Comparer la skyline des grandes villes à partir de la modélisation 3D de leurs bâtiments


Nadia Kelm, d'origine ukrainienne, s'est intéressée d'abord à la ville de Kiev dont les bâtiments les plus nombreux ont été construits en hauteur, comme dans la plupart des villes d'Europe de l'Est bâties à l'époque soviétique. Ces immeubles d'habitation, souvent dotés de plus de 10 étages, sont implantés dans et autour de la ville.

The storeys of loneliness :

Son idée est qu'au delà de 10 étages, on ne plus percevoir le visage des personnes au sol. Ce qu'elle appelle "les étages de solitude". Les habitants des immeubles de grande hauteur ont moins de relations entre eux, ils vivent plus repliés, comme hors sol. "La hauteur optimale pour que l’être humain se sente à l’aise est le 7ème étage au maximum. C'est un étage auquel on peut encore reconnaître les personnes au sol, identifier un visage familier". Noter que ce point de vue s'inscrit dans la théorie urbaine, selon laquelle il vaut mieux favoriser les immeubles "à taille humaine".

Nadia Kelm a voulu ensuite comparer avec d'autres villes en Europe et dans le monde, où les immeubles de grande hauteur sont construits plutôt dans le centre et correspondent davantage à des bureaux.

Kiev, Minsk et Moscou ont une skyline assez similaire, qui correspond au modèle urbain soviétique des années 1960 et 1970. Au contraire, New York, Londres et Tokyo qui sont les principaux centres financiers du monde, ont leurs quartiers d’affaires en centre-ville et des quartiers résidentiels de moindre hauteur en périphérie. La skyline des villes en Europe est plus diversifiée. Il y a souvent des gratte-ciels, mais ils sont généralement isolés (sauf à Paris et Varsovie). La hauteur moyenne des bâtiments est inférieure à celle qu'on trouve en Asie. La diversité et la taille humaine de ces villes les rendent agréables à vivre.

L'auteure aboutit à une modélisation 3D des villes qui permet de comparer la skyline des grandes villes du monde. Sa méthode et les résultats sont exposés sur Citygraph :




Comme le rappelle le site Géoconfluences, la skyline (littéralement "ligne d'horizon") désigne « la silhouette urbaine dessinée sur l’horizon par les gratte-ciels d’un centre-ville, et tend à être assimilée à la ville dans son ensemble dans les représentations collectives » (voir lexique).

On la retrouve souvent dans les manuels scolaires pour évoquer la silhouette caractéristique des grandes métropoles mondiales (voir par exemple la skyline de Londres sur le site Le Manuel Scolaire). L'aspect spectaculaire est renforcé lorsque la skyline est représentée en 3D, ce qui explique que nombre d'éditeurs scolaires n'hésitent pas à mettre ces photographies de skyline en "une" de couverture dans leurs manuels de géographie (voir cette sélection qui montre qu'elle est devenue un topos de la géographie scolaire).

Un exercice assez classique de la géographie scolaire consiste à comparer la skyline d'une ville européenne à une ville américaine ou encore d'une ville d'Afrique noire à une ville sud-américaine, de manière à montrer les différences d'organisation spatiale en fonction de l'histoire, de la culture, du modes d'organisation sociale ou du niveau de développement. Outre que ces différences reposent parfois sur des simplifications ou des stéréotypes, ces coupes correspondent à des profils théoriques difficiles à appliquer à tel ou tel exemple de ville. Mais du moins l'intérêt est-il d'essayer de modéliser les espaces urbains et d'en donner une appréhension globale pour les élèves. Une manière aussi de les rendre plus lisibles et de les aider à décrypter les paysages urbains, à condition d'associer ces coupes schématiques à des vues paysagères.

Coupes schématiques extraites du site HG Sempai




Si cet exercice est un peu passé de mode (sans doute en raison de la place relativement modeste accordée à la lecture de paysage dans la géographie scolaire), on en retrouve malgré tout des traces aujourd'hui dans la manière de comparer les plus hauts gratte-ciels, dans l'idée que ces immeubles de grandes hauteurs constituent des haut-lieux de la mondialisation et qu'ils reflètent la puissance et le rayonnement des grandes métropoles (toujours cette tentation de vouloir faire dans le réalisme !). L'exemple de New York emblématique des métropoles d'Amérique du Nord revient souvent dans les manuels scolaires aux côtés d'autres métropoles plus récentes (Shanghaï, Singapour, Dubaï...)


Liste des 10 plus hauts gratte-ciels du monde  


Evolution de la skyline de New York sur un siècle (source : Visual Capitalist)




Source : My Modern Met (Photo credit: tier1dc.blogspot.com)


Pour New York, les données des bâtiments sont téléchargeables sur le site open data de la ville :
http://data.cityofnewyork.us/Housing-Development/Building-Footprints/nqwf-w8eh





Les buldings les plus hauts dans 100 pays au monde
(source : AlansFactoryOutlet.com)



Lien ajouté le 27 novembre 2021

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Atlas de l'Anthropocène : un ensemble de données sur la crise écologique de notre temps


Atlas de l'Anthropocène par François Gemenne, Aleksandar Rankovic, Thomas Ansart, Benoît Martin, Patrice Mitrano, Antoine Rio. Préface de Jan Zalasiewicz, postface de Bruno Latour.

Presses de Sciences Po, Hors collection, 2019.



« Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d’appeler un Atlas, le rapport des forces s’est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l’on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n’est plus la Terre que l’on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l’on domine, que l’on possède et que l’on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s’inverse à nouveau : paraît un “Atlas” qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c’est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules. » Bruno Latour

Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux… Voici le premier atlas réunissant l’ensemble des données sur la crise écologique de notre temps.


Interview de François Gemenne pour Libération (18 octobre 2019) :
« L’anthropocène nous oblige à regarder plus loin que nos frontières et plus loin dans le temps » 




La France est-elle préparée aux dérèglements climatiques à l'horizon 2050 ?

Comment la cartographie animée et l'infographie donnent à voir le changement climatique

Eduquer à la biodiversité. Quelles sont les cartes, les données... et les représentations ?

Cartographier l'empreinte humaine à la surface du globe

Quand la route maritime de l'Arctique fait de nouveau l'actualité


Deux fait d'actualité récents sont venus relancer la question géopolitique des routes maritimes du Grand Nord : d'une part la proposition du président des Etats-Unis Donald Donald Trump d'acheter le Groenland au Danemark et d'autre part l'annonce de la société CMA-CGM, 3e compagnie maritime au monde, de ne jamais naviguer en Arctique.

Ces deux événements d'actualité peuvent fournir une très bonne accroche pour aborder plusieurs thèmes (la mondialisation, les transports maritimes, les frontières, les tensions et conflits) qui figurent dans les programmes de géographie en collège-lycée et en lycée professionnel. Voici une liste de ressources qui permettent de préparer des cours et de trouver des documents, notamment des cartes pour étudier à la fois les acteurs et les enjeux.


1) Sur les enjeux géoéconomiques et les transports maritimes

Deux fils Twitter proposés par Mikaa Mered (@FranceArctique), spécialiste des enjeux géopolitiques de l'Arctique et membre de l'ILERI, permettent une première mise au point, documents à l'appui. 

Le premier thread concerne la question des routes maritimes et notamment du Passage du Nord-Est (PNE) qui, pour l'instant, est loin de constituer une route maritime fiable et sécurisée. Pour l'auteur, la décision de la CMA-CGM relève plutôt du "greenwashing" et s'inscrit dans la logique de continuer à passer par la Méditerranée où elle a beaucoup investi ces dernières années.

Ce point de vue peut être complété par un article d'Adeline Descamp dans Le journal de la marine marchande : Arctique : l'annonce de CMA CGM était-elle vraiment nécessaire ? 

Le deuxième thread traite plus spécifiquement de la place du Groenland sur cette route stratégique et l'intérêt des Etats-Unis à défendre leurs intérêts dans cette région (voir l'émission de France Culture, "Le shopping territorial des Etats-Unis, une vieille habitude")

En réalité il n'existe pas un, mais au moins trois passages, le passage du Nord-Est (par la Russie) et celui du Nord-Ouest (par le Canada) étant les deux principaux.



Cet intérêt accru pour la Passage du Nord-Est (PNE) fait suite à un événement qui a largement été relayé par les médias. En 2018, un gros porte-conteneur de 200 mètres de long et 35 mètres de large de la société MAERSK a emprunté pour la première fois le PNE pour relier Vladivostock à Saint-Pétersbourg (voir cette carte montrant le raccourci par rapport à la route classique). Si l'enjeu est de taille pour ce géant danois du transport maritime, cela reste pour l'instant un test et ne concerne pas d'autres porte-conteneurs de cette taille. De fait la route par l'océan Arctique est plus courte, mais plus coûteuse.

Comme le montre Pauline Pic (Naviguer en Arctique, Géoconfluences) "la navigation arctique se heurte à de nombreuses difficultés liées tant aux conditions météorologiques qu'à la volonté du Canada et de la Russie de contrôler les passages. De plus, selon les liaisons, ces routes ne sont pas toujours les plus courtes du fait du déplacement du centre de gravité de l'activité portuaire mondiale vers le sud. Malacca, Suez et Panama sont loin d'être détrônés".

Pour traiter de l'importance relative du trafic maritime dans cette région, il peut être intéressant d'utiliser le site Marine Traffic, qui fournit en temps réel des informations sur l'emplacement et le déplacement des navires dans le monde (voir présentation du site dans ce billet). On voit sur la carte que la route par l'Arctique reste peu fréquentée et qu'il s'agit de navires de pêche et de cargos plus que de porte-conteneurs qui nécessitent des conditions de navigabilité et de sécurité plus importantes. Dans un article de 2011, Frédéric Lasserre relève un manque d'enthousiasme pour le transit arctique et un intérêt limité des compagnies maritimes.



L'enjeu n'est pas seulement marchand. Le réchauffement climatique facilite l’accès aux ressources naturelles. Le sous-sol est riche en minerais divers et en terres rares. La course au pétrole, gaz, diamants, nickel, or, fer, uranium est engagé depuis longtemps, bien que les conditions d'extraction et d'exploitation de ces sources d'énergie et matières premières ne soient pas faciles. Le Groenland constitue un enjeu pour une partie de ces ressources. Lire l'article : "Les ressources convoitées du Groenland" (Le Monde) assorti d'une carte très complète  :



L'Arctique, un espace riche en hydrocarbures : une carte de synthèse à télécharger sur le site HG Sempai ainsi que des ressources rassemblées dans un pearltrees.


2) Sur les enjeux géoenvironnementaux

Comme de nombreux espaces "vierges" (cf l'Amazonie), l'Arctique est souvent perçu comme un espace de conquête et de front pionnier que l'homme viendrait perturber en bouleversant les grands équilibres naturels. Si la défense de l'environnement constitue une question importante, on remarque que les enjeux géoenvironnementaux sont souvent instrumentés. Lire par exemple cet article "Les dessous géopolitiques de la protection de l'ours polaire" (site Géoconfluences).

Sur les différents risques de pollution (dont le risque nucléaire), voir la carte de l'Arctique nucléaire Philippe Rekacewicz (Le Monde diplomatique, 2000)



Norilsk, avec ses mines et son complexe métallurgique, figure parmi les 10 villes les plus polluées au monde. Voir cette présentation de l'Environmental Justice Atlas.


3) Sur les enjeux géostratégiques et les systèmes d'acteurs

L'océan Arctique est souvent présenté comme le théâtre d'une nouvelle Guerre froide. Lire par exemple "L'Arctique, champ de bataille entre Chine, Russie et États-Unis" (Slate, 2017).

S'il s'agit effectivement d'un espace d'affrontement sur le plan géopolitique et géostratégique, il convient de prendre en compte les aspects géoéconomiques et géoenvironnementaux qui sont souvent mêlés à eux (voir cette story map de L'Echo qui résume assez bien les rivalités sur les différents plans).

Ce cours de l'Institut Européen des Relations Internationales fait le point sur les principaux enjeux géostratégiques : "Nouveaux conflits : géostratégie arctique"  (IERI, 2013).

RFI a réuni également des archives sonores sur le thème : "L'Arctique, un continent hautement stratégique". Libération note un dégel et de nouvelles tensions qui rendent ces routes de l'Arctique incertaine.

Un des motifs de tensions réside dans le découpage des frontières qui fait l'objet de rivalités et de revendications territoriales : lire "Océan Arctique : des frontières maritimes à l'épreuve d'une nouvelle donne climatique" (site Géoconfluences).

Frontières maritimes dans l’Arctique : le droit de la mer est-il un cadre applicable ? par Frédéric Lasserre (Ceriscope).

Comme le montre Mikaa Mered, il s'agit fondamentalement pour les grandes puissances d'être présentes, de pouvoir surveiller et se projeter militairement dans cette région qui représente un très fort intérêt stratégique.



Les acteurs, nouveaux ou anciens, sont nombreux à s'intéresser à la région Arctique. Parmi ces acteurs figurent non seulement les entreprises, mais également les Etats (y compris la Chine qui est pourtant assez éloignée géographiquement). Voir l'article : "Chine, Japon, Corée : quelles ambitions pour l’Arctique ? Notes de l'ISEMAR, 2016 (avec une carte à télécharger sur le site).

 


Le grand défi de l'Arctique vu par la France : feuille de route de 2015 à télécharger sur le site France Diplomatie. A l'occasion de la réunion informelle des Ministres de la Défense de l'UE à Helsinki en août 2019, le ministère des armées publie pour la première fois un dossier analytique sur les enjeux du Grand Nord : La France et les nouveaux enjeux stratégiques en Arctique. Ce dossier constitue une bonne synthèse des enjeux pour la France et contient un schéma qui permet de voir la complexité des acteurs.


La région est à la recherche d'une nouvelle gouvernance avec la création en 1996 d'un Conseil de l'Arctique, qui regroupe les 8 pays riverains du cercle polaire et dans lequel la Chine a obtenu un rôle d'observateur permanent en 2013. Les rivalités ne sont pas seulement entre pays, mais à l'intérieur de structures fédératives. Malgré tout, la région Arctique est en train d'expérimenter une nouvelle forme de collaboration circumpolaire.



Philippe Rekacewicz a élaboré une carte qui synthétise les principaux enjeux géopolitiques de l'Arctique (Monde diplomatique, 2011) :




Le site d'analyse géopolitique Diploweb fournit des ressources sur cette question :

- une synthèse de Laurence Artaud : "Quelles forces en présence dans l’Arctique ? Ruée vers les matières premières : un nouvel affrontement international ?". L’auteure présente d’abord les enjeux militaires et politiques au XXe siècle, puis les antagonismes des pays riverains, enfin les nouveaux paradigmes du XXIe s liés au changement climatique : le passage du Nord-Est, la souveraineté économique et l’accès aux ressources naturelles.
http://www.diploweb.com/Quelles-forces-en-presence-dans-l-Arctique.html

- une vidéo de la conférence : "L’Arctique est-il - vraiment - stratégique ?" avec  Fabien HERBERT, Jérémie ROCQUES, Joséphine BOUCHER, Laurent MAYET, Michel FOUCHER, Thomas MERLE, (19 octobre 2018). Si la superpuissance arctique, c’est la Russie, ne serait-ce qu’en termes de superficie, de ressources naturelles, d’activités et de présence historique, l’évolution de l’Arctique et de ses perspectives stratégiques dans les années qui viennent sont difficiles à prédire tant elles dépendent d’éléments politiques imprévisibles et de paramètres écologiques.


Les cartes que l'on peut trouver dans les manuels scolaires questionnent également sur la vision de l'Arctique qui est véhiculée dans l'enseignement de la géographie. Voici une petite analyse que nous faisions en 2016 sur le thème de l'Arctique : 

Extrait de Genevois, S. "La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire", Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien, 2016 (en ligne sur HAL) :

"Dans le programme de Seconde, l’Arctique est présenté comme une « nouvelle frontière » à conquérir, au double sens de front pionnier pour l’exploitation de nouvelles ressources et d’espace-frontière aux délimitations incertaines faisant l’objet de nombreux litiges. L’océan Arctique est aussi cité en référence dans les cartes de manuels de Terminale comme archétype de zone conflictuelle (cf le « partage de l’Arctique »). Il semble intéressant d’analyser les choix faits par les différents manuels, certains s’inscrivant dans une approche géohistorique (double verrouillage de l’Arctique par la glace et par la Guerre froide), d’autres insistant davantage sur les évolutions futures de cet espace-enjeu avec l’ouverture de nouveaux passages au Nord-Ouest et au Nord-Est. 

L’océan Arctique semble être devenu un objet géographique à part entière malgré les difficultés à en tracer des limites précises. Certaines cartes de manuels continuent d’indiquer l’isotherme 10°C en juillet comme critère classique de délimitation de la zone polaire, en y ajoutant la limite maximale de fonte de la banquise (limite elle-même changeante selon les années et qui reste incertaine à prévoir pour les décennies à venir). Emerge ainsi progressivement un espace délimité, découpé, approprié avec le découpage de la ZEE, avec le tracé de nouveaux périmètres de souveraineté (territoires adhérant au Conseil de l’Arctique) ou la création de nouveaux espaces de gouvernance (Programme scientifique d’évaluation et de surveillance de l’Arctique…). 

Les enjeux semblent souvent à une échelle qui dépasse la zone considérée, l’Arctique étant in fine ramené à un objet de préoccupation environnementale (cf « un patrimoine menacé ») symbolisé par l’ours polaire à la dérive sur son morceau de banquise. La cartographie utilisée peine à représenter ces enjeux multi-échelles. L’exploitation future des ressources ainsi que la mise en circulation de cet espace relèvent également de potentialités incertaines comme en témoignent les titres de certaines cartes : « Comment préserver durablement l’Arctique ? » ou encore « L’eldorado arctique : entre réalités et espoirs »."


Lien ajouté le 26 septembre 2019

Lien ajouté le 25 octobre 2019

Liens ajoutés le 15 novembre 2019

L’Arctique à l’épreuve de la mondialisation et du réchauffement climatique (Les Cafés Géo, le 25 octobre 2019). L’Arctique est aujourd’hui au cœur des programmes de géographie. Ce compte-rendu fait une bonne synthèse pour des enseignants qui souhaitent mettre à jour leurs connaissances sur le sujet et enrichir les études de cas qu’ils pourront mener, en complément des scénarios proposés par  l’académie de Créteil sur « L’Arctique, une nouvelle frontière pour la Russie » ou celui de l’académie de Nice sur un espace à protéger ou à aménager.

L'enjeu de l'Arctique n'est pas nouveau. Déjà dans les années 1930, avec le développement de l'aviation, il devient une nouvelle route et une nouvelle frontière à conquérir.


Liens ajoutés le 11 décembre 2019

Une histoire de l'Arctique et des expéditions polaires à travers la philatélie :
http://arctic.ru/infographics/20180205/710677.html



Liens ajoutés le 17 décembre 2019

La région circumpolaire nord, une carte en haute résolution issue de l'Atlas du Canada (2008) :
http://www.reddit.com/r/MapPorn/comments/e40c35/north_circumpolar_region/

Une carte de l'Arctique pendant la 2e Guerre mondiale par Richard Edes Harrison (1942) :
http://www.davidrumsey.com/luna/servlet/s/p0x280


Liens ajoutés le 15 janvier 2020




Liens ajoutés le 27 février 2020


 

Liens ajoutés le 1er février 2021



Lien ajouté le 25 avroil 2021

Lien ajouté le 6 juin 2021

Lien ajouté le 3 août 2021

Lien ajouté le 17 août 2021

Lien ajouté le 13 décembre 2021
« Fronts et frontières en Arctique, quelle singularité ? »

Références

Les mondes polaires : quels enjeux aujourd’hui… et demain. Entretien avec Mikaa Mered pour la Société de Géographie :
http://socgeo.com/2019/03/06/les-mondes-polaires-quels-enjeux-aujourdhui-et-demain/

Frédéric Lasserre, « Des autoroutes maritimes polaires ? Analyse des stratégies des transporteurs maritimes dans l’Arctique », Cybergeo :
http://journals.openedition.org/cybergeo/23751

Pauline Pic et Frédéric Lasserre, « Un paradigme arctique de sécurité ? Pour une lecture géopolitique du complexe régional de sécurité. », L’Espace Politique, 33 | 2017-3 :
http://journals.openedition.org.e/espacepolitique/4475

Le Conseil de l’Arctique face aux convoitises : coopération ou compétition ? CDEM :
http://www.irsem.fr/data/files/irsem/documents/document/file/2333/infoveilles-44.pdf

Enseigner la mer, ressources pédagogiques proposées par le réseau CANOPE :
http://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/N-9135-13379.pdf


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Rapport mondial des Nations Unies 2019 sur la mise en valeur des ressources en eau


Le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2019 est téléchargeable en français sur le site de l'UNESCO : http://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000367276_fre


Un stress hydrique de plus en plus élevé

La consommation d'eau a augmenté d'environ 1% par an dans le monde depuis les années 1980, sous l'effet conjugué de la croissance démographique, du développement socio-économique et de l'évolution des modes de consommation. La demande mondiale en eau devrait continuer à augmenter à un rythme similaire jusqu'en 2050, représentant une augmentation de 20 à 30% supérieure au niveau actuel d'utilisation de l'eau, principalement en raison de la demande croissante des secteurs industriel et domestique. Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays connaissant un stress hydrique élevé et environ 4 milliards de personnes connaissent une grave pénurie d’eau pendant au moins un mois de l’année. Les niveaux de stress continueront à augmenter à mesure que la demande en eau augmentera et que les effets du changement climatique s'intensifieront.

Plus de 2 milliards de personnes vivent dans des pays soumis à un stress hydrique physique élevé. Bien qu’au niveau mondial le stress hydrique ne se situe qu’à 11 %, 31 pays sont confrontés à un stress hydrique compris entre 25 % (soit le seuil minimal de stress hydrique) et 70 %. Dans 22 pays, le stress hydrique est de plus de 70 %, ce qui veut dire que ces pays subissent un fort stress hydrique. 



 
« Que personne ne soit laissé pour compte »

Le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, publié le 19 mars 2019 lors de la 40e session du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et conjointement à la Journée mondiale de l'eau, montre à quel point l'amélioration de la gestion et de l'accès aux ressources en eau, les services d’approvisionnement et d’assainissement sont essentiels pour remédier aux diverses inégalités sociales et économiques, de manière à ce que « personne ne soit laissé pour compte ».

 Couvertures mondiale et régionale des services d’assainissement, 2015 (%)


Certes, des progrès ont été accomplis durant la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). En 2015, 181 pays avaient atteint une couverture de plus de 75 % pour les services élémentaires d’eau potable. En outre, la part de la population mondiale utilisant au moins un service élémentaire d’eau potable est passée de 81 % en 2000 à 89 % en 2015. Néanmoins, environ trois personnes sur dix (2,1 milliards de personnes, soit 29 % de la population mondiale) sont privées d’accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité, tandis que 844 millions de personnes n’ont même pas accès à un service élémentaire d’eau potable.

L’eau potable et l’assainissement sont des droits fondamentaux de l’homme, car ils sont indispensables au maintien de moyens de subsistance sains et essentiels au maintien de la dignité de tous les êtres humains.


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Mise à jour de la base de données sur la couverture du sol aux Etats-Unis (NLCD)


L'United States Geological Survey (USGS) a publié en mai 2019 une mise à jour de la base de données nationale sur la couverture du sol (NLCD) aux Etats-Unis, qui détaille les modifications enregistrées sur la période 2001-2016 :
http://www.usgs.gov/news/new-land-cover-maps-depict-15-years-change-across-america



Les données sont basées sur des images Landsat à 30 mètres de résolution. Les modifications peuvent être visualisées à travers une grille de 1 x 1 km sur l’ensemble des 48 états. Depuis 2011, deux paires d'images Landsat sont utilisées, ce qui améliore la précision de l'image spectrale composite. La classification a été construite à partir de 16 classes thématiques allant de l'eau aux terres agricoles en passant par les prairies, la forêt, les zones urbanisées... 

Au cours de cette période de 15 ans (2001-2016), 7,6% du territoire américain a changé au moins une fois de couverture du sol. Les principaux changements concernent l'ouest et le sud-est des Etats-Unis, en raison de l'exploitation forestière, de l'impact des incendies de forêt, de l'augmentation des terres agricoles et de l'urbanisation.


Les régions de l'Alaska, d'Hawaï et de Porto Rico n'ont pas été mises à jour, mais le seront dans un proche avenir. La prochaine couverture NLCD est prévue pour 2021. Les images Landsat 7 seront alors intégrées au jeu de données (Landsat 5 ayant été désactivé en 2013).

Toutes les données sont téléchargeables sur le site de la NLCD (National Land Cover Database) ou consultables directement en ligne à travers un visualisateur.

Les données de la NLCD peuvent être utilisées dans de nombreux domaines : étude de l'impact des incendies de forêt, surveillance de la santé des écosystèmes, suivi des indicateurs de biodiversité et du changement climatique, développement urbain, aménagement, etc..


Lien ajouté le 19 novembre 2019

Stockage du carbone dans les sols et réchauffement climatique. Vers un "peak soil" ?
http://reseauactionclimat.org/stockage-carbone-sol-rechauffement-climatique/

Lien ajouté le 9 août 2021

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Incendies en Amazonie : les cartes et les images auraient-elles le pouvoir d'attiser la polémique ?


Les feux de forêt en Amazonie ont suscité un début de crise diplomatique entre la France et le Brésil dans le cadre du G7 à Biarritz et sont devenus un sujet de discussion au niveau international. Les Nations unies et le chef de l’Etat français ont interpellé vivement le président brésilien, Jair Bolsonaro, jeudi 22 août 2019 au sujet des incendies qui ravagent la forêt amazonienne. L'Amazonie est devenue depuis plusieurs années un symbole. Nombreux sont les chefs d'Etat (dont Emmanuel Macron) à avoir repris la phrase de Jacques Chirac : "Notre maison brûle".


Si les incendies de forêt constituent un sujet préoccupant (voir cette carte montrant la perte accélérée du couvert forestier brésilien), qu'en est-il des menaces directes sur un milieu que l'on qualifie souvent de "poumon vert" de la Terre ? D’après l'Institut National de Recherche Spatiale du Brésil (INPE), 75 336 feux de forêt ont été enregistrés au Brésil du 1er janvier au 21 août 2019,  soit 84 % de plus que sur l'année précédente. Plus de 52 % d'entre eux concernent l’Amazonie (voir le suivi de la déforestation sur le site Terra Brasilis). Si l'importance du phénomène n'est pas à remettre en doute, en revanche la manière dont les médias et les réseaux sociaux ont relayé l'information interroge sur la façon d'interpréter l'information géographique, qu'il s'agisse des cartes ou des images.

1) Des cartes par densité de points qui auraient tendance à exagérer le message délivré

De nombreux médias ou agences d'information, en France et à l'international, ont diffusé des cartes avec des cercles rouges correspondant aux départs de feu. Voici, parmi les nombreuses cartes qui ont circulé sur Internet, celles de l'AFP et de la BBC.




Comme le font remarquer certains géographes et cartographes attentifs (voir ce fil sur Twitter), c'est la surface des cercles rouges qui est perçue visuellement par l'utilisateur et non les positions de leur centre. Il conviendrait de revenir à une cartographie scientifique moins alarmiste. Certains auteurs montrent, entre inquiétude légitime et risque d'exagération, à quoi ressemblerait une carte de tous les feux de forêt en Amérique du Sud depuis 2012. La source utilisée est le Fire Information for Resource Management System (FIRMS) qui est la plateforme mise à disposition par la NASA pour suivre tous les incendies de forêt dans le monde. Selon Tim Wallace, l'exagération des cercles pourrait atteindre jusqu'à 200 fois leur emprise réelle sur le terrain.



A une échelle assez large de visualisation, ces points rouges finissent par se confondre et donner l'impression qu'il s'agit de zones entières de l'Amazonie qui sont en train de brûler. Si l'on se réfère aux images satellitaires diffusées par la NASA et par Copernicus (les deux principales sources), les feux de forêt ne concernent pas que l'Amazonie, mais une bonne partie des forêts tropicales dans le monde où le feu est utilisé comme moyen de défrichage (aussi bien pour l'agriculture traditionnelle sur brûlis que pour de grandes opérations de déboisement).

Les incendies de forêts dans le monde d'après les images Copernicus - Global Widfire Information System
(consulter la plateforme cartographique du GWIS pour plus de détail )



Le site Copernicus qui a diffusé les images satellites dont sont issues ces cartes se montre beaucoup plus prudent et explique que ces cercles peuvent correspondre à de petits incendies. En zoomant sur les images en ligne, on s'aperçoit effectivement que les gros cercles en rouge-orangé agrègent des points beaucoup plus petits lorsqu'on zoome à une échelle plus précise.

De son côté la NASA a confirmé une augmentation des incendies en nombre et en intensité dans la partie brésilienne de l'Amazonie en 2019, ce qui en fait l'année la plus active dans cette région depuis 2010. Les scientifiques notent que l’activité des feux en Amazonie varie considérablement d’une année à l’autre et d’un mois à l’autre, sous l’effet de nombreux facteurs (évolution de la conjoncture économique, du climat...). Le mois d'août 2019 se démarque car il se caractérise par une augmentation notable des gros incendies le long des principales routes du centre de l’Amazonie brésilienne, selon Douglas Morton, chef du Laboratoire des sciences de la biosphère au Goddard Space Flight Center de la NASA.

Bien que la sécheresse ait pu jouer un rôle important dans le développement des incendies les années précédentes, il semble que les incendies de l'année 2019 correspondent davantage à des défrichements de grande envergure qu'à des feux de forêt liés à la sécheresse. L'image ci-dessous issue des observations Terra et MODIS a été superposée aux images nocturnes acquises par radiométrie (VIRRS). On peut noter que les détections d'incendies dans les États brésiliens du Pará et de l'Amazonie sont concentrées dans des bandes situées le long des voies fédérales BR-163 et BR-230.


Image nocturne des incendies en Amazonie du 15 au 22 août 2019 (source : NASA)


 
En complément des images de Copernicus et de la NASA, il peut être utile d'utiliser les images basse orbite et en haute résolution de Planets Lab. Celles-ci permettent de localiser plus précisément les départs de feux et les territoires concernés.


On perçoit à travers ces images que les incendies intentionnels ont souvent lieu dans des forêts déjà dégradées. Ce sont la plupart du temps des incendies pour défricher des terres à des fins agricoles, notamment des pâturages pour bovins, qui représentent 70 à 80% de la conversion des forêts en Amazonie brésilienne. L'augmentation des incendies d'août à octobre coïncide aussi avec la saison au cours de laquelle les agriculteurs commencent à planter du soja et du maïs.



Face à la diffusion de ces cartes virales sur les réseaux sociaux, certains médias ont commencé à réagir et à décrypter l'information. Voir notamment :
  • Amazonie : que montrent les cartes qui représentent l'évolution des feux ? (Libération, 24 août 2019)
  • What Satellite Imagery Tells Us About the Amazon Rain Forest Fires (New York Times, 24 août 2019)
  • Incendies en Amazonie : les forêts d'Afrique centrale brûlent aussi (France Soir, 24 août 2019)
  • Pourquoi personne ne parle des incendies titanesques en Afrique subsaharienne (La Voix du Nord, 24 août 2019)
  • More Fires Now Burning in Angola, Congo Than Amazon : Maps (Bloomberg, 23 août 2019)
  • Pourquoi les scientifiques s’inquiètent des incendies de l’Amazonie (Le Monde, 27 août 2019)
  • The Amazon in Brazil is on fire - how bad is it ? (BBC News, 30 août 2019)

Une autre source de polémique est liée au nuage de fumée qui s'est répandu sur le Brésil et une bonne partie de l'Amérique du Sud. Ce nuage de monoxyde de carbone a été ressenti jusqu'à São Paulo qui a été plongé dans le noir en pleine journée le 19 août 2019. D'autres régions du monde sont concernées par les émissions de carbone, qui peuvent être liées aussi à la pollution industrielle et urbaine. 
Emissions de gaz carbonique (CO) le 24 août 2019 (source : Windy.com)



Copernicus propose de suivre l’évolution des incendies à l'aide d'un indicateur plus précis qui est celui du « nuage de combustion de la biomasse », qui permet de suivre directement les incendies dans le monde (et pas seulement le taux de concentration en CO). C'est cet indicateur qui a été utilisé par exemple pour suivre les incendies en Sibérie qui ont été également très importants durant l'été 2019 (voir ce lien).
 
 


2) Les incendies en Amazonie : une réalité, mais surtout un symbole

Les nombreuses images de feux de forêts en Amazonie qui ont circulé sur les réseaux sociaux correspondent à des images souvent anciennes, vieilles pour certaines de plus de 10 ans. Plusieurs médias se sont livrés à un décryptage pour retrouver la date et la source des images relayées en chaîne sur Internet et sur les réseaux sociaux :
  • Incendies en Amazonie : des personnalités ont contribué à la désinformation (AFP
  • Incendies en Amazonie : des photos hors contexte pour illustrer une catastrophe bien réelle (Le Monde)
Par ailleurs la question s'est élargie au problème de savoir si l'Amazonie méritait vraiment le surnom de "poumon vert de la planète". Puits de carbone, la forêt amazonienne absorbe davantage de CO2 qu'elle n'en rejette : elle emmagasine 90 à 140 milliards de tonnes de CO2, soit 14% du CO2 mondial, ce qui contribue à réguler le réchauffement climatique dans le monde, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Elle n'est cependant pas la principale source de recyclage du CO2 ; les océans seraient de ce point de vue beaucoup plus efficaces :

La forêt amazonienne est-elle vraiment le "poumon de la planète" ? (France Info)
http://www.francetvinfo.fr/monde/ameriques/amazonie/la-foret-amazonienne-est-elle-vraiment-le-poumon-de-la-planete_3588675.html

L'Amazonie est également un enjeu politique et territorial de première importance pour les populations autochtones qui y vivent (environ 3 millions de personnes). Face à la déforestation et à l'exploitation économique des terres par de grands groupes, des voix s'élèvent pour dénoncer "l'extractivisme".

Au delà des polémiques se pose la question de l'image de l'Amazonie dans les médias qui est montrée comme un sanctuaire naturel à préserver. Dans un ouvrage récent consacré à l'Amazonie, François-Michel Le Tourneau la décrit comme un « coffre-fort géologique », dont l'Histoire a fait une « pourvoyeuse de marchandises » et qui est aujourd'hui « victime du développement », puisque le Brésil ne veut pas vraiment limiter la déforestation et que l'Amazonie, d'un point de vue économique, ne vaut pas grand-chose. « Le Brésil voit deux Amazonie : la forêt réservée, à défaut d'être préservée, et la forêt exploitée intensivement, à défaut de l'être durablement ».

L’Amazonie véhicule un puissant imaginaire autour de sa forêt. Cet imaginaire est une construction mentale collective, européo-centrée, édifiée dès les premières descriptions et consolidée au cours des siècles suivants (lire cet article de Géoconfluences, "L'archéologie, pour en finir avec la forêt vierge").

Dans un contexte de dérèglement climatique, il est probable que l'augmentation des feux de forêts soit liée en partie au réchauffement global. Mais comme on vient de le voir, ces incendies sont pour la plupart d'origine anthropique et traduisent une volonté de mettre en valeur de nouvelles terres dans un contexte de laisser-faire encouragé par le président Bolsonaro (lire ce billet). Malgré tout, il convient d'être prudent à l'égard des preuves que l'on avance et savoir garder une distance critique face à l'utilisation médiatique de l'information géographique.


Lien ajouté le 26 août 2019

Le Centre de gestion de crises (GLMZ) de Copernicus basé en Allemagne a été mobilisé le 25 août 2019 pour étudier de manière plus approfondie des secteurs où ont lieu les incendies dans le nord-ouest du Brésil ainsi qu'à la frontière du Pérou, de la Bolivie, du Paraguay et de l'Argentine. Les zones d'étude sont en cours de définition. D'ores et déjà des secteurs font l'objet de rapports détaillés : Buritis (Brésil), Borochi et Roboré (Bolivie). Les données sont téléchargeables en différents formats (pdf, jpeg, kmz, shp) :
http://emergency.copernicus.eu/mapping/list-of-components/EMSR383/



Liens ajoutés le 30 août 2019

Une étude récente propose de cibler des secteurs spécifiques où la biodiversité de la forêt tropicale pourrait être restaurée à l'échelle mondiale. Publiée le 3 juillet 2019 dans la revue Science Advances, cette étude repère dans les Amériques, en Afrique et en Asie du Sud-Est, plus d’un million de kilomètres carrés de forêts tropicales endommagées qui présentent un fort potentiel de restauration. Six pays, tous situés en Afrique, ont le potentiel le plus élevé d’avantages multiples en cas de restauration réussie : le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, le Togo, le Soudan du Sud et Madagascar. La plupart d’entre eux ont perdu des forêts tropicales humides, mais leur potentiel de récupération de la biodiversité, du carbone et des ressources en eau est élevé :

Brancalion, Pedro et al. (2019). “Global Restoration Opportunities in Tropical Rainforest Landscapes” Science Advances : https://doi.org/10.1126/sciadv.aav3223





Liens ajoutés le 31 août 2019

Géoconfluences a rassemblé un certain nombre de ressources concernant les incendies qui ont eu lieu durant l'été 2019 en Amazonie, mais aussi en Sibérie. Le site pose également la question de savoir si l'on peut parler de "risque" au sens classique. "En géographie, il y a risque si l’aléa (ici l’incendie) se produit et touche une société humaine (on dit qu’il y a vulnérabilité). Dans le cas amazonien comme dans le cas sibérien, les territoires touchés par les incendies ont des densités de population faibles. Pour autant, les sociétés humaines n’en sont pas absentes..." :
http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/veille/revues-de-presse/les-incendies-de-juillet-aout-2019-en-amazonie-et-en-siberie

Une analyse du Washington Post, à partir d'images NASA (Modis) sur la période 2000-2019, montre que la forêt brûle régulièrement à la même époque. En Afrique, les feux de forêts sont utilisés pour défricher prairie et savane, alors qu'en Amérique du sud ils sont davantage situés en lisière. http://www.washingtonpost.com/climate-environment/2019/08/30/were-peak-global-fire-season/

Lien ajouté le 4 septembre 2019

La NASA a comparé, à partir d'images satellitaires MODIS, l'évolution du couvert végétal à l'échelle mondiale entre 2000 et 2017. Alors que la Chine et l'Inde voient leur couvert végétal progresser, le Brésil ainsi qu'une bonne partie de l'Afrique tropicale connaissent un retrait visible. Si le monde "verdit", c'est en raison des programmes de reforestation (cf programmes de plantation d'arbres en Chine), mais également du fait de l'extension des cultures intensives. La forêt est en extension aussi du fait de l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère. Les chercheurs soulignent que le gain de verdure observé dans le monde, notamment en Inde et en Chine, ne compense pas les dommages causés par la perte de végétation naturelle dans les régions tropicales, principalement au Brésil et en Indonésie. Les conséquences sur la durabilité et la biodiversité dans ces écosystèmes restent un problème majeur.



Liens ajoutés le 3 octobre 2019

Une interview intéressante d'Hervé Théry pour la Société de Géographie, qui remet du sens derrière les images médiatiques et met en perspective les défrichements sur le temps long.



Lien ajouté le 18 novembre 2019


Liens ajoutés le 25 novembre 2019



Lien ajouté le 9 janvier 2020

Géopolitique de l’environnement. Brésil. Pourquoi l’Amazonie brûle-t-elle ? (Interview d'Hervé Théry pour le site Diploweb.com)

"Les feux qui ravagent l’Australie en ce début de l’année 2020 attirent de nouveau l’attention sur les feux de forêts dans le monde. En juillet-août 2019 c’est sur l’Amazonie que les projecteurs des médias étaient braqués, mais les situations sont-elles comparables ? Diploweb.com a demandé son expertise à Hervé Théry, qui étudie cette région depuis l’époque de sa thèse, en 1974-1976, jusqu’à aujourd’hui, où après avoir fait sa carrière au CNRS-Creda il est professeur à l’Universidade de São Paulo (USP)."
 
 
Liens ajoutés le 26 novembre 2020

Une étude sans précédent conduite par le Global Forest Watch, à la demande de Repórter Brasil, montre que les Territoires autochtones ont été dévastées par plus de 115 000 incendies survenus depuis le début de l'année 2020 (jusqu'au 29 octobre). L'Etat du Mato Grosso est le plus touché avec des territoires où les incendies ont augmenté de 1300% par rapport à 2019. Les Indiens se plaignent du manque de structure pour lutter contre le feu, tandis que les experts accusent la FUNAI de ne pas agir (cette agence a pour mission d'organiser la lutte et la prévention contre les incendies).

https://reporterbrasil.org.br/2020/11/abandonadas-pela-funai-60-das-terras-indigenas-sao-devastadas-100-mil-focos-de-incendio/

 

Lien ajouté le 14 janvier 2021

Les fronts de la déforestation, moteurs et réponses dans un monde en mutation (Rapport WWF, 13 janvier 2021)

 

Lien ajouté le 5 avril 2021