D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ?


Source : Louis Bodelin, « Les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale en 2024-2025 », Note Flash du SIES, n°2025-22, 18 septembre 2025.

D’où viennent les étudiants étrangers en France et où vont les étudiants français à l’étranger ? Une carte permet d’y répondre via la note du SIES n°2025-22 sur les mobilités internationales par Louis Bodelin.


En 2024, 12 % des étudiants en France sont des étrangers en mobilité internationale, soit 330 000 étudiants venant étudier dans les établissements français. Cela correspond à une hausse, par rapport à 10 ans auparavant, de près de 100 000 étudiants venant de l’étranger (+3 % en un an, +13 % par rapport à 2019-2020 et +38 % en 10 ans). La croissance des effectifs d’étudiants mobiles entrants est portée par les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie. 

Sept étudiants internationaux sur dix s’inscrivent dans cinq régions académiques. Les régions Ile-de-France (119 700 étudiants mobiles), Auvergne Rhône-Alpes (42 300), Occitanie (29 700), Grand Est (24 600) et Hauts-de-France (23 700) concentrent à elles seules 73 % des étudiants internationaux inscrits à la rentrée 2024 dans l’enseignement supérieur, alors qu’elles n’accueillent que 65 % de l’ensemble des étudiants.

De nouvelles données viennent compléter ces informations sur la plateforme d'open data du Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace. Vous y trouverez le détail des étudiants accueillis en France par pays d’origine et par année de 2013 à 2024. Ce jeu de données présente les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale et les effectifs d’étudiants étrangers dans les établissements et les formations de l’enseignement supérieur, recensés dans les systèmes d’information et enquêtes des ministères en charge de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur, de l’Agriculture, de la Pêche, de la Santé et des Sports selon différentes filières de formation et niveaux géographiques (au niveau national et régional). 

Les étudiants étrangers en mobilité internationale sont les étudiants de nationalité étrangère titulaires d’un diplôme d’études secondaires étranger ou d’un baccalauréat français obtenu à l’étranger. Ils correspondent à une population venant suivre des études supérieures en France après une scolarité à l’étranger. Les effectifs d’étudiants en mobilité internationale sont directement calculés à partir des informations collectées pour 97 % des étudiants étrangers inscrits dans l’enseignement supérieur. Pour 3 % des étudiants principalement inscrits en formations paramédicale et sociale et en écoles privées hors contrat, la notion d’étudiant en mobilité internationale est estimée. Avec les étudiants résidents étrangers (étudiants de nationalité étrangère ayant obtenu leur baccalauréat sur le territoire français, non dénombrés dans cette table), ils forment l’ensemble des étudiants étrangers.

Lien ajouté le 27 avril 2026

Antonin Durand et Guillaume Tronchet (2025). Histoire et enjeux des mobilités étudiantes internationales à l’époque contemporaine, https://shs.cairn.info/revue-20-21-revue-dhistoire-2025-4-page-3?lang=fr

"Si la mobilité étudiante internationale est devenue un fait social total, c’est aussi parce qu’elle reconfigure les trajectoires biographiques, les identités et les appartenances. L’étudiant international n’est plus seulement un visiteur académique : il est un emblème de la mondialisation, à la fois sujet mobile, consommateur d’éducation et acteur de la circulation des savoirs [3]. Cette mobilité touche désormais toutes les régions du monde, et pas seulement les flux Sud-Nord traditionnels : de nouveaux pôles d’attraction (Chine, Inde, Afrique du Sud, Brésil, Émirats arabes unis) illustrent la diversification des espaces de formation et la multipolarité croissante du champ universitaire mondial... La mobilité étudiante internationale apparaît comme un terrain particulièrement fécond pour l’histoire. Parce qu’elle met en jeu des politiques d’État, des infrastructures éducatives, des trajectoires individuelles et des circulations symboliques, elle permet de relier les échelles micro et macro de l’analyse historique, et invite à penser, dans la longue durée, les liens entre formation, circulation et pouvoir."

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