Le Mobiliscope, un outil de géovisualisation pour explorer les mobilités urbaines heure par heure


Le Mobiliscope est un outil de géovisualisation pour explorer la population présente au sein des différents quartiers d'une ville sur les 24 heures de la journée et en fonction des catégories de population.


1) Présentation du Mobiliscope

Ce quartier est-il plus fréquenté en journée par les cadres supérieurs ou par les ouvriers ? Par les femmes ou par les hommes ? Quel est le mode de transport le plus utilisé pour se rendre dans le centre-ville en journée ? Quelles seraient les heures d’ouverture des services publics les plus adaptées aux populations présentes, qui sont autant d’éventuels utilisateurs ? En cartographiant heure par heure la population présente et ses caractéristiques démographiques et sociales, l’outil de géovisualisation Mobiliscope fournit des éléments de réponse à ce type de questions.

Doté d’une nouvelle interface et de nouvelles fonctionnalités, le Mobiliscope v4 intègre désormais 49 agglomérations des territoires métropolitains et ultramarins. Outil de science ouverte disponible en français et en anglais, il répond aux besoins de différents utilisateurs (enseignants, chercheurs, urbanistes, aménageurs...). Il permet de voir comment les quartiers, leur composition sociale et la ségrégation urbaine évoluent au fil des heures dans un grand nombre de villes françaises.


2) Quels sont les indicateurs disponibles ?

Les indicateurs concernent le profil démographique, social et résidentiel ainsi que l'activité/mode de transport : 
  • Sexe : femmes et hommes.
  • Âge en quatre groupes : 16-24 ans ; 25-34 ans ; 35-64 ans ; 65 ans et plus.
  • Catégorie socioprofessionnelle (CSP).
  • Niveau d'éducation à partir du dernier diplôme obtenu par les enquêtés. 
  • Statut d'occupation en cinq groupes : inactif ; retraité ; sans emploi ; étudiant ; actif.
  • Revenus du ménage - pour l'Île-de-France uniquement. 
  • Zonage en aires urbaines - pour la France uniquement. 
  • Quartiers Prioritaires en Politique de la Ville (QPV).
  • Départements de résidence - pour l'Île-de-France uniquement.
  • Activité : à la maison ; au travail ; études ; achats ; loisirs (activités récréatives, culturelles ou sportives, visites à des proches, etc.). 
  • Dernier mode de transport : mobilité douce (marche à pied, vélo, roller, fauteuil roulant, etc.) ; véhicule motorisé privé (deux-roues à moteur, voiture personnelle, véhicule d'entreprise, taxi etc.) ; transports publics. 

3) Les sources utilisées : des donnés d'enquête

Les données proviennent de grandes enquêtes publiques sur les déplacements des individus qui permettent de quantifier et de qualifier les populations présentes aux différentes heures de la journée. En France, ces enquêtes sont commandées par les collectivités locales, tous les 10 ans environ, et réalisées selon une méthodologie standardisée du Cerema, sauf pour l’Île-de-France et son Enquête Globale Transport (DRIEA-STIF-OMNIL).

La majorité de ces enquêtes sont disponibles à des fins de recherche via l'ADISP (Archives de Données Issues de la Statistique Publique). Les données des autres enquêtes proviennent de la base de donnée dite unifiée du Cerema : cette base regroupe l’ensemble des enquêtes réalisées depuis 2009. Quelques unes de ces enquêtes sont aussi disponibles en open data (Nantes, Montpellier et Lille). Au Québec, il s'agit des enquêtes Origine-Destination mises à disposition par le Ministère des transports du Québec.


4) Découverte de l'interface

Le Mobiliscope se présente sous la forme d'un tableau de bord interactif avec différentes entrées possibles. L'interface associe une carte au centre, des indicateurs accessibles dans la barre menu à gauche et des graphiques (courbes superposées) à droite de l'écran. Lorsqu'on choisit un indicateur dans la barre de sélection, on peut aussitôt visualiser sa représentation à la fois en mode graphique et cartographique. La barre chronologique en haut de l'écran permet d'animer la carte en fonction des heures de la journée et des tranches d'âges ou des catégories sociales concernées. 

Dans la partie droite de l’écran, un premier graphique (en haut) renseigne sur la distribution spatiale des groupes de population dans le secteur sélectionné. Un deuxième graphique (en bas) fournit deux  indicateurs plus spécifique : 

  • l’indice de dissimilarité ou Duncan (indicateur utilisé pour mesurer l’intensité de la ségrégation spatiale) qui correspond à la proportion d’individus d’un groupe donné qu’il faudrait déplacer pour obtenir une équirépartition dans les secteurs 
  • l’indice d’autocorrélation spatiale ou Moran (entre -1 et +1) qui permet de mesurer la ressemblance des profils sociaux ou démographiques des secteurs voisins. Plus les valeurs sont proches de 1, plus les populations d’un même groupe social/démographique ont tendance à se regrouper dans l’espace.




Le développement du Mobiliscope s’inscrit dans une démarche de science ouverte et respecte les principes FAIR : « Faciles à trouver, Accessibles, Interopérables et Réutilisables ». On appréciera l'intégration de tuiles OSM pour mieux se repérer et comprendre les rythmes quotidiens des lieux ainsi que la possibilité d'utiliser l'application à travers des plugins.

Les données visualisées sont directement téléchargeables au format csv et geojson pour réutilisation dans un tableur ou dans un SIG.

Compte Twitter : @mobiliscope. La ville à toute heure - Cities around the clock


5) Un outil pédagogique

Des élèves d'âges variés peuvent utiliser le Mobiliscope pour découvrir les villes et la mobilité quotidienne de leurs habitants. A l'école élémentaire, il peut constituer un support ludique pour faire explorer aux élèves les différents types de déplacements (pendulaires, ponctuels et réguliers) et les fonctions urbaines : deux thématiques présentes dans le programme de géographie de CM2.

En lycée, le Mobiliscope a été utilisé par des professeurs d'histoire-géographie de lycée de l'académie de Versailles pour l'étude des mobilités en Île-de-France en classe de première :
« Avec quelques explications et démonstrations, une forme de mise en activité consiste à proposer une série d’hypothèses qu’il faudra valider ou invalider, en justifiant sa réponse avec la couche d’information géographique et le classement des données pertinentes, puis avec un rapide commentaire explicitant les conclusions tirées de la visualisation de ces données. Les thèmes de la mobilité, de la ségrégation socio-spatiale, du polycentrisme ou encore des inégalités peuvent ainsi aisément, et concrètement, être abordés.» .

Voir les pistes pédagogiques proposées sur le site. L'étude des mobilités urbaines peut être croisée avec des approches de type chrono-urbanisme (cf la "ville du quart d'heure").


Articles connexes

La ville du quart d'heure en cartes et en schémas