1) Présentation de la plateforme Flightradar24
La plateforme s’est imposée lors de crises majeures. En 2010, l’éruption du volcan Eyjafjallajökull en Islande a fermé plus de 300 aéroports et annulé plus de 100 000 vols. Des millions d’utilisateurs ont alors suivi l’arrêt du trafic aérien européen en temps réel. D’autres événements ont confirmé ce rôle d’observatoire global. La disparition du vol Malaysia Airlines MH370 en 2014 ou la paralysie du transport aérien pendant la pandémie de 2020 ont attiré des audiences massives sur la plateforme. En mars 2026, la guerre entre Israël, les États-Unis et l’Iran provoque une fermeture partielle de l’espace aérien du Moyen-Orient. Les vols sont redirigés vers deux corridors principaux, l’un au nord par le Caucase et l'Azerbaïdjan (crucial pour les vols entre l'Europe et l'Asie), l’autre au sud via l'Égypte, l'Arabie saoudite et Oman. Flightradar24 compte aujourd’hui environ 1,5 million d’abonnés payants et près de 60 millions d’utilisateurs mensuels. Selon son dirigeant Fredrik Lindahl, ces cartes aériennes révèlent comment les crises géopolitiques reconfigurent immédiatement les routes aériennes au niveau mondial.
Flightradar24 combine des données provenant de plusieurs sources, notamment ADS-B, MLAT, satellite et radar. Ces données de position sont agrégées avec les informations sur les horaires et le statut des vols fournies par les compagnies aériennes et les aéroports. Face à la recrudescence du brouillage et de l'usurpation de GPS à travers le monde, Flightradar24 a adapté le suivi des vols afin d'afficher la trajectoire la plus précise possible. Grâce à l'utilisation de plusieurs technologies de suivi des aéronefs, le site garantit un suivi précis même pour des vols affectés par le brouillage et l'usurpation de GPS.
Carte de brouillage GPS (source : Flightradar24)
2) Exemples de crises aériennes majeures
En raison des crises politiques et des conflits, le nombre de "no fly zone" (zone d'exclusion aérienne) a tendance à se multiplier dans le monde. Les perturbations aériennes peuvent durer plus ou moins longtemps en fonction de la durée des conflits et des tensions. Les espaces aériens peuvent être complètement ou partiellement fermés, ou fermés par intermittence. Les flux aériens sont en général détournés sur des itinéraires plus sécures, ce qui a tendance à augmenter le trafic sur des couloirs aériens alternatifs. Avant même d'être déclarés officiellement zones d'exclusion, les zones dangereuses pour la circulation aérienne font l'objet de NOTAM (notices d'aviation) signalant aux pilotes d’aéronefs les dangers potentiels le long d’une route de vol ou à un endroit susceptible d’affecter le vols. Les secteurs où les flux aériens se tarissent subitement peuvent être pris comme annonciateurs de crises majeures (#BlancsDesCartes). En 2026, les couloirs aériens entre l'Europe et l'Asie sont fortement perturbés par les deux guerres en Ukraine et en Iran.
Les perturbations de l'espace aérien en Afghanistan (16 août 2021) :
The clearing of Afghan skies over the past two days. pic.twitter.com/9UNfbWgtLb
— Flightradar24 (@flightradar24) August 16, 2021
Les perturbations de l'espace aérien en Ukraine (22 février 2022) :
Airspace over and around Ukraine at 06:00 UTC time, today and 7 days ago. pic.twitter.com/0U6MYguZdO
— Flightradar24 (@flightradar24) February 24, 2022
Les perturbations de l'espace aérien au Venezuela (3 janvier 2026) :
Venezuelan and Caribbean airspace from late last night (local time) through this afternoon. pic.twitter.com/oxu5ha3dXs
— Flightradar24 (@flightradar24) January 3, 2026
Les perturbations de l'espace aérien au Moyen-Orient (28 février 2026) :
With Iran’s and Iraq’s airspace closed, this narow corridor over Türkiye, Georgia, Armenia, and Azerbaijan has become the main artery connecting Europe with Asia. pic.twitter.com/ScWYG4N2xE
— Flightradar24 (@flightradar24) March 6, 2026
This map feels like a metaphor for how we live our lives. We carefully step around conflicts (that are in no way inevitable in the first place) and carry on with our banalities. I’m not saying we shouldn’t but it does feel representative of our condition. pic.twitter.com/e8yy030Jzv
— Simon Kuestenmacher (@simongerman600) March 8, 2026
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Visualiser les flux aériens et les aéroports avec Openflights