Le succès des cartes (Géographie à la carte, France Culture)

 
Émission à écouter sur France Culture : Le succès des cartes (Géographie à la carte par Quentin Lafay)

Utilisées pour faire comprendre le monde à travers une lecture instantanée, les cartes sont partout. À la croisée de la science, de la technique, du langage et de l'art, elles transposent des visions plurielles. Comment sont-elles conçues et comment bien les interpréter ?

Sur nos écrans, à la radio, dans l’ensemble du champ médiatique, leurs formes ciselées et artistiques paraissent, surgissent, pour tenter d’expliquer le monde, pour nous offrir des clefs, afin de décrypter une actualité frénétique, qui mêle et imbrique constamment les échelles locales, régionales, nationales, continentales, internationales. Combien de cartes pour expliquer l’évolution de la pandémie du Covid, sa progression à travers les pays, son impact inégalitaire sur le sol français ? Combien de plans de la guerre en Ukraine, de cette région que nous découvrons aussi, beaucoup, par le truchement de projections ?

Invités : 

  • Jules Grandin, cartographe au journal Les Echos
  • Juliette Morel, chercheuse en cartographie
  • Nepthys Zwer, chercheuse en histoire
 
La McArthur Universal Corrective Maps of the World (1979), une carte qui inverse les orientations Nord/Sud
(source : David Rumsey Map Collection)


Depuis plusieurs années déjà, les cartes sont en vogue, notamment dans les médias. L’actualité mouvementée du moment en favorise l’usage. Pour la chercheuse en cartographie Juliette Morel, ce phénomène s’explique par la volonté de rassembler et d’organiser la masse de données qui nous entourent. En cela, les cartes ont un réel pouvoir didactique. « On produit plein de données, notamment géolocalisées, des données que l’on va justement pouvoir mettre en cartes. (…) Le pouvoir didactique des cartes est beaucoup dû au fait que ce sont des images synthétiques de phénomènes qui peuvent être complexes ». 

L'émission est à écouter sur France Culture. Elle aborde la question de l'omniprésence des cartes, de leur subjectivité consciente ou inconsciente, de leur renouvellement en lien avec le numérique qui facilite la création et le partage des données.

Pour aller plus loin

Jour après jour, la guerre en Ukraine en cartes, un ensemble de cartes suivant l'évolution de la guerre en Ukraine, réalisé par Le Monde. 
 
La cartographie à l'heure du Géoweb, Retour sur les nouveaux modes de représentation spatiale des données numériques, Boris Mericskay, Cartes et géomatique, Comité français de cartographie, 2016, La sémiologie dans tous les sens - Temps, art et cartographie. 
 
La carte et le territoire à l’ère numérique, un article d'Henri Desbois paru dans Socio - La Nouvelle Revue des sciences sociales en 2015. 
 
Projections cartographiques, un ensemble d'articles sur les cartographies numériques disponibles sur le Blog Carto numérique.  
 
Le Bébégraphe - 150 infographies utiles et drôles sur les douze premiers mois de la vie de bébé, Jules Grandin, Clara Deallberto, Ed. Les Arènes, 2021. 
 
L'Atlas Molière, Clara Dealberto, Jules Grandin, Christophe Schuwey, Ed. Les Arènes, 2022

Prolongements

« Géopolitique : un monde à la carte ! (Emission à écouter sur Public Senat.fr). Comprendre le monde avec cartes et atlas, c'est l'ambition des deux invités de Guillaume Erner dans « Livres & Vous » sur Public Sénat. Si Nepthys Zwer (« Cartographie radicale ». Ed de La Découverte avec Philippe Rekacewitz) propose une « approche alternative » de la cartographie, Alexandre Negrus (co-auteur de « l'Atlas géopolitique du monde ». Ed. Ellipse) veut lire dans les cartes les tensions du monde contemporain. 

« Pourquoi il faut vous méfier des cartes des soirées électorales »  (Le Cartographe, TMC). Jules Grandin décrypte l’actualité grâce à ses cartes. Celles qu’on voit chaque soir d’élection et qui nous montrent, code couleur à l’appui, pour qui ont majoritairement voté les départements français. Ces cartes-là, Jules Grandin les déteste. Parce qu’elles ont tendance à déformer la réalité du vote et à le représenter de manière caricaturale. 

« Comment la guerre transforme la géographie ? » Géographie à la carte, jeudi 12 mai 2022 par Quentin Lafay (France Culture). Depuis plusieurs mois, la guerre qui sévit en Ukraine entraîne un changement en profondeur du territoire de ce pays. Villes rasées, frontières déplacées, paysages transformés : comment la guerre modifie le rapport à l’espace ? 

Lien ajouté le 26 septembre 2026

« La cartographie a dû conquérir sa place dans les pages du Monde » (IGN Mag). Journaliste cartographe au Monde, Francesca Fattori revient pour IGN Mag sur la place grandissante prise par la cartographie dans les pages du quotidien, devenue au fil des ans un outil incontournable

Pour Francesca Fattori, la carto est devenue au Monde un véritable langage de l’actualité. Elle souligne le rôle décisif de la géographe Delphine Papin. La carte ne se contente plus d’illustrer, elle peut remplacer un article pour donner à voir la complexité du monde. La carte est ancienne au Monde : dès le 8 août 1945, le journal publie un plan du plateau du Vercors. Mais sa place reste longtemps marginale. L’arrivée progressive de la couleur change la donne : elle permet de représenter plus clairement des phénomènes complexes et multiscalaires. La cartographie a dû « conquérir sa place » face à la photographie. Aujourd’hui, certaines cartes occupent deux pages entières. Fattori y voit un changement éditorial profond : raconter l’actualité par l’espace, les rapports de force et les jeux d’échelles, plutôt que seulement par le texte. En mars 2026, au Somaliland, Le Monde envoie pour la première fois une cartographe sur le terrain avec un rédacteur. Croquis et schémas servent à comprendre influences, acteurs et échelles. Au port de Berbera, sur le golfe d’Aden, dessiner aide même à accéder à des lieux fermés. Le numérique ne libère pas totalement la carte des contraintes de format. Sur smartphone, où se concentre l’immense majorité des visites du site, il faut découper et simplifier le raisonnement. Pour Fattori, l’enjeu est de rester pédagogique sans réduire la carte à une simple illustration. Au Monde, une douzaine de personnes travaillent aujourd’hui à l’infographie. Chaque grand format naît du croisement de quatre métiers : chercheur, cartographe, illustrateur et développeur. La carte devient ainsi un objet d’enquête, d’écriture et de mise en scène visuelle de l’espace. Cartographier, c’est aussi éviter de biaiser le regard. Fattori cite les migrations : de grandes flèches rouges, droites et épaisses suggéreraient à tort danger et simplicité. Couleurs, symboles et tailles doivent informer sans orienter le jugement, surtout sur les sujets sensibles. Élections, frontières, climat, guerres : la demande de cartes augmente, car tous ces enjeux sont spatiaux. Pour Fattori, le climat se comprend mieux cartographié. Frontières et toponymes sont des objets de pouvoir. On peut raconter sans cartes, mais "jamais aussi bien qu’avec". 

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L'Atlas Molière par Clara Dealberto, Jules Grandin et Christophe Schuwey

Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique

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Mise à disposition de la Base de données nationale des bâtiments (BDNB) en open data

 

La Base de Données Nationale des Bâtiments (BDNB) est une cartographie du parc de bâtiments existants, construite par croisement géospatial d’une vingtaine de base de données issues d’organismes publics. Structurée à la maille « bâtiment », elle contient une carte d’identité pour chacun des 20 millions de bâtiments, résidentiels ou tertiaires.

La BDNB a vocation à être mutualisée et à constituer un référentiel ouvert, socle de développement de multiples services portés par des acteurs publics et privés, mais aussi lieu de capitalisation des connaissances sur les bâtiments existants.


Il n'existe actuellement aucune base de données officielle des bâtiments de France, réunissant données spatiales et attributaires. Pourtant, les chantiers liés à la transition écologique, la rénovation énergétique, la modélisation des îlots de chaleur, l'identification des logements sociaux prioritaires, l'évaluation des politiques publiques d'aide, la simplification des raccordements aux réseaux (télécom, électricité, eau, etc..) bénéficieraient massivement d'une telle base de données.

Face à ce constat, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB) et ses partenaires ont initialisé une première version de la BDNB dans le cadre du projet GO-RÉNOVE. Pour relever le défi de la mise en place de la Transition Énergétique, le projet GO-RÉNOVE a permis le démarrage d'une base unifiée de l'ensemble des bâtiments de France (Métropole + Corse). Au delà d'un projet ponctuel, le CSTB en association avec l'ADEME, l'IGN, le CEREMA et d'autres acteurs de la donnée publique, a décidé de se doter des moyens de faire vivre et améliorer un socle de données permettant l'agrégation de l'ensemble des données de connaissance autour du bâtiment.

Ce projet préfigure la mise en oeuvre d'un véritable référentiel commun des bâtiments, portée par le projet Bat-ID. Ce socle de données permet à tous les experts du bâtiment d'exploiter les données à l'échelle France entière

Pour télécharger les données sur Data.gouv.fr.

Pour en savoir plus, lire la présentation complète du projet sur Gitlab.

L'Observatoire National des Bâtiments (ONB) donne aussi accès à des données sur le parc bâti en France. L'accès est gratuit en consultation. Pour télécharger des données SIG, il faut accéder au site IMOPE (Inventaire Multi-Objets du Parc Existant) qui est en service payant.


Lien ajouté le 20 septembre 2023
Lien ajouté le 24 juillet 2024
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Géopolitique de la twittosphère en période d'élections présidentielles


Source : « Présidentielle 2022 : faut-il se couper de Twitter, huis clos politique devenu hostile ? » (Le Monde, 1er avril 2022)

La carte des comptes Twitter liés à la campagne présidentielle 2022 montre les grandes zones d'influence d'un continent secoué par des interruptions  « anti-système ». C'est ce qui ressort de cette data visualisation du journal Le Monde publiée le 1er avril 2022. Celle-ci a été élaborée à partir des données recueillies par Linkfluence sur un peu plus de 50 000 comptes qui ont évoqué un candidat aux élections présidentielles entre le 3 et le 21 mars 2022, ce qui représente environ 11,5 millions de messages analysés. Les données ont été éditorialisées par les journalistes du Monde qui ont rédigé les articles correspondants (notamment Nicolas Chapuis et Matthieu Goar).

Géopolitique de la twittosphère (à découvrir en CC-BY-SA sur reticular.hypotheses.org/)


En fonction de ces interactions entre ces comptes (mentions, retweets, réponses...), les mathématiciens et les ingénieurs à la tête du projet Linkage ont pu identifier des « clusters », c'est-à-dire des réseaux de gens qui parlent ensemble des mêmes thématiques ou de la même actualité. Les 750 plus gros comptes ont été catégorisés par Le Monde avec des couleurs en fonction de leurs affiliations politiques pour les candidats et les élus, de leur militantisme revendiqué pour certains comptes anonymes, ou de leur fonction pour les journalistes. Grâce à un algorithme, ces réseaux ont enfin été placés sur une carte, toujours en fonction des interactions au sein du cluster ou entre les différents clusters. Le centre de la carte représente les candidats les plus cités avec, autour d'eux, les comptes qui participent à ces conversations. Plus on s'éloigne, plus les clusters sont isolés car ils interagissent moins avec les sujets et avec les actualités centrales, ou parlent d'autres thématiques.

Twitter n'est pas forcément représentatif de la société française, mais témoigne de la polarisation et des stratégies politiques en période d'élections.

Pour plus de détail sur le "making-of" de cette data visualisation, lire les explications de Mathieu Jacomy sur reticular.hypotheses.org (en anglais).

La datavisualisation est disponible en téléchargement sur Github (53 Mo).

Pour prolonger

Florent Guerlain s'est interrogé sur les couleurs utilisés pour représenter les candidats à l'élection présidentielle. Le spectre des couleurs attribuées aux candidats du bloc des gauches va du rose clair au bordeaux. Les nuances de marrons, verts foncés et noirs, souvent attribués au RN/FN, ont laissé avec le temps la place à des teintes tirant vers les bleus foncés. Cela raconte un RN qui est de plus en plus perçu comme un parti de "droite classique. Le candidat des Verts et représenté systématiquement en vert. Le jaune est souvent choisi comme couleur politique pour Macron, à part quelques exceptions. (voir ce fil Twitter).

Lien ajouté le 22 avril 2022

Lien ajouté le 10 juin 2024

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Guerre de pixels sur Reddit. La lutte des places concerne aussi les territoires virtuels


La communauté Reddit se donne à voir sur la toile à travers le jeu r/place conçu comme une "guerre de pixels" (pixel war). Chaque internaute avec un compte peut placer un pixel de couleur toutes les 5 minutes sur un canevas pour créer une oeuvre en ligne. 

Il s'agit de la suite d'une expérience sur le réseau social Reddit qui s'était déjà déroulée en 2017. Mais dans cette nouvelle version, la vitesse à laquelle les gens collaborent ensemble est encore plus incroyable, ce qui en fait un jeu très collaboratif. On y voit apparaître de nombreux drapeaux et symboles nationaux qui reproduisent le monde réel. Lutte des places garantie dans un jeu pas si virtuel que cela.

Le jeu r/place sur Reddit



Le jeu s'est déroulé sur 4 jours complets du 1er au 5 avril 2022. Chacun pouvait inviter d'autres membres à conquérir ce « territoire » qui couvrait 4 million de pixels. Par deux fois, Reddit a augmenté la taille de la page qui était au départ d'1 million de pixels. Les équipes de joueurs se sont souvent succédées jour et nuit. La composition de cette fresque collective était donc en perpétuel mouvement (voir cette animation sur 24h). Des batailles ont vu le jour, chaque communauté souhaitant réaliser l'oeuvre la plus impressionnante. 

Cette guerre de territoire a pu conduire dans certains cas à un combat entre pays, mais a donné lieu également à de l'entraide sur les réseaux sociaux où étaient relayées les informations. Contrairement à 2017, les sous-reddits ont immédiatement commencé à coordonner leur travail en grande partie (voir l'article consacré au jeu r/place sur Wikipedia). À la fin de l'expérience, seule la couleur blanche était disponible pour poser un pixel, ainsi la fresque est redevenue une page blanche alors que les utilisateurs recouvraient les motifs colorés de pixels blancs. 

Pour en savoir plus

Pixel War : c'est quoi cette bataille numérique qui déchaîne les internautes ? (Futura Sciences)

Depuis le 1er avril, le réseau social Reddit propose à ses millions de membres de dessiner une fresque composée de pixels. Ce qui n'était au départ qu'une initiative comme une autre s'est transformé en bataille rangée entre les Français, les Espagnols ou encore les Américains. Objectif de cette « Pixel War » : dessiner des œuvres bien identifiables et faire en sorte qu'elles ne soient pas effacées. Une seule règle : un pixel est personnel, et son affichage ne dure que cinq minutes.




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L'histoire par les cartes : plus de 2000 cartes numérisées sur les Pays-Bas (partie centrale)

 

Les Archives Régionales de la Hollande Centrale ont numérisé et publié sur leur site web plus de 2000 cartes et plans anciens. Ces documents vont du XVIIe au XXe siècle et concernent la partie centrale des Pays-Bas.


La numérisation des cartes est utile non seulement pour les chercheurs, mais aussi pour le grand public qui peut désormais consulter ces documents cartographiques à distance et en haute résolution. Les cartes originales n'ont plus besoin d'être demandées et transportées en salle de lecture. C'est mieux pour préserver les cartes, qui sont conservées en sécurité dans leur dépôt. En raison des droits d'auteur, toutes les cartes n'ont cependant pas pu être rendues disponibles sur Internet. 

Au sein de ce fonds cartographique, on trouve principalement des cartes topographiques, des plans historiques, des relevés cadastraux, des plans d'aménagement hydraulique (le moteur de recherche interne permet de trier les résultats par type de cartes et par dates).

Parmi les cartes exceptionnelles, on peut aller découvrir une carte des années 1520 restituant le paysage fluvial entre Utrecht et Rotterdam. Celle-ci a été produite pour cartographier la gestion de l'eau et le paysage fluvial autour de Gouda. Elle présente des similitudes avec la plus ancienne carte de la collection de ces archives régionales qui date de 1498. Cette dernière, assez sommaire, indique des solutions pour empêcher l'envasement des polders néerlandais, un problème qui n'a jamais été complètement résolu. Ces deux cartes présentent bon nombre de détails similaires, tels que les moulins à vent et les canaux qui mènent aux rivières. En revanche, on ne sait pas pourquoi certaines parties de la carte sont représentées en vert foncé (pas de code légende à l'époque !).

A signaler également une carte de 1578 qui représente une grande partie de la Hollande septentrionale (au sud du canal de la mer du Nord), de la Hollande méridionale et d'Utrecht, et qui met bien en évidence Delfland, Schieland, Rijnland, Kennemerland avec leurs digues, leurs écluses, leurs voies navigables intérieures, leurs routes, leurs villes et villages. 

Pour compléter 

L'Université de Leiden rassemble une collection impressionnante de cartes et d'atlas historiques (en particulier des cartes hollandaises). 

La bibliothèque de l'Université d'Utrecht regroupe plusieurs collections de cartes et atlas historiques. Ces collections sont portées à connaissance du grand public dans le cadre d'expositions virtuelles sur les cartes et plans anciens des Pays-Bas, mais aussi les cartes d'Europe et du monde. Voir par exemple cette exposition virtuelle sur les cartes missionnaires (1850-1950) montrant l'importance des missions protestantes hollandaises dans le monde.

La bibliothèque de l'Université de Stanford répertorie une importante collection de cartes originaires des Pays-Bas, propriété de J.W.F Conrad (1825-1902). Plus de 250 sont disponibles sous forme numérique. 

Lien ajouté le 28 avril 2026

Carte de la province de Frise, montrant les brèches et les zones inondées lors de la tempête des 4 et 5 février 1825 (Tresoar - Museum, archief en bibliotheek Fryslân)

Cette carte géologique de la province de Frise (au nord-ouest des Pays-Bas) a été conçue après la marée de tempête de 1825 pour marquer les brèches et les zones inondées. Dans le sud de la province, on peut observer des zones bleues orientées sud-ouest-nord-est (Diluvium) : des courbes de niveau topographiques qui pourraient tracer des crêtes morainiques saaliennes enfouies ? Cette carte précède de plusieurs décennies la première carte géologique nationale de Staring. La carte accompagnait à l'origine le livre de J. van Leeuwen, "Geschiedkundig tafereel van den watervloed en de overvloedingen in de provincie Vriesland, voorgevallen in sprokkelmaand 1825. Leeuwarden, 1826", également connue sous le nom d'onde de tempête de 1825.

Articles connexes






Cartographier les dommages subis par les populations civiles en Ukraine (Bellingcat)


Le site de journalisme d'investigation @Bellingcat propose une carte interactive documentant jour par jour les dommages causés aux civils en Ukraine. Le site recense les zones civiles frappées par des roquettes ou des missiles, la destruction d'infrastructures ainsi que les populations civiles blessées ou tuées. Cette base de données a commencé à être collectée dès le début de la guerre le 24 février 2022 et continue à être mise à jour au fur et à mesure du conflit. Il s'agit d'un travail remarquable quant à la collecte et à la vérification des données mises à disposition. 

Cartographie des dommages civils en Ukraine (ukraine.bellingcat.com)

Bellingcat et les membres de son Global Authentication Project ont enregistré et cartographié les incidents sur une time-map interactive. Chaque point sur la carte représente un incident concernant des dommages ou préjudices subis par des civils avec la localisation précise de l'incident. En cliquant sur un point, on accède à des informations sur l'incident, comprenant souvent un ou plusieurs liens intégrés vers des séquences ou des images illustrant ce qui s'est passé. On peut zoomer sur des lieux spécifiques et filtrer par types de faits. Comme par exemple le siège de Marioupol et son théâtre utilisé comme abri pour les civils (mais malheureusement bombardé).

Grâce à la timeline, on peut remonter à des événements anciens que l'on peut afficher par jour, par semaine ou par mois .Les journalistes et citoyens bénévoles ne cherchent pas à collecter tous les incidents mais garantissent n'indiquer que les faits dont les emplacements ont été identifiés et vérifiés (voir la méthodologie et le code éthique suivi par Bellingcat). Cette association ne cherche pas à « avancer des hypothèses sur le nombre  de victimes ou sur les parts de responsabilité dans le conflit, car ces facteurs sont difficiles à déterminer avec certitude à partir d'images et de documents visuels ».

Le site ukraine.bellingcat.com peut constituer « une ressource importante pour les recherches et enquêtes futures et un premier pas vers la responsabilité des crimes de guerre »  concernant les dommages matériels et les pertes humaines subies par les populations civiles.

cette carte montrant les dommages civils en Ukraine pour lesquels il existe des preuves en ligne, sur la base des données et de la carte originale de 

A partir des données rassemblées par Bellingcat, lya Boyandin (@ilyabo) a réalisé une cartographie animée consultable sur  ukraine-civilian-harm.vercel.app/.

Prolongements

Le site Cen4infoRes propose également une cartographie avec vérifications. Il s'agit d'une démarche participative pour cartographier, documenter et vérifier les informations afin de fournir des données fiables pour les décideurs politiques et les journalistes. Cette cartographie est tenue à jour par le Center For Information Resilience (@Cen4infoRes) dans le cadre d'un effort plus large pour lutter contre la désinformation et promouvoir des informations transparentes et vérifiées.

Le contenu est enregistré dans une base de données centralisée où le matériel est archivé pour une utilisation future par des chercheurs, des journalistes ou des autorités judiciaires ou administratives. 
Les épingles sur la carte représentent des incidents ou événements relatés à travers des vidéos, photos ou images satellites et ont fait l'objet d'une vérification pour identifier où et quand elles ont été prises. Le contenu est également marqué d'un niveau de violence concernant les images. Certaines des épingles sur cette carte peuvent avoir des emplacements aléatoires dans un rayon de 150 m pour assurer la sécurité de ceux qui ont produit le contenu. Les marqueurs verts indiquent le mouvement et l'accumulation de ressources militaires. Les marqueurs jaunes indiquent d'autres images. Les marqueurs orange indiquent des preuves de coups de feu, de bombardements, de bombardements ou d'explosions. Les marqueurs rouges indiquent les pertes civiles, les dommages aux infrastructures et les pertes militaires.

Guerre en Ukraine : comment dresser un bilan humain ? Comme le rappelle le HCR, il est très difficile de connaître exactement le nombre de civils tués ou blessés du fait des difficultés d’accès au terrain. Les chiffres données par les hôpitaux ne sont pas suffisants, certains corps étant enterrés directement dans des fosses communes. Il est probable que le nombre de civils tués en Ukraine est bien plus élevé que ce qui est rapporté (voir ce fil Twitter).

Le site oryxspioenkop.com dresse une liste détaillée des véhicules et équipements militaires détruits et capturés des deux côtés. Cette liste est régulièrement mise à jour.

Le site Mapaction soutient l'aide humanitaire en Ukraine et fournit des jeux de donnés pour organiser les interventions dans le pays.

L'Observatoire des conflits analyse et conserve les informations accessibles au public, y compris les images satellites et les informations partagées via les médias sociaux, conformément aux normes juridiques internationales à utiliser dans les mécanismes de responsabilisation actuels et futurs. Il s'agit d'une nouvelle collaboration avec Esri, Alcis et Quiet Professionals LLC, et avec la recherche, l'analyse et la documentation fournies par le laboratoire de recherche humanitaire de l'Université de Yale, la Smithsonian Cultural Rescue Initiative et PlanetScape Ai. Au fur et à mesure des recherches, de nouveaux rapports sont publiés sur le site.

Guerre en Ukraine. Pourquoi est-il si dur d’évaluer le nombre de morts ? (Le Monde - Les Décodeurs)












[1/3] Renéo Lukic (Univ Laval) et Sophie Marineau (UCLouvain) expliquent comment la Russie utilise l’écocide comme arme en Ukraine. La destruction du barrage de Kakhovka en 2023 a inondé 620 km², tué 40 civils et détruit 11.000 hectares de forêts privant 1 million de personnes d’eau potable. #HGGSP

[image or embed]

— Patrick Marques (@pmarques35.bsky.social) 15 janvier 2025 à 11:54


Le média russe en exil a lancé le projet Charon, une base de données régulièrement mise à jour des soldats russes morts et disparus, compilée à partir de diverses sources. Le projet doit son nom au personnage de la mythologie grecque qui transporte les âmes au royaume des morts



Dietrich, O., Peters, T., Sainte F., Garnot, V. , Sticher, V., Ton-That W., Thao and Schindler, K. & Wegner, J. (2025). An open-source tool for mapping war destruction at scale in Ukraine using Sentinel-1 time series, Communications Earth & Environment,  https://doi.org/10.1038/s43247-025-02183-7
[Un outil open source pour cartographier les destructions de guerre à grande échelle en Ukraine à l'aide de la série chronologique Sentinel-1]

L'accès à des évaluations détaillées de l'impact de la guerre est crucial pour que les organisations humanitaires puissent venir en aide efficacement aux populations touchées. Cependant, il est difficile de maintenir une compréhension globale de la situation sur le terrain, en particulier dans les conflits étendus et prolongés. Nous présentons ici une méthode évolutive d'estimation des dommages aux bâtiments résultant de conflits armés. En entraînant un modèle d'apprentissage automatique sur des séries chronologiques d'images radar à synthèse d'ouverture, nous générons des estimations probabilistes des dommages à l'échelle des bâtiments, en exploitant les évaluations de dommages existantes et les empreintes de bâtiments ouvertes. Pour permettre une inférence à grande échelle et garantir l'accessibilité, les auteurs ont associé leur méthode à Google Earth Engine. Les utilisateurs peuvent ajuster les intervalles de confiance selon leurs besoins, ce qui permet des évaluations rapides et flexibles des dommages liés à la guerre sur de vastes zones. Deux tableaux de bord sont proposés au public : un explorateur de dommages en Ukraine pour visualiser dynamiquement les estimations précalculées et un outil de cartographie rapide des dommages pour exécuter notre méthode et générer des cartes personnalisées. Les données sont téléchargeables sur Github.

Lien ajouté le 2 décembre 2025

"La flotte russe poursuit sans relâche ses activités de contrebande de céréales" (Bellingcat).

Une enquête conduite par Bellingcat a identifié à nouveau un vraquier battant pavillon russe, l'Irtysh opérant au mépris des sanctions occidentales en exportant des céréales de la Crimée occupée vers le Yémen contrôlé par les Houthis. L’Ukraine s’est dite « indignée » après qu’un navire battant pavillon russe a exporté clandestinement des céréales d’un port de Crimée occupée, sous sanctions occidentales, vers le Yémen contrôlé par les Houthis, pour la deuxième fois en quelques mois. Ce que l'Ukraine qualifie de « vol de céréales » via les ports et territoires occupés est devenu monnaie courante depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, avec des dizaines de navires transportant des céréales depuis les ports occupés vers des pays comme la Syrie, l'Iran et d'autres destinations. L'Ukraine plaide depuis longtemps pour que les ports refusent ces cargaisons s'ils en connaissent l'origine et affirme avoir soulevé la question auprès de l'Organisation maritime internationale.

Lien ajouté le 2 décembre 2025

« Vingt morts par kilomètre carré grapillé : le coût humain des "victoires" russes en Ukraine » (Slate).

La propagande russe promeut un récit triomphal de la guerre d'invasion déclenchée par Moscou. La réalité est bien plus sombre : en 2025, 100 000 soldats sont morts au front, le bilan le plus sanglant depuis le début des combats. Le bilan est sans appel. Selon The Economist, BBC News Russian et le média indépendant russe Mediazona, l'année 2025 a été la plus sanglante pour l'armée russe, avec 100.000 soldats tués –un chiffre certainement sous-estimé. Le rythme de recrutement des soldats, lui, est resté stable : 30 000 à 35 000 nouvelles recrues par mois, immédiatement envoyées au front pour compenser les pertes. Résultat : le Kremlin est dans l'impossibilité de former de nouvelles unités ou de constituer des régiments de réserve. De surcroît, près de la moitié du budget de la défense est affectée aux primes à la signature et aux salaires des combattants. En 2025, chaque kilomètre carré de territoire gagné a coûté la vie de vingt militaires russes. Dans la seule région de Donetsk, environ 6 000 kilomètres carrés restent sous contrôle ukrainien. D'après plusieurs estimations, leur conquête nécessiterait encore un an et demi de combats et 120.000 morts supplémentaires. La victoire totale que le Kremlin promet à sa population ressemble de plus en plus à une illusion stratégique –lointaine, coûteuse… et heureusement incertaine.

Lien ajouté le 2 décembre 2025

« On assiste à une régression des formes de la guerre » (Mediapart).

Joseph Confavreux interroge l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau (EHESS) sur les guerres actuelles. L’analyse met en évidence un basculement historique où les conflits se multiplient, se connectent et redéfinissent profondément les formes contemporaines de la guerre. L’historien souligne d’abord une mise en réseau des théâtres de guerre. L’Ukraine et l’Iran ne sont pas isolés. Les technologies circulent, notamment les drones iraniens testés en Ukraine puis perfectionnés grâce à des apports russes. Cette circulation technique traduit une mondialisation du fait militaire. Les innovations ne restent plus localisées. Elles sont transférées, adaptées et réutilisées, créant une continuité stratégique entre conflits pourtant éloignés géographiquement. Un autre élément majeur est l’effacement des institutions internationales. Contrairement aux conflits du début du XXIe siècle, les opérations militaires récentes se déploient sans véritable encadrement juridique, révélant une crise du droit international. Sur le plan tactique, les deux conflits diffèrent fortement. En Ukraine, la technologie atteint ses limites. Les drones neutralisent blindés et hélicoptères, forçant un retour à une guerre de positions, proche de celle de 1914-1918. Cette « régression » des formes de guerre se lit dans les pratiques. Tranchées, mines, barbelés structurent le front. Les combats reposent de nouveau sur des fantassins exposés, montrant la persistance de formes anciennes malgré l’innovation technologique. Les conditions sanitaires illustrent ce retour en arrière. L’absence d’évacuation rapide des blessés entraîne une hausse de la mortalité. Le ratio atteint 1 mort pour 3 à 4 blessés, contre 1 pour 7 à 9 dans les guerres récentes comme en Afghanistan. À l’inverse, le conflit avec l’Iran repose sur une domination aérienne. Les frappes massives visent des infrastructures et touchent largement les civils. Cette asymétrie militaire accentue la vulnérabilité des populations dans les zones bombardées. La distinction entre civils et militaires tend ainsi à s’effacer. Si l’Ukraine reste partiellement dans un cadre classique, le Moyen-Orient illustre une guerre où les populations deviennent des cibles directes ou indirectes des opérations militaires. L’historien insiste aussi sur la dimension culturelle des conflits. En Russie, la mémoire de la Seconde Guerre mondiale structure la perception de la guerre actuelle, rendant acceptables des pertes humaines très élevées à l’échelle nationale. En Europe occidentale, au contraire, persiste un « déni de guerre ». Les sociétés restent focalisées sur le pouvoir d’achat, alors même que certains États anticipent un conflit. L’Allemagne, par exemple, n’est pas prête à accueillir 1.000 blessés par jour.


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Exposition virtuelle. Figures d’un géographe, Paul Vidal de la Blache (1845-1918)


Paul Vidal de la Blache fut l’un des inventeurs de la géographie du début du XXe siècle et le chef de file de l’école française de géographie. Son parcours et ses travaux font l’objet d’une exposition virtuelle « Figures d’un géographe, Paul Vidal de la Blache (1845-1918) », conçue par l’équipe Epistémologie et histoire de la géographie (EHGO) du laboratoire Géographie-cités.


 
« M. Vidal de la Blache, comme jadis Ritter, a donné la forme cartographique aux idées maîtresses de son enseignement. » (Bertrand Auerbach, 1894)

L'exposition proposée par le laboratoire EHGO propose de discerner plusieurs figures chez Paul Vidal de La Blache : du « Patron » innovateur et chef d’école, à l’acteur-géographe qui accompagne la politique scolaire de la Troisième République, en passant par le géographe moderniste, fasciné sur le tard par le dynamisme du Nouveau Monde et continûment attentif à tout ce qui relie (la circulation, la ville). Cette exposition veut en faire un « passeur de lieux ». Ne pas croire que Vidal-Lablache c'est seulement de la cartographie physique et de la géographie descriptive ! L'exposition montre l'importance des réseaux de communications et des villes ainsi que sa vision géopolitique de la France de l'Est.

La carrière de P. Vidal de la Blache a bénéficié de la remontée de la demande de géographie, depuis l’école élémentaire jusqu’à l’Université, censée former les futurs enseignants et diffuser un message scientifique. L’intérêt qu’il a accordé à l’enseignement ne s’est pas démenti, depuis les premiers travaux qui restent attachés à son nom, la collection des cartes murales Vidal-Lablache éditée par Armand Colin, à partir de 1885, jusqu’à ses conférences pédagogiques pour les élèves de l’ENS dans les années 1910.

Vidal accompagne ses cartes murales d’une série de fascicules pour l’enseignant qui fait de cette collection un instrument pédagogique de grande utilité à l’école primaire comme dans le secondaire et l’enseignement spécial. Nombre d’entre elles préfigurent les planches de son atlas.

Plan de l'exposition virtuelle consultable en ligne :

Prolongements

Lien ajouté le 8 novembre 2024

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L'ampleur inégale de la déforestation en Amazonie selon Amazon Conservation


Source  : Finer M, Mamani N, Spore J (2022) Amazon Deforestation Hotspots 2021. MAAP : 153.

Le projet de surveillance de l'Amazonie andine (MAAP) d'Amazon Conservation a révélé dans son rapport qu'environ 1,9 million d'hectares ont été perdus en Amazonie en 2021, principalement au Brésil et en Bolivie. Les données cartographiques mettent en lumière les différentes causes de déforestation dans chaque pays, du fait notamment de l'agriculture, de l'élevage du bétail et de la construction de routes. Le rapport montre surtout que l'ampleur de la déforestation est inégale selon les pays.

Points chauds de déforestation en Amazonie (au 18 septembre 2021). Source : MAAP: 153


Comme le montrent les cartes et graphiques disponibles sur le site, l'évolution est différenciée selon les pays et régions de l'Amazonie. Au Brésil, la déforestation se produit le long des routes principales traversant les États de l'est et du sud-est (Acre, Amazonie, Pará et Rondônia). En Amazonie péruvienne, la plupart des pertes de forêt primaire ne se sont pas produites le long des routes, mais plutôt dans une zone concentrant des colonies mennonites. En Bolivie, les images satellites montrent un schéma de déforestation plus dispersé dans toute la forêt sèche du sud-est de Chiquitano. En Colombie, c'est l'élevage de bétail et l'agriculture de subsistance qui sont, à petite échelle, les principaux moteurs de la déforestation.

On peut noter deux enseignements positifs : 

  • la répression de l'exploitation minière illégale au Pérou 
  • une bande centrale contiguë de la forêt amazonienne qui agit toujours comme un puits de carbone

Accès aux rapports de surveillance de l'Amazonie andine (MAAP) d'Amazon Conservation pour les années 2021 et antérieures.

Lien ajouté le 5 septembre 2022


Lien ajouté le 6 juin 2023


Lien ajouté le 15 février 2024

Lien ajouté le 3 septembre 2025

« Le sort des "rivières volantes" pourrait déterminer le « point de basculement » de l'Amazonie, selon un rapport (Programme MAAP)

Radwin présente un rapport de l’ONG Amazon Conservation (MAAP) sur le "tipping point" amazonien. L’étude montre comment les "rivières volantes", flux d’humidité recyclée par la forêt, conditionnent l’avenir du bassin et risquent d’être brisées par la déforestation. Le "tipping point" n’est pas un basculement instantané mais un processus progressif : certaines zones de l’Amazonie passent plus vite vers la savane. Les cartes du MAAP révèlent des risques différenciés selon les régions, soulignant l’importance d’analyses locales. L’Amazone recycle environ 75% de ses pluies grâce à l’évapotranspiration, parfois 5 à 6 fois avant que l’humidité ne bute sur les Andes. Mais quand la forêt est détruite, plus de 50% de l’eau s’écoule au lieu d’être recyclée, accentuant l’aridification et la mortalité des arbres. Selon certaines projections, 27% du bassin amazonien pourrait devenir savane partielle d’ici 2050 et 6% savane stable. Carlos Nobre (Université de São Paulo) rappelle qu’autrefois une sécheresse sévère survenait tous les 20 ans, mais quatre se sont produites en seulement deux décennies. Le sud du Pérou et le nord de la Bolivie dépendent particulièrement de ces rivières volantes. Le MAAP a observé qu’en saison sèche (juillet-août), la déforestation du Brésil interrompt ces flux, réduisant les pluies en aval, au détriment des Andes et de leurs populations. Le rapport avertit que la construction de routes, comme la BR-319 au Brésil, ouvre de nouveaux fronts de déforestation capables de bloquer ces flux d’humidité. Cette "route du tipping point" menace la stabilité climatique de toute l’Amazonie occidentale. Les chercheurs insistent sur la nécessité de réduire la déforestation dans l’est de l’Amazonie et de lancer des projets de restauration stratégique. L’enjeu est de reconstruire les bases du cycle hydrologique qui conditionne l’équilibre du biome. 

Liens ajoutés le 5 novembre 2025

« Quel est l’état de santé de l’Amazonie, la plus vaste forêt tropicale du monde ? » (Le Monde).

Le Brésil, qui organise la 30ᵉ conférence mondiale pour le climat (COP30) dans la ville de Belem, veut mettre l’accent sur la nécessité de protéger cet écosystème crucial, qui fait face à de multiples menaces. La déforestation massive de l’Amazonie a débuté dans les années 1960, puis s’est accélérée dans les décennies suivantes. Entre 1985 et 2022, 11 % de la forêt aurait disparu, selon une étude dans la revue Land Use Policy, basée sur les données du réseau MapBiomas. Cela représente 640 000 kilomètres carrés, soit l’équivalent de la superficie de la France. La quasi-totalité a été convertie en terres agricoles, notamment pour le pâturage du bétail, l’élevage bovin étant le principal moteur de cette déforestation.

Alipio Ferreira (2026). Amazon deforestation : Drivers, damages, and policies [Déforestation en Amazonie : facteurs, dommages et politiques]. Land Use Policy, volume 160, January 2026, https://doi.org/10.1016/j.landusepol.2025.107810

Lien ajouté le 15 janvier 2026

« L’agroforesterie gagne du terrain en Amazonie, mais peut-elle réduire l’empreinte écologique de l’élevage bovin ? » (Mongabay).

Lucy Dablin (Open University) et Tatiana Chamorro-Vargas (University of British Columbia) analysent le potentiel du sylvopastoralisme amazonien. L’article interroge la capacité à réduire l’empreinte spatiale et climatique de l’élevage bovin. Le sylvopastoralisme associe arbres, pâturages et élevage. Dans l’Amazonie péruvienne, il est testé sur des terres dégradées. Les recherches montrent une meilleure productivité fourragère, une restauration des sols et un stockage de carbone dans les arbres et les horizons superficiels. L’élevage est responsable d’environ 80% de la déforestation du bassin amazonien et de 14,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, les solutions agricoles ne reçoivent que 7% des financements climatiques globaux. À Iñapari, zone frontalière du Pérou, du Brésil et de la Bolivie, des éleveurs adoptent le pâturage tournant sous couvert arboré. Certains doublent le nombre de bovins par hectare en moins d’un an, tout en améliorant la santé animale et les revenus locaux. Les travaux de Dablin montrent que des essences locales comme Inga edulis enrichissent les sols, fournissent de l’ombre et du fourrage riche en protéines. Cette combinaison réduit le stress thermique, accélère la croissance des bovins et peut limiter les émissions de méthane par animal. L’adoption reste cependant limitée. Le coût initial est élevé et les savoirs techniques manquent. Selon Chamorro-Vargas, les décisions dépendent surtout de politiques publiques et de marchés. Paiements pour services écosystémiques et avantages fiscaux sont jugés décisifs. À l’échelle régionale, plusieurs États latino-américains intègrent le sylvopastoralisme à leurs stratégies climatiques. Le Pérou vise 119 000 hectares convertis d’ici 2030, mais les progrès restent lents et les dispositifs de suivi encore insuffisants. Le modèle a ses limites. Efficace en zones tropicales dégradées, il peut être néfaste ailleurs, notamment dans les prairies naturelles. L’efficacité agricole ne doit pas occulter la nécessité de réduire la consommation de viande. 

Lien ajouté le 15 janvier 2026

« La plus grande réforme agraire du siècle en Bolivie menace les petites exploitations paysannes  » (El Païs)

Caio Ruvenal analyse la réforme agraire en #Bolivie. La loi 157, promue par le président Rodrigo Paz, vise à élargir l’accès au crédit rural. Mais en transformant les petites terres protégées en actifs financiers, elle déclenche une mobilisation paysanne d’ampleur nationale. Des centaines de paysans marchent depuis Pando, en Amazonie, jusqu’à La Paz. Plus de 600 km parcourus et près de 3.500 m de dénivelé. Cette trajectoire relie des marges rurales enclavées au centre du pouvoir, révélant une forte structuration spatiale du conflit. La réforme permet de convertir une petite propriété, souvent inférieure à 500 ha et juridiquement protégée, en exploitation moyenne. Cette mutation supprime son caractère inaliénable. La terre devient alors hypothécable, intégrée au marché et exposée aux logiques financières. Le gouvernement défend une modernisation agricole. Il promet un accès au crédit formel, avec des taux de 6 à 7,5%, contre jusqu’à 25% dans les circuits informels. L’objectif affiché est d’augmenter la production et d’insérer les petits producteurs dans l’économie de marché. Les organisations paysannes dénoncent un risque de concentration foncière. L’économiste Stasiek Czaplicki évoque une « accumulation par dépossession ». En cas de dettes ou de crises climatiques, les agriculteurs pourraient perdre leurs terres au profit de grands exploitants. Cette réforme révèle des fractures territoriales marquées. Elle oppose agriculture familiale et agro-industrie exportatrice, particulièrement influente à Santa Cruz. Elle souligne aussi les inégalités d’accès au capital et la vulnérabilité accrue des campagnes face aux aléas. Le conflit interroge les modèles de développement rural. Faut-il préserver la terre comme bien social et culturel, ou l’intégrer pleinement au marché mondial ? Derrière la loi, se joue une recomposition profonde des rapports entre territoire, capital et sociétés rurales. Ce cas dépasse la #Bolivie. Il illustre une tendance globale à la marchandisation du foncier rural. Cette évolution reconfigure les espaces, accentue les inégalités et peut accélérer les migrations vers les villes, redessinant durablement les équilibres territoriaux.

Lien ajouté le 24 avril 2026

Metz, T., Farwig, N., Dormann, CF et al. (2026). « Biodiversity resilience in a tropical rainforest » [Résilience de la biodiversité dans une forêt tropicale humide]. Nature, https://doi.org/10.1038/s41586-026-10365-2.

Cette étude menée par Timo Metz (UCLA) démontre que les forêts tropicales peuvent retrouver une grande partie de leur biodiversité en quelques décennies, bien plus vite que ne le pensaient les scientifiques. Les chercheurs ont travaillé dans deux réserves en Équateur en comparant 45 parcelles de forêts en régénération à des forêts anciennes. Grâce à la chronoséquence, ils reconstruisent une trajectoire écologique sur plusieurs décennies à partir de sites d’âges différents. Résultats des recherches : la plupart des animaux, insectes, oiseaux, mammifères ou amphibiens, reviennent en environ 30 ans. Leur abondance et leur diversité deviennent proches de celles des forêts intactes, alors que les arbres mettent souvent plus d’un siècle à se reconstituer. Cette rapidité s’explique par les circulations écologiques. Les forêts anciennes voisines jouent un rôle de réservoirs. Chauves-souris, oiseaux ou singes transportent graines et nutriments, facilitant la recolonisation des milieux et accélérant la dynamique de régénération. Des éléments ponctuels suffisent parfois à enclencher ces processus. Un arbre isolé laissé dans une parcelle attire des animaux, offre de l’ombre et permet l’installation de nouvelles plantes. Ces points d’appui structurent progressivement le paysage en reconstruction. Les résultats restent toutefois nuancés. Environ 30% des bactéries du sol disparaissent après déforestation et certaines espèces très spécialisées ne reviennent pas. La reconstitution écologique n’est donc ni totale ni uniforme selon les composantes des écosystèmes. La capacité de rebond dépend fortement du contexte spatial. Dans les régions très dégradées, comme certaines zones de l’Amazonie où les forêts anciennes ont disparu, la recolonisation naturelle est limitée et nécessite souvent des actions humaines ciblées.  Cette étude renouvelle les politiques de conservation. Là où subsistent des forêts intactes, laisser faire les dynamiques naturelles peut être plus efficace que des restaurations coûteuses. Elle montre une nature résiliente, mais dépendante des continuités écologiques. 

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