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Replay Météo, une machine à remonter le temps pour connaître les conditions météo de 1940 à nos jours


Source : «  Weather Replay : your time machine to revisit past weather » (Copernicus)

Weather Replay est une application du service Copernicus sur le changement climatique (C3S). Véritable machine à remonter le temps, l'application Weather Replay permet de consulter l'évolution de la météo partout dans le monde, heure par heure, de janvier 1940 jusqu'à aujourd'hui (avec un délai de quelques jours). Weather Replay illustre la puissance des données de réanalyse ERA5 et des archives météorologiques du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT). 

1) Accès à la rediffusion météo

Vous êtes-vous déjà demandé quel temps il faisait le jour de votre naissance ? Ou à une date historique ? Ou lors d’un événement météorologique marquant ? La nouvelle application Weather Replay du C3S et du CEPMMT permet de reproduire les conditions météorologiques de n’importe quel moment historique depuis 1940. Les simulations sont disponibles en quelques secondes grâce à la réanalyse ERA5, au système d’archivage ARCO compatible avec le cloud et à la puissante architecture des bases de données du CEPMMT. Les simulations sont en réalité produites avec les mêmes outils que ceux utilisés pour les prévisions météorologiques du CEPMMT.

Les données peuvent être explorées librement en sélectionnant une date dans le calendrier en haut à gauche, et un lieu avec la géolocalisation ou manuellement en cliquant sur la carte ou en utilisant la zone de recherche, et également via une sélection d'événements météorologiques importants comme les tempêtes, les vagues de chaleur et les inondations.

L'application recrée par exemple la trajectoire lente et dévastatrice du cyclone Katrina le 28 août 2005, qui a provoqué des précipitations impressionnantes, la canicule européenne de 2003 ou le cyclone Nargis qui a touché terre au Myanmar le 1er mai 2008. Pour les vagues de chaleur, l'application inclut un lien direct vers son application sœur Thermal Trace, permettant aux utilisateurs d'explorer plus de 80 ans de données sur le confort thermique.

Carte reconstituant la trajectoire du cyclone Katrina en 2005 (source : Replay Meteo - Copernicus)

Les événements sélectionnés ne sont que quelques exemples significatifs en termes de météo, mais on peut  sélectionner une date personnelle ou d'autres événements historiques. Weather Replay permet aussi de comparer deux événements. Par exemple, la vague de chaleur qui a frappé la Scandinavie en juillet 2018 avec la vague de chaleur sans précédent qui a touché la Fennoscandie en 2025, un événement mis en avant dans le rapport « État du climat en Europe 2025 ». L'application Thermal Trace propose des données complémentaires pour les épisodes de chaleur ou de froid.

L'application Thermal Trace propose des données complémentaires pour les épisodes de chaleur ou de froid.


2) Principales données mises à disposition

On peut sélectionner différentes variables à l'aide du bouton "Calques" situé en haut à droite de l'écran. Celles-ci incluent :

  • Température à 2 mètres — également appelée température de l'air en surface, la mesure la plus couramment utilisée pour représenter la température que nous ressentons.
  • Rafales de vent — rafales de vent maximales à 10 mètres, l'une des hauteurs les plus courantes pour représenter les vents, dépassant généralement les vitesses moyennes du vent en surface.
  • Pression moyenne au niveau de la mer — représentée par des courbes de niveau en hectopascals (hPa). Lorsque les isobares sont rapprochées, cela indique généralement un fort gradient de pression et des conditions instables.
  • Vent à 10 mètres — une variable standard pour le vent près de la surface.
  • Précipitations — précipitations totales, en millimètres.

Les variables de température, de vent et de précipitations peuvent être affichées à une résolution plus élevée grâce aux boutons du menu des paramètres. L'application comprend également un ensemble de variables atmosphériques en altitude, qui peuvent aider à expliquer les conditions atmosphériques à l'origine de ce que l'on observe en surface :

  • Température à 850 hPa — températures à environ 1,5 km au-dessus du niveau de la mer.
  • Hauteur géopotentielle à 500 hPa — Elle indique approximativement l'altitude à atteindre dans l'atmosphère avant que la pression ne descende à 500 hPa. En moyenne, ce niveau se situe autour de 5,5 km au-dessus du niveau de la mer. On le qualifie souvent de niveau directeur, car les systèmes météorologiques ont tendance à se déplacer dans la même direction que les vents à cette altitude.
  • Vent à 850 hPa — vents à environ 1,5 km au-dessus du niveau de la mer.
  • Vent à 250 hPa — vents à environ 10 km d'altitude, généralement utilisés pour identifier les courants-jets et le mouvement des systèmes météorologiques à grande échelle.

Couches avancées (peuvent affecter les performances)

  • Précipitations cumulées — précipitations accumulées depuis le début de la période sélectionnée, en millimètres. La première case est donc souvent vide ou presque vide.
  • Rafales de vent maximales pendant la période — affichant la rafale la plus forte enregistrée pendant la période sélectionnée.
  • Étiquettes MSL — ajoute des valeurs numériques hPa aux contours de pression au niveau moyen de la mer.

Les conditions jour/nuit locales sont activées par défaut. La couche « Étoiles » , bien qu'elle ne représente pas l'état réel du cosmos à ce moment précis, offre un rendu magnifique. Sa désactivation réduit légèrement les ressources nécessaires au fonctionnement de l'application.

Fenêtres de contrôle et d'information

Au-delà de la carte et des outils de sélection de l'heure et des couches, le tableau de bord permettant de naviguer dans Weather Replay est constitué des panneaux d'information. La petite fenêtre en bas à gauche affiche des informations sur les variables sélectionnées à n'importe quel point de la carte lorsqu'on la survole. On peut également utiliser cette fenêtre pour modifier la palette de couleurs et l'échelle des variables actives.

L'application avec son tableau de bord et ses options de comparaison (source : Weather Replay)

La fenêtre principale, accessible via la double flèche vers le haut, affiche des données détaillées pour les variables sélectionnées à l'emplacement choisi, sur une période de 48 heures. Les données de séries temporelles présentent toujours la résolution spatiale (0,25 degré, soit environ 30 km) et temporelle (1 heure) la plus élevée possible. Il est également possible de télécharger les données au format CSV.

Le panneau inférieur résume l'évolution des principales variables sur la période de 48 heures sélectionnée. Les utilisateurs peuvent télécharger directement les fichiers CSV ou accéder aux notebooks de séries temporelles pour récupérer les données par programmation et apprendre à créer leurs propres graphiques. Un tutoriel interactif contenant des conseils de base guide les utilisateurs à travers les principales fonctions, et des informations complémentaires sont disponibles via le bouton « Informations ».


Toutes les données visualisées par Replay Météo proviennent du jeu de données de réanalyse ERA5 (fichiers grib) disponibles au téléchargement et à l'utilisation sous licence CC-BY 4.0 sur le Climate Data Store. ERA5 est une réanalyse atmosphérique globale couvrant la période de 1940 à nos jours, développée et maintenue par le CEPMMT. Elle combine des observations directes et un modèle numérique pour produire une estimation globale de diverses variables climatiques. Cette application utilise la réanalyse horaire à haute résolution (31 km), interpolée sur une grille régulière de 0,25° × 0,25°. Vous trouverez plus d'informations dans les entrées du guide d'utilisation des prévisions concernant les vents de surface, les précipitations à grande échelle et les températures à 2 mètres.

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Atlas cartographique de l'Arc jurassien


L'Arc jurassien est une région franco-suisse au cœur de l'Europe qui s'étend sur 300 km entre le Rhin au nord, le Rhône et les Alpes au sud. Pour la partie française, ce périmètre comprend 28 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) des trois départements frontaliers de la région Bourgogne-Franche-Comté : Doubs, Jura et Territoire de Bel­fort. Pour la partie suisse, il couvre 15 districts appartenant aux cantons de Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud. L’expression « Arc jurassien suisse / Arc jurassien français » est utilisée pour désigner respectivement la zone observée en Suisse et en France.

L'Atlas cartographique de l'Arc jurassien est le fruit d'une collaboration entre l'Observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien (OSTAJ) et le système d'information du territoire neuchâtelois (SITN). Cet outil cartographique constitue un élément incontournable pour la connaissance du territoire de l'Arc Jurassien. Il permet d'analyser les données statistiques relatives à ce territoire transfrontalier et de les représenter sous forme de cartes, tableaux, graphiques et rapports. Ce sont ainsi plusieurs cartes thématiques qui peuvent être réalisées et combinées entre elles via l'application Geoclip. 

Population résidente et part de la population étrangère par commune en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Proportion de frontaliers dans la population active et nombre de frontaliers dans le tertiaire en 2022
(source : Atlas cartographique de l'Arc jurassien)



Économie, emploi, démographie, services, santé, mobilités, environnement, agriculture, tourisme : ce recueil en ligne propose de nombreuses représentations cartographiques enrichies de commentaires concis et de tableaux statistiques permettant d’appréhender les particularités et la structure de l’Arc jurassien franco-suisse. Les cartes et données présentées dans ce document sont organisées autour des quatre territoires de coopération qui forment le cœur de cet espace transfrontalier. 

Portraits de territoires de coopération :
Cartes thématiques par commune :
L’OSTAJ a été mis en œuvre à partir de 2005 dans le cadre d’un partenariat entre la Région Bourgogne-Franche-Comté, l’État et l’Insee pour la partie française, la CTJ-Suisse (devenue aujourd’hui arcjurassien.ch) et les offices statistiques des quatre cantons frontaliers pour la partie helvétique (Berne, Jura, Neuchâtel et Vaud). Il a, en outre, bénéficié du soutien du programme INTERREG IIIA. Cet observatoire est un outil d'observation et d'information statistique harmonisée entre les régions suisse et française. Il est destiné à fournir des éléments permettant une analyse de la situation économique et sociale transfrontalière jurassienne, en assurant notamment un suivi des répercussions des accords bilatéraux conclus entre l'Union Européenne et la Suisse, et en particulier de l'accord sur la libre circulation des personnes. Pour fonctionner, l'OSTAJ met en réseau les savoirs, les données, les infrastructures techniques.

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Forest Navigator, un outil pour explorer les données forestières à l'échelle européenne


L'outil cartographique Forest Navigator permet d'explorer des données sur les forêts de l'Union européenne. Ces données en haute résolution abordent des thèmes tels que la santé des forêts, l'atténuation du changement climatique ou l'adaptation à celui-ci. Les cartes et les données sont mises à disposition en haute résolution.

Interface de la plateforme de données forestières à l'échelle de l'UE (source : Forest Navigator)


Le portail Forest Navigator est un outil d'aide à la décision en ligne développé dans le cadre du projet européen Horizon Europe ForestNavigator (2022-2026). Il rassemble des connaissances, des outils et des analyses pour une gestion durable des forêts et l'élaboration de politiques en matière de gestion durable des forêts au sein de l'UE. 

Les forêts de l'UE jouent un rôle essentiel dans la réalisation de l'objectif de neutralité climatique de l'Union : elles couvrent 44 % du territoire et absorbent près de 10 % de ses émissions de gaz à effet de serre chaque année. Cette contribution devrait augmenter à l'avenir. Toutefois, en raison de la demande croissante de bois, de la multiplication des perturbations naturelles et de la maturité des forêts, le taux d'absorption de carbone par les forêts européennes a diminué au cours de la dernière décennie. Le projet ForestNavigator évalue le potentiel d'atténuation du changement climatique des forêts et des secteurs forestiers en modélisant des trajectoires politiques robustes, alignées sur les objectifs climatiques à moyen (2030) et long terme (2050), et en apportant un soutien aux décideurs européens et nationaux.

Aperçu et méthodologie

Le couvert forestier désigne les terres dont le couvert arboré est supérieur à 10 %, avec des arbres atteignant au moins 5 m de haut et ayant une superficie supérieure à 0,5 ha. La résolution spatiale est de 100 m et les données datent de 2020 (source : ESA WorldCover 10 m 2020 v1.0). Les données ESA WorldCover à 10 mètres ont été utilisées pour identifier les zones où le couvert arboré dépasse 10 %. Conformément à la définition de la FAO pour les forêts, les informations sur le couvert arboré ont été combinées aux estimations de la hauteur de la canopée. Les données mondiales de hauteur de canopée proviennent des observations LiDAR GEDI et des archives satellitaires Landsat. Afin d'harmoniser la résolution, les données ESA WorldCover à 10 mètres ont d'abord été suréchantillonnées à 30 points de grille. Un rééchantillonnage basé sur le mode a permis de préserver la classe d'occupation du sol dominante lors des processus d'agrégation spatiale. La couche de couvert arboré suréchantillonnée a été croisée avec les données de hauteur de canopée à l'aide d'un seuil de 5 mètres. Les pixels dont la hauteur d'arbre est inférieure à 5 mètres ont été exclus afin de maintenir la cohérence avec la définition de la FAO pour les forêts. Les petites parcelles forestières isolées de moins de 0,5 hectare ont été supprimées (en fonction de la connectivité). Le masque forestier résultant a été agrégé à une résolution de 100 mètres à l'aide de méthodes de rééchantillonnage basées sur le mode. Enfin, l'ensemble de données a été reprojeté en coordonnées géographiques à l'aide du système de référence spatiale WGS84. Le résultat représente une couche binaire de couvert forestier indiquant la présence ou l'absence de forêt en 2020.

Un double visualisateur pour faire des comparaisons

Un double visualisateur permet de conduire des comparaisons, à différentes échelles et selon différents indicateurs. On peut par exemple comparer la perturbation forestière et les types d'agent perturbateur. Si les données ne s'affichent pas immédiatement, patientez un peu.

Comparaison entre perturbation forestière et types d'agent perturbateur à l'échelle de la forêt des Landes
(source : Forest Navigator)

Accès aux données

Les cartes sont téléchargeables en haute résolution au format tif. Les données sont mises à disposition au format csv pour l'ensemble des pays européens (niveau Nuts 2 pour les pays de l'UE).

L'explorateur de données permet de visualiser des ensembles de données harmonisés et spatialisés, notamment l'état des forêts, leurs changements et les perturbations qu'elles subissent. D'autres données, telles que des données sur la biodiversité, seront mises à disposition par la suite.

Affichage de la couverture forestière et de sa répartition au niveau Nuts 2 dans QGIS

Liste des indicateurs disponibles (au 11/02/26) :

  • Biomasse aérienne forestière
  • Type de forêt
  • Couverture forestière
  • Changement de la couverture forestière entre 2000 et 2020
  • Volume estimé de bois en mètres cubes par hectare (m3/ha)
  • Fragmentation des forêts sur la base d'un indice synthétique de fragmentation forestière 
  • Forêts naturelles
  • Agent perturbateur
  • Perturbation forestière
  • Fraction de perturbation à partir des observations de perturbations, agrégée pour la période 1985-2023
  • Hauteur de la canopée forestière en mètres
  • Fraction de couverture forestière d'une résolution spatiale de 30 m (entrée originale) à une résolution spatiale de 100 m
  • Changement dans la fragmentation des forêts

Références

Zanaga, D., Van De Kerchove, R., De Keersmaecker, W., Souverijns, N., Brockmann, C., Quast, R., Wevers, J., Grosu, A., Paccini, A., Vergnaud, S., Cartus, O. (2021). ESA WorldCover 10 m 2020 v100 [Ensemble de données ESA WorldCover 10 m 2020 v100]. Zénodo. https://doi.org/10.5281/zenodo.5571936

Potapov, P., Hansen, MC, Pickens, A., Hernandez-Serna, A., Tyukavina, A., Turubanova, S., Zalles, V., Li, X., Khan, A., Stolle, F., Harris, N. (2022). The Global 2000-2020 Land Cover and Land Use Change Dataset Derived From the Landsat Archive: First Results [Jeu de données mondial sur les changements de couverture et d'utilisation des terres de 2000 à 2020 dérivé des archives Landsat]. Frontiers in Remote Sensing, 3, 856903. https://www.frontiersin.org/journals/remote-sensing/articles/10.3389/frsen.2022.856903/full

Alexandra Runge, Martin Herold, Fulvio Di Fulvio, Simon Besnard, Claudine Egger, Karl-Heinz Erb, Andrey Lessa-Derci-Augustynczik, Sarah Matej, Florian Weidinger. (2024). Géodatabase forestière multicouche au service du suivi et de la modélisation du carbone et de la biodiversité (Livrable D2.1). ForestNavigator, Convention de subvention Horizon Europe n° 101056875. Union européenne. https://www.forestnavigator.eu/wp-content/uploads/FN_D2.1_Multilayered-forest-geodatabase_v2.pdf

Yao, Y., Sieber, P., Hauser, M. et al. (2025). Conversion from coniferous to broadleaved trees can make European forests more climate-effective [La conversion des conifères en feuillus peut rendre les forêts européennes plus efficaces face au changement climatique]. Nature Communication 16 , 9536 (2025). https://doi.org/10.1038/s41467-025-64580-y

Lien ajouté le 4 mars 2026

« La déforestation n'est plus inévitable » par Max Roser (Our World in Data). L'humanité a détruit les forêts pendant des milliers d'années ; nous pouvons devenir la première génération à bâtir un monde où les forêts s'étendent. Depuis 1990, certaines régions ont continué de perdre d'importantes superficies forestières, tandis que d'autres ont ralenti cette tendance à long terme, voire l'ont inversée. La carte illustre l'évolution régionale de la superficie forestière d'après les données les plus récentes de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Évolution de la superficie forestière par région du monde depuis 1990 (source : Our World in Data)
La carte indique les superficies forestières en 1990 et en 2025 pour chaque région continetale. Amérique du Nord et centrale : de 7,7 à 7,8 millions de km² = légère augmentation - Amérique du Sud : de 10,3 à 8,5 millions de km², diminution d’environ 1,8 million de km² - Europe : de 10,0 à 10,4 millions de km², augmentation - Afrique : de 7,8 à 6,6 millions de km², diminution - Asie occidentale, centrale et orientale : de 2,6 à 3,4 millions de km².

Lien ajouté le 6 mars 2026

Grünig, M., Rammer, W., Senf, C. et al. (2026). « Climate change will increase forest disturbances in Europe throughout the 21st century » [Le changement climatique accentuera les perturbations forestières en Europe tout au long du XXIe siècle], Science 2026, https://www.science.org/doi/10.1126/science.adx6329

Les incendies de forêt, les tempêtes et les scolytes ont un impact majeur sur les forêts et les services écosystémiques qu'elles rendent aux populations et à l'environnement. Pour la première fois, une vaste équipe internationale, dirigée par des chercheurs de l'Université technique de Munich (TUM), a calculé comment ces perturbations pourraient transformer les forêts européennes d'ici 2100. Même dans le scénario le plus optimiste, l'équipe prévoit une augmentation substantielle de la superficie forestière endommagée ; dans le scénario le plus pessimiste, cette superficie pourrait même doubler. L'équipe a utilisé un modèle de simulation basé sur l'intelligence artificielle, entraîné sur 135 millions de points de données issus de simulations forestières réalisées sur 13 000 sites européens, combiné à des données satellitaires pluridécennales sur les perturbations forestières. Cela leur a permis de simuler l'évolution future des forêts, ainsi que l'occurrence et les impacts des perturbations, jusqu'à l'échelle d'un seul hectare. Ils ont ainsi obtenu des informations très précises sur les différences régionales dans les trajectoires futures des perturbations forestières. D’après l’étude, les forêts d’Europe du Sud et de l’Ouest seront particulièrement touchées et subiront les perturbations les plus importantes. L’Europe du Nord devrait être globalement moins impactée, même si des zones critiques de dégradation forestière sont susceptibles d’y apparaître. « Les perturbations deviennent un problème transrégional de plus en plus préoccupant, perturbant les marchés du bois à travers l’Europe et menaçant les services écosystémiques que les forêts rendent à la société », explique Rupert Seidl. Les auteurs de l'étude soulignent donc l'urgence d'adapter les politiques et la gestion forestières face à l'augmentation des perturbations : « Nous devons nous préparer à des dommages forestiers importants dans les années à venir. D'une part, cela signifie que nous devons anticiper et atténuer les fluctuations plus marquées des services écosystémiques rendus par les forêts. D'autre part, les perturbations offrent également l'opportunité de créer de nouvelles forêts résilientes face au climat ; elles agissent comme des catalyseurs de changement. La foresterie doit prendre en compte à la fois les risques et les opportunités liés à l'augmentation des perturbations, en s'appuyant sur de nouvelles méthodes et connaissances scientifiques », explique Seidl.

Lien ajouté le 10 mars 2026

Machado, R. (2026). « Types of forest dynamics in Europe (2000–2018) » [Types de dynamique forestière en Europe (2000-2018)]. Journal of Maps, 22 (1). https://doi.org/10.1080/17445647.2026.2622821

Ce travail présente une cartographie de la dynamique spatio-temporelle des forêts, selon la nomenclature NUTS de l'Union européenne, pour la période 2000-2018. Les types de dynamique sont définis en fonction des variations de la superficie et de la configuration forestières, puis attribués à chaque zone NUTS. La réalisation de cette carte vise à exploiter de nouvelles informations issues de données officielles, contribuant ainsi à enrichir les connaissances et à apporter un éclairage nouveau sur le suivi et la planification forestiers. La méthodologie repose sur l'utilisation d'un outil d'analyse SIG pour effectuer une série d'opérations de géotraitement et de gestion des données. Ces opérations permettent de comparer deux jeux de données forestières, de détecter les changements entre eux au sein d'unités d'analyse prédéfinies et de générer un résultat facilement interprétable à partir duquel la carte finale a été produite.

Types de dynamiques survenues dans les forêts au cours de la période 2000–2018 (source : Machado, 2026)

Articles connexes

Cartes et données sur les forêts en France et dans le monde

Global Maritime Traffic, un site pour suivre l'évolution du trafic maritime


Le site Global Maritime Traffic cartographie les schémas de navigation maritime avec plus de 100 milliards de points de trajectoires de navires enregistrés à partir de leurs balises AIS. Il permet d'observer la densité du trafic maritime, sa composition en fonction des types de navires et son évolution dans le temps. Global Maritime Traffic s'apparente à d'autres sites de suivi du trafic maritime comme Marine Traffic ou Shipmap. Il s'en distingue cependant sur plusieurs points. Outre le suivi direct à travers une interface cartographique, son principal intérêt est de permettre d'analyser avec une grande précision l'évolution du trafic maritime depuis 2011, ce qui est très utile pour mesurer les effets de la conjoncture économique, des conflits ou d'autres éléments perturbateurs pour le trafic maritime mondial.

1) Méthodologie d'analyse des données AIS

Le service GMTDS (Global Maritime Traffic Density Service) est un produit nautique standard fourni par la NGA (National Geospatial-Intelligence Agency) destiné à améliorer la sécurité maritime. Développé par MapLarge, le GMTDS collecte et analyse en profondeur des centaines de milliards de messages AIS provenant de sources multiples. Le système d'identification automatique (AIS) est utilisé pour le suivi des navires. Il fonctionne en transmettant des informations en temps réel sur leurs mouvements par le biais de signaux radio. Depuis 2004, l'utilisation de transpondeurs AIS est obligatoire pour les navires qui effectuent des voyages internationaux et qui ont une jauge brute supérieure à 300 tonnes. Ce système est principalement utilisé pour la sécurité maritime, notamment pour prévenir les collisions. Toutes les quelques secondes, les transpondeurs AIS envoient des informations aux autres navires et aux autorités côtières. Outre la sécurité, l'AIS fournit un ensemble de données très complet concernant la taille du navire, sa vitesse, ses coordonnées et sa destination. 

À partir de ces données, il est possible de calculer plusieurs indicateurs tels que le volume des échanges, la durée des trajets, le temps passé au port, le trafic et la connectivité portuaire. Il offre ainsi une vision globale du trafic maritime mondial. Les procédés GMTDS s'inspirent étroitement de la méthode détaillée de cartographie de la densité des navires de l'UE publiée par le Réseau européen d'observation et de données marines (EUMODN). Pour générer des rasters de densité de trafic, les données de localisation issues des messages AIS bruts sont transformées en une série de trajectoires pour chaque navire identifié. Ces données de trajectoire sont ensuite traitées à la main  et par des algorithmes afin d'identifier et de supprimer les données erronées. Les dernières étapes de traitement sont destinées à garantir aux utilisateurs finaux l'accès à des données de haute qualité.

2) Un site de cartographie interactive facilitant l'analyse

Le site permet une visualisation directe des données de trafic à travers une interface cartographique de type webmapping, ce qui évite d'avoir à télécharger les données dans un SIG et permet de conduire des analyses visuelles déjà très intéressantes. 

Interface cartographique du site (source : Global Maritime Traffic)


A partir du panneau d'affichage des couches situé à droite de l'écran, on peut sélectionner différentes catégories de navires (cargos, pétroliers, navires de pêche, transport de passagers...) avec même une catégorie "navires inconnus" pour les activités illégales ou du moins non reconnues (il s'agit souvent de pêche illicite).

Le trafic des navires de pêche en septembre 2024 (source : Global Maritime Traffic)


Le trafic des navires pétroliers en septembre 2024 (source : Global Maritime Traffic)


On peut aussi choisir la projection en observant le trafic maritime depuis l'Arctique ou l'Antarctique.

Le trafic maritime en 2024 vu depuis l'Arctique (source : Global Maritime Traffic)


Des comparaisons dans le temps peuvent être conduites grâce à la timeline au bas de la carte qui permet de visualiser le trafic maritime mois par mois depuis 2011. 

Évolution du trafic maritime en mer Noire entre 2014 et 2024 en lien avec la guerre en Ukraine  
(source : Global Maritime Traffic)



Navires de pêche longeant les ZEE de l'Équateur et du Pérou, qui souvent s'invisibilisent avant d'entrer
illégalement à l'intérieur de leur domaine maritime (source : Global Maritime Traffic)



3) Accès aux données et exemple de réutilisation

Les données de suivi des navires servent à générer une grille de densité de 1 km². Les valeurs temporelles de chaque cellule de la grille sont calculées comme la somme des composantes temporelles de tous les segments de suivi chevauchant la cellule au cours d'un mois donné.

Les données sont téléchargeables dans différents formats (GeoTiff, Grid Float, NetCDS, Csv). Il suffit de tracer un rectangle à l'écran pour délimiter la zone que l'on souhaite télécharger. Attention : la version  gratuite ne permet pas de dépasser les 5 millions de pixels. Il est conseillé de télécharger par zone réduite et par date en effectuant plusieurs exports successifs. Pour télécharger des données en bloc, il faut remplir un formulaire de contact

Les données peuvent être affichées directement dans un SIG en WMS ou WMTS (sans avoir besoin de télécharger les données).

Exemple de réutilisation des données : 

« La Grande Chorégraphie des Mers, ou le trafic maritime annuel en Europe » (source : Perrin Remonté)


Pour compléter

Cartographie du trafic maritime estimé en France en 2024 selon les types de navires (cargos - tankers - pêche - yachts - passagers - tous navires). 

La densité d'occupation des espaces maritimes varie en fonction du type d'activités. On distingue bien les "rails de navigation" empruntés par les cargos et les tankers, tandis que la pêche est une activité plus diffuse (yachts à considérer à part avec une navigation plus proche des littoraux). La densité des navires est calculée à partir des données de balises AIS agrégées par an et sur une maille d'une minute au degré. Les données sont téléchargeables en open data sur le site Géolittoral pour les années 2016 à 2024 avec possibilité de distinguer selon les types de navires.


Lien ajouté le 1er mai 2026

"Commerce international : avec la guerre, des routes maritimes se redessinent, l'Afrique en pivot" Cette carte de l'AFP met bien évidence la réorientation des flux maritimes à partir des données de trafic entre 2023 et 2026 (source : Global Fishing Watch) information.tv5monde.com/internationa...

[image or embed]

— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 1 mai 2026 à 16:47
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Entre maritimisation des échanges et mondialisation de l'information : de quoi l’incident de l'Ever-Given est-il le nom ?

Un indice de vulnérabilité infranational (SGVI) pour les pays à revenu faible et intermédiaire


Source : Jeroen Smits, Janine Huisman (2025). From National Averages to Local Realities : A Subnational Vulnerability Index to Guide Sustainable Development in Low- and Middle-Income Countries [Des moyennes nationales aux réalités locales : un indice de vulnérabilité infranational pour guider le développement durable dans les pays à revenu faible et intermédiaire], Sustainability 2025, 17(20), 9313, https://doi.org/10.3390/su17209313 (article disponible en licence Creative Commons Attribution - CC BY).

Résumé

Pour bâtir une société durable et résiliente face aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles, il est essentiel de pouvoir s'attaquer aux vulnérabilités socio-économiques. Or, dans les pays pauvres, il est difficile d'identifier les zones critiques de vulnérabilité, car les indicateurs existants ne sont disponibles qu'à l'échelle nationale. Les auteurs proposent ici une solution à ce problème : une version infranationale de l'Indice de vulnérabilité du Global Data Lab (GVI), un indice composite conçu pour suivre et analyser les dimensions humaines de la vulnérabilité aux changements climatiques, aux catastrophes naturelles et à d'autres types de chocs. Le GVI infranational (ou SGVI) est disponible pour 1 260 régions réparties sur 118 pays à revenu faible et intermédiaire, offrant ainsi une vision de la vulnérabilité socio-économique plus de dix fois plus précise qu'auparavant. Les analyses révèlent que cette résolution accrue augmente de plus de 70 % la variation observée de la vulnérabilité dans les régions les plus pauvres. 

Depuis 2000, la vulnérabilité totale dans les pays à revenu faible et intermédiaire a diminué d'environ 24 %, mais parallèlement, les disparités en matière de vulnérabilité se sont accrues, soulignant ainsi l'importance des données infranationales. En rendant compte des disparités locales en matière de capacité d'adaptation et de vulnérabilité, l'Indice de vulnérabilité des pays à revenu faible et intermédiaire (SGVI) fournit des données et des informations essentielles pour l'adaptation au changement climatique et la planification du développement durable.

Indice de vulnérabilité infranational en 2000, 2011 et 2023 (source : Smits & Huisman, 2025). 

Données

Les chercheurs ont compilé des données pour 1 260 régions réparties sur 118 pays à revenu faible et intermédiaire. Ils ont effectué un suivi sur la période de 2000 à 2023, afin d’observer l’évolution de la vulnérabilité humaine au fil du temps. Pour élaborer l'indice SGVI, les chercheurs se sont concentrés sur 7 dimensions humaines fondamentales (économie, éducation, santé, égalité des sexes, démographie, gouvernance, infrastructures). Ces dimensions sont mesurées à l'aide de 11 indicateurs spécifiques, notamment le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la durée moyenne de scolarisation, l'espérance de vie, l'accès à l'électricité, le nombre d'abonnements de téléphonie mobile. Géographiquement, l'Afrique subsaharienne demeure la région la plus vulnérable. Si l'Amérique latine et certaines parties de l'Asie ont enregistré des progrès significatifs, les régions infranationales d'Afrique restent à la traîne. Ces données sont essentielles pour l'adaptation au changement climatique. Si on se base uniquement sur des données nationales, on risque de passer à côté des communautés qui, faute d'infrastructures ou de ressources économiques suffisantes, ne peuvent résister aux chocs climatiques.




Le Global Data Lab (GDL) est un centre de données et de recherche indépendant rattaché à la Nijmegen School of Management de l'Université Radboud de Nimègue aux Pays-Bas. S'appuyant sur plus de 500 ensembles de données d'enquêtes auprès des ménages provenant des principaux fournisseurs de données, le GDL a constitué l'une des plus importantes bases de données existantes pour les pays à revenu faible et intermédiaire. Grâce à cette infrastructure, le GDL mène des recherches et développe des bases de données spécialisées, ainsi que des indices et des outils de suivi et d'analyse de la situation et du progrès des sociétés. Les données disponibles à l'échelle infranationale concernent le développement humain, l'éducation, la santé, le climat, la richesse, le genre, la démographie, la gouvernance.

Interface cartographique du Global Data Lab avec de nombreux jeux de données infranationaux


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Data visualisation sur la responsabilité et la vulnérabilité par rapport au changement climatique


Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale (ONU)


Source
:  United Nations (2025). World Urbanization Prospects : Summary of Results, prepared by the Population Division of the United Nations Department of Economic and Social Affairs, november 2025, https://www.un.org/development/desa/pd/world-urbanization-prospects-2025-0

L’urbanisation est l’un des bouleversements démographiques les plus importants de l’histoire de l’humanité, modifiant fondamentalement la manière dont les populations vivent et là où elles construisent leurs communautés. Pour la première fois, l’édition 2025 des « Perspectives sur l’urbanisation mondiale » présente des estimations et des projections de population selon la méthodologie du « degré d’urbanisation ». Ce nouveau cadre fournit des estimations et des projections harmonisées et comparables pour trois catégories distinctes sur un continuum : villes, agglomérations et zones rurales. Il révèle ainsi que l’urbanisation est plus répandue que ne le suggèrent souvent les statistiques nationales. Cette approche offre une nouvelle perspective pour comprendre les modèles d’établissement humain et élaborer des politiques intégrées favorisant le développement durable dans un monde de plus en plus urbanisé. 

Population mondiale vivant dans des grandes métropoles, des villes ou des zones rurales 1950-2050 (source : Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale)

Dix messages clés : 

1. Le monde est devenu de plus en plus urbanisé. Aujourd'hui, la population mondiale vit davantage en ville qu'à la campagne. En 2025, les villes abritent 45 % des 8,2 milliards d'habitants de la planète, soit plus du double des 20 % enregistrés en 1950. 

2. Le nombre de mégapoles (10 millions d'habitants ou plus) continue de croître. Plus de la moitié se situent en Asie. Le nombre de mégapoles a quadruplé, passant de huit en 1975 à 33 en 2025, dont 19 en Asie. On prévoit qu'il y en aura 37 d'ici 2050. Jakarta (Indonésie) est actuellement la ville la plus peuplée du monde avec près de 42 millions d'habitants, suivie de Dhaka (Bangladesh) avec 37 millions et de Tokyo (Japon) avec 33 millions. Dhaka, en pleine expansion, devrait devenir la plus grande ville du monde d'ici le milieu du siècle, tandis que la population de Tokyo devrait diminuer, la faisant chuter au septième rang d'ici 2050. 

3. Les petites et moyennes villes abritent plus de personnes que les mégapoles. Nombre de ces agglomérations de plus petite taille figurent parmi celles qui connaissent la croissance la plus rapide, notamment en Afrique et en Asie. La majorité de la population mondiale vivant en ville réside dans des villes de petite et moyenne taille, et non dans des mégapoles. Sur les 12 000 villes que compte le monde en 2025, 96 % ont moins d’un million d’habitants et 81 % moins de 250 000. Nombre de ces petites villes, notamment en Afrique subsaharienne et en Asie centrale et méridionale, connaissent la croissance la plus rapide. Souvent dépourvues de capacités de planification et de ressources suffisantes pour gérer durablement leur développement, elles ont besoin d’un soutien pour les services de base et la gestion de l’aménagement du territoire. 

4. La croissance de la population urbaine mondiale d’ici à 2050 se concentrera dans sept pays. Plus de la moitié des 986 millions d’habitants supplémentaires que comptera la population urbaine mondiale d’ici à 2050 se concentreront dans seulement sept pays : l’Inde, le Nigéria, le Pakistan, la République démocratique du Congo, l’Égypte, le Bangladesh et l’Éthiopie. À eux seuls, ces pays devraient accueillir plus de 500 millions d’habitants supplémentaires. Leur capacité à gérer durablement cette croissance influencera profondément les résultats du développement mondial et les progrès accomplis vers les Objectifs de développement durable. 

5. La croissance démographique urbaine est inégale. La plupart des villes sont en expansion, mais des milliers d’autres connaissent un déclin démographique. À l'échelle mondiale, plus de 3 000 villes ont connu un déclin démographique entre 2015 et 2025. La plupart de ces villes en déclin comptent moins de 250 000 habitants, dont plus d'un tiers en Chine et 17 % en Inde. Ces trajectoires diverses soulignent la nécessité de politiques prenant en compte à la fois l'expansion et la contraction démographiques. Les villes en croissance doivent se préparer à fournir des services à une population croissante, tandis que les villes en déclin démographique sont confrontées à des difficultés pour maintenir leurs services et adapter leur économie. 

6. Les villes abritent plus d'un tiers de l'humanité et sont essentielles au développement durable. En 2025, elles demeurent le type d'habitat le plus répandu dans 71 pays, dont des nations aussi diverses que l'Allemagne, l'Inde, l'Ouganda et les États-Unis. L'Inde et la Chine, à elles seules, comptent plus de 1,2 milliard d'habitants urbains, soit plus de 40 % de la population urbaine mondiale. Les villes jouent souvent un rôle crucial de liaison entre les zones rurales et les villes, en fournissant des services essentiels et en soutenant les économies locales. Dans des régions comme l'Afrique subsaharienne et l'Asie centrale et méridionale, la population urbaine devrait croître considérablement d'ici 2050. Une planification proactive des villes peut favoriser un développement territorial équilibré et réduire la pression sur les grandes villes. 

7. Alors qu'elle approche de son apogée, la population rurale mondiale est confrontée à des défis sans précédent. Son pic devrait se situer dans les années 2040, avant de décliner. En 2025, les zones rurales demeurent le type d'habitat le plus répandu dans 62 pays, notamment en Afrique subsaharienne et en Europe, comme la France, la Pologne et la Roumanie. L'Afrique subsaharienne est la seule région à avoir connu une croissance démographique rurale substantielle ces dernières décennies et concentrera la quasi-totalité de cette croissance à venir. De nombreuses communautés rurales subissent des pressions croissantes dues au vieillissement de la population et à l'exode rural, les jeunes s'installant de plus en plus en ville. Ces tendances soulignent la nécessité de renforcer les liens entre les zones urbaines et rurales – transports, connectivité numérique et accès aux services essentiels – afin de réduire les disparités territoriales et de soutenir la résilience rurale, condition indispensable à la sécurité alimentaire et au développement durable. 

8. L'expansion des zones bâties dépasse la croissance démographique mondiale. Entre 1975 et 2025, la superficie des zones bâties occupées par l'homme a progressé presque deux fois plus vite que la population mondiale. En conséquence, la surface bâtie par personne est passée de 43 à 63 mètres carrés. Cette expansion est inégale selon les régions : l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Australie et la Nouvelle-Zélande affichent les surfaces bâties par habitant les plus importantes, tandis que l’Asie centrale et méridionale en compte le moins. Il est à noter qu’environ 60 % des terres converties à l’urbanisation depuis 1970 étaient auparavant des terres agricoles productives, ce qui souligne l’urgence de promouvoir une croissance urbaine compacte et efficace afin de préserver les terres agricoles et les écosystèmes naturels, et d’atténuer le changement climatique. 

9. La méthodologie du degré d’urbanisation révèle que le monde est plus urbanisé que ne le suggèrent les statistiques nationales. Les définitions nationales du terme « urbain » varient considérablement, utilisant souvent des critères administratifs ou des seuils de population différents. L’agrégation de ces définitions nationales disparates suggère que 58 % de la population mondiale sera urbaine en 2025. Ce chiffre est nettement inférieur aux 81 % de la population vivant dans des villes (45 %) et des agglomérations (36 %) selon la méthodologie du degré d’urbanisation. Cette divergence s'explique par le fait que de nombreuses agglomérations classées comme « villes » (voire, dans certains cas, comme « cités ») selon le degré d'urbanisation sont considérées comme rurales à l'échelle nationale, notamment en Asie centrale et méridionale et en Afrique subsaharienne. 

10. Le développement durable exige une planification intégrée qui considère les villes, les agglomérations et les zones rurales comme interconnectées et interdépendantes. Ces trois types d'établissements humains sont fondamentalement liés ; environ 60 % des terres converties en espace urbain depuis 1970 étaient autrefois des terres agricoles productives. Combler le fossé entre les zones urbaines et rurales nécessite des investissements coordonnés dans les transports, la connectivité numérique, les infrastructures et les services essentiels, ainsi que des politiques urbaines nationales intégrant le logement, l'aménagement du territoire, la mobilité et la fourniture de services. Des politiques reconnaissant le rôle spécifique de chaque type d'établissement et promouvant l'activité économique dans les villes peuvent conduire à une croissance urbaine plus compacte, tout en protégeant les terres agricoles et les écosystèmes naturels et en garantissant l'accès aux services essentiels dans tous les types d'établissements. Pour planifier et suivre efficacement ces dynamiques, des recensements réguliers et des systèmes géospatiaux et statistiques intégrés sont indispensables, permettant des décisions fondées sur les données et tenant compte du rôle spécifique de chaque type d'établissement.

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La Division de la population du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies publie depuis plusieurs décennies des estimations et des projections révisées des populations urbaines et rurales de tous les pays du monde et de leurs principales agglomérations urbaines. Ce site web présente les principales conclusions de la révision 2025 des Perspectives de l’urbanisation mondiale, qui concordent avec la taille de la population totale de chaque pays telle qu’estimée ou projetée dans la révision de 2024 des Perspectives de la population mondiale. Les Perspectives sur l’urbanisation mondiale sont largement utilisées au sein des Nations Unies et par de nombreuses organisations internationales, centres de recherche, chercheurs universitaires et médias.

Nombre de mégapoles en 2000 et en 2050 (source : Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale)



Pour la première fois, cette édition intègre une méthodologie géospatiale harmonisée – le degré d’urbanisation (DEGURBA) – afin de mesurer l’urbanisation en complément des définitions nationales traditionnelles. Le DEGURBA a été réalisé en étroite collaboration par la Commission européenne, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), l’Organisation internationale du travail (OIT), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale (voir la note méthodologique). 

Le degré d'urbanisation est une méthodologie harmonisée à l'échelle mondiale, approuvée par la Commission des statistiques des Nations Unies, permettant de classer les zones le long d'un continuum urbain-rural selon un processus en deux étapes : premièrement, les cellules d'une grille de 1 km² sont classées en fonction de la densité de population, de la contiguïté et de seuils de taille de population. Deuxièmement, cette classification est utilisée pour répartir les petites unités spatiales (municipalités ou autres subdivisions territoriales) en classes mutuellement exclusives, selon le type de cellule où réside la majeure partie de leur population. Ainsi, les données démographiques par municipalité peuvent être ventilées par degré d'urbanisation. Ce rapport utilise un système de grille standardisé pour classer les établissements humains, car cette méthode garantit une comparaison internationale cohérente. Les zones urbaines sont celles qui sont contiguës avec des densités ≥ 1 500 personnes/km².

Représentation schématique du degré d'urbanisation (source : Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale)


L’étude montre une urbanisation plus ancienne, plus étendue et plus contrastée que ne le suggéraient les approches classiques. Le rapport présente de nouvelles analyses portant sur la surface bâtie par habitant et la densité de population urbaine. Cette révision tire parti d’informations supplémentaires sur les niveaux et les tendances récentes, issues des résultats des recensements de 2020. Les estimations nationales sous-jacentes s’appuient sur des données de recensement ou des estimations se référant à 2019 ou à une année ultérieure pour 155 pays et territoires, offrant ainsi une base empirique beaucoup plus riche que les révisions précédentes. La nouvelle typologie distingue zones rurales, bourgs et villes selon des seuils de densité et de population, rompant avec l’opposition binaire urbain-rural longtemps utilisée. 

Avec cette approche ternaire, l’humanité apparaît majoritairement urbanisée bien avant 2008. Dès avant 1950, près de 60% de la population mondiale vivait déjà dans des bourgs ou des villes, révélant une urbanisation plus ancienne que ne le disaient les statistiques nationales. En additionnant bourgs et villes, 81% de la population mondiale est urbanisée, contre 58% selon les définitions nationales classiques. Les bourgs jouent un rôle clé de transition entre villes et campagnes. Ils restent dominants dans plus de 70 pays et regroupent plus de 1,2 milliard d’habitants en Inde et en Chine, bien qu’ils soient souvent absents des grands récits sur l’urbanisation. En 2025, 19% des humains vivent en zones rurales, 36% dans des bourgs et 45% dans des grandes villes. La France fait figure d’exception. En 2025, elle compte 38% de ruraux, 28% d’habitants de bourgs et 34% de citadins. Cette structure, appelée à durer jusqu’en 2050, distingue nettement la France des trajectoires urbaines dominantes. Les données onusiennes montrent aussi une désoccidentalisation du monde urbain. Les mégapoles se multiplient en Asie et en Afrique, tandis que la majorité des urbains vit dans des villes petites et moyennes, révélant une urbanisation plurielle et inégale. 

Surface bâtie par habitant en 2000 et en 2050 (source : Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale)




Toutes les données sont téléchargeables par pays et par villes, avec de nombreux indicateurs disponibles concernant le degré d'urbanisation, la variation de la population urbaine/rurale, la superficie bâtie par habitant, avec la possibilité également de comparer par rapport aux définitions nationales. 

Données sur l'urbanisation mondiale (1975-2050)

Outil de cartographie en ligne

Portail de données de la Division de la population des Nations Unies

Utilisation du modèle de degré d'urbanisation par le GHSL

La carte interactive des populations des villes du monde a été mise à jour avec la version 2025 des "Perspectives sur l'urbanisation mondiale" de l'ONU, la base de données de référence pour comprendre la dynamique urbaine mondiale. En cliquant sur une ville au choix, on peut faire apparaître la courbe d'évolution de sa population ainsi que son rang mondial à différentes dates. Le même type de carte interactive est disponible également en ce qui concerne les densités de population à partir des données GHSL issues des Perspectives 2022 sur la population mondiale.

Évolution de la population des villes dans le monde 1975-2025 (source : Perspectives 2025 sur l'urbanisation mondiale)


Agglomération urbainePopulation 2025 (millions)Classement mondial 2025Population 2050 (millions)Classement mondial 2050
Jakarta41,9151.22
Dacca36.6252.11
Tokyo33,4330.77
New Delhi30.2433,94
Shanghai29.6534,93
Guangzhou27.6629.28
Le Caire25.6732.46
Manille24.7827.19
Calcutta22,5923.810
Séoul22,51021.212
Karachi21.41132.65
Mumbai20.21223.111

Lien ajouté le 5 décembre 2025

« Croissance des établissements humains dans le delta du Nil en Égypte » (Copernicus).

Le rapport des Nations Unies intitulé «  Perspectives de l’urbanisation mondiale 2025 »  a été publié le 17 novembre 2025. S’appuyant sur les données de la Base de données mondiale sur les établissements humains (GHSL) du Centre commun de recherche, développée dans le cadre du Service Copernicus de gestion des urgences (CEMS), ce rapport analyse l’évolution de la répartition de la population dans plus de 12 000 agglomérations urbaines. Il met en évidence une transformation globale des modes d’occupation du territoire, la majorité de la population mondiale vivant désormais en zone urbaine.

L'image, créée à partir des données du GHSL, se concentre sur le delta du Nil en Égypte, l'une des régions les plus densément peuplées au monde. En comparant les estimations de la surface bâtie à trois dates différentes, elle illustre l'évolution de l'urbanisation entre 1975 et 2025, et présente des projections pour 2075. En utilisant des données satellitaires et les données des recensements nationaux, le GHSL fournit un large éventail de données sur les établissements humains dans le monde entier, y compris des estimations des surfaces bâties par kilomètre carré et, avec encore plus de précision, jusqu'à une résolution de 100 mètres carrés. Ces observations contribuent à la planification urbaine en identifiant des tendances en matière d'efficacité de l'utilisation des sols, notamment les contrastes entre la dynamique de croissance urbaine et rurale.

Croissance urbaine dans le delta du Nil, Égypte. Crédit : Union européenne, données du service Copernicus de gestion des situations d’urgence.

Lien ajouté le 7 janvier 2026

« Pourquoi Tokyo n'est plus la ville la plus peuplée du monde, selon l'ONU » (IFL Science).

Tokyo a été détrônée de son titre de ville la plus peuplée du monde, la capitale indonésienne Jakarta occupant désormais la première place, suivie de la capitale bangladaise Dhaka. Ce bouleversement s'explique en partie par l'évolution de la définition des zones urbaines, mais il reflète également une transformation plus vaste et plus profonde de notre monde. La liste des villes les plus peuplées établie par l'ONU sera très différente d'ici la fin du XXIe siècle. Dans son dernier rapport, l'ONU a élaboré une nouvelle méthodologie visant à harmoniser la définition des zones urbaines en supprimant les définitions de villes propres à chaque pays. Grâce à cette nouvelle approche, Jakarta compte environ 30 millions d'habitants de plus que selon les critères précédents, ce qui la propulse en tête du classement. Cependant, cette évolution reflète aussi des tendances réelles, et non de simples manipulations statistiques. La population japonaise diminue depuis de nombreuses années en raison du vieillissement de la population, d'un faible taux de natalité et d'un faible taux d'immigration. En 2025, le Japon a connu sa seizième année consécutive de déclin démographique .

Articles connexes

Jeu de données SIG sur le classement des métropoles mondiales