Que vaut la data map qui géolocalise les voeux des candidats sur Parcoursup ?


En 2018, Parcoursup a rassemblé les voeux de 810 000 jeunes et regroupé environ 80% des formations post-bac proposées en France, qu'elles soient sélectives (prépas, BTS, DUT, double-licences etc.) ou non-sélectives (licences générales). Cette nouvelle plateforme, qui a remplacé en 2018 le logiciel Application Post-Bac (APB), semble encore plus décriée par les étudiants que la précédente application informatique, si l'on en juge par les nombreuses récriminations ou incompréhensions sur les réseaux sociaux (voir par exemple sur Twitter le hashtag #Parcoursupercherie). Au 28 mai 2018, ce sont quelque 400 000 lycéens (environ 50%) qui sont en attente de réponses définitives concernant leurs voeux d'orientation pour des études supérieures. Ces étudiants n'ont pas reçu de proposition et vivent ce premier refus comme un échec, une humiliation ou pour le moins un découragement au moment même de passer les épreuves du baccalauréat. 

Dans un souci (quelque peu tardif) de communication et de transparence, le Ministère de l'Education Nationale et de l'Enseignement Supérieur a fini par communiquer les algorithmes de Parcoursup (voir le thread de Guillaume Ouattara #AlgorithmeParcoursup). Dans la foulée a été mise à disposition une carte interactive des résultats par établissements sur un fond de carte Openstreetmap :

Publication des voeux des candidats sur Parcoursup au 28 mai 2018 


Cette carte interactive utilise des technologies de traitement et de visualisation de données massives développées au LaBRI (CNRS / Université de Bordeaux / Bordeaux INP). Le choix de la plateforme Framagit pour publier ce code n'est peut-être pas un hasard : c'est un service proposé par l'association Framasoft qui promeut le logiciel libre. Y aurait-il un message de notre République numérique derrière ce choix ? Il faut tout de même patienter un peu avant de voir la carte s'afficher avec les centaines de milliers de voeux, le temps que le script Leaflet fasse son travail d'actualisation. C'est l'occasion de s'interroger sur l'intérêt et les limites d'une "data map" qui donne un accès public aux données (dans l'esprit de l'open data) mais seulement partiellement. La carte montre le nombre de vœux par établissements (détaillé par filières de formation) ainsi que la provenance des élèves ayant postulé pour chaque établissement d'accueil. Voici par exemple l'université Paris 7 Diderot avec ses formations et le nombre d'étudiants ayant obtenu une réponse positive par filières :


En dézoomant on voit apparaître les voeux en provenance des établissements français
à l'étranger ou dans les outre-mers :


Il convient de noter que l'application ne donne à voir que les réponses positives : « oui »  « oui si, en attente d’une place » pour chacun des voeux formulés. Le ministère ne communique pas sur les attentes et les refus (plus de 378 000 au 28 mai 2018), sans doute pour ne pas alimenter la polémique et dans l'idée que la situation devrait s'améliorer progressivement au fur et à mesure des désistements. Il faut rappeler que, pour chaque formation, les places disponibles ont été proposées aux candidats dont le dossier était le mieux classé, lesquels ont sept jours pour y répondre, et ne pourront être proposées à ceux « en attente d’une place » qu’au fur et à mesure des désistements. Comme le fait remarquer le journal Le Monde, « Parcoursup laisse les élèves mijoter, vérifier, espérer ». On ne compte plus les journaux ou les sites Internet qui s'efforcent d'expliciter le sens de ces réponses, de donner des conseils et de guider les étudiants dans leurs stratégies de voeux.

Et si la véritable évolution de Parcoursup était l’entrée des universités dans le marché de l’enseignement supérieur ? Comme le souligne non sans ironie le Nouvel Obs, « quand les étudiants classent les facs, the winner is... La Sorbonne.» La polémique semble actuellement se déplacer vers les algorithmes locaux utilisés par les universités ou les grandes écoles pour sélectionner leurs étudiants. Il n'y aurait aucun critère de transparence sur ces algorithmes locaux. D'aucuns demandent la communication de ces algorithmes au nom du Code des relations entre le public et l'administration (article 312-1-3). Les candidats peuvent aussi s’appuyer sur le règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), qui est entrée en vigueur le 25 mai 2018.


Dans un souci d'anonymisation des données (obligation de respecter la loi Informatique et Libertés de 1978), des seuils ont été appliqués. Les localisations géographiques exactes ont été également un peu modifiées (d'où quelques problèmes de positionnement géographique pour certains établissements). Derrière cette carte "en cheveux" indiquant la provenance des candidatures (dont les voeux ne tiennent qu'à un fil ténu !), on voit finalement apparaître la zone d'attractivité de chaque établissement comme dans une carte en oursins. La carte reflète donc indirectement le degré de popularité des établissements (universités, IUT, classes préparatoires en lycées publics ou privés...). En réalité cela dépend beaucoup du niveau de zoom, puisque les données ont été agrégées au niveau supérieur des quartiers et des villes (pour faciliter la lecture ou réduire les possibilités d'analyse ?). Ainsi un même cercle peut contenir plusieurs établissements, auquel cas on a seulement le niveau global d'attractivité des villes face aux demandes des étudiants, donc en partie mais toute la question est là, leurs capacités réelles d'offres en termes d'enseignement supérieur.

Comme indiqué sur le site, il s'agit avant tout d'une "carte informative" qui est censée publier les résultats globaux de Parcoursup au fur et à mesure que les voeux seront satisfaits. Cette carte n'a rien de définitif, elle n'a aucune vocation même à représenter quoi que ce soit. Elle géolocalise, elle recense, elle décrit, mais que vaut-elle sur le plan de l'analyse et de l'interprétation ? Il serait intéressant de reprendre ces données et de les intégrer dans une application de cartographie thématique pour les faire "parler" davantage. Certains syndicats comme par exemple Sud Education, font remonter une nette inégalité entre lycées. Des élèves venant de voies professionnelles, technologiques ou de quartiers réputés difficiles ont bien moins de réponses que les autres. 

A en juger par le mouvement de contestation et les réflexions actuelles sur le big data et sur l'open data, il y a fort à parier que les données produites par Parcoursup seront détournées vers d'autres utilisations que celles initialement prévues. Dans ce cas, on passerait d'une informatique de traitement pour sélectionner et orienter des flux à une informatique d'analyse des données et de réflexion sur leurs conditions d'utilisation et leur degré de signification dans une société de l'information où le pouvoir des big data est aussi bien du côté des institutions que du côté des citoyens.

Affaire à suivre...


Ajouté le 29/05/2018 :

L'idée serait de proposer un TD de cartographie appliquée où les étudiants auraient à comprendre le mode de construction de cette carte proposée par la plateforme Parcoursup et à conduire des analyses sur plusieurs thèmes qui touchent de manière sensible à leur orientation, mais aussi à l'approche géographique des territoires de formation. On pourrait alors les faire réfléchir sur :
  • l'attractivité des universités, des classes prépas, des BTS, des IUT... à différentes échelles (régionale, nationale et internationale) et les facteurs pouvant contribuer à cette attractivité ;
  • la comparaison entre ces établissements d'accueil (l'opposition Paris/province mais aussi entre universités parisiennes, sans oublier l'opposition métropole/outre-mer);
  • la carte de l'offre de formation par filières avec le détail de réponses positives, qui reflète en partie l'attractivité de certaines filières sélectives ;
  • le nombre et l'origine des candidatures pour certains établissements qui peinent à acquérir une certaine masse critique ;
  • le fort déséquilibre entre les demandes des étudiants et la capacité d'offres des établissements (données complémentaires à rechercher)...

Quelques exemples, cartes à l'appui, pour vérifier cette affirmation du Nouvel Obs du 21 mai 2018 :

"Faut-il rappeler qu’avec Parcoursup, la nouvelle plateforme d’accès au supérieur mise en place par le gouvernement, ce ne sont pas seulement les facs qui classent les étudiants. Ce sont aussi les étudiants qui classent les facs !"


L'attractivité de l'université Panthéon Sorbonne à l'échelle internationale


L'attractivité de l'université de La Réunion à l'échelle internationale


 L'aire d'attractivité de la métropole de Lyon à l'échelle nationale


Nantes à l'échelle régionale du grand Ouest



Ajouté le 28/08/2018

Dans un article du 27 août 2018 "Parcoursup, y a un bug", le journal Alternatives économiques fait le point sur l'évolution des candidatures pendant l'été et montre que seuls 6 candidats sur 10 ont obtenu et accepté une proposition d'orientation à la veille de la rentrée :



Le système d'orientation mis en place par Parcoursup ne résout pas fondamentalement les problèmes structurels des universités qui ont bien du mal à faire face conjointement à la hausse de leurs effectifs et à la baisse de leurs moyens : 



Lien ajouté le 16 mai 2019

En 2019, le dispositif Parcoursup a évolué et ne permet plus d'avoir une vue de l'ensemble des voeux des étudiants à travers une interface cartographique. La seule carte qui est proposée est la carte des formations qui décrit les filières proposées dans les différents établissements du supérieur. En terme d'opendata, il semble donc que la tendance soit plutôt à réduire l'accès aux données qui, bien qu'individuelles et confidentielles, devraient être agrégées, anonymées et rendues publiques dans l'idée d'assurer plus de transparence.

Accès à la carte Parcoursup 2019 :
http://carte.parcoursup.fr/#


  • La colonne de gauche permet de sélectionner une filière.
  • La colonne centrale donne la liste détaillée des formations en fonction de votre recherche et pour chaque formation : le pourcentage de candidats ayant accepté la formation en fonction de la série de baccalauréat, le taux d’accès 2018, le nombre de places disponibles dans la formation en 2019 et des suggestions de « formations similaires » à la formation recherchée
  • Enfin, la carte de droite permet de visualiser ces formations et d’affiner la recherche sur une zone géographique plus précise. En cliquant sur une formation vous pouvez accéder au détail de celle-ci. Lorsqu’il y a trop de formations à afficher : elles sont regroupées et c’est en zoomant sur la carte que vous pouvez les distinguer.
Le nombre de places disponibles est indiqué pour chaque filière mais sous réserve de modifications par l'établissement, ce qui en limite un peu la crédibilité. On peut s'interroger également sur la signification du taux d'accès (en pourcentage par rapport à l'année précédente) qui reste difficile à interpréter : il ne s'agit pas des chances réelles des candidats mais simplement du nombre de places qui ont été pourvues au terme du processus de sélection (ce qui semble donner indirectement un signe de la difficulté à obtenir certaines filières plus sélectives).

Très critiqué l’an dernier pour sa lenteur, Parcoursup a subi plusieurs modifications en 2019. Des changements ayant pour objectif de rendre plus rapide le processus d’admission afin de diminuer le stress des candidats. Alors que l’an dernier, la procédure principale avait duré jusqu’à début septembre, elle est prévue pour se terminer cette année le 19 juillet.

Autre changement par rapport à la version précédente : les délais de réponse aux propositions ont été raccourcis pour que les places refusées soient plus rapidement proposées à d’autres candidats. Du 15 au 19 mai 2019, les candidats ont eu cinq jours pour accepter, refuser ou placer « en attente » les propositions reçues. Ce délai est ramené à trois jours à partir du 20 mai et jusqu’à la fin de la procédure normale. Seule exception, durant les épreuves écrites du bac, du 17 au 24 juin, où la procédure sera « en pause » pour permettre aux candidats de se concentrer sur les examens.

Pour rappel, les quatre types de réponse sont :
●  « Oui » : le candidat est accepté dans la formation souhaitée
● « Oui si » : le candidat est accepté dans la formation à condition de suivre un module complémentaire pour se remettre à niveau (uniquement pour les licences).
● « En attente » : le candidat est sur la liste d’attente. Sa position évoluera au fil de la procédure et des désistements des autres candidats.
● « Non » : le candidat n’est pas accepté dans la formation souhaitée


Lien ajouté le 17 mai 2019

Il est indiqué sur la page d'accueil du site que la procédure Parcoursup concerne cette année 898 054 candidats, dont 639 905 sont des lycéens, 133 057 des étudiants en réorientation et 125 092 des candidats non scolarisés, pour la plupart en reprise d'études (environ 110 000). Au total, ces candidats ont formulé 6,9 millions de vœux sur Parcoursup dans plus de 14 500 formations (soit 1 500 de plus qu'en 2018).

Il est mis en avant que cette procédure repose sur un "principe de solidarité". Mais rien ne dit que les candidats accepteront de libérer les places au fur et à mesure en acceptant les propositions, dans l'idée de libérer de nouvelles propositions à d'autres... sauf s'ils y sont conduits par les délais plus brefs qui leur sont accordés pour se décider.

Lire l'article de Louise Tourret publié sur Médiapart le 23 mai 2018 :
Parcoursup, une certaine vision de la société

Entre mercredi 15 mai et jeudi 16 mai 2019, la plateforme a adressé les premières réponses concernant  environ 1,5 millions de propositions qui ont été faites aux candidats. En voulant concentrer les réponses aux propositions sur un délai très court (du 15 au 19 mai), il semble que cela ait entraîné quelques bugs sur la plateforme. A moins qu'il s'agisse du nombre de place véritablement disponibles par filière qui ne soit pas très clair ou qui n'ait pas été clairement rempli par les établissements du supérieur.




Le 16 mai 2019, au lendemain de l'ouverture de la phase d'admission, les équipes de Parcoursup ont procédé aux vérifications quotidiennes d'usage. Au cours de ces vérifications, elles ont été alertées par des taux anormalement élevés de propositions d'admission formulées par certaines formations par rapport à leur capacité d'accueil. Cela concernerait un peu moins de 400 formations sur les 14 500 formations proposées soit environ 2% du nombre total de formations.

La plateforme d'accès à l'enseignement supérieur a été stoppée jeudi 16 mai et a redémarré le vendredi 17 mai à 12h30 avec, pour certains candidats, la remise à zéro des compteurs. La ministre a promis que ceux-ci bénéficieraient d' « un accompagnement particulier ». La deuxième saison de Parcoursup commence mal pour l'exécutif qui entendait réduire le stress et avait misé sur « la tranquillité » pour cette deuxième année de fonctionnement.

Un exemple de l'évolution des voeux satisfaits ou refusés dans Parcoursup depuis le 16 mai 2019 (option MPSI) :

Lien ajouté le 30 mai 2019


Articles connexes :

Géographie de la formation et de la mobilité étudiante d'après une étude de l'INSEE

Un atlas des fractures scolaires par Patrice Caro et Rémi Rouault : comment lire et analyser les inégalités socio-spatiales en éducation ?



Etudier les conflits maritimes en Asie en utilisant le site AMTI

Le projet Asia Maritime Transparency Initiative (AMTI) vise à fournir une plateforme d'information, d'analyse et d'échange sur les questions de sécurité maritime en Asie. Le site a été conçu par le Center for Strategic and International Studies (CSIS), un institut américain d'études politiques et d'analyses stratégiques qui essaie de fournir des informations objectives sur les enjeux de politique et de sécurité internationales.

Les informations, régulièrement mise à jour, sont présentées sous forme de cartes interactives. Elles permettent d'étudier les revendications territoriales et maritimes des différents pays d'Asie. Ces cartes sont  agrémentées d'images satellites en haute résolution permettant de suivre la transformation des îles, en particulier les Spratleys et les Paracels que la Chine a intégrés dans sa zone d'influence. Mais le site permet aussi d'aborder d'autres types de conflits ou de litiges maritimes en Mer de Chine orientale, en Asie-Pacifique et dans l'Océan Indien. En cochant et en décochant les pays, on peut faire apparaître de manière très claire les périmètres des eaux territoriales et des ZEE ainsi que leurs zones de chevauchement (avec les lignes de base précises ayant permis de les délimiter). La carte inclut une option de filtre qui vous permet d'afficher n'importe quelle combinaison de revendications territoriales en fonction des pays :


La ligne à neuf traits défendue par la Chine (la fameuse "langue de boeuf") ainsi que la ligne en forme de U de Taïwan dans la mer de Chine méridionale sont représentées en pointillés de manière à montrer l'ambiguïté de ces revendications. Dans un souci d'objectivité, sont représentées uniquement les réclamations territoriales fondées sur les accords internationaux, la législation nationale et la soumission publique des réclamations des demandeurs. Ainsi dans la mer de Chine méridionale, les droits maritimes des îles Paracels et Spratleys ne sont pas indiqués en raison d'un manque de clarté dans les revendications formulées par les différents pays. Le site annonce que ces informations seront mises à jour lorsque la situation en mer de Chine méridionale sera plus claire. 

Le suivi des images île par île est vraiment très instructif et permet d'étudier l'évolution rapide de l'artificialisation et de la militarisation de ces îles et archipels :


Certaines îlots émergent à peine de l'eau et sont inhabités, posant des problèmes de calcul de la ZEE. Pour générer une ZEE autour d’une île, il faut selon la convention de Montego Bay (1982) qu’elle ne soit pas recouverte à marée haute, qu’elle soit habitée et qu’elle possède une activité économique propre. Pour chacune des îles revendiquées, le site donne une description très précise avec son nom dans différentes langues, ses coordonnées géographiques, son statut légal et sa superficie réclamée.

Le récif de Fiery Cross est localisé dans la partie occidentale de l'archipel des îles Spratleys, entre la côte vietnamienne et l'île de Bornéo. Il est également connu sous sa désignation chinoise d'île Yongshu. Il a été largement remanié et agrandi entre 2014 et 2016 par les autorités chinoises. Celles-ci ont voulu en faire une base aérienne et navale stratégique dans la partie sud des eaux territoriales qu'elles revendiquent. Sa superficie est désormais de 274 hectares, ce qui est suffisant pour abriter une longue piste (environ trois kilomètres), utilisable par des bombardiers stratégiques, des chasseurs et des avions civils :


Dans un communiqué du 18 mai 2018, le site AMTI fait état pour la première fois de l'atterrissage de bombardiers chinois Xian H-6K, capables de lancer des missiles de croisière par air  Ces bombardiers à longue portée de dernière génération peuvent décoller de Woody Island, la plus grande base militaire des îles Paracels, et couvrir l'ensemble de la mer de Chine méridionale. Le site AMTI souligne le rôle de Woody Island en tant que base avancée pour des déploiements éventuels dans les îles Spratleys plus au sud :



Le rayon d'action des avions de combat H-6K est d'environ 1000 miles nautiques (1 800 km). La quasi-totalité des Philippines tombe dans leur rayon d'action, dont la capitale Manille ainsi que les cinq bases militaires prévues par l'Accord de coopération et de défense signé avec les Etats-Unis. Avec les améliorations techniques qui pourraient conférer au H-6K un rayon d'action de près de 1900 milles nautiques, ce serait toute l'Asie du Sud-Est qui serait accessible depuis Woody Island. D'ores et déjà, les avant-postes des "Big 3" dans les Spratleys (les îles de Subi, Mischief et Fiery Cross Reefs) mettent Singapour et une grande partie de l'Indonésie à portée des bombardiers. Depuis les Spratleys, les bombardiers H-6K pourraient atteindre les installations de défense américaine au nord de l'Australie ou au Guam. Les déploiements actuels et futurs de plates-formes aériennes et de missiles dans les Paracels et les Spratleys ne cessent d'étendre les capacités de projection chinoises à partir de ces îles avant-postes :



Au total le site AMTI permet de documenter de manière précise les enjeux géopolitiques et géostratégiques de ces territoires maritimes en Asie. L'étude est centrée sur les cinq  pays qui ont les principales revendications territoriales : la Chine, la Malaisie, les Philippines, Taïwan et le Vietnam. Ces pays occupent à eux seuls près de 70 îles et récifs en mer de Chine méridionale. En n'hésitant pas à remblayer et à poldériser avec du sable, ils ont construit plus de 90 avant-postes dont beaucoup ont connu une expansion rapide au cours de ces dernières années, au point de devenir de véritables îles "portes-avions". La Chine est la principale puissance régionale à exercer une très forte pression sur ces récifs coralliens transformés en îles artificielles.

Pour compléter :
    • Un parcours pédagogique avec Google Earth proposé par le site Voyages virtuels de Jean-Marc Kiener. 
    • Une storymap qui retrace les étapes du conflit depuis 2015 par le quotidien Al Jazeera.
    • Dossier de presse avec infographies récentes réalisé par le site Reuters graphics en collaboration avec Earthrise Media, 24 mai 2018.
    • Mer de Chine, la guerre des archipels. Film de Marc Petitjean (Arte) disponible sur Youtube.
    • La Chine n'a pas de droits historiques en mer de Chine. Article du journal Le Monde du 12 juillet 2016.
    • Une partie de Go dans l’Océan Indien : stratégie maritime chinoise, réalité indienne et arbitrage américain. Perspectives Internationales, 19 avril 2014.
    • François Taglioni, Les petits espaces insulaires au cœur des revendications frontalières maritimes dans le monde, L'Espace Politique, 2007.
    • Yann Roche, La Mer de Chine méridionale : un enjeu frontalier majeur en Asie du Sud-Est », L’Espace Politique, 2013.
    • Sylvain Genevois, La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire. Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien 2016. "Entre terres et mers, cartographies du sud-ouest de l'océan Indien", Sep 2016, Saint-Denis. Université de la Réunion.  
    •  
    Lien ajouté le 14 septembre 2019

    Une carte des territoires revendiqués en mer de Chine méridionale avec les capacités navales de chaque pays à partir des données du CSIS : http://geopoliticalfutures.com/conflicting-claims-in-the-south-china-sea/



    Articles connexes :

    Cartes et données sur les conflits et violences dans le monde (ACLED)

    Utiliser les cartes du CSIS pour étudier les grandes questions géopolitiques du monde contemporain

    Analyser et discuter les cartes des "pays à éviter" pour les voyageurs



      Entre profusion et manque : défis et limites de l’usage et de la production de données en géographie de l’éducation

      ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE LYON – INSTITUT FRANÇAIS DE L’EDUCATION
      Entrée libre - 22 juin 2018
      Journée d’étude réalisée dans le cadre du programme E C R I T E
      (Etude sur les Contextes de RecomposItions Territoriales en Education)

      9h30 - 10h00
      • Présentation de la journée et mot d’introduction Antoine Laporte et Michel Lussault – ENS de Lyon
      LES ENJEUX SOCIO-ETHIQUES DE L’UTILISATION DES DONNEES

      10h00 - 12h00
      • Du stratégique au sensible. Une approche de géographie sociale de l’éducation David Giband – Université de Perpignan
      • Compter, mesurer, responsabiliser : les enjeux de l’accountability aux États-Unis et ses dérives Nora Nafaa – Université de Perpignan
      • L'accès aux données d'affectation dans le supérieur : enjeux éthiques Leïla Frouillou – Université de Nanterre

      LA QUESTION DES INEGALITES SOCIO-SPATIALES
      Approche par les collèges
      13h30 - 15h00
      • Les données scolaires pour l'étude des inégalités socio-spatiales, 1980-2018 Jean-Christophe François – Université Paris 7
      • Accéder, associer et combiner les données scolaires. Enjeux géographiques de l’exploitation des bases de données du second degré. Gwenaelle Audren – Université Aix-Marseille
      Pause
      15h15 - 17h00
      Approche par l’enseignement supérieur
      • Les mobilités étudiantes entre mesures et démesures. Retours sur 25 ans de recherche. Myriam Baron – Université Paris-Est Créteil
      • Mobilité des publics universitaires vue des campus : de la production de données à l’aide à la décision. Olivier Klein et Louafi Bouzouina – ENTPE

      ENS de Lyon - IFE
      15 parvis René-Descartes,
      69007 Lyon
      Site Buisson – Salle D8-001
      Arrêt Debourg (Ligne métro B, Tram T1)

      Cartographier le parcours d'un migrant avec Google Maps

      "L'idée c'était d'avoir une vision concrète du parcours d'un migrant". Au collège Val d'Oudon du Lion d'Angers, Pierre Ramon, professeur d'histoire-géographie, a adopté une double démarche. D'abord faire rencontrer par les élèves Alex, un migrant érythréen. Ensuite, avec des outils Google Maps, observer et cartographier son parcours. Au final, une découverte humaine où la géographie et ses outils sont au service d'une réflexion citoyenne... Pierre Ramon se défend de pratiquer une géographie engagée et il a raison. En fait il pratique une géographie citoyenne, celle qui donne aux futurs citoyens les moyens de devenir des acteurs de la gestion de leur espace.

      Voir l'interview complète de Pierre Ramon pour le Café pédagogique.

      Consulter les cartes produites par les élèves sur le site du Collège du Val d'Oudon.
      Ce serait intéressant de tester des scénarios de cartographie collaborative permettant de travailler avec des groupes d'élèves sur une même carte. D'autres outils que Google Maps permettent également de faire ce travail tels Umap ou Framacarte, même si les outils fournis par OpenStreetMap sont pour l'instant moins connus et moins usuels que Google Maps.
       
       
      Pour prolonger la réflexion sur la cartographie des récits de migrants :
      • Sébastien CAQUARD et Thierry JOLIVEAU (2016). Penser et activer les relations entre cartes et récits, M@ppemonde n°123.
      • Romain LIAGRE (2008). De la difficulté de cartographier les itinéraires migratoires clandestins, Espace populations sociétés, 2008/3, 453-461.
      • Camille RENARD (2015). Où vont les migrants européens ? Migrants : trois cartes pour comprendre, France Culture, 3 juillet 2015.
      • Maëline LE LAY (2015). Cartographier les récits de migrants : Autour de The Mapping Journey Project de Bouchra Khalili, LAMenparle, 12 octobre 2015.


      6e Rencontres nationales autour du projet OpenStreetMap

      Les 1-2-3 juin 2018, le campus de l’Université Bordeaux Montaigne accueille les 6e Rencontres Nationales autour du projet OpenStreetMap : le State Of The Map France (SotM).

      State of the Map France
      Durant 3 jours, contributeurs, utilisateurs, représentant.e.s de collectivités et d’entreprises gravitant autour du Web et de l’information géographique, chercheur.e.s, mais aussi personnes curieuses de découvrir cette « carte libre du monde », ce commun que représente OSM, se retrouveront pour partager leurs expériences, se tenir informés, se former, découvrir l’écosystème et les multiples applications - existantes ou à imaginer – autour d’OpenStreetMap.

      Pour en savoir plus : http://sotm2018.openstreetmap.fr/ :

      Lien vers le programme, plus de 80 présentations pour 60 heures d’interventions, d'ateliers, de tables rondes : http://sotm2018.openstreetmap.fr/programme.html

      Formulaire d'inscription : http://sotm2018.openstreetmap.fr/inscription.html



      Unfiltered news, le site qui fait sortir de sa bulle géographique


      Unfiltered News est un incroyable site web qui permet de visualiser ce qui fait chaque jour l’actualité dans la plupart des pays du monde. Voir la présentation complète de l'application par Fidel Navamuel sur son site Outils TICE.

      Ce site rassemble, sous forme de carte interactive, les sujets les plus abordés par pays. Il s'agit des sujets les plus importants issus de Google Actualités. Ils sont consultables par jour et par pays et regroupés en fonction des grands thèmes abordés (ou non). 

      Le site Unfilitered News nous offre la possibilité de sortir de la bulle dans laquelle nous sommes enfermés par notre situation géographique. Très utile pour l'Education aux médias et à l'information (EMI) et pour l'Education civique.


      Il convient cependant de noter que l'idée de ce site provient d'un think tank. Unfiltered New n'est donc pas neutre  : il est issu d'un incubateur de Google (Jigsaw), investi de la nouvelle croisade numérique de Google pour affronter les grands défis du monde. Voir la présentation de Jigsaw sur le site Intelligences connectées.



      Le Monde vu d’Asie. Une histoire cartographique.

      Le Monde vu d’Asie. Une histoire cartographique de Pierre Singaravélou et Fabrice Argounès édité par Le Seuil et le Musée national des arts asiatiques-Guimet/MNAAG, 2018, 192 p. ISBN : 978-2021375008 Prix : 35 €.



      "Ce beau livre relate une autre histoire du monde, centrée sur l’Asie à travers des chefs d’œuvre cartographiques et iconographiques, célèbres ou méconnus, qui témoignent des échanges féconds entre les différentes régions asiatiques, ainsi qu’entre l’Asie et le reste du monde du XVe au XXe siècle. Après avoir présenté les univers cosmographiques hindou, jaïn, bouddhiste et taoïste qui constituent la matrice des cartographies religieuses, les auteurs nous invitent à suivre certains explorateurs comme l’amiral Zheng He, des moines tel Xuanzang et ses fameuses Pérégrinations vers l’Ouest, et les commerçants partis sur les routes des "grandes découvertes" asiatiques. Les nouveaux pouvoirs royaux et impériaux mettent en scène leur autorité sur le territoire grâce à la cartographie, à travers la représentation des conquêtes, des frontières, des grands travaux et des capitales. Longtemps, les mappae mundi chinoises, coréennes et indiennes confondent le monde avec l’Asie et relèguent l’Europe et l’Afrique dans les marges des cartes. À partir de la fin du XVIe siècle, la coopération entre les jésuites européens et les savants chinois induit un décentrement, qui ouvre des perspectives géographiques aux élites autochtones, tout en situant l’Asie au cœur du monde. Au XIXe siècle, la présence coloniale européenne apparaît sur les cartes qui traduisent d’autres formes d’hybridation des savoirs. Les Occidentaux se sont alors réapproprié ces savoirs cartographiques asiatiques et une grande partie de ces œuvres ont été déplacées notamment dans certaines collections françaises."

      Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et membre de l’Institut universitaire de France, Pierre Singaravélou a publié de nombreux ouvrages sur l’histoire du fait colonial et de la mondialisation en Asie aux XIXe et XXe siècles. Il dirige les Éditions de la Sorbonne et le Centre d’histoire de l’Asie contemporaine.

      Enseignant en géographie à l’université de Rouen-Normandie et chercheur en épistémologie et histoire de la géographie et de la cartographie, Fabrice Argounès a publié plusieurs livres sur l’histoire de la cartographie et la géopolitique en Asie et dans le Pacifique.
      Tous les deux sont commissaires de l’exposition "Le monde vu d’Asie. Une histoire cartographique" qui a lieu au musée Guimet.

      Lire l'interview des auteurs dans Libération


      « Carte générale de tous les pays de la terre », de K. Yoshiharu (1809-1810), avec l'Asie au centre du monde.


      Chercher une carte IGN par thème d'études


      Vous cherchez une carte du @Geoportail avec du bocage, une raffinerie, de la périurbanisation ?

      Pour leurs cours de géographie ou de cartographie, les enseignants sont souvent à la recherche de cartes IGN contenant un certain type d'éléments : une carte avec vignoble, une zone industrielle, un barrage...

      La cartothèque de Paris 8 propose un recensement par thème assez pratique pour trouver la carte topo qui vous convient. Cette liste propose les titres de carte, avec des thèmes généraux : rural, tourisme, urbain etc. Chaque titre de carte est lié à une ou plusieurs références de manuels de commentaire de cartes (Tiano, Tiffou, Défossé, Janin etc.). Cette liste est complétée à chaque parution d'un nouveau manuel.

      Cette liste est commentée et illustrée dans un article du Journal de la Carto.

      De nombreuses cartes sont commentées en ligne sur le site de J.M. Dauriac : Dans la marge.

      Le site fournit également un moteur de recherche permettant de rechercher sur des éléments topographiques plus précis : relief, openfield, lotissement, vignoble, paysage industriel, littoral touristique, falaise etc... Le titre est souvent associé à une illustration (copie d'écran de la carte sur Géoportail, parfois photographie aérienne). Cette base de données est complétée régulièrement.



      Programme des Geodatadays 2018

      DÉCOUVREZ LE PROGRAMME DES GEODATADAYS 2018
      3 et 4 juillet 2018, aux Docks du Havre
      www.geodatadays.fr
      #geodatadays

      En avant-première :
      Restitution de la mission parlementaire sur les données souveraines par Mme Valéria FAURE-MUNTIAN, députée de la 3e circonscription de la Loire Des débats stratégiques...
      • Biens communs, données souveraines : demain, quel paysage pour l’information géographique en France ?
      • Production de données décentralisée et mutualisée : l’exemple du PCRS Deux thèmes au cœur de l'actualité... 
      • Open data, innovation… comment la géomatique et les géomaticiens rendent les territoires plus intelligents 
      • L'Eau et le littoral Trois grands défis pour demain... 
      • Sécurité des données et des traitements : nouveaux enjeux, nouvelles obligations 
      • Intelligence artificielle, deep et machine learning, big data… comment les sciences géographiques se transforment ? 
      • L’Internet des Objets, les véhicules autonomes : nouvelle frontière ou nouvelle opportunité ? Trois ateliers pratiques... 
      • L’occupation du sol en questions 
      • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le PCRS sans jamais oser le demander
      • L’accompagnement des communes : l’exemple de l’adresse et des documents d’urbanisme 

      Un festival de Géo-innovations... pour faire connaître et tester de nouveaux concepts, idées, produits... Vous avez un projet innovant à présenter ? Cliquez ici ! Des animations pour favoriser le networking...


      Les 30 ans de la revue M@ppemonde

      Image Mappemonde

      Pour marquer les 30 ans de la revue, Mappemonde organise un séminaire le 18 juin à partir de 14H00 (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, Centre Panthéon, salle 1).

      La participation est ouverte à tous et gratuite, mais l’inscription est obligatoire, merci de bien vouloir vous inscrire sur le site de la journée : http://mappemonde30ans.sciencesconf.org/

      Cet évènement permettra de faire le point sur l’évolution de la revue depuis son origine et d’en discuter avec les personnes qui ont compté dans son histoire ainsi qu’avec ses lecteurs, autour de deux questions centrales :
      • Les évolutions de l’image géographique
      • Les enjeux de la publication scientifique, passés et à venir

      Programme :


      14H-14H30
      Avant-propos par le fondateur de la revue, R. Brunet

      14H30-15H
      D. Eckert et L. Grasland. La fabrication de la revue. Qui fait tourner Mappemonde ? Les cartographes et secrétaires de rédaction. Le comité de rédaction. Évolution de la maquette et des contenus (rubriques, prix de thèse, etc. Du papier à revue en ligne).

      15H-15H15
      L. Jégou, M. Noucher, O. Pissoat et G. Le Campion. Analyse des mots clefs et thématiques des résumés depuis 30 ans.

      15H15-16H30
      C. Didelon & H. Théry. L’évolution de l’image et de la production d’image en géographie depuis 30 ans, sur la base d’images extraites de la revue. Les outils, mais aussi les normes scientifiques et esthétiques

      16H30-16H45
      Questions / Discussion

      16H45-18H15
      Table ronde « revues » : les évolutions de la publication scientifique, particulièrement en géographie, depuis 30 ans.

      18H15-18H30
      Discours de clôture : Didier Josselin : Les enjeux de la publication scientifique pour les 10 prochaines années.



      Le rythme cardiaque de la ville : Manhattan heure par heure


      Cette géovisualisation dynamique indique les lieux fréquentés par la population de Manhattan aux différentes heures de la journée. Elle a été produite à partir des outils MapBoxGL et D3. Elle est accessible sur le site Manpopex.us. C'est une modélisation spatiale de la population représentée bloc par bloc, au cours d'une semaine à la fin du printemps. Les barres verticales s'élèvent en fonction de la fréquentation, donnant à voir le rythme cardiaque de la ville et l'animation différenciée de ses quartiers.

      Ces estimations sont le résultat d'une combinaison de données issues du recensement américain et d'une distribution géographique des entrées et sorties nettes, calculées à partir des stations de métro. Les données ont été normalisées pour correspondre aux estimations de la population diurne et nocturne fournies par l'étude de M. L. Mossand & C. Qing (The Dynamic Population of Manhattan, 2012).

      Les pulsations urbaines de Manhattan heure par heure et jour par jour


      C'est un peu le pouls de la ville que l'on a l'impression de voir battre, certains auteurs n'hésitant pas à parler de "pulsations urbaines". Mais il y a à s'interroger sur l'usage de la dimension z qui donne à voir une vision spectaculaire comme sur une carte 3D en relief. Quid du dégradé de couleurs qui vient ici en doublon ? La granularité choisie est celle du bloc et non celle de chaque immeuble, contrairement à ce que laisseraient penser ces grandes barres verticales que l'on pourrait assimiler de prime abord à des gratte-ciels. Les données qui ont été mobilisées sont celles de la Metropolitan Transportation Authority (MTA), l'entreprise en charge de la gestion des transports publics dans l'agglomération de New York. L'auteur dit avoir repris les entrées et les sorties nettes pour chaque station de métro à partir des fichiers de tourniquets du MTA, et les avoir dispersées dans les blocs les plus proches de chaque station selon un mode plus ou moins régulier. Tous les navetteurs n'empruntent cependant pas le métro pour venir travailler à Manhattan. L'intégration de données issues d'autres transports en commun aurait sans doute permis de meilleures estimations dans les secteurs de la ville où interviennent d'autres moyens de transport (tel AMTRAK pour le transport ferroviaire, NJTransit ou encore le PATH pour la population venant du New Jersey). Malgré ces biais, le résultat est assez saisissant et réaliste.

      L'application propose 3 onglets :
      • Story : pour suivre les explications données en fonction d'heures précises déjà sélectionnées par l'application ;
      • Visualization : pour visualiser librement les données en 3D (barres verticales proportionnelles au phénomène) en choisissant la date et l'horaire que l'on souhaite, avec l'option très intéressante de pouvoir afficher tel ou tel quartier ;
      • Statistics : pour visualiser les données en 2D bloc par bloc (vue de dessus avec dégradé de couleurs), avec la possibilité d'afficher une courbe et des données statistiques.
      En plus d'être le comté le plus dense des États-Unis, Manhattan prétend également avoir le ratio le plus élevé de population entre le jour et la nuit, à comparer de n'importe quel autre lieu des Etats-Unis (soit un rapport de 1 à 2). Alors que, selon le recensement américain de 2010, la population de Manhattan serait de 1.6 millions d'habitants, l'étude de M. L. Mossand & C. Qing, estime que la population réelle est probablement d'environ 2 millions de personnes pendant la nuit, et que ce chiffre pourrait même s'élever à près de 4 millions de personnes pendant la journée de travail. Pour avoir un niveau de comparaison, on peut dire que Manhattan à elle seule se voit ajouter et retrancher chaque jour ouvrable l'équivalent de la population d'une ville comme Houston !


      La cité qui ne dort jamais
       Manhattan à 3h du matin un mercredi (source : Manhattan Population Explorer)




      L'animation de la City en pleine journée
      Manhattan à 14h de l'après midi un mercredi (au maximum de son activité)
      (source : Manhattan Population Explorer)



      Bien que la population de Manhattan dans son ensemble fluctue considérablement tout au long de la semaine, c'est le mercredi qui est le plus fréquenté et le vendredi le moins. Le samedi est un peu plus "mort" que le dimanche. Ce sont les zones d'immeubles de bureaux qui "pulsent" le plus à comparer des zones résidentielles qui restent plus constantes. Une fracture assez nette apparaît entre Uptown et Downtown, en fonction des quartiers qui sont importateurs ou bien exportateurs au cours de la journée. En gros, la partie au nord de Central Park se comporte à peu près comme les arrondissements extérieurs en ce qu'elle est exportatrice de jour, avec une diminution estimée de la population d'environ 20%. À l'inverse, la partie au sud de Central Park est importatrice de jour, ce qui augmente sa population totale de plus de 3 fois par rapport aux résultats du recensement réalisé par le Census.gov.

      Si Manhattan ne dort jamais complètement, la presqu'île fait une pause le week-end, surtout le dimanche qui correspond à un creux dans la fréquentation. Certains quartiers comme Lower East Side présentent des spécificités intéressantes avec des pics de fréquentation, liés à la présence importante de commerces ouverts jour et nuit dans Chinatown ou à Soho.

       La fréquentation par quartier : exemple de Lower East Side
      (source : Manhattan Population Explorer)
       

      L'interprétation de ce type de carte n'est pas évidente si l'on veut entrer dans le détail de l'analyse. Cette animation a donné lieu à de nombreux échanges sur le forum du site Data is beautiful (Reddit). Des habitants ou des touristes s'interrogent pour savoir quelles sont les raisons pour lesquelles tel lieu est très fréquenté à tel moment de la journée.

      Parmi les observations que l'on peut relever pêle-mêle dans ce forum, en voici certaines qui donnent des indices intéressants pour explorer la carte :
      - Le Langone hospital est sans doute la barre rouge qui s'active 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Ce grand centre hospitalier offre de nombreux types de services médicaux. Les autres hôpitaux de New York constituent aussi des centres attractifs jour et nuit.
      - Il y a beaucoup de bâtiments résidentiels près de Battery Park (sorte de ville nouvelle résidentielle avec des commerces à l'extrémité sud-ouest de Manhattan)
      - Les quais d'expédition de Manhattan ne constituent plus vraiment une zone attractive. L'activité portuaire s'est déplacée vers le New Jersey avec l'avènement de la conteneurisation. Le New Jersey a également de meilleures liaisons ferroviaires, et de meilleures liaisons routières vers le reste du pays. Seuls restent les ferries et les excursions vers la Statue de la Liberté, ainsi qu'un peu de yachting occasionnel.


      Références :

      Site à consulter : Manhattan Population Explorer : http://manpopex.us/

      La vidéo seule : http://www.youtube.com/watch?v=zP8emcF3k5Q

      Mitchell L. Mossand & Carson Qing. The Dynamic Population of Manhattan, Rudin Center for Transportation Policy and Management, Wagner School of Public Service, New York University March, 2012 : http://wagner.nyu.edu/files/rudincenter/dynamic_pop_manhattan.pdf


      Population estimée en fonction de la semaine et des catégories de population 
      (visiteurs, travailleurs navetteurs, résidents, autres)

       


      Ratio de population entre le jour et la nuit par districts à New York



      Liens ajoutés le 16 décembre 2018

      Le New York Times a publié le 15 décembre 2018 une belle data visualisation concernant l'enregistrement de plus d'un million de téléphones portables dans région de New York. Ces données géolocalisées témoignent des habitudes quotidiennes des gens. 


      Ces données brutes sont en principe anonymes, mais elles peuvent être reliées à des personnes en comparant les déplacements à des informations accessibles au public, telles par exemple les adresses personnelles (lire l'enquête du NYT). Le suivi concerne huit lieux avec leur fréquentation de jour comme de nuit : les déplacements depuis et autour de Rikers Island (la principale prison de New York), ceux autour de la Trump Tower (la résidence du président à Manhattan), les cyclistes, joggeurs et véhicules repérés sur les sentiers et les routes de Central Park à Manhattan, les champs de tirs par exemple dans le New Jersey, les bases militaires, les grandes gares et autres stations de transit, les terminaux aériens, les traversées en ferry vers la Statue de la Liberté et Ellis Island. Lire l'article.

      Créée par Joey Cherdarchuk, Breathing City est une visualisation animée qui permet de suivre les populations actives et résidentes de Manhattan lors de leurs déplacements domicile-travail. Pour construire cette carte animée, Cherdarchuk a utilisé les données sur la population, l'emploi, l'utilisation des sols et l'empreinte des bâtiments fournis par le US Census Bureau et le New York City Planning, ainsi que des graphiques "Workday pour l'Américain moyen ("Manhattan a probablement un profil différent de la moyenne américaine, mais assez proche ", admet-il).


      New York est la ville qui ne dort jamais, mais son pouls bat très différemment en fonction de l’heure du jour ou de la nuit. Joe Lertola avait déjà créé en 2007 une infographie pour le gouvernement américain à l’aide du programme USA LandScan développé par le groupe Science et technologie de l’information géographique du laboratoire national d’Oak Ridge. En intégrant les données du recensement à des informations détaillées sur les activités quotidiennes, l’algorithme pouvait prédire la répartition de la population sur n’importe quel lieu et à tout moment de la journée. Bien que cette carte date de plusieurs années, il semble que ces pratiques quotidiennes n'aient pas beaucoup changé ces dernières années. Les seules différences qui méritent d’être prises en compte concernent l’augmentation du nombre de résidents dans les quartiers denses de Brooklyn et du CBD, ainsi que l’augmentation du temps de déplacement moyen des personnes.



      Lien ajouté le 26 mars 2019

      New York City Subway Ridership :
      http://www.myleszhang.org/2018/12/19/new-york-city-subway-ridership/

      Myles Zhang, étudiant en histoire de l’architecture et en études urbaines à l'Université Columbia, s'est intéressé aux mouvements de personnes dans le métro de New York qu'il compare au rythme de respiration d'un être humain. Il rappelle que, sur le plan linguistique, nous décrivons souvent les villes en utilisant des métaphores empruntées au corps humain. Les rues principales sont décrites comme des « artères » en référence au flux sanguin. Les égouts sont les « entrailles » de la ville. Central Park est « le poumon » de New York. Une manière de rendre la métropole géante plus humaine et plus familière. Il a commencé ce projet à partir de l'idée que les touristes étaient souvent mêlés à la foule des résidents dans les lieux publics comme par exemple à Times Square. En réalité, ces déplacements sont très ordonnés, structurés et rythmés - la population de Manhattan grossissant la journée et se rétractant la nuit.

      L'animation qu'il présente repose sur une cartographie en mode point du nombre d'usagers par station en fonction du rythme de la semaine. Les lignes ferroviaires, les routes et les métros constituent le système circulatoire de la ville de New York. Chaque jour, le métro transporte 5,6 millions de personnes et 2,5 millions de navetteurs domicile-travail (statistiques de 2017). Les données sont celles fournies par la Metropolitan Transit Authority (MTA) dans chacune des 425 stations. Les points sont codés par couleur en fonction des lignes de métro qu’ils desservent. Les points blancs représentent les jonctions entre plusieurs lignes. La taille des points correspond au nombre d'usagers par station sur une période de 24 heures. En comparant les schémas de fréquentation en semaine et le week-end, on peut percevoir le rythme respiratoire hebdomadaire de la ville. Chaque passager symbolise en quelque sorte le déplacement d'un globule sanguin, fonctionnant comme une unité cellulaire au sein d'un système complexe.



      Lien ajouté le 4 avril 2019

      Le métro londonien sous forme de carte de pulsations montrant le trafic quotidien :
      http://tubeheartbeat.com/london/

      Ce que la géographie de la rougeole révèle de la résistance aux vaccins en France


      Lucie Guimier, docteure en géographie et analyste en géopolitique de la santé publique, a travaillé sur la territorialisation de l'épidémie de rougeole en France. Sa thèse, soutenue en 2016 sous la direction de Beatrice Giblin et de Jeanne-Marie Amat-Roze, a obtenu le prix 2017 de l’innovation de thèse de la Société de Géographie. Cette thèse porte sur l'inscription géographique de la résistance et de l'hésitation face à la vaccination. Revenant sur l'épidémie de rougeole de 2008 à 2011, elle analyse les pratiques vaccinales et les contextes socio-territoriaux dans lesquels elles prennent place. L'étude des représentations des différents acteurs (patients-citoyens, professionnels de santé, médias, experts et décideurs politiques) montre que la vaccination est devenue un enjeu de société. 


      Comparant deux départements l'Ain et l'Ardèche, elle montre que la différence de couverture vaccinale repose sur différents éléments en interaction :
      - le rapport au pouvoir central qui apparaît dans le temps long de l'histoire ;
      - le profil démographique, en particulier la répartition des citadins et des ruraux ;
      - le choix des familles qui est déterminé par des croyances ou des sensibilités ;
      - le rapport au corps et à la santé également très liés aux appartenances et aux idéologies.

      En matière d’éducation comme dans le domaine de la santé et des vaccinations, les individus reproduisent les comportements du milieu auquel ils s’identifient. C'est ce que montre bien le travail de cartographie de Lucie Guimier. Dans une étude intitulée "La résistance aux vaccinations : d’un défi de santé publique à un enjeu de société", parue le 22 mars 2018 dans le Rapport 2016-2017 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), Lucie Guimier montre, carte à l'appui,  la corrélation forte entre l'apparition de foyers de rougeole et l'implantation de pratiques identitaires, notamment le mouvement traditionnaliste catholique de la Fraternité Saint-Pie-X :



      Simple corrélation ou véritable lien de causalité ? C'est l'occasion de s'interroger sur ce qui distingue en cartographie la corrélation de l'association spatiale et de la causalité (voir sur ce point le cours de Claude Grasland). Le sérieux de cette étude ne fait ici aucun doute : il s'agit bien de causalité et non de corrélation fortuite. L'auteure s'est appuyée sur les Bulletins épidémiologiques hebdomadaires (BEH) et sur les informations des Cellules d'intervention en région (Cire). Elle a ainsi pu démontrer que l’épidémie s’est vraiment propagée à partir des écoles et des camps de vacances de la Fraternité Saint-Pie-X. Les sources sont donc bien identifiées. La carte en revanche laisse quelques imprécisions dans sa construction.

      Construite à l'échelle nationale, cette carte thématique superpose deux variables, l'une quantifiée avec précision, l'autre beaucoup moins. La première concerne le nombre de cas de rougeole (de 1 à 100) par zone postale en figurés proportionnels (en rouge). La deuxième se rapporte à la pénétration du mouvement Saint-Pie X par départements, représenté en aplats de couleur (en dégradé de bleu), sans indicateur statistique autre que "plusieurs lieux de culte". On note que c'est la présence d'au moins un établissement scolaire appartenant à la congrégation qui permet de graduer le degré de pénétration (moyen ou fort), à l'exclusion de toute autre précision statistique. Le fait d'ouvrir des écoles confessionnelles peut constituer un révélateur de l'impact de cette congrégation dans la société. Mais ce choix n'est-il pas lié au fait que l'épidémie s'est répandue à partir de ces écoles ? La légende reste quelque peu imprécise sur ce point. Le titre, relativement neutre, invite à faire le lien entre les deux phénomènes étudiés. La preuve est surtout administrée par le fait qu'on n'observe pratiquement aucun cas de rougeole dans les départements où la présence du mouvement traditionnaliste est moyen ou absent. 

      Pour information, le secteur de la santé publie énormément de statistiques en France, ce qui permet d'établir des cartes à partir de nombreux indicateurs :
      - la cartographie des pathologies et des dépenses sur le site Ameli (Assurance maladie en ligne)
      - la cartographie de l'offre de soin sur le site e-Santé
      - la cartographie des établissements de santé sur le site Data.gouv.fr 
      - la cartographie de la santé sur le site de la DREES à compléter par la cartographie des déserts médicaux.

      Les acteurs intervenant dans le domaine de la santé étant nombreux, il peut être utile d'en avoir une cartographie : vous pouvez consulter la Cartographie des bases de données publiques en santé également sur le site de Data.gouv.fr 

      Références :
      • Lucie Guimier, Approche géopolitique de la résistance aux vaccinations en France : le cas de l’épidémie de rougeole de 2008-2011. Thèse de doctorat de géographie soutenue à Paris 8 le 07-11-2016
      • La résistance aux vaccinations : d’un défi de santé publique à un enjeu de société, parue le 22 mars 2018 dans le Rapport 2016-2017 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
      • Vaccination : des mouvements religieux à l'origine de la méfiance anti-vaccins, publié le 3 mai 2018 sur le site de France Info.
      • Accepter ou refuser un vaccin est une manière de concevoir et de faire sa place dans la société, Interview de Lucie Guimier pour la Société de géographie, 20 novembre 2017.
      • Lucie Guimier, Géopolitique de la santé. Pourquoi l’éradication de la poliomyélite se heurte-t-elle à des résistances sociales ? Site Diploweb, 22 avril 2015.

      Ressources ajoutées le 23/08/2018 :
      • Rougeole en France, données de surveillance publiées régulièrement avec des cartes sur le site de Santé publique
      • Carte - Epidémie de rougeole : déjà plus de 2000 cas signalés. France bleu
      • Pourquoi la rougeole frappe-t-elle principalement la Nouvelle-Aquitaine ? Europe 1
      • La rougeole, c'était mieux avant ? Données épidémiologiques concernant la rougeole dans le monde et sa vaccination sur le blog Rougeole épidémiologie
      • Carte du pourcentage d'enfants âgés de 12 à 36 mois immunisés contre la variole dans le monde (1981-2016). Banque mondiale 
      • Le nombre de cas de rougeole atteint un record en Europe. Le Monde du 23/08/2018






      Liens ajoutés le 12 février 2019 :

      Le nombre de cas de rougeole signalés en Europe en 2017 (par million d'habitants).
      Carte commentée sur le site Map Porn (voir la présentation de ce forum de partage dans ce billet).




      Liens ajoutés le 5 mars 2019

      Les anti-vaccins ne recrutent pas seulement parmi les intégristes, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou d'autres religions. Les Vaxxeuses, un collectif de citoyens et parents, a été fondé sur Facebook pour lutter contre la désinformation sur les vaccins. La France apparaît en effet comme la championne du monde du scepticisme en matière de vaccinations. C'est ce que révèle une vaste étude menée dans 67 pays du monde et qui montrent que les Français sont ceux qui accordent le moins de confiance dans la sûreté des vaccins :
      http://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/vaccins-la-france-championne-du-monde-du-scepticisme_104872



      Le bulletin épidémiologique rougeole (données de santé publique au 19 décembre 2018) fait état d'une recrudescence des cas de rougeole en France depuis novembre 2017. En 2018, ont été recensés près de 2 902 cas de rougeole, dont 89% sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés :
      http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Maladies-a-prevention-vaccinale/Rougeole/

       Incidence cumulée et nombre de cas de rougeole déclarés par département, France
      18 décembre 2017 au 16 décembre 2018 (données provisoires, n= 2902)


      Les données ont mis en évidence des cas groupés dans des communautés incomplètement ou non vaccinées, qui doivent pouvoir bénéficier de mesures de prévention ciblées. Actuellement, aucun département n’atteint le taux requis de 95% de couverture vaccinale (CV) à 2 ans pour les 2 doses de vaccin permettant d’interrompre la circulation du virus. Seuls 7 départements ont une couverture comprise entre 85% et 90% pour la CV 2 doses, tous les autres ayant une CV inférieure à 85% (données 2016). La France n’est donc toujours pas à l’abri de nouvelles vagues épidémiques d’ampleur importante au cours des années à venir, comme cela a été observé en métropole entre 2008 et 2012 ou dans plusieurs autres pays européens.


      Liens ajoutés le 14 mars 2019

      Carte des pays où la vaccination est obligatoire ou non en Europe.



      Lien ajouté le 29 mars

      Epidémie de rougeole en Europe et dans le monde, à travers un globe en 3D.
      http://www.amcharts.com/demos/rotating-globe-with-circles/#code


      Lien ajouté le 2 avril 2019

      Google Maps Mania a créé une carte sur le développement de la rougeole en Europe en 2018, où le nombre de cas de rougeole a été multiplié par trois par rapport à l'année précédente. Les données sont celles de l'OMS, le nombre de cas de rougeole étant certainement plus important que le nombre de cas signalés au sein de chaque pays.
      http://who-measles.glitch.me/




      Lien ajouté le 20 avril 2019

      Nombre de cas de rougeole aux Etats-Unis (1984-2019). Le graphique témoigne d'une nette diminution des cas de rougeole avec l'introduction d'un vaccin double-dose à partir des années 1990.



      Liens ajoutés le 1er août 2019

      Les Détricoteuses. Les Antivax, toute une histoire. Vidéo sur Youtube.
      http://www.youtube.com/watch?v=QrWLCz1S1LA


      La défiance à l'égard des vaccins (AFP)