Des usages de la projection Spilhaus et de notre vision du monde

 
La projection élaborée par l'océanographe Athelstan Spilhaus semble aujourd'hui connaître un regain d'intérêt. A l'origine, il s'agit pour son auteur de représenter la planète sous la forme d'un océan unique autour duquel il répartit les terres émergées (à la manière des rives autour d'un lac). Comme chacun sait, les usages des projections cartographiques en disent souvent davantage que l'intention initiale de leur auteur. La projection Spilhaus en fournit un bon exemple. Alors qu'on avait l'habitude d'étudier les tensions et rivalités depuis l'Arctique (une vision héritée de la Guerre froide), la projection Spilhaus permet d'étudier ces enjeux depuis l'Antarctique avec une vision depuis l'hémisphère sud. De là à penser qu'elle permet de renverser notre regard sur le monde ? La question mérite d'être posée car l'usage d'une nouvelle projection n'est jamais neutre.
 
La projection Spilhaus (site de Jason Davies)



1) Vers la représentation d'un océan global

Athelstan Frederick Spilhaus (1911-1998) est géophysicien et océanographe. D'origine sud-africaine, il migre aux Etats-Unis dans les années 1930 et s'illustre par diverses inventions, dont un thermomètre capable d'enregistrer la profondeur et la température en eau profonde. Ce qui permet d'enregistrer les changements causés par les navires en mouvement pendant la Deuxième Guerre mondiale (en particulier les sous-marins allemands). En 1942, il cherche à élaborer une carte des océans représentés sous la forme d'une masse d'eau unique. Pour ce faire, il combine deux projections (celle d'Ernst Hammer et celle d'August Heinrich Petermann). 
 
La projection Spilhaus repose sur une projection interrompue. Sa construction est assez complexe et a connu des variations. Il faut attendre les années 1980 pour en avoir une version stabilisée (cf son ouvrage Atlas of the World with Geophysical Boundaries publié en 1991). Les pôles sont placés en Amérique du Sud et en Chine, déformant particulièrement les continents. La projection est en fait découpée dans un carré (cliquer sur l'animation ci-dessous pour comprendre le découpage).


 
La carte océanique de Spilhaus est une projection centrée sur l'Antarctique. C'est un choix délibéré qui lui permet ensuite d'étirer les surfaces océaniques dans toutes les directions sans les déformer (il s'agit donc d'une projection conforme). La projection est déroutante de prime abord car les continents sont complètement écartelés. Seule l'Europe, l'Afrique et l'Asie du Sud-Est ont une forme à peu près cohérente, avec une taille malgré tout assez réduite. Les océans quant à eux sont regroupés en une seule étendue liquide. Une sorte d'immense mer intérieure (un peu plus de 70% de la surface de la Terre) apparaît ainsi sous nos yeux.
 
La Spilhaus, une projection déroutante qui étire les surfaces océaniques dans toutes les directions
 
 

 
Rappelons que l'Océan mondial génère plus de 60% des services écosystémiques qui nous permettent de vivre, à commencer par la production de la majeure partie de l'oxygène que nous respirons. Cette carte symbolise l'importance des espaces maritimes. Son usage était jusque-là plutôt dédié aux enjeux géo-environnementaux, notamment à l'étude des océans et de leurs dynamiques.
 
La circulation marine générale vue sur une projection Spilhaus (Ⓒ Michael P. Meredith)

Source :  The global importance of the Southern Ocean, and the key role of its freshwater cycle, Ocean Challenge, Vol. 23, No.2 (2019)
 
La Spilhaus a été baptisée l'« image environnementale la plus influente de tous les temps » du fait qu'elle permettait de représenter la Terre comme un écosystème unique et fragile. C'est ce qui explique son usage fréquent pour défendre des causes environnementales (voir par exemple l'article de  Libération « Y a-t-il vraiment 5 continents de plastique ? »). Il est symbolique que ce soit souvent la couleur verte qui soit choisie pour représenter l'Océan unique (voir notamment la version qu'en donnent Nicolas Lambert et Christine Zanin dans leur atlas Mad Maps).
 
Une carte utile pour les baleines et les dauphins... ou pour des marins faisant le tour du monde :
 
La projection Spilhaus avec les trajectoires des cyclones dans les différents océans (par Craig Williams) :
http://pbs.twimg.com/media/EIvtWxbVUAEpnYJ?format=jpg&name=4096x4096

Suivi au sol de débris de satellites :
 

 
2) Quelle vision des (en)jeux de puissance et du "merritoire" ?
 
La projection Spilhaus met en évidence la connexion des océans. Mais en réalité elle est peu adaptée pour étudier les échanges maritimes qui ne passent pas vraiment par l'Antarctique. L'atlas Espace mondial de Sciences Po a ainsi préféré opter pour les projections Waterman et Atlantis (à comparer). Si la projection Spilhaus a tendance à faire disparaître les grandes façades maritimes, elle permet cependant de faire ressortir des enjeux géostratégiques. Les rivalités entre puissances s'exercent de plus en plus à travers la domination des espaces maritimes. La projection Spilhaus permet de représenter la course au "merritoire" (cf luttes pour le contrôle, la gestion et l'exploitation des territoires maritimes).

Un seul océan mondial, neuf bases pour les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins
(source : Géoconfluences)

 

 

On avait l'habitude de représenter les tensions et rivalités depuis l'Arctique : une vision héritée de la Guerre froide, mais qui remonte en fait à plusieurs siècles (voir cette carte de 1752 de Philippe Buache représentant "le planisphère physique depuis le pôle septentrional"). Aujourd'hui, la projection Spilhaus permet d'étudier ces enjeux depuis l'Antarctique avec une vision depuis l'hémisphère sud. Ce n'est pas seulement un renversement du regard. C'est aussi un détournement car Athelstan Spilhaus avait conçu à l'époque sa projection pour défendre une vision environnementale, loin de toute considération ou de tout intérêt géostratégique (même si par ailleurs ses recherches ont pu aider à faciliter la détection des sous-marins).

 
3) Quels usages scolaires pour la projection Spilhaus ?
 
La projection Spilhaus commence à se diffuser dans les manuels scolaires pour montrer les enjeux autour des mers et des océans, notamment dans le cadre du nouveau programme de Géographie Terminale (Thème 1 : "Mers et ocans au coeur de la mondialisation" et "La France, puissance maritime"). Avec parfois là aussi une vision assez géostratégique : la présence française se trouve en partie justifiée par la protection de la biodiversité marine à l'échelle mondiale. Preuve s'il en est que les questions stratégiques et environnementales sont aujourd'hui intimement liées.


Les enjeux de la présence française dans les mers et océans
(source : Ⓒ
Hatier Géographie Terminale, 2020, p. 77)
 

 
Au jeu des sources, il semble quelque peu difficile de retrouver l'origine d'une carte et son choix de projection. Il semble toutefois que la carte du manuel scolaire soit directement inspirée de celle de l'AFP, elle-même élaborée à partir des données de l'Agence française de la biodiversité.


En France, de nouvelles réserves naturelles pour aller vers 30% d'aires protégées 
(source : La Croix, 6 juin 2019)


 

En France, de nouvelles réserves naturelles pour aller vers 30% d'aires marines protégées
 

Références 

« Le monde selon A. Spilhaus » (Le Cartographe).
 
« Les océans au centre du monde. La carte et le "merritoire" avec la Spilhaus » (Clara Dealberto, Libération).
 
« Mad Maps, l'Atlas qui va changer votre vision du monde ». Des cartes pour perdre le nord. Et si on regardait le monde non pas vu des continents mais des océans" (Interview des deux auteurs pour le journal La République).
 
« Athelstan Spilhaus, Atlas of the World with Geophysical Boundaries : Showing Oceans, Continent and Tectonic Plates in Their Entirety ». Independence Square, Philadelphia : The American Philosophical Society, 1991 (à consulter sur Google Books).

« Global ocean circulation on a spilhaus projection  » (MapPorn).

« The Spilhaus World Ocean Map in a Square » (une story map racontant l'histoire de l'élaboration de cette projection - ESRI).
 
« Spilhaus more like thrillhaus  » (des vues très esthétiques de la projection - ESRI).

« Focus on oceans : une storymap sur les océans assortie de très belles cartes thématiques » (ESRI).

« Map of the planet if you were a fish : le monde vu par les poissons  » (Reddit).

« Spilhaus Maps : mode de construction de la projection » (Jason Davies).
 
« The Spilhaus Endless Ocean Map Projection » (Geography Realm).
 
« La Spilhaus en carte par points dessinée à la main  » (Aventures in Mapping).

« The Ocean Floor : une carte du plancher océanique réalisée en 1985 par Earl C. Bateman  » (Collection David Rumsey)

Lien ajouté le 10 décembre 2020
Lien ajouté le 10 juin 2021
Lien ajouté le 6 septembre 2021
Lien ajouté le 30 avril 2021
Lien ajouté le 20 novembre 2021
Lien ajouté le 28 octobre 2022

Fin de la semaine Atlas historique de la Terre
@les_arenes @maglhistoire, avec la carte de l'océan, dernière double-page du livre. Nous avons choisi la surprenante projection Spielhaus, pour montrer l'unicité de l'océan. L'Atlas est en librairie depuis le 6 octobre !
pic.twitter.com/ml8NZGYmLL
Lien ajouté le 15 novembre 2022
Lien ajouté le 30 septembre 2024
Lien ajouté le 30 septembre 2024

La France des océans (IGN) en projection Spilhaus. 
Publiée à l'occasion de la 3e Conférence des Nations Unies sur l'océan organisée du 9 au 13 juin 2025, la carte a été réalisée par l'Atelier de cartographie de l'IGN à l'aide des données du Shom. Elle met en lumière la répartition géographique des zones économiques exclusives, mers territoriales et eaux intérieures sur lesquelles la France exerce une souveraineté effective (ce qui ne veut pas dire pour autant qu'elle est en mesure d'en garantir totalement la surveillance vu l'immensité de son domaine maritime). Le titre choisi "La France des océans" a tendance à donner une vision nationale d'un océan unique qui n'est pas, de fait, sous souverainté française. La projection Spilhaus permet cependant de décentrer le regard par rapport à des planisphères traditionnelles plaçant la France au centre. Les territoires d'outre-mer sont placés tout autour du cercle avec leurs ZEE respectives (en pourcentage).

La France des océans (source : © IGN) 


Lien ajouté le 23 septembre 2026

Milan Janosov (data scientiste et responsable du site mapped.earth) propose une très belle géovisualisation des courants de surface de l'océan à l’aide de la projection de Spilhaus. Données : Courants de surface OSCAR de la NASA, température de surface de la mer NOAA OISST.

Lien ajouté le 15 octobre 2026

La projection « Fuck the Fish » : l'anti-Spilhaus ? (MapPorn)

L'auteur (u/Grand-Honest) a réalisé cette projection dans le but de pousser les déformations aussi loin que possible dans les océans. Elle est entièrement composée de projections azimutales équidistantes assemblées entre elles, à l'exception de la zone comprise entre 30° E et 90° E dans l'hémisphère nord, qui utilise plutôt une projection équirectangulaire. Comme on peut le constater, les lignes de longitude sont affreuses, mais les masses continentales elles-mêmes parviennent plutôt bien à conserver leurs formes et leurs tailles, à l’exception de l’Asie, qui a dû être légèrement étirée. L'Antarctique est tout dde même coupée en deux. L'Islande et le Groenland n'ont jamais été aussi éloignés l'un de l'autre.

La projection « Fuck the Fish » (source : MapPorn)
Articles connexes


Zones d'emploi en France (2020) : l'INSEE propose une nouvelle méthode de zonage


Créées au début des années 1980, les zones d'emploi permettent non seulement de restituer des informations statistiques (en particulier les taux de chômage localisés et les estimations d’emploi de l’Insee), mais aussi de concevoir des diagnostics territoriaux permettant d’élaborer et de mettre en oeuvre des politiques publiques. De fait, construites à partir des déplacements domicile-travail, les zones d’emploi constituent un découpage du territoire approprié pour étudier le fonctionnement réel du marché du travail local. Elles sont également très utilisées pour les analyses économiques. Les contours des zones d'emploi avaient déjà changé en 2010 en raison de l’évolution des facteurs déterminant les migrations domicile-travail.

En septembre 2020, l’Insee a de nouveau mis à jour les zones d’emploi. Contrairement aux zones d’emploi 2010, construites région par région, celles construites en 2020 sont issues de paramètres nationaux. Seules quelques régions font exception : les DOM et la Corse en raison de leur particularité insulaire qui limite les déplacements domicile-travail. L’Île-de-France a également fait l’objet d’un traitement différent pour tenir compte de la très forte polarisation des flux vers Paris : la part des actifs qui résident et travaillent dans la même zone sont inférieurs à ceux du reste du territoire. 

La nouvelle méthode dessine 306 zones d’emploi (contre 321) en adaptant les critères pris en compte aux densités démographiques. La méthode à été changée afin de limiter l’effet d’écrasement des très grands pôles d’emploi. « La méthode repose sur un procédé itératif basé sur l’analyse des déplacements domicile-travail entre les différentes zones : à chaque étape, des communes (ou groupes de communes agrégées précédemment) sont agrégées en fonction de l’intensité des échanges domicile-travail. Ainsi, toutes les zones constituées polarisent l’emploi, mais à des degrés différents. »

 

Principal avantage de cette typologie : elle facilite la comparaison à l'échelle européenne grâce à une méthodologie inspirée d'Eurostat et de l'OCDE (cf découpage en labor market areas). Avec un inconvénient : ce nouveau mode de calcul rend difficile voire quasiment impossible toute comparaison avec les anciennes zones d'emploi de 1990 et de 2010. Comme le rappelle l'Association des Communes de France, « il est nécessaire de rappeler qu’un zonage résulte toujours d’une convention méthodologique. Aussi rigoureuse soit-elle pour gagner en robustesse, elle demeure assise sur des choix (seuils, critères, unités géographiques de base…) qui dicteront les résultats [...] On remarquera que les "mailles" de zones d’emploi varient en fonction des densités démographiques et économiques. Elles s’approchent quasiment d’une échelle départementale dans les espaces de faible densité alors qu’elles s’apparentent davantage à des arrondissements dans d’autres régions. »

 Comparaison du découpage des zones d'emploi 2010 et 2020 (réalisée avec Q-Gis)

 

Ce nouveau découpage a l'avantage de s'appuyer sur les migrations domicile-travail à une échelle plus fine. La refonte des zonages de l’Insee n'est toutefois pas sans susciter des débats parmi les géographes. L’utilisation des zonages dans l’aménagement du territoire renvoie à leur rôle dans les politiques publiques. Le seuil choisi (15%) comme le maintien d’un seul indicateur fondé sur les navettes domicile-travail sont de moins en moins opérants pour décrire la diversité des espaces périurbains et le gradient de l’urbain au rural. Lire un résumé des réflexions des chercheurs dans la Chronique 23 du CNIS (juin 2020).

Sept profils se distinguent selon l'orientation économique principale de chaque zone d'emploi. La Bretagne est, avec Avergne-Rhône-Alpes, l'une des régions qui a le profil le plus équilibré avec les 7 types de zones d'emploi représentés dans la même région (orientation à la fois résidentielle, agricole, industrielle, touristique  + polarisation par des grandes agglomérations). En outre-mer, La Réunion a un profil moins diversifié que les Antilles.


 

Les grandes agglomérations, scindées en deux classes selon l’intensité de leurs spécialités, sont caractérisées par des emplois typiques des grandes métropoles et par la présence de grands établissements. Certaines zones d’emploi sont spécialisées dans l’agriculture comme Carhaix-Plouguer en Bretagne, l’industrie comme Oyonnax en Auvergne-Rhône-Alpes ou encore le tourisme comme Sainte-Maxime en Provence-Alpes-Côte d’Azur. D’autres sont davantage diversifiées comme Chaumont dans le Grand Est. Enfin, certaines zones d’emploi ont un caractère plus résidentiel : la part d’actifs qui y habitent et y travaillent est plus faible qu’ailleurs ; elles se situent principalement dans le voisinage des grandes agglomérations.


Cinq profils types de zones d’emploi à partir des variations de la population et de l’emploi
entre 2010 et 2015 (Source : Insee, 2019)
 
 
 
Typologie des zones d'emploi selon le niveau du premier et du neuvième décile
du revenu disponible en 2013 (source  : CGET, 2017)
 


Accès aux données

Base des 306 zones emploi Insee 2020 (avec fichiers shp à télécharger) :
http://www.insee.fr/fr/information/4652957

Base des zones d'emploi 1990 et 2010 :
http://www.insee.fr/fr/information/2114596

Statistiques locales (outil de cartographie en ligne de l'Insee) :
http://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&view=map10 

Étude nationale : « L'orientation économique des zones d'emploi : entre spécialisation et diversification des économies locales » : http://www.insee.fr/fr/statistiques/4653582

Analyse des profils socio-économiques par région :
http://www.insee.fr/fr/information/4652090

Atlas des zones d'emploi 2010 (à télécharger sur Data.gouv) :
https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/atlas-des-zones-d-emploi-572211/

La refonte des zonages de l’Insee : réflexions de chercheurs (CNIS, 2020) :
http://www.cnis.fr/wp-content/uploads/2020/06/CNIS-chroniques-23final2.pdf


Lien ajouté le 17 mars 2022


Lien ajouté le 12 février 2023

Articles connexes


Chiffres INSEE 2017 : l’attractivité se diffuse aux communes peu denses éloignées des villes

Etudier la métropolisation et les dynamiques urbaines en France avec les données INSEE
 
Gentrification et paupérisation au coeur de l'Île-de-France (évolutions 2001-2015)

Intérêt et limites du zonage en aires urbaines


Atlas de la grotte Chauvet-Pont d'Arc

Depuis la découverte de la grotte de Chauvet-Pont d'Arc (Ardèche) en 1994 et de ses peintures pariétales, les scientifiques ont cartographié et documenté la grotte.

Atlas de la grotte Chauvet-Pont d’Arc dirigé par Jean-Jacques Delannoy & Jean-Michel Geneste, aux éditions de la Maison des sciences de l’homme (2020) :
http://www.fmsh.fr/fr/diffusion-des-savoirs/30808

   Atlas de grotte Chauvet-Pont d'Arc (© cliché Éditions de la MSH)

 
La Monographie de la grotte Chauvet-Pont d’Arc rend compte de l’ensemble des recherches pluridisciplinaires menées dans la grotte depuis 1997. Son premier tome, Atlas de la grotte Chauvet-Pont d’Arc, offre au lecteur de circuler dans la grotte par le biais d’une riche iconographie, d’observer par lui-même et de comprendre les paysages souterrains dans lesquels s’inscrivent les vestiges archéologiques et les œuvres pariétales qui ont fait la renommée internationale de ce haut lieu paléolithique.

L'Atlas est d'une taille exceptionnelle (48 x 34 cm). « On a cherché à revenir à la tradition des grands atlas d’antan » explique Jean-Michel Geneste. Cet archéologue spécialiste de l’art pariétal dirige les recherches dans la grotte Chauvet depuis 2002. C’est également le pilote de ce projet éditorial titanesque avec le géomorphologue Jean-Jacques Delannoy, le directeur du laboratoire Edytem (Université Savoie Mont-Blanc). Il présente, au moyen de nombreuses cartes, le fruit des approches spatiales novatrices qui ont guidé la recherche : 

  • approche spatialisée d’un lieu d’activité et de créativité humaines
  • approche spatiale d’un site archéologique
  • découpage spatial d’une entité géographique du monde naturel qui est aussi un lieu d’expression symbolique collectif 

Pour feuilleter quelques pages de l'Atlas :
https://www.facebook.com/EditionsMSH/posts/2741124339328449

La grotte Chauvet, palais des mémoire (émission à écouter sur France-Culture)
http://www.franceculture.fr/emissions/carbone-14-le-magazine-de-larcheologie/la-grotte-chauvet

Lien ajouté le 12 septembre 2021

Articles connexes

Espace mondial : l’Atlas de Sciences Po 2018 en version numérique

Atlas critique de la Guyane (par Matthieu Noucher et Laurent Polidori)

L'histoire par les cartes : l'Atlas historique mondial de Christian Grataloup en partenariat avec la revue L'Histoire

Atlas des pays qui n'existent plus. 50 États que l'histoire a rayés de la carte


Dire et changer le monde avec les cartes (émission "Nos Géographies" sur France-Culture)


Pour sa 4e édition, l'émission Nos géographies proposée par Dominique Rousset sur France-Culture aborde la cartographie, son histoire et ses enjeux actuels.

Dire et changer le monde avec les cartes :
http://www.franceculture.fr/emissions/nos-geographies/dire-et-changer-le-monde-avec-les-cartes

 

  Mappemonde à l'usage du roy  par Guillaume Delisle (1675-1726)
(source : Bibliothèque Nationale de France, Gallica)

 

L’œil sur les cartes, toutes les cartes, depuis leur apparition, en passant par le très riche Moyen Âge jusqu’à leur essor actuel, fulgurant, servi par une diffusion exponentielle des informations. Quel a été leur rôle - et leur pouvoir - à travers les siècles, comment et par qui ont-elles été conçues, dans quels buts ? Et qu’en est-il aujourd’hui ? Il y aura d’autres émissions sur les cartes dans « Nos géographies », impossible d’épuiser le sujet en une fois, tant elles suscitent de passion chez les spécialistes et les amateurs. Les cartes sont aussi inspiratrices de véritables œuvres d’art depuis l’Antiquité et dont l’art contemporain s’empare souvent.

Avec 3 invités : 

  • Gilles Palsky, professeur à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de l’École Doctorale de Géographie de Paris (Institut de Géographie)
  • Emmanuelle Vagnon-Chureau, chargée de recherche au CNRS au Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP) 
  • Matthieu Noucher, chargé de recherche CNRS, laboratoire PASSAGES à Pessac.


« On voit bien qu'il n'y a pas une juste carte, que la carte est une vision du monde, une vision orientée qui relève de choix. C'est d'ailleurs ce qui a amené dans les années 1970 la critique de la carte, ce qu'on a appelé l'ère du soupçon. Beaucoup de gens ont dit : la carte ment, elle transmet des informations incomplètes. Ce n'est pas vraiment un mensonge. Une carte relève toujours de choix et il faut questionner ces choix qui peuvent différer selon par exemple si on est militaire ou autochtone...» (Gilles Palsky)

« Il y a une complexification de la fabrique cartographique et de l'objet carte. J'ai tendance à dire qu'il y a aujourd'hui presque autant de cartes que de clics. Quand on se ballade sur Internet et qu'on consulte des cartes, à chaque clic on change de zoom, on rajoute une couche, on crée une nouvelle carte. Donc il n'y a plus, comme pour la carte papier, un support fixe qu'on va pouvoir analyser. On est face à un dispositif qui n'est pas simple à cerner pour le chercheur ou pour le géographe. On est face à de l'information géographique numérique, face à des artefacts informationnels, des cartes qui sont présentes sur nos téléphones portables, dans nos voitures ou ailleurs et qui sont utilisées dans des conditions extrêmement diverses et variées. » (Matthieu Noucher)

« Il faut souligner la vitalité des cartes et surtout l'évolution des usages et des conventions cartographiques et scolaires qu'on a pu apprendre. Par exemple, le nord en haut, l'échelle, etc... sont complètement modifiés par les pratiques du web et par une cartographie en temps réel en quelque sorte. Notre apprentissage de ce qu'est une carte a complètement changé avec les usages contemporains, avec notamment les outils de géolocalisation. » (Emmanuelle Vagnon)

« Il y a aussi des artistes qui se mobilisent sur ces outils cartographiques numériques et qui réinventent quelque part la carte, ce qui montre une grande diversité et un grand dynamisme de la cartographie. » (Matthieu Noucher)


Pour aller plus loin

Film documentaire La Fabrique de l’océan Indien, réalisé par Céline Ferlita et Emmanuelle VAGNON, CNRS Images, 2018.  Voir le CR de la présentation de l'ouvrage sur le site des Clionautes.

Vagnon Emmanuelle, « Les cartes marines, XIVe-XVIIe siècle : une appropriation de l'espace maritime », dans Entre idéel et matériel. Espace, territoire et légitimation du pouvoir (v. 1200-v. 1640), sous la direction de Patrick Boucheron, Marco Folin et Jean-Philippe Genet, éditions de la Sorbonne/école française de Rome, 2018.
 
Matthieu Noucher et L. Polidori, Atlas critique de la Guyane, CNRS Editions

Matthieu Noucher, Les petites cartes du web. Approche critique des nouvelles fabriques cartographiques, Édition de la rue d'Ulm. Presses de l'Ecole normale supérieure, 2017.  

Matthieu Noucher, Irène Hirt et Xavier Arnauld de Sartre, Mises en chiffres, mises en cartes, mises en ordre du monde, EspacesTemps.net, 2019.

Publication Cartes et géomatique du Comité français de cartographie.

Articles connexes

Méridiens. Mesurer, partager, dominer le monde

L'histoire par les cartes : comment la cartographie s'est-elle développée à travers les temps et les espaces ? 

Se retrouver dans les cartes (émission sur France Inter)

Les Cartes en mouvement. Une chronique de Radio France en partenariat avec Le Monde

Cartes : des plans sur la planète (émission Eurêka sur France Culture)

Quand les artistes dessinaient les cartes (exposition aux Archives nationales)

Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique

Sous le calque, la carte : vers une épistémologie critique de la carte (Denis Retaillé) 

Bouger les lignes de la carte. Une exposition du Leventhal Map & Education Center de Boston

Atlas critique de la Guyane (par Matthieu Noucher et Laurent Polidori)

L'histoire par les cartes


Atlas critique de la Guyane (par Matthieu Noucher et Laurent Polidori)


En cette rentrée de septembre 2020 vient de paraître l'Atlas critique de la Guyane, sous la direction de Matthieu Noucher et Laurent Polidori. Ouvrage collectif, cet atlas réunit 85 auteurs et rassemble 400 illustrations.

Pour accéder à la présentation détaillée, à la table des matières et à des extraits de l'Atlas :
http://patiencesgeographiques.org/acg/

 

Oeuvre de l’esprit, interprétation de l’espace, la carte est longtemps restée l’apanage du pouvoir, l’expression des dominants, véhiculant des représentations partiales, douteuses ou orientées. Une mise en ordre qui fabrique parfois l’ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 1970, ce constat critique bouleverse encore aujourd’hui la lecture des cartes. Cet atlas s’inscrit dans ce mouvement intellectuel en plein essor : il se veut être un exercice de cartographie critique appliquée à un espace donné : la Guyane. 

Ouvrage collectif (85 auteurs) et pluridisciplinaire (géographie, sociologie, histoire, anthropologie, archéologie, ethno-botanique, écologie, linguistique, etc.), il questionne des cartes existantes en procédant à une analyse de tous les grands problèmes de leur fabrique (confiner, délimiter, détecter, collecter, nommer) à leur usage (mesurer, planifier, révéler, figer, relier). Il traite aussi des thèmes cruciaux de la Guyane en produisant des cartes originales sur les frontières, le littoral, la forêt, les circulations, l’orpaillage, la toponymie, la topographie, le foncier, l’urbanisme, les relations géopolitiques, la biodiversité… Tandis que les deux derniers chapitres « Imaginer, la Guyane par les cartes » et « Oublier, le blanc des cartes » réinterrogent la carte jusque dans la logique de ses suppositions ou de ses omissions. 

L’enjeu de cet atlas critique de la Guyane est alors d’identifier et de déconstruire les représentations cartographiques dominantes mais aussi de tenter de les compléter (et non de leur opposer) d’autres représentations issues d’approches à la fois rigoureuses et alternatives pour offrir une vision kaléidoscopique de la Guyane qui en révèle toute la diversité. 

En multipliant les points de vue, cet atlas fait émerger les co-vérités d’un territoire, divers, complexe à décrire, sans jamais pouvoir y arriver complètement, comme s’il y avait pour la Guyane et le monde en général une impossibilité, un « in-cartographiable » irréductible.

Plan de l'Atlas et accès à des extraits :

Introduction

  • Pourquoi un atlas critique ?
  • Pourquoi un atlas critique de la Guyane ?
  • Interroger l’intentionnalité et la performativité des cartes

Chap. 1 : confiner, le fond de plan 

Chap. 2 : délimiter, les frontières 

Chap. 3 : nommer, la toponymie 

Chap. 4 : mesurer, la topographie 

Chap. 5 : détecter, la forêt

Chap. 6 : collecter, la biodiversité

Chap. 7 : figer, le littoral

Chap. 8 : relier, les circulations

Chap. 9 : révéler, l'orpaillage 

Chap. 10 : gouverner, le foncier

Chap. 11 : imaginer, la Guyane par les cartes

Chap. 12 : oublier, le blanc des cartes


Pour compléter

Collection de cartes anciennes de la Guyane sur le site de Gallica.

Carte à la une. Une nouvelle carte murale pour la Guyane. Géoconfluences.

Les frontières externes et les limites internes en Guyane, entre fragmentation, ruptures et interfaces. Géoconfluences

Le portail cartographique de la Guyane, Geoguyane

Analyse d'images satellitaires sur le site Geoimage : le littoral, la frontière Guyane/Brésil, le Maroni fleuve frontière entre la Guyane et le Surinam, le centre spatial de Kourou, Cayenne les défis d'aménagement d'une métropole, Maripasoula et le Haut Maroni.






Articles connexes

Cycle de conférences « L’illusion cartographique » (Bordeaux, Octobre 2020 – Avril 2021)

La carte, objet éminemment politique : La Pachamana en base de données

Blancs des cartes et boîtes noires algorithmiques

Espace mondial : l’Atlas de Sciences Po 2018 en version numérique

L'histoire par les cartes : l'Atlas historique mondial de Christian Grataloup en partenariat avec la revue L'Histoire

Présentation de l'Opportunity Atlas et des problèmes d'interprétation qu'il pose

L'Atlas de Woodbridge et la première carte des isothermes à l'échelle mondiale (1823)

Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique

Atlas démographique des communes de la Nouvelle-Calédonie

Atlas des pays qui n'existent plus. 50 États que l'histoire a rayés de la carte

 

Copernicus : accès libre et ouvert aux cartes concernant la couverture des sols (2015-2019)


Qu'il s'agisse de surveiller des cultures, de modéliser l'installation de centrales à énergie verte, de lutter contre l'épuisement des ressources ou d'aider les pays à atteindre leurs objectifs de développement durable, il est fort probable que vous ayez besoin d'une carte précise et détaillée de la couverture et de l'utilisation des sols.

Gobal Land Cover propose, en accès libre et ouvert, des cartes de couverture des sols pour la période 2015-2019. Cette cartographie à 100 mètres de résolution repose sur une classification en 23 classes à partir de l'analyse d'images satellites Copernicus.

 Cartographie annuelle de la couverture du sol entre 2015 et 2019 (source : Copernicus Global Land Cover)


Les cartes de changements temporels sont calculées en utilisant un algorithme de détection de rupture BFAST sur une série temporelle de données de la végétation d'entrée MODIS de réflectance proche infrarouge (NIRv) et, d'autre part, un modèle de Markov. Ces cartes montrent les zones où des changements se sont produits entre 2015 et 2019.

Ces cartes d'utilisation du sol à l'échelle mondiale sont disponibles à travers :

  • la visionneuse de couverture terrestre qui permet de visualiser les données par couches d'information et de les télécharger par mosaïques de 20x20 degrés (en projection géographique latitude-longitude) avec des statistiques par zone
  • la plate-forme Google Earth Engine ™, pour une analyse approfondie, en projection web-Mercator
  • la plate-forme Zenodo Open Science, où l'on peut télécharger les données sous forme de fichiers globaux uniques, avec identificateur d'objet numérique et options de citation scientifique
  • la plate-forme Geo-WIKI, pour une comparaison avec d'autres ensembles de données sur la couverture terrestre et une collecte détaillée de commentaires.

Lien ajouté le 6 août 2021

Lien ajouté le 4 mars 2026

Werner Gerwin et al (2018). Évaluation et quantification des terres marginales pour la production de biomasse en Europe à l'aide d'indicateurs de qualité des sols, https://soil.copernicus.org/articles/4/267/2018/

Ces données publiées par soil.copernicus.org visent à évaluer les capacités européennes à produire de l'énergie biomasse à l'aide d'un indicateur de qualité des sols, appelé SQR (Soil Quality Rating system). La carte qui accompagne l'article explique la fertilité du nord de la France, de l'Ukraine et de la plaine du Pô, des puissances agricoles. Mais elle révèle aussi le potentiel des plaines roumaine et hongroise, dont la qualité des sols parait ici exceptionnelle. Comme le montre Maxime Blondeau, "ce qui est intéressant, c'est de comparer ce système d'évaluation avec une carte des risques des sols produites non par des géologues, mais par des biologistes". Des bioscientifiques ont utilisé la même carte des sols de l'Europe, mais avec une évaluation des risques fondés sur des critères biologiques, comme la vitalité des micro-organismes et de la faune souterraine ainsi que les fonctions biologiques. "Les différences sont énormes, et les approches complémentaires. Ceci est la preuve qu'il faut croiser davantage le géologique avec le biologique pour prendre de meilleures décisions technologiques".

Articles connexes

Dynamic World : vers des données d'occupation du sol quasi en temps réel ?

WorldCover (ESA), une couverture terrestre de l'occupation du sol à 10m de résolution

La carte, objet éminemment politique : la cartographie du mouvement Black Lives Matter

 

Signalé par Google Maps Mania (The Black Lives Matter Map, 12 septembre 2020)

L'assassinat de George Floyd par la police à Minneapolis le 25 mai 2020 a déclenché un énorme mouvement de protestation qui s'est répandu aux États-Unis et dans d'autres pays du monde. Le mouvement Black Lives Matter a conduit les gens à descendre en grand nombre dans la rue pour protester contre la brutalité policière et la violence raciale contre les Noirs.

Le site Mapping The Black Lives Matter Movement a pour but de cartographier et documenter les milliers de protestations et de manifestations qui ont eu lieu à travers le monde - en particulier aux Etats-Unis - pour soutenir le mouvement Black Lives Matter. La carte permet de localiser les lieux de manifestations, les emplacements des statues contestées ainsi que les images, affiches et autres créations artistiques élaborées dans le cadre du mouvement. 

 Interface de consultation du site Mapping The Black Lives Matter Movement


En cliquant sur la carte interactive, on accède à la source d'information qui a servi à référencer la manifestation. Un menu est proposé à l'utilisateur pour y ajouter éventuellement des images ou des informations. Pour les auteurs qui ont coordonné le projet, l'objectif est de "montrer la diversité des actions politiques menées à travers le monde pour soutenir le mouvement et faire évoluer la conscience sociale vers la justice raciale". Il s'agit donc d'un site militant. Reprise et partagée, la carte informe autant qu'elle véhicule un message politique (cf la très forte densité de points orange sur fond noir). Elle permet de s'interroger sur les usages politiques des cartes de manifestations à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux. C'est en même temps une carte collaborative qui permet de documenter le mouvement en agrégeant de nombreuses sources d'information : un travail de collecte de données assez impressionnant même si les sources sont assez disparates (articles de journaux, news sur des réseaux sociaux ou sur des sites militants...). 

Par ailleurs, le Southern Poverty Law Center a cartographié plus de 1 500 symboles publics de la Confédération à travers les États-Unis. Ces symboles publics comprennent non seulement des statues et des monuments commémoratifs, mais aussi des écoles, des parcs et des routes qui ont été nommés en l'honneur de chefs confédérés ou de batailles de la Guerre de Sécession.

Whose Heritage : Public Symbols of the Confederacy (source : Southern Poverty Law Center)


"Un patrimoine, pour qui ? L'un des arguments contre le retrait de ces monuments publics qui commémorent la Confédération est qu'ils constituent des monuments historiques. Cependant, la grande majorité de ces édifices mémoriaux n'ont même pas un siècle". Le Southern Poverty Law Center a cherché à établir une chronologie précise de la date à laquelle ces monuments commémoratifs avaient été édifiés. La chronologie fait apparaître deux périodes principales. Le premier pic correspond aux deux premières décennies du XXe siècle. Le second pic se situe dans les années 1950-60.

Pour aller plus loin

Statues contestées : Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation (Paroles d'histoire).

Déboulonner les statues ? "Ces questions méritent un débat public" (Nicolas Offenstadt, Huffpost)

A qui les statues parlent-elles encore ? (Renaud Hourcade, Libération).

Les déboulonneurs de statues n’effacent pas l’histoire, ils nous la font voir plus clairement (Enzo Traverso, Acta Zone).

Statuer sur les statues. Controverse autour des monuments liés à l'esclavage et à la colonisation (Controverse 2021)

Lien ajouté le 17 septembre 2020


Lien ajouté le 24 septembre 2020


Liens ajoutés le 5 décembre 2020



Lien ajouté le 23 février 2021


Lien ajouté le 21 mars 2021


Lien ajouté le 19 mai 2021

Lien ajouté le 26 avril 2023
Lien ajouté le 11 mars 2025

A Washington, une fresque « Black Lives Matter » peinte en 2020 a été effacée sous la pression des républicains. Le nom du mouvement de protestation antiraciste avait été inscrit en lettres jaunes sur le bitume, dans une rue située non loin de la Maison Blanche (Le Monde)

Articles connexes



Hunger Map Live : une carte de surveillance de la faim dans le monde (PAM - ONU)


Environ 1 milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim en 2020. Le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) a pour objectif de lutter contre la faim et de promouvoir la sécurité alimentaire. Chaque année, il fournit une aide alimentaire à plus de 90 millions de personnes dans 83 pays.

La carte Hunger Map Live permet d'identifier les pays et les zones où les personnes n'ont pas assez de nourriture pour répondre à leurs besoins quotidiens. La carte couvre 94 pays. Elle fait ressortir ceux qui ont connu une nette détérioration de leur situation au cours des derniers mois. Le taux de prévalence  concernant un apport alimentaire insuffisant est indiqué par une palette de couleurs qui va du vert (assez faible) au rouge (très fort).

Interface de consultation du site Hunger Map Live


Les zones où on ne dispose pas de données sur la prévalence des personnes ayant un apport alimentaire insuffisant ne sont pas cliquables. A la place est indiqué l'indice Proteus, qui mesure la sécurité alimentaire dans 185 pays. Des modèles prédictifs sont également mobilisés (consulter le menu méthodologie).

Si on clique sur un pays, on accède à une fiche détaillée concernant la sécurité alimentaire générale du pays et le nombre de personnes actuellement en état de sous-nutrition. La fiche  fournit également des informations sur la situation économique du pays, l'évolution de sa balance commerciale, de sa sécurité / insécurité alimentaire. En revanche, l'utilisateur ne peut pas accéder aux données détaillées (souvent issues d'enquêtes) acquises à l'échelle infra-nationale.

Le site Hunger Map Live vise à fournir une estimation et un suivi en temps réel des problèmes de sous-nutrition. Pour ce faire, il prend en compte les principaux facteurs de risques : zones de conflit, évolutions climatiques, événements météorologiques extrêmes, densités de population, cas de COVID-19...

Tableau de bord des indicateurs par pays (ex : l'Ethiopie)


Articles connexes

L'insécurité alimentaire dans le monde (rapport du FSIN)

Plus d'un tiers des pays dans le monde sont en incapacité d'assurer leur autosuffisance alimentaire

Les grands enjeux alimentaires à travers une série de story maps du National Geographic

Cartographie du surpoids et de l’obésité aux États-Unis et dans le monde

La NASA met à disposition plus de 11 000 vues satellitaires prises ces 20 dernières années

La NASA donne accès, à travers l'application Earth Observatory Explorer, à plus de 11 000 vues satellitaires prises ces 20 dernières années. Les images sont issues de la collection Image of the day et Natural Events. La NASA a opéré une sélection des images les plus intéressantes. L'intérêt est de disposer d'images avec leurs commentaires (en anglais) et de pouvoir accéder à d'autres images regroupées par thématiques (atmosphère, eau, climats, risques, population...) et sous-thématiques (inondations, tempêtes, séismes, irruptions volcaniques, feux de forêts...)

Pour accéder aux images de la NASA :
earthobservatory.nasa.gov/map#2/-18.0/21

Interface Earth Observatory Explorer de la NASA

Les cercles avec leurs numéros permettent au premier coup d'oeil de voir le nombre de vues disponibles à l'échelle du globe (avec de fortes disparités selon les régions). Il faut zoomer à plusieurs reprises pour accéder à chaque vue détaillée.

La carte en projection Mercator qui sert d'interface de consultation a été générée à partir des données MODIS Land Cover de la NASA, de la Shuttle Radar Topography Mission (SRTM), de la carte bathymétrique des océans (GEBCO) et des frontières Natural Earth. Ce fond de carte est téléchargeable au format jpeg, png ou geotiff (en haute résolution).

Par ailleurs, chaque mois sur Earth Matters est proposée une image satellite déroutante. Chacun est invité à la commenter en quelques mots ou en plusieurs paragraphes, en donnant sa localisation ou en expliquant quel satellite et quel instrument ont capté l'image, quelles bandes spectrales ont été utilisées.








Articles connexes

Images satellites Landsat 9 mises à disposition par l'USGS




Des sécheresses répétées en France depuis 2018 : analyse en cartes et en images satellitaires

Méga-feux en Australie : une conséquence du réchauffement climatique, mais attention aux fausses images !

Incendies en Amazonie : les cartes et les images auraient-elles le pouvoir d'attiser la polémique ?

Cartographie des incendies en Californie

Comment la cartographie animée et l'infographie donnent à voir le changement climatique

Rubrique outils et images satellitaires

 

Cycle de conférences « L’illusion cartographique » (Bordeaux, Octobre 2020 – Avril 2021)


Organisé en partenariat avec le laboratoire Passages et l’Université Bordeaux Montaigne, ce cycle de conférences est proposé par Matthieu Noucher, chercheur au CNRS, à l’occasion de la sortie de l’Atlas Critique de la Guyane (CNRS Éditions), ouvrage collectif qui propose une lecture politique et diversifiée des enjeux de la cartographie en Guyane.

La carte n’est pas le territoire. Œuvre de l’esprit, interprétation de l’espace, elle est restée longtemps l’apanage du pouvoir, l’expression des dominants, véhiculant des représentations partielles, douteuses ou orientées. Une illusion de mise en ordre de l’espace qui fabrique parfois l’ordre bien réel de nos sociétés. Dressé dans les années 70/80, ce constat critique bouleverse encore aujourd’hui la lecture des cartes. En multipliant les approches, les terrains d’étude et les époques travaillées, ce cycle de conférences, organisé un jeudi par mois d’octobre 2020 à mars 2021, au Musée d’Aquitaine, se veut un exercice polyphonique de critique cartographique. En abordant des questions aussi diverses que la colonisation, les migrations, l’autochtonie ou l’écologie politique, les géographes, historiens et artistes qui interviendront, nous proposerons de réinterroger la carte jusque dans ses logiques d’imposition, de manipulation, de suppositions voire d’omissions.
 
Pour accéder au programme complet des conférences : 
 
En espérant que ces conférences feront l'objet d'une captation vidéo pour une diffusion auprès d'un large public...
 


 Lien ajouté le 25 octobre 2021

La plupart des cartes et documents historiques utilisés par Xavier Amelot pendant sa conférence sont disponibles par zone géographique sur le site de l'Université Bordeaux-Montaigne (Collections patrimonialisées numériques) et sur le portail Navigae.


Articles connexes


Le Blanc des cartes. Quand le vide s'éclaire (Atlas Autrement)null





Mapping a World of Cities : un parcours dans l'histoire urbaine en cartes


Où, comment et pourquoi les villes se développent-elles ? De la ville de Tenochtitlán au début du XVIe siècle au Chicago des années 1920, les cartes présentées dans cette exposition virtuelle couvrent plusieurs siècles d'histoire urbaine. Ces cartes et ces plans montrent comment les villes du monde se sont transformées parallèlement à l'évolution de l'art et de la cartographie. Une frise chronologique associée au site permet de se repérer dans le temps et de naviguer à son gré. Les reproductions sont d'une excellente qualité. On peut filtrer les informations par régions ou par collections.

Le site Mapping a World of Cities est le fruit d'une collaboration numérique entre dix bibliothèques et cartothèques des États-Unis. Ce qui explique que les villes américaines et européennes soient davantage traitées. Le site permet d'explorer et comparer les plans de 85 villes (certaines grandes métropoles comme par exemple New York, Londres, Mexico sont étudiées à différentes époques).
 

Sponsors

Contributeurs

La bibliothèque de Harvard consacre également toute une collection à la transformation des villes et de leur environnement à travers plus de 700 plans et cartes historiques du XVIe siècle à nos jours :

City Maps and Urban Environments (Harvard Library) :
http://curiosity.lib.harvard.edu/city-maps-and-urban-environments


 


Articles annexes

Bouger les lignes de la carte. Une exposition du Leventhal Map & Education Center de Boston

America transformed : une exposition cartographique organisée par le Leventhal Map & Education Center

Les cartes d'assurance-incendie, une source d'information précieuse pour l'histoire et la géographie urbaines

Cartographies actuelles. Enjeux esthétiques, épistémologiques et méthodologiques

Rubrique Cartes et atlas historiques de ce blog