Etudier les risques de pénurie d'eau dans le monde avec l'Atlas Aqueduct du WRI


Le World Resources Institute (voir notre présentation de ce site) a publié en août 2019 un nouveau rapport concernant les risques de pénurie liés à l'eau.



Selon ce rapport du WRI, "plusieurs pays représentant un quart de la population mondiale sont de plus en plus confrontés à la perspective de manquer d’eau". À l’horizon 2030, environ 470 millions de personnes seront en proie à un manque d’eau. D'ores et déjà 17 pays (surtout en Afrique du Nord et au Moyen-Orient) sont confrontés au stress hydrique. Dans ces 17 pays confrontés à un stress hydrique "extrêmement élevé", les besoins pour l'agriculture, l'industrie et la consommation des ménages absorbent jusqu'à 80% des eaux de surface et des eaux souterraines disponibles au cours d'une année moyenne. 

Les experts ont identifié la pénurie d’eau comme un des facteurs pouvant exacerber les conflits et augmenter les migrations. Dans le nord de l'Inde, la pénurie d'eau est également inquiétante. L’Inde, classée 13ème sur la liste des pays soumis à un stress extrême, est plus de trois fois plus peuplée que les 16 autres pays de cette catégorie. Le nord de l’Inde est confronté à un grave épuisement des eaux souterraines. "Ce qu'on appelle aujourd'hui « le jour zéro » - le jour où les robinets se tarissent - concerne des grandes villes comme Le Cap, São Paolo ou Chennai. Ces villes ne sont que quelques exemples parmi d'autres de l'impact du stress hydrique sur les personnes, les moyens de subsistance et les entreprises du monde entier".

Les 17 pays les plus menacés par le stress hydrique (source : Bloomberg)


 
Le stress hydrique peut être réduit par des mesures allant du sens commun à la mise en oeuvre de technologies de pointe. Parmi les innombrables solutions, le rapport du WRI propose trois manières simples de réduire le stress hydrique :

1. Augmenter l'efficacité agricole : le monde doit faire en sorte que chaque goutte d'eau serve davantage son système alimentaire. Les agriculteurs peuvent utiliser des semences nécessitant moins d'eau et améliorer leurs techniques d'irrigation en utilisant un arrosage de précision plutôt qu'en inondant leurs champs. Les bailleurs de fonds peuvent fournir des capitaux pour les investissements dans la productivité de l'eau, tandis que les ingénieurs peuvent développer des technologies qui améliorent l'efficacité dans l'agriculture. Et les consommateurs peuvent réduire les pertes et les gaspillages alimentaires, qui représentent un quart de toute l'eau utilisée pour l'agriculture.

2. Investir dans les infrastructures "grises" et "vertes" : les nouvelles données d’Aqueduct montrent que le stress hydrique peut varier considérablement au cours de l’année. Les recherches de WRI et de la Banque mondiale montrent que les infrastructures bâties (comme les canalisations et les usines de traitement) et les infrastructures vertes (comme les zones humides et les bassins versants sains) peuvent concourir à résoudre les problèmes d’approvisionnement en eau et de qualité de l’eau.

3. Traiter, réutiliser et recycler : nous devons cesser de considérer les eaux usées comme des déchets. La traiter et la réutiliser créent une « nouvelle » source d’eau. Il existe également des ressources utiles dans les eaux usées qui peuvent être récoltées pour aider à réduire les coûts de traitement de l'eau. Par exemple, des usines de Xiangyang, en Chine et de Washington, D.C., réutilisent ou vendent les sous-produits riches en énergie et en nutriments capturés lors du traitement des eaux usées.

A partir des données Aqueduct du WRI, le New York Times a réalisé une carte de synthèse et des graphiques qui aident à se représenter les risques liés à la pénurie d'eau (avec une projection jusqu'en 2040) :


Les entreprises sont engagées dans cette lutte pour économiser l'eau. Mais comme le montre le rapport et la carte produits par l'organisation non lucrative CDP, les entreprises sont loin de toutes diminuer leurs prélèvements en eau :

Les outils d’Aqueduct permettent de cartographier différents risques liés à l’eau, tels que les inondations, les sécheresses et le stress hydrique, à l’aide de données en open source régulièrement mises à jour. Aqueduct inclut désormais 13 indicateurs de risque pour l’eau, y compris de nouvelles données tels que la disponibilité ou l’épuisement des eaux souterraines, ainsi que des instantanés mensuels concernant le stress hydrique ou la variabilité des ressources en eau.

Pour accéder aux différents outils proposés par Aqueduct : 

Pour consulter l'Atlas mondial des risques liés à l'eau :
http://www.wri.org/applications/aqueduct/water-risk-atlas/

Pour télécharger Aqueduct Global Maps 3.0 :
http://www.wri.org/aqueduct/data

Pour accéder aux données Aqueduct (y compris SIG) :
http://datasets.wri.org/


Le rapport du GIEC (voir résumé en français) publié en août 2019, qui concerne les moyens de lutter contre la dégradation des sols et de prévenir (ou de s'adapter) aux changements climatiques, évoque également ces risques liés à la rareté de l'eau en zones arides, aux dégâts causés par le feu, à la dégradation du pergélisol et à l'instabilité des systèmes alimentaires, même pour un réchauffement planétaire d'environ 1,5 °. 

Accès au rapport 2019 du GIEC :

Quelques exemples :

La cartographie de l'intensité de la sécheresse sur 5 ans aux États-Unis
https://t.co/hmFVEu5Rwr?amp=1

La localisation des terres dédiées respectivement à l'agriculture irriguée et à l'agriculture pluviale en Inde
https://t.co/uYREvofFag?amp=1


Liens ajoutés le 11 janvier 2021

Articles connexes

Rapport mondial des Nations Unies 2019 sur la mise en valeur des ressources en eau