Atlas of the Human Planet 2020. Pour des géodonnées ouvertes et gratuites

 

Comme chaque année, la Commission européenne publie un Atlas de la planète humaine. La version 2020 est particulièrement riche. Elle fournit l'occasion de rappeler tout l'intérêt de pouvoir disposer de géodonnées ouvertes et gratuites.

Atlas of the Human Planet 2020 :
http://ghsl.jrc.ec.europa.eu/atlas2020Overview.php

 

L'Atlas est destiné à fournir des informations géographiques pour la recherche, la politique et l'action publiques. Il est basé sur le Global Human Settelment Layer (GHSL) qui intègre une variété d'informations géographiques. L'intérêt de cette source est de reposer sur des données de recensement, mais aussi sur des observations à partir d'images satellites et de données prélevées directement sur le terrain (volontereed geographic information). Les méthodes et les défis posés par cette nouvelle cartographie de données multisources à une échelle de précision inférieure à un kilomètre carré sont décrits dans un article scientifique de Duncan Smith publié en octobre 2017 dans la revue Journal of Maps.

Il s'agit de documenter "la présence de l'humanité sur Terre". L'objectif est de fournir des données pour réduire les risques en cas de catastrophe, pour favoriser la gestion des crises environnementales et pour aider à la décision en ce qui concerne des problèmes liés à l'urbanisation ou au développement durable. Ces données sont précieuses pour les Etats, pour les organismes publics chargés de l'aménagement ou de l'environnement, pour les ONG ayant à intervenir lors de catastrophes naturelles... 

Le GHSL et l'Atlas aimeraient atteindre certains objectifs à plus long terme, en particulier sur les définitions du rural et de l'urbain. Dans le Programme de développement durable pour l'horizon 2030, figure l'objectif de mieux définir les villes, les zones semi-denses et les régions rurales. Les définitions diffèrent selon les pays et ne sont pas claires. Les données existantes, telles que les enquêtes auprès des ménages entreprises lors des recensements dans les différents pays, sont souvent agrégées en fonction du degré d'urbanisation. Les trois classes proposées, à savoir les régions urbaines, semi-urbaines et rurales, sont susceptibles de mieux représenter les données démographiques dans le continuum urbain-rural.


Après avoir rappelé les techniques d'acquisition et d'analyse de données, l'Atlas développe une série d'exemples d'applications concernant la gestion des risques, l'urbanisation, le développement, avec des liens vers de nombreux sites portails à consulter et des bases de données à télécharger. La dernière partie de l'Atlas est consacrée aux principaux défis à relever pour le GHSL : établir une cartographie mondiale à échelle précise, mettre en place des techniques d'observation multi-capteurs, développer des modèles spatiaux et faire des typologies d'établissements humains, décrire la composante verticale des agglomérations à grande échelle, améliorer la cartographie de la répartition mondiale de la population.

Accès à la base de données du GHSL :
https://ghsl.jrc.ec.europa.eu/download.php

 


Les données sont téléchargeables à différents niveaux de précision (de 2 mètres à 1 kilomètre voire 30 arcsec), à différentes dates (de 1975 à 2018) et en différentes projections (Mercator, Mollweide, WG84, UTM, ETRS89/LAEA Europe). Le site contient des guides et tutoriels, des outils d'analyse, des API qui accompagnent l'utilisateur et permettent des usages très variés.

Le GHSL a réussi à transformer ses données d'observation de la Terre en statistiques acceptées et partagées en ce qui concerne les installations humaines à l'échelle mondiale. Le projet a transformé une approche de recherche exploratoire en une méthodologie solide. En mars 2020, la Commission statistique de l'ONU, sur la base des données du GHSL, a adopté pour la première fois une définition mondiale des villes et des zones urbaines.

De nouvelles données ouvertes, inclusives et cohérentes peuvent être utilisées pour évaluer l’impact de l’humanité sur la planète, l’accès aux ressources et l’exposition aux risques. Ces nouvelles données et méthodes, produites dans le cadre du Global Human Settlement Layer, permettent de générer des informations exploitables pour soutenir la prise de décision par les gouvernements, les organisations et les individus. Le développement de nouvelles méthodes et la production de données géospatiales précises sur la population et les établissements est la première étape d'un suivi efficace du Programme de développement 2030 et de ses accords thématiques (le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, les Objectifs de développement durable, le Paris Climat Accord et le nouvel agenda urbain).

Le GHSL Data Package 2019 se compose de produits multitemporels, qui offrent un aperçu de la présence humaine dans le passé (1975, 1990, 2000 et 2014) :

  •     Grille de surface bâtie GHS dérivée de Sentinel-1
  •     Grille de surface bâtie GHS dérivée de Landsat
  •     Grille de population du SGH dérivée de GPW4.10
  •     Couches du modèle de règlement GHS (GHS-SMOD), dérivées de GHS-POP et GHS-BUILT

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