La liberté de la presse dans le monde selon Reporters sans frontières


L’édition 2019 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) montre que la liberté de la presse recule en Europe et dans le monde. Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias. 

Pour accéder à la carte de Reporters sans frontières (en français) : http://rsf.org/fr/classement
 

Le classement est établi selon un indice composite, le World Press Freedom Index qui prend en compte le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l’information (voir la méthodologie).

Les pays sont colorés en fonction de leur classement. Les pays de couleur jaune pâle sont jugés « satisfaisants ». Les pays de couleur orange sont considérés comme « problématiques ». Les pays rouges sont dans une  « situation difficile » et les pays noirs sont dans une « situation très difficile ». En cliquant sur un pays au choix, on affiche son rang de classement, son score global et son évolution depuis 2018. Le site fournit en outre des analyses par continent. Les données sont téléchargeables au format CSV. La page archives permet d'accéder aux données des années précédentes avec possibilité de remonter jusqu'en 2002, date du premier rapport de RSF.
Extrait du rapport 2019 :

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5 places), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre. Et de la Russie (149e, -1 place), où le Kremlin a accentué la pression contre internet et les médias indépendants, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides. Le Vietnam (176e), talonné par la Chine (177e, -1), perd également une place. Dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée atteint l’antépénultième place (178e, +1), malgré la pacification de ses relations avec l’Ethiopie, tandis que le Turkménistan (180e, - 2) est désormais dernier, à la place de la Corée du Nord (179e, +1).

Les plus fortes dégradations affectent des régions en principe vertueuses. Cette année, c’est la zone Amérique du Nord et du Sud qui enregistre la plus grande dégradation de son score régional (+3,6%). Ce mauvais résultat n’est pas seulement dû aux piètres performances des Etats-Unis, du Brésil et du Venezuela. Le Nicaragua (114e), qui dévisse de 24 places, subit l’une des baisses les plus significatives en 2019. Les journalistes nicaraguayens qui couvrent les manifestations anti-gouvernement Ortega, considérés comme des opposants, sont fréquemment agressés.

L’Union européenne et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation du Classement (+1,7%). Dans cette zone qui reste celle où la liberté de la presse est la mieux respectée et qui est en principe la plus sûre, les journalistes doivent aujourd’hui faire face aux pires menaces : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie (111e), des attaques verbales et physiques notamment en Serbie ou au Monténégro (104e, -1), ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” en France (32e, +1), au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps. La stigmatisation des journalistes s’affiche aussi désormais de façon décomplexée : en Hongrie (87e, -14), les responsables du parti de Viktor Orban refusent de répondre aux questions des journalistes qui ne travailleraient pas pour des médias considérés comme des “amis du Fidesz”. En Pologne, ce sont les médias publics transformés en instruments de propagande qui permettent, de façon de plus en plus intensive, d’exercer des pressions sur les journalistes.


Cette carte peut être confrontée à celle de la Banque mondiale (Doing Business) qui établit chaque année un classement des pays libres dans le monde en fonction de 6 indicateurs (économiques, politiques et personnels) : http://i.redd.it/sp07qm12g9p01.png






 



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