Bruitparif, la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France


La plateforme carto.bruitparif.fr est produite par Bruitparif, l'observatoire du bruit en Île-de-France. Bruitparif est une association à but non lucratif qui réalise différentes missions d'intérêt général :

  • Caractériser le bruit en Île-de-France par la réalisation de mesures et de modélisation du bruit sur le territoire régional, la conduite d'études et d'enquêtes ;
  • Faire progresser les connaissances relatives aux impacts sanitaires et socio-économiques du bruit ;
  • Accompagner les acteurs institutionnels dans l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques efficaces de lutte contre le bruit, notamment pour établir des Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) ;
  • Informer et sensibiliser le grand public en ce qui concerne les problèmes de nuisances sonores de manière à les réduire.

I) Présentation de la plateforme cartographique Bruitparif 

Interface de la plateforme cartographique Bruitparif (source : carto.bruitparif.fr)



Cette plateforme permet de consulter les cartes stratégiques de bruit (CSB) élaborées au sein de la région Île-de-France, dans le cadre de la mise en œuvre de la directive européenne 2002/49/CE. Il s’agit d’un outil de référence en matière d’information du public. Trois sources de bruit sont cartographiées (routes, voies ferrées, trafic aérien) avec la possibilité de les cumuler. Accès aux statistiques d'exposition des populations pour les différents échelons territoriaux, téléchargement des cartes, module de localisation par saisie d'adresse... les fonctionnalités de la plateforme sont nombreuses. Un tutoriel permet de découvrir les différentes fonctionnalités de la plateforme :

Tutoriel de présentation de la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France Bruitparif


L'objectif des cartes de bruit est d'aider à la décision pour prévenir et réduire les expositions au bruit, l'objectif final étant d'améliorer le cadre de vie et la santé des riverains. Les cartes sont réalisées non par prélèvement direct du bruit, mais par modélisation informatique à partir de différentes sources (données de topographie, de trafic à différents horaires, de révêtement de chaussées ou de nature des voies ferrées, de composition du parc automobile...). Pour chaque zone, on peut obtenir des statistiques sur le niveau d'exposition de la population. Il est possible d’accéder aux données de la 4ème échéance, les plus récentes (produites en 2023), mais aussi aux données relatives à la période 2017-2022 (3ème échéance), et à la période 2007-2012 (1ère et 2ème échéances). 

D'après les données 2023, ce sont plus de huit millions et demi de Franciliens (soit 80% des habitants de la région) qui sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs à 53 décibels, objectif recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en raison du trafic routier. Plus d'un million se situent au-delà de la limite réglementaire française, moins stricte. Si le nombre de personnes exposées au bruit ferroviaire a tendance à diminuer, les nuisances sonores aériennes, elles, se sont aggravées en raison de la densification de certaines communes survolées par les avions et de la hausse du trafic aérien. 

II) Les indicateurs utilisés pour élaborer des cartes de bruit

Le niveau sonore sur une carte de bruit est représenté à partir d'indicateurs de bruit. L’intensité sonore d’une source donnée varie au cours du temps sur une journée et la perception de l’intensité sonore par l’être humain est différente le jour, le soir et pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle on décompose une journée de 24h en trois périodes : le jour entre 6h et 18h, le soir entre 18h et 22h et la nuit entre 22h et 6h et que l’on exprime les niveaux sonores à l’aide de moyennes énergétiques sur ces périodes de temps considérées :
  • Ld (pour Level day) correspond à la moyenne de bruit sur la période 6h-18h
  • Le (pour Level evening) correspond à la moyenne de bruit sur la période 18h-22h
  • Ln (pour Level night) correspond à la moyenne de bruit sur la période 22h-6h
Deux indicateurs réglementaires, définis au niveau européen, doivent être utilisés a minima pour produire les cartes de bruit. Ils sont issus ou dérivés de ces indicateurs par période. Il s’agit du :
  • Lden (pour Level day evening night) qui correspond à un indicateur de bruit global perçu au cours de la journée qui tient compte de la sensibilité plus forte des individus au bruit sur les périodes de soirée et de nuit. Ainsi, l’indicateur Lden est calculé à partir des indicateurs Ld, Le et Ln en appliquant des pondérations de +5 dB(A) et de +10 dB(A) respectivement aux niveaux de bruit de soirée et de nuit.
  • Ln ou Lnight qui correspond à la moyenne énergétique de bruit sur la période 22-6h.
Ces indicateurs sont exprimés en dB(A) – décibel pondéré A – qui est l’unité utilisée pour évaluer le niveau sonore perçu par l’oreille humaine. Il faut savoir en effet qu’un bruit émis est composé de plusieurs sons allant du grave à l'aigu (le spectre fréquentiel) et que notre oreille ne perçoit pas de la même manière ces différentes fréquences. Elle est plus sensible aux moyennes et hautes fréquences qu’aux basses fréquences. Le filtre A est utilisé pour représenter cette sensibilité de l’oreille aux différentes fréquences.

Les cartes de bruit représentent les valeurs de ces indicateurs évalués pour une journée moyenne annuelle sous la forme d’aplats de couleur par tranche de 5 en 5 dB(A). Afin de faciliter la lecture des cartes, une échelle de couleurs est appliquée aux différents niveaux de bruit. Sur l’échelle réglementaire, établie selon la norme NF S 31 130, les zones les plus bruyantes apparaissent en violet alors que le vert fait ressortir les secteurs plus calmes.

Des cartes de dépassement de seuil sont également produites. Elles permettent de représenter les zones susceptibles de contenir des bâtiments dont les façades sont exposées à un niveau sonore moyen qui excède les valeurs limites réglementaires définies par la France. Ces valeurs limites dépendent de la source de bruit et de l’indicateur.

Carte des zones de dépassement de la valeur limite réglementaire de 68 dB(A) pour l’indicateur Lden.


Lien ajouté le 28 mai 2024


Lien ajouté le 30 novembre 2024

Europe’s Noise Capital Tries to Turn Down the Volume. www.bloomberg.com/news/feature...

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— Veille Géographie Académie Lille (@veillegeolille.bsky.social) 30 novembre 2024 à 09:13
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Des outils d'IA gratuits pour identifer un lieu à partir d'une photographie

 

Vous connaissez peut-être le jeu Geoguessr (65 millions de joueurs en 2023) où il s'agit, à partir d’une image Street View, d'identifier son emplacement. Il se pourrait que les nouvelles applications de géolocalisation en ligne viennent offrir une sérieuse concurrence à ce jeu. La géolocalisation d'images à l'échelle planétaire constitue un problème important en raison de la diversité des images et de la difficulté à les interpréter. Même si l'on en est encore à l'aube des outils de géolocalisation par intelligence artificielle, ceux-ci progressent rapidement et donnent des résultats de plus en plus précis. Ce billet présente quelques outils en ligne gratuits permettant d'identifier un lieu à partir d'une simple photographie.


I) GeoSpy, un outil récent mais déjà prometteur

L'application GeoSpy est sortie fin décembre 2023 dans une version beta. La version 0.1 montre des résultats prometteurs, notamment en milieu urbain. L'utilisation est assez simple : il suffit de déposer une photographie d'un lieu et l'application en recherche les coordonnées géographiques. Les résultats ne sont pas toujours précis, mais le taux d'erreur reste acceptable. Il est conseillé d'utiliser des plans un peu larges prenant en compte plusieurs bâtiments, sinon l'application a tendance à se focaliser sur tel ou tel détail architectural. Malgré quelques imperfections, l'outil est en train de gagner en popularité auprès de la communauté du renseignement open source. Le site Bellingcat, qui s'intéresse également à la géolocalisation d'images par des chatbots, est en train de le tester pour l'intégrer à sa panoplie d'outils. L'application peut s'avérer très pratique pour lancer des défis ou accompagner des enquêtes OSINT. Cyber-Détective donne un exemple d'utilisation de GeoSpy avec Openstreetmap pour géolocaliser des panneaux routiers

Contrairement aux méthodes traditionnelles, GeoSpy ne nécessite aucune interrogation par écrit. Son efficacité est liée à la méthode CLIP de lecture d'image par clustering d'OPenAI décrite dans cet article "PIGEON : Predicting Image Geolocations". Le système utilise une combinaison de modèles : CLIP pour comprendre les images dans le contexte du langage naturel, OCR (Optical Character Recognition) pour extraire le texte des images et LLM (Large Language Models) pour comprendre et générer du texte. Dans les prochaines versions, Geospy utilisera des graphes de connaissances, ce qui devrait constituer une avancée significative.

Interface de l'application GeoSpy version 0.1 (source : GeoSpy)



II) Picarta, un service de base gratuit

Picarta, qui vend des services de géolocalisation aux entreprises, offre un service de base pour géolocaliser des images. Il faut cependant s'inscrire pour afficher les résultats sur une carte. Dans l'exemple pris ici, l'application a bien reconnu qu'il s'agissait d'une image de favela au Brésil. Elle a même réussi à indentifier la ville, Rio de Janeiro. Les coordonnées géograhiques restent toutefois un peu imprécises par rapport à la localisation exacte de la favela de Rocinha (écart d'environ 500m).

Interface de l'application Picarta (source : Picarta)



III) Geolocation Estimation, un outil adapté également aux paysages naturels

Alors que la plupart des outils d'IA sont plutôt adaptés au milieu urbain où les batiments sont plus facilement reconnaissables, Geolocation Estimation procède par détection automatique de scènes selon une méthode décrite dans cet article. Ce qui permet de l'utiliser pour des paysages ruraux ou naturels peu denses. L'application propose plusieurs lieux possibles selon les degrés de probabilité indiqués sur une heatmap. Elle permet aussi de récupérer les données EXIF de l'image, si elles sont disponibles. Comme dans les cas précédents, on relève quelques approximations dans la géolocalisation même si l'île de la Réunion a bien été identifiée pour la photographie choisie.

Interface de l'application Geolocation Estimation (source : Geolocation Estimation)



IV) Kosmos-2, une application utile pour commenter une image

Kosmos-2 ne permet pas de récupérer les coordonnées géographiques d'un lieu. Mais l'application peut s'avérer utile pour en obtenir une description sommaire. Une fois la photographie téléchargée et analysée, on obtient un commentaire de l'image où chaque élément du descriptif renvoie à une partie de l'image avec un code couleurs permettant d'associer les deux.

Interface de l'application Kosmos-2 (source : Kosmos-2)


V) Intégrer les photos géolocalisées dans QGIS

Le site Geography Realm propose un tutoriel pour intégrer des photos géolocalisées dans QGIS. 

Les logiciels SIG comme QGIS peuvent lire des images avec des coordonnées géographiques codées, permettant ainsi de cartographier le lieu de prise de vue. L'intégration de ces photographies à vos projets QGIS améliore la visualisation des informations de terrain et offre une connaissance approfondie des situations spatiales. L'intégration de photographies géolocalisées dans QGIS améliore également la compréhension visuelle dans des domaines tels que la surveillance environnementale, l'urbanisme et les relevés de terrain. Une fois que l'on a géolocalisé toutes les photos à l’aide des différentes solutions proposées, on peut ensuite cartographier les emplacements à l’aide du plugin « Importer des photos » dans QGIS.

Pour compléter

« A partir d'une simple photo, cette intelligence artificielle peut vous géolocaliser instantanément » (BFM-TV)

« PIGEON : Predicting Image Geolocations » (arXiv:2307.05845)

« Férus de Géographie » (@FerusdeGeo) propose de reconnaître des lieux géographiques à partir de photographies, avec le hashtag #geofinding. Il devient si facile d'utiliser des outils de géolocalisation pour résoudre les énigmes qu'il est bien préciser : "N’oubliez pas de justifier le mode opératoire qui vous a permis de trouver le lieu, c’est cela qui détermine la Victory".

« Enquête sur la géolocalisation, les métadonnées et les données de localisation implicites : conseils, astuces et outils » (Plessas.nrt). De plus en plus d'outils en ligne proposent une technologie de géolocalisation qui permet de déterminer un emplacement affiché sur des photos, des vidéos et d'autres formes de médias. Cela peut être une capacité essentielle pour les analystes OSINT qui cherchent à localiser un lieu ou une personne d'intérêt. Cependant, il est impératif de savoir quel outil répondra le mieux à vos besoins pour le type d'enquête que vous suivez. 

Lien ajouté le 4 novembre 2025

Photo de presse ou pièce à conviction judiciaire ? Quand les photojournalistes enquêtent en zone de guerre (La Revue des médias). Le travail des photographes peut constituer une aide précieuse pour documenter les lieux de crimes de guerre et aider une justice débordée, comme en Ukraine.

Articles connexes

Quand l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique permettent de repérer des bidonvilles à partir d’images satellitaires et aériennes

Pour aider à géolocaliser des photographies, Bellingcat propose un outil de recherche simplifié à partir d'OpenStreetMap



Recension d'ouvrages de cartographie historique


Matthew Edney a recensé sur son blog "Mapping as a process" une liste d'ouvrages de cartographie historique parus durant l'année 2023. Parmi la liste, on trouve quelques ouvrages accessibles en open data.


Ouvrages disponibles en open data :

  • Trudel, Claude. 2023. Atlas du Québec en Amérique et dans le monde : Cartes et plans géographiques et historiques du 16e siècle à nos jours,  Le monde en images, Centre collégial de développement de matériel didactique, collège de Maisonneuve.
    URL : https://monde.ccdmd.qc.ca/ressource/?id=137859
    Ce livre propose trois types de documentation : un répertoire chronologique de cartes et de plans, depuis le 16e siècle jusqu’à nos jours ; plusieurs cartes et plans commentés ; une bibliographie exhaustive. Le répertoire chronologique contient une sélection de cartes et de plans relatifs au Québec. Les liens pointent vers les documents numériques originaux, dans les collections de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Archives de Montréal, Bibliothèque nationale de France, Bibliothèque du Congrès, et autres.

  • Lange, Diana, and Oliver Hahn. 2023. Colours on East Asian Maps: Their Use and Materiality in China, Japan and Korea between the Mid-17th and Early 20th Century. Leiden : Brill.
    URL : https://opus4.kobv.de/opus4-bam/files/56968/Lange_Hahn_Asian_Maps.pdf
    « Les couleurs sur les cartes de l’Asie de l'Est. Leur utilisation et leur matérialité en Chine, au Japon et en Corée entre le milieu du XVIIe et le début du XXe siècle » (voir ce billet)

  • Alexander, Isabella. 2023. Copyright and Cartography : History, Law, and the Circulation of Geographical Knowledge. London: Bloomsbury Academic.
    URL : https://library.oapen.org/handle/20.500.12657/74780
    Ce livre explore les histoires étroitement liées de la cartographie et du droit d'auteur en Grande-Bretagne depuis le début de la période moderne jusqu'à la Première Guerre mondiale, en se concentrant principalement sur les XVIIIe et XIXe siècles. Adoptant une approche multidisciplinaire et faisant un usage intensif des archives, il s'agit du premier compte rendu historique détaillé de la relation entre les cartes et le droit d'auteur. À ce titre, il examine comment l’émergence et le développement du droit d’auteur ont affecté les cartographes et le commerce des cartes et comment l’application du droit d’auteur au domaine de la cartographie a affecté le développement de la doctrine du droit d’auteur. Ses explorations jettent un nouvel éclairage sur la circulation des connaissances géographiques, les différentes cultures d’auteur et de créativité, ainsi que les liens entre le droit d’auteur, la culture de l’imprimé, la technologie et la société. 

  • Jeske, Martin. 2023. Ein Imperium wird vermessen : Kartographie, Kulturtransfer und Raumerschließung im Zarenreich (1797–1919). Berlin : De Gruyter.
    URL : https://library.oapen.org/handle/20.500.12657/63491
    Ce livre porte sur la cartographie et les mesures de la Russie tsariste au XIXe et au début du XXe siècle. Il considère l'étude topographique et cartographique du plus grand pays du monde comme un aspect de la territorialisation de la Russie et examine l'importance des transferts culturels depuis l'Europe occidentale. Les cartes interprétées ici révèlent les images fragmentaires de cet immense empire qui ont été créées au cours du processus.

Articles annexes

The History of Cartography : une collection monumentale consacrée à l'histoire mondiale de la cartographie

La grille de Jefferson ou comment arpenter le territoire américain

Derrière chaque carte, une histoire (série de billets)

L'histoire par les cartes (série de billes) 

Rubrique cartes et atlas historiques


Parcellaires agraires et dynamiques d'exploitation du sol dans la longue durée (projet Parcedes)


Le projet PARCEDES, financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), a pour but d’étudier l’organisation et l’évolution des parcellaires agraires – ou limites de champs – de la Protohistoire à nos jours. Cette analyse se déroule sur quatre terrains différents situés entre la France (Vendée et territoire Nîmois), l’Italie (vallée de l’Ombrone – Toscane) et l’Angleterre (South Hams – Devon) et implique plusieurs institutions et centres de recherche (entre autres, Université Rennes 2, Université de Sienne, Université de Newcastle et l’INRAP).

Ce choix reflète le souci de confronter des espaces différents et/ou similaires mais complémentaires du point de vue:

  • du contexte géographique et topographique,
  • des limites agraires existantes (fossés, earth banks, crêtes de labour…)
  • du poids historique de l’héritage romain
  • des usages économiques des terres
  • des expériences scientifiques locales

L’ANR Parcedes, en se positionnant dans le champ des travaux de l’école française d’archéogéographie, qui évalue, sur le long terme, le rôle joué par le temps et les sociétés dans la transmission des planimétries (agraires et urbaines), poursuit trois objectifs :

  1. Faire l’histoire de la variabilité spatiale et temporelle de l’emprise humaine sur les espaces ruraux et des manières selon lesquelles les sociétés ont composé avec les spécificités et contraintes des milieux géographiques
  2. Élargir la notion de patrimoine aux structures agraires encore visibles dans les campagnes européennes
  3. Démontrer que ces parcellaires constituent un objet de recherche utile pour penser la durabilité des projets d’aménagements actuels des espaces ruraux.

Cette approche comparée entre quatre terrains et cette synergie collective vise à identifier des scenarii généraux d’évolution des parcellaires agraires, sans pour autant écraser les diversités locales. Toutes les données collectées au cours de l’ANR, sur tous les terrains de recherche, sont traitées et modélisées, puis mises à disposition sur un webSIG en open access hébergé par la TGIR Huma-Num via le consortium « Projets Time Machine ».

Version inédite des 3 webSIG de l’ANR PARCEDES :


Articles connexes


Derrière chaque carte, une histoire : Colombia Prima ou l'Amérique du Sud en 1807


Colombia Prima est le nom d'une carte détaillée de l'Amérique du Sud avec ses différentes possessions coloniales, telles qu'elles pouvaient exister sur le continent au début du XIXe siècle. La carte monumentale mesure 110 cm par 79 cm. Elle a été dessinée par le cartographe anglais Louis Stanislas D'Arcy Delarochette et publiée en 1807 par William Faden, géographe de Sa Majesté et de Son Altesse Royale le Prince de Galles. Elle se compose de 8 feuilles détaillées avec différentes échelles. Il s'agit d'une compilation réalisée à partir de nombreuses sources qui sont toutes énumérées en dessous du titre. Le but est de « délimiter l'étendue de notre connaissance de ce continent à partir des dernières enquêtes espagnoles et portugaises ». 

Colombia Prima (1807) ou l'Amérique du Sud par William Faden (source : David Rumsey Map Collection)

La carte constitue une référence et a été utilisée pour régler de nombreux conflits frontaliers à travers le continent. Les limites des dominations espagnoles, portugaises, françaises et hollandaises y sont nettement reconnaissables par des couleurs vives réhaussant les frontières. Par sa taille et sa précision, la carte de William Faden ne peut être comparée qu'à la carte d'Aaron Arrowsmith publiée à la même époque. Si on la compare à la carte de Cruz Cano y Olmedilla de 1775, rééditée par Faden en 1790, elle est beaucoup plus précise et montre le découpage colonial de l'Amérique du sud juste avant la vague des indépendances des années 1810-1820. La carte de Faden de 1807 a fait l'objet de plusieurs rééditions, dont celle de James Wyld dans les années 1860 montrant l'apparition de nouveaux états ainsi que le développement du chemin de fer dans certaines zones.

Colombia Prima ou carte de l'Amérique du Sud vers 1860 (source : David Rumsey Map Collection)


La carte de 1807 Colombia Prima fait référence à une Colombie qui contient encore toute l'Amérique du Sud. Si on la compare à la Mapa de Colombia publiée quelques années plus tard en 1827 par José Manuel Restrepo, on s'aperçoit que la Colombie ne couvre plus tout le continent, mais seulement les territoires que nous reconnaissons aujourd'hui comme appartenant à la Colombie, au Panama, à l'Équateur, au Venezuela et à certaines parties de la Guyane et du Brésil. Comme le montre Lina Del Castillo, « Restrepo a besoin d'une carte de la Colombie scientifiquement informée qui permettrait de faire reconnaître son indépendance vis-à-vis de toutes les puissances étrangères » (Castillo, 2018).

Mapa de Colombia (1827) par José Manuel Restrepo (source : David Rumsey Map Collection)

Carmen Marques Rodrigues a écrit un article sur les conditions de production de la carte de 1807 dans un numéro spécial de la revue História e Cultura consacré à La culture imprimée à l’époque moderne : débats et possibilités (XVe-XVIIIe) publié en portugais en 2023. Dans cet article (disponible en open data), elle s'intéresse aux relations entre la culture imprimée et les intérêts diplomatiques portugais à la fin du XVIIIe siècle. Elle met notamment en évidence le rôle de Luís Pinto de Sousa Coutinho (1735-1804), vicomte de Balsemão, pour fournir plusieurs cartes du Brésil au géographe anglais William Faden (1749-1836), dans le but d'influencer la conception d'une Amérique portugaise sur la carte Colombia Prima publiée en 1807. Selon Carmen Rodrigues, la carte Colombia Prima représente la synthèse des connaissances géographiques portugaises sur la Brésil, accumulées tout au long du XVIIIe siècle. En participant à cette construction, le Vicomte de Balsemão avait l'intention d'utiliser l'autorité de la carte pour montrer les limites des possessions portugaises en Amérique du Sud, consolidant ainsi auprès d'une opinion publique éclairée les limites continentales du Brésil face à une Amérique espagnole sur le point de s'effondrer.  

Selon l'historienne Lina del Castillo, Francisco Miranda a eu une grande influence sur ce travail et « l’indice le plus évident qui suggère que Colombia Prima pourrait refléter la vision de Miranda, c’est précisément le titre » (Castillo, 2012, p. 385). En renommant l'Amérique du Sud Colombie, Faden corroborait les aspirations indépendantistes de Miranda, qui utilisait cette nouvelle appelation pour faire référence à un continent indépendant (Castillo, 2012, p. 385 et 2017, p. 119). Quelques années plus tôt, en 1783, Miranda entreprit un voyage à travers les États-Unis et c'est lors de cette tournée qu'il découvrit le nom par lequel les Républicains nord-américains désignaient autrefois l’Amérique : Columbia. « L'argument selon lequel le Nouveau Monde devrait porter une partie du nom de Christophe Colomb à la place d'Américo Vespucci circulait déjà dans les Amériques et en Europe depuis le début du XVIe siècle » (Castillo, 2017, p. 116). En effet, comme le montre l'historienne Andréa Doré, les cartes avec leurs « éléments rhétoriques de persuasion, de propagande ou de spéculation » sont capables de nommer et de renommer la géographie selon les circonstances (Doré, 2020, p. 213). C'est ainsi qu'au XVIe siècle, certains cartographes ont décidé d'appeler la partie sud du nouveau continent découvert par Colomb Peruana, s'inspirant des immenses richesses du Pérou. En élargissant le nom à l'ensemble continent, ces hommes voulaient que les richesses péruviennes soient également présentes sur l'ensemble de ces terres. 

Comme le montre Carmen Rodrigues, « la cartographie, souvent considérée comme un miroir objectif de la réalité géographique est, en fait, profondément influencée par une myriade d’intérêts sociaux, politiques et économiques. Les représentations visuelles des territoires et des frontières dans les cartes ne sont pas simplement une transcription impartiale des contours géographiques, mais reflètent activement les intentions et les perspectives des individus qui ont façonné ces représentations. Au sein de la société des Lumières, hommes politiques et individus liés à l’État, la circulation de l'information et des objets cartographiques devient une composante stratégique. Le réseau de relations entre géographes, diplomates, dirigeants et collectionneurs influence la production et la diffusion de cartes, qui ne se sont pas produites en vase clos. Grâce à ces connexions, les cartes n'étaient pas seulement des représentations neutres de données géographiques, mais reflétaient des programmes plus larges » (Rodrigues, 2023, p. 118-119).

Sources : 

Rodrigues, Carmen (2023). Colombia Prima : As Relações entre Cultura Impressa e os Interesses Diplomáticos Portugueses no Final do Século XVIII [Colombia prima. Les relations entre la culture imprimée et les intérêts  diplomatiques portugais à la fin du XVIIIe siècle], História e Cultura. Dossiê Temático. Cultura impressa no período moderno : debates e possibilidades (XV-XVIII), v.12, n.2, dez/2023. URL : https://seer.franca.unesp.br/index.php/historiaecultura/issue/view/206

Del Castillo, Lina. (2012). La cartografía impresa en la creación de la opinión pública en la época de la independencia [Le rôle de la cartographie imprimée dans la création de l'opinion publique pendant la période de l'indépendance]. Dans Francisco A. Ortega Marínez et Alexander Chaparro Silva (éd.), Disfraz y pluma de todos: Opinión pública y cultura política, siglos XVIII y XIX (377-420). Bogotá : Universidad Nacional de Colombia et Helsinki URL : https://razoncartografica.files.wordpress.com/2012/10/lina-del-castillo-cartografia-impresa-independencia.pdf


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L'histoire par les cartes : une série de 14 films documentaires sur les cartes portulans (BNF)


L'histoire par les cartes : La France aux Amériques ou la naissance des mondes atlantiques

Europe : 12 cartes et un projet (exposition virtuelle de la BNE)


À l’occasion de la présidence espagnole du Conseil de l’Union européenne en 2023, la Bibliothèque nationale d’Espagne (BNE) lance l’exposition virtuelle « L’Europe : 12 cartes et un projet ». L’exposition, fruit de la collaboration entre l’institution culturelle et le Bureau de coordination de la présidence espagnole du Conseil de l’UE, propose un voyage historique à travers l’idée d’Europe et la représentation cartographique du continent à travers différentes cultures et périodes historiques. L’exposition couvre une période allant de la Grèce classique au XXIe siècle, en passant par des étapes clés dans la formation de l’identité européenne tels que le Moyen Âge, la Renaissance, le Siècle des Lumières et le XXe siècle, et montre l’évolution de la cartographie jusqu’à sa consécration en tant que science.

La collection comprend des exemplaires de valeur, dont des cartes d’auteurs classiques comme Ptolémée et Pomponius Mela, d’auteurs médiévaux comme Isidore de Séville, et d’auteurs de la Renaissance comme le cartographe Sebastian Münster, éditeur de l’une des premières cartes montrant le continent américain avec son nom actuel. Des cartes plus modernes sont également exposées, des cartes des XIXe et XXe siècles qui reflètent l’histoire mouvementée qui a façonné l’identité européenne, avec en point d’orgue une grande carte de l’UE, symbole de l’unité du continent et de ses valeurs partagées.


« Mais l'Europe avait un visage, une forme et une silhouette »  (María Zambrano, L'agonie de l'Europe, 1940)

En complément :

L'Europe à travers les collections de la Bibliothèque nationale d'Espagne. En cliquant sur le lien, vous pouvez visualiser un ensemble d'oeuvres disponibles par pays. Le fichier est visualisable directement dans Google Earth ou exportable sous la forme d'un fichier kml.


Liens ajoutés le 22 décembre 2023




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Étudier la fréquentation touristique dans les villes espagnoles à partir des données de téléphonie mobile

Le brouillage et l'usurpation de signaux GPS participent de nouvelles formes de guerre électronique


Les cas d'usurpation de signaux GPS sont de plus en plus fréquents aujourd'hui. Le « GPS spoofing », comme on le nomme, est pratiqué par la Russie, l'Ukraine, la Syrie, Israël et beaucoup d'autres pays dans le monde. Il s'ajoute au brouillage GPS, qui consiste à bloquer ou interférer intentionnellement avec les signaux GPS à l'aide d'un appareil appelé brouilleur GPS. Ces appareils transmettent des signaux radio sur la même fréquence que les satellites GPS, perturbant la capacité des récepteurs GPS à capter les signaux légitimes nécessaires à leur fonctionnement. Un appareil GPS recevant un signal brouillé devient incapable de déterminer sa véritable position. Il concerne les zones de conflits ou de tensions comme en témoigne la cartographie réalisée sur la plateforme Felt.

Cartographie des secteurs d'usurpation d'identité GPS entre le 11 et le 17 décembre 2023 (source : Felt)

Pratiquée à grande échelle, la manipulation des services de navigation par satellite participe de la guerre électronique (« La nouvelle guerre GPS et ses risques », Le Monde, 2019). Pour Matt Berg, l'usurpation d'identité GPS épaissit le brouillard de la guerre. Israël utilise cette technique à son avantage. Mais d'autres pays comme l'Iran, la Russie ou les Etats-Unis ont aussi recours au brouillage électronique. Cette technique de masquage des signaux satellites semble être un moyen astucieux d’épaissir le brouillard de la guerre face à des capacités de reconnaissance toujours croissantes. Mais les experts craignent qu’elle ne propage ce brouillard au-delà du champ de bataille, créant ainsi un avenir de guerre encore plus chaotique et imprévisible. Il existe un risque que le brouillage ou l'usurpation de données GPS perturbe le transport aérien civil. Et il est également possible qu’un missile mal orienté, initialement dirigé vers une cible militaire, puisse toucher par erreur des civils, ce qui est déjà arrivé. (« GPS spoofing thickens the fog of war », Politico, 2023).

Tout en reconnaissant l'importance du brouillage et de l’usurpation d’identité GPS, Robi Sen porte un regard critique sur l’article de Matt Berg. Les menaces seraient à relativiser. Les systèmes GPS présents sur les plateformes disposent désormais de mesures de sécurité anti-brouillage et anti-usurpation d'identité. D'autres systèmes de guidage que le GPS sont utilisés par les belligérants, notamment pour les missiles. Le brouillage et l’usurpation d’identité pratiqués à grande échelle par Israël ne sont pas quelque chose de nouveau. D’autres acteurs font de même, notamment la Russie. Ce serait bien d'avoir des articles sur l’évolution du paysage de la guerre électronique, en termes d'opportunités et de défis. À mesure que ces technologies progressent, il est impératif d’évaluer continuellement leurs implications éthiques et pratiques. L’utilisation de techniques d’usurpation d’identité GPS, avec leur divers scénarios, soulève des questions quant à leur impact plus large sur les infrastructures civiles et sur les lois internationales. Cela devrait être également discuté (« Quick Critical Look at "GPS Spoofing Thickens the Fog of War" by Matt Berg », Linkedin, 2023).

Tegg Westbrook, de son côté, montre à quel point le système de positionnement global et le brouillage militaire débouchent sur de nouvelles géographies de la guerre électronique  (« The Global Positioning System and Military Jamming: The geographies of electronic warfareJournal of Strategic Security », 2019). Il souligne le fait que la grande majorité des récepteurs GPS sont très sensibles au détournement en raison de la faiblesse des signaux reçus à partir de satellites en orbite lointaine. Cette faiblesse du signal crée de nombreuses opportunités pour les criminels ainsi que pour les acteurs étatiques en quête de gains stratégiques. Les brouilleurs varient eux-mêmes en puissance et en capacité. Ces facteurs sont déterminants quant aux intentions des utilisateurs finaux. Le brouillage est utilisé pour bloquer le suivi GPS. Il peut également être utilisé à des fins de harcèlement ou pour désorienter les informations de navigation et de positionnement. Le brouillage est souvent aveugle et provoque des perturbations intentionnelles et non intentionnelles qui transcendent les frontières. Pour Tegg Westbrook, l'un des problèmes les plus préoccupants liés au brouillage ou à l'usurpation concerne les cas où les utilisateurs ne sont pas conscients qu'ils reçoivent des données de navigation et de localisation inexactes. Les systèmes militaires basés sur le GPS, tels que les drones utilisés dans les zones de conflit ou à proximité des frontières d’États « ennemis », sont vulnérables au brouillage et à l’usurpation d’identité. Il n’est pas réaliste pour les gestionnaires d’infrastructures critiques, en particulier dans les zones urbaines denses, de créer des distances de sécurité physiques suffisantes pour atténuer les interférences.

Le site GPSJam fournit une cartographie  des zones probables d'interférences GPS. Cette cartographie est dressée à partir des rapports fournis par le système de navigation des avions (données ADS-B Exchange). Ces données représentées sous forme d'hexagones ont une précision relative. Les compagnies aériennes évitent par exemple de survoler l'Ukraine, ce qui explique la quasi absence de données pour certaines zones géographiques. Il est remarquable que des pays entiers voire des grandes zones continentales échappent à la détection des signaux brouillés dans GPS Jam. Ce que l'on peut considérer comme des "déserts de données". Mises à jour quotidiennement, ces données permettent néanmoins d'appréhender les évolutions et les permanences dans les zones de conflictualité.

Cartographie des zones d'interférence GPS sur le site GPSJam



Concernant le trafic maritime, des cas de détournement ou de coupure de signaux AIS sont visibles à travers des sites comme Marine Traffic ou Vessel Finder qui permettent de suivre la localisation des navires en temps réel. Mais certaines données, notamment l'historique des données AIS, sont accessibles uniquement en version payante. La désactivation des signaux AIS peut masquer le comportement des navires en mer, en particulier pour des navires pratiquant la pêche illégale (voir cette étude Hot spots of unseen fishing vessels). Au Venezuela ou en Ukraine, il n'est pas rare que des navires utilisent des fausses coordonnées GPS et détournent le système AIS pour contourner le droit et les sanctions internationales (New York Times, 2022).

Géolocalisation des navires et suivi du trafic maritime en temps réel sur le site Vessel Finder

Qu'il soit volontaire ou non, le brouillage (GPS jamming) est à distinguer de l'usurpation d'identité (GPS spoofing) qui peut aller jusqu'à des formes très sophistiquées, telles la transmission de faux signaux ou la diffusion d'informations malveillantes (« Jamming and Spoofing of Global Navigation Satellite Systems », Intertanko, 2019).

Lien ajouté le 26 février 2024

Lien ajouté le 6 avril 2024

Lien ajouté le 25 avril 2024

Le site Live GPS Spoofing Tracker utilise les données ADS-B du réseau OpenSky pour identifier et afficher en temps réel les positions des avions faisant l'objet potentiellement d'une usurpation d'identité. Les algorithmes ont été développés par SkAI Data Services en collaboration avec le Centre d'aviation de l'Université des sciences appliquées de Zurich. La carte met actuellement en évidence des niveaux élevés d'activité de falsification et de brouillage GPS en Méditerranée orientale, en Europe de l'Est et dans les pays baltes.

Lien ajouté le 14 mai 2024
Lien ajouté le 8 juin 2024
Lien ajouté le 13 décembre 2024

La carte de brouillage GPS de FlightRadar  analyse les données NIC (catégorie d'intégrité de navigation) pour déterminer où les signaux GPS sont brouillés ou subissent des interférences. La NIC est une mesure utilisée pour déterminer la qualité et la cohérence des données de navigation reçues par les avions et cette mesure indique la fiabilité des données de position d'un avion. FlightRadar utilise les valeurs NIC des avions du monde entier pour déterminer où le brouillage ou les interférences GPS sont affectés.

Lien ajouté le 6 mars 2025

« Le brouillage GPS, arme des guerres chaudes et hybrides, sera bientôt obsolète » (Strange Maps)
La guerre électronique est devenue la norme dans les zones de conflit du monde. Le brouillage GPS perturbe les missiles ennemis mais peut être mortel pour les avions civils. Les gyroscopes à semi-conducteurs pourraient bientôt rendre cette pratique obsolète. Cette technologie de navigation sans satellite contribuera sans aucun doute à rendre l’aviation civile un peu plus sûre, tout en rendant potentiellement les drones militaires beaucoup plus meurtriers.

Lien ajouté le 2 juillet 2025

« La guerre électronique détruit les systèmes de navigation des navires mondiaux » (Bloomberg). 
La guerre entre l’Iran et Israël a mis en évidence une faille critique dans les systèmes satellitaires rendant l’industrie qui transporte 80 % du commerce mondial vulnérable au brouillage de masse.

Lien ajouté le 9 octobre 2025

« Avertissement sur l'augmentation des interférences GPS au Moyen-Orient » (SeatradeMaritime). 

L’UK Maritime Trade Operations (UKMTO) alerte sur une hausse soudaine des interférences GPS dans le détroit d’Ormuz et la mer Rouge. Entre le 3 et le 7 octobre 2025, plusieurs navires ont signalé des perturbations électroniques dans ces zones de navigation majeures. Les anomalies GNSS et AIS se concentrent entre Bandar-e-Pars, Port-Soudan et le canal de Suez. Le Qatar a même suspendu la navigation le 4 octobre en raison d’erreurs de géolocalisation, avant de lever les restrictions deux jours plus tard. L’UKMTO invite les navires à signaler toute interférence et à ne pas dépendre uniquement du pilotage automatique. Ces incidents révèlent la vulnérabilité stratégique des détroits et l’importance croissante de la sécurité des systèmes de navigation.

Articles connexes




Le site Marine Traffic permet de visualiser la densité des routes maritimes

Shipmap, une visualisation dynamique du trafic maritime à l'échelle mondiale

Images satellites Maxar à télécharger en open data


Maxar exploite une flotte de satellites qui capturent des images de la Terre en haute résolution. En 2022, l'entreprise a gagné environ 1,6 milliard de dollars, en grande partie grâce à la vente des images produites par ses satellites. Maxar publie également des données ouvertes lors de crises majeures. Le programme Maxar Open Data fournit des images satellites haute résolution avant et après l'événement. L'objectif est de faciliter l'évaluation des risques et de fournir un appui à l'intervention d'urgence. La diffusion de ces données ouvertes participent en retour à la notoriété de l'entreprise.

Pour pouvoir télécharger ces images, il faut remplir au préalable un formulaire. Il est cependant possible d'accéder directement au catalogue ARD de Maxar pour une 30e de ces images. Les données prêtes pour l'analyse (ARD) offrent un flux d'images conçues pour minimiser le temps de travail nécessaire pour l'analyse.

Extrait d'image Maxar ARD de San Francisco avec masques de polygones (source : Maxar)

Catalogue Maxar ARD :

Qiusheng Wu, professeur agrégé à l'Université du Tennessee, gère un dépôt GitHub qui contient des métadonnées et des manifestes pour ces images Maxar mises gratuitement à disposition. Mark Litwintschik propose un tutoriel pour extraire et analyser ces images avec GDAL, Python et QGIS.

Autres sites donnant accès à des images satellites lors de catastrophes :

Articles connexes

Cartes et données sur les séismes en Turquie et en Syrie (février 2023)

Cartes et données sur le séisme au Maroc (septembre 2023)


Les images satellites Spot du CNES (1986-2015) mises à disposition du public

Images satellites Landsat 9 mises à disposition par l'USGS

Le programme Landsat, lancé en 1972, fête ses 50 ans d'observation de la Terre

La NASA met à disposition plus de 11 000 vues satellitaires prises ces 20 dernières années

Données météorologiques sur la France disponibles en open data


« Météo-France va supprimer fin 2023 toutes ses redevances de réutilisation de données publiques », indique le gouvernement dans un communiqué. Cette ouverture était réclamée depuis longtemps par les associations, les entreprises, les chercheurs. Le grand public pourra aussi en profiter. A partir du 1er janvier 2024, toutes les données et prévisions de Météo-France seront accessibles gratuitement et librement réutilisables. Cette évolution est la conséquence de la législation européenne qui impose depuis 2019 la mise à disposition gratuite, sauf exceptions, des données des services publics. La fin des redevances de Météo-France permettra un accès temps réel et à la fréquence de 6 minutes, aux données de plus de 2 000 stations d’observation et à l’ensemble de ses données de radars (40 radars de métropole et d’outre-mer) en temps réel et toutes les 5 minutes.



Présentation de la plateforme

La plateforme meteo.data.gouv.fr centralise des données téléchargeables et utilisables de manière libre et gratuite sur la météo et le climat. On y trouve des données climatologiques sur les stations de métropole et outre-mer ainsi que les données « mémoire du climat » qui permettent de constater les effets déjà observés du changement climatique.

La plateforme a vocation à être enrichie au fur et à mesure de nouvelles données, notamment en ce qui concerne :

  • les données d’observation mesurées par les stations météorologiques ;
  • les alertes météorologiques ;
  • les données radar ;
  • les modèles de données de prévision météorologique numérique (PNT).

La plateforme meteo.data.gouv.fr n’est pas un nouveau portail open data. C’est une exposition thématique du catalogue data.gouv.fr (comme transport.data.gouv.fr par exemple). Toutes les données disponibles le sont dans les mêmes conditions que sur le portail data.gouv.frCette plateforme s’inscrit dans une démarche plus large de construction de communs numériques facilitant la création de plateformes thématiques exposant de la donnée publique. La plateforme est en version bêta et les retours sont bienvenus.

Jeux de données disponibles

1- Données climatologiques de base

2- Données climatologiques de référence pour le changement climatique

Les données climatologiques de base sont géoréférencées à partir des stations météorologiques dont les coordonnées géographiques sont indiquées dans les fichiers csv. En ce qui concerne les données de référence pour le changement climatique, il convient d'importer les données SIM à partir du fichier shp  ou du fichier kml mis à disposition.

Pour compléter

Le Climate Data Store (CDS) est l'infrastructure de base qui soutient la mise en œuvre du Copernicus Climate Change Service (C3S) . Il permet de fournir des variables climatiques essentielles (ECV), des analyses climatiques, des réanalyses, des projections et des indicateurs à des échelles temporelles et spatiales pertinentes pour les stratégies d'adaptation et d'atténuation dans divers domaines d'intérêt. On y trouve notamment des données de projections CIMP6  qui étayent le 6e rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Il existe des dizaines de variables climatiques disponibles au niveau mondial (à télécharger par zones géographiques) disponibles sur la période 1950-2100.

Lien ajouté le 27 octobre 2025

« De la pluie en octobre, novembre ou… au printemps ! Découvrez les mois les plus arrosés dans votre ville » (Le Parisien). L’adage est bien connu : « En avril ne te découvre pas d’un fil, en mai fais ce qu’il te plaît ». Mais il ne semble pas vraiment adapté à certaines régions. En effet, le mois de mai est parfois celui… le plus arrosé de l’année !

🌧️ Il pleut beaucoup ces temps-ci, mais savez-vous que le mois le plus pluvieux n'est pas le même partout ?! La France est, grosso modo, divisée en quatre blocs : mai, octobre, novembre et décembre. Un fil à dérouler ⤵️ @leparisien.fr 1/8
[image or embed]

— Nicolas Berrod (@nicolasberrod.bsky.social) 27 octobre 2025 à 21:20
Lien ajouté le 3 février 2026

« L'évolution des précipitations près de chez vous depuis 1960 (Ouest-France).

Vous avez l'impression qu'il pleut plus qu'avant... ou moins ? Vérifiez avec cette application proposée par le journal Ouest-France. Le journal a épluché les données de pluviométrie compilées par Météo France depuis les années 1960 pour chaque commune française, afin de confronter vos impressions à la réalité des chiffres.


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Un globe 3D pour explorer le climat et ses évolutions vus de l'espace (site de l'ESA)

Analyser et discuter les cartes de risques : exemple à partir de l'Indice mondial des risques climatiques

CLIWOC. Une base de données climatologiques des océans à partir des journaux de bord des navires (1750-1850)

Tchernobyl : la météo nationale a-t-elle des cartes en 1986 ? Retour sur une polémique sur fond de complotisme