Atlas régional des effectifs d'étudiants dans l’enseignement supérieur


Chaque année, le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation publie un Atlas régional qui présente, sous forme de cartes, de graphiques et de tableaux, les effectifs d'étudiants dans l’enseignement supérieur.

En ce qui concerne les effectifs étudiants et l'offre de formation dans le supérieur, c'est Paris qui arrive au premier rang. Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux restent des poids lourds en région. Rennes, Montpellier, Grenoble sont aussi des villes très étudiantes par rapport à leur taille. On observe des centres plus petits comme Nancy, Poitiers ou Angers qui ont aussi une part importante d'étudiants dans leur population totale. Comparativement les effectifs d'étudiants dans les territoires d'outre-mer sont beaucoup plus modestes.

Cet atlas présente les effectifs d’étudiants inscrits dans les établissements et les formations de l’enseignement supérieur, recensés dans les systèmes d’information et enquêtes du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, des ministères en charge de l’Agriculture, de la Santé, des Affaires sociales et de la Culture.

Le regroupement de ces sources peut entraîner, à la marge, la présence de doubles comptes dans les effectifs d’inscrits dans l’enseignement supérieur, car les étudiants peuvent s’inscrire à plusieurs formations sans être repérés du fait de l’absence d’identifiant unique généralisé.

L’unité géographique utilisée est l’unité urbaine, que l’on peut assimiler à l’agglomération. Pour l’Île-de-France et les Collectivités d’outre-mer, l’unité géographique retenue est la commune. L'édition 2019-20 prend en compte le zonage en unité urbaine défini en 2020 par l’Insee à partir du recensement de la population 2017.

La plateforme ministérielle d'open data propose deux jeux de données relatifs à l'Atlas régional sous licence ouverte :

  • Jeu de données historiques sur les étudiants inscrits de 2001-2002 à 2019-2020 localisés au niveau des communes, unités urbaines, départements, académies et régions, téléchargeable en différents formats (CSV, json, API...)
  • Jeu de cartes extraites de la publication facilement réutilisable

Pour accéder aux données : 

Pour comparer avec les années antérieures :

Cet atlas régional est utile pour conduire une première analyse sur la répartition des effectifs étudiants, sur les types d'établissements, sur les filières (Université, CPGE, IUT, écoles d'ingénieur, masters MEEF). C'est un outil qui permet de disposer d’une approche territorialisée de l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur français. Il nécessite cependant d'être complété par des données plus fines sur la formation et la mobilité étudiante.

Rentrée universitaire

Nombre d’étudiants inscrits

2001-02

2 169 571

2002-03

2 213 890

2003-04

2 262 160

2004-05

2 276 154

2005-06

2 290 112

2006-07

2 261 122

2007-08

2 238 722

2008-09

2 241 683

2009-10

2 322 190

2010-11

2 327 917

2011-12

2 357 379

2012-13

2 387 447

2013-14

2 440 921

2014-15

2 480 022

2015-16

2 560 394

2016-17

2 619 483

2017-18

2 688 994

2018-19

2 748 583

2019-20

2 792 164

2020-21

2 848 112


Ces données peuvent être comparées avec l'évolution des effectifs d'enseignants-chercheurs dans le supérieur, ce qui permet de constater une baisse globale du taux d'encadrement des étudiants par les E-C :
https://github.com/cpesr/emploiESR/blob/main/emploiEC/emploiEC.md





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WorldCover (ESA), une couverture terrestre de l'occupation du sol à 10m de résolution


WorldCover propose une couverture de l'occupation du sol à l'échelle mondiale avec une résolution de 10 mètres, à partir des données satellitaires Sentinel-1 et Sentinel-2.


1) Les objectifs du projet Worldcover

WorldCover est un projet ambitieux lancé en 2019 par l'Agence spatiale européenne (ESA). L'objectif est de développer une nouvelle carte mondiale d'occupation des sols à 10 m de résolution afin de fournir des informations pour étudier la biodiversité, la sécurité alimentaire, le bilan carbone ou encore la modélisation climatique. Il est essentiel de pouvoir surveiller les changements dans la couverture terrestre de manière à pouvoir gérer le capital naturel de la Terre, qu'il s'agisse des sols, des forêts, des ressources en eau ou de la biodiversité. Compte tenu de l'état changeant de ce capital naturel, le besoin d'informations précises et quasiment en temps réel est plus urgent que jamais.

Les objectifs du projet sont les suivants :

  • Produire une carte mondiale validée de la couverture terrestre à une résolution de 10m
  • Fournir des données le plus rapidement possible après leur acquisition
  • Inclure un minimum de 10 classes d'occupation du sol
  • Atteindre une précision globale de 75 %
  • Développer des approches innovantes exploitant les satellites Sentinel-1 & Sentinel-2
  • Mobiliser activement les utilisateurs dont les besoins servent d'entrée principale 


La carte WorldCover contient aujourd'hui 11 classes d'occupation du sol, des terres cultivées, des prairies ou des plans d'eau aux zones bâties. L'un des principaux avantages est son niveau de détails. En utilisant conjointement les données satellitaires Sentinel-1 et Sentinel-2, il a été possible d'améliorer la résolution spatiale, de fournir des données y compris dans des zones à forte couverture nuageuse et de mettre à jour la carte de la couverture terrestre presque en temps réel. 




2) Plusieurs modes d'accès pour consulter ou télécharger les données

Les produits WorldCover sont fournis par tuile de 3 x 3 degrés en tant que fichiers GeoTIFF optimisés pour le cloud (COG). Des indicateurs de qualité pour les données sont fournis avec la couche Carte en 11 classes. La taille totale du produit est d'environ 115 Go (hors indicateur de qualité). La projection géographique est une projection standard (EPSG:4326).

Les données d'occupation du sol du projet Worldcover sont disponibles selon plusieurs modes d'accès :
  • via la visionneuse en ligne du site site Worldcover (qui permet aussi de télécharger les fichiers Geotiff après sélection de la zone choisie à l'écran)
  • à travers le catalogue de données Google Earth Engine (GEE)
  • sous forme de données à télécharger au format shp
  • sous forme de services en WMTS ou WMS (télécharger le fichier qlr pour visualiser directement dans QGIS)



3) Résolution et qualité des données

L'une des principales exigences du projet WorldCover (ESA) était de pouvoir le faire valider de manière indépendante, conformément aux exigences du Comité d'observation de la Terre par Satellites (CEOS), au Groupe de travail sur l'étalonnage et la validation (WGCV) et à la Validation des produits terrestres (LPV). Cette validation, réalisée par l'Université de Wageningen, a montré que la précision globale du produit WorldCover est de 74,4% à l'échelle mondiale, avec des niveaux de précision par continent allant de 68 à 81%. Pour avoir plus de détails sur cette validation, on peut consulter le rapport de validation du produit disponible sur le site web de WorldCover.

En zoomant sur une zone urbaine par exemple, on voit bien l'effet de l'amélioration de la résolution spatiale de 100 m à 10 m. Les routes principales et les espaces verts urbains sont désormais reconnaissables alors qu'avant ils étaient soit mis au rebut, soit regroupés dans la classe bâtie.

Des discussions ont lieu sur les réseaux sociaux pour savoir si les données WorldCover sont plus précises que d'autres jeux de données déjà existants. Si on les compare avec les données Copernicus (2015-2019) qui étaient déjà en libre accès, la résolution est bien supérieure. Des comparaisons sont conduites par rapport aux données ESRI (également à 10m de résolution) ou à OSM Landuse Landcover (données cartographiques d'Openstreetmap). Il semble globalement que la résolution de 10m n'ait rien d'exceptionnelle mais qu'il soit encore relativement rare de pouvoir disposer d'une telle précision à l'échelle mondiale.



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Données CORINE Land Cover 2018



La Lémurie : le mythe d'un continent englouti. La cartographie entre science et imaginaire


La Lémurie n'est pas seulement un mythe littéraire et artistique. Elle témoigne des rapports complexes entre science et imaginaire tels qu'il pouvaient exister à la fin du XIXe et au début du XXe siècle à une époque où on savait encore peu de choses sur la "dérive des continents" et sur les origines de l'espèce humaine. 

À la fin des années 1860, Ernst Haeckel commence à publier des travaux affirmant que le continent de la Lémurie aurait permis aux humains vivant en Asie de migrer vers l’Afrique. Pour ce biologiste allemand, ce continent hypothétique serait même à l'origine de la diffusion de l'espèce humaine. Il localise le Paradis originel (avec un point d'interrogation tout de même) dans l'océan Indien comme le montre la carte ci-dessous extraite de son ouvrage Histoire de la création et intitulée "Esquisse hypothétique de l'origine monophylétique de la distribution des douze espèces d'hommes sur la terre, à partir de la souche lémurienne". 

Extraits de l'Histoire de la création des êtres organisés d'après les lois naturelles par Ernst Haeckel - 1877 (source : Gallica)



Pour Haeckel, considéré comme le père de l'écologie, « nombre de faits de géographie animale et végétale rendaient vraisemblable l'existence de ce continent au sud de l'Inde ».  Cette théorie surprenante - mais prise au sérieux à l'époque - venait de l’avocat et zoologiste britannique Philip Lutley Sclater (1864). Ce dernier n'a pas produit de carte et situe la Lémurie de manière très approximative entre l'océan Indien et l'océan Pacifique. Ce continent aurait été englouti sous la mer, mais cela permettrait d'expliquer la présence de Lémuriens de part et d'autre de l'océan Indien. William Thomas Blandford (biologiste anglais) accrédite l’idée que les îles de l’océan Indien correspondraient aux sommets les plus élevés de ce grand continent. Pour Émile-Félix Gautier qui publie Madagascar, un essai de géographie physique (1902), « si Lemuria n'était pas un continent, ce devait être un archipel ».

Ce mythe du continent englouti se retrouve dans l'ouvrage publié à titre posthume par Jules Hermann en 1927 "Les révélations du grand océan" qui évoque la Lémurie, un continent qui se serait étendu de Madagascar à l'Inde. Jules Hermann (1846-1924), scientifique autodidacte, homme politique et écrivain de La Réunion consacrera une grande partie de sa vie à chercher des preuves indubitables de la Lémurie.

Les révélations du grand océan par Jules Hermann - 1927 (source : Gallica)


A l’appui de sa spéculation, Hermann apporte toutes sortes de rapprochements possibles dans le relief, le sous-sol, la faune, la flore, soit observés directement, soit repris d’après des témoignages. Et Hermann de s’entourer des plus hautes cautions, dont le géographe Elisée Reclus.

Les révélations du grand océan par Jules Hermann - 1927 (source : Gallica)


Ernst Haeckel ne parlait que de "continent hypothétique". C'est Jules Hermann qui infère, à partir des descriptions d'Elisée Reclus, l'existence de la Lémurie. C'est le point de départ d'une puissante source d'inspiration littéraire à La Réunion et dans l'océan Indien jusqu'à aujourd'hui. 

C'est aussi le rêve ou l'ambition pour les Indianocéaniens d'inverser le fait colonial en faisant provenir les Européens eux-mêmes de ce continent originel. L'oeuvre de Jules Hermann est à lire absolument pour l'inversion des représentations quant aux racines culturelles de l'Europe. Pour lui, "Ce n’est pas un jardin de racines grecques qu’il nous faudrait mettre aux mains de nos écoliers mais bien celui des racines madécasses ou océaniennes, racines lumineuses pour les peuples de l’Europe entière" (cité par Martine Mathieu).

L'influence de l'oeuvre de Jules Hermann se retrouve dans le manuel scolaire que publie son cousin Paul Hermann en 1924. Instituteur aux Avirons, ce dernier publie plusieurs cartes et manuels scolaires où figure "le continent austral". Selon lui, La Réunion formerait "un seul pays avec l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'est de Madagascar et l'Indoustan" (sic). Quand les manuels scolaires reflètent les représentations d'une époque.

Extrait du manuel scolaire La Réunion au cours élémentaire par Paul Hermann (1924, p. 9)



La Lémurie continue encore aujourd'hui à alimenter l'imaginaire, notamment dans le monde de la fantasy (voir cette belle carte décorative) ou encore dans le domaine de l'art et de la littérature. Elle est parfois associée à Mu, un autre continent mythique ou « perdu », localisé plutôt dans le Pacifique. La Lémurie est un peu l'équivalent du mythe de l'Atlandide auquel l'associe le théosophe William Scott-Elliot dans un ouvrage de 1904. L’hypothèse lémurienne sera progressivement abandonnée avec la théorie de la dérive des continents de Wegener (1912) qui s'imposera seulement à partir des années 1960. Aujourd'hui la distribution des Lémuriformes est expliquée par la séparation du continent Gondwana. Après avoir été un sujet de controverse scientifique, la Lémurie va trouver ses plus fervents partisans dans les milieux occultistes (voir cette vidéo). Certaines mouvances théosophiques et New Age la présentent encore comme une vérité (Bing, 2016).

Carte de la Lémurie (en rouge) surimposée aux continents actuels selon le théosophe William Scott-Elliot 
dans The Story of Atlantis and Lost Lemuria (1904)


ll serait vain de vouloir établir une liste exhaustive de tous les auteurs qui ont traité de la Lémurie. Jean-François Theys propose une Chronologie du concept de Lémurie à travers ses auteurs les plus marquants.

Références


Le monde de l'Internet en 2021 représenté comme un planisphère par Martin Vargic


Après un an de travail, le jeune designer slovaque Martin Vargic présente sa nouvelle carte de l'Internet en 2021. Cette carte est à découvrir en très haute résolution sur le site Halcyon Maps. Plus de 10 000 noms sur ce planisphère à l'ancienne qui cartographie les sites web comme des pays et des continents. Une diversité et un foisonnement à l'image du Net d'aujourd'hui (dominé malgré tout par quelques géants).

Aperçu du monde de l'Internet en 2021 par Martin Vargic (source : © Halcyon Maps)


Ce planisphère qui figure la diversité de l'Internet mondial est d'une richesse incroyable, on pourrait passer des heures à l'observer. Il représente les sites web en fonction de leur popularité sur la période 2020-21 à partir des données fournies par le site Alexa qui fournit des statistiques sur le trafic web mondial. L'auteur Martin Vargic n'en est pas à son premier coup d'essai puisqu'il avait déjà réalisé une carte du Web mondial en 2014 (inspirée elle-même de la carte des communautés en ligne de Randall Munroe). Mais cette mise à jour est d'un niveau de détails beaucoup plus élevé. Elle comprend des milliers de sites web représentés comme des « pays » formant des régions et des continents regroupés entre eux par thématiques (« nouveaux sites », « moteurs de recherche », « réseaux sociaux », « commerces en ligne », « divertissement pour adultes », « partage de fichiers », « sociétés de logiciels »...).

Zoom sur la carte faisant apparaître les "pays" et "continents" (source : © Halcyon Maps)



Martin Vargic, qui aime à croiser cartographie et graphisme d’information, s'est inspiré de vieux planisphères. Les couleurs reproduisent celles de chaque site en fonction de leur interface ou de leur logo. L'auteur y a ajouté des milliers de noms correspondant à des fondateurs et des personnalités du Web qui apparaissent comme des capitales, des villes ou des villages. Les montagnes, les collines, les mers et les vallées représentent différents aspects de la culture Internet et de l'informatique en général. Près d'une centaine de pionniers de l'Internet et de l'informatique figurent également sur la carte à travers les noms donnés aux rifts sous-marins. 

Au centre de la carte, on retrouve bien sûr les grands fournisseurs d'accès (FAI), les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, qui constituent l'épine dorsale de la Toile. Google détient le titre de site web le plus populaire d'Internet depuis 2010. Il arrive en première position. Son poids est écrasant, surtout si on y ajoute toutes les plateformes qui dépendent de l'entreprise (notamment YouTube qui arrive en 2e position). Mais la Chine n'est pas loin désormais. Le 3e site web en haut du classement est Tmall, une plateforme chinoise de commerce électronique détenue par le groupe Alibaba. Elle est suivie par trois autres sites chinois : Baidu (4e), QQ.com (5e) et Sohu (6e). Facebbok arrive en 7e position suivi par Taobao (8e) et Amazon (9e). De fait le classement des 10 premiers sites web témoigne des rivalités entre les Etats-Unis et la Chine. Loin de constituer un territoire virtuel et à part, Internet reflète la hiérarchie des puissances dans le monde. Que serait par ailleurs Internet sans son continent mystérieux le « Dark web » qui figure à l'extrême sud de la carte (vers l'Antarctique) ? On notera que Wikipedia est localisé dans le grand Nord (vers l'Arctique) : le symbole d'une emprise encore forte des pays du Nord dans la production et la circulation des savoirs ?

Le « Dark web » à l'extrémité sud de la carte comme un continent inaccessible (source : © Halcyon Maps)


Les six cartes thématiques qui figurent en cartons au bas du planisphère viennent donner du sens à l'ensemble. Les deux cartes représentant le pourcentage d'internautes par pays témoignent des fortes inégalités dans l'accès à Internet, malgré des progrès évidents entre 2006 et 2020. La carte concernant le coût de revient et celle portant sur les vitesses moyennes de connexion permettent d'aborder la fracture numérique au delà de la simple question de l'accès, tandis que les deux cartes sur les réseaux sociaux et sur la surveillance sur Internet renvoient à la question des libertés (de navigation ou d'opinion). Le cadre entourant la carte principale est également agrémenté de statistiques concernant les principales langues utilisés sur Internet, les sites web bloqués par la Chine ou encore les jeux vidéo les plus vendus.

Si vous avez un peu de temps, n'hésitez pas à aller observer les détails incroyables de cette carte et à chercher à interpréter les distances et les proximités (symboliques) entre ces sites comme le faisait déjà la carte des réseaux sociaux de Munroe (2010) qui mettait en évidence l'emprise et la concurrence territoriales de ces géants du Web. Dans les années à venir, la carte d'Internet risque de changer encore. Certains sites risquent de disparaître tandis que de nouveaux prendront leur place, de sorte que cette visualisation constituera une photo historique pour les générations futures qui regarderont à travers cette carte le visage de l'Internet d'autrefois. 

Références

  • Carte à télécharger en très haute résolution sur le site Halcyon Maps
  • Interview de Martin Vargic sur  le site Mymodernmet.com
  • Classement des sites web réalisé par Alexa (50 premiers sites). Voir ce site pour disposer des 500 premiers sites.
  • Autres réalisations cartographiques de Martin Varjic à découvrir sur le site Halcyon Maps. L'auteur aime les cartes couvertes de noms (voir notamment sa carte de la littérature qui contient plus de 7000 noms d'écrivains).

Lien ajouté le 30 décembre 2021


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La carte mondiale de l'Internet selon Telegeography


Comparer les densités entre pays à travers une infographie vintage de 1906

 

Dans un précédent billet, nous abordions l'intérêt des cartes par points (#dotmap) pour rendre visuellement la notion de densité. Le même principe peut être appliqué à des graphiques pour comparer des densités entre pays (#datacomparison). C'est un procédé très efficace que l'on retrouve dans un ouvrage de géographie de 1906 : son auteur John Saul y publie en annexe des tableaux de chiffres qu'il assortit de ce type de graphique.

A complete geography - John C. Saul, 1906 (Internet Archive)


Oriol Galceran a eu l'idée de s'inspirer de ce manuel de géographie pour créer une infographie vintage en l'actualisant avec des données plus récentes. 

Recréation de l'infographie de 1906 avec des données de 2018 (source : DataIsBeautiful)


La même infographie mais en version animée permet de faire des comparaisons dans le temps. Le classement des pays diffère sensiblement ainsi que les densités moyennes qui ont beaucoup augmenté depuis un siècle.


L'animation est téléchargeable au format mp4.

Depuis fort longtemps, l'enseignement de la géographie aime faire des comparaisons avec des cartes ou des données (#mapcomparison ou #datacomparison) de manière à pouvoir donner des ordres de grandeur. Cela permet de comparer des superficies, des populations... On peut s'amuser à compter combien de fois le terme "comparer" apparaît dans ce manuel de géographie : pas moins de 69 occurrences ! 

A complete geography  - John C. Saul, 1906 (Internet Archive)


Dans l'ouvrage de John Saul A complete Geography, on trouve un autre exemple de comparaison des densités dans les pays d'Asie du Sud-Est. Une datavisualisation aurait certainement été plus efficace qu'une carte par points pour comparer la grande Australie avec de petites aires insulaires.


Une autre manière originale de comparer deux hémisphères en latitude et longitude dans le même ouvrage de géographie de John Saul (1906) : la Terre est fendue en deux le long de l'Equateur ou du méridien de Greenwich de manière à faire ressortir l'axe de symétrie.



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Que valent toutes ces cartes sur Internet qui comparent des pays par leur taille ?


Cartographie autochtone - Troisième conférence Ruderman (20-22 octobre 2021)

 
Source : Barry Lawrence Ruderman Conference on Cartography 2021: Indigenous Mapping (David Rumsey Map Center)

La troisième conférence Barry Lawrence Ruderman sur la cartographie se concentre sur le thème de la cartographie autochtone. La conférence, qui se tient sous forme numérique, est organisée par le David Rumsey Map Center des bibliothèques de Stanford, qui se trouve sur les terres ancestrales de la tribu Muwekma Ohlone. Il est parrainé et co-organisé par Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc., dont la boutique est située sur la terre ancestrale des peuples Kumeyaay.

Antonio Garcia Cubas, « Image historique et hiéroglyphique du pèlerinage des tribus aztèques qui ont peuplé la vallée de Mexico. Num. I », 1858 (source : Collection de cartes de David Rumsey, bibliothèques de Stanford)


Ce thème revêt une importance primordiale car les peuples autochtones du monde entier continuent de lutter pour leur reconnaissance et leurs droits à la terre et aux ressources. Les institutions examinent de plus en plus leurs rôles dans l'expansion des empires et la colonisation. L'histoire de la rencontre coloniale avec les peuples autochtones peut être appréhendée à travers les cartes historiques, dont beaucoup ont été faites par les peuples autochtones ou grâce à leurs contributions souvent importantes mais peu connues. Aujourd'hui, les technologies cartographiques aident les groupes autochtones à surveiller les ressources, à protéger leur langue, à cartographier leur territoire, à gouverner et à fournir des preuves pour les procédures de récupération et de reconnaissance de terres. Les universitaires, dont beaucoup sont des autochtones, expriment leurs critiques et organisent leurs interventions en s'appuyant sur des documents géographiques et cartographiques.

Toutes ces dimensions concernant les cartes et la cartographie autochtones sont abordées lors de cette conférence organisée autour de trois thèmes : l'histoire des cartes et de la cartographie autochtones, les approches critiques de la géographie autochtone et les applications numériques. La conférence offre de nouvelles perspectives sur la manière dont les cartes et la cartographie sont utilisées et ont affecté les peuples autochtones dans le monde. 

  • Eric Anderson and Carrie Cornelius (Haskell Indian Nations University), Appreciating alternative approaches to map-making in Native North America.
  • Natchee Blu Barnd (Oregon State University), Indigenous installations.
  • Tom Basset (University of Illinois Urbana-Champaign), Drawing the line: The interplay of African and European mapping practices in Binger’s Carte du Haut-Niger au Golfe de Guinée par le Pays de Kong et le Mossi (1:1,000,000).
  • Carlos Eduardo Lemos Chaves (Duda) (Federal University of Goiás), Power cartography: Mapping the rights violations - Quilombola community Rio dos Macacos and the Brazilian State.
  • Marie de Rugy (University of Strasbourg), Commissioning indigenous maps. James G. Scott in Burma.
  • Vicente Diaz (University of Minnesota), Toward an Indigenous cartography with Micronesian seafaring alterity in Mni Sota Makoce.
  • Candace Fujikane (University of Hawai'i at Manoa), Elemental cartography: Kānaka Maoli restorative mapping for a changing earth.
  • Laura Harjo (University of Oklahoma), Spatializing our futurity and relationality: Mvskoke emergence geographies.
  • Mishuana Goeman (UCLA), Mapping urban communities of care in cartographic art practices.
  • Alex Hidalgo (Texas Christian University), Study of a mutilated map: Indigenous cartography out of context.
  • Rudo Kemper (Digital Democracy), On autonomy in digital approaches to participatory Indigenous mapping.
  • Edson Krenak (University of Vienna and Cultural Survival), How to map my body: Legal imagination, Indigenous activism, and using maps as weapons.
  • Christine Luckasavitch (Native Land Digital), What stories can maps tell – if we let them ?
  • Julie MacArthur (University of Toronto Mississauga), Mobile spaces: Indigenous mapping and the conquest of Eastern Africa.
  • Joshua Manitowabi (Brock University), Mapping Anishinaabe Kendaaswin: Land, truth, and treaties through oral history.
  • Peter Martin (Scott Polar Research Institute, University of Cambridge). The cartography of Kallihirua?: Inughuit abduction and Indigenous map making.
  • Santiago Muñoz-Arbeláez (University of Connecticut). Indigenous vassals. Don Diego de Torre’s maps of the New Kingdom of Granada, 1580’s.
  • Takerei Norton (Kā Huru Manu), Kā Huru Manu: My names are the treasured cloak which adorns the land.
  • Andre Reyes Novaes (Rio de Janeiro State University), Indigenous maps in the historiography of Brazilian explorations.
  • Tania Wolfgramm (GRID Pacific), TE HĀ Moana – Mapping Ocean Voices.

Les vidéos seront prochainement mises en ligne.

Résumés des communications accessible sur le site.

En complément

Hubert Mazurek (2013). Cartographie : vision ou reflet ? Une réflexion autour des « références indigènes ». L'Information géographique 2013/4 (Vol. 77), 109-148. https://www.cairn.info/revue-l-information-geographique-2013-4-page-109.htm

Territoires traditionnels. Ce site recense et cartographie les territoires autochtones ancestraux à travers le monde (notamment les réserves indiennes en Amérique du Nord).
http://territoire-traditionnel.ca/

Les cartes de cessions des peuples autochtones ont été établies par l'Administration américaine entre 1890 et 1900 afin d'établir les transferts de territoires par lesquels les peuples autochtones des États-Unis ont perdu leurs terres. La carte Invasion of America permet de voir comment les États-Unis se sont développés en direction de l'ouest en saisissant des terres amérindiennes par le biais de traités et de décrets.
http://digitreaties.org/

Le site Native Lands propose une cartographie interactive des peuples indigènes en Amérique et en Australie avec possibilité de faire des recherches par territoire, langue ou traité de cessions territoriales. Une API permet d'intégrer ces données dans son jeu de données SIG.
http://native-land.ca/

En 2017, l'Université de Newcastle en Australie a publié une carte interactive des massacres en Australie centrale et orientale (1788-1930). La carte fait partie des efforts pour enregistrer et documenter les massacres d'Australiens indigènes sur la période 1788-1930. Le Guardian a également publié une carte des massacres en Australie en utilisant les données de l'Université de Newcastle ainsi que les données que le journal a lui-même collectées en reprenant la méthodologie de l'université. Dans The names of places, l'artiste australienne Judy Watson a placé tous ces lieux de massacres sur une carte vintage d'époque coloniale.

Lien ajouté le 11 mai 2022
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3e édition du Baromètre de la cohésion des territoires (publié en octobre 2021)


Le Baromètre de la cohésion des territoires développe une approche nationale (cohésion entre les territoires), avec des comparaisons régionales et une approche locale (cohésion à l’intérieur des territoires), avec des comparaisons au niveau intercommunal, voire départemental ou par zone d’emploi, mais aussi au niveau des types de communes (denses, intermédiaires, peu denses et très peu denses). Certains indicateurs sont également présentés à l’échelle des régions européennes. Des comparaisons sont également apportées dans certains cas à l’échelle des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ces changements d'échelle sont très bénéfiques pour nuancer l'analyse même si parfois on s'y perd un peu dans les nombreux maillages utilisés dans ce type de dossier synthétique. 



Au programme de ce 3e Baromètre de la cohésion des territoires :

  • un diagnostic sur l’état de la cohésion du territoire national ;
  • 30 fiches thématiques, réalisées autour de six enjeux de cohésion (solidarité, condition de vie, coopération, capital social, capacitation, transition écologique) ;
  • des données, des analyses et des cartes avec une mise en perspectives de l’échelle locale à l’échelle européenne.


Déséquilibres démographiques
Part des personnes de 65 ans et plus
Part des personnes de 65 ans et plus en Europe

Accès au logement social
Rapport entre les demandes et les attributions de logements sociaux
Part des demandeurs d’emploi de longue durée parmi les demandeurs d’emploi de catégorie A, B et C

Emploi 
Part de la population couverte par le Revenu de solidarité active

Niveau de vie
Revenu médian disponible par unité de consommation

Revenu
Risque ressenti de devenir pauvre
 
Santé
Taux de mortalité prématurée entre 0 et 64 ans

Insertion des jeunes
Part des 15-24 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation
Part des jeunes ayant quitté prématurément le système scolaire en Europe

Qualité du logement
Taux de sur-occupation des résidences principales

Sécurité
Nombre de cambriolages pour 1 000 logements 

Qualité de vie
Surface utile (en m2) des établissements de lecture publique pour 1 000 habitants

Intensité de l'intercommunalité
Coefficient d’intégration fiscale moyen des intercommunalités

Interdépendance liée à l'emploi
Taux de couverture de l’emploi

Interdépendance économique
Part des établissements dont le siège social se situe hors de la zone d’emploi

Transferts publics
Part des retraites et des prestations sociales dans le revenu disponible

Investissement social
Nombre d’antennes d’une association employant du personnel pour 10 000 habitants

Participation aux élections
Taux de participation au premier tour des élections présidentielles

Dynamisme démographique
Taux de croissance de la population

Dynamisme de l'emploi
Taux de croissance de l’emploi

Croissance économique
PIB / habitant exprimé en Standard de pouvoir d’achat en Europe

Spécialisation fonctionnelle
Part des fonctions productives dans l’emploi 

Attractivité économique
Taux de création d’entreprises

Couverture numérique
Part de la surface d’un territoire couverte en 4G par a minima deux opérateurs

Accès aux services
Temps d’accès routier médian à un panier d’équipements de la vie courante

Niveau de formation de la population
Part des 30-34 ans diplômés de l’enseignement supérieur

Attractivité résidentielle
Taux d’évolution annuel de la population due au solde migratoire apparent

Préservation de l'environnement
Taux de croissance annuel moyen de l’artificialisation des sols 

Articles connexes






Traces GPS et suivi des déplacements d'animaux


1) Pourquoi tracer les déplacements d'animaux ?

Comme le souligne Farid Benhamou qui s'est intéressé à la géographie et à la protection du loup, « l'amélioration fulgurante des techniques de traçage ces dernières décennies, du suivi radio à l'usage de satellites, a permis non seulement d'améliorer les connaissances mais souvent de revoir totalement les hypothèses de départ sur le comportement de certains animaux ». 

Dans leur atlas Where the Animals Go. Tracking wildlife with technology in 50 maps and graphics, James Cheshire et Oliver Uberti dressent la carte des déplacements des animaux sauvages dans le but de mieux les protéger. Des GPS pour suivre les animaux à l’Atlas (Libération).

GPS, drones, radars… au service de la vie sauvage ! (France Culture)

Le journal Le Monde a consacré en 2018 une série de six épisodes à la vie secrète des animaux qui peuvent désormais être suivis dans tous leurs déplacements grâce à des appareils GPS :


Mais il arrive que ces données soient utilisées à d'autres fins. Photographes, pêcheurs ou simples touristes mettent parfois en danger des animaux en piratant les balises qui servent normalement à les suivre à des fins de recherche scientifique :
  • Le "cyberbraconnage", une menace pour les animaux (Géo)
  • Cyberbraconnage : les braconniers piratent les balises GPS des animaux (dessin humoristique de Ben)

2) Bases de données et exemples d'applications

Movebank est une base de données en ligne qui recense des traces GPS d'animaux (oiseaux, loups, baleines, caribous,...). Elle aide les chercheurs à suivre des animaux, à gérer, partager, protéger, analyser et archiver leurs données (compte Twitter : @MovebankTeam).



Ocearch Shark Tracker permet de suivre la trace GPS de différentes espèces de requins. Intéressant pour comparer leurs traces de navigation. Avec parfois des artefacts liés à la rupture de signal GPS. 



Utiliser des données de suivi d'animaux dans QGIS

Obis-Seamap suit la répartition des animaux marins dans le monde. Voir notamment la migrations du sterne arctique.

FishID est un outil développé par le Global Wetlands Project. Il utilise l'intelligence artificielle sous forme d'apprentissage automatique pour identifier et compter les poissons.

Animal Tracker est une application gratuite qui peut être installée sur smartphones pour suivre soi-même des animaux.

L’incroyable voyage du bouquetin Sirac dans les Alpes (Parc des Ecrins).

Traces de loups en Amérique du Nord (Voyageurs Wolf Project).

Un loup errant (OR-93) est retrouvé tué par une voiture dans le sud de la Californie après un voyage de 1 000 milles depuis le nord de l'Oregon (Monterey Herald).

Traces GPS d'un aigle suivi pendant 20 ans au Moyen-Orient (MapPorn).

Une femelle faucon équipée d'un système de géolocalisation en Afrique du Sud a pu être suivie tout au long de sa migration jusqu'en Finlande. En 42 jours, elle a parcouru plus de 10 000 km, ce qui représente une moyenne de 230 km par jour, presque en ligne droite.


La migration des oiseaux se passe surtout la nuit, elle peut être suivie à travers des données radars.

Bien avant l'invention du GPS, comment les lettres d'un médecin de bord du XIXe siècle ont-elles pu fournir des informations sur les oiseaux du Cap de Bonne-Espérance et de l'océan Indien ?
https://storymaps.arcgis.com/stories/8cf4caabc0ca46e686d6db9a207088e7

Migration des tortues vertes dans l'ouest de l'océan Indien :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982220307739



L'Université arctique de Norvège dirige le projet Whaletrack qui vise à cartographier différents aspects du comportement migratoire des baleines à bosse pendant et après leur arrivée sur la côte et les fjords du nord de la Norvège. 
http://en.uit.no/prosjekter/prosjekt?p_document_id=505966


Carte animée montrant une baleine bleue suivie par GPD et cherchant à éviter les navires tout en essayant de se nourrir. Les données de la carte proviennent d'un projet de recherche visant à définir des zones prioritaires pour la conservation du rorqual bleu.
https://twitter.com/simongerman600/status/1358099479770103813

En près de cinq ans, une gazelle en Mongolie a effectué un voyage remarquable d'au moins 18 000 kilomètres (Scientific American)
http://www.scientificamerican.com/article/gazelle-traveled-distance-of-nearly-half-earths-circumference-in-five-years/

Protecting blue corridors Report (WWF) visualise les traces satellites de 845 baleines migratrices dans le monde. Le rapport décrit comment les baleines sont confrontées à des menaces multiples et croissantes dans leurs habitats océaniques – les zones où elles se nourrissent, s'accouplent, donnent naissance et allaitent leurs petits – et le long de leurs autoroutes de migration, ou « couloirs bleus ».




Jean Estebanez, Emmanuel Gouabault and Jérôme Michalon (2013). « Où sont les animaux ? Vers une géographie humanimale », Carnets de géographes.

Sébastien Caillault, Véronique Beaujouan (2021). Observer les oiseaux dans une métropole verte. Essor et diversification d’une pratique discrète de loisir de nature. Atlas social de la métropole nantaise.