La contre-cartographie et les contre-données comme pratiques communicationnelles de résistance


La revue en sciences de l'information et de la communication Media and Communication consacre son numéro spécial de février 2026 à la cartographie des données, abordée du point de vue de la contre-cartographie et des pratiques de communication à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux. Dirigé par Sandra Jeppesen (Lakehead University) et Paola Sartoretto (Jönköping University), ce numéro thématique, disponible en libre accès, comporte des articles de recherche très intéressants sur une question qui croise pratiques cartographiques, approches sociotechniques et enjeux politiques et sociaux.

Sandra Jeppesen, Paola Sartoretto (2026). « Counter Data Mapping as Communicative Practices of Resistance », Media and Communication, vol 24, Cogitatio Press, https://doi.org/10.17645/mac.i502

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Ce numéro thématique présente des recherches analysant de manière critique la contre-cartographie conduite par des groupes communautaires qui s’approprient, collectent et utilisent des contre-données pour révéler ou remodeler des réalités spatiales. Les articles abordent un éventail de pratiques cartographiques dans le cadre d'approches sociotechniques multidimensionnelles, intégrant notamment les enjeux politiques liés aux différents usages de la représentation, de la visualisation, de l’interactivité et des imaginaires cartographiques. La contre-cartographie est ici envisagée comme une pratique communicative de résistance. Il s'agit de comprendre la manière dont la contre-cartographie peut être appréhendée comme une pratique communicative sociotechnique par laquelle des communautés marginalisées et vulnérables mobilisent collectivement les potentialités des technologies cartographiques pour rendre visibles et contester les causes profondes et les conséquences de la marginalisation. Les chercheurs étudient comment la contre-cartographie s’inscrit dans les notions de spatialité et de relationnalité, en explorant des dimensions d’analyse telles que la collecte des données, les objectifs, les capacités, les processus, les collaborations, l’appropriation, l’invisibilité stratégique, et en démontrant l’importance croissante de la multidimensionnalité sociotechnique dans la production et la cartopolitique des contre-cartes communautaires.

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