Global Fishing Watch, un site pour visualiser l'activité des navires de pêche à l'échelle mondiale


Global Fishing Watch (GFW) est un site web lancé en novembre 2016 par Google en partenariat avec les ONG Oceana et SkyTruth "afin de fournir une vue globale des activités de pêche commerciale dans le monde". Le site permet de suivre les navires de pêche repérés grâce à leur balise AIS à l'échelle de l'ensemble des mers et des océans du globe. C'est un peu l'équivalent de ce que permet de faire le site Marine Traffic, mais GFW est plus spécifiquement dédié au suivi des navires de pêche.

Pour accéder à la carte interactive du site Global Fishing Watch :
http://globalfishingwatch.org/map/



Vidéo de présentation du site Global Fishing Watch (source : Youtube)


Selon le GFW, 90% des stocks de poissons sont surexploités. "La transparence des données peut aider à suivre le comportement des navires de pêche, notamment la pêche illégale, à promouvoir la recherche et la durabilité. Avec les données fournies par Global Fishing Watch, les gouvernements, les organisations de gestion de la pêche, les chercheurs et l'industrie de la pêche peuvent travailler ensemble pour reconstruire la pêche et protéger les habitats marins critiques".

Historiquement, les modèles de suivi de la pêche n’étaient pas faciles à mettre en place à l'échelle mondiale. Profitant de ses immenses capacités de gestion des données et de cartographie, le géant américain Google a déjà développé par le passé des sites de surveillance de la déforestation ou de suivi de certaines espèces menacées (voir le projet Global Forest Watch). Cette fois, c’est à la problématique majeure de la surpêche qu’il s’attaque. Grâce aux algorithmes de détection de la pêche par satellite et aux données de suivi du système d’identification automatique (AIS), GFW a été en mesure de produire une cartographie en temps réel de l'ensemble des navires de pêche.

Données disponibles sur le site GFW :
- identité du navire de pêche, son type, sa localisation, sa vitesse, sa direction
- zones économiques exclusives par pays (ZEE)
- zones de haute mer
- aires marines protégées
- zones de surveillance définies par l'Organisation régionale de gestion la pêche (ORGP), notamment pour le suivi des espèces migratoires

Il faut être inscrit sur le site pour pouvoir accéder à certaines de ces couches d'information. Les données et les cartes sont téléchargeables sur le site ainsi que sur Github :
http://globalfishingwatch.org/research/global-footprint-of-fisheries/

Voir cette page pour accéder aux graphiques et data visualisations :
http://globalfishingwatch.io/time-series/#CHN,___,fishing,false,true 

Les données sont également visualisables à travers Google Earth Engine ou Google Maps :
http://globalfishingwatch.org/data-blog/working-with-our-public-data-google-earth-engine/



Le site permet de créer des animations temporelles pour voir l'évolution des secteurs de pêche et l'intensité de l'activité en fonction des zones et des périodes de l'année, y compris la nuit (il s'agit néanmoins de la "pêche apparente", celle qui est repérable par satellite).

La carte de l'activité de pêche sur l'année 2016 témoigne d'une concentration des zones de pêche sur les zones côtières et dans les mers épicontinentales notamment en Europe et en Asie, mais aussi une extension aux zones de haute mer notamment dans les zones tropicales riches en ressources halieutiques :



Pour plus de détail, voir l'article publié dans la revue Science "Tracking the global footprint of fisheries" (23 février 2018) : http://science.sciencemag.org/content/359/6378/904

Oceana, qui a participé à la mise en place du projet Global Fishing Watch, est une fondation qui a pour mission de protéger et restaurer les océans. Elle contribue à diffuser les données scientifiques sur l'exploitation des ressources océaniques et mène des campagnes spécifiques pour combattre les activités de pêche illégale, notamment celles conduites par des navires de l'Union européenne dans les ZEE africaines :

Activités de pêche enregistrées sur des navires européens hors de leurs ZEE en 2016 (source : GWF)



Lien ajouté le 18 février 2021


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