Cartographier les migrations internationales


Le Thème 3 - Des mobilités généralisées - du nouveau programme de géographie de seconde, publié au Bulletin officiel spécial n°1 du 22 janvier 2019, permet d'étudier la question "Les migrations internationales" avec comme étude de cas possible "La mer Méditerranée : un bassin migratoire".


A noter que ce thème des migrations apparaît aussi :
  • en classe de Quatrième : Thème II - Les mobilités humaines transnationales.
  • en classe de Terminale STMG : Thème II - La mondialisation : acteurs, flux et réseau. Sujet d’étude au choix : les migrations internationales.
Pour aider à la mise en oeuvre du thème, ce billet propose de procéder en trois temps :
- une mise au point sur les notions de migrants, réfugiés et déplacés ;
- une présentation des principales sources de données disponibles ;
- des pistes d'activités cartographiques sur les flux migratoires à différentes échelles.

Introduction : "Penser les migrations"


C'est par ce titre que les auteurs de la 3e édition de l'Atlas des migrants en Europe débutent la première partie de leur ouvrage afin de rappeler que ce thème des migrations est un "objet d'analyse de longue date pour les sciences sociales, dans de multiples disciplines et selon des méthodes et des points de vue variés."

Le débat sur l'immigration est cependant à l'origine de nombreuses approximations et suscite des discours de plus en plus anxiogènes. C'est le mythe de la ruée vers l'Europe, analysé dans un article du Monde diplomatique de novembre 2018, où Benoît Bréville explique que "le nombre de franchissements illégaux des frontières du continent a été divisé par neuf, passant de 1,8 million en 2015 à 204 219 en 2017, selon l’agence Frontex. Pourtant, on parle toujours autant d’immigration. Le thème risque même de dominer les élections européennes du printemps 2019."

La cartographie des migrations nécessite par ailleurs une approche critique engagée par Françoise Bahoken et Nicolas Lambert qui montrent, par exemple, que certaines cartes de l’agence Frontex développent un discours rhétorique d'invasion. "En représentant des migrations sud-nord par de grosses flèches rouges pointant de façon menaçante vers les pays de l’Union européenne, leurs cartes font plus que mettre, simplement, des chiffres en images. Elles racontent un phénomène inscrit dans un espace géographique, de son point de vue : celui d’une autorité qui considère qu’il faut « protéger » les frontières européennes de l’arrivée de migrants jugés trop nombreux". Henk van Houtum et Rodrigo Bueno Lacy (2019) dresse un inventaire critique des cartes qui utilisent des flèches d'invasion pour représenter les migrations. Philippe Rekacewicz voit dans les cartes de migrations des outils de manipulation, mais aussi de déconstruction des préjugés.

Aussi, pour essayer de comprendre les enjeux de ce que certains médias appellent la "crise des migrants", nous revenons tout d'abord sur les définitions des termes de migrants et de réfugiés. Nous proposons ensuite une présentation des sources de données disponibles sur cette question des migrations internationales. Puis, nous mettons en ligne des bases de données librement exploitables pour les applications de cartographie Magrit et Khartis ainsi que pour QGIS (logiciel SIG). Enfin nous présentons des pistes de scénarios pédagogiques qui seront progressivement enrichis.

I - Migrants, réfugiés, déplacés, demandeurs d'asile...


Selon l’Atlas de Sciences Po 2018, le nombre de migrants en 2017 serait de "258 millions dans le monde, soit 3.4 % de la population mondiale, ce qui représente une augmentation de 50 % depuis 2000". Mais "contrairement aux idées reçues, les migrations Sud/Sud sont légèrement supérieures aux migrations Sud/Nord". A une plus grande échelle, les flux migratoires sont encore plus complexes si l'on prend l'exemple des migrations intra-africaines où plus de 85 % de ces migrations sont intracontinentales (voir ce billet et cette data visualisation).

A cela s'ajoutent des difficultés de vocabulaire. Quelles différences peut-on établir entre migrants, réfugiés, demandeurs d'asile et personnes déplacées ?

Une animation de Guy Abel qui permet de voir que les flux migratoires (1960-2010) s'organisent d'abord à l'intérieur des aires continentales :




Migrants et réfugiés : des termes aux contours bien définis

Dans sa veille publiée le 4 février 2015, le site Géoconfluences précise que "face aux vagues de migrations actuelles en Europe, l'usage de tel ou tel terme, qui recouvre des réalités juridiques et symboliques différentes, n'est pas anodin." En effet, ces catégories véhiculent des représentations et légitiment bien souvent une approche sécuritaire de la question migratoire.

Pour Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au Centre de recherches internationales (CNRS/Sciences Po) et auteure d'un Atlas des migrations, "le migrant, selon la définition de l’ONU, est une personne née dans un pays et qui vit dans un autre pays pour une durée supérieure à un an, quelles qu’en soient les raisons."

D'après le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies), les réfugiés "sont des personnes qui fuient des conflits armés ou la persécution. Ils étaient au nombre de 21,3 millions à travers le monde à la fin 2015. [...] Le terme réfugié est défini par la législation internationale et les réfugiés sont protégés par cette dernière. La Convention de 1951 relative aux réfugiés et son protocole de 1967 ainsi que d'autres textes juridiques, comme la convention de l’OUA de 1969 sur les réfugiés, demeurent actuellement les pierres angulaires de la protection des réfugiés."

La distinction entre migrants et réfugiés est donc très importante car elle conditionne l'aide apportée à ces personnes comme le souligne le HCR :
"Les pays gèrent les migrants en vertu de leurs propres lois et procédures en matière d’immigration. Les pays gèrent les réfugiés en vertu des normes sur la protection des réfugiés et de l’asile aux réfugiés qui sont définies dans les lois nationales et les lois internationales."

Pour résumer, on peut dire que "le migrant effectue une migration volontaire pour des raisons économiques, politiques ou culturelles, et relève du droit national. Le réfugié relève en revanche du droit international, sa migration étant considérée comme contrainte par la situation de son pays d’origine." (d'après le site du journal Libération du 28 août 2015).

Qu’est-ce qu’un demandeur d’asile ?

D'après le site d'Amnesty international, les demandeurs d’asile "sont des personnes qui ont quitté leur pays et demandent à être protégées de persécutions et de graves atteintes aux droits humains commises dans un autre pays mais qui n’ont pas encore été reconnues légalement comme des réfugiés et attendent qu’il soit statué sur leur demande d’asile."

Que signifie le terme de déplacés ? 

On emploie aussi le mot de déplacés pour, selon le HCR, désigner les personnes qui n’ont pas traversé de frontière pour chercher asile dans un autre pays :
"Même s’ils ont fui pour des raisons similaires à celles des réfugiés (conflit armé, violence généralisée, violations des droits humains), les déplacés internes demeurent légalement sous la protection de leur propre gouvernement, ce gouvernement constituant parfois lui-même la cause de leur fuite." (voir la carte en anamorphose 2018 des déplacés sur Worldmapper). Le rapport de l'IDMC évalue chaque année le nombre de déplacés de l'intérieur dans le monde.

Pourquoi parle-t-on de migrants environnementaux ?

Enfin, le terme de migrants environnementaux est utilisé pour qualifier les personnes qui sont forcées de quitter leur lieu de vie pour des raisons environnementales.

L'Organisation internationale des migrations (OIM) définit les migrants environnementaux comme étant « les personnes ou groupes de personnes qui, essentiellement pour des raisons liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent. » (d'après la veille du site Géoconfluences, "Migrants environnementaux, migration environnementale").

Sur ces nouvelles formes de migrations, voir la présentation de Camille Schmoll au Collège de France :
Des nouvelles formes migratoires aux nouvelles formes de frontières. Le tournant critique des études migratoires (1990-2018).

II - Les principales sources de données pour cartographier les migrations internationales


Le thème des migrations a fait l'objet d'une forte médiatisation et d'une abondante production cartographique ces dernières années. Il n'est pas forcément aisé de s'y retrouver tant les données sont nombreuses et parfois complexes à déchiffrer. Les sources scientifiques elles-mêmes peuvent reposer sur des enquêtes partielles ou des données qui ne sont pas mises à jour. D'où l'importance d'aller aux sources des données pour en comprendre la portée et les limites.

Les données proviennent le plus souvent d'organismes supranationaux (ONU, OIM, HCR, Eurostat...) et de Frontex (l'Agence européenne de contrôle des frontières) qui fournit les chiffres sur les arrivées des migrants aux frontières de l'UE. A ces données officielles s'ajoutent celles des ONG (SOS Méditerranée, Sea-Watch, la Croix-Rouge, Médecins du Monde...) notamment pour comptabiliser les morts et les disparus ou localiser les camps de réfugiés.

Autres précisions utiles concernant les méthodes de calcul que l'on trouve sur le site de l'INED :

Stock et flux, deux regards sur les migrations :
"Pour étudier les migrations, les démographes observent les stocks (le nombre total d’immigrés qui vivent dans un pays ou une région) et les flux (les entrées et sorties de migrants sur une période donnée). Le solde migratoire est la différence entre le nombre de personnes qui immigrent et celles qui émigrent.  Des pays peuvent présenter un stock important de migrants mais de faibles flux et inversement."

Pour aller plus loin dans la compréhension de ces données, on se référera à l'Atlas des migrants en Europe qui consacre de nombreuses pages à cette problématique (p. 28-29, 30-31, 110-111, 112-113). Voir l'exemple des parcours de Diallo et Amadou de l'Afrique vers l'Europe.


Ci-dessous une sélection (non exhaustive) des sources de données disponibles pour cartographier les flux migratoires internationaux :


- Les données sur les migrants fournies par les Nations Unies (stock total de migrants internationaux, par âge et sexe, par destination et origine...) :
http://www.un.org/en/development/desa/population/migration/data/estimates2/estimates15.shtml

- Le portail de données sur les migrations de l'OIM (l'Organisation internationale pour les migrations) qui recense les données de différents organismes. Il peut s'avérer très pratique pour visualiser différents indicateurs par pays, région et sous-région :

- Le "Missing Migrants Project" de l'OIM qui recueille des données sur les migrants décédés ou disparus sur les routes migratoires du monde entier : http://missingmigrants.iom.int/downloads
La méthodologie pour la collecte et l'utilisation de ces données se trouve sur cette page : http://missingmigrants.iom.int/methodology

Where We're From (« D’où nous venons ») est une application interactive de l'OIM qui suit les déplacements des migrants du monde entier. En cliquant sur un pays, on peut observer le schéma migratoire vers ou depuis ce pays à partir d'une carte par points (dotmap).
http://www.iom.int/fr/la-migration-dans-le-monde

- Les données de la Banque mondiale sur les remises des migrants vers leur pays d'origine montrent l'importance des transferts d'argent pour les pays en développement  :
- La base de données du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies) qui  propose des données sur les réfugiés selon le pays de résidence et d'origine sur plusieurs années consécutives :
- Le portail du HCR sur les situations d'urgence des réfugiés (par exemple le Venezuela) :

- Les données de l'IDMC (Centre de surveillance des déplacements internes) sur les personnes déplacées pour des conflits, violences et catastrophes naturelles constituent une source intéressante, notamment pour étudier les migrations environnementales.

- Les données de l'agence Frontex sur les principales routes migratoires vers l’UE (les données à télécharger "se réfèrent à des détections de franchissement illégal de la frontière...") :
https://frontex.europa.eu/along-eu-borders/migratory-map/
Sur l'augmentation des migrants expulsés par Frontex depuis 2006 : http://vimeo.com/351673775

- Les refoulements au frontières de l'Europe et du monde (Push-back map) :
http://pushbackmap.org/fr/carte-des-refoulements/
Cette carte documente et dénonce les refoulements systématiques (push-backs) aux frontières internes, externes et externalisées de l’Union européenne. L'objectif est d'accroître la visibilité des pratiques d’expulsion et d'exposer les violations des droits de l’homme et de la dignité qui en résultent. La cartographie de ces pratiques à commencé avec la fermeture du corridor des Balkans en mars 2016. Les marqueurs GPS ne sont qu’une approximation.

A cette liste de données, on peut ajouter d'autres sources pour mettre en lumière les facteurs à l'origine de ces flux migratoires internationaux :

 - Les données du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) sur l'IDH mettent ainsi en corrélation le niveau de développement d'un territoire et le nombre de migrants (pays d'origine ou de destination)  :
- Les données sur les conflits et violences dans le monde de l'ACLED (Armed Conflict Location & Event Data) soulignent le lien de causalité entre flux migratoires et conflits à différentes échelles (cf billet de présentation du site) : https://www.acleddata.com/

Un autre lien très utile pour exercer un regard critique sur les données et les cartes liées aux migrations internationales : Méfiez-vous des cartes, pas des migrants : les réfugiés syriens par Nicolas Lambert et Françoise Bahoken. Publié le 22/06/2018 et mis à jour le 22/06/2018.
 
Comment cartographier les circulations migratoires ? Quelques pistes de réflexions à partir du cas des exilés syriens (David Lagarde, Géoconfluences).

On se référera enfin à ces trois billets, de Françoise Bahoken et de Nicolas Lambert, consacrés aux représentations cartographiques des migrations 
#1 : Un monde de cartes : https://neocarto.hypotheses.org/5807
#2 : Enjeux théoriques et méthodologiques : https://neocarto.hypotheses.org/5809
#3 : enjeux de rhétorique :] https://neocarto.hypotheses.org/5811   
Publié le 19/06/2019 et mis à jour le 22/06/2019.

III - Des jeux de données et des pistes d'activités avec Magrit, Khartis et QGIS


Toutes ces données sont disponibles en différents formats. Il faut veiller à ce que le ou les outils cartographiques choisis soient compatibles avec ces formats. Nous avons préparé les fichiers pour qu'ils soient directement utilisables dans :

- Magrit (formats GeoJSON, Shapefile ou CSV en jointure)


- Khartis (CSV, GeoJSON, Shapefile

- QGIS (Shapefile, GeoJSON...).

  • Les migrants par pays en 2017
Les données en libre accès fournies par l'ONU présentent des estimations du nombre de migrants par pays et par nationalité (stock de migrants internationaux par destination et origine) pour l'année 2017.

Source des données :

Lien de téléchargement :


                            Figure 1 : Le nombre de migrants par pays en 2017 (Magrit)


  • Jeu de données sur le nombre total de migrants internationaux 1990-2017
Les données en libre accès fournies par l'ONU présentent des estimations du stock de migrants internationaux pour 1990, 1995, 2000, 2005, 2010, 2015 et 2017.

Source des données : 

Lien de téléchargement :
https://github.com/CartographieNumerique/MigrationsInternationales

Le National Geographic a utilisé ces données pour restituer 50 ans de vagues migratoires (1967-2017) sous forme de graphiques comparatifs et classer les pays en fonction des types de migration (marché du travail, politique de migration, pauvreté, guerre et conflit) :
http://www.nationalgeographic.com/magazine/2019/08/graphic-shows-past-50-years-of-global-human-migration/

  • Jeu de données sur les déplacements internes par pays de l'IDMC 2008-2017
Les données en libre accès fournies par l'IDMC (Centre de surveillance des déplacements internes) présentent le nombre de déplacements internes par pays et par année de 2008 à 2017.

Lien de téléchargement :

    • Jeu de données sur les migrants disparus de l'OIM 2014-2017
      Les données en libre accès fournies par l'OIM présentent les "décès de migrants, y compris de réfugiés et de demandeurs d'asile, morts ou disparus au cours du processus de migration vers une destination internationale" pour 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019. Ces données sont collectées dans le cadre du Missing Migrants Project.

      Source des données : 

      Lien de téléchargement :


       Figure 2 : Le nombre total de morts et disparus en 2018 d'après le Missing Migrants Project  (QGIS)



      Figure 3 : Le nombre total de morts et disparus selon la région de l'incident (2014-2019), d'après le Missing Migrants Project (Khartis)

       

      IV- Pistes de scénarios pédagogiques sur les migrations internationales


      Les scénarios présentés ci-dessous sont destinés à donner des pistes d'activités. Ils seront progressivement complétés par d'autres propositions, avec la possibilité de proposer plusieurs scénarios pour un même jeu de données.

      Il ne s'agit pas seulement de donner des exemples pour alimenter des études de cas à différentes échelles. L'objectif est d'interroger la notion de mobilité qui est le concept clé de ce thème 3 ("Des mobilités généralisées") du nouveau programme de seconde. La mobilité n'est pas un simple synonyme de déplacement ou de migration. Il s'agit de s'interroger en termes de mobilité choisie et de mobilité subie. La mobilité étant souvent empêchée, elle prend la forme de parcours complexes qui transforment le migrant en figure moderne de l'errant qui habite différents territoires sur des périodes plus ou moins longues, avec souvent des retours en arrière.


      Scénario 1 : Une approche globale du phénomène migratoire à l'échelle mondiale, son importance, ses dynamiques, ses facteurs d'explication avec des liens complémentaires vers des cartes, des applications en ligne (par exemple sur la géographie des conflits ou la géographie des ressources).

      Cette carte des migrations mondiales 2010-2015 peut servir de point de départ pour amorcer la réflexion : 
      http://metrocosm.com/global-immigration-map


      Il s'agit d'une data visualisation qui reconstitue les migrations sur la période 2010-2015. L'objectif de son auteur, Max Galca, est de déconstruire les discours souvent excessifs qui entourent les questions d'immigration. La carte montre les migrations nettes estimées par pays d’origine et de destination entre 2010 et 2015. Les cercles bleus représentent les pays qui ont une immigration nette positive (flux entrants > sortants), tandis que les cercles rouges représentent les pays avec une immigration nette négative (plus de flux sortants > entrants). Chaque point jaune représente 1000 personnes (voir le détail des conditions d'élaboration de cette carte sur le site Master Geonum).

       Figure 4 : Estimations des migrations dans le monde 2010-2015 (source : Metrocosm)


      Cette première carte peut être confrontée à d'autres représentations des migrations à l'échelle internationale.


      Nombre estimés  d'émigrants et d'immigrants par pays d'origine et de destination en 2017 avec possibilité de choisir le pays étudié (source : Migration Policy Institute) :
      http://www.migrationpolicy.org/programs/data-hub/charts/immigrant-and-emigrant-populations-country-origin-and-destination

      Figure 5 : Émigrants et immigrants par pays d'origine et de destination en 2017 
      (source : Migration Policy Institute)


      Une série de cartes en webmapping sur le site du HCR permet d'étudier les migrations à plusieurs échelles :
      http://maps.unhcr.org/en/webmap

      Le site de l'OIM permet en outre de travailler sur les facteurs de migrations : http://displacement.iom.int/

      Voir la présentation de Nicolas Lambert pour comparer différentes représentations des migrations.

      Des parcours de migrants reconstitués par des élèves du collège La Noé Lambert de Nantes, à partir de l'application Umap (OpenStreetMap).  

      Cartographier le récit d'un migrant : un travail réalisé par les élèves du lycée Maurice Genevoix de Montrouge

      Les origines géographiques des immigrés installés en France (VisualizeMap, d'après les données INSEE)

      Des infographies pour intégrer les expatriés dans l'enseignement de la géographie des migrations (Blog Enseigner la géographie)


      Scénario 2 : Les morts et disparus en Méditerranée, l'origine de la polémique, le décompte du nombre exact de victimes (bien que macabre, il a son importance pour pendre l'ampleur du phénomène et organiser les secours), l'attitude différenciée des Etats par rapport à l'accueil et aux demandes d'asile.

      Le "Missing Migrants Project" de l'OIM : http://missingmigrants.iom.int/downloads

      On peut aussi partir de la carte des morts en Méditerranée pour la déconstruire. Voici celle proposée par l’Atlas de Sciences Po 2018 en version numérique :  https://espace-mondial-atlas.sciencespo.fr/fr/rubrique-mobilites/article-2A06-fuir-au-dela-des-frontieres.html

      C'est l'occasion également d'aborder l'approche cartographique militante. Philippe Rekacewicz fournit une vision humanitaire et un point de vue engagé sur la question migratoire : https://visionscarto.net/tag/migrations

      Ces migrants peuvent être des mineurs non accompagnés. Combien sont-ils ces enfants partis seul·es sur les routes de l’exil ? D’où viennent-ils ? Comment les accueille-t-on et les protège-t-on ? Eurostat développe et publie des statistiques sur les mineurs non accompagnés. Des données qui permettent de spatialiser notre regard sur cet aspect de la migration internationale. Un dossier cartographique a été réalisé par Philippe Rekacewicz pour la revue Vivre Ensemble et est publié conjointement sur asile.ch et visioncarto.net :
      http://asile.ch/2019/01/03/cartographie-la-migration-des-mineurs-non-accompagnes-2/

      Avec The Unwelcomed, Mohamad Waked propose une autre data visualisation sur la période 2014-2019 qui permet de catégoriser le nombre de victimes par régions et par origines à l'échelle du monde.
      http://alhadaqa.com/2019/08/the_unwelcomed/


      Scénario 3 : Les réfugiés, le problème des murs en Europe et de la politique de l'Agence Frontex.

      On peut se référer sur ce thème à l'impressionnant travail de cartographie réalisé par l'équipe de l'Atlas des migrants en Europe : https://neocarto.hypotheses.org/3020
      http://www.migreurop.org/rubrique266.html

      Les cartes ci-dessous peuvent également servir à illustrer cette question des frontières :
      https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-12h30/journal-de-12h30-du-jeudi-28-juin-2018
      https://www.franceculture.fr/geopolitique/le-monde-se-referme-la-carte-des-murs-aux-frontieres

      Toujours plus de murs dans un “monde sans frontières” (Néocarto)
      http://neocarto.hypotheses.org/278

      Une autre carte intéressante : la zone des 100 miles aux Etats-Unis tout autour des frontières et des côtes où ont lieu des contrôles pour savoir si on est citoyen américain (une zone déclarée "sans constitution" selon l'ACLU) : http://www.wired.com/2008/10/aclu-assails-10/



      Scénario 4 : Les migrants qui restent en Afrique.

      Un constat s'impose : l'Afrique reste le continent le plus touché par la crise des réfugiés : https://www.unhcr.org/fr-fr/afrique.html

      Les cartes du HCR permettent de travailler à des échelles plus fines : http://maps.unhcr.org/en/search?from=1&to=20&region[]=Africa

      Les données de l'OIM pour visualiser les flux de migration : https://migration.iom.int/europe?type=arrivals

      Où sont localisés les grands camps de réfugiés en Afrique ? Voir à ce sujet le site Info migrants ou cette carte du HCR : http://maps.unhcr.org/en/apps/campmapping/index.html

      L’antiAtlas des frontières aborde de manière inédite les mutations des frontières et des espaces de nos sociétés contemporaines. David Lagarde cherche par exemple à donner à voir le monde des camps.

      Sur l'aspect humanitaire : http://data.humdata.org/
      Avec la possibilité de récupérer des données à télécharger.


      Une réflexion sur les outils de cartographie numérique et leur plus-value peut accompagner le traitement de ces différents scénarios : quels sont les apports et les limites de la cartographie statistique et des SIG pour aborder ces migrations contraintes ? 

      Parmi les pistes à creuser :
      - l'origine et le croisement de données pour réfléchir aux différents statuts des migrants  ;

      - l'étude de la diversité et de la complexité de leurs parcours à travers des cartes ; 
      - l'orientation des flux migratoires et la question de leur représentation ;
      - les problèmes liés au choix du mode de seuillage (discrétisation)...

      Le Festival International de Géographie 2019 s'est intéressé au thème des migrations. Dans le cadre des ateliers pédagogiques numériques, des séances d'activité sont proposées. Télécharger la brochure Enseigner avec le numérique des ateliers du FIG 2019.

      Virginie Esteve : Des migrants entre carte et récit au collège (interview pour le Café pédagogique)

      Migration : ils ont mis des noms sur des chiffres. Un projet sur les migrations au lycée Navarre-Leclerc d'Alençon (Ouest-France). "A la croisée des chemins : Alençon" (Genialy).

      SIG et cartographie des migrants décédés à la frontière Etats-Unis - Mexique (GIS Lounge). Utiliser le site de l'Arizona OpenGIS Initiativefor Dicisead Migrants.

      De la créativité à la fabrique de cartes pour comprendre autrement les migrations (visioconférence d'Olivier Clochard, Migreurop).


      Pistes bibliographiques :

      Lucie Bacon, Olivier Clochard, Thomas Honoré, Nicolas Lambert, Sarah Mekdjian & Philippe Rekacewicz (2016). « Cartographier les mouvements migratoires », Revue européenne des migrations internationales, vol. 32 - n°3 et 4 | 2016.

      Catherine Wihtol de Wenden (2018). Atlas des migrations. Un équilibre mondial à inventer. Nouvelle édition 2018. http://www.autrement.com/Catalogue/atlas/atlas-monde/atlas-des-migration
      Voir un extrait (la carte des flux migratoires dans le monde)

      Catherine Wihtol de Wenden (2019). Les migrations au XXIe siècle : une ruée du Sud vers le Nord ? Interview pour le Dessous des cartes. http://www.arte.tv/fr/videos/087276-027-A/catherine-wihtol-de-wenden-les-migrations-au-xxie-siecle/

      Françoise Bahoken, Nicolas Lambert (2019). Les enjeux de la cartographie. #3 : Enjeux de rhétorique, Séminaire Les représentations des migrations, UMR 7301 Migrinter, Poitiers, 4 avril 2019. https://neocarto.hypotheses.org/5811

      Françoise Bahoken, Laurent Jégou, David Lagarde et Nicolas Lambert, « La séduction des cartes du
      geoweb. Le cas des flux de migrants internationaux », Cybergeo, mis en ligne le 17 janvier 2020,  http://journals.openedition.org/cybergeo/33792

      Henk van Houtum, Rodrigo Bueno Lacy (2019). The migrationmap trap. On the invasion arrows in the cartography of migration, Mobilities, http://doi.org/10.1080/17450101.2019.1676031

      Romain Leconte, Étienne Toureille et Claude Grasland (2019). La production médiatique d’une « crise migratoire » », Socio-anthropologie, 40 | 2019, http://journals.openedition.org/socio-anthropologie/6235

      Migreurop (2012) Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires, Paris, Armand Colin.

      Migreurop (2013). Cartographie des camps d'étrangers
      http://closethecamps.org/

      Comment parler d'immigration en scientifique ? Tribune de l'Institut des Migrations (Le Huffington post, 9 octobre 2019). 


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