Comment enseigner la géographie : en prenant en compte ou en dépassant le pays où l'on vit ?


Enseigner la géographie, c'est souvent faire référence au pays, à la région ou à la ville d'où l'on est originaire : un lieu dont on peut être fier et défendre l'identité... mais parfois aussi un lieu que l'on n'a pas choisi.

Au delà de nos appartenances (on ne choisit pas son pays, mais pas sa famille non plus), cela pose la question de nos origines géographiques et de nos identités territoriales comme leviers ou comme freins pour comprendre le monde. Une question qui renvoie à l'une des finalités de la géographie ("la découverte et l'ouverture au monde") et que l'on propose d'aborder à travers ce fil Twitter et un extrait d'album BD de Bill Watterson.







Prolongements

Comment penser et pratiquer, aujourd’hui, « une plus grande ouverture sur l’Europe et sur le monde », pour reprendre l’une des orientations de la loi de refondation de l’école de 2013 ?

L’éducation à une citoyenneté mondiale est un axe majeur de la politique scolaire de l’UNESCO depuis 2015.

Cette approche fait écho aux paroles de la chanson Né quelque part (1988) de Maxime Le Forestier :
"Etre né quelque part, pour celui qui est né, c'est toujours un hasard...
  Je suis né quelque part, Je suis né quelque part,
  Laissez moi ce repère ou je perds la mémoire..."


En contrepoint, il peut être intéressant d'étudier et discuter cette carte-caricature de l'Europe des années 1880, qui  renvoie aux stéréotypes culturels et nationaux de l'époque (une époque pas si révolue ?).

Albert Robida (1848-1926), qui n'hésitait pas à se présenter comme un "géographe patenté", a produit beaucoup de dessins, gravures et caricatures. En 1880, il co-fonde le magazine La Caricature (disponible sur Gallica), qu'il édite pendant 12 ans tout en dessinant et en lithographiant lui-même ses oeuvres satiriques. Il a publié également une Nouvelle carte de France reprenant "les dernières découvertes des savants et des explorateurs", qui se moque en réalité des stéréotypes régionaux des Français. 

L'occasion de découvrir la collection de gravures et de caricatures d'Albert Robida mise à disposition par les Musées de Paris (notamment le Musée Carnavalet). Sa vision futuriste du XXe siècle est également à découvrir (cf Le vingtième siècle, texte et dessins par A. Robida sur Gallica). Voir aussi les nombreuses ressources disponibles sur le site de l'Association des Amis d'Albert Robida.

Le compte Twitter @Collabblues aime encore aujourd'hui à tourner le monde en dérision à travers des dialogues assez cocasses entre les pays, symbolisés par des petits drapeaux.


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