutoML Vision de Google, à reconnaître le personnage.


Article connexe :

Google Street View et sa couverture géographique très sélective (lire l'article sur ce blog).


Quand la carte du dioxyde d'azote (NO2) crée comme une ombre fantomatique de l'humanité


On sait que le dioxyde d'azote (NO2), responsable des pluies acides et de la formation de l'ozone, est produit par les pays industrialisés. Ce gaz émis principalement par les véhicules automobiles et les centrales thermiques signent l'empreinte de nos activités humaines à la surface de la Terre. La NASA a engagé un programme de suivi de la pollution atmosphérique et notamment du NO2 à partir d'images satellitaires. Les scientifiques ont ainsi pu produire de nouvelles cartes satellitaires mondiales en haute résolution concernant la qualité de l'air. Cette cartographie permet un suivi plus précis du NO2 dans l'espace et dans le temps, dans diverses régions et dans 195 villes au monde.

Images satellitaires de la NASA sur le site du Goddard Media Studio (GMS) :
http://svs.gsfc.nasa.gov/12094



D'autres images satellitaires proviennent des données du satellite Sentinel-5P de l'Agence spatiale européenne. Nikhil Sharma de Descartes Labs en a tiré une carte très intéressante. Cela pourrait ressembler de loin à une carte de la population mondiale. Il s'agit en fait de la concentration en NO2.


Cette très belle carte réalisée en interpolation fait ressortir les grandes métropoles qui émettent beaucoup de gaz polluants issus de la combustion d'énergies fossiles. Pour autant ces émissions ne se limitent pas aux centres urbains, elles concernent les centres d'extraction minière, les grandes centrales thermiques... mais également les incendies en Afrique ou en Amazonie qui génèrent de grandes quantités de NO2. Les importants incendies qu'ont connus les Etats-Unis ressortent sur la carte sous forme de points lumineux. La carte met enfin en évidence les grandes routes de navigation maritime empruntées par des gros navires très pollueurs, de la Manche à la Méditerranée jusqu'à l'Asie du Sud-Est et à la Chine.

Les émissions de GES liés aux rejets des cargos et autres gros navires de croisières font l'objet d'une prise de conscience. Voir par exemple cette impressionnante carte interactive sur Shipmap.org



Mise sur fond noir, la carte du NO2 élaborée par Nikhil Sharma crée "comme une ombre fantomatique de l'humanité... Imaginez : si les humains n’étaient pas là, cette carte serait presque vierge".

A lire : l'article de Tim Wallace publié sur le site Medium le 15 février 2019, What We Burn Creates an Eerily Navigable Map of Earth.



Une carte en haute résolution des routes commerciales au Moyen Age


Cette carte a été élaborée par Martin Jan Månsson à partir de différentes sources citées en légende. L'auteur est diplômé en aménagement du territoire à l'Institut de technologie de Blekinge en Suède. Ni cartographe ni historien, Månsson a voulu faire une carte détaillée pour faire ressortir les routes de la mondialisation dès le Moyen Age et aussi par amour des cartes faites à la main (cf le graphisme très réussi).

La carte montre le réseau des routes commerciales aux XIe et XIIe siècles, en particulier la "route de la soie" : un terme fourre-tout pour désigner les nombreuses routes maritimes et terrestres qui reliaient l'Asie à l'Europe et au Moyen-Orient. Réalisée a la manière d’une carte de chemin de fer, la carte de Månsson montre à quel point nous étions interconnectés dès le Moyen Âge, la globalisation commençant bien avant les "Grandes découvertes".

La carte est consultable avec des explications (en anglais) sur le site Eazyzoom. Il est nécessaire de s'inscrire sur le site pour la télécharger (attention : le fichier fait près de 160 Mo !). La fonction appareil photo dans la barre menu à gauche permet de faire des captures d'écran sur des zones détaillées.

Cette carte fait l'objet de commentaires sur le site Map Porn (voir la présentation de ce forum de partage dans ce billet). Zoomer avec la molette pour agrandir la carte.





Au moment où la Chine explore de "nouvelles routes de la soie", il peut être intéressant de comparer cette carte avec la carte d'aujourd'hui proposée par le site Diploweb :
http://www.diploweb.com/Carte-Chine-et-Eurasie-Quelles-ambitions-et-contraintes-pour-les-Routes-de-la-soie.html

Le Courrier International en donne une version en haute résolution : http://www.courrierinternational.com/grand-format/cartographie-avec-les-nouvelles-routes-de-la-soie-la-chine-tisse-une-toile-mondiale

Wikipédia en donne une autres version qui permet d'avoir une lecture simplifiée  :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_route_de_la_soie


Une carte du bruit à l'échelle mondiale (projet Noise-Planet)


Noise-Planet a pour but de fournir des outils scientifiques pour l'évaluation du bruit dans l'environnement. Le projet est porté par deux équipes françaises de recherche, reconnues dans leurs domaines d'expertise. L'équipe DECIDE (Lab-STICC - CNRS UMR 6285) pour la thématique géospatiale et le Laboratoire d'Acoustique Environnementale (Ifsttar) pour les environnements sonores.
Noise-Planet propose une carte du bruit à l'échelle mondiale issue de données recueillies en crowd-sourcing à partir d'une application pour téléphone mobile. Le résultat est assez impressionnant : une carte mondiale en "nid d'abeille" où l'on peut zoomer jusqu'à l'échelle de la rue.



Des Noise Capture party sont organisées régulièrement pour alimenter cette cartographie communautaire. Ces sont des événements organisés sur un espace limité (une place, un quartier, une ville, ...) et sur un temps relativement court (1 jour, 1 semaine, ...), ayant pour objectif de collecter simultanément un large nombre de contributions, afin d'alimenter collaborativement la carte de bruit ou de tester de nouvelles fonctionnalités de l'application.

NoiseModelling (anciennement NoiseM@ap) est un outil gratuit, intégré au logiciel SIG OrbisGIS, conçu pour produire des cartes de bruit environnemental sur de très grandes zones urbaines, avec peu de ressources informatiques.

Pour accéder à la carte interactive :

Pour télécharger les données libres délivrées sous licence ODbL :
http://data.noise-planet.org/index.html

Pour accéder à l'application Noise Capture (sous Android) :
http://noise-planet.org/noisecapture.html


Par ailleurs,  Lukas Martinelli propose une carte du bruit potentiel à partir d'OpenStreetMap. Le concept est inspiré du modèle de pollution sonore proposé par Cities Skylines. :
http://lukasmartinelli.ch/gis/2016/04/03/openstreetmap-noise-pollution-map.html




La plupart des grandes villes ont désormais établi leur cartographie du bruit, à l'image de Paris par exemple avec l'application cartographique en ligne Bruitparif :
http://carto.bruitparif.fr/

Les bruits enregistrés dans les grandes villes peuvent être très différents en fonction de l'heure de la journée comme le montrent ces cartes de bruit de jour et de nuit pour le Grand Lyon :
http://www.grandlyon.com/services/cartes-du-bruit.html

Le Géoportail permet de visualiser les Plans d’exposition au bruit (PEB). Le PEB est destiné à encadrer l’urbanisation dans les zones de bruit au voisinage des aéroports.
http://www.geoportail.gouv.fr/donnees/plan-dexposition-au-bruit-peb

Dans une approche multisensorielle du paysage, on peut s'intéresser à la notion de paysage sonore.  
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paysage_sonore

A lire :

Jérôme Staub (2014). Les usages du geoweb sonore dans l’enseignement de la géographie en classe de seconde : le cas de sorties de terrain en milieu urbain. Mémoire de Master DCF 2ème année, dir. J.Béziat, Université de Limoges, 235p. En ligne avec un CR sur le site Didagéo.

L'ascension et le déclin des plus grandes villes du monde sur 4000 ans



Cette infographie animée montre l'ascension et le déclin des plus grandes villes du monde depuis plus de 4000 ans (de -2500 av JC à 2050 ap JC). Les cercles sont proportionnelles à l'importance de la population. Cette animation a été créée par Simon Kuestenmacher pour le compte de KPM Demographics.

L'infographie est commentée sur le site de du World Economic Forum :
http://www.weforum.org/agenda/2017/08/largest-cities-over-4000-years-animated-map/



Carte de l'indice de perception de la corruption (Transparency International)


Depuis 1995, l'ONG Transparency International publie chaque année un indice de perception de la corruption (CPI) classant les pays selon le degré de corruption perçu dans un pays. L'indice est élaboré à l'aide d'enquêtes réalisées auprès d'hommes d'affaires, d'analystes de risques et d'universitaires résidant dans ces pays ou à l'étranger. L'échelle va de 0 à 100, 0 correspondant à fortement corrompu et 100 à très peu corrompu. Plus des deux tiers des pays ont un indice inférieur à 50 en 2018, avec un taux moyen de 43 seulement.

L'indicateur a été critiqué pour véhiculer des clichés sur certains pays et comparer des types différents de corruption. Il ne concerne que la corruption dans le secteur public. Bien qu'elle repose sur des perceptions, cette carte a pour intérêt de rendre visible l'ampleur du fardeau de la corruption ainsi que les forts écarts qui existent entre les pays. C'est un point de départ pour discuter ensuite des situations politiques, économiques et sociales à l'origine de ce sentiment de corruption. Une analyse plus approfondie de l’indice montre que les pays dont les niveaux de protection des journalistes et des organisations non gouvernementales sont les plus faibles, sont aussi ceux où les taux de corruption sont les plus élevés.

Pour accéder à la carte 2018 :
http://www.transparency.org/cpi2018

Pour comparer avec des années antérieures :
http://www.transparency.org/research/cpi/overview

Cliquer sur des pays au choix pour faire apparaître leur taux de corruption, leur rang mondial
et leur évolution. Utiliser + ou - pour zoomer / dézoomer.


Reporters sans frontières procède par ailleurs chaque année à un classement des pays en fonction de la liberté de la presse :
http://rsf.org/fr/classement



Parmi les sources utilisées par Transparency International figure un autre indicateur, le Bertelsmann Stiftung’s Transformation Index (BTI). Cet indice analyse et évalue comment les pays en développement et les pays en transition (129 pays au total) orientent le changement social vers la démocratie et l'économie de marché. Il s'agit de la capacité à utiliser les ressources, de la conduite du changement, de la coopération internationale, de la gouvernance... Chaque critère est noté de 1 à 10. Plus l'indice se rapproche de 10, plus la performance d'un pays est bonne. Les pays connus pour avoir des régimes autoritaires et pour laisser peu de libertés à leur population ne sont pas complètement indifférents à ce classement et veillent en général à leur image vis à vis de l'opinion publique internationale. Tel est du moins l'un des buts de ces cartes mises à jour chaque année et largement diffusées dans les médias du monde entier.

Pour accéder à l'indicateur BTI :
http://www.bti-project.org

Pour accéder à l'atlas interactif
http://www.bti-project.org/en/data/atlas/





Economist Intelligence Unit (EIU) fournit un autre indicateur global de démocratie. Créé en 2006 et mis à jour chaque année, cet indice composite est fondé sur 60 critères regroupés en cinq catégories : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et la culture politique (voir les détails du classement sur Wikipedia). La notation se fait selon une échelle allant de 0 à 10 et à partir de cette note les pays sont répartis en 4 catégories : démocratie complète, démocratie imparfaite, régime hybride (mi démocratique, mi autoritaire), régime autoritaire. L'intérêt est d'analyser et discuter cette classification et de la confronter à d'autres cartes.



Cette carte est consultable sous une version plus interactive assortie d'un graphique montrant les évolutions depuis 2008 :
http://infographics.economist.com/2018/DemocracyIndex/


Le site de l'IDEA (International Institute for Democracy and Electoral Assistance) fournit une synthèse de ces indicateurs de démocratie et une interface cartographique permettant de les afficher un par un : The Global State of Democracy Indice. Voici par exemple le degré de transparence des  élections par pays en 2015.


Le Global Salvery Index fournit par ailleurs des données et une carte sur les formes d'esclavage moderne.
http://www.globalslaveryindex.org/2018/data/maps/


Il s'agit d'estimations à partir de différentes sources. Les 10 pays qui ont le plus fort taux pour 1000 habitants en 2018 sont : la Corée du Nord, l'Erythrée, le Burundi, la République de Centre-Afrique, l'Afghanistan, la Mauritanie, le Soudan du Sud, le Pakistan, le Cambodge et l'Iran. En regard de ces formes d'esclavage moderne, le site du Global Index Slavery met en regard les réponses apportées par les gouvernements, ce qui traduit leur capacité ou non à faire face au problème.


Cartographie subjective et géographie prospective


Signalée par @GeoProspective, le site de veille du groupe de Géographie prospective de l'académie de Lille, voici une très belle réalisation de carte subjective de Paris en 2050, lorsque les effets du réchauffement climatique se seront durement faits ressentir... si rien n'est fait.


Après l'impressionnante crue de la Seine en 2018, l'agence Deux Degrés et les étudiants de l'école Boulle ont conçu une carte interactive et collaborative de la capitale dans 30 ans. « Nous avons imaginé et organisé ce workshop. Nous avons fait dessiner les étudiants de l'école Boulle et nous avons composé l'image globale. Les étudiants devaient dessiner chacun un arrondissement » explique Matthieu Zimmer, géographe et directeur de projet. Derrière l'humour des créateurs se manifeste une prise de conscience. Au-delà de la forme attrayante et originale de la carte, les questions de fond prédominent. Anticiper un Paris à venir, c'est mettre en exergue les problèmes sociaux et écologiques actuels qui menacent de se développer (lire l'article du Figaro qui présente cette expérience collective).

Pour consulter la carte interactive en grand format :
http://www.deuxdegres.net/projects/paris-2050/

Cette carte peut fournir une bonne introduction à une séance de géographie prospective, pour permettre de se projeter dans un futur proche et envisager des scénarios d'action pour y faire face. La carte interactive dans laquelle on peut naviguer comme sur Google Maps donne un effet de réel assez réussi. La carte imaginaire n'est pas forcément futuriste, elle donne une vision des mondes possibles. Elaborée par les étudiants ou les élèves eux-mêmes, elle assume différentes formes de subjectivité qui ouvrent au questionnement et au débat. Autant de dimensions intéressantes que peut apporter la géographie prospective.

A compléter par d'autres ressources : "Grand Paris, des cartes qui brouillent les cartes"
http://www.enlargeyourparis.fr/societe/grand-paris-des-cartes-qui-brouillent-les-cartes