Cartographier les dommages subis par les populations civiles en Ukraine (Bellingcat)


Le site de journalisme d'investigation @Bellingcat propose une carte interactive documentant jour par jour les dommages causés aux civils en Ukraine. Le site recense les zones civiles frappées par des roquettes ou des missiles, la destruction d'infrastructures ainsi que les populations civiles blessées ou tuées. Cette base de données a commencé à être collectée dès le début de la guerre le 24 février 2022 et continue à être mise à jour au fur et à mesure du conflit. Il s'agit d'un travail remarquable quant à la collecte et à la vérification des données mises à disposition. 

Cartographie des dommages civils en Ukraine (ukraine.bellingcat.com)

Bellingcat et les membres de son Global Authentication Project ont enregistré et cartographié les incidents sur une time-map interactive. Chaque point sur la carte représente un incident concernant des dommages ou préjudices subis par des civils avec la localisation précise de l'incident. En cliquant sur un point, on accède à des informations sur l'incident, comprenant souvent un ou plusieurs liens intégrés vers des séquences ou des images illustrant ce qui s'est passé. On peut zoomer sur des lieux spécifiques et filtrer par types de faits. Comme par exemple le siège de Marioupol et son théâtre utilisé comme abri pour les civils (mais malheureusement bombardé).

Grâce à la timeline, on peut remonter à des événements anciens que l'on peut afficher par jour, par semaine ou par mois .Les journalistes et citoyens bénévoles ne cherchent pas à collecter tous les incidents mais garantissent n'indiquer que les faits dont les emplacements ont été identifiés et vérifiés (voir la méthodologie et le code éthique suivi par Bellingcat). Cette association ne cherche pas à « avancer des hypothèses sur le nombre  de victimes ou sur les parts de responsabilité dans le conflit, car ces facteurs sont difficiles à déterminer avec certitude à partir d'images et de documents visuels ».

Le site ukraine.bellingcat.com peut constituer « une ressource importante pour les recherches et enquêtes futures et un premier pas vers la responsabilité des crimes de guerre »  concernant les dommages matériels et les pertes humaines subies par les populations civiles.

cette carte montrant les dommages civils en Ukraine pour lesquels il existe des preuves en ligne, sur la base des données et de la carte originale de 

A partir des données rassemblées par Bellingcat, lya Boyandin (@ilyabo) a réalisé une cartographie animée consultable sur  ukraine-civilian-harm.vercel.app/.

Prolongements

Le site Cen4infoRes propose également une cartographie avec vérifications. Il s'agit d'une démarche participative pour cartographier, documenter et vérifier les informations afin de fournir des données fiables pour les décideurs politiques et les journalistes. Cette cartographie est tenue à jour par le Center For Information Resilience (@Cen4infoRes) dans le cadre d'un effort plus large pour lutter contre la désinformation et promouvoir des informations transparentes et vérifiées.

Le contenu est enregistré dans une base de données centralisée où le matériel est archivé pour une utilisation future par des chercheurs, des journalistes ou des autorités judiciaires ou administratives. 
Les épingles sur la carte représentent des incidents ou événements relatés à travers des vidéos, photos ou images satellites et ont fait l'objet d'une vérification pour identifier où et quand elles ont été prises. Le contenu est également marqué d'un niveau de violence concernant les images. Certaines des épingles sur cette carte peuvent avoir des emplacements aléatoires dans un rayon de 150 m pour assurer la sécurité de ceux qui ont produit le contenu. Les marqueurs verts indiquent le mouvement et l'accumulation de ressources militaires. Les marqueurs jaunes indiquent d'autres images. Les marqueurs orange indiquent des preuves de coups de feu, de bombardements, de bombardements ou d'explosions. Les marqueurs rouges indiquent les pertes civiles, les dommages aux infrastructures et les pertes militaires.

Guerre en Ukraine : comment dresser un bilan humain ? Comme le rappelle le HCR, il est très difficile de connaître exactement le nombre de civils tués ou blessés du fait des difficultés d’accès au terrain. Les chiffres données par les hôpitaux ne sont pas suffisants, certains corps étant enterrés directement dans des fosses communes. Il est probable que le nombre de civils tués en Ukraine est bien plus élevé que ce qui est rapporté (voir ce fil Twitter).

Le site oryxspioenkop.com dresse une liste détaillée des véhicules et équipements militaires détruits et capturés des deux côtés. Cette liste est régulièrement mise à jour.

Le site Mapaction soutient l'aide humanitaire en Ukraine et fournit des jeux de donnés pour organiser les interventions dans le pays.

L'Observatoire des conflits analyse et conserve les informations accessibles au public, y compris les images satellites et les informations partagées via les médias sociaux, conformément aux normes juridiques internationales à utiliser dans les mécanismes de responsabilisation actuels et futurs. Il s'agit d'une nouvelle collaboration avec Esri, Alcis et Quiet Professionals LLC, et avec la recherche, l'analyse et la documentation fournies par le laboratoire de recherche humanitaire de l'Université de Yale, la Smithsonian Cultural Rescue Initiative et PlanetScape Ai. Au fur et à mesure des recherches, de nouveaux rapports sont publiés sur le site.

Guerre en Ukraine. Pourquoi est-il si dur d’évaluer le nombre de morts ? (Le Monde - Les Décodeurs)












[1/3] Renéo Lukic (Univ Laval) et Sophie Marineau (UCLouvain) expliquent comment la Russie utilise l’écocide comme arme en Ukraine. La destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a inondé 620 km², tué 40 civils et détruit 11.000 hectares de forêts privant 1 million de personnes d’eau potable. #HGGSP

[image or embed]

— Patrick Marques (@pmarques35.bsky.social) 15 janvier 2025 à 11:54


Le média russe en exil a lancé le projet Charon, une base de données régulièrement mise à jour des soldats russes morts et disparus, compilée à partir de diverses sources. Le projet doit son nom au personnage de la mythologie grecque qui transporte les âmes au royaume des morts



Dietrich, O., Peters, T., Sainte F., Garnot, V. , Sticher, V., Ton-That W., Thao and Schindler, K. & Wegner, J. (2025). An open-source tool for mapping war destruction at scale in Ukraine using Sentinel-1 time series, Communications Earth & Environmenthttps://doi.org/10.1038/s43247-025-02183-7
[Un outil open source pour cartographier les destructions de guerre à grande échelle en Ukraine à l'aide de la série chronologique Sentinel-1]

L'accès à des évaluations détaillées de l'impact de la guerre est crucial pour que les organisations humanitaires puissent venir en aide efficacement aux populations touchées. Cependant, il est difficile de maintenir une compréhension globale de la situation sur le terrain, en particulier dans les conflits étendus et prolongés. Nous présentons ici une méthode évolutive d'estimation des dommages aux bâtiments résultant de conflits armés. En entraînant un modèle d'apprentissage automatique sur des séries chronologiques d'images radar à synthèse d'ouverture, nous générons des estimations probabilistes des dommages à l'échelle des bâtiments, en exploitant les évaluations de dommages existantes et les empreintes de bâtiments ouvertes. Pour permettre une inférence à grande échelle et garantir l'accessibilité, les auteurs ont associé leur méthode à Google Earth Engine. Les utilisateurs peuvent ajuster les intervalles de confiance selon leurs besoins, ce qui permet des évaluations rapides et flexibles des dommages liés à la guerre sur de vastes zones. Deux tableaux de bord sont proposés au public : un explorateur de dommages en Ukraine pour visualiser dynamiquement les estimations précalculées et un outil de cartographie rapide des dommages pour exécuter notre méthode et générer des cartes personnalisées. Les données sont téléchargeables sur Github.

Lien ajouté le 2 décembre 2025

"La flotte russe poursuit sans relâche ses activités de contrebande de céréales" (Bellingcat).

Une enquête conduite par Bellingcat a identifié à nouveau un vraquier battant pavillon russe, l'Irtysh opérant au mépris des sanctions occidentales en exportant des céréales de la Crimée occupée vers le Yémen contrôlé par les Houthis. L’Ukraine s’est dite « indignée » après qu’un navire battant pavillon russe a exporté clandestinement des céréales d’un port de Crimée occupée, sous sanctions occidentales, vers le Yémen contrôlé par les Houthis, pour la deuxième fois en quelques mois. Ce que l'Ukraine qualifie de « vol de céréales » via les ports et territoires occupés est devenu monnaie courante depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, avec des dizaines de navires transportant des céréales depuis les ports occupés vers des pays comme la Syrie, l'Iran et d'autres destinations. L'Ukraine plaide depuis longtemps pour que les ports refusent ces cargaisons s'ils en connaissent l'origine et affirme avoir soulevé la question auprès de l'Organisation maritime internationale.

Articles connexes

Comment cartographier la guerre à distance ?

La carte, objet éminemment politique : la guerre en Ukraine

La carte, objet éminemment politique. La vision réciproque de la Russie et de l'Europe à travers la guerre en Ukraine

Cartographie de la guerre hybride et des tentatives de déstabilisation de l'Europe

Osint, enquêtes et terrains numériques (revue Hérodote, 2022/3)

Pour aider à géolocaliser des photographies, Bellingcat propose un outil de recherche simplifié à partir d'OpenStreetMap 


Exposition virtuelle. Figures d’un géographe, Paul Vidal de la Blache (1845-1918)


Paul Vidal de la Blache fut l’un des inventeurs de la géographie du début du XXe siècle et le chef de file de l’école française de géographie. Son parcours et ses travaux font l’objet d’une exposition virtuelle « Figures d’un géographe, Paul Vidal de la Blache (1845-1918) », conçue par l’équipe Epistémologie et histoire de la géographie (EHGO) du laboratoire Géographie-cités.


 
« M. Vidal de la Blache, comme jadis Ritter, a donné la forme cartographique aux idées maîtresses de son enseignement. » (Bertrand Auerbach, 1894)

L'exposition proposée par le laboratoire EHGO propose de discerner plusieurs figures chez Paul Vidal de La Blache : du « Patron » innovateur et chef d’école, à l’acteur-géographe qui accompagne la politique scolaire de la Troisième République, en passant par le géographe moderniste, fasciné sur le tard par le dynamisme du Nouveau Monde et continûment attentif à tout ce qui relie (la circulation, la ville). Cette exposition veut en faire un « passeur de lieux ». Ne pas croire que Vidal-Lablache c'est seulement de la cartographie physique et de la géographie descriptive ! L'exposition montre l'importance des réseaux de communications et des villes ainsi que sa vision géopolitique de la France de l'Est.

La carrière de P. Vidal de la Blache a bénéficié de la remontée de la demande de géographie, depuis l’école élémentaire jusqu’à l’Université, censée former les futurs enseignants et diffuser un message scientifique. L’intérêt qu’il a accordé à l’enseignement ne s’est pas démenti, depuis les premiers travaux qui restent attachés à son nom, la collection des cartes murales Vidal-Lablache éditée par Armand Colin, à partir de 1885, jusqu’à ses conférences pédagogiques pour les élèves de l’ENS dans les années 1910.

Vidal accompagne ses cartes murales d’une série de fascicules pour l’enseignant qui fait de cette collection un instrument pédagogique de grande utilité à l’école primaire comme dans le secondaire et l’enseignement spécial. Nombre d’entre elles préfigurent les planches de son atlas.

Plan de l'exposition virtuelle consultable en ligne :

Prolongements

Lien ajouté le 8 novembre 2024

Articles connexes

Il y a toujours eu des cartes de géographie aux murs de la classe !

Les cartes de Joseph Forest. Une success-story de l'édition scolaire à l'èpoque des récits nationaux

Quand l'armée dressait des cartes pour l'école : la carte murale de l'AOF par Édouard de Martonne (1922)


L'ampleur inégale de la déforestation en Amazonie selon Amazon Conservation


Source  : Finer M, Mamani N, Spore J (2022) Amazon Deforestation Hotspots 2021. MAAP : 153.

Le projet de surveillance de l'Amazonie andine (MAAP) d'Amazon Conservation a révélé dans son rapport qu'environ 1,9 million d'hectares ont été perdus en Amazonie en 2021, principalement au Brésil et en Bolivie. Les données cartographiques mettent en lumière les différentes causes de déforestation dans chaque pays, du fait notamment de l'agriculture, de l'élevage du bétail et de la construction de routes. Le rapport montre surtout que l'ampleur de la déforestation est inégale selon les pays.

Points chauds de déforestation en Amazonie (au 18 septembre 2021). Source : MAAP: 153


Comme le montrent les cartes et graphiques disponibles sur le site, l'évolution est différenciée selon les pays et régions de l'Amazonie. Au Brésil, la déforestation se produit le long des routes principales traversant les États de l'est et du sud-est (Acre, Amazonie, Pará et Rondônia). En Amazonie péruvienne, la plupart des pertes de forêt primaire ne se sont pas produites le long des routes, mais plutôt dans une zone concentrant des colonies mennonites. En Bolivie, les images satellites montrent un schéma de déforestation plus dispersé dans toute la forêt sèche du sud-est de Chiquitano. En Colombie, c'est l'élevage de bétail et l'agriculture de subsistance qui sont, à petite échelle, les principaux moteurs de la déforestation.

On peut noter deux enseignements positifs : 

  • la répression de l'exploitation minière illégale au Pérou 
  • une bande centrale contiguë de la forêt amazonienne qui agit toujours comme un puits de carbone

Accès aux rapports de surveillance de l'Amazonie andine (MAAP) d'Amazon Conservation pour les années 2021 et antérieures.

Lien ajouté le 5 septembre 2022


Lien ajouté le 6 juin 2023


Lien ajouté le 15 février 2024

Lien ajouté le 3 septembre 2025

Le sort des "rivières volantes" pourrait déterminer le « point de basculement » de l'Amazonie, selon un rapport (Programme MAAP)

Radwin présente un rapport de l’ONG Amazon Conservation (MAAP) sur le "tipping point" amazonien. L’étude montre comment les "rivières volantes", flux d’humidité recyclée par la forêt, conditionnent l’avenir du bassin et risquent d’être brisées par la déforestation. Le "tipping point" n’est pas un basculement instantané mais un processus progressif : certaines zones de l’Amazonie passent plus vite vers la savane. Les cartes du MAAP révèlent des risques différenciés selon les régions, soulignant l’importance d’analyses locales. L’Amazone recycle environ 75% de ses pluies grâce à l’évapotranspiration, parfois 5 à 6 fois avant que l’humidité ne bute sur les Andes. Mais quand la forêt est détruite, plus de 50% de l’eau s’écoule au lieu d’être recyclée, accentuant l’aridification et la mortalité des arbres. Selon certaines projections, 27% du bassin amazonien pourrait devenir savane partielle d’ici 2050 et 6% savane stable. Carlos Nobre (Université de São Paulo) rappelle qu’autrefois une sécheresse sévère survenait tous les 20 ans, mais quatre se sont produites en seulement deux décennies. Le sud du Pérou et le nord de la Bolivie dépendent particulièrement de ces rivières volantes. Le MAAP a observé qu’en saison sèche (juillet-août), la déforestation du Brésil interrompt ces flux, réduisant les pluies en aval, au détriment des Andes et de leurs populations. Le rapport avertit que la construction de routes, comme la BR-319 au Brésil, ouvre de nouveaux fronts de déforestation capables de bloquer ces flux d’humidité. Cette "route du tipping point" menace la stabilité climatique de toute l’Amazonie occidentale. Les chercheurs insistent sur la nécessité de réduire la déforestation dans l’est de l’Amazonie et de lancer des projets de restauration stratégique. L’enjeu est de reconstruire les bases du cycle hydrologique qui conditionne l’équilibre du biome. 

Liens ajoutés le 5 novembre 2025

"Quel est l’état de santé de l’Amazonie, la plus vaste forêt tropicale du monde ?" (Le Monde)

Le Brésil, qui organise la 30ᵉ conférence mondiale pour le climat (COP30) dans la ville de Belem, veut mettre l’accent sur la nécessité de protéger cet écosystème crucial, qui fait face à de multiples menaces. La déforestation massive de l’Amazonie a débuté dans les années 1960, puis s’est accélérée dans les décennies suivantes. Entre 1985 et 2022, 11 % de la forêt aurait disparu, selon une étude dans la revue Land Use Policy, basée sur les données du réseau MapBiomas. Cela représente 640 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent de la superficie de la France. La quasi-totalité a été convertie en terres agricoles, notamment pour le pâturage du bétail, l’élevage bovin étant le principal moteur de cette déforestation.

Alipio Ferreira (2026). Amazon deforestation : Drivers, damages, and policies [Déforestation en Amazonie : facteurs, dommages et politiques]. Land Use Policy, volume 160, January 2026, https://doi.org/10.1016/j.landusepol.2025.107810

Lien ajouté le 15 janvier 2026

"L’agroforesterie gagne du terrain en Amazonie, mais peut-elle réduire l’empreinte écologique de l’élevage bovin ?" (Mongabay)

Lucy Dablin (Open University) et Tatiana Chamorro-Vargas (University of British Columbia) analysent le potentiel du sylvopastoralisme amazonien. L’article interroge la capacité à réduire l’empreinte spatiale et climatique de l’élevage bovin. Le sylvopastoralisme associe arbres, pâturages et élevage. Dans l’Amazonie péruvienne, il est testé sur des terres dégradées. Les recherches montrent une meilleure productivité fourragère, une restauration des sols et un stockage de carbone dans les arbres et les horizons superficiels. L’élevage est responsable d’environ 80% de la déforestation du bassin amazonien et de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, les solutions agricoles ne reçoivent que 7% des financements climatiques globaux. À Iñapari, zone frontalière du Pérou, du Brésil et de la Bolivie, des éleveurs adoptent le pâturage tournant sous couvert arboré. Certains doublent le nombre de bovins par hectare en moins d’un an, tout en améliorant la santé animale et les revenus locaux. Les travaux de Dablin montrent que des essences locales comme Inga edulis enrichissent les sols, fournissent de l’ombre et du fourrage riche en protéines. Cette combinaison réduit le stress thermique, accélère la croissance des bovins et peut limiter les émissions de méthane par animal. L’adoption reste cependant limitée. Le coût initial est élevé et les savoirs techniques manquent. Selon Chamorro-Vargas, les décisions dépendent surtout de politiques publiques et de marchés. Paiements pour services écosystémiques et avantages fiscaux sont jugés décisifs. À l’échelle régionale, plusieurs États latino-américains intègrent le sylvopastoralisme à leurs stratégies climatiques. Le Pérou vise 119 000 hectares convertis d’ici 2030, mais les progrès restent lents et les dispositifs de suivi encore insuffisants. Le modèle a ses limites. Efficace en zones tropicales dégradées, il peut être néfaste ailleurs, notamment dans les prairies naturelles. L’efficacité agricole ne doit pas occulter la nécessité de réduire la consommation de viande. 

Articles connexes

Incendies en Amazonie : les cartes et les images auraient-elles le pouvoir d'attiser la polémique ?



Numérisée en haute résolution, la carte médiévale de Fra Mauro peut être explorée en détail


La carte de Fra Mauro date d'environ 1450. Elle est conservée à la Biblioteca nazionale Marciana de Venise, tandis qu’une copie est exposée au musée Galilée de Florence. 

Composée par le moine camaldule Mauro, qui a longtemps vécu et travaillé dans le monastère de l'île de San Michele à Venise, elle peut être considérée comme l'un des documents les plus importants de la cartographie vénitienne de la fin du Moyen Age. Elle contient plus de 2800 indications manuscrites, réparties sur un parchemin de 2,3 mètres par 2,3 mètres. Elle donne à voir les différents lieux du monde tel qu'on se le représentait avant la découverte des Amériques (avec le Sud en haut de la carte). 

Venise était depuis des siècles un centre commercial important entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique. Avant de devenir moine, Fra Mauro avait lui-même voyagé comme marchand et soldat. En tant que cartographe, il a donc pu s'inspirer de sa propre expérience et de celle des nombreux commerçants arabes et autres voyageurs du monde de passage à Venise. Au lieu de s'appuyer uniquement sur les cartes religieuses traditionnelles, Fra Mauro a pu obtenir des témoignages de première main de marins, de marchands et d'autres voyageurs.

Ce planisphère représente le monde autour de la Méditerranée, mais aussi l'océan Indien et surtout la partie australe de l'Afrique, à une époque où aucun Européen ne s'y était encore aventuré. Il est plausible que ces renseignements soient parvenus de Chine en Italie par l'intermédiaire de marchands. Jérusalem est placé au centre de la carte. Le jardin d'Eden en revanche est à l'extérieur du cercle du monde connu (en bas à gauche de la carte).


La carte de Fra Mauro (Wikipedia) à découvrir en haute résolution (Musée Galilée de Florence)


Le laboratoire multimédia du musée Galilée de Florence, qui a procédé à la numérisation complète de ce planisphère médiéval, propose de le découvrir dans son contexte et fournit des explications en trois langues (italien, anglais et chinois).  La carte comprend des annotations interactives qui vous permettent de visualiser les traductions de près de 3 000 cartouches de la carte, de plus de 1 000 villes ainsi que des noms de lieux de rivières, montagnes, mers et îles.

L'exposition virtuelle du musée Galilée est à découvrir en 4 étapes : 
- Venise à l'époque de Fra Mauro
- La mer et les échanges maritimes 
- Fra Mauro, cosmographe et cartographe
- Sa carte du monde

La bibliothèque virtuelle du musée Galilée donne accès à de nombreux autres documents de l'époque ainsi qu'à des articles et ouvrages scientifiques. L'occasion notamment d'y découvrir de superbes atlas nautiques tels celui d'Andrea Bianco (1436), de Jacopo Zeruldi (1483) ou encore celui d'Angelo Freducci (1556).

L'Université technologique de Nanyang de Singapour propose une version interactive de la carte de Fra Mauro avec un moteur de recherche qui permet de retrouver des lieux précis. On peut les associer à des lieux actuels sur un globe virtuel (du type Google Maps ou OpenStreetMap). La carte décrit avec une très grande précision les royaumes et les provinces, les mers et les rivières, les villes et les monuments, ou encore les routes et voies commerciales, qu’elles soient terrestres ou maritimes. 

La carte de Fra Mauro en version interactive 


L'idée de produire des cartes à partir de récits de voyageurs est bien antérieure à Fra Mauro. L'une des cartes les plus célèbres a été réalisée par Muhammad al-Idrisi, qui a produit en 1154 une carte du monde connu sous le roi Roger II de Sicile (avec également le Sud en haut).

Si vous aimez explorer des cartes anciennes annotées, vous aimerez probablement aussi la carte annotée de Claudius. La version d'Historia Cartarum de la carte de la Grande-Bretagne du XIIIe siècle de Matthew Paris comprend des annotations interactives pour chaque nom de lieu. Le résultat est un outil pratique pour étudier l’une des premières représentations géographiques de la Grande-Bretagne.

Articles connexes

La carte médiévale d'Ebstorf en version interactive et en téléchargement

L'histoire par les cartes : les collections numérisées de la Bibliothèque Vaticane

L'histoire par les cartes : une série de 14 films documentaires sur les cartes portulans (BNF)

L'histoire par les cartes : La France aux Amériques ou la naissance des mondes atlantiques (BnF)

L'histoire par les cartes : la septentrionalisation de l'Europe à l'époque de la Renaissance par Pierre-Ange Salvadori

L'histoire par les cartes : le Rijksmuseum met à disposition plus de 700 000 œuvres sur le web, notamment des cartes

Cartographie ecclésiastique et base de données sur les établissements religieux au Moyen-Age (projet Col&Mon)

Mapping Narrations, un ouvrage sur la cartographie au Moyen Âge et à l’époque moderne

Medieval Murder Maps. Un site de cartographie interactive sur les meurtres en Angleterre à la fin du Moyen Âge

Cartes et atlas historiques


Utiliser des générateurs automatiques de territoires imaginaires


Ce billet vise à recenser des applications en ligne qui permettent de générer facilement des territoires imaginaires. Il s'agit aussi bien de plans de villes historiques que de cartes concernant des villes modernes ou des territoires insulaires. Ces générateurs automatiques sont en général développés par des passionnés de cartographie ou des aficionados de jeux en ligne. Au départ, le but pour les gamers est de gagner du temps dans l'exécution automatique de leurs maps. Ces applications peuvent aussi être utilisées pour ses propres besoins à des fins ludiques. On peut s'en servir à des fins d'apprentissage par exemple pour modéliser ou simuler des espaces urbains en histoire ou en géographie. Leur dimension procédurale qui permet de changer les paramètres et de regénérer la carte à la volée les rend particulièrement efficaces pour personnaliser ses propres productions cartographiques.  


1) Générateur de cités médiévales (Watabou)

Watabou est un générateur de cités médiévales. Il permet de produire des plans urbains de manière aléatoire. Chaque cité a son marché central, son mur d'enceinte, ses rues qui convergent sur le marché et son château avec une muraille. Un clic droit sur la carte donne accès au menu contextuel qui permet de changer les paramètres. L'utilisateur dispose d'un grand nombre d'options pour changer le fond de carte ou ajouter des éléments (une rivière, une route, une palissade...).


L'application s'est enrichie de beaucoup d'options : on peut modifier sa ville médiévale en y ajoutant des quartiers, en changeant son orientation, en jouant sur plein d'autres options (couleurs, nomenclature...)


Watabou propose en plus une version 3D 



En outre, Watabou propose un générateur de donjon.



2) City Map Generator pour des villes modernes

City Map Generator par Keir (@probabletrain) est autre générateur procédural de plans urbains, mais cette fois selon une trame géométrique (du type ville américaine). On peut choisir entre de nombreux paramètres et utiliser un modèle 3D. La carte est exportable en différents formats pixels ou vectoriels pour intégration ou retouche dans une autre application.



3) Mapgen4 pour fabriquer son île

Mapgen4 est une application en ligne qui permet de dessiner une île, ses contours, ses montagnes, ses rivières au gré de son imagination. L'interface est assez intuitive et permet d'afficher directement le rendu lorsqu'on change les paramètres.



4) Azgaar Fantasy Map Generator

Azgaar Fantasy Map Generator est un générateur aléatoire de territoires imaginaires où chaque ville a sa carte avec ses caractéristiques particulières. Il est possible de zoomer sur une partie du territoire et de modifier les paramètres et les étiquettes de chaque figuré ponctuel.




Inkarnate est une plateforme en ligne qui permet de créer des cartes imaginaires. La version freemium permet de faire quelques réalisations.

Pour d'autres générateurs de mondes imaginaires, il est possible de consulter la rubrique Cartes et atlas imaginaires de ce blog.


5) R City Views : un générateur de plans minimalistes

R City Views est un générateur en ligne de villes minimalistes. Le principe est simple : il suffit de choisir une zone géographique dans la fenêtre de carte sous OpenStreetMap,  de saisir le nom de la ville et du pays, puis de cliquer sur le bouton "Aperçu". 



Le fichier est à télécharger ensuite au format svg. La résolution de l'image étant importante, le fichier peut être assez lourd. Attention : l'application plante si le secteur urbain est trop large. Il est possible également de télécharger l'application R sur Github.




Articles connexes











Countryle, un jeu pour acquérir des repères géographiques

 

Si vous avez aimé le jeu géographique Worldle, voici Countryle qui fonctionne un peu dans le même style. Il s'agit de découvrir un pays du monde en six tentatives, avec une nouvelle énigme par jour. 

Au lieu de deviner un pays par sa silhouette et la direction dans laquelle chercher par rapport à la réponse précédente, on a d'autres critères qui sont l'hémisphère, le continent, la température moyenne, le nombre d'habitants. L'utilisateur dispose donc de plus d'indices pour résoudre l'énigme géographique. 


Voici le code couleur pour vos réponses : 

  • en rouge : faux, vous êtes loin d'avoir juste.
  • en orange : les données sont similaires ou proches de celles du pays que vous recherchez.
  • en vert : félicitations, le champ correspond au pays que vous recherchez.

Le sens des flèches (dirigées vers le haut ou vers le bas) indiquent si les données du pays que vous recherchez sont supérieures ou inférieures par rapport au pays que vous avez sélectionné auparavant. 

Comme pour Worldle, on doit réussir avec le moins de tentatives possibles et on peut partager son score sur les réseaux sociaux. Cette approche ludique devrait plaire aux élèves pour leur faire localiser des pays et acquérir des repères géographiques. Mais le jeu n'est pas pour autant interdit aux adultes ! 

Lien ajouté le 31 mars 2022

Lien ajouté le 29 septembre 2023

Il y a 309 stations de métro à Paris. Combien pensez-vous pouvoir en citer de tête ? Le jeu
Rues de Paris permet de retrouver des noms de rues ou de stations de métro.

Lien ajouté le 11 novembre 2023

Neighborle est un jeu pour deviner quels sont les pays limitrophes d'un pays affiché sur une carte muette (5 erreurs maxi en mode découverte avec possibilité d'effacer les frontières en mode expert). L'application propose une nouvelle devinette chaque jour.


Lien ajouté le 16 janvier 2023

Combien de villes américaines pouvez-vous localiser avant de manquer de kilomètres dans ce jeu cartographique ?


Lien ajouté le 9 avril 2024

Le jeu MetroGuessr vous propose de localiser autant de stations de métro que possible dans un temps donné.  Les villes disponibles sont New York, Londres, Lyon et Paris.
https://www.metroguessr.com/


Lien ajouté le 7 décembre 2024

Travle est un petit jeu géographique pour apprendre les pays qui sont limitrophes. Il s'agit de deviner les pays à traverser pour organiser un voyage d'un pays de départ à un pays d'arrivée. Il est possible de se faire aider en utilisant des indices : en faisant apparaître les contours du pays limitrophe, en faisant apparaître tous les contours des pays à traverser, ou encore en demandant les initiales des pays concernés. Vous avez droit à 11 tentatives pour y parvenir. 
https://travle.earth/


Lien ajouté le 24 novembre 2025

Chartle - Un jeu de graphiques quotidien. Devinez le pays en rouge en analysant le graphique d'aujourd'hui. https://chartle.cc/
Votre mission : deviner le pays représenté par la ligne rouge sur le graphique du jour. Vous avez 5 essais, sans aucun autre indice ! Jouez aujourd'hui, revenez demain pour un nouveau graphique avec de nouvelles données et partagez-le avec vos amis passionnés de graphiques.


Lien ajouté le 1er décembre 2025

C'est où ? Retrouvez la localisation d'un lieu à partir de son image sur une carte ou une photographie aérienne de l'IGN. Développé par Jean-Marc Viglino, le jeu s'appuie sur l'application Ma Carte de l'IGN.

Articles connexes

Worldle, le jeu géographique qui cartonne sur Internet

Pouvez-vous localiser ces pays sur une carte ?

Jeux de devinettes géographiques


Un jeu de l'oie pour apprendre la géographie du royaume de France

Jouer avec les stéréotypes en géographie, est-ce les renforcer ou aider à comprendre le monde ?


L'histoire par les cartes : l'empreinte de la guerre sur les paysages du Vietnam central

 

Source : Footprints of War. Militarized Landscapes in Vietnam (David Andrew Biggs)

L'ouvrage Footprints of War de David Biggs (University of Washington Press, 2018) offre un regard original sur la longue histoire des conflits et des occupations militaires dans le centre du Vietnam. L'auteur intègre des dimensions environnementales à l'histoire militaire et politique plus traditionnelle. Il met en évidence l'impact durable des couches successives d'occupation militaire sur le paysage vietnamien à partir de sources très variées. Celles-ci vont des archives de bibliothèques provinciales vietnamiennes au renseignement aérien américain et à la cartographie SIG. 


La perspective de longue durée fournie dans les premiers chapitres de cet ouvrage aide les lecteurs à replacer les opérations militaires françaises et américaines les plus connues dans la longue histoire des conflits et des occupations dans le centre du Vietnam, en se concentrant sur ce qui est aujourd'hui la ville moderne de Huế. David Biggs montre de manière convaincante comment l'adaptation vietnamienne de la technologie de la poudre à canon de la Chine des Ming et les tactiques portugaises ultérieures ont permis des incursions militaires dans les territoires du Vietnam central dès les années 1400. Entrant dans l'ère moderne, l'examen par l'auteur du centre du Vietnam du point de vue de l'histoire environnementale et locale constitue une contribution très utile à l'historiographie déjà existante concernant la guerre d'Indochine et la guerre du Vietnam (lire ce CR en anglais de l'ouvrage).

« Nous savons tous maintenant que le Vietnam est un pays et pas une guerre. Mais comment des décennies, voire des siècles de guerre ont-elles eu un impact sur ce territoire d'Asie du Sud-Est ? Le professeur David A. Biggs de l'Université de Californie est spécialisé dans l'histoire environnementale vietnamienne. Dans Footprints of War : Militarized Landscapes of Vietnam (University of Washington Press, 2018), il examine les impacts de la guerre dans la région autour de Hue, dans le centre du Vietnam. En utilisant une méthodologie de pointe tirées des SIG, de la photographie aérienne et de documents d'archives plus traditionnels, Biggs montre les héritages de la guerre dans le sol, l'eau et les forêts tropicales du Vietnam » (interview de l'auteur).

L'ouvrage Footprints of War, désormais disponible en open access, est téléchargeable par chapitres en PDF.  

Sur son blog, David Biggs met à disposition des données cartographiques ayant servi à ses analyses : cartes de Hué et d'Annam en haute résolution et éléments sur l'expédition du géographe français Dutreuil de Rhins au XIXe siècle. Celui-ci a réalisé en 1879 une carte de l'Indochine (disponible sur Gallica).


Articles connexes





Environnement et justice dans les paysages anthropisés. Une expo virtuelle du Leventhal Center


« More or Less in Common : Environment and Justice in the Human Landscape »  (Leventhal Center

L'exposition  « Plus ou moins en commun : Environnement et justice dans les paysages anthropisés » aborde les questions de la justice sociale et de l'injustice tels qu'on peut les analyser dans le paysage. « Ces questions doivent être au centre de notre attention du fait que nous nous mettons au défi de construire des environnements meilleurs et plus sains à l'avenir. A travers de cartes, de photographies, d'images et de visualisations de données, cette exposition nous invite à nous confronter à des histoires sur la façon dont les conditions environnementales ont parfois servi à aggraver les inégalités selon des lignes de fracture sociale. Dans le même temps, notre environnement commun offre la possibilité de rassembler les gens au-delà des différences et fournit l'inspiration pour forger de nouveaux types d'actions communes. »



Alors que le quartier de Back Bay était destiné à créer de nouveaux terrains, les habitants de Boston au XIXe siècle ont été contraints de prendre en compte les données de la géographie physique qui reliaient la terre et l'eau. Le bassin versant du Stony Brook, représenté en bleu sur cette carte des années 1860, traversait plusieurs quartiers urbains alors indépendants, soulevant des questions sur ce qui se passe lorsque les frontières sociales et écologiques se chevauchent.

L'environnement est-il une chose que nous avons tous en commun ? Quels types d'images vous viennent à l'esprit lorsque vous pensez à l'environnement ? Des arbres, de l'eau, des paysages verts et des vues panoramiques ? Mais qu'en est-il des personnes, des communautés, des logements, des routes, des quartiers, des villes, des écoles et des usines ? Tous ces éléments font également partie de l'environnement. Et les questions environnementales ne peuvent être placées dans une catégorie distincte des questions sociales. Les êtres humains et le monde naturel sont profondément liés, par le passé, le présent et l'avenir.

L'exposition visible sur place ou de manière virtuelle s'organise autour de plusieurs entrées thématiques :

En outre sont proposées trois études de cas témoignant du croisement entre questions sociales et environnementales : 


Exploration des cartes et des images présentées dans l'exposition.

On peut parcourir l'exposition à travers ses galeries physiques et numériques. On peut choisir de commencer par le début ou explorer les différents thèmes. On peut également aller voir tous les objets exposés.

Carte des gisements d'uranium connus dans le monde (AIEA)


Source : L’AIEA dévoile une carte unique en son genre des réserves mondiales d’uranium (AIEA, 2018)

L’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a mis en ligne une carte très complète sur la répartition de l’uranium et de ses gisements dans le monde. Cette 2e édition montre la répartition mondiale par types de gisements d’uranium en 2018. 


« L’objectif était d’élaborer une carte complexe mais très facile à utiliser », explique Martin Fairclough, l’un des concepteurs de la carte, spécialiste de la production d’uranium à l’AIEA. La carte a été créée pour différents usages, notamment pour la gestion des ressources et des stocks d’uranium, la recherche géoscientifique, ou encore la promotion de la découverte et de l’exploitation de gisements d’uranium. Elle fournit également des données utiles à la mise en œuvre de programmes électronucléaires dans le monde.

La carte se fonde sur des informations provenant de la base de données de l’AIEA sur la Répartition mondiale des gisements d’uranium (UDEPO), reprises dans les documents Geological Classification of Uranium deposits and Description of Selected Examples et UDEPO 2016 edition de l’AIEA (disponibles en anglais). L’UDEPO est continuellement mise à jour et contient des informations techniques ainsi que des données géologiques détaillées sur plusieurs régions, territoires et gisements. Les deux documents susmentionnés, qui complètent la carte, peuvent être téléchargés.

Depuis la publication de la première édition de la carte en 1995, le nombre de supports et la diversité des informations disponibles dans le monde ont considérablement augmenté, et des progrès ont été accomplis en ce qui concerne la compréhension des gisements d’uranium. La première édition recensait 582 gisements d’uranium dans le monde ; cette dernière édition en dénombre 2831.

Les gisements d’uranium sont classés en 15 catégories différentes, qui contiennent également des sous-catégories. Ces catégories sont représentées par des symboles divers dont la taille est proportionnelle à celle du gisement. Par exemple, une étoile représente tous les gisements de type volcanique, la couleur de l’étoile indique la sous-catégorie et sa taille est proportionnelle à celle du gisement, déterminée en tonnes d’uranium. Ainsi, une étoile verte représente un gisement volcano-sédimentaire, et plus elle est grande, plus le gisement est important.

Les fonctionnalités spéciales de la carte permettent aux utilisateurs d’organiser et de personnaliser toutes ces données. Ceux-ci peuvent dévoiler ou masquer les couches en les faisant apparaître ou disparaître. Par exemple, ils peuvent choisir d’afficher un seul type de gisements d’uranium en dissimulant les 14 autres et imprimer ensuite une version de la carte indiquant les données précises qu’ils recherchent. L’avantage réside dans le fait qu’un seul produit, la carte, réunit une quantité considérable d’informations classées d’une manière structurée qui permet aux utilisateurs de produire rapidement un document contenant exactement ce dont ils ont besoin.

Une autre fonctionnalité unique de cette carte est la possibilité qu’elle offre aux utilisateurs d’effectuer des recherches sur chaque gisement par un simple clic sur un gisement donné pour faire apparaître au format texte des informations relatives à celui-ci. La carte contient également un arrière-plan de relief ombré qui recrée la topographie et montre les liens entre la géologie et les gisements.

La carte (en anglais) est téléchargeable en haute résolution au format PDF.

Accès aux données structurelles du World Distribution of Uranium Deposits (UDEPO)

Pour compléter 

Cartes interactives et données téléchargeables sur les ressources minérales dans le monde (Mineral Resources Online Spatial Data, USGS)

Uranium : des gisements aux usages. Par Olivier Dubourdieu et Pierre Thomas (Planet-Terre).

Antoine Monnet. Disponibilité à long terme des ressources mondiales d’uranium. Economies et finances. Université Montpellier, 2016 (Thèse de doctorat).

Controverse : L'uranium est ses conséquences environnementales et sanitaires (SciencesPo).


Articles connexes

Perspectives des ressources mondiales 2019. Des ressources naturelles pour l’avenir que nous voulons

Qualité de l'air et centrales thermiques au charbon en Europe : quelle transition énergétique vraiment possible ?

La cartographie des centrales électriques dans le monde

Données cartographiques sur les énergies marines renouvelables consultables sur le Géoportail

Débat public sur l'éolien en mer en Normandie

Resource Watch, un portail intégré pour visualiser des jeux de données en vue d'assurer "un avenir durable" à la planète

Les inégalités sociales et géographiques face aux formes sévères de Covid-19


Source : « Caractéristiques socioéconomiques des individus sensibles aux formes sévères de Covid19 »  (Étude Drees - Insee)

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), en collaboration avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publie une étude originale sur les caractéristiques socio-économiques des personnes qui ont développé une forme sévère de Covid-19, définie par une hospitalisation, parfois suivie de complications à l’hôpital (admission en soins critiques ou décès). Cette analyse a été rendue possible grâce à l’appariement inédit des données SI-VIC, relatives aux patients hospitalisés et atteints du Covid-19 et des données de Fidéli, le fichier démographique de l’Insee sur les logements et les individus. Cette analyse couvre la période de mars 2020 à novembre 2021, soit les quatre premières vagues de l’épidémie de Covid-19 et s’appuie sur les données de 67,32 millions d’individus résidant en France métropolitaine, dont 382 000 ont été hospitalisés avec Covid-19.


Si l’étude confirme que l'âge est le facteur de risque prépondérant d’hospitalisation, elle met en évidence d'autres facteurs de risque au niveau social et géographique. La population hospitalisée réside dans des logements plus densément occupés et appartenant plus fréquemment au parc social. Les individus hospitalisés vivent moins souvent dans des maisons individuelles et résident plus souvent dans des logements sociaux (21 % contre 15 % de l’ensemble de la population). Autre constat, les individus hospitalisés résident dans des logements plus densément occupés que la moyenne : 33 % des individus hospitalisés et âgés de 50 à 74 ans résident dans un logement dont la surface par personne est inférieure à 30 mètres carrés, contre 24 % de l’ensemble des individus de cette classe d’âge. Plus précisément, le risque d’hospitalisation augmente à mesure que diminue la surface disponible par habitant et il est plus élevé pour les occupants du parc social, indépendamment de la surface disponible. Les conditions de logement n’affectent cependant pas le risque de complication à l’hôpital, ce qui suggère qu’elles captent essentiellement un risque accru d’exposition au virus dans des espaces confinés où les contacts sont plus fréquents et les gestes barrières plus difficiles à mettre en place. L'étude met en évidence également des effets départementaux vague par vague.



Pour télécharger l'étude de la DRESS-INSEE au format pdf.

Pour télécharger les données de l'étude au format xlxs.

Articles connexes