La carte, objet éminemment politique : la cartographie du mouvement Black Lives Matter

 

Signalé par Google Maps Mania (The Black Lives Matter Map, 12 septembre 2020)

L'assassinat de George Floyd par la police à Minneapolis le 25 mai 2020 a déclenché un énorme mouvement de protestation qui s'est répandu aux États-Unis et dans d'autres pays du monde. Le mouvement Black Lives Matter a conduit les gens à descendre en grand nombre dans la rue pour protester contre la brutalité policière et la violence raciale contre les Noirs.

Le site Mapping The Black Lives Matter Movement a pour but de cartographier et documenter les milliers de protestations et de manifestations qui ont eu lieu à travers le monde - en particulier aux Etats-Unis - pour soutenir le mouvement Black Lives Matter. La carte permet de localiser les lieux de manifestations, les emplacements des statues contestées ainsi que les images, affiches et autres créations artistiques élaborées dans le cadre du mouvement. 

 Interface de consultation du site Mapping The Black Lives Matter Movement


En cliquant sur la carte interactive, on accède à la source d'information qui a servi à référencer la manifestation. Un menu est proposé à l'utilisateur pour y ajouter éventuellement des images ou des informations. Pour les auteurs qui ont coordonné le projet, l'objectif est de "montrer la diversité des actions politiques menées à travers le monde pour soutenir le mouvement et faire évoluer la conscience sociale vers la justice raciale". Il s'agit donc d'un site militant. Reprise et partagée, la carte informe autant qu'elle véhicule un message politique (cf la très forte densité de points orange sur fond noir). Elle permet de s'interroger sur les usages politiques des cartes de manifestations à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux. C'est en même temps une carte collaborative qui permet de documenter le mouvement en agrégeant de nombreuses sources d'information : un travail de collecte de données assez impressionnant même si les sources sont assez disparates (articles de journaux, news sur des réseaux sociaux ou sur des sites militants...). 

Par ailleurs, le Southern Poverty Law Center a cartographié plus de 1 500 symboles publics de la Confédération à travers les États-Unis. Ces symboles publics comprennent non seulement des statues et des monuments commémoratifs, mais aussi des écoles, des parcs et des routes qui ont été nommés en l'honneur de chefs confédérés ou de batailles de la Guerre de Sécession.

Whose Heritage : Public Symbols of the Confederacy (source : Southern Poverty Law Center)


"Un patrimoine, pour qui ? L'un des arguments contre le retrait de ces monuments publics qui commémorent la Confédération est qu'ils constituent des monuments historiques. Cependant, la grande majorité de ces édifices mémoriaux n'ont même pas un siècle". Le Southern Poverty Law Center a cherché à établir une chronologie précise de la date à laquelle ces monuments commémoratifs avaient été édifiés. La chronologie fait apparaître deux périodes principales. Le premier pic correspond aux deux premières décennies du XXe siècle. Le second pic se situe dans les années 1950-60.

Pour aller plus loin

Statues contestées : Antilles, États-Unis, les épicentres de la contestation (Paroles d'histoire).

Déboulonner les statues ? "Ces questions méritent un débat public" (Nicolas Offenstadt, Huffpost)

A qui les statues parlent-elles encore ? (Renaud Hourcade, Libération).

Les déboulonneurs de statues n’effacent pas l’histoire, ils nous la font voir plus clairement (Enzo Traverso, Acta Zone).

Statuer sur les statues. Controverse autour des monuments liés à l'esclavage et à la colonisation (Controverse 2021)

Lien ajouté le 17 septembre 2020


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