Déchiffrer l'information géographique à l'heure d'Internet (1)


    Réflexion en 3 épisodes pour apprendre non seulement à visualiser, mais aussi à identifier, analyser et traiter l'information géographique. Suivez le guide.

    1. Le pouvoir de l'image d'abord, le sens de la carte après... et si on apprenait à inverser les choses !
    2. Le décryptage de l'information et donc l'accès aux données et aux méthodes de traitement qui ont permis d'élaborer la carte.
    3. Les pistes d'activités permettant de construire (et de mobiliser) de nouvelles géo-compétences à l'heure d'Internet.


    1. Le pouvoir de l'image d'abord, le sens de la carte après... et si l'on apprenait à inverser les choses !


    Elles semblent tellement belles et démonstratives ces infographies sur Internet

    On ne compte plus le nombre d'infographies qui sont produites par les médias et mises à disposition du grand public sur Internet. Que ces images cartographiques soient fixes ou animées, leur pouvoir de séduction est assez fort. Mais elles sont rarement neutres. Elles portent souvent un discours implicite, même lorsqu'elles sont construites à partir d'études ou de rapports scientifiques. Elles nécessitent en tous les cas d'être explicitées et décryptées, comme on a pu le montrer par exemple dans ce billet Comment la cartographie animée et l'infographie donnent à voir le changement climatique : un cas courant, bien qu'ici assez archétypal, de détournement de la carte et de l'image en narration animée. Une infographie plutôt qu'un long discours, on disait déjà la même chose pour l'image bien avant Internet.


    Afin de bien montrer la force et les limites de ces géo-visualisations sur Internet, nous proposons de partir d'un cas pratique : une carte concernant l'utilisation du sol aux Etats-Unis signalée par le compte Twitter @eduscol_HG et relayée sur la page d'actualités du site portail Histoire-Géographie de l'Education nationale. Le support mis en avant est une série d'infographies publiées le 31 juillet 2018 par la grande agence américaine d'information Bloomberg avec un titre assez évocateur Here's How America Uses Its Land" ("Voici comment l'Amérique utilise ses terres"). Les données proviennent de différentes sources, principalement de données collectées et cartographiées par l'US Departement of Agriculture (USDA), soit l'équivalent du Ministère de l’Agriculture pour la France, mais aussi de diverses sources tels le Census Bureau, l'U.S. Department of the Interior, l'U.S. Forest Service ainsi que divers services d'Etat ou d'agences privées américaines. Nous reviendrons sur la question des sources composites qui ont été utilisées, en ce qui concerne notamment l'amalgame entre "occupation" et "usages" du sol.

    Voici l'infographie pixelisée que nous reproduisons ci-dessous en traduisant la légende en français de manière à la rendre plus accessible. Chaque pixel représente 250 000 acres. La valeur de l'acre anglo-saxonne étant approximativement équivalente à 0,4 ha, chaque carré représente donc environ 100 000 ha, soit 1 000 km2 par pixel. Il est rare qu'une carte d'utilisation du sol soit réalisée à une échelle aussi petite (supérieure au 1 / 10 000 000). En Europe et notamment en France, la base Corine Land Cover est produite par exemple à une échelle moyenne de 1/ 100 000. L'Atlas urbain européen, qui relève désormais du dispositif d'acquisition Copernicus, résulte du traitement d'images satellitaires à très haute résolution et permet même d'aller jusqu'à une échelle d'utilisation de 1 / 10 000 pour analyser l'évolution des espaces urbains.


    C'est malgré tout l'intérêt de cette infographie de vouloir résumer à grands traits et en seulement 6 catégories les grands types d'utilisation du sol dans les 48 états des Etats-Unis (l'Alaska et Hawaï ne sont pas représentés) : 

     

     

    Les grands types d'utilisation du sol aux Etats-Unis en 2012 (source : Bloomberg.com)

     

    Cette carte témoigne d'une opposition assez nette entre les pâturages (en jaune) et les terres cultivées (en brun) qui couvrent la majeure partie de l’ouest et du centre des États-Unis, et les aires urbaines (en rose) qui concernent plutôt les façades maritimes (Atlantique, Pacifique et Golfe du Mexique), la région des Grands Lacs et dans une moindre mesure les pôles urbains plus isolés de l'intérieur du pays. Les forêts (en vert) n'ont pas complètement disparu du territoire américain. Plus intéressantes mais incertaines sont les deux catégories "usages spécifiques" (quel degré de spécificité ?) et "usages divers" (quelle diversité des types d'utilisation ?). L'USDA classe les parcs nationaux, les réserves naturelles, les autoroutes, les voies ferrées et les bases militaires en "usages spécifiques". Les usages divers concernent aussi bien les cimetières ou les terrains de golf que les marais, les déserts et les autres zones de « faible valeur économique ». Aux Etats-Unis, ce sont pas moins de 2 millions d’acres (8 000 km2) de terres qui sont utilisées pour les terrains de golf et 3 millions d’acres (12 000 km2) pour les aéroports !

    Dans un souci de faire ressortir les grands types d'utilisation du sol, Bloomberg décompose chaque couche d'information géographique qui a servi à assembler cette carte de synthèse. Voici par exemple la carte des aires urbaines. Bien que les agglomérations urbaines ne représentent que 3,6% de la surface totale des 48 États, 4 Américains sur 5 y vivent, y travaillent ou s'y divertissent. Ce sont 4 000 km2 d'espaces supplémentaires qui sont ainsi urbanisés chaque année, soit l'équivalent de la superficie de Los Angeles, Houston et Phoenix réunis ! Mais à l'échelle de la carte, les espaces urbanisés semblent rester relativement modestes, surtout si on les compare aux surfaces consacrées aux pâturages qui représentent plus de 20% du territoire (sans compter les terres cultivées pour l'alimentation du bétail qui font alors monter le total à 41%). Les Etats-Unis restent une terre d'élevage, surtout à l'Ouest où l'Etat administre de grandes superficies, ou encore au Sud, qui est plutôt le domaine des grands ranchs privés comme au Texas.

    Localisation des grandes aires urbaines aux Etats-Unis en 2012 (source : Bloomberg.com)

     


    Localisation des terres en pâturages et des terrains de parcours aux Etats-Unis en 2012 (source : Bloomberg.com)

    Dans l'idée d'être plus démonstratif,  le cartographe-infographiste a choisi de regrouper tous les pixels de manière contiguë sous forme de bandes continues disposées dans le sens des méridiens : une manière assez efficace de faire ressortir les grandes catégories et de donner à voir l'importance relative des différents types d'utilisation du sol sans avoir à passer par des chiffres :


    Les grands types d'utilisation du sol représentés en bandes continues méridiennes (source : Bloomberg.com)


    De fait la démonstration devient vraiment convaincante à la fin avec la dernière carte qui synthétise toutes les données. Cette carte de synthèse dévoile les nouvelles "belts" spécialisées des Etats-Unis (voir la carte ci-dessous). Elle permet de mettre en évidence la nouvelle spécialisation fonctionnelle des espaces non seulement à l'échelle du territoire national, mais à l'échelle de régions ou de sous-régions qui forment des "belts" de taille variée ne correspondant pas au découpage administratif des 48 Etats ni même aux belts classiques que l'on rencontre habituellement dans les cartes et croquis décrivant l'organisation du territoire américain. Au delà du message qu'elle nous délivre, cette infographie offre une vision très intéressante et plutôt inhabituelle permettant de découper le territoire en de nouvelles belts en fonction de leur échelle :
    • de "vastes belts" à l'échelle du territoire national  : les hautes terres de l'ouest utilisées pour les pâturages, les immenses ranchs et leurs terrains d'élevage extensif au sud, les grandes "belts" céréalières au centre (toujours bien présentes, bien qu'en voie de diversification)...
    • des "belts de  moyenne superficie" : les grandes fermes, les habitations urbaines, la "wilderness" américaine (heureusement un peu sauvegardée), les espaces consacrés à la défense, mais aussi les parcs d'élevage intensif pour le bétail destiné à l'exportation, les terres cultivées pour produire les bio-carburants (éthanol)...
    • des "mico-belts" : les parcs nationaux, les autoroutes "rurales" (situées plutôt à l'ouest, mais encore plus dévoreuses d'espace que les autoroutes intra- ou péri-urbaines), les voies ferrées, les aéroports, les terrains de golf (cf micro-état au sud-est vers la Caroline), sans compter les mines à ciel ouvert (dans le Wyoming ou le Névada), les terres dévorées par les feux de forêt (en Californie), les terres réservées à la production de l'orge (pour la bière), du tabac, des fleurs, des arbres de Noël ou encore du sirop d'érable (plutôt à l'est du pays)...

    Les nouvelles "belts" spécialisées aux Etats-Unis : quelle vision du territoire américain ?
    Les stéréotypes s'appuient parfois sur des réalités géographiques : on appréciera le nom de la belt Food we eat ("la nourriture que nous mangeons") pour dénoncer les cultures OGM et l'élevage intensif ou encore le nom de la belt Idle / fallow ("inoccupé, en jachère") pour désigner les parcelles non cultivées et les espaces laissés à l'abandon dans les shrinking cities (Détroit, Chicago, Milwaukee) autour des Grands Lacs. Noter aussi le nom de la  Floride (100 largest landowning families) désignée comme le territoire des "100 plus grandes familles de propriétaires terriens" des Etats-Unis.

    Au bout du compte, quel est le message véhiculé par cette image cartographique ? Véritable "photographie" de la réalité de l'utilisation du sol ou vision imprégnée en partie de représentations mentales sur le territoire américain ? Il peut être intéressant par exemple de confronter cette carte avec les infographies qui découpent le territoire des pays en fonction des stéréotypes attachés à leur populations ou à leurs territoires (cf cette infographie 12 Ways to Break the USA tirée de l'Atlas of Prejudice). Ces représentations stéréotypées circulent partout sur Internet. Il n'est pas inintéressant de voir qu'elles peuvent se retrouver partiellement dans des travaux en apparence plus scientifiques. Outil de représentation graphique obéissant (en principe) à des codes et à des règles de construction, la carte peut véhiculer aussi, comme tout autre type image, nos représentations mentales ou nos préjugés.



    Derrière l'image, le sens de la carte

    Premier problème : la carte ne permet pas de comparer avec précision la superficie respective de chacun des espaces, elle donne seulement à voir les grands contrastes. Le choix d'un histogramme aurait été sans doute moins visuel que cette carte mais en tous les cas plus juste et précis pour montrer la nouvelle répartition des terres. C'est le choix opéré par le rapport scientifique dont est inspirée cette infographie (Major Uses of Land in the United States, 2012). Preuve qu'il faut toujours revenir aux sources pour pouvoir confronter les choix graphiques ou cartographiques opérés :

     



    Deuxième problème : cette carte ne permet pas de localiser les espaces par type d'utilisation, mais seulement de comparer leur destination pour avoir des ordres de grandeur. S'agit-il d'une carte ou plutôt d'une image jouant sur nos représentations du territoire américain ? Si l'objectif était d'abord de représenter des données, un graphique de répartition par secteurs aurait été plus efficace. C'est le choix avisé des auteurs du rapport scientifique (Major Uses of Land in the United States, 2012)  qui proposent une carte thématique avec des cercles à secteurs proportionnels (les fameux "camemberts") : une manière beaucoup plus correcte de représenter des pourcentages et plus efficace sur le plan sémiologique. Il est précisé en dessous de la carte que "la taille des cercles est proportionnelle à la superficie de chaque État. Les usages divers, les usages spécifiques et les usages urbains sont trop peu importants pour être représentés comme des tranches distinctes" : 


    Part des terres en fonction des différents types d'utilisation du sol, 2012 (source : MLU, 2012)


    Troisième problème : cette infographie ressemble à s'y méprendre à la fameuse organisation en "belts" du territoire américain. Est-ce inconscient de la part de l'auteur ou le choix est-il  intentionnel ?  Rappelons que sur le site Eduscol il s'agit d'après cette carte d'étudier "comment les États-Unis utilisent leur territoire" (sic), comme si la carte donnait à le voir directement. La carte cherche malgré tout à donner une vue réaliste du territoire. Son auteur a cherché, semble-t-il, à respecter certaines localisations. Les aires urbaines représentées en rose sur l'infographie forment ainsi une sorte de ceinture urbaine au nord-est des Etats-Unis : la mégalopole "Bos-Wash" semble se dessiner sur la façade est, mais quid de la mégalopole "San-San" de la façade ouest des Etats-Unis ? Les "usages divers" et les "usages spécifiques" représentés en bandes contiguës par rapport à celle des "aires urbaines" pourraient sembler entrer dans une catégorie proche puisqu'ils participent d'une même artificialisation des sols liée aux activités humaines. Tout le reste du territoire américain correspondrait grosso modo aux grands espaces cultivés du Middle West, aux immenses espaces forestiers et de pâture du Grand Ouest. On aurait affaire là (en apparence et de très loin) à la représentation  classique du territoire américain en grandes belts régulières. 

    Marielle Wastable a bien montré le succès de la notion de belts dans la géographie scolaire française des Etats-Unis. Apparue dès 1911 dans un manuel de géographie, la notion de "belt" constitue un objet scolaire incontournable qui a persisté jusqu'à nos jours. "Le fait d’isoler de grandes aires sous forme de ceintures agricoles (qui deviendront par la suite aires culturelles, économiques et démographiques) dans l’espace américain fait écho aux travaux de Von Thünen qui met en place au XIXe siècle un modèle théorique d’analyse de l’espace agricole (l’espace agricole s’organise sous forme d’auréoles ou ceintures de spécialisation concentriques à partir de la ville-centre)". Cet objet a été peu interrogé ou seulement de manière très récente. L'étude de l'organisation du territoire américain avec la "Sunbelt" (souvent confondue avec sa version moderne le "Croissant périphérique")  reste d'ailleurs un grand classique du cours de géographie jusqu'à aujourd'hui. Elle témoigne du fonctionnement de la géographie scolaire dans le secondaire, "souvent perçue par les enseignants et les élèves comme une discipline qui reflète objectivement la réalité du monde, ce qui est enseigné en cours de géographie ne pouvant être que la reproduction exacte de ce monde". De là à penser que ce réalisme perdure dans tous les esprits, et pas seulement dans celui des enseignants ou des élèves...

    Dans sa thèse Les Etats-Unis au lycée (1905-2004). Généalogie de la géographie des Etats-Unis en classe de Terminale), Marielle Wastable montre que le découpage des Etats-Unis que l'on retrouve dans les manuels scolaires est en fait inspiré du Census américain (p 139 et suivantes). Le manuel d'Henri Hauser paru en 1911 est l'un des premiers à régionaliser les États-Unis en fonction des activités économiques. Son découpage sera repris et quelque peu affiné par ses successeurs. En vue de simplifier ce découpage et pouvoir le cartographier sous forme d'un schéma facile à retenir, celui-ci réduit à 4 puis 3 régions à partir des années 1980 :

    Régionalisation des États-Unis par H. Hauser et repris par ses successeurs
     (source : Wastable, 2004, p 140)

    Simplification de la régionalisation des États-Unis en 3 régions
     (source : Wastable, 2004, p 144)




    Quatrième problème : l'amalgame entre "occupation" et "usage" du sol constitue un élément assez gênant. Les méthodes qui ont servi à élaborer cette infographie ne sont pas celles qu'on utilise habituellement pour représenter les usages des terres. Comme le fait remarquer à ce sujet cet extrait d'article (Davranche & Nuscia Taïbi, 2015)  :
    En raison d’un amalgame entre usage et occupation des sols, l’étude d'utilisation des sols s’est souvent concentrée sur la végétation et sur de grandes surfaces, en se basant sur des informations démographiques pour mettre en relation les dynamiques des populations avec les évolutions des couverts végétaux... Une telle simplification s’explique en partie par la confusion récurrente entre « occupation » et « usage » des sols, liée aux méthodes employées pour faire face à des phénomènes complexes, mais également aux limites des protocoles et des typologies des données-source. 
    Ces deux termes font pourtant clairement référence à des phénomènes distincts (Bousquet et al., 2013). Historiquement, les approches cartographiques considérées se sont d’abord intéressées aux activités socio-économiques et aux pratiques de gestion des territoires (Comber, 2008). Puis les développements technologiques récents, tels que la télédétection aérienne et satellitaire, les systèmes d’information géographique et la modélisation, et leur diffusion au-delà des premiers cercles de géographes, sont en partie responsables de cet amalgame. En effet, la facilité avec laquelle sont désormais produites cartes et suivis diachroniques d’objets ou de processus a favorisé la démocratisation de leur usage par des publics qui ne sont pas forcément au fait de la complexité des phénomènes observés." Nous reviendrons sur ce problème dans la partie 2 de notre billet à propos des méthodes et des sources utilisées. Dans le cas présent, la source ne précise pas s'il s'agit de données d'occupation du sol issues d'enquêtes et de statistiques ou d'observations directes par des outils de télédétection, comme pourrait le laisser penser l'image pixelisée qui ressemble à un raster d'image satellite.


    Cinquième problème : le site Bloomberg ne fournit pas de séries temporelles permettant de mesurer des évolutions pour chaque type d'usage, ce que fait pourtant le rapport MLU établi sur des bases nettement plus scientifiques (2012). Cela conduit d'ailleurs Bloomberg à plaquer des encarts de textes sur les infographies en décalage complet avec ce que montre l'infographie qui s'en tient aux données statiques de 2012. Le discours consiste surtout à montrer le gaspillage de terres et l'hyper-concentration aux mains de quelques grands propriétaires. Il est noté par exemple que "Weyerhaeuser Co. est le plus grand propriétaire privé de terrains forestiers aux États-Unis. L'entreprise contrôle 2,3% de tous les produits forestiers commercialisés, sur une superficie de 12,4 millions d'acres, l'équivalent environ de la Virginie-Occidentale... Selon le magazine The Land Report, depuis 2008, la superficie des 100 plus grands propriétaires privés est passée de 28 à 40 millions d’hectares, une superficie supérieure à celle de l’état de Floride".
    Outre la concentration des terres, l'approche dia-chronique permet aussi de montrer des évolutions dans l'usage des terres cultivées.  Le rapport d'étude montre par exemple que, depuis 1949, il y a un déclin relatif des pâturages au profit des terres non cultivées et de la jachère :

     

    Evolution comparée des terres cultivées (1949-2012)

     

    Au final, cette "carte de synthèse" ne permet pas de montrer les évolutions très contrastées dans l'occupation du sol, en particulier pour les surfaces emblavées qui dépendent de facteurs nombreux et complexes, tels l'évolution du cours de céréales, les changements dans les programmes d'aide, le mode de faire-valoir (en propriété ou en location), la concentration foncière des terres agricoles, la part aussi de l'agriculture irriguée (elle-même très contrastée selon les états) :


    Evolution comparée des surfaces par types de cultures (1963-2012)



    Evolution comparée des surfaces irriguées par grandes régions (1949-2012)


    Pour appréhender les dynamiques actuelles du territoire américain, il peut être intéressant d'étudier cette autre carte qui donne l'évolution de la population dans chaque comté entre 1990 et 2017. Il en ressort des changements à une échelle assez fine que ne permet pas de déceler une observation à l'échelle des états. Le site Vividmaps.com donne accès à un grand nombre de cartes découpant le territoire américain selon différents critères d'appartenance politique, linguistique, religieuse. Afin de mesurer le déplacement du centre de gravité de la population, voici une carte du Census.gov concernant le point moyen des Etats-Unis et son déplacement toujours plus à l'ouest de 1790 à 2010.

    Il est possible d'étudier la répartition de la population aux Etats-Unis à travers une carte de densité affichant des données multi-niveaux sur une seule couche d'information.

    Ce gif animé permet de visualiser l'évolution de la densité à travers l'histoire des Etats-Unis et la conquête progressive de l'Ouest (lire l'article sur l'analyse du peuplement des Etats-Unis à travers une autre cartographie animée beaucoup plus précise). Une autre étude de répartition de la population consiste à voir quelles sont ses ascendances (européennes ou autres), comme l'a fait le Census Bureau à l'échelle très précise des comtés sur la période 2013-17.

    Voici un autre découpage, celui de Joël Garreau qui, en 1981, découpait l'Amérique du Nord en neuf nations, chacune ayant ses propres caractéristiques économiques et culturelles, redéfinissant ainsi de nouvelles ceintures régionales pour les États-Unis : le Québec, la Nouvelle-Angleterre, la Fonderie, Dixie ou « Bible belt », les Îles, la Mexamerica, le Grenier à céréales, Ecotopia et la Zone vide.


    Les neuf nations de l'Amérique du Nord par Joël Garreau 1981 (source : Atlantic Sentinel)
     

    La carte de Joël Garreau peut être recoupée avec cette autre carte des régions culturelles proposée et commentée sur le forum Map Porn.

    Dans les années 1970, le professeur de géographie G. Etzel Pearcy a proposé de réduire le nombre d'Etats américains de 50 à 38 et de retracer leurs limites. Pearcy souhaitait accorder plus d'importance à la densité de population, à l’emplacement des capitales (voir cette carte montrant la distance entre  la capitale et le centre de gravité de chaque Etat), aux lignes de transport, au relief, à la taille géographique et à la forme des États. Il souhaitait faire passer les limites entre Etats dans des zones moins peuplées. Ce découpage administratif, censé être plus fonctionnel, n'a jamais été retenu. A voir sur le site Strange Maps et dans un article du Washington Post.


    Le territoire américain peut être aussi appréhendé en fonction du poids économique des différents états. Bien que peu heureuse sur le plan sémiologique, cette carte permet de se représenter le poids respectifs des états américains et de leurs grandes métropoles en donnant leur PNB en comparaison de celui des villes ou des pays européens (source de la carte : Map Porn).

    Le Washington Post propose un autre découpage des 50 états américains si on tenait compte de leurs relations économiques entre eux :
    http://www.washingtonpost.com/news/wonk/wp/2016/12/12/the-radical-new-map-that-would-really-reflect-life-in-the-u-s/




    Pour aider les décideurs en matière de politique publique, ESRI met par ailleurs à disposition un grand nombre de cartes consultables par indicateurs à travers son projet Living Atlas. Voir également cette carte du temps moyen hebdomadaire de travail des Américains par district.

    Pour compléter ce billet, vous pouvez lire les résultats d'une étude qui propose un découpage du territoire américain en fonction des relations sociales sur Facebook.


    Liens ajoutés le 21 février 2019

    Une autre façon d'appréhender la population américaine est fournie par une carte qui donne la situation matrimoniale prédominante des Américains (mariés, non mariés, veufs, divorcés) à l'échelle très fine des comtés.

    La Suisse a fait l'objet d'une analyse comparable à l'infographie pixelisée produite pour les Etats-Unis.Voici comment la Suisse utilise son territoire par Duc-Quang Nguyen et Mathieu Rudaz, Tribune de Genève, 2 mai 2018.
    Les 11 méga-régions qui émergent aux Etats-Unis (source : Brillants maps)
    Il s'agit des grandes régions proposées par le Plan d'association régionale dans le cadre du projet America 2050. A comparer à cet autre découpage qui propose 7 méga-régions. Carte à téécharger en haute résolution sur Reddit.




    Une infographie en 3D permettant de comparer les prix de l'immobilier aux Etats-Unis (source : Metrocosm)

    L’indice de vitalité mis au point par Hamilton mesure le bien-être économique et social. Il combine le revenu médian des ménages, le taux de pauvreté, le taux de chômage, le taux d’emploi, l’espérance de vie et le taux de vacance du logement dans chaque comté. Sur cette carte, les comtés bleus ont des scores de vitalité plus élevés et les comtés jaunes ont des scores plus faibles. Les comtés les plus sombres ont des populations plus élevées :



    Le site Mapping America a mis au point un Indice de développement humain pour mesurer le bien-être des Américains dans un certain nombre de domaines, notamment la santé, l'éducation et le revenu. Vous pouvez explorer ces scores de bien-être aux niveaux des comtés, des états et des districts à l'aide de la carte interactive
    http://www.measureofamerica.org/maps/

    A croiser avec la carte de l'espérance de vie aux Etats-Unis :


    Lien ajouté le 26 mars 2019

    Les méga régions économiques aux Etats-Unis :
    http://news.nationalgeographic.com/2016/11/us-commutes-reveal-new-economic-megaregions-map/

    L'analyse est tirée de l'article de Garrett Dash Nelson et Alasdair Rae :
    An Economic Geography of the United States: From Commutes to Megaregions (2016). Plos One
    L'émergence aux États-Unis de « mégarégions » centrées sur les grandes régions métropolitaines est un phénomène souvent pris pour acquis, à la fois dans les études scientifiques et dans les récits de la géographie économique contemporaine. Cet article utilise un ensemble de données à partir de plus de 4 millions de flux de migrations pendulaires (navetteurs) avec une approche empirique qui vise à identifier ces méga régions. Les auteurs comparent une méthode qui utilise une heuristique visuelle pour comprendre l’agrégation de surface à une méthode qui utilise un algorithme informatique, et réfléchissent aux forces et aux limites des deux méthodes. Ils discutent la manière dont les choix concernant les paramètres d'entrée et l'échelle d'analyse peuvent conduire à des résultats différents, et soulignent l'importance de comparer les résultats informatiques avec des interprétations de « cohérence » géographique. Les résultats offrent de nouvelles perspectives pour la géographie économique et les territoires fonctionnels des États-Unis et apportent un nouveau regard sur le problème classique des découpages en unités géographiques.

    La carte est consultable en haute résolution et en version interactive sur un site dédié :
    http://discovery.dartmouth.edu/megaregions/


    Lien ajouté le 4 avril 2019

    Le découpage des Etats-Unis en fonction des types de restaurants les plus couramment fréquentés.
    http://i.redd.it/j2809sv0lrd01.png

    Lien ajouté le 11 avril 2019

    Cartographie des revenus des ménages américains en 2016 (ESRI) : http://arcg.is/05yuj9
    Cette carte en semis de points représente les revenus selon quatre catégories (de moins de 25 000 $ à plus de 100 000 $) à l'échelle très précise des comtés et même des districts de recensement, ce qui permet une analyse géographique très fine des secteurs riches ou pauvres aux Etats-Unis. En zoomant ou dézoomant sur la carte, il est possible d'entrer dans le détail ou au contraire de généraliser l'analyse. 

    A comparer à la carte montrant l'évolution les districts qui se sont gentrifiés ou appauvris entre 2000 et 2016 :  http://myottetm.github.io/USMapBoxIMO/USLwDispConc.html


    Lien ajouté le 13 avril 2019

    La carte des dépenses pour l'éducation par district et par école aux Etats-Unis (2016) :
    http://www.npr.org/2016/04/18/474256366/why-americas-schools-have-a-money-problem





    Liens ajoutés le 28 mai 2019

    William Stancil de l'Université du Minnesota a élaboré une carte montrant l'évolution de la pauvreté par secteurs de recensement entre 2000 et 2016. Il distingue les quartiers en expansion économique où la part de la population à faible revenu a diminué de plus de 5%, des quartiers en déclin où la part de la population à faible revenu a augmenté de plus de 5% depuis 2000. Contrairement à ce que l'on pense,  la gentrification des espaces urbains n'est pas la caractéristique principale. De nombreuses métropoles américaines voient leurs quartiers s'appauvrir. 




    Une carte des villes américaines où les noms des villes ont été remplacés par ceux de personnes célèbres qui y sont nées, qui y vivent ou qui s'y connectent : http://pudding.cool/2019/05/people-map/


    Liens ajoutés le 15 août 2019

    Les plus gros employeurs par Etat aux Etats-Unis (Visual Capitalist) :
    http://www.visualcapitalist.com/walmart-nation-largest-employers/




    Lien ajouté le 26 août 2019

    L'United States Geological Survey (USGS) a publié en mai 2019 une mise à jour de la base de données nationale sur la couverture des sols (NLCD), qui détaille les modifications enregistrées sur la période 2001-2016. Les données sont basées sur des images Landsat à 30 mètres de résolution. Les modifications peuvent être visualisées à travers une grille de 1 x 1 km sur l’ensemble des 48 états. La classification a été construite à partir de 16 classes de couverture du sol. Les principaux changements concernent l'ouest et le sud-est des Etats-Unis, avec une utilisation et une couverture du sol liées à l'exploitation forestière, à l'impact des incendies de forêt, à l'augmentation des terres agricoles et à l'urbanisation.
    http://www.usgs.gov/news/new-land-cover-maps-depict-15-years-change-across-america

    Les données sont téléchargeables ou consultables en ligne à travers un visualisateur.




    Liens ajoutés le 8 septembre 2019

    Les Etats-Unis possèdent depuis 1963 un système de code postal (zip code) qui permet de renvoyer à une zone géographique de plus en plus précise au fur et à mesure qu'on ajoute des chiffres (5 au total). Le site Engaging data permet de tester ce système qui regroupe plusieurs états. En réalité, ce système renvoie plus à des itinéraires qu'à des régions comme l'explique un article du blog Carto, qui déconseille d'utiliser le zip code pour faire de l'analyse spatiale.


    Où sont les grands propriétaires terriens aux Etats-Unis ?
    http://www.bloomberg.com/graphics/2019-largest-landowners-in-us/



    Lien ajouté le 17 novembre 2019


    Lien ajouté le 24 février 2020

    Lien ajouté le 21 septembre 2021

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