Traces GPS et suivi des déplacements d'animaux


1) Pourquoi tracer les déplacements d'animaux ?

Comme le souligne Farid Benhamou qui s'est intéressé à la géographie et à la protection du loup, « l'amélioration fulgurante des techniques de traçage ces dernières décennies, du suivi radio à l'usage de satellites, a permis non seulement d'améliorer les connaissances mais souvent de revoir totalement les hypothèses de départ sur le comportement de certains animaux ». 

Dans leur atlas Where the Animals Go. Tracking wildlife with technology in 50 maps and graphics, James Cheshire et Oliver Uberti dressent la carte des déplacements des animaux sauvages dans le but de mieux les protéger. Des GPS pour suivre les animaux à l’Atlas (Libération).

GPS, drones, radars… au service de la vie sauvage ! (France Culture)

Le journal Le Monde a consacré en 2018 une série de six épisodes à la vie secrète des animaux qui peuvent désormais être suivis dans tous leurs déplacements grâce à des appareils GPS :


Mais il arrive que ces données soient utilisées à d'autres fins. Photographes, pêcheurs ou simples touristes mettent parfois en danger des animaux en piratant les balises qui servent normalement à les suivre à des fins de recherche scientifique :
  • Le "cyberbraconnage", une menace pour les animaux (Géo)
  • Cyberbraconnage : les braconniers piratent les balises GPS des animaux (dessin humoristique de Ben)

2) Bases de données et exemples d'applications

Movebank est une base de données en ligne qui recense des traces GPS d'animaux (oiseaux, loups, baleines, caribous,...). Elle aide les chercheurs à suivre des animaux, à gérer, partager, protéger, analyser et archiver leurs données (compte Twitter : @MovebankTeam).



Ocearch Shark Tracker permet de suivre la trace GPS de différentes espèces de requins. Intéressant pour comparer leurs traces de navigation. Avec parfois des artefacts liés à la rupture de signal GPS. 



Utiliser des données de suivi d'animaux dans QGIS

Obis-Seamap suit la répartition des animaux marins dans le monde. Voir notamment la migrations du sterne arctique.

FishID est un outil développé par le Global Wetlands Project. Il utilise l'intelligence artificielle sous forme d'apprentissage automatique pour identifier et compter les poissons.

Animal Tracker est une application gratuite qui peut être installée sur smartphones pour suivre soi-même des animaux.

L’incroyable voyage du bouquetin Sirac dans les Alpes (Parc des Ecrins).

Les déplacements d’ours dans le parc de Yellowstown varient tout au long de leur vie. Certains ne s'éloignent jamais d'un même lieu, tandis que d'autres cherchent ailleurs de la nourriture ou d'autres compagnons. Cette carte suit les déplacements sur 30 miles d'un ours pendant un mois qui a traversé des rivières, des routes et autoroutes et s'est aventuré parmi des communautés locales. Le GPS est utilisé depuis très longtemps dans le parc de Yellowstown pour étudier les populations de grizzlis et assurer aussi la sécurité des visiteurs (voir par exemple cette étude avec données SIG). D'autres animaux sont suivis par GPS notamment les élans.

En près de cinq ans, une gazelle en Mongolie a effectué un voyage remarquable d'au moins 18 000 kilomètres (Scientific American)
http://www.scientificamerican.com/article/gazelle-traveled-distance-of-nearly-half-earths-circumference-in-five-years/

Traces de loups en Amérique du Nord (Voyageurs Wolf Project).

Un loup errant (OR-93) est retrouvé tué par une voiture dans le sud de la Californie après un voyage de 1 000 milles depuis le nord de l'Oregon (Monterey Herald).

Traces GPS d'un aigle suivi pendant 20 ans au Moyen-Orient (MapPorn).

Une femelle faucon équipée d'un système de géolocalisation en Afrique du Sud a pu être suivie tout au long de sa migration jusqu'en Finlande. En 42 jours, elle a parcouru plus de 10 000 km, ce qui représente une moyenne de 230 km par jour, presque en ligne droite.


La migration des oiseaux se passe surtout la nuit, elle peut être suivie à travers des données radars.

Bien avant l'invention du GPS, comment les lettres d'un médecin de bord du XIXe siècle ont-elles pu fournir des informations sur les oiseaux du Cap de Bonne-Espérance et de l'océan Indien ?
https://storymaps.arcgis.com/stories/8cf4caabc0ca46e686d6db9a207088e7

Migration des tortues vertes dans l'ouest de l'océan Indien :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982220307739



L'Université arctique de Norvège dirige le projet Whaletrack qui vise à cartographier différents aspects du comportement migratoire des baleines à bosse pendant et après leur arrivée sur la côte et les fjords du nord de la Norvège. 
http://en.uit.no/prosjekter/prosjekt?p_document_id=505966


Carte animée montrant une baleine bleue suivie par GPD et cherchant à éviter les navires tout en essayant de se nourrir. Les données de la carte proviennent d'un projet de recherche visant à définir des zones prioritaires pour la conservation du rorqual bleu.
https://twitter.com/simongerman600/status/1358099479770103813

Protecting blue corridors Report (WWF) visualise les traces satellites de 845 baleines migratrices dans le monde. Le rapport décrit comment les baleines sont confrontées à des menaces multiples et croissantes dans leurs habitats océaniques – les zones où elles se nourrissent, s'accouplent, donnent naissance et allaitent leurs petits – et le long de leurs autoroutes de migration, ou « couloirs bleus ».



Le Galapagos Whale Shark Project a marqué 8 requins baleines en août et septembre 2021 et les a suivis jusqu'en février 2022 dans le but d'évaluer les facteurs écho-géographiques sur cette espèce.

Jean Estebanez, Emmanuel Gouabault and Jérôme Michalon (2013). « Où sont les animaux ? Vers une géographie humanimale », Carnets de géographes.

Sébastien Caillault, Véronique Beaujouan (2021). Observer les oiseaux dans une métropole verte. Essor et diversification d’une pratique discrète de loisir de nature. Atlas social de la métropole nantaise.