Cartographie autochtone - Troisième conférence Ruderman (20-22 octobre 2021)

 
Source : Barry Lawrence Ruderman Conference on Cartography 2021: Indigenous Mapping (David Rumsey Map Center)

La troisième conférence Barry Lawrence Ruderman sur la cartographie se concentre sur le thème de la cartographie autochtone. La conférence, qui se tient sous forme numérique, est organisée par le David Rumsey Map Center des bibliothèques de Stanford, qui se trouve sur les terres ancestrales de la tribu Muwekma Ohlone. Il est parrainé et co-organisé par Barry Lawrence Ruderman Antique Maps Inc., dont la boutique est située sur la terre ancestrale des peuples Kumeyaay.

Antonio Garcia Cubas, « Image historique et hiéroglyphique du pèlerinage des tribus aztèques qui ont peuplé la vallée de Mexico. Num. I », 1858 (source : Collection de cartes de David Rumsey, bibliothèques de Stanford)


Ce thème revêt une importance primordiale car les peuples autochtones du monde entier continuent de lutter pour leur reconnaissance et leurs droits à la terre et aux ressources. Les institutions examinent de plus en plus leurs rôles dans l'expansion des empires et la colonisation. L'histoire de la rencontre coloniale avec les peuples autochtones peut être appréhendée à travers les cartes historiques, dont beaucoup ont été faites par les peuples autochtones ou grâce à leurs contributions souvent importantes mais peu connues. Aujourd'hui, les technologies cartographiques aident les groupes autochtones à surveiller les ressources, à protéger leur langue, à cartographier leur territoire, à gouverner et à fournir des preuves pour les procédures de récupération et de reconnaissance de terres. Les universitaires, dont beaucoup sont des autochtones, expriment leurs critiques et organisent leurs interventions en s'appuyant sur des documents géographiques et cartographiques.

Toutes ces dimensions concernant les cartes et la cartographie autochtones sont abordées lors de cette conférence organisée autour de trois thèmes : l'histoire des cartes et de la cartographie autochtones, les approches critiques de la géographie autochtone et les applications numériques. La conférence offre de nouvelles perspectives sur la manière dont les cartes et la cartographie sont utilisées et ont affecté les peuples autochtones dans le monde. 

  • Eric Anderson and Carrie Cornelius (Haskell Indian Nations University), Appreciating alternative approaches to map-making in Native North America.
  • Natchee Blu Barnd (Oregon State University), Indigenous installations.
  • Tom Basset (University of Illinois Urbana-Champaign), Drawing the line: The interplay of African and European mapping practices in Binger’s Carte du Haut-Niger au Golfe de Guinée par le Pays de Kong et le Mossi (1:1,000,000).
  • Carlos Eduardo Lemos Chaves (Duda) (Federal University of Goiás), Power cartography: Mapping the rights violations - Quilombola community Rio dos Macacos and the Brazilian State.
  • Marie de Rugy (University of Strasbourg), Commissioning indigenous maps. James G. Scott in Burma.
  • Vicente Diaz (University of Minnesota), Toward an Indigenous cartography with Micronesian seafaring alterity in Mni Sota Makoce.
  • Candace Fujikane (University of Hawai'i at Manoa), Elemental cartography: Kānaka Maoli restorative mapping for a changing earth.
  • Laura Harjo (University of Oklahoma), Spatializing our futurity and relationality: Mvskoke emergence geographies.
  • Mishuana Goeman (UCLA), Mapping urban communities of care in cartographic art practices.
  • Alex Hidalgo (Texas Christian University), Study of a mutilated map: Indigenous cartography out of context.
  • Rudo Kemper (Digital Democracy), On autonomy in digital approaches to participatory Indigenous mapping.
  • Edson Krenak (University of Vienna and Cultural Survival), How to map my body: Legal imagination, Indigenous activism, and using maps as weapons.
  • Christine Luckasavitch (Native Land Digital), What stories can maps tell – if we let them ?
  • Julie MacArthur (University of Toronto Mississauga), Mobile spaces: Indigenous mapping and the conquest of Eastern Africa.
  • Joshua Manitowabi (Brock University), Mapping Anishinaabe Kendaaswin: Land, truth, and treaties through oral history.
  • Peter Martin (Scott Polar Research Institute, University of Cambridge). The cartography of Kallihirua?: Inughuit abduction and Indigenous map making.
  • Santiago Muñoz-Arbeláez (University of Connecticut). Indigenous vassals. Don Diego de Torre’s maps of the New Kingdom of Granada, 1580’s.
  • Takerei Norton (Kā Huru Manu), Kā Huru Manu: My names are the treasured cloak which adorns the land.
  • Andre Reyes Novaes (Rio de Janeiro State University), Indigenous maps in the historiography of Brazilian explorations.
  • Tania Wolfgramm (GRID Pacific), TE HĀ Moana – Mapping Ocean Voices.

Les vidéos seront prochainement mises en ligne.

Résumés des communications accessible sur le site.

En complément

Hubert Mazurek (2013). Cartographie : vision ou reflet ? Une réflexion autour des « références indigènes ». L'Information géographique 2013/4 (Vol. 77), 109-148. https://www.cairn.info/revue-l-information-geographique-2013-4-page-109.htm

Territoires traditionnels. Ce site recense et cartographie les territoires autochtones ancestraux à travers le monde (notamment les réserves indiennes en Amérique du Nord).
http://territoire-traditionnel.ca/

Les cartes de cessions des peuples autochtones ont été établies par l'Administration américaine entre 1890 et 1900 afin d'établir les transferts de territoires par lesquels les peuples autochtones des États-Unis ont perdu leurs terres. La carte Invasion of America permet de voir comment les États-Unis se sont développés en direction de l'ouest en saisissant des terres amérindiennes par le biais de traités et de décrets.
http://digitreaties.org/

Le site Native Lands propose une cartographie interactive des peuples indigènes en Amérique et en Australie avec possibilité de faire des recherches par territoire, langue ou traité de cessions territoriales. Une API permet d'intégrer ces données dans son jeu de données SIG.
http://native-land.ca/

En 2017, l'Université de Newcastle en Australie a publié une carte interactive des massacres en Australie centrale et orientale (1788-1930). La carte fait partie des efforts pour enregistrer et documenter les massacres d'Australiens indigènes sur la période 1788-1930. Le Guardian a également publié une carte des massacres en Australie en utilisant les données de l'Université de Newcastle ainsi que les données que le journal a lui-même collectées en reprenant la méthodologie de l'université. Dans The names of places, l'artiste australienne Judy Watson a placé tous ces lieux de massacres sur une carte vintage d'époque coloniale.

Articles connexes