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Le Blanc des cartes. Quand le vide s'éclaire (Atlas Autrement)


Sylvain Genevois, Matthieu Noucher. Le Blanc des cartes. Quand le vide s'éclaire. Atlas Autrement, mai 2024. Cartographe : Xemartin Laborde.

Lors de la publication d’un nouvel atlas, les auteurs s’interrogent en général sur les connaissances géographiques qu’ils souhaitent porter au regard et à l’analyse du lecteur. C’est du moins ainsi qu’ont longtemps été produits les atlas géographiques dans l’idée de dévoiler le monde en  partant de ses éléments constitutifs : d’aller des « pleins » aux « vides », du visible à l’invisible. Le présent atlas prend le parti résolument inverse en choisissant de s’intéresser d’abord au vide. Le Vide – dans un sens absolu – n’existe pas sur la planète. S’il n’y a rien, c’est déjà qu’il y a quelque chose...

Absence d’informations ou de données, oublis involontaires ou invisibilisation à des fins politiques ou culturelles, les blancs laissés sur les cartes ne sont pas neutres. Ces zones vides décuplent la curiosité et parfois même les fantasmes de ce qu’elles représentent ou peuvent cacher. Ce qui est vide est-il le reflet du rien ? Alors que nous sommes aujourd’hui saturés de données disponibles, des blancs sur les cartes subsistent. Les auteurs dévoilent ici, grâce à une quarantaine de cartes, un nouveau monde et révèlent la diversité de ces « silences » cartographiques.

PLAN DE L'ATLAS

Introduction. Pour un atlas du vide

I) DU DÉLUGE AUX DÉSERTS DE DONNÉES

  • Google Street View, une vision fragmentée du monde 
  • Les fonds marins. Une exploration encore lacunaire
  • OpenStreetMap, une carte mondiale ?
  • Quand le vide en dit plus que le plein
  • Les territoires invisibilisés
  • Sous le blanc des nuages

II) FAIRE PARLER LES BLANCS DES CARTES

  • Null Island
  • Latitude Zéro
  • Point Nemo
  • « Null value », « Null countries »
  • Isohypse zéro
  • Zéro pointé

III) REPRÉSENTER LE VIDE

  • Personne n’habite ici
  • Plus personne ne réside ici
  • Personne n’est connecté ici
  • Rien à voir ici ?

IV) RÉVÉLER OU MASQUER LE BLANC

  • Quiet zone
  • Le brouillard de la guerre
  • Combler les blancs de la carte
  • Rendre visible la relégation
  • Faire exister les blancs
  • Balises AIS et pêche illégale
  • Survol aérien interdit

CONCLUSION

ANNEXES

  • Bibliographie
  • Sources
  • Les auteurs

 Pour en savoir plus, voir le site de l'éditeur.

Personne n'habite ici (source : Le Blanc des cartes. Quand le vide s'éclaire)

Dans ce type de représentations, le vert exprime ce qui, en principe, est laissé en blanc pour évoquer le « vide » démographique ou la très faible densité. En réalité, ces zones sont humanisées et mises en valeur, l'occupation humaine étant seulement non permanente.

Le vide et l’absence sont à prendre en compte de trois manières dans cet Atlas :

  • lorsque l’information géographique n’a pas été jugée suffisamment importante pour être cartographiée ;
  • lorsqu’on en a une notion trop vague ;
  • lorsque l’on choisit, pour toutes sortes de motifs conscients ou inconscients, de la rendre invisible. Brian J. Harley a souligné que les « silences cartographiques » n’ont rien d’oublis naïfs, mais peuvent relever d’intentionnalités politiques ou culturelles et agir sur nos imaginaires. 

Les règles que les auteurs se sont données pour représenter les différents types de blancs :
  • absence de données = vrais blancs. Cela peut correspondre aussi bien à des données non disponibles (N/A ou N/D), non connues ou non communicables (N/C) ;
  • données floues = autre couleur. Le gris est en général plus à même de représenter les « zones grises » liées à des zones de conflits, d’instabilité économique ou politique, de trafics en tout genre où le maintien de l’opacité des données peut être volontaire ;
  • valeurs inversées = choix d'une autre couleur qui tranche. La couleur choisie est le vert dans le cas de la série de cartes « Personne n'habite ici », de manière à faire ressortir le phénomène. Ce vert décliné en différents tons, est ce qui a fini par présider à la charte graphique de l'Atlas.
Les « terra incognitae » ont changé par rapport aux cartes d'autrefois. Cartographier les blancs, ce n'est plus seulement combler les vides, mais prendre en compte le flou, le transitoire, l'incertain...

Pour en savoir plus

Liens ajoutés le 5 juin 2024

Lien ajouté le 28 mai 2024 

Lien ajouté le 23 juin 2024

Lien ajouté le 13 novembre 2024

Lien ajouté le 3 décembre 2025

L'Ukraine entre deux octobre (2012-2025) par Fedir Gontsa Pannes d'électricité, occupation, destruction, déplacements de population du fait de la guerre : le contraste entre les 2 cartes est saisissant #mapcomparison #BlancsDesCartes Source : behance.net/gallery/2396... 1/

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 3 décembre 2025 à 16:51
Lien ajouté le 26 mars 2026

Ludivine Eloy, Dans le vert des cartes. Agriculture et environnement au Brésil, Presses universitaires de Rennes (CR par La Vie des Idées).

Le rôle de la biodiversité brésilienne dans la régulation du climat rend nécessaires des analyses solides pour comprendre les relations entre agricultures, forêts et politiques environnementales. En dehors des espaces transformés par l’agriculture intensive, dans « le vert des cartes » du Brésil, Ludivine Eloy étudie les pratiques agricoles des groupes sociaux, souvent oubliés, vivant au sein des territoires préservés de la déforestation. Dans cet ouvrage, l'auteure explore les dynamiques agricoles en Amazonie et dans le Cerrado, deux régions souvent représentées dans la cartographie comme des espaces à vocation non agricole, peu habités et exploités, et qui concentrent les efforts de conservation de la biodiversité et de lutte contre la déforestation. Tandis que la recherche s’est centrée sur les dynamiques de fronts pionniers amazoniens, l’agriculture commerciale ou familiale, l’autrice explore avec beaucoup de finesse le « vert des cartes », en référence aux travaux de Mathieu Noucher (2015, 2020), à savoir les dynamiques agricoles et environnementales qui passent inaperçues dans les espaces épargnés par la déforestation. L'ouvrage est disponible disponible en accès libre sur le site des Presses universitaires de Rennes.
Lien ajouté le 1er mai 2026

Lors d'une mission de recherche visant à étudier les courants océaniques mondiaux, en particulier leur impact sur la fonte des glaces en Antarctique, des scientifiques ont découvert une île sans nom, jamais vue auparavant sur les cartes #BlancsDesCartes www.surfer.com/news/scienti...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 1 mai 2026 à 17:26
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Panoramax, l’alternative libre pour photo-cartographier les territoires


Le site Panoramax est destiné à fédérer les initiatives des collectivités, des contributeurs OSM, de l’IGN pour favoriser l'émergence d'un géocommun de bases de vues immersives. Aujourd’hui, l’utilisation de photos/vues immersives de rues via Google StreetView et/ou Mapillary, ou via des prestations privées (ESRI/Cyclomédia, SOGEFI etc.) ouvre des opportunités en termes de rationalisation des déplacements, de facilitation et accélération du recueil d’information nécessaire aux traitements de certaines procédures et finalement d’amélioration de la connaissance du territoire. La collecte, le partage et l’utilisation de ces données restent cependant compliqués : problème de licences, dépendance à des sociétés privées dont la stratégie n’est pas orientée vers l’ouverture des données ou dont la stratégie n’est pas claire, difficulté à partager des bonnes pratiques, à s’assurer de la pérennité d’une solution pour y appuyer des usages métiers à partager, etc. 

A terme, Panoramax pourrait devenir une sorte de StreetView à la française, mais il est encore trop tôt pour savoir quel sera l'avenir du projet. Il existe déjà une application semblable Mapillary qui semble rencontrer un succès important à l'échelle mondiale, même si la finalité est un peu différente. Sur Panoramax, les photos sont fournies par la communauté, hébergées sur plusieurs instances, disponibles en licence CC-BY-SA 4.0 et téléchargeables en pleine résolution. Il est d'ores et déjà possible d'y déposer des images et de l'utiliser en lien avec différentes applications cartographiques (notamment QGIS).

L'équipe est portée par la Fabrique des géocommuns et sponsorisée par Institut national de l'information géographique et forestière (voir La Fabrique des géocommuns, incubateur de communs à l’IGN). Lancée en 2021, la Fabrique a pour ambition d'initier et d'accompagner le développement de services publics numériques construits autour de géocommuns. 

Lien ajouté le 2 février 2025

Le site api.panoramax.xyz permet de visualiser les rues photographiées (ou non) dans Panoramax #BlancsDesCartes api.panoramax.xyz#focus=map&ma...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 2 février 2025 à 11:58

Lien ajouté 21 avril 2026

Le cap des 100 millions de photos déposées sur le site Panoramax est en voie d'être atteint en 2026. Plus important :  un nouveau record de participation avec plus de 2000 contributeurs/trices qui ont partagé des photos (voir la rubrique statistique). Un commun, c'est avant tout une communauté et elle grandit elle aussi, comme la ressource. Ce qui ressort c'est une couverture toujours plus grande, mais clairement une complétude géographique encore limitée et des qualités de photo très hétérogènes. Un projet à suivre !

Couverture géographique de Panoramax en 2026


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L'histoire par les cartes : Atlas historique du Ciel




Toutes les sociétés ont cherché à comprendre l’Univers. Les premiers passionnés du ciel étaient aussi bien mathématiciens que philosophes, horlogers que navigateurs. Ils s’appelaient Thalès, Ptolémée, Al-Khwarizmi, Kepler, Galilée, Newton, Shoujing, Einstein, Herschel, Hubble… Grâce à eux, nous envoyons aujourd’hui des fusées dans l’espace, nous explorons la Lune et les planètes, nous cherchons à savoir s’il existe une vie extraterrestre… Cet atlas raconte l’histoire des découvertes de ces hommes et de ces femmes, connus ou anonymes, qui sur tous les continents ont participé à cette formidable épopée. Avec le concours de Sciences et Avenir/La Recherche, Pierre Léna et Christian Grataloup ont réuni les meilleurs chercheurs (physiciens, anthropologues, historiens, astronomes…) pour rendre accessibles 6000 ans de découvertes. Un atlas qui est autant un livre d’histoire qu’un livre de science.

Pour la sortie en librairie de l'Atlas historique du Ciel de Christian Grataloup et Pierre Lena, les éditions Les Arènes présentent plusieurs double-pages :
Christian Grataloup : « Il est urgent d'avoir une vision du ciel comme on l'a de l'Antarctique » (Radio France).
« L’Atlas historique du ciel relate les découvertes humaines qui ont contribué à notre connaissance du ciel, de Copernic, "celui qui dit non, il faut mettre le soleil au centre", à Einstein, grâce à qui "on va s'apercevoir que les lumières que l'on voit sont des informations qui viennent à des dates différentes". [...]. Le ciel, nous ne le voyons presque plus alors que ce fut un spectacle familier, une interrogation quotidienne pour pratiquement tous les hommes jusqu'à une période très récente », rappelle Christian Grataloup. « Nous qui vivons dans des villes illuminées, on ne voit plus le ciel [...] Cet atlas est sorti au moment où est parue une comète nommée Tsuchinshan-Atlas. Beaucoup ne l’ont pas vu ou seulement sur des écrans... Inquiétude de ne plus voir le ciel vu de la Terre à cause des satellites d’Elon Musk. Au-delà de 100 km, c’est le Far West ». #BlancsDesCartes

« Satellite Starlink ou météore : quel était l’objet lumineux vu dans le ciel en France ? » (Numerama). La lumière qui a traversé le ciel français le mardi 27 août 2024 était bien due au retour sur Terre de l'un des 6000 satellites Starlink d'Elon Musk. Il pourrait en envoyer jusque 40 000 dans l'espace.

« Le ciel vu des Missions » (Esquisa Fapesp).
Avec des télescopes fabriqués avec le peuple Guarani du sud du Brésil, le jésuite Buenaventura Suárez a observé avec précision les éclipses lunaires et solaires et les lunes de Jupiter auXVIIIème siècle.

L'Atlas Coelestis de John Seller (1700) est l'un des premiers atlas céleste de poche et le premier atlas céleste publié en Angleterre. C'est grâce aux progrès de l'astronomie que les bases de la géographie vont être posées au XVIIIe siècle, notamment à travers la fixation des grands repères (voir par exemple l'Atas Coelestis de Johann Gabriel Doppelmayr, 1742)

« Atlas international des nuages et des types de ciels » (Office international météorologique, 1939).
La première classification des nuages qui ait été publiée ne remonte qu'au début du XIXe siècle et est due à Lamarck (1802). Le célèbre naturaliste ne se proposait pas de classer tous les nuages possibles. La Conférence Météorologique Internationale, tenue à Munich en 1891, recommanda expressément une classification et accrédita un Comité spécial chargé de la mettre au point définitivement et de la publier avec illustrations sous forme d'Atlas.

L'Atlas Farnèse est une sculpture en marbre du IIe siècle après JC. C qui s'inspire d'un original hellénistique. C'est la plus ancienne représentation du globe céleste avec un total de 42 constellations.

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Flightradar24, une plateforme de référence pour suivre l'évolution des crises aériennes mondiales


Mikael Robertsson et Olov Lindberg n'avaient pas initialement prévu de créer l'un des principaux outils de surveillance de l'espace aérien mondial. Afin d'accroître la visibilité de leur portail de comparaison de prix de vols, les entrepreneurs ont ajouté une page affichant les données du trafic aérien. Cette page est devenue Flightradar24, le portail vers lequel se tournent désormais les gens du monde entier lorsqu'il y a des incidents dans le ciel. La plateforme suédoise est devenue un outil majeur d’observation du trafic aérien mondial. Elle permet aujourd’hui de suivre en temps réel les crises aériennes et les perturbations de l’espace aérien. Le système repose sur un réseau mondial d’environ 58 000 récepteurs radio, dont certains installés par des bénévoles et même une douzaine en Antarctique. Chaque avion transmet sa position, altitude, vitesse et trajectoire. Ces données permettent de cartographier en direct l’espace aérien mondial. 

Interface du site (source : Flightradar24.com)

1) Présentation de la plateforme Flightradar24

La plateforme s’est imposée lors de crises majeures. En 2010, l’éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande a fermé plus de 300 aéroports et annulé plus de 100 000 vols. Des millions d’utilisateurs ont alors suivi l’arrêt du trafic aérien européen en temps réel. D’autres événements ont confirmé ce rôle d’observatoire global. La disparition du vol Malaysia Airlines MH370 en 2014 ou la paralysie du transport aérien pendant la pandémie de 2020 ont attiré des audiences massives sur la plateforme. En mars 2026, la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran provoque une fermeture partielle de l’espace aérien du Moyen-Orient. Les vols sont redirigés vers deux corridors principaux, l’un au nord par le Caucase et l'Azerbaïdjan (crucial pour les vols entre l'Europe et l'Asie), l’autre au sud via l'Égypte, l'Arabie saoudite et Oman. Flightradar24 compte aujourd’hui environ 1,5 million d’abonnés payants et près de 60 millions d’utilisateurs mensuels. Selon son dirigeant Fredrik Lindahl, ces cartes aériennes révèlent comment les crises géopolitiques reconfigurent immédiatement les routes aériennes au niveau mondial. 

Flightradar24 combine des données provenant de plusieurs sources, notamment ADS-B, MLAT, satellite et radar. Ces données de position sont agrégées avec les informations sur les horaires et le statut des vols fournies par les compagnies aériennes et les aéroports. Face à la recrudescence du brouillage et de l'usurpation de GPS à travers le monde, Flightradar24 a adapté le suivi des vols afin d'afficher la trajectoire la plus précise possible. Grâce à l'utilisation de plusieurs technologies de suivi des aéronefs, le site garantit un suivi précis même pour des vols affectés par le brouillage et l'usurpation de GPS.

Carte de brouillage GPS (source : Flightradar24)

2) Exemples de crises aériennes majeures

En raison des crises politiques et des conflits, le nombre de "no fly zone" (zone d'exclusion aérienne) a tendance à se multiplier dans le monde. Les perturbations aériennes peuvent durer plus ou moins longtemps en fonction de la durée des conflits et des tensions. Les espaces aériens peuvent être complètement ou partiellement fermés, ou fermés par intermittence. Les flux aériens sont en général détournés sur des itinéraires plus sécures, ce qui a tendance à augmenter le trafic sur les couloirs aériens alternatifs. Avant même d'être déclarés officiellement zones d'exclusion, les zones dangereuses pour la circulation aérienne font l'objet de NOTAM (notices d'aviation) signalant aux pilotes d’aéronefs les dangers potentiels le long d’une route ou à un endroit susceptible d’affecter le vols. Les secteurs où les flux aériens se tarissent subitement peuvent être pris comme annonciateurs de crises majeures (#BlancsDesCartes). En 2026, les couloirs aériens entre l'Europe et l'Asie sont fortement perturbés par les deux guerres en Ukraine et en Iran.

Les perturbations de l'espace aérien en Afghanistan (16 août 2021) :

Les perturbations de l'espace aérien en Ukraine (22 février 2022) :

Les perturbations de l'espace aérien au Venezuela (3 janvier 2026) :

Les perturbations de l'espace aérien au Moyen-Orient (28 février 2026) :


Liens ajoutés le 15 avril 2026


« Le corridor vers l’Asie est de plus en plus étroit  : l’espace aérien se réduit toujours plus et la facture grimpe pour éviter les zones dangereuses » (Challenges). Des trajets plus longs, encombrés, et une facture plus élevée : après un premier rétrécissement des zones de survol de 20 % depuis le début du conflit russo-ukrainien, la guerre en Iran complique la donne. C’est une carte du monde que les directeurs sûreté des compagnies aériennes françaises surveillent au jour le jour : celle des « zones à risques de survol » réalisée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Un planisphère où, depuis peu, les taches colorées se multiplient au point de se demander, en scrutant certaines parties du globe : mais par où les avions peuvent-ils encore bien passer ?

Carte officielle des restrictions de survol "zones de conflit" (source : Direction générale de l’aviation civile, mars 2026)


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Quelle est la puissance des cartes ? (Arte)


Quelle est la puissance des cartes ? (Arte, 42- La réponse à presque tout, 15 septembre 2024) 

« Combien de fois par jour dégainez-vous votre téléphone portable pour trouver votre chemin ? Et que voyez-vous à première vue sur l'écran ? A première vue, les cartes géographiques semblent neutres. A grande échelle, elle représentent les continents. A plus petite, notre environnement proche. Elles donnent à voir le monde tel qu'il est... enfin en principe. Les cartes racontent toujours une histoire. Elles sont de puissants narratifs. Et si les cartes n'étaient pas si neutres que cela ? Si elles avaient même le pouvoir de façonner notre vision du monde ? »

« Quelle est la puissance des cartes ? » (source : documentaire de la chaîne Arte

Les cartes reflètent souvent un point de vue et sont un élément constitutif de l'identité des pays. L'émission propose de réfléchir à la puissance des cartes en interrogeant le choix de la projection, le choix du cadrage, mais aussi le tracé des frontières qui peut être artificiel (surtout lorsque les frontières sont tracées avant même de s'emparer du territoire). Sont abordés également les "silences cartographiques" par exemple dans Google Maps qui nous indique où nous garer ou faire du shopping, mais pas les lieux où l'on pourrait faire du skateboard ou encore là où l'on pourrait se poser sans avoir à consommer. Certains quartiers n'avaient tout simplement pas d'existence sur Google Maps et il a fallu des initiatives comme OpenStreetMap pour que la cartographie soit faite de manière participative C'est le cas par exemple du quartier de Kibera (200 000 habitants) dans la banlieue de Nairobi qui n'avait pas été cartographié dans Google Maps mais a pu trouver une existence dans OpenStreetMap grâce au projet communautaire open source Map Kibera. On peut citer également le travail de collecte de données et de cartographie humanitaire dans OSM lors du séisme de 2010 à Haïti. 

Cartographie citoyenne émancipatrice (source : Map Kibera)

Ces contre-cartes ont le pouvoir de nous raconter une histoire alternative. Elles nous montrent qu'un autre monde existe. Trois groupes en particulier remettent en question le pouvoir des cartes : les pays du Sud global, les artistes et les cartographes critiques (voir par exemple cette carte du monde sans les Etats-Unis par les Surréalistes qui a inspiré l'artiste Greg Curnoe pour sa carte de l'Amérique du Nord). Comme il est rappelé dans l'émission, « les cartes sont l'expression de la diversité des regards sur le monde. La carte unique et neutre n'existe pas ». 

Le monde au temps des Surréalistes - carte anonyme (source : Gallica

Au total, la chaîne Arte propose là un bon documentaire pour prendre de la distance par rapport aux cartes qui ne sont jamais neutres. Elle montre que la puissance des cartes ne tient pas seulement au choix de la projection ou de l'orientation : les processus de sélection de l'information ou de concentration du pouvoir aboutissent à invisibiliser une partie du territoire (#BlancsDesCartes).

D'autres exemples pourraient être pris pour montrer tout à la fois la puissance et l'impuissance des cartes à restituer le réel. Ce n'est pas le moindre paradoxe de la cartographie que de mettre en visibilité tout en dérobant en même temps à notre regard une partie de l'information.

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Comment la Suisse occupe son territoire


En s'inspirant de la fameuse infographie de Bloomberg Comment l'Amérique utilise son territoire, l'équipe suisse du site « 24 heures »  a produit à son tour en 2018 une belle infographie sur l'occupation du sol en Suisse.

« Voici comment la Suisse utilise son territoire »  (Duc-Quang Nguyen, Mathieu Rudaz) :
http://interactif.24heures.ch/2018/utilisation-du-territoire/

Avec la même technique de storytelling, les auteurs ont décomposé les différents types d'utilisation des terres (part du sol consacré aux habitations, à l'agriculture, aux forêts, etc). Ainsi découvre-t-on qu'en Suisse les terrains de golf occupent davantage de place que les parcs publics et que les vignes sont plus répandues que les bâtiments publics.






Seulement 8% du sol de la Suisse est utilisé pour le logement et les infrastructures (telles que les routes). Dans l'Union européenne, le territoire moyen utilisé par le logement et les infrastructures est de 11%. En France c'est 12%, en Italie 13%. Si les forêts représentent le plus grand pourcentage d'utilisation des terres en Suisse (en raison notamment des Alpes), aux États-Unis la plus grande partie des terres est consacrée au bétail (les terres cultivées et les pâturages combinés représentent 41% des terres). Il est cependant difficile d'établir des comparaisons car les catégories utilisées sont différentes pour chacune des deux cartes.

À la fin de l'article, plusieurs schémas montrent la répartition des terres dans chacun des 26 cantons suisses et une analyse spécifique est consacrée au canton de Genève qui est plus urbanisé que le reste de la Suisse.

Les données sont issues de l’Office fédéral de la statistique qui classifie chaque hectare (100x100m) du territoire helvétique à partir de photographies aériennes et de registres du territoire.

Pour consulter d'autres datavisualisations réalisées par l'équipe Tamedia, consulter le compte Twitter Interactiv-Team (@TA_Interaktiv).

Lien ajouté le 17 mai 2024
Lien ajouté le 2 décembre 2025

« Depuis des décennies, les cartographes dissimulent des illustrations secrètes dans les cartes officielles de la Suisse » (Eye on design). 

Ils ont réussi à échapper à l'une des institutions cartographiques les plus rigoureuses au monde. Les cartes publiées par Swisstopo font l'objet d'un processus de relecture rigoureux ; découvrir un dessin illicite signifie donc que le cartographe a dupé ses collègues. Cela implique également que le cartographe a ouvertement manqué à son engagement d'exactitude, s'exposant à des répercussions professionnelles à cause d'un rongeur alpin. Aucun cartographe n'a été licencié pour ces dessins, mais la plupart n'ont été découverts qu'après le départ de leur auteur. (Nombreux sont les cartographes qui ont fait coïncider la publication de leur dessin avec leur retraite.) Plus de la moitié des illustrations connues ont été retirées. La plus récente, le dessin de la marmotte, a été découverte par Swisstopo en 2016 et sera probablement supprimée de la prochaine carte officielle de la Suisse l'année prochaine. Comme me l'a déclaré le porte-parole de Swisstopo : « La créativité n'a pas sa place sur ces cartes. » 

Liens ajoutés le 19 avril 2026

 « Atlas topographique de la Suisse » (David Rumsey Map Collection). Les 600 cartes topographiques suisses de 1870 sont souvent considérées comme les plus belles jamais réalisées, alliant une précision remarquable à un art exceptionnel. Elles sont connues sous le nom de relevé Siegfried. L'Atlas topographique de la Suisse a été publié à l'échelle des levés originaux par le Bureau topographique fédéral, conformément à la loi fédérale du 18 décembre 1868. Connu sous le nom d'Atlas Siegfried (officiellement Topographischer Atlas der Schweiz), il s'agit d'une série de cartes topographiques historiques de la Suisse, produite par le Bureau topographique fédéral suisse après l'adoption de cette loi. Publiée entre 1870 et 1926, cette série visait à remplacer et à améliorer la carte Dufour précédente en offrant une cartographie du pays à plus grande échelle et plus détaillée. L'atlas se compose de centaines de feuilles individuelles représentant le relief, les agglomérations, les routes, les cours d'eau et autres caractéristiques géographiques avec une grande précision, d'après les levés originaux. Différentes échelles ont été utilisées selon le terrain : généralement 1/25 000 pour le Plateau suisse et le Jura, et 1/50 000 pour les Alpes. Nommé d'après Hermann Siegfried, directeur du Bureau topographique fédéral qui supervisa le projet, l'atlas devint la représentation topographique détaillée de référence de la Suisse jusqu'à son remplacement par les séries de cartes nationales modernes au XXe siècle.

La Carte topographique de la Suisse (1833-1863) de Guillaume Henri Dufour qui a précédé l'Atlas topographique de la Suisse constituait déjà un chef d'oeuvre sur le plan graphique. Réalisée à l'échelle de 1/100 000, cette carte nationale en 25 feuilles a établi une nouvelle norme pour la cartographie scientifique au XIXe siècle. Gravée sur acier avec une précision extraordinaire, elle utilise des hachures fines pour sculpter les Alpes en trois dimensions, capturant le relief spectaculaire de la Suisse avec une remarquable clarté. Centrée sur l'Observatoire de Berne et produite durant une période de progrès technologique rapide, la carte a servi à la planification militaire, au développement des infrastructures et à l'unité nationale (David Rumsey Map Collection).

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L'histoire par les cartes : la mappa mundi d'Albi


La Mappa mundi d'Albi est une carte médiévale du monde (mappa mundi), incluse dans un manuscrit de la seconde moitié du VIIIe siècle conservé dans le fonds ancien de la médiathèque Pierre-Amalric d'Albi. Ce manuscrit provient de la bibliothèque du chapitre de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi. La mappa mundi d'Albi est le plus ancien document conservé d'une représentation globale et non abstraite du monde habité.

Le manuscrit qui porte la carte comprend 77 feuillets. Il est nommé au XVIIIe siècle « Miscellanea » (mot latin signifiant « recueil »). Ce recueil contient 22 documents différents, qui avaient des fonctions pédagogiques. Le manuscrit, un parchemin fabriqué probablement à partir d'une peau de chèvre ou de mouton, est dans un très bon état de conservation.

La carte elle-même mesure 27 cm en hauteur sur 22,5 en largeur. Elle est orientée vers l'est, symbole du siège du paradis terrestre. Elle représente 23 pays sur 3 continents et mentionne plusieurs villes, des îles, des fleuves et des mers. Le monde connu est représenté en forme de fer à cheval, s'ouvrant au niveau du détroit de Gibraltar, et entourant la Méditerranée, avec le Proche Orient en haut, l'Europe à gauche et le nord de l'Afrique à droite.

Mappa mundi d'Albi (source : cartogallica.hypotheses.org)


La carte mentionne 23 pays sur 3 continents :
  • Europe : Ispania (Espagne), Britania (Bretagne), Gallia (Gaule), Italia (Italie), Gotia (pays des Goths, désignant la Germanie), Tracia (Thrace), Macedonia (Macédoine), Agaia (Achaïe, désignant la Grèce), Barbari (domaine des Barbares).
  • Afrique (Afriga) : Mauritania (Maurétanie), Nomedia (Numidie), Libia (Libye), Etiopia (Éthiopie), Egyptus (Égypte).
  • Orient : Armenia (Arménie), India (Inde), Scitia (pays des Scythes), Media (pays des Mèdes), Persida (Perse), Judea (Judée), Arabia (Arabie).
Les cinq plus grandes îles de la Méditerranée sont représentées : Corse, Sardaigne, Sicile, Crète et Chypre. On compte aussi un désert (deserto) ainsi que le mont Sinaï (Sina) représenté par un triangle.

La Mappa mundi d'Albi se différencie de manière significative des autres exemples de cartes du monde les plus anciennes ; ces différences accentuent son importance. Très connue des spécialistes, elle l'est cependant peu du grand public. Avec quelques explications, elle peut aujourd'hui reprendre la fonction pédagogique qu'elle a eue au Moyen Age. Elle constitue par ailleurs une unité organique et une cohérence profonde avec la Cité épiscopale d'Albi. C'est ce qui a justifié son inscription en 2015 au registre « Mémoire du monde » de l'Unesco.

Références

Emmanuelle Vagnon et Sandrine Victor (2022), La Mappa Mundi d’Albi. Culture géographique et représentation du monde au haut Moyen Âge, éditions de la Sorbonne,  https://journals.openedition.org/lectures/57177

« La Mappa Mundi d’Albi, exemple et exception d’une carte médiévale »
https://blogs.univ-jfc.fr/vphn/patrimoine-et-sites-remarquables/la-mappa-mundi-dalbi-2020/

« Mappa mundi. Inscription au registre Mémoire du Monde de l'UNESCO »
https://media.unesco.org/sites/default/files/webform/mow001/france_mappa_fr.pdf

« La mappemonde d'Albi, le monde d'hier », un film de 52 mn réalisé par Patrice Desenne (2017)

45:00 mn : « Les petits cercles, colorés ou non, représentent les zones de grande densité [...]. C’est là qu’on trouve les hommes. Cet espace-là est civilisé. Inversement chez les Barbares, il n'y a rien, du blanc, du vide. Des espaces qui sont à la fois déserts, incultes et non chrétiens. Cette disctinction immuable entre monde civilisé et monde barbare va tomber avec Orose qui revient d’Orient avec une autre vision du monde sur le plan philosophique et géographique. Après la chute de Rome, tous ces noms de peuples qui figuraient isolément et peu situés sur la carte ont vocation à être intégrés. En montrant les Sarrasins et les Goths à la limite de l’espace chrétien, ils deviennent civilisés ». #BlancsDesCartes

Pour compléter

Virtual Mappa 2.0 est un site d'édition numérique de cartes médiévales en partenariat avec la British Library. Il propose une vingtaine de chefs-d'œuvre cartographiques avec leurs textes transcrits, notamment la carte d'Hereford ainsi que diverses autres mappa mundi. 

Macro-typography. L'historien néo-zélandais Jean-Baptiste Piggin étudie l'histoire des diagrammes et des cartes latines. Il revient sur la mappa mundi d'Albi en comparaison des mappa mundi conservées par la Bibliothèque du Vatican.


Articles connexes


L'histoire par les cartes : 30 cartes qui racontent l'histoire de la cartographie (sélection de l'IGN)

Carte mondiale des antennes-relais mobiles à partir des données ouvertes d'OpenCelliD


OpenCelliD est la plus grande base de données ouverte au monde d'antennes-relais cellulaires. La couverture est mondiale et comprend 40 millions de relais pour téléphones portables.

Interface de consultation d'OpencelliD (source : OpencelliD)


La carte dessine un réseau mondial avec des lieux bien pourvus en antennes-relais et des "trous noirs" sur le plan des communications. Des villes comme Londres ou Paris peuvent totaliser à elles seules plus de 250 000 relais.


Les données sont disponibles sous licence CC BY-SA 4.0 après inscription sur le site. Les données utilisées pour la carte correspondent aux 3 premières colonnes du tableur (latitude, longitude et types de relais 2G, 3G ou 4G). A noter que le base ne prend pas en compte la 5G.

Ces données peuvent être explorées localement à travers une interface web :
http://www.opencellid.org/#zoom=16&lat=37.77889&lon=-122.41942


Pour compléter

Couverture 2G, 3G et 4G : croisez les cartes des opérateurs mobiles (Next Impact)
http://www.nextinpact.com/article/27227/105192-couverture-2g-3g-et-4g-croisez-cartes-operateurs-mobiles

1855 antennes (eNB) 4G détectées dans la base Mozilla Location Services au 16 février 2021
http://enb-analytics.fr/4gzb.html

Le service de localisation Mozilla (MLS) est un service ouvert, qui permet aux appareils de déterminer leur emplacement en fonction d'infrastructures réseaux comme les balises Bluetooth, les tours de téléphonie cellulaire et les points d'accès WiFi. Ce service de localisation en réseau complète les systèmes de navigation par satellite comme A-GPS.
http://location.services.mozilla.com/

L'Arcep lance une carte pour tester sa connexion Internet (Le Monde informatique)
http://maconnexioninternet.arcep.fr/

Liens ajoutés le 4 mars 2021

Lien ajouté le 2 août 2021

Lien ajouté le 24 avril 2024

Lien ajouté le 28 février 2025

Vitesse moyenne de téléchargement Internet fixe par Boris Méricskay


La carte a été réalisée à partir des données de performance des réseaux fixes et mobiles mondiaux fournies par Ookla. Cette entreprise est spécialisée dans les tests de vitesse Internet et les diagnostics réseau. Vous la connaissez peut-être grâce à sa plateforme Speedtest, qui permet de mesurer la vitesse de nos connexions Internet. Ookla dispose d'une branche Data for Good, grâce à laquelle elle publie gratuitement un ensemble de données géospatiales sur la connectivité réseau. Ils fournissent des données sur la vitesse de téléversement et de téléchargement depuis les téléphones mobiles et fixes avec carte 5G. Les données ont une résolution d'environ 600 m2 et sont fournies sur une base trimestrielle (à partir du premier trimestre 2019). Les données sont disponibles au format shapefile ainsi qu'au format Apache Parquet. 

Lien ajouté le 1er juin 2025

[1/5] @coppeliap.bsky.social interviewe le maire de Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, village cévenol de 500 habitants, où l’on ne capte rien : ni 3G, ni 4G, ni appels. En #zoneblanche totale, la couverture mobile est impossible à cause du relief accidenté et des hameaux dispersés. #geography

[image or embed]

— Patrick Marques (@pmarques35.bsky.social) 31 mai 2025 à 11:22

Lien ajouté le 6 décembre 2025

[#30DayMapChallenge 2025] Couverture de la France par la téléphonie 5G (ESRI)

Grâce à une interpolation spatiale (plus proche voisin, IDW) des données de l’ANFR (2025), la carte met en évidence les zones où les installations 5G sont les plus nombreuses. Les grandes métropoles comme Paris, Lyon, Marseille, Toulouse ou Lille apparaissent comme des « sommets » particulièrement denses, tandis que d’autres territoires affichent une couverture plus diffuse.

Lien ajouté le 11 décembre 2025

« Carte mondiale de la disponibilité de la couverture 5G en 2024 » (Ookla).

La carte montre l'extension de la 5G entre 2019 et 2023. Le cas le plus marquant est celui de l'Inde, qui semble avoir déployé la 5G sur l'ensemble du territoire national au cours des deux dernières années seulement. Cela contraste fortement avec ses voisins comme le Pakistan, le Myanmar et même de vastes régions pour la plupart peu peuplées de la Chine. L'Europe bénéficie également d'une bonne couverture jusqu'à l'Ukraine et la Biélorussie, et même en Russie. Quelques autres zones présentant des différences notables en matière de couverture sont la Corée du Nord et la Corée du Sud, Chypre et Chypre du Nord, Israël et ses voisins, et la Thaïlande et ses voisins. Dépôt des données SIG sur GitHub.

Carte du réseau 5G en 2024 (à télécharger en haute résolution sur le site d'Oaakla)

Lien ajouté le 15 avril 2026

Jérémy Pasini, « "Être pauvre, c’est être isolé". Usages du smartphone, relations sociales et accès aux ressources en Afrique subsaharienne », Géoconfluences, avril 2026.

Jérémy Pasini (Université Toulouse 2) analyse la place du smartphone en Afrique subsaharienne. Il montre comment cet outil recompose les solidarités, les migrations, le commerce et l’accès aux ressources en reliant le "village" à "l’extérieur". La diffusion est spectaculaire. On passe d’environ 600.000 téléphones en 1995 à près d’1 milliard aujourd’hui en Afrique. Les smartphones représentent 33% des appareils en 2016 puis 60% en 2020. Leur essor s’appuie sur le prépayé, l’occasion et les modèles chinois bon marché. Le smartphone change le rapport à la distance. La proximité ne repose + seulement sur le voisinage, mais sur la connexité. Être proche c’est aussi pouvoir joindre vite quelqu’un par téléphone. Cette ressource reste inégale surtout là où la couverture réseau demeure discontinue en milieu rural. Dans les migrations, le smartphone réduit l’incertitude. Il permet d’obtenir des informations, des photos, des conseils et d’activer des liens familiaux à distance. Jérémy Pasini montre ainsi comment des parcours migratoires se préparent entre Afrique, Europe et grandes métropoles. Il facilite aussi les remises de fonds. Dans la région de Loum au Cameroun, 6,8 millions de FCFA ont été envoyés entre octobre 2014 et avril 2015. Environ 27% servent au logement, contre 3% à l’agriculture. Le smartphone soutient donc à la fois entraide quotidienne et développement local. Mais cette connexion crée aussi une pression sociale. Les migrants deviennent joignables en permanence et sommés d’aider. L’auteur rappelle que demander n’assure pas d’obtenir. L’aide reste sélective et dépend de la densité du réseau relationnel autant que des ressources réellement disponibles. En situation de crise, le smartphone devient un outil vital. Pendant la crise burundaise de 2015, plus de 175.000 personnes fuient le pays. Des familles utilisent Whatsapp pour alerter, cacher, organiser des départs et sécuriser des parcours d’exil jusqu’au Rwanda ou vers d’autres relais. Le smartphone aide aussi à sécuriser les approvisionnements commerciaux. Des grossistes camerounais fidélisent producteurs et marchés par des contacts réguliers, construisant de vrais territoires de confiance. Les inégalités sociales sont aussi spatiales et relationnelles.

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Une cartographie mondiale des points de connexion Wi-Fi réalisée dans le cadre du projet WiGLE

Carte du déploiement de la fibre optique en France

eCarto, l'observatoire des territoires numériques éducatifs en open data

La carte mondiale de l'Internet selon Telegeography

Les câbles sous-marins, enjeu majeur de la mondialisation de l'information

L'essor parallèle de la Silicon Valley et d'Internet : du territoire au réseau et inversement

AllThePlaces : géodonnées et vision du monde commercial à travers Internet

 

Le projet All The Places extrait les données concernant les « emplacements de magasins » à partir de sites web du monde entier. Les données sont extraites ("scrapées") à partir d'Internet et regroupées par des robots d'indexation (spiders) selon plus de 2500 catégories. La carte reflète une vision du monde commercial tel qu'il se donne à voir sur Internet, laissant de fait les sites de petits commerces de détail dans l'invisibilité, particulièrement dans les pays du Sud (#BlancsDesCartes).

Vision du monde commercial à travers Internet (source : All The Places)


Les données d'emplacement de magasins ont été extraites avec Scrapy, un outil de web scraping assez connu basé sur le langage Python. En sortie, près de 5 millions de lignes ont été extraites en juin 2024 réparties ensuite en 2555 catégories de manière à fournir un ensemble de données POI au format GeoJSON. Disponibles sous licence Creative Communs CC-0 et régulièrement mises à jour, ces données sont téléchargeables en open data sur le site Alltheplaces.xyz.

Une interface web permet de visualiser directement les données sans avoir besoin de les télécharger. En zoomant, on accède au détail des POI. On voit apparaître surtout des enseignes commerciales, des réseaux de banques et assurances, des chaînes de restauration, des concessions autos, etc... Il s'agit des enseignes les plus visibles sur Internet. D'une certaine manière, la carte reflète les enseignes commerciales capables de faire le plus de branding sur Internet.

Zoom sur les sites commerciaux géolocalisés à travers l'interface web d'AllThePlaces

Pour les banques on constate que ce sont surtout l'emplacement des distributeurs de billets ("visa") qui ressortent. Ils représentent plus de la moitié de la base de données. Pour les mobilités, on voit apparaître principalement les bornes de véhicules deux roues en libre-service dans les espaces urbains ("gbfs" ou "General Bikeshare Feed Specification").

Le téléchargement des fichiers geojson (plus de 300 Mo de données géolocalisées) permet de conduire des analyses géographiques, comme par exemple l'implantation de grandes chaînes de distribution alimentaire. A noter que l'indexation par robots laisse des "trous dans la raquette" si l'on peut dire : les magasins Casino, Carrefour, Aldi, Lidl sont bien indexés pour la France, alors qu'Auchan par exemple n'y figure pas ou seulement pour d'autres pays. Les données n'étant pas homogènes selon les catégories et selon les pays, on aura intérêt à utiliser ce type de données en complément d'autres jeux de données issues de Wikidata ou d'OpenStreetMap. 

Comparaison de l'implantation de quelques grandes chaînes de distribution en France

Articles connexes


Utiliser Wikidata pour chercher des informations géographiques

Une base de données historiques sur les personnages célèbres dans le monde (de 3500 avant JC à 2018)

Geonames, une base mondiale pour chercher des noms de lieux géographiques

OpenDataSoft : une plateforme avec plus de 1800 jeux de données en accès libre

Data France, une plateforme de visualisation de données en open data

Numbeo, une banque de données et de cartes sur les conditions de vie dans le monde

Mapping Diversity, une plate-forme pour représenter la diversité des noms de rues en Europe

Le forum d'OpenstreetMap, un lieu d'échange autour des enjeux de la cartographie collaborative et de l'open data