Piétonisation des « rues scolaires » à Paris : collecte de données sur le terrain et analyse par télédétection


Marcel Moran (2026). Piétonisation des « rues scolaires » à Paris : collecte de données sur le terrain et analyse par télédétection d'un projet massif de réaménagement de la voirie, Journal of Planning Education and Research, 2026-02-19, https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0739456X251415006 (article en libre accès)

Repenser l’aménagement des rues en fonction des besoins des enfants, des parents, des piétons et des cyclistes – plutôt que des automobiles – peut potentiellement atténuer de nombreux problèmes urbains, tels que le manque d’espaces verts et de végétation, et l’effet d’îlot de chaleur urbain. Paris, capitale de la France et ville d’environ deux millions d’habitants, a mis en œuvre cette stratégie par le biais des « rues scolaires », où les rues adjacentes aux écoles sont piétonnisées ; l’espace auparavant occupé par les voitures stationnées et en circulation est transformé en un lieu de jeux pour les enfants, un lieu de rencontre pour les parents avant et après l’école, un lieu de passage pour les piétons et les cyclistes, et un lieu de détente pour les riverains et les clients des commerces de proximité.

Cette étude évalue de manière exhaustive les rues aux écoles parisiennes grâce à une collecte de données de terrain (incluant des visites sur l'ensemble des 272 sites actifs) et à l'analyse d'images satellites et de vues de rue à haute résolution. En quinze ans, Paris a piétonnisé 13,5 km de rues, créant ainsi 15,7 ha d'espaces verts. L'analyse de la température de surface des rues aux écoles dotées d'un revêtement rafraîchissant, comparée à celle des rues témoins adjacentes, révèle des différences de température moyennes de 5,01 °C.

Carte des rues scolaires à Paris, colorées selon leur statut (gris : installées avant 2008, rouge : ouvertes aux voitures, turquoise : phase I, bleu : phase II). Source : Moran, 2026

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