Intérêt et limites du zonage en aires urbaines


Le Zonage en Aires Urbaines (ZAU) a été élaboré par l'INSEE dans les années 1990 afin de mieux appréhender et mesurer l'étalement urbain. Son principal intérêt est de permettre de sortir de l'approche classique des territoires administratifs et de proposer une approche fonctionnelle des territoires. L'aire urbaine n'est cependant pas le seul territoire fonctionnel, il en existe d'autres tels que les unités urbaines, les zones d'emploi, les bassins de vie (voir les découpages d'étude proposés par l'INSEE).

L'INSEE définit l'aire urbaine comme un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes avoisinantes. Cette définition associe un critère morphologique (la continuité du bâti) et un critère fonctionnel (la mobilité liée à l'emploi). Elle a tendance à mettre l'accent sur les navettes domicile-travail qui est l'un des critères de l'étalement urbain, mais non le seul. Bien qu'il s'agisse de dépasser les limites administratives, la maille utilisée pour appréhender le phénomène urbain reste malgré tout la commune.

En 2010, l'INSEE revoit et affine son découpage en distinguant  entre les grandes, les moyennes et les petites aires urbaines, en fonction de leurs nombres d'emplois (plus de 10 000, de 5000 à 10 000 et de 1 500 à 5 000 emplois). Cette définition des aires urbaines (2010) est devenue une référence au point qu'on la retrouve dans beaucoup d'études géographiques et même dans les manuels scolaires. Elle introduit une classification qui renforce le critère de l'emploi, ce que l'on a tendance à oublier lorsqu'on l'utilise (voir la page consacrée à la définition des aires urbaines 2010 sur le site de l'INSEE).

En 2018, l'INSEE met à disposition sur son site un autre zonage en aires urbaines qui vient compléter et en partie renouveler le zonage de 2010. Il s'agit des aires urbaines définies dans le cadre de l'Audit urbain réalisé au niveau européen  (voir les aires urbaines Eurostat). En quoi consiste ce "nouveau" découpage par rapport au découpage de l'INSEE (2010) ? Comment utiliser ces deux zonages de manière pertinente ? Quel intérêt et quelles limites des découpages par aires urbaines de manière générale ?


1) En quoi consiste le zonage en aires urbaines proposé par Eurostat ?

Le principal intérêt de ce découpage est de fournir une base statistique commune pour l'ensemble des aires urbaines à l'échelle européenne. Ce découpage n'est pas en soi nouveau. Il a été élaboré progressivement dans le cadre de l'Audit urbain. L'Union européenne réalise depuis 2006 un suivi de toutes les villes possédant un centre urbain d’au moins 50 000 habitants (les "cities"). Les données statistiques sont produites dans le cadre d'Eurostat, principalement à deux niveaux géographiques :
  • Au niveau des "cities" : une city se compose d'une ou plusieurs communes dont la majorité de la population vit dans un centre urbain d'au moins 50 000 habitants ; la notion de centre urbain faisant appel à l’utilisation d’une grille de densité de la population constituée de carreaux de 1 km² qui permet d’identifier les grappes de carreaux de 1 500 habitants et plus, contigus. En l'absence de grille de densité sur les territoires ultramarins à l’exception de La Réunion et de la Martinique, l'identification des "cities" a consisté à repérer les communes de densité supérieure à 1 500 hab/km² et de population supérieure à 50 000 habitants.
  • Au niveau des aires urbaines fonctionnelles (FUA) : chaque city se voit ensuite attribuer une zone de navettage constituée de toutes les communes qui lui envoient un pourcentage de leurs actifs en emploi dont le seuil a été fixé à 15 %, sauf lorsqu’elle-même envoie 15 % ou plus de ses actifs en emploi vers une autre city. Le regroupement d’une city et de sa zone de navettage forme une aire urbaine fonctionnelle (FUA).

L'avantage du découpage en "cities" est de réintroduire un critère de densité urbaine donnant à voir les lieux où la population est la plus agglomérée sur le territoire. En ce qui concerne les aires urbaines fonctionnelles, elles rejoignent en partie les ZAU de l'INSEE, mais avec un seuil différent (15% au lieu de 40% de navetteurs et en direction d'une ville d'au moins 50 000 habitants). A terme, les aires urbaines fonctionnelles devraient être intégrées à la nomenclature des NUTS et ajoutées comme nouveau niveau aux trois niveaux existants : NUTS 1 (pays), NUTS 2 (grandes régions) et NUTS 3 (sous-régions). L'INSEE met à disposition ces fichiers à l'échelle de la France métropolitaine et des départements  d'outre-mer. Les explications détaillées et les fonds de carte des ZAU définies par Eurostat sont fournis sur le site de l'INSEE (contours téléchargeables au format shp).

Au total ce sont 73 "cities" métropolitaines et ultramarines qui ont été définies pour la France à partir de communes de densité 1 (plus de 50% de la population dans un centre urbain de densité supérieure à 1 500 habitants par km2)


Le zonage en cities et en aires urbaines fonctionnelles proposé par Eurostat


Le centre urbain parisien présente une spécificité liée à son étendue qui a justifié la création d’une "greater city". Selon la définition d’Eurostat, une greater city est une notion se rapprochant de celle de centre urbain lorsque celui-ci s’étend au-delà des frontières administratives de la city. Il est possible, en pareil cas, de redéfinir au sein de la "greater city" une ou des sous-partie(s) pour répondre à un besoin particulier. Une sous-partie appelée "part of greater city", avec un contour très proche de celui de l’EPCI « Métropole du Grand Paris » (à deux communes près), a donc également été créée. Pour en savoir plus : consulter la méthode de construction des cities et aires urbaines fonctionnelles (FUA).

Le zonage en "greater city" pour les grandes aires urbaines


Les "cities" définies selon la méthode Eurostat sont beaucoup plus compactes que les unités urbaines grâce au critère de densité (en dehors même des "greater cities" qui constituent un cas spécifique). Il y a là matière à explorer en utilisant des données statistiques pour voir si ce découpage en "cities" proposé par Eurostat apporte des éléments de différenciation des aires urbaines en ce qui concerne leur zone centre densifiée.


2) Comment utiliser et comparer le zonage de l'INSEE et celui d'Eurostat ?

Si on compare le zonage en aires urbaines de l'INSEE au zonage en aires urbaines fonctionnelles d'Eurostat, on ne voit pas de très grandes différences. Pour Paris notamment, la coïncidence entre les deux est presque parfaite. Dans le détail, les principales  différences concernent les couronnes péri-urbaines qui sont plus étendues en ce qui concerne l'INSEE. On touche là à la question de savoir quelles sont les franges de l'urbain. Dans sa définition, l'INSEE englobe davantage de communes rurales sous influence urbaine. Elle a cependant ajouté un degré de ruralité à la typologie européenne des densités afin de cibler les communes peu, voire très peu denses (INSEE, 2015). Bien qu'il utilise un taux de mobilité plus bas (15% au lieu de 40%), le service Eurostat se limite aux villes de plus de 50 000 habitants. La typologie de l'INSEE reste très utile pour travailler sur des petites et moyennes aires urbaines inférieures à 10 000 emplois.

Comparaison entre le Zonage Aires Urbaines de l'INSEE et le zonage FUA d'Eurostat

L'avantage d'un zonage harmonisé à l'échelle européenne est de pouvoir comparer les caractéristiques des aires urbaines françaises et de leurs zones centres avec celles d'autres pays européens. Depuis 2012, l'Union européenne propose une typologie des aires urbaines comme le montre cette carte mise à disposition sur le site d'Eurostat.


La carte des cities et FUA est accessible également à travers le visualiseur SIG fourni par Eurostat. Les FUA représentent 275 villes de l'Union européenne.




3) Quel intérêt et quelles limites des découpages par aires urbaines de manière générale ?

Le principal intérêt des aires urbaines est de mettre en évidence les déplacements domicile-travail. Voici par exemple une carte représentant ces navettages : on observe qu'ils s'organisent pour la plupart à l'échelle des aires urbaines. La carte a été réalisée avec l'outil en ligne Magrit qui permet de faire des cartes de liens (en oursins) entre communes à partir de leur géocentre (voir le tutoriel). Les données correspondent  à des données de recensement de 2014 concernant les mobilités professionnelles domicile - travail.

Ces flux de mobilité des déplacements domicile-travail contribuent à la structuration des aires urbaines, ce qui n’empêche pas de porter un regard critique sur une telle approche ainsi que le préconise Jean-Marc Zaninetti dans un article « Les déplacements domicile-travail structurent-ils encore les territoires ? » paru en septembre 2017 dans la revue en ligne M@ppemonde. Les aires urbaines sont multipolaires et de centralités différentes selon le type de navetteur comme le montre par ailleurs cette fiche d'analyse publiée par l'Observatoire des territoires en 2015.

En l'absence de données précises sur les flux, certains auteurs proposent d'utiliser d'autres critères pour délimiter l'aire urbaine comme par exemple les temps de transport. Guérois & alii (2016) proposent une cartographie en isochrones permettant de mettre en évidence l'accessibilité. Voici par exemple la comparaison entre les aires urbaines fonctionnelles et l'accessibilité réelle mesurée en temps de transport pour Barcelone, Paris et Berlin.




Dans sa thèse Modélisation multi-échelles de la morphologie urbaine à partir de données carroyées de population et de bâti (2015), Johanna Baro s'est intéressée aux classifications de tissus urbains et à la détermination de morphotypes de développement urbain à partir de 50 aires urbaines françaises. Sur le site Du pixel au chorème, Johanna Baro et Etienne Côme donnent à explorer la structuration de ces aires urbaines à partir de trois variables : la population issue des données carroyées de l'INSEE ; la surface bâtie et l'entropie des surfaces bâties calculée par agrégation des bâtiments issus de la BD Topo de l'IGN. Ces variables fournissent une image de la configuration morphologique des aires urbaines : elles permettent de caractériser l'organisation d'espaces bâtis différenciés par leur forme et leur fonction.
 


Le projet e-Géopolis retient également le critère morphologique pour définir les agglomérations : "une agglomération urbaine est une unité bâtie sans discontinuité de plus de 200 mètres entre deux bâtiments et qui compte au moins 10 000 habitants". Les limites des agglomérations sont identifiées à partir d’images satellitaires et de cartes topographiques. Les données concernant les tâches urbaines sont rassemblées au sein de l'Atlas mondial élaboré par Géopolis.

Une autre manière de représenter l'étalement urbain est de mesurer la distance à parcourir pour accéder aux grandes surfaces (supermarchés ou hypermarchés). C'est l'étude conduite par Nadine Polombo et Jean-Marie Beauvais à partir des estimations carroyées de population (2010). Lire l'article.



INSEE analyses consacre un numéro récent (décembre 2018) à l'étude des zones d'emploi à partir du cas de l'Ile de France. Les relations entre centres de décision et établissements permettent de hiérarchiser les territoires. La moitié des emplois de la sphère productive dépend d’un centre de décision extérieur à la zone d’emploi. L’Île-de-France est au cœur de ce réseau de relations. Ses zones d’emploi entretiennent des liens privilégiés avec l’étranger, traduisant le rôle de « ville globale » de l’agglomération parisienne. Elles sont également au cœur d’un réseau radial caractérisé par des relations fortes, mais dissymétriques entre l’Île-de-France et les métropoles. Les liens entre métropoles de province sont de moindre ampleur et n’ont pas un rôle aussi structurant. Néanmoins, les métropoles les plus importantes entretiennent des relations privilégiées avec les zones d’emploi voisines.

Dans les manuels scolaires, les aires urbaines sont utilisées essentiellement pour montrer l'étalement urbain et la structuration des espaces urbains par les réseaux de transport. Voici par exemple une carte d'un manuel de géographie de Troisième qui présente l'extension des espaces urbains pour la ville de Lyon entre 1955 et 2011. C'est la référence de 2010 qui a été choisie alors que les définitions de l'aire urbaine ont elles-mêmes évolué depuis les ZPIU jusqu'aux ZAU. Le croisement de ces deux cartes avec la carte suivante laisse à penser que ce sont les mobilités qui conduisent à étendre l'aire urbaine lyonnaise. En réalité lorsqu'on observe attentivement la carte des mobilités et des aménagements, on s'aperçoit que les réseaux de transport en commun (TCL) sont loin de couvrir la totalité de l'aire urbaine. La dynamique de l'étalement urbain est directement corrélée aux réseaux routiers et ferrés à l'échelle régionale, sans voir qu'il y a en fait deux échelles de mobilité, l'une à l'échelle de l'unité urbaine (plutôt liée aux transports en commun) et l'autre à l'échelle de l'aire urbaine toute entière (plutôt liée à l'automobile). Dans les deux cas, ce sont les moyens de transport qui sont mis en avant comme facteur unique de l'étalement : quid de la mobilité réelle notamment des temps de déplacement, de la répartition de l'emploi, du coût du logement qui participent également aux dynamiques urbaines ? Une séance pédagogique proposée par le site HG Sempaï propose dans la même idée de décrire et expliquer le processus d’étalement urbain en lien avec les mobilités (ce qui est dans l'esprit du programme de la classe de troisième qui propose d'étudier les aires urbaines en relation avec les mobilités quotidiennes).






Dans l'idée de donner à voir et mieux faire comprendre la distinction entre ville-centre, banlieue et couronne péri-urbaine, les manuels scolaires et les cours de géographie élaborés par les enseignants comportent souvent des schémas qui permettent de résumer les définitions. Ce type de schéma sert à montrer, assez peu à interroger le zonage lui-même.

Ce schéma comporte des variantes plus ou moins complexes, avec ou sans représentation des pôles de l'espace rural, avec ou sans flux de mobilité entre les zones (voir aussi cette carte mentale proposée par le manuel Magnard).



En réalité, ce sont surtout les zones péri-urbaines des grandes métropoles qui s'étalent le plus largement aujourd'hui à l'échelle nationale. Pour en rendre compte, Nicolas Lambert a élaboré cette carte qui ne retient que les aires péri-urbaines des plus grandes aires urbaines.



Les aires métropolitaines correspondent aux grandes aires urbaines qui ont plus de 500 000 habitants et concentrent plus de 20 000 cadres des fonctions métropolitaines (CFM), c'est-à-dire les cadres et chefs d'entreprise d'au moins dix salariés travaillant dans les fonctions métropolitaines. Elles sont au nombre de treize : Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes, Strasbourg, Rennes, Grenoble, Saint-Étienne et Montpellier. Ces aires métropolitaines concentrent près d'un tiers de la population française, ce sont elles qui portent la croissance démographique comme le montre une étude de l'INSEE sur la période 2011-2016. Il est souvent plus efficace de les représenter sous forme d'une carte anamorphosée comme permet de le faire le logiciel ScapeToad (voir les anamorphoses proposées par Jacques Lévy et le laboratoire Choros)



En réaction à ce type de cartographie qui a tendance à survaloriser le poids de l'urbain, d'autres géographes ont cherché à montrer la place encore importante des espaces ruraux en France. Pierre Pistre et Frédéric Richard abordent le problème dans un article publié en avril 2018 sur le site Géoconfluences, Seulement 5 à 15% de ruraux en France métropolitaine ? Les auteurs fournissent une lecture critique du Zonage en Aires Urbaines (ZAU) dont "la conception, lorsqu’elle a été mal interprétée, a indument pu inciter à déduire une importante contraction des limites de l’espace rural". 

Pistre et Richard (2018) mettent en avant plusieurs éléments concernant les limites du zonage en aires urbaines :
  • depuis 1996, date de son élaboration, le ZAU est devenu un référentiel incontournable. Il s'est imposé dans la recherche, dans les politiques publiques, dans les programmes scolaires... sans être vraiment interrogé sur le plan des choix méthodologiques ;
  • il relève d’un processus spécifique de catégorisation des espaces français y compris « ruraux » ;
  • il fait disparaître une partie non négligeable des petits ou moyens pôles souvent absorbés par une grande aire urbaine dans le processus de construction des couronnes périurbaines ;
  • il contribue à étendre les couronnes périurbaines notamment à travers les communes multipolarisées, le critère de 40% de déplacements domicile-travail représentant moins de la moitié des actifs ayant un emploi (avec un taux de mobilité à 50%, la carte des ZAU serait différente) ;
  • il ne devrait pas être le seul critère pour calculer la population urbaine : le chiffre de 85 % de population urbaine en France a tendance à être exagéré car il est calculé à partir des aires urbaines, couronnes comprises. Si on s'en tient aux unités urbaines telles que définies par l'INSEE (ensemble de communes avec continuité du bâti et plus de 2000 habitants), la part de la population urbaine est ramenée à 60%.
  • il ne devrait pas servir à synthétiser à lui seul la dynamique spatiale du périurbain en utilisant un seul type de mobilité (domicile-travail) d’une minorité (40 % des actifs occupés) calculée à partir d’une autre minorité (les actifs occupés dans la population totale) ;
  • il devrait être utilisé pour ce qu'il est : une grille d’analyse spécifique de la polarisation de l’emploi en France, comme le rappellent les précautions d’usage formulées par l’INSEE. 

In fine les habitants du périurbain se perçoivent souvent comme vivant à la campagne, ce qui renvoie en partie au débat actuel sur l'ancrage territorial et le vécu des populations périurbaines (lire le billet : comment interpréter  la carte des gilets jaunes ?). Eric Charmes montre que, face à la crise des centres des villes moyennes, ce sont plutôt les villages des couronnes péri-urbaines qui s'en sortent le mieux (lire son article sur "La revanche des villages").

L'Observatoire des territoires (DATAR) fournit une série de cartes en haute définition sur les territoires fonctionnels, dont la fameuse carte des aires urbaines (INSEE, 2010) qui a souvent été reprise comme cadre de référence. Les données et les typologies sont téléchargeables à partir de l'interface cartographique. Cela concerne notamment la carte des unités urbaines, des zones d'emplois, des bassins de vie, des campagnes françaises, des territoires littoraux, de montagne... En téléchargeant les fichiers au format xls, il est possible de récupérer ces typologies et de faire des jointures dans un SIG à partir du fichier des communes de l'IGN.




Une autre manière d'appréhender l'urbanisation et la métropolisation à l'échelle française et européenne est d'utiliser les données de l'Atlas  urbain européen. Il fournit depuis 2006 la cartographie des grands types d’occupation du sol pour 300 agglomérations supérieures à 100 000 habitants et depuis 2012 pour 800 aires urbaines fonctionnelles supérieures à 50 000 habitants. Les données sont disponibles sur le site de l'Agence Européenne de l'Environnement. L'Atlas urbain 2012 est consultable également sur le site Copernicus avec des données téléchargeables ou accessibles en WMS. Il s'agit de montrer l'extension réelle de la tâche urbaine qui diffère de la délimitation des aires urbaines. Ces données issues sont plus précises que les données Corine Land Cover.

Si on prend l'exemple de Lyon, la comparaison entre les découpages fait apparaître des différences importantes :
  • city (Eurostat) : 15 communes
  • aire urbaine fonctionnelle (FUA, Eurostat) : 331 communes
  • aire urbaine (INSEE 2010) : 515 communes
  • unité urbaine (INSEE, 2010) : 130 communes

La tâche urbaine de Lyon en comparaison des deux zonages en aires urbaines
(sources : Atlas urbain, Eurostat et INSEE)



La tâche urbaine de Lyon ramenée à l'unité urbaine telle que définie par l'INSEE
(ensemble de communes avec continuité du bâti et plus de 2 000 habitants)



Carte des unités urbaines en France (source : INSEE)

Lien ajouté le 26 février 2019

Jessica Young et Luke Bulman, du studio graphique Thumb à Brooklyn, ont créé en 2010 une infographie qui compare 27 rocades urbaines dans le monde - ces autoroutes périphériques comme la DC Beltway ou la London Orbital qui entourent les grandes métropoles et témoignent de l'étalement urbain (urban sprawl). Les aires urbaines délimitées par ces rocades apparaissent en couleur et sont superposées à la même échelle. 

Le résultat ressemble à une fleur, mais dans la réalité cela représente d'énormes étendues d'asphalte à Atlanta comme à Beijing. Les données ont été légèrement modifiées pour la rocade de Houston - l’énorme tâche noire à l’arrière - afin de représenter le développement futur de la rocade. Londres détient pour l'instant le record du boulevard périphérique le plus long au monde. Cette infographie a été commandée par l’école d’architecture de la Rice University qui se trouve à Houston, ce qui n'est pas un hasard.



Lien ajouté le 4 mars 2019

La structuration des aires urbaines par les migrations pendulaires en Allemagne :
http://www.zeit.de/feature/pendeln-stau-arbeit-verkehr-wohnort-arbeitsweg-ballungsraeume




Lien ajouté le 19 mars 2019

Le Mobiloscope est un outil de géovisualisation pour explorer la population présente en ville au cours des 24 heures de la journée (cf mobilité différentiée selon les types de population). Il permet de voir comment les quartiers, leur composition sociale et la ségrégation urbaine évoluent au fil des heures dans une 20e de villes françaises.
http://mobiliscope.parisgeo.cnrs.fr/


Lien ajouté le 17 avril 2019

Marianne Guérois, Anne Bretagnolle, Antonin Pavard, Paul Gourdon et Natalia Zdanowska, « Following the population of European urban areas in the last half century (1961-2011) : the TRADEVE database », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, document 891, mis en ligne le 12 avril 2019, 
http://journals.openedition.org/cybergeo/32034

Cet article présente les enjeux et les fondements méthodologiques de la base de données TRADEVE qui permet de suivre l’évolution de la population des agglomérations européennes depuis 1961. La méthode d'analyse par rétropolation s'appuie sur les Unités urbaines morphologiques (UMZ) définies en 2000 au niveau européen et définit 4 304 agglomérations  supérieures à 10 000 habitants.

Présentation sous forme de diaporama avec cartes et schémas :

Pour télécharger les données au format shp :


Liens ajoutés le 20 mai 2019

Une carte montrant les disparités dans le prix du foncier en France (source : Demandes de valeurs foncières) permet de mettre en évidence les inégalités territoriales entre les aires métropolitaines, les zones rurales et les périphéries intermédiaires. Le foncier est certainement une des clés de lecture des inégalités territoriales et permet d'aborder la délimitation des aires urbaines en lien avec les mobilités.



Où vivent les Démocrates et les Républicains à l'échelle des aires métropolitaines aux Etats-Unis ?  La cartographie montre qu'ils ne vivent pas vraiment ensemble : http://projects.fivethirtyeight.com/republicans-democrats-cities/

Une représentation en 3D des migrations pendulaires dans les aires urbaines en France et au Royaume-Uni par Craig Taylor (data visualisations à voir à partir de son compte Twitter) :


Lien ajouté le 14 juin 2019

Alejandro Cantera a mis au point uDA, une application qui permet de comparer l'empreinte spatiale des métropoles. L'empreinte urbaine est calculée à l'échelle des aires urbaines fonctionnelles (FUA) en utilisant les données ouvertes du cadastre espagnol. Il s'agit de mettre en évidence l'espace consommé en fonction de la densité du bâti. L'atlas de l'empreinte urbaine a permis de cartographier 80 FUA et de montrer les fortes disparités dans l'étalement urbain en Espagne.
http://medium.com/urbandataanalytics/measuring-urban-footprint-to-understand-city-behavior-42d45384442c
Lien ajouté le 25 juin 2019

Catherine Didier-Fèvre, « Aux frontières de la métropole lyonnaise : des espaces périurbains à géométrie variable », Géoconfluences, juin 2019.
L’aire urbaine lyonnaise, la deuxième de France, regroupe plus de 2 millions d’habitants répartis sur 507 communes dont 59 adhérentes à la Métropole de Lyon. Ce mouvement de périurbanisation, constaté depuis le recensement de 1968, est toujours actif et inclut désormais des espaces éloignés de la ville centre. L’aire urbaine englobe dès lors des communes du Rhône mais également de l’Ain, de l’Isère et de la Loire. Bourgoin-Jallieu comme Villefranche-sur-Saône sont désormais intégrées à l’aire urbaine lyonnaise.

Extension de l’aire urbaine lyonnaise depuis 1968



Lien ajouté le 17 août 2019

Une étude, parue le 27 décembre 2018 dans Insee Focu n° 138, montre qu'entre 2011 et 2016 les grandes aires urbaines ont porté la croissance démographique française. Les fortes hausses de population bénéficient surtout aux départements des métropoles régionales de la façade atlantique, d’Occitanie et d’Auvergne-Rhône-Alpes. À l’opposé, 24 départements, dont Paris, accusent une baisse. La hausse de population traduit le regain démographique des grands pôles urbains et le dynamisme de leur couronne :
http://www.insee.fr/fr/statistiques/3682672



Lien ajouté le 17 août 2019

Lien ajouté le 28 septembre 2019

La représentation cartographique des villes par Arthur Charpentier | 05/11/2018. Dans l’histoire urbaine, la manière dont on voyait, et dont on représentait les cartes, a souvent été à la base de l’aménagement des villes. Changer de représentation a permis de modifier la structure des villes. Retour sur l'histoire des cartes de zonages abondamment utilisées en urbanisme.
 

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