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Cartographier les espaces ruraux en France


Dans l'esprit de l'atelier cartographique proposé sur ce blog, il s'agit de proposer des scénarios pédagogiques permettant non seulement d'utiliser des productions cartographiques existantes, mais également de pouvoir élaborer ses propres cartes en fonction du thème d'étude et de l'outil cartographique que l'on souhaite mobiliser. L'étude des espaces ruraux en France entre dans les programmes de géographie scolaire et dans le cadre de la question de géographie au CAPES et à l'Agrégation (2019-2020). C'est un thème sur lequel on trouve beaucoup de cartes et de données statistiques, mais les débats autour de la définition du rural ne facilitent pas la tâche et révèlent des visions différentes de l'organisation spatiale et sociale de la France.


Nous donnons ci-dessous des ressources pour aider les étudiants et les enseignants à "avoir les cartes en main", pour être à même de comprendre les grands enjeux sur une question qui a fait l'objet de profonds renouvellements épistémologiques. L'approche nécessite d'être conduite à différentes échelles et en lien avec des notions importantes de la géographie actuelle : mobilités, dynamiques territoriales, déprise, renaissance rurale, ruralité, hyper ruralité, néo ruralité, désertification, gentrification rurale...

Nous avons classé les ressources selon deux entrées : d'une part  les "cartes à voir" à travers une banque de productions cartographiques déjà disponibles et d'autre part les "cartes à faire" à travers des jeux de données à utiliser et à adapter selon vos propres besoins.


1) BANQUE DE CARTES SUR LES ESPACES RURAUX

2) OUTILS ET JEUX DE DONNÉES À UTILISER ET À ADAPTER SELON VOS BESOINS


En complément :

Les espaces ruraux en France : indications bibliographiques (site Géoconfluences)

Si vous voyez d'autres ressources cartographiques à ajouter, merci de nous les signaler...


Articles connexes





Une data-story sur les flux de migrations en Afrique occidentale et centrale (DTM-IOM)


Fondée en 1951, l'Organisation internationale des migrations (IOM) est la principale organisation intergouvernementale dans le domaine de la gestion des migrations. Elle  publie des chiffres et des rapports annuels qui font référence au niveau international.

Outre un portail de données, l'IOM fournit une carte interactive qui permet de connaître le nombre de migrants (entrants et sortants) par pays.



L'Organisation internationale des migrations s'est associée au projet DTM (Displacement Tracking Matrix) qui permet de suivre les déplacements et la mobilité des populations de manière à "mieux comprendre les mouvements et les besoins en évolution des populations déplacées, sur site ou en cours de déplacement".

Dans ce cadre, le DTM-IOM propose une data-story sur les flux de migrants en Afrique occidentale et centrale : http://migration.iom.int/europe?type=arrivals

Le terme de data story est à rapprocher du terme de story map : il s'agit de développer un récit qui permet de comprendre le sens des données (comme pour les cartes) dans l'idée d'en fournir une visualisation efficace, mais aussi de sensibiliser voire de convaincre. Le data storytelling, actuellement en plein essor, fait l'objet d'un marché économique assez lucratif, celui  de la Business Intelligence. Il peut être mis au service d'autres finalités qu'économiques, par exemple pour informer le grand public ou mettre en place des opérations humanitaires.

D'après les statistiques de l'UNDESA, on sait que plus de 7,5 millions de migrants vivent en Afrique occidentale et centrale et que la plupart d'entre eux viennent de la même région géographique. La Côte d'Ivoire occupe la première place avec 2,2 millions de migrants installés dans le pays, suivie du Nigéria (1,2 million) et du Burkina Faso (709 000). Afin de comprendre les dynamiques de migration dans la région, DTM a commencé à mis en place un dispositif d'observation des flux à partir 2016. En 2018, il y avait environ 35 points de surveillance des flux dans la région.


D'après les données collectées par les enquêteurs du DTM, plus de 95% des flux enregistrés depuis début 2017 sont intra-régionaux, voire en provenance du même pays. Environ 50% des migrants enregistrés au Sénégal ont déclaré avoir effectué leurs déplacements à l'intérieur du pays. Le Niger, le Mali, le Sénégal et le Nigéria sont les principales destinations des migrants interrogés aux points de surveillance des flux.

Une carte par interpolation (heatmap) indique les destinations déclarées par les migrants aux points de surveillance entre janvier 2017 et septembre 2018 (on peut faire varier la période pour mesurer les évolutions) :



Le diagramme alluvial ci-dessous a été construit à partir d'un échantillon de données origine-destination collectées aux points de surveillance des flux entre janvier 2017 et septembre 2018. Il témoigne  de mouvements significatifs dans la région, mais également à l'intérieur des pays eux-mêmes. Selon un échantillon de plus de 24 000 personnes interrogées entre janvier et septembre 2018, les migrants à la recherche d'un emploi représentent la plus grande partie de la mobilité intra-régionale, les jeunes migrant d'un pays à l'autre à la recherche de meilleures opportunités d'emploi.
 


Le site de l'IOM fournit également, à travers une interface cartographique, un recensement précis des migrants décédés ou disparus chaque année dans le monde :
http://migrationdataportal.org/themes/migrant-deaths-and-disappearances


Pour compléter

Article du Monde, L’immigration de l’Afrique de l’Ouest a surtout lieu… vers l’Afrique de l’Ouest. Par En ligne.

François Héran, L’Europe et le spectre des migrations subsahariennes, Population & Société, n° 558, septembre 2018, En ligne.

Philippe Rekacewicz, Mourir aux portes de l’Europe - décembre 2016, Visionscarto. En ligne.

Les cartes du Monde. Migrant : les routes de la mort. En ligne.

Le Dessous des cartes (Arte). Migrations intra-africaines.  Disponible du 26/01/2019 au 26/03/2019
En ligne.

Hervé Le Bras - La migration africaine vers l'Europe - Interview par les experts du Dessous des cartes
En ligne.

Où sont les camps de réfugiés en Afrique ? Info migrants. En ligne (fichier kmz à télécharger)




Articles connexes

Atlas des migrations dans le monde (Migreurop)




Interview de Philippe Rekacewicz sur la cartographie et le métier de cartographe


Invité par Cédric Ridel, professeur d'histoire-géographie, le cartographe Philippe Rekacewicz est venu faire une conférences et conduire un  atelier cartographique en janvier 2019 au lycée international Marguerite Duras d’Ho Chi Minh Ville. A l’occasion de sa venue au lycée, il a bien voulu répondre aux questions de deux élèves de Terminale, Abin et Van concernant la cartographie et le métier de cartographe. 


Voici quelques verbatims extraites de son interview :

« La carte a toujours été pour moi un objet de fascination pendant très longtemps… » (1’53)

« Dans les cours de géographie à l’université où il y a de la cartographie, j’ai tout de suite compris la puissance formidable de la carte comme outil du géographe, comme outil pour exprimer sa vision géographique. On peut écrire des textes, on peut écrire des poèmes, on peut faire de la poésie, de la littérature, écrire des narrations, mais vraiment dessiner la carte, cette rencontre entre la science, la géographie, l’explication des territoires, ça ouvrait des possibilités infinies et j’ai tout de suite compris qu’il y avait là un domaine extrêmement riche à explorer… » (4’40)

« Mon premier outil en tant que cartographe, c’est ma tête, mon cerveau. C’est étonnant de dire cela comme ça. La cartographie, il faut la considérer comme une discipline où on raconte des histoires. Pour dessiner et créer une carte, il faut avoir des intentions… Est-ce qu’une carte peut montrer les injustices, par exemple la géographie des pays discriminés et celle des pays non discriminés ? Après on va rechercher des données… » (5’40)

« Ensuite comme deuxième outil pour exprimer ses idées, on a des crayons et des feuilles de papier.  De la carte mentale à la carte papier, on va dessiner les formes, la symbolique, on va dessiner en fait nos idées. » (8’07)

« Le troisième outil, c’est celui qui va vous permettre de réaliser votre rêve cartographique, c’est l’ordinateur, les logiciels, éventuellement vous pouvez dessiner avec de l’aquarelle, avec du pastel gras, avec de la gouache… » (8’20)

« Vous avez des cartographes qui sont aussi des artistes qui font des cartes en 3D, qui font des installations, qui font même des cartes dans les champs en coupant l’herbe, ou avec de la glace, du cuir, du fer ou du métal, qui font même des pièces de théâtre cartographique. » (8’40)

« Pour réaliser une carte, il me faut entre un jour... et trois ans. Si on veut être un observateur ou une observatrice du monde actuel, il faut le temps d’observer comment le monde se transforme… Il faut plusieurs années pour faire la carte de transformation d’un paysage urbain par exemple ou pour voir les transformations d’un terminal d’aéroport. » (9’30)

« Je ne parle pas du plagiat lorsqu’on recopie la carte d’un manuel en changeant les couleurs… C’est en moyenne deux ou trois jours pleins de travail pour réaliser une carte complète. La cartographie est une discipline qui est assez chère finalement, c’est une discipline qui est très lente avec des étapes qui ne se font pas très rapidement. » (11’50)

« Il est impossible de produire une “cartographie innocente”. La carte, c’est résolument une vision, une interprétation du monde. Il est impossible que ce soit autrement. Le choix d’une couleur est subjectif… Un simple trait rouge peut exprimer le danger, l’interdit ou la peur par exemple. Un trait bleu peut exprimer quelque chose de plus positif, de plus serein, un accord de coopération par exemple. » (12’10)

« Tout est une question de choix. Il n’y a pas de manière neutre de représenter le monde, en particulier dans les endroits où il y a des désaccords entre les pays, et il y en a des milliers. Comme on vit dans des pays délimités par des frontières, où les pays sont souverains sur leurs territoires, les désaccords sont nombreux. » (13’30)

« Il est impossible de faire de la cartographie sans prendre parti, ce qui fait de la cartographie une discipline éminemment géopolitique. » (18’28)


Philippe Rekacewicz

Collaborateur du Monde Diplomatique et de sa rubrique cartographie jusqu'en 2014, Philippe Rekacewicz s'intéresse aux rapports entre cartographie, art, science et politique. Il mène aussi divers projets liés au mouvement de la « cartographie radicale ». Outre sa participation régulière au Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, il coanime le site Visionscarto.net avec Philippe Rivière.






Africapolis, un projet pour cartographier au plus près l'Afrique urbaine


Africapolis.org est un site Internet lancé le 22 novembre 2018 dans le cadre du huitième sommet Africités à Marrackech. Il a été réalisé conjointement par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) de l’OCDE et l’institut e-Geopolis. L'objectif est de cartographier au plus près le phénomène urbain en Afrique où la population est en train de devenir à majorité urbaine.

D’ici à 2050, la population africaine sera de 2,5 milliards de personnes. Sur les 1,3 milliard supplémentaires, 900 millions vivront en ville. Ce qui signifie que les villes vont absorber 70 % de la croissance démographique. Pour Laurent Bossard, le directeur du CSAO, « la transition urbaine sera en charge de la transition démographique et cette transition se passera plus ou moins bien selon que les villes et ceux qui les gèrent en auront la capacité » (voir son interview dans Le Monde du 22 novembre 2018 où il présente en même temps l'intérêt de ce nouveau site).

Le site Africapolis vise deux objectifs principaux :
  • mettre à disposition des information fiables couvrant l’ensemble des agglomérations urbaines en Afrique (aussi bien les grandes métropoles que les villes petites ou intermédiaires qui sont très nombreuses). 
  • définir l'urbain et pouvoir suivre les dynamiques urbaines, l'évolution des zones bâties, la densification, la transition urbaine telles qu'on peut les appréhender dans le contexte africain.

L'Afrique compte déjà 11 métropoles de plus de 5 millions d'habitants, mais près de 7 000 agglomérations de moins de 100 000 habitants. Le seuil qui a été retenu pour définir une "agglomération" est de 10 000 habitants (on sort de la notion de "ville" au sens classique pour considérer la population agglomérée).

Les données d’Africapolis reposent sur un vaste répertoire de recensements de l’habitat et de la population, de registres électoraux et d’autres sources officielles concernant la population, dont certaines remontent au début du XXe siècle. La régularité, le niveau de détail et la fiabilité de ces sources varient d’un pays à l’autre et d’une période à l’autre. Des images satellitaires et aériennes sont utilisées pour recueillir des informations sur le terrain, notamment les zones bâties et la localisation précise des foyers de peuplement. Les registres officiels de la population et les données du recensement constituent l'élément le plus important. Dans certains cas, les derniers relevés disponibles remontent à 30 ans ou plus, et souvent à plus de 10 ans. Compte tenu du rythme des dynamiques démographiques et urbaines, ces périodes sont considérables.

Africapolis, comme e-Geopolis au niveau mondial, a été conçu pour fournir une base de données standardisées et géolocalisées sur les dynamiques d'urbanisation en Afrique afin de rendre les données sur les villes africaines comparables entre pays et dans le temps. Dans cette première version du site, les données des 50 pays sont disponibles pour l'année 2015 avec la possibilité de remonter jusqu'en 1950. Africapolis comble une lacune majeure en intégrant 7 225 petites villes et villes intermédiaires de 10 000 à 300 000 habitants (dont 6 737 agglomérations de 10 000 à 100 000 habitants, où vivent 180 millions d’Africains).

Le site est disponible en français et en anglais. L'interface de consultation est relativement simple. En cliquant sur le menu "Analyses" on peut obtenir des définitions et des mises au point très pédagogiques. Le menu "Explore" permet de choisir le pays et la ville que l'on veut étudier (il faut néanmoins connaître le pays avant d'accéder à la liste des villes !).

 L'interface de consultation du site Africapolis


Une fiche signalétique donne la population urbaine du pays, son nombre d'agglomérations, la population de l'agglomération choisie, sa densité urbaine, sa surface bâtie, son évolution démographique depuis 1950 et même ses caractéristiques en nombre de cellules de Voronoï. A un niveau plus général, on peut comparer les pays entre eux, leur niveau d'urbanisation, leur nombre d'agglomérations ou encore leur population métropolitaine. Les analyses peuvent être conduites à différentes dates entre 1950 et 2015 (déplacer le curseur sur la ligne de temps "Timeslider").

L'accès aux informations peut également s'effectuer directement à partir de la carte interactive. En cliquant sur un pays au choix, ces contours passent en surbrillance orange et les données s'affichent en fonction de la ville sur laquelle on déplace la souris. La taille des cercles est proportionnelle à la population. Pour mieux faire ressortir la typologie proposée, ces cercles se distinguent par des couleurs différentes (ce qui donne à la carte un aspect quelque peu bariolé). L'avantage est de pouvoir faire ressortir la hiérarchie urbaine du premier coup d'oeil. Voici par exemple la hiérarchie des agglomérations au Maroc avec Casablanca au premier rang (plus de 2 millions) et Marrakech, Tanger, Rabat et Fez au second rang (entre 1 et 2 millions). Le tableau récapitulatif à droite de l'écran fournit le nombre d'agglomérations au sein des 6 rangs proposés.




En zoomant sur la carte, l'extension des périmètres bâtis apparaît à l'écran. Voici par exemple la tâche urbaine de Casablanca en rouge (plus de 2 millions d'habitants) avec ses agglomérations satellites en bleu (moins de 100 000 habitants) et en violet (entre 10 000 et 30 000 habitants). En zoomant davantage, on distingue nettement le tissu urbain avec la trame viaire.



 Les plus grandes agglomérations par pays en Afrique


Quarante-cinq des 50 zones urbaines ayant la plus forte densité d'habitants au kilomètre carré se trouvent en Égypte. Quelques 90% des agglomérations les moins connectées se trouvent dans le Sahara et le désert du Kalahari. La carte fonctionne comme un diagramme de Voronoï dans lequel la taille de chaque cellule dépend de la distance entre deux agglomérations, toutes deux comprises dans la cellule. Les grandes cellules indiquent un réseau urbain moins dense.

Les agglomérations les moins connectées entre elles (diagrammes de Voronoï)




Voici une présentation du site Africapolis sous la forme d'une vidéo :


Le site Africapolis peut s'avérer très utile pour conduire des études comparatives sur les villes africaines. Les données et les analyses sont tout-à-fait intéressantes à mobiliser dans le cadre de la question de géographie au CAPES : l'Afrique du Sahel et du Sahara à la Méditerranée (voir notre sélection de ressources cartographiques), mais aussi dans des études de cas à conduire à différentes échelles.

La cartographie en ligne est de qualité bien que la fenêtre cartographique soit un peu réduite à l'écran par rapport à l'interface de consultation des données.

Les données statistiques sont téléchargeables au format xls par pays et par agglomérations. Un jeu de données cartographiques est  fourni en téléchargement au format shp pour utilisation dans un SIG. Il comprend uniquement le bâti urbain. Il faut donc importer les contours des pays africains et ensuite géolocaliser les villes en utilisant les coordonnées géographiques indiquées dans le fichier agglomérations (import de la couches points en format délimité csv ou txt dans QGIS ou dans tout autre SIG). Voici un aperçu des données utilisables.

Lien ajouté le 3 février 2019

Un GIF saisissant montrant l'évolution de l'urbanisation en Afrique de l'Ouest entre 1950 et 2040. Réalisé par le SWAC ou Club du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest (CSAO)
Liens ajoutés le 20 mars 2019
 
Evolution du classement des 15 plus grandes villes d'Afrique entre 1950 et 2015

 
 
Liens ajoutés le 5 septembre 2019

Une story map très réussie sur l'urbanisation en Afrique à partir des données du site Africapolis :


Lien ajouté le 2 novembre 2019

Les images satellitaires de la NASA enregistrées entre 2012 et 2019 font apparaître 767 nouvelles villes africaines prises pour la première fois à partir de leurs lumières la nuit. La carte superpose ces images à la carte des 7600 agglomérations urbaines recensées par Africapolis.
http://africapolis.org/download/Nightlight.jpeg


Liens ajoutés le 27 janvier 2020
Liens ajoutés le 21 janvier 2021

Urban Sprawl in sub-Saharan Africa: A review of the literature in selected countries, Ghana Journal of Geography · July 2020, https://www.researchgate.net/publication/343219572_Urban_Sprawl_in_sub-Saharan_Africa_A_review_of_the_literature_in_selected_countries/


Lien ajouté le 1er février 2021
 
La vie du ciment en Afrique - Matière grise de l’urbain est le dernier livre de la géographe Armelle Choplin. La force du livre tient à la capacité de l’auteur à nous démontrer comment interroger la brique et le béton permet de saisir la production de l’urbain en Afrique de l’Ouest : « le ciment permet d’examiner la production capitalistique de la ville, c’est-à-dire les liens entre ville et capitalisme, marchandisation du foncier et de l’immobilier urbain et processus d’accumulation des richesses (lire ce compte-rendu par Isabelle Baraud-Serfaty)

Le livre est disponible en version papier mais aussi en version numérique gratuite. Une interview de l’auteur (d'une durée de 34 minutes) est également disponible en podcast
 
En complément :
Armelle Choplin et Martin Lozivit, « Mettre un quartier sur la carte : Cartographie participative et innovation numérique à Cotonou (Bénin) », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, document 894, 2019
http://journals.openedition.org/cybergeo/32152

Lien ajouté le 16 mai 2021
Lien ajouté le 24 novembre 2021
Lien ajouté le 9 décembre 2021
Lien ajouté le 28 avril 2022

Lien ajouté le 8 février 2024
Lien ajouté le 21 novembre 2024

Corneille Rogromel et Céline Rozenblat, « Delineating African cities (large urban regions) to compare them within global urban networks», Cybergeo : European Journal of Geography, Data papers, document 1078, mis en ligne le 20 novembre 2024.

Un défi majeur pour l’Afrique est d’évaluer la capacité de ses villes à tirer parti des réseaux mondiaux pour favoriser le développement local. Cependant, cette évaluation est compliquée par l’absence d’un cadre et de critères unifiés, ce qui rend difficile la comparaison des villes africaines entre elles et avec les autres villes dans le monde. Par conséquent, la première étape consiste à rendre les villes africaines comparables. Dans cet article, sont présentés les enjeux de ces délimitations pour les 54 pays africains. La méthodologie est expliquée et sont présentés les résultats de l'adaptation du concept des Grandes Régions Urbaines (LUR) (Rozenblat, 2020) qui englobent les territoires régionaux urbanisés autour des principales villes africaines. Au total, 304 grandes régions urbaines africaines ont pu être délimitées. Elles sont composées de 5 522 unités locales administratives – LAU. La délimitation des LURs rend les zones urbaines d'Afrique comparables à d'autres zones urbaines dans le monde, ce qui permettra d'évaluer dans les prochaines étapes leur intégration dans les réseaux urbains mondiaux par les entreprises multinationales qui, selon notre échantillon, sont situées à plus de 98 % dans ces LURs délimitées.

Spatial distribution of the African Large Urban Regions (LUR) - Source : Cybergéo


Lien ajouté le 16 février 2026

« Croissance rapide de la population en Afrique de l’Ouest : les quatre défis que la région doit relever » (The Conversation)

Serge Rabier de l'Agence Française de Développement (AFD) analyse la croissance démographique rapide en Afrique de l’Ouest. Il montre qu’une population très jeune peut devenir un levier de développement si quatre défis structurels sont relevés.  En 2050, l’Afrique comptera 2,4 milliards d’habitants. En Afrique de l’Ouest et centrale, 33% ont 10-24 ans en 2025. Près de la moitié des habitants ont moins de 20 ans. Cette jeunesse massive transforme villes, marchés du travail et systèmes sociaux. La transition démographique reste inachevée. La fécondité demeure élevée. Au Mali, 53% des femmes sont mariées avant 18 ans. En zone rurale, les femmes ont jusqu’à 5,9 enfants contre 2,7 à Dakar. L’éducation des filles réduit fortement la fécondité. Selon Guttmacher, 23% des femmes de 15-29 ans ont un besoin non satisfait de contraception. Les systèmes de santé sont sous-financés. Les normes sociales et le coût scolaire freinent la poursuite des études, surtout en milieu rural et pour les filles. Le défi de l’emploi est central. Entre 2025 et 2040, 93 millions de jeunes Nigérians et 13 millions d’Ivoiriens entreront sur le marché du travail. Le chômage officiel des jeunes est de 8,7%, mais le sous-emploi atteint 35%. L’informalité domine. L’urbanisation s’accélère. La population urbaine passera de 54 à 130 millions entre 2020 et 2050. Le nombre d’agglomérations de plus de 10.000 habitants passera de 900 à 1.700. Le foncier et les infrastructures deviennent des enjeux majeurs. Les mobilités régionales sont fortes. En 2020, la Côte d’Ivoire et le Nigeria concentraient 51% des migrants internationaux d’Afrique de l’Ouest. D’ici 2050, 32 millions de personnes pourraient être déplacées par les effets climatiques. Le vieillissement reste modeste mais progresse. Les plus de 60 ans représenteront 8% en 2050. Or seulement 20% de la population est couverte par une protection sociale. La dynamique démographique reconfigure ainsi emploi, villes et solidarités.

Lien ajouté le 25 mars 2026

« Les villes africaines sont diverses et dynamiques, mais elles sont confrontées à de nombreux défis. Comment les rendre plus saines ? » (The Conversation).

Elaine Nsoesie, chercheuse à Boston University, et Blessing Mberu, sociologue à l’APHRC, analysent la santé urbaine en Afrique. Leur article montre comment l’urbanisation rapide transforme les conditions de vie et les inégalités dans des villes très diverses. À l’échelle continentale, environ 46% des 1,3 milliard d’Africains vivent en ville. Cette part pourrait atteindre 50% à 65% d’ici 2050. L’Afrique connaît ainsi la croissance urbaine la plus rapide au monde, ce qui reconfigure profondément les territoires. Les chercheurs insistent sur la diversité des villes africaines. Lagos, Nairobi ou Dakar présentent des trajectoires distinctes. Cette hétérogénéité empêche toute généralisation et impose une analyse fine des contextes locaux et des formes d’urbanisation. Les déterminants sociaux de la santé structurent les inégalités. Habitat précaire, accès limité à l’eau et à l’assainissement, pollution ou insécurité alimentaire se combinent dans les quartiers informels, devenus centraux dans l’urbanisation africaine. Les mobilités urbaines illustrent ces enjeux. Les transports facilitent l’accès aux soins et à l’éducation, mais génèrent aussi pollution et accidents. Des systèmes spécifiques émergent comme les boda boda ou matatu, adaptés aux contraintes locales. Les dynamiques démographiques renforcent ces transformations. En 2020, près de 60% de la population africaine a moins de 25 ans. Cette jeunesse urbaine est particulièrement exposée aux enjeux de santé, notamment en matière de maladies chroniques. Les études de cas montrent des réponses locales. Amélioration de la qualité de l’air à Kampala, innovations en santé mentale à Yaoundé ou urbanisme à Nairobi. Ces solutions reposent sur l’intégration des populations et l’adaptation aux contextes locaux. En définitive, les villes africaines sont à la fois des espaces de contraintes et d’innovation. Les conditions de santé dépendent de l’organisation urbaine, des politiques publiques et des dynamiques sociales propres à chaque territoire.

Lien ajouté le 17 avril 2026

« Loyers exorbitants et quatre heures de trajet domicile-travail : la misère de la crise du logement à Lagos » (The Guardian).

Valentine Benjamin analyse la crise du logement à Lagos, mégapole d’environ 22 millions d’habitants. La croissance éco et démo y est rapide, mais elle dépasse largement les capacités du parc immobilier, créant un déséquilibre durable entre offre et demande. La pression démographique est continue. Environ 6.000 nouveaux habitants arrivent chaque jour, contre 3.000 départs. Cette croissance nette accélérée alimente une demande massive de logements, que ni les politiques publiques ni les promoteurs ne parviennent à absorber. Les loyers augmentent à un rythme spectaculaire. Sur le mainland, des logements loués 500.000 nairas atteignent désormais 2,5 millions en deux ans. Sur l’île, certains loyers ont triplé, alors que le salaire minimum annuel reste autour de 840.000 nairas. Cette inflation immobilière provoque une ségrégation socio-spatiale marquée. Les classes moyennes et salariées sont progressivement repoussées vers les périphéries, voire hors de l’État de Lagos, tandis que les quartiers centraux deviennent des espaces élitistes. Les mobilités quotidiennes explosent. De nombreux actifs effectuent jusqu’à 4 heures de trajet par jour. Cette contrainte spatiale transforme les conditions de vie, accentue la fatigue et révèle une dissociation croissante entre lieux de travail et lieux d’habitation. La crise repose sur un déficit structurel estimé à plus de 3,4 millions de logements selon Taibat Lawanson. La production immobilière reste insuffisante face à une urbanisation rapide et peu planifiée. Les habitants développent des stratégies d’adaptation. Colocation, habitats précaires ou mobilités alternées se diffusent. Certains dorment sur leur lieu de travail ou vivent en périphérie en semaine, illustrant une recomposition contrainte des pratiques d’habiter. Le marché immobilier renforce ces déséquilibres. Les promoteurs privilégient des logements haut de gamme, plus rentables, dans un contexte de prix fonciers élevés et de faibles incitations à produire du logement accessible pour les classes populaires. Les locations de courte durée aggravent la pénurie. En transformant des logements en biens touristiques via des plateformes comme Airbnb, les propriétaires réduisent l’offre disponible pour les habitants, ce qui accentue mécaniquement la hausse des loyers. Lagos incarne une urbanisation sous tension, où dynamisme économique et crise résidentielle coexistent. L’attractivité métropolitaine repose sur des mobilités longues et des inégalités accrues, révélant les limites d’un modèle urbain peu régulé.

Articles connexes



La cartographie des clubs de football à travers les réseaux sociaux


Les réseaux sociaux offrent un moyen puissant et efficace pour mesurer l'audience des clubs de football en fonction de l'origine géographique de leurs supporters. En voici deux exemples : le premier concerne les supporters de la Ligue 1 dans le monde à travers le réseau Twitter, le second est consacré à ses supporters en France en fonction des requêtes effectuées sur Google.

La première carte concerne la répartition des supporters de la Ligue 1. Elle a été élaborée à partir des abonnés (followers) aux comptes officiels des 20 clubs qui composent cette ligue. Elle permet de repérer l'origine géographique des supporters et mesurer ainsi l'audience respective des clubs. La carte met en évidence au premier coup d'œil quelles équipes dominent chaque pays du monde. Il est possible d'approfondir l'analyse sur un seul club ou encore de comparer des clubs entre eux. En zoomant, on peut faire apparaître les clubs les plus populaires région par région (possibilité d'afficher également quels clubs arrivent en 2e, 3e, 4e ou 5e rang). Cette carte en "nid d'abeilles" est assez originale : afin de s'affranchir des découpages administratifs, Krist Wongsuphasawat qui est data scientist chez Twitter Analytics, a utilisé une technique appelée "hexagonal binning" qui divise la carte en hexagones de taille égale. L'échelle de précision n'est pas indiquée ni le degré de généralisation qui a servi à afficher les données collectées. Néanmoins l'analyse peut être conduite à une échelle assez fine. Les trous (en gris) laissent à penser que les supporters les plus nombreux sont dans les villes. La carte interactive est consultable sur le site de Twitter Analytics.


Répartition des supporters de la Ligue 1 dans le monde en fonction
des abonnés sur Twitter
(source : Twitter Analytics)



Zoom sur la répartition des supporters de la Ligue 1 en Europe à partir d'une cartographie en "nid d'abeilles" (source : Twitter Analytics)


Ce type de cartographie mesurant la popularité des clubs sur les réseaux sociaux donne lieu à des classements (ranking) très prisés par les médias sportifs. Newton Insight publie chaque année un rapport analysant les performances des équipes de la Premier League sur diverses plates-formes de médias sociaux. Leur étude approfondie révèle, entre autres, combien d'abonnés Twitter ont été gagnés par chaque club de football en 2017. Manchester United compte le plus grand nombre de followers parmi tous les clubs de Ligue 1 sur Twitter (17,7 millions). Arsenal est la deuxième équipe anglaise la plus soutenue sur Twitter (13,4 millions), devant sa rivale Chelsea (11,8 millions).


Comparaison des posts par clubs de football sur les différents réseaux sociaux en 2018
(source : Newton Insight)


La deuxième carte concerne les supporters de la Ligue 1 en France en fonction des requêtes effectuées par les utilisateurs sur le moteur de recherche Google.

Pour suivre localement les clubs intéressant les internautes, le journal Libération, en partenariat avec le Google News Lab, a cartographié les clubs de Ligue 1 les plus recherchés par les internautes entre octobre 2014 et octobre 2015. Ne sont mis en couleur que les dix clubs intéressant le plus les internautes. "Sans surprise, la présence dans un département d'un club de Ligue 1 fait que ce département s'y intéresse principalement. C'est particulièrement visible en Ille-et-Vilaine, où l'ensemble du département favorise le Stade Rennais. Mais également pour l'ASSE ou le FC Nantes, qui arrivent à dépasser les frontières du département. D'autres clubs sont plus éparpillés. Si l'assise géographique de l'OM n'est pas très visible, le club est tout de même le deuxième club le plus recherché en ligne au niveau national. Et les petits points bleus clairs d'apparaître comme des confettis sur l'ensemble du territoire" (lire la suite de l'article sur Libération)


Carte de France des supporters par clubs de football en fonction du nombre
de requêtes sur Google
(Google Lab / Libération, 2015)


Liens ajoutés le 7 août 2019

Les équipes de football américain les plus populaires (NFL) sont présentées avec leurs joueurs pour tous les comtés des États-Unis. L’équipe la plus populaire dans chaque comté est basée sur le nombre de sièges vendus pour chaque équipe sur VividSeats et le joueur le plus populaire est basé sur les données des médias sociaux recueillies sur la plate-forme de publication sociale Opendorse.
http://www.vividseats.com/blog/opendorse-most-popular-nfl-teams-players-county/map

La carte interactive NFL Shoppers sur SeatGeek montre également l’équipe de la NFL la plus populaire dans tous les comtés des États-Unis. La popularité d'une équipe de la NFL est déterminée sur cette 2e carte par le nombre de clients ayant acheté leurs billets de match sur le site de billetterie SeatGeek (à comparer avec cette carte établie en 2014 par Facebook)
https://naterattner.carto.com/




Pour élargir la réflexion sur la cartographie des réseaux sociaux, lire "Quand Facebook révèle nos liens de proximité" : le billet 1 est consacré à l'empreinte de Facebook aux Etats-Unis et le billet 2 est dédié à l'analyse plus large des "territoires" des réseaux sociaux tels qu'ils donnent à se (faire) voir sur Internet.

Lien ajouté le 17 août 2019

Malgré la chute du mur, Berlin reste une ville divisée sur le plan footballistique. Les supporters du FC Union Berlin vivent dans la moitié rouge à l'est de la ville. À l'opposé, la moitié bleue de la ville abrite les fans du Hertha BSC. La carte du Berliner Morgenpost montre lequel des deux clubs de football berlinois a le plus de membres dans chacune des deux zones.
http://interaktiv.morgenpost.de/fussballkarte-berlin/

La même carte des supporters d'équipes de football à l'échelle de l'Allemagne :
http://interaktiv.morgenpost.de/beta-fussballkarte/




Lien ajouté le 8 novembre 2019

Lien ajouté le 24 janvier 2020

Lien ajouté le 11 août 2020

Nouveau lien vers l'application "Géographie du football" sur le site de @Matamix :
https://mtmx.github.io/blog/geofanfoot/



Liens ajoutés le 19 janvier 2021


Lien ajouté le 20 octobre 2021

Lien ajouté le 17 avril 2022

Lien ajouté le 3 novembre 2022


Lien ajouté le 9 janvier 2023

Lien ajouté le 14 fevrier 2023
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