The History of Cartography (HOC) - University of Chicago Press :
https://press.uchicago.edu/books/HOC/index.html
Conçu à la fin des années 1970 par les historiens J.B. Harley (1932-1991) et David Woodward (1942-2004), ce projet monumental prévoyait une histoire des cartes et de la cartographie en six volumes. Il a fallu plusieurs décennies pour atteindre l'objectif, mais la collection est en passe d'être achevée.
Le volume 1 (La cartographie de la préhistoire européenne, classique et médiévale) est sorti en 1987, suivi du volume 2 (La cartographie des sociétés non européennes, 1992) et du volume 3 (La Renaissance européenne, 2007). Le volume 6, quant à lui (Cartographie du XXe siècle), est sorti avant les précédents en 2015. Le volume 4 (La cartographie dans l'Europe des Lumières) date de 2019. Il ne reste plus que le volume 5 qui couvrira le XIXe siècle et qui est encore en cours d'élaboration.

Ce projet d'édition et de recherche a été publié par The University of Chicago Press. Il a débouché sur la production d'une véritable encyclopédie de 409 entrées écrites par 193 contributeurs. Le principe est celui d'une encyclopédie cartographique avec des articles par ordre alphabétique écrits par des spécialistes. Les volumes 1 à 4 ainsi que le volume 6 sont téléchargeables en pdf par article :
- le volume 1 (Cartography in prehistoric, ancient, and medieval europe and the mediterranean) coordonné par J. B. Harley and David Woodward, paru en 1987.
- le volume 2-1 (Cartography in the traditional islamic and south asian societies) coordonné par J. B. Harley and David Woodward, paru en 1992.
- le volume 2-2 (Cartography in the traditional east and southeast asian societies) coordonné par par David Woodward and G. Malcolm Lewis paru en 1994.
- le volume 2-3 (Cartography in the traditional african, american, arctic, australian, and pacific societies) coordonné par David Woodward and G. Malcolm Lewis paru en 1998.
- le volume 3-1 (Cartography in the european renaissance) coordonné par David Woodward, paru en 2007.
- le volume 3-2 (Cartography in the european renaissance) coordonné par David Woodward, paru en 2007.
- le volume 4 (Cartography in the european enlightenment) coordonné par Matthew H. Edney et Mary Sponberg Pedley, paru en 2019.
- le volume 6 (Cartography in the twentieth century) coordonné par Mark Monmonier, paru en 2015.
La série complète sera disponible en format imprimé et numérique en 2027. Etant donné que la collection s'étend sur une longue période, les références utilisées peuvent être plus ou moins récentes. La collection garde néanmoins une grande cohérence, la diversité des contributeurs garantissant une certaine richesse.
Des vidéos ont été produites en complément. Elles présentent la cartographie au 18e siècle ou encore le rôle des cartes dans la visualisation scientifique.
En tant que directeur actuel du projet, Matthew H. Edney en a tiré un ouvrage Cartography. The Ideal and Its History qui fait un bilan et une synthèse de l'aventure The History of Cartography.
Ce qui est assez révolutionnaire dans ce projet (au moins pour l'époque), c'est de remettre les cartes dans leur contexte, de les traiter comme des objets sociaux créés par les hommes et les sociétés et permettant à leur tour d'influer sur eux. Certains articles sont devenus des classiques aujourd'hui, par exemple l'approche critique des cartes coloniales au XVIIe siècle et, au-delà, la question de ce que Brian Harley a appelé les « silences » des cartes : souvent, ce qui est absent d'une carte peut être aussi important que ce qui est réellement montré.
Le volume 6 sur la Cartographie au XXe siècle, dirigé par Mark Monmonier, permet de voir comment l'utilisation des cartes par les puissants a pu conduire à des formes d'injustice et d'inégalité : ce que Mark Momonnier a très bien montré dans ses travaux de recherche. Dans la même approche critique, on pourra se référer à l'article de Jeremy Crampton sur les cartes et la construction sociale de la race (pages 1232-1237), en particulier à l'analyse d'Amy Hillier concernant la pratique du « redlining » au XXe siècle (pages 1254-1260). Le redlining était une pratique discriminatoire en matière de logement. Au sens propre comme au sens figuré, il s'agissait de tracer des lignes rouges autour des quartiers urbains aux Etats-Unis de manière à déterminer les quartiers jugés indésirables pour accorder des assurances logement ou des hypothèques en fonction de la composition raciale de leurs emprunteurs et de leurs propriétaires. Cette pratique a eu pour conséquence de stigmatiser ces quartiers et les minorités qui y vivaient.
Lien ajouté le 7 janvier 2026
Le volume 5 consacré à La cartographie au XIXe siècle est annoncée pour 2027. Il sera dirigé par Roger J.P. Kain et Peter Collier. Les recherches personnelles du professeur Kain sur l'histoire de la cartographie moderne à grande échelle au Royaume-Uni, et sur la cartographie foncière en général, ont donné lieu à sept projets de recherche financés par des organismes externes et ont été récompensées par plusieurs prix. Peter Collier, coéditeur et ancien professeur à l'Université de Portsmouth (Royaume-Uni), est un expert en cartographie militaire et topographique des XIXe et XXe siècles. Il est membre actif de la Commission d'histoire de la cartographie de l'Association cartographique internationale. Collier a également contribué de manière significative au volume 6.
Le volume 5 consacré à La cartographie au XIXe siècle est annoncée pour 2027. Il sera dirigé par Roger J.P. Kain et Peter Collier. Les recherches personnelles du professeur Kain sur l'histoire de la cartographie moderne à grande échelle au Royaume-Uni, et sur la cartographie foncière en général, ont donné lieu à sept projets de recherche financés par des organismes externes et ont été récompensées par plusieurs prix. Peter Collier, coéditeur et ancien professeur à l'Université de Portsmouth (Royaume-Uni), est un expert en cartographie militaire et topographique des XIXe et XXe siècles. Il est membre actif de la Commission d'histoire de la cartographie de l'Association cartographique internationale. Collier a également contribué de manière significative au volume 6.
Le XIXe siècle fut l'ère de la cartographie . L'établissement des cartes s'institutionnalisa, se spécialisa et se professionnalisa si rapidement qu'un néologisme fut créé pour la désigner dès les années 1820 : « cartographie ». À partir des années 1850, les institutions et les pratiques de cette cartographie formalisée devinrent de plus en plus internationales, se diffusant à travers l'Europe et l'Atlantique et s'introduisant dans les sociétés asiatiques traditionnelles. Les débats des Lumières sur l'observation et la mesure étant rendus caducs par des instruments toujours plus performants et la modélisation statistique associée, les pratiques cartographiques s'uniformisèrent et le plan topographique, modèle de certitude technologique, devint la carte prototypique. Les gouvernements et les administrations des États européens réorganisés et industrialisés consacrèrent des ressources considérables à la création d'organismes cartographiques permanents afin de maintenir un contrôle territorial de plus en plus strict, tant au niveau national que dans les empires d'outre-mer. Les points de convergence avec la recherche scientifique se manifestèrent dans les nouveaux programmes gouvernementaux de collecte de données sur la société et l'environnement. La consommation de cartes a continué de croître, car la croissance économique, l'essor du sentiment national, l'augmentation des voyages et du tourisme, l'éducation de masse avec des programmes prescrits, l'introduction de techniques d'impression moins coûteuses et la création massive de nouvelles infrastructures urbaines et interurbaines ont toutes conduit à une large diffusion de la culture cartographique, à l'utilisation des cartes et à la croissance des entreprises de cartographie (source : The History of cartography)