Nature en ville. Cartographier les espaces verts et couverts arborés urbains (IGN)


Connaissez-vous la base de données "Nature en ville" ? Il s'agit d'un outil d’aide au suivi des espaces verts urbains financé par le Ministère Ecologie, Territoire, Transports, Ville et Logement. Cette base de données permet aux collectivités locales de faire un état des lieux de la végétation urbaine et de définir leurs objectifs de renaturation dans le cadre du "Plan Européen de Restauration de la Nature". Vous y retrouverez par exemple : les arbres plantés en ville, la végétation basse (type buissons), les prairies permanentes de nos parcs et jardins urbains...  Et tout ça grâce en partie à l'Intelligence Artificielle du programme Couverture du Sol par IA (CoSIA®), appliquée à partir des prises de vues aériennes (images BD ORTHO® 2021 / 2023) de l'IGN.

Depuis février 2026, l'IGN fournit une base de données nationale pour recenser la végétation arborée, la végétation basse permanente, les surfaces d'eau et les infrastructures végétalisées en contexte urbain. Celle-ci est réalisée pour l'ensemble du territoire métropolitain et des départements et régions d'Outre-mer (DROM). La base de données couvre les communes urbaines denses et intermédiaires selon la grille de densité INSEE. Elle a été élaborée pour deux millésimes, à partir d'images de la BD ORTHO® captées entre 2017 et 2023.

Caractéristiques principales :

  • Localisation des végétations permanentes et des bâtiments végétalisés, par détection IA
  • Différentiation des pelouses et des prairies permanentes agricoles grâce au RPG®
  • Hydrographie issue de la BD TOPO® et complétée par détection IA

Utilisations recommandées :

Cette base de données permet de localiser le couvert arboré, les surfaces végétalisées permanentes, les bâtiments végétalisés et les surfaces en eau sur les communes urbaines denses et intermédiaires, situées sur l'ensemble du territoire métropolitain et des départements et régions d'outre-mer (DROM). Produite via la Couverture du Sol par intelligence artificielle (CoSIA®) à partir de prises de vues aériennes, cette base constitue un outil essentiel pour le suivi de la renaturation des villes. Un référentiel national utilisable aux différents échelons territoriaux pour le pilotage des politiques publiques de restauration de la nature.

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La donnée Nature en Ville est également disponible sur cartes.gouv.fr

Gérer la végétation urbaine grâce aux données 3D LiDAR HD

La base de données « Nature en Ville » couvre la France Métropolitaine et les départements et régions d’outre-mer (DROM). Les communes les moins denses sont exclues des données diffusées. L’exclusion se fait sur la base du degré de densité (3 postes) dans la grille de densité INSEE 2024. Les communes de degré 1 (urbain dense) ou de degré 2 (urbain intermédiaire) sont conservées. Les communes de degré 3 (rural) sont écartées. 

Comparaison 2017-20 et 2021-23 sur Cartes.gouv.fr

Aménagement, urbanisme, environnement, observation territoriale, adaptation au changement climatique… les usages possibles sont nombreux. L'IGN lance un court questionnaire pour recueillir vos besoins, vos pratiques et vos idées autour de Nature en Ville. Les personnes qui souhaitent aller plus loin pourront également nous laisser leurs coordonnées afin de participer à de futurs ateliers utilisateurs. 

Maintenir les villes habitables grâce à la nature

Plan Nature en Ville : trajectoire 2024-2030

Les actualités sur le plan de la France "Agir pour restaurer la nature".

Pour compléter 

« Quand la nature prend ses quartiers en ville  » (Sciencs et Avenir). De nombreuses études en psychologie environnementale et en aménagement urbain soulignent aujourd'hui les bienfaits sur la santé mentale des interactions de l'humain avec la nature présente en ville.

Verdiers d'Europe dans les buissons, faucons crécerelles sur les tours des cathédrales : de nombreuses espèces ont su s'adapter aux ressources offertes par le milieu urbain. Elles s'épanouissent d'autant mieux que les espaces verts sont connectés entre eux. La pandémie de covid-19 a accéléré le développement de jardins partagés et solidaires en pied d'immeubles, friches, parcs, souvent gérés par des associations locales. S'y ajoutent des potagers installés sur les toits et des micropotagers privés sur les balcons, terrasses et cours intérieures. Caroline Depecker explore la nature urbaine avec écologues et géographes. Mathilde Riboulot, géographe de l’environnement à Paris 1, montre que jardins, friches, toits et corridors font de la ville un milieu vivant, mais fragile et morcelé. Hervé Daniel, écologue du paysage à l’Institut Agro Rennes-Angers, souligne un paradoxe. Les citadins ont besoin d’espaces verts, utiles au bien-être et à la santé mentale, mais la densification urbaine réduit ces refuges et contraint l’épanouissement du vivant. Les friches montrent que l’abandon peut devenir ressource écologique. Une enquête menée en 2017 par Audrey Muratet (Université de Strasbourg), y repère insectes, papillons, renards, blaireaux, fouines, crapauds et parfois sangliers au cœur des villes. Emmanuelle Baudry, écologue à Paris-Saclay, rappelle que les jardins privés couvrent seulement 2% du territoire français. Fragmentés, ils restent précieux car potagers, hérissons ou renards offrent des expériences de nature qui réapprennent le vivant ordinaire. Mathilde Riboulot montre que le jardin est aussi un espace social. Tonte différenciée, haies moins taillées, friches et compost favorisent la biodiversité, mais se heurtent au regard du voisinage. Même petit, un jardin végétalisé ajoute une maille au vivant urbain. Les pollinisateurs révèlent l’intérêt des villes moyennement urbanisées. Dans le programme Urbio, en Pays de la Loire, ces sites accueillent davantage d’abeilles sauvages grâce à la diversité des fleurs, des jardins, des friches et des lieux de nidification. Les espèces urbaines réussissent quand leurs traits biologiques s’ajustent au milieu. Verdiers, merles, étourneaux ou faucons crécerelles trouvent abris et nourriture. Le hérisson, quasi menacé, parcourt jusqu’à 4km par nuit si les jardins restent connectés. La biodiversité urbaine dépend moins d’un grand parc isolé que d’un réseau de micro-lieux. Jardins, haies, sols, balcons et toits végétalisés deviennent des relais. Relier ces fragments permet aux plantes, aux sols et à la petite faune de circuler. 

« La nature en ville à La Réunion  » (Agora'scope, n°15, août 2026) 

Le saviez-vous ? 30% de l’espace urbain à La Réunion est végétalisé. Ce chiffre monte à 50 % si l’on ajoute les pelouses. Evidemment ce chiffre varie beaucoup en fonction des quartiers. Partez à la découverte de ce sujet avec notre nouveau visualiseur sur la nature en ville à La Réunion. Ce visualiseur est une expérimentation de l’AGORAH (Agence d'urbanisme de La Réunion) à partir de données IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) 

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