Les cartes, maîtresses du monde (France Culture)


France Culture propose une série en 4 épisodes sur le thème « Les cartes, maîtresses du monde » dans le cadre de l'émission Culture Mondes (du 22 au 25 septembre 2025).

Si la carte constitue un outil scientifique permettant l'orientation dans l'espace, elle est aussi un outil politique. À l'occasion du Festival international de géographie 2025, réinterroger la cartographie permet de comprendre les évolutions du monde.


Épisode 1/4 : Méridiens, planisphères : la fabrique du centre du monde

Représenter une sphère sur une feuille plane, voilà le tour de force réalisé par Gerardus Mercator en 1569. Mais produire une carte, c'est représenter son monde, son centre, ses limites, ses périphéries, et finalement ses ambitions pour ensuite, les imposer aux autres. Quels biais scientifiques mais aussi politiques la projection de Mercator porte-t-elle ? Plus largement, comment la science cartographique impose-t-elle un cadrage du monde, et comment celle-ci a-t-elle servi l’expansionnisme européen des siècles durant ? D’autres puissances mondiales rêvent-elles d’imposer d’autres représentations de notre monde afin de se placer à leur tour en son centre ? Et enfin, comment la cartographie façonne-t-elle notre regard sur le monde, et quelles réflexions critiques ont commencé à émerger pour que la discipline ne serve pas un ordre dominant ?

Avec 

  • Fabrice Argounès, géographe et géohistorien rattaché à l’INSPE et à l’université de Rouen
  • Irène Hirt, professeure de géographie à l’université de Genève

Épisode 2/4 : Geoint, les yeux du renseignement

Au carrefour de la géographie, de l'intelligence artificielle et des sciences humaines, le Geoint (pour Geosptial Intelligence) constitue une nouvelle façon de cartographier pour le militaire et le civil. Le Geoint, ou Geospatial Intelligence (intelligence géospatiale), est une discipline du renseignement qui repose sur l’exploitation de données géolocalisées. Né dans les sphères militaires américaines dans les années 1960, il devient central à partir des années 1990, notamment lors des conflits du Golfe, d’Afghanistan et d’Irak. Aujourd’hui, il dépasse largement le cadre militaire pour s’étendre aux domaines civils, humanitaires et industriels.

Avec

  • Philippe Boulanger, professeur des universités en géographie à Sorbonne Université
  • Jeff Reux, consultant avant-vente chez Esri France, chargé d’enseignement à Sorbonne Université, ainsi qu’à l’Institut Catholique de Paris

Épisode 3/4 : Cartographier l’actualité : un enjeu politique

Échelles, cadrage, choix des pictogrammes, tous les cartographes le disent : les cartes sont politiques. Un élément crucial à prendre en compte lorsque l'on représente des phénomènes d'actualité au cœur du débat, comme par exemple les migrations internationales. Simplificatrices et réductrices par définition, comment les cartes risquent-elles de donner une vision tronquée du réel ? Quels sont les principaux biais des cartes ? Comment construit-on une carte destinée à illustrer ou analyser un phénomène d’actualité ? En quoi la question migratoire est emblématique du phénomène ? Comment a-t-elle évolué ces dernières années ? Pourquoi les cartes restent-elles utiles et nécessaires malgré tout ? Quels débats au sein des médias qui produisent des cartes sur ces sujets ? Comment les rédactions produisent-elles leurs cartes ?

Avec

  • Françoise Bahoken, géographe et cartographe, chargée de recherche à l'université Gustave-Eiffel
  • Francesca Fattori, journaliste-cartographe au journal Le Monde
  • Laurent Gédéon, chercheur à l'Institut d'Asie Orientale de l'ENS Lyon

Épisode 4/4 : Google Maps : la boussole du profit

De concurrent parmi d'autres à leader mondial des cartes numériques, Google Maps est devenu un géant numérique et politique, forgeant notre vision du monde pour ses propres intérêts. Comment Google Maps a-t-il constitué une telle base de données géographiques et comment s’est-il imposé comme le leader des cartes numériques ? Quelles sont les conséquences de cette hégémonie sur notre perception du monde et sur nos usages des cartes ? Comment les différents acteurs, dont le fonctionnement dépend de Maps (commerces, mais aussi villes et États), négocient-ils auprès de Google pour défendre au mieux leurs intérêts ?

Avec

  • Matthieu Noucher, géographe, directeur de recherche au CNRS, membre du laboratoire Passages
  • Antoine Courmont, sociologue, maître de conférences en urbanisme à l’université Gustave-Eiffel, chercheur au LATTS (Laboratoire Technique, Territoire et Société)
  • Laure Guimbail, doctorante en sociologie au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po

Lien ajouté le 30 septembre 2025

« Les batailles de la carte : quand les projections dessinent le monde » (Revue Conflits avec AFP)
Représenter une sphère sur un plan implique des choix. Les projections cartographiques privilégient soit les formes, soit les surfaces, soit les distances, mais jamais tout à la fois. Chaque carte reflète une vision du monde qui peut être technique mais aussi politique.

Lien ajouté le 2 octobre 2025

« Le pouvoir des cartes » (La Terre au carré - France Inter)
Qui fait les cartes, comment et pourquoi ? Que nous permettent-elles de saisir d’une planète en constantes évolutions ? Et si la cartographie pouvait être utilisée pour faire évoluer nos points de vue sur le monde ?

Avec :
  • Delphine Papin, journaliste et géographe, responsable du service Infographie et Cartographie du journal Le Monde
  • Nephtys Zwer, historienne, chercheuse en histoire et culture des pays de langue allemande
Liens ajoutés le 3 octobre 2025

Pour contribuer au thème du FIG 2025, Philippe Rekacewicz signale sur le site Visionscarto quelques textes qui abordent le thème du pouvoir de manière plus ou moins directe. 

« Je me dis souvent en regardant attentivement les cartes que son plus puissant pouvoir, c’est cette formidable capacité à nous emporter ailleurs, à nous emmener dans un monde revisité : c'est une véritable « machine à rêves » en ce qu’elle est, comme le cinéma ou la littérature, une évocation du réel, réceptacle de nos envies de découverte, de nos désirs, mais aussi la projection de nos imaginaires, de ce que nous comprenons du réel. Ce pouvoir évocateur se met naturellement au service de tous les acteurs politiques, sociaux et économiques qui trouvent dans la cartographie un outil efficace pour faire comprendre et exposer le rapport à l’espace. Elle permet aux pouvoirs en place de conforter leurs positions et de renforcer leur contrôle sur les territoires et les populations qu’ils administrent (dans le meilleur des cas), ou qu’ils aliènent (dans le pire des cas). Pour les représentants de la société civile, les acteurs sociaux, une pratique dite « critique » de la cartographie permet de déconstruire les approches, les représentations convenues, les narratifs du pouvoir, et proposer de visualiser le monde en mettant en lumière les inégalités et les injustices sociales et spatiales. Cette cartographie se met alors au service des luttes et des mobilisations citoyennes qui, dans une démarche d’émancipation, œuvre pour redonner aux citoyen·es une forme de souveraineté sur leurs lieux de vie. » (Philippe Rekacewicz)
Lien ajouté le 2 novembre 2025

« Le sens des cartes » (Big Bang - France Inter).

Christophe Galfard reçoit la navigatrice Isabelle Autissier, le géohistorien Christian Grataloup et la géologue marine Mathilde Cannat pour explorer le sens des cartes :
  • Isabelle Autissier, navigatrice, Présidente de la branche française du World Wide Fund for Nature(WWF)
  • Christian Grataloup, géographe, professeur émérite de l’université Paris Cité, spécialiste de géohistoire
  • Mathilde Cannat, géologue, directrice de recherche CNRS dans l’équipe de géosciences marines de l’Institut de Physique du Globe de Paris
Liens ajoutés le 28 janvier 2026

« Soudain j'ai reconnu l'écriture de Mercator  » : un professeur de l'Université d'Hasselt retrouve en Espagne un manuscrit perdu qui permet de suivre Mercator dans sa réflexion, ses calculs et sa conception (VRT.be).

Le professeur Koenraad Van Cleempoel de l'Université d'Hasselt a découvert par hasard un manuscrit vieux de presque cinq siècles, longtemps considéré comme perdu, du cartographe et humaniste flamand Gérard Mercator (1512-1594), sur le site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial, près de Madrid en Espagne. La projection de Mercator a posé les premières bases d'une cartographie précise et utile à la navigation. Le manuscrit retrouvé montre quant à lui l'étendue de l'influence intellectuelle du pionnier. "Ce document nous permet de suivre Mercator dans sa réflexion, ses calculs et sa conception. C'est ce qui le rend inestimable", indique Van Cleempoel. Il s'agit de l'écrit le plus complet de la main de Mercator jamais découvert à ce jour.

« The True Size, un outil pour se rendre compte des déformations liées à la projection de Mercator  »

The True Size permet d'afficher un pays sur une carte projetée en Mercator, puis de le déplacer sur la carte pour voir en direct l'impact des déformations qu'il subit. Sur une carte projetée en Mercator, les territoires se déforment et s'agrandissent à mesure que l'on s'éloigne de l'équateur et que l'on se rapproche des pôles. C'est pour ça que le Groenland n'est pas forcément aussi grand qu'on le pense.

Rivières arborescentes par Perrin Remonté


« Et si on commençait à regarder les rivières et les fleuves de notre planète comme des arbres ? Songez-y  : le fleuve et son bassin versant — vaste réseau  d’affluents —  forment, à l’image de l’arbre, une ramification complexe  et  harmonieuse, une arborescence hiérarchisée, parcourue d’un flux  vital, de sève ou d’eau,  connaissant ses hauts et ses bas au fil des saisons. »

Le cartographe Perrin Remonté propose Rivières arborescentes, une série de 24 cartes aux airs de portraits botaniques, cartes de quelques grands fleuves de notre planète, toutes orientées de manière à évoquer la silhouette d’un organisme végétal. 

Cliquez sur une rivière pour découvrir son portrait botanique :

Autres ressources à découvrir :

Pour compléter

Cartapaname a consacré une émission de radio à Perrin Remonté, dont les cartes toujours originales et poétiques reflètent sa sensibilité au monde qui l'entoure. Toutes les cartes abordées pendant l'émission sont visibles sur son site internet perrinremonte.com. 

Et si… ? Fictions géographiques

« J'essaye de faire des cartes qui touchent les gens, des cartes comme des portraits : à 28 ans, il cartographie la France par passion » (France-Info)

Lien ajouté le 22 août 2026

« Anatomie d’une asphyxie : la situation des rivières européennes en juillet 2026. À quel moment le Danube ou la Loire deviendront les Wadis Danube et Loire ? » (Perrin Remonté)

River flow anomalies in Europe (July 2026). Source : Copernicus

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Cartographier l'anthropocène - Le risque inondation (Atlas IGN, 2025)


L’IGN publie une nouvelle édition de son Atlas « Cartographier l’anthropocène » sur la thématique de la prévention des risques (Atlas IGN 2025).

Inondations : des data pour faire barrage. Quand les données nous aident à comprendre, à anticiper et à renforcer notre résilience collective face au risque inondation

Premier risque naturel en France par l'ampleur des dommages occasionnés et le nombre de communes concernées, les inondations gagnent en intensité tout en se révélant plus fréquentes. Pour comprendre ces phénomènes qu'exacerbe le changement climatique et s’y préparer, les cartes et data sont des alliées stratégiques. Au fil des pages, l'édition 2025 de l'Atlas publié par l'IGN illustre les enjeux d'une connaissance fine à tous les niveaux, que ce soit pour localiser l'aléa et le circonscrire, pour renforcer continuellement la fiabilité des systèmes de vigilance ou pour modéliser le risque et construire les scénarii les plus réalistes dans la perspective d'une France à +4 degrés à la fin de ce siècle. Les données sont résolument au cœur du système : des clés pour s'adapter à ce défi majeur de l'anthropocène.

Feuilleter l'Atlas

Télécharger l'Atlas en pdf

Radioscopie du risque inondation (infographie)

  • 1 français sur 4 exposé à l'aléa inondation
  • Près de 11 000 communes couvertes par un Plan de prévention des risques d'inondation (PPRI)
  • 15 à 30 % d'augmentation prévisionnelle des pluies quotidiennes maximales annuelles sur l'ensemble du pays en 2100 selon Météo-France

Lien ajouté le 19 octobre 2025

Azhar, M., Kane, B., Vahedifard, F. et al. (2025). « Comprehensive portfolio of adaptation measures to safeguard against evolving flood risks in a changing climate » [Portefeuille complet de mesures d'adaptation pour se prémunir contre l'évolution des risques d'inondation dans un climat en mutation]. Commun Earth Environment 6, 824, https://doi.org/10.1038/s43247-025-02779-z

Des chercheurs de l'Université de Californie ont étudié comment adapter les sociétés face aux inondations accrues par le changement climatique. Leur synthèse mondiale évalue 39 mesures d’adaptation classées en quatre catégories. Au cours des dernières décennies, l'accent des mesures d'adaptation aux inondations s'est déplacé des modifications structurelles vers des solutions centrées sur la communauté et fondées sur la nature, selon une synthèse et une classification mondiales. Le réchauffement planétaire (+1,1°C depuis l’ère préindustrielle) intensifie les pluies extrêmes et la montée des mers (3–4 mm/an), accroissant les risques d’inondation. Entre 2000 et 2019, ces catastrophes ont touché 1,6 milliard de personnes et causé 651 milliards de dollars de pertes. Les auteurs soulignent que la fréquence et la complexité des inondations imposent de dépasser les réponses purement techniques (digues, barrages). Les stratégies doivent intégrer nature, gouvernance, culture et participation locale pour construire une résilience durable. L’étude distingue quatre phases historiques de l’adaptation. Protection réactive locale avant 1950, ingénierie lourde au XXe siècle, approche écosystémique à partir des années 1970, puis solutions hybrides actuelles combinant infrastructures et participation communautaire. À partir de 173 études, les chercheurs recensent 39 mesures : 18 techniques (digues, relocalisation), 9 institutionnelles (politiques, gouvernance), 2 socioculturelles (éducation, pratiques locales) et 10 fondées sur la nature (zones humides, forêts, berges végétalisées). Les stratégies techniques restent majoritaires dans les pays du Nord, tandis que les solutions communautaires ou fondées sur la nature dominent dans le Sud. Les auteurs appellent à une recherche plus inclusive intégrant les savoirs autochtones et les publications locales. Les mesures structurelles assurent une protection rapide mais coûteuse et rigide. Les approches institutionnelles misent sur la planification et la gouvernance. Les leviers comportementaux reposent sur l’éducation et l’appropriation collective du risque. Les solutions fondées sur la nature restaurent les écosystèmes pour amortir les crues, améliorer la biodiversité et filtrer l’eau. Elles offrent des co-bénéfices écologiques mais nécessitent un suivi constant et un fort ancrage local pour être efficaces.
Les chercheurs insistent sur trois critères indissociables d’une adaptation réussie : la faisabilité pratique, la solidité technique et la justice sociale. Une mesure efficace doit être équitable, réaliste et robuste face à des climats incertains et évolutifs. L’étude met en lumière des écarts d’équité. Les populations les plus pauvres vivent souvent dans les zones à risque. Intégrer la justice distributive dans la gestion des crues permet de réduire ces inégalités et d’améliorer la répartition des ressources. Les auteurs proposent d’adopter une approche multi-attributs. Chaque projet doit être conçu selon son contexte technique, socio-économique et culturel. Négliger un de ces trois piliers réduit la durabilité et l’efficacité des politiques d’adaptation. Plusieurs pistes de recherche sont identifiées : mieux combiner données qualitatives et quantitatives, coordonner les politiques, clarifier les seuils de risque, utiliser l’intelligence artificielle et renforcer la participation communautaire aux décisions. Les nouvelles technologies (IA, télédétection) peuvent améliorer la prévision et la planification adaptative. Mais les auteurs rappellent que la technologie seule ne suffit pas. L’adaptation doit rester humaine, coopérative et fondée sur la connaissance locale.  Cette synthèse conclut qu’une adaptation réussie aux inondations doit être systémique, équitable et transdisciplinaire. L’eau devient ainsi un révélateur des relations entre société, climat et environnement dans l’Anthropocène. 

Lien ajouté le 13 novembre 2025

Nature Editorial (2025). « Official statistics are vastly undercounting deaths from extreme weather » [Les statistiques officielles sous-estiment largement le nombre de décès dus aux conditions météorologiques extrêmes]. Nature 647, 290, 12 novembre 2025, https://www.nature.com/articles/d41586-025-03669-2

Les décès liés aux pluies extrêmes sont massivement sous-estimés. Farah Samir montre que l’Asie du Sud subit des impacts majeurs avec 1500 morts en Inde en 2025 et 800 au Pakistan. Ces chiffres ne comptent pas les décès indirects qui gonflent la mortalité réelle. Des recherches révèlent que beaucoup plus de personnes perdent la vie à cause des effets des pluies et des inondations que ce qui est habituellement comptabilisé. Les certificats de décès n’indiquent pas toujours l’eau. Électrocution, maladies hydriques ou effondrements ne sont pas comptés. Cette méthode produit un biais qui invisibilise les populations vulnérables et fausse la mesure des risques climatiques. Mumbai illustre cette sous-estimation. Entre 2006 et 2015, 2500 personnes meurent chaque année des effets de la mousson alors que l’État n’en enregistre qu’une fraction. Les enfants, les femmes et les habitants des quartiers informels sont les plus exposés. Aux États-Unis, 7000 à 11000 personnes meurent chaque année des cyclones sur 1930-2015 contre 24 déclarées. Les personnes âgées, les nourrissons et les populations noires sont les plus touchées. Le risque climatique dépend donc fortement du territoire. Mesurer correctement cette mortalité permet d’adapter villes, financements et protections. Un quart des urbains vit en quartiers informels, espaces très sensibles aux pluies extrêmes. Cet enjeu guidera discussions et arbitrages pendant la COP30.

Lien ajouté le 4 décembre 2025

« Governments need to prepare for more frequent large floods » [Les gouvernements doivent se préparer à des inondations majeures plus fréquentes] (The Conversation).

Samadhee Kaluarachchi et Younes Alila (University of British Columbia) montrent que les crues deviennent plus fréquentes et plus difficiles à prévoir. Leur étude explique comment climat, sols et usages du territoire amplifient fortement ces dynamiques. Les auteurs rappellent que les crues touchent désormais toutes les régions. En 2021, en Colombie-Britannique, une inondation a isolé Vancouver et causé jusqu’à 14 milliards de dollars de dégâts. Cette intensification révèle une hydrologie plus instable sous pression climatique. L’étude montre qu’une hausse modeste de taille entraîne une fréquence bien plus grande. Le déboisement du centre de la Colombie-Britannique a accru les crues de 19 à 26% et transformé un événement centennal en crue décennale, soulignant une très forte sensibilité du paysage. Les pratiques actuelles se concentrent sur la taille, négligeant la fréquence. Mais même des crues moyennes surviennent plus souvent, accélérant l’usure des digues-barrages. Sans intégrer cette hausse, les infrastructures sont sous-dimensionnées face à des rythmes d’occurrence transformés. Les auteurs critiquent les archives hydrologiques trop brèves, qui masquent l’accélération récente des crues. Mélanger anciennes et nouvelles données revient à ignorer l’effet du climat et de l’occupation du sol, qui modifient aujourd’hui beaucoup plus fortement les régimes d’inondation. L’étude révèle un régime "fragile". Dans de nombreuses régions, une légère perturbation climatique ou paysagère suffit à rendre les très grandes crues beaucoup plus courantes. Les relations taille-fréquence évoluent plus vite que ce que supposent les modèles classiques. Cette sensibilité impose de repenser la gouvernance territoriale. Forêts, zones humides et plaines d’inondation réduisent la fréquence des crues. Les auteurs rappellent qu’une inondation urbaine peut trouver sa cause des centaines de kilomètres en amont, dans des bassins modifiés. Une stratégie efficace doit articuler climat, aménagement et hydrologie pour anticiper l’augmentation conjointe taille-fréquence. Améliorer les prévisions permettra d’éviter pertes humaines, coûts massifs et infrastructures dépassées. 

Lien ajouté le 4 décembre 2026

Sylvain Rode, Vassili Kypreos et Juliette Dereppe, « Restaurer des zones d’expansion des crues : une territorialisation à interroger », Territoire en mouvement, Revue de géographie et aménagement, http://journals.openedition.org/tem/13369

Les géographes Sylvain Rode, Vassili Kypreos et Juliette Dereppe analysent la restauration des zones d’expansion des crues en France. L’article montre comment ces solutions fondées sur la nature transforment les territoires urbains et agricoles. Les zones d’expansion des crues (ZEC) sont des espaces du lit majeur capables de stocker l’eau lors des inondations. Elles réduisent la hauteur et la vitesse des crues tout en restaurant des fonctions écologiques longtemps dégradées par l’endiguement. Depuis les années 2000, ces dispositifs sont encouragés par les politiques européennes et françaises. Ils traduisent un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de maîtriser totalement l’aléa mais d’apprendre à vivre avec les inondations. En milieu urbain, la restauration des ZEC implique souvent une désurbanisation partielle. À Trèbes ou Villegailhenc, après les crues de 2018, des dizaines de bâtiments ont été rachetés et démolis pour redonner de l’espace aux rivières. L’après-catastrophe constitue une fenêtre d’opportunité. Le traumatisme facilite l’acceptation sociale et politique de choix radicaux. À Trèbes, la ZEC restaurée couvre 13 hectares et réduit fortement la vulnérabilité des quartiers riverains. À l’inverse, les projets préventifs sans catastrophe récente rencontrent plus de résistances. À Blois, la restauration d’une ZEC a nécessité plus de 20 ans de maîtrise foncière progressive face à une population peu convaincue du risque. La territorialisation réussie passe par l’inscription des ZEC dans un projet de territoire. Aménagements paysagers, parcs urbains et nouveaux usages permettent de transformer ces espaces hydrauliques en lieux de vie acceptés. En milieu agricole, les enjeux sont différents. Dans la Marne, les grandes cultures occupent une large part des zones inondables. La spécialisation céréalière accroît la vulnérabilité face aux crues estivales de plus en plus fréquentes. Des leviers existent. Diagnostics de vulnérabilité, cultures adaptées, prairies ou paiements pour services environnementaux. Dans le Châtillonnais, 480 hectares sont engagés avec 20 exploitations pour concilier élevage et inondation. Restaurer des ZEC suppose de dépasser la seule parcelle. Financements, filières agricoles, projets urbains et gouvernance locale conditionnent l’appropriation. Les ZEC deviennent alors des outils de résilience territoriale. 

Lien ajouté le 3 février 2026

« Guide méthodologique pour l’élaboration des plans de prévention des risques d’inondation par débordement de cours d’eau » (Cerema).

Le Cerema a publié en septembre 2024 un guide méthodologique pour l’élaboration des plans de prévention des risques d’inondation par débordement de cours d’eau (hors cours d’eau torrentiels). Ce guide vient en complément du guide méthodologique pour l’élaboration des plans de préventions des risques d’inondation des cours d’eau torrentiels (PPRI des cours d’eau torrentiels) publié en 2023 et du guide méthodologique pour l’élaboration des plans de prévention des risques d’inondation  par ruissellement (PPRI ruissellement) publié en 2025.

Lien ajouté le 17 avril 2026

Majszak, M., Zaki, A. et Wani, O. « What defines a flood ? » [Qu’est-ce qui définit une inondation ?)] Commun Earth Environ, 7 , 342 (2026). https://doi.org/10.1038/s43247-026-03491-2

Des chercheurs rappellent qu’une inondation n’est jamais seulement une montée d’eau. Définir une crue suppose aussi des choix humains sur ce qui est rare, normal, acceptable ou au contraire jugé problématique dans un territoire donné. Les auteurs partent d’un constat simple. Un même niveau d’eau peut être perçu comme banal dans une zone humide, mais comme anormal ailleurs. L’inondation dépend donc du lieu observé, de l’échelle de temps retenue et du seuil à partir duquel on considère qu’un événement devient exceptionnel. En hydrologie, ce seuil est souvent exprimé par une période de retour, de quelques années à plusieurs centaines d’années. Mais ce choix n’a rien de purement naturel. Il reflète aussi ce qu’une société veut protéger, le risque qu’elle accepte et les usages qu’elle juge prioritaires. L’article distingue alors l’"inondation physique", liée à une eau jugée rare dans un cadre défini, et l’"inondation anthropocentrée", quand cette eau est interprétée comme bonne ou mauvaise. Une même crue peut donc être utile aux milieux, mais néfaste pour certains groupes humains. Cette lecture aide à comprendre l’histoire longue des sociétés fluviales. Les crues du Nil, du Tigre, de l’Euphrate ou de l’Indus ont fertilisé les sols et soutenu des civilisations, mais elles ont aussi provoqué déplacements, destructions et ruptures dans l’organisation des territoires. Les auteurs insistent aussi sur les désaccords entre acteurs. Une eau favorable à la recharge des sols, aux zones humides ou à certains écosystèmes peut être vécue comme une menace par des riverains, des agriculteurs ou des aménageurs. Ils parlent ici d’"ambiguïté d’intervention".  Cette ambiguïté explique pourquoi la gestion des crues suscite autant de conflits. Endiguer, restaurer une plaine inondable, déplacer des habitants ou laisser l’eau circuler ne relève pas seulement de la technique. Chaque solution traduit une hiérarchie de valeurs et d’intérêts territoriaux. Au fond, une inondation est à la fois un fait hydrologique, un fait social et un objet politique. Mieux la définir permet de mieux dialoguer entre disciplines, d’éclairer les choix publics et d’affronter plus lucidement les risques climatiques à venir. 

Lien ajouté le 25 mai 2026

Lindersson, S., Raffetti, E., Rusca, M. et al. « Access The wider the gap between rich and poor the higher the flood mortality » [Plus l'écart entre riches et pauvres est grand, plus la mortalité due aux inondations est élevée]. Nature Sustainibility 6, 995–1005 (2023). https://doi.org/10.1038/s41893-023-01107-7

Les auteurs ont analysé les inégalités de revenus et les inondations dans 67 pays à revenu intermédiaire et élevé entre 1990 et 2018 et ont constaté que les pays les plus inégalitaires sont généralement les plus touchés par les inondations. Les inégalités économiques s'accroissent dans de nombreux pays à travers le monde, ce qui peut considérablement accroître la vulnérabilité sociale aux risques naturels. Cette étude intègre des données géocodées de mortalité issues de 573 inondations majeures à des données démographiques et économiques afin de réaliser une modélisation par régression linéaire mixte généralisée. Les résultats montrent que le lien significatif entre les inégalités de revenus et la mortalité liée aux inondations persiste même après prise en compte du PIB réel par habitant, de la taille de la population dans les régions inondées et d'autres variables potentiellement confondantes. L'effet protecteur de l'augmentation du PIB disparaît lorsqu'on tient compte des inégalités de revenus et de la taille de la population dans les régions inondées. À la lumière de ces résultats, les chercheurs estiment que la répartition de plus en plus inégale des richesses mérite une attention accrue dans les instances internationales de recherche et de politique en matière de risques de catastrophes.

Inégalités de revenus et mortalité due aux inondations dans 67 pays à revenu intermédiaire
de la tranche supérieure (source : Lindersson et al, 2023)

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Cartographier l'anthropocène à l'ère de l'intelligence artificielle (IGN, 2024)

Cartographier l'anthropocène. Atlas 2023 de l'occupation du sol (IGN)

Cartographier l'anthropocène. Changer d'échelle pour pouvoir agir (Atlas IGN, 2022)

Paul Crutzen et la cartographie de l'Anthropocène

Les territoires de l'anthropocène (cartes thématiques par le CGET)

Atlas de l'Anthropocène : un ensemble de données sur la crise écologique de notre temps





Cartes et données sur la pauvreté et les conditions de vie des jeunes dans le monde rural


Source :  Noor-Yasmin Djataou, Hélène Furnon-Petrescu, Carine Seiler (2024). « Pauvreté et conditions de vie des jeunes dans le monde rural : comment adapter les réponses institutionnelles ? », Inspection Générale des Affaires Sociales, novembre 2024.

Ce rapport produit par la mission de l'IGAS apporte un éclairage sur la pauvreté des jeunes ruraux de 16 à 29 ans, leurs conditions de vie et analyse leurs facteurs spécifiques de fragilité au regard de ceux de l’ensemble de la jeunesse. Longtemps qualifiés d’« invisibles », moins nombreux que les jeunes urbains, les jeunes ruraux focalisent moins l’attention alors que leur place – et les choix qu’ils réalisent (partir ou rester) – sont cruciaux pour l’avenir des territoires ruraux. Les annexes du rapport comportent de nombreuses cartes et données sur la pauvreté de la jeunesse qui réside dans les territoires ruraux (voir en particulier l'annexe 4 sur les distances et paniers de services).

Une jeunesse rurale qui se sent souvent délaissée

L’Igas en dresse un état des lieux inédit, à 360 degrés qui dessine le portrait d’une jeunesse rurale qui se sent souvent délaissée et met en lumière des freins spécifiques, dont l’éloignement et une mobilité empêchée. Il en recense les conséquences, domaine par domaine. Moindres opportunités d’insertion ou de formation, problèmes d’accès au logement, santé mentale, inégalités de genre présentent aussi des traits particuliers en ruralité. La mission estime que 338 000 jeunes ruraux vivraient sous le seuil de pauvreté. 

30 recommandations opérationnelles

L’action publique peine à répondre à ces vulnérabilités multiples et à certaines situations de « perte de chance », à agir en grande proximité dans des territoires très dispersés. Les politiques publiques transverses sont insuffisamment ciblées vers les jeunes ruraux précaires, cependant que les dispositifs sectoriels à destination des jeunes, trop souvent calqués sur le modèle urbain, prennent mal en compte les contraintes inhérentes à la ruralité. Le rapport livre une trentaine de recommandations opérationnelles, d’une part, pour apporter des réponses spécifiques aux besoins des jeunes ruraux à travers des mécanismes adaptés à la non-densité, notamment à travers un cadre de priorisation renouvelé, d’autre part, pour développer des réponses destinées à l’ensemble des jeunes précaires dont pourront bénéficier les jeunes ruraux. C’est aussi un enjeu démographique pour nos territoires.

Synthèse en FALC - Pauvreté et conditions de vie jeunes monde rural.pdf

Rapport Igas - Pauvreté et conditions de vie des jeunes dans le monde rural (rapport).pdf

Rapport Igas - Pauvreté et conditions de vie des jeunes dans le monde rural (annexes).pdf

Pour compléter 

« Rapport de l’IGAS sur la jeunesse rurale : de la mobilité sociale, scolaire, géographique empêchée » (Le Café pédagogique)

Quel rôle joue l’origine géographique sur le parcours scolaire et professionnel ? Les inégalités sociales sont un point d’orgue à la précarité, dans la France des bourgs comme dans celle des tours. L’origine sociale a des effets sur la réussite des élèves, cela est bien documenté. L’IGAS (inspection générale des affaires sociales) a publié un rapport de 112 pages en janvier 2025 « Pauvreté et conditions de vie des jeunes dans le monde rural : Comment adapter les réponses institutionnelles ? » Celui-ci s’appuie sur des travaux récents qui « permettent d’esquisser le portrait d’une jeunesse rurale, longtemps invisible, dont les risques d’isolement et d’éloignement forment des facteurs spécifiques ou aggravants de précarité ». Il souligne l’absence d’équité sociale et territoriale et des facteurs multiples liés au maillage territorial de l’offre de formation qui amoindrissent les choix d’orientation ou des phénomènes d’autocensure. Force est de constater la corrélation entre pauvreté, précarité, ruralité, et absence de mobilités.

« Double peine sociale et territoriale pour les élèves des zones rurales populaires » (Le Café pédagogique)

Pour sa 18e édition, l’AFEV braque les projecteurs sur les trajectoires, espoirs et difficultés des lycéens issus des classes populaires, en ville comme à la campagne. Une enquête qui confirme que le lieu de vie et surtout l’origine sociale pèsent sur les parcours et les projections d’avenir.

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L'Insee propose un nouveau gradient de la ruralité (La France et ses territoires, édition 2021)

Étude sur la diversité des ruralités (ANCT - Observatoire des territoires)

Cartographier les espaces ruraux en France

Mégafeux. Le changement climatique augmente les risques d’incendies de forêt extrêmes à l’échelle mondiale


Source :  Abatzoglou, J.T., Kolden, C.A., Cullen, A.C. et al. (2025). « Climate change has increased the odds of extreme regional forest fire years globally » [Le changement climatique a accru les risques d'incendies de forêt régionaux extrêmes à l'échelle mondiale]. Nature Communications, 16, 6390. https://doi.org/10.1038/s41467-025-61608-1 (article en accès libre)

Au cours de la décennie 2014-24, de nombreuses régions ont connu des incendies dévastateurs aux conséquences considérables. L'article examine le rôle de la variabilité climatique dans la survenue d'années d'incendies extrêmes dans les forêts du monde entier. Ces années extrêmes ont généralement coïncidé avec des indices météorologiques extrêmes (1 fois tous les 15 ans) et ont été caractérisées par une multiplication par quatre ou cinq du nombre d'incendies majeurs et des émissions de carbone liées aux incendies par rapport aux années non extrêmes. Des années avec de tels indices extrêmes présentent une probabilité de 88 à 152 % plus élevée sous un climat contemporain (2011-2040) que sous un climat quasi préindustriel (1851-1900), le risque étant plus prononcé dans les forêts tempérées et amazoniennes. Les résultats montrent que le changement climatique d'origine humaine augmente le risque d'années d'incendies extrêmes d'origine climatique dans les régions forestières, ce qui nécessite des mesures proactives pour atténuer les risques et s'adapter aux années d'incendies extrêmes.

Augmentation du potentiel d’années d’incendies extrêmes dues au climat dans les écorégions forestières
(source : Abatzoglou et al., 2025, sous licence Creative Commons Attribution 4.0 International)

Les données sont disponibles à partir de l'Atlas mondial des incendies. Cet Atlas permet d'étudier la taille, la durée, la vitesse et la direction des incendies dans le monde. Il s'agit d'une version mise à jour et étendue de l'Atlas mondial des incendies présenté par Andela et al. (2019). Les données d'entrée (surfaces brûlées et couverture terrestre) sont issues du spectro-radiomètre imageur à résolution moyenne (MODIS) du satellite Terra de la NASA. Elles ont été mises à jour conformément à la collection MODIS 6.1 (la version précédente était basée respectivement sur les surfaces brûlées de la collection 6.0 et sur la couverture terrestre de la collection 5.1). La série chronologique a été étendue de manière à couvrir la période de 2002 à février 2024.

La méthode employée pour créer l’ensemble de données suit précisément l’approche décrite par Andela et al. (2019). Le produit de surface brûlée d'entrée est le MCD64A1 Collection 6.1. Il est décrit par Giglio et al. (2018). Le produit d'entrée relatif à la couverture terrestre est la collection MCD12Q1 6.1. Il est décrit par Sulla-Menashe et al. (2019). Bien que les méthodes soient restées les mêmes que celles d'Andela et al. (2019), on observe de légères différences entre les produits du Global Fire Atlas, dues aux différences entre les données de superficie brûlée de la collection 6.1 du MCD64A1 utilisées ici et celles de la collection 6 du produit original. 

L'ensemble de données original comprenait des séries chronologiques de 2003 à 2016, incluant la saison complète des incendies pour chaque année. Pour chaque tuile MODIS, la saison des incendies est définie comme la période de douze mois centrée sur le mois où la zone de brûlage est la plus importante (voir Andela et al., 2019). La série chronologique a été étendue de manière à inclure la saison des incendies de 2002, prolongée jusqu'en février 2024. Par conséquent, les fichiers de 2023 et 2024 contiennent des enregistrements incomplets. Par exemple, pour une tuile MODIS avec un pic de superficie brûlée en décembre, la saison des incendies de 2023 serait définie comme la période allant de juillet 2023 à juin 2024, l'enregistrement actuel se terminant en février 2024. Aux fins d'analyse des séries chronologiques, on note que le produit 2002 a pu être affecté par des pannes de Terra-MODIS (notamment du 15 juin 2001 au 3 juillet 2001 et du 19 mars 2002 au 28 mars 2002), ce qui affecte les estimations des dates de brûlage et le produit Global Fire Atlas. Depuis le lancement d'Aqua-MODIS en mai 2002, les estimations des dates de brûlage sont plus fiables, telles qu'elles sont estimées par les deux capteurs MODIS embarqués sur Terra et Aqua.  

Pour compléter

« Mégafeux, du vocabulaire médiatique à la caractérisation scientifique » (Géoconfluences).
Aziz Ballouche, professeur émérite en géographie, montre que les mégafeux occupent une place importante dans l’actualité et sont souvent vus comme une conséquence du dérèglement climatique. S’il n’existe pas de consensus scientifique sur leur définition, il existe bien un effet démontré du changement climatique sur leur fonctionnement et leur intensité. Toutefois, à l’échelle globale, on observe plutôt une diminution des superficies brûlées. En réalité, c’est seulement à une échelle régionale et dans un contexte environnemental précis qu’on peut évaluer l’évolution du risque lié aux incendies de biomasse.

« Pourquoi les mégafeux embrasent-ils la planète ? » (Museum national d'histoire naturelle).
De l’Australie au Canada, du Chili aux États-Unis, du Congo à l’Indonésie, en passant par l’Europe et la Russie, depuis le début des années 2000, les mégafeux se multiplient et se propagent à travers tous les continents. En cause, le réchauffement climatique et une gestion humaine des milieux souvent inadaptée. Pourtant, le vivant recèle là encore de formidables capacités d’adaptation.

« Incendies et mégafeux, quand la planète s’embrase » (France Inter).
La fréquence des mégafeux, ou feux extrêmes, caractérisés par leur puissance et leur propagation rapide, est en constante augmentation. Les mégafeux représenteraient « seulement » 3 % des incendies, mais seraient responsables de plus de 50 % des surfaces brûlées de la planète. À la différence des incendies, qui surviennent régulièrement au cœur de l’été, ces phénomènes sont plus incontrôlables. Cette catastrophe, amplifiée par le changement climatique, a mis en lumière l'urgence d'agir. Face à l'impuissance relative des moyens de lutte contre les mégafeux, il convient de souligner l'importance cruciale de la prévention

Lien ajouté le 25 octobre 2025

« La crise climatique alimente des incendies extrêmes à travers la planète » (The Conversation)

Hamish Clarke (Université de Melbourne) montre que le changement climatique amplifie les incendies extrêmes dans le monde. En 2024-25, 3,7 millions km² ont brûlé, soit une superficie plus vaste que l’Inde, affectant plus de 100 millions de personnes. L’étude s’appuie sur des images satellites et des modèles climatiques. Elle démontre que le réchauffement rend les forêts plus inflammables : végétation plus sèche, températures plus élevées et épisodes de vent plus intenses favorisent la propagation des feux. En Australie, 5 millions d’hectares ont brûlé en 2024-25, dont les 2/3 du parc des Grampians. Aux Etats-Unis, les incendies de Los Angeles ont été 25 fois plus étendus qu’ils ne l’auraient été sans réchauffement climatique, doublant leur probabilité d’occurrence. En Amérique du Sud, les feux du Pantanal-Chiquitano, à la frontière du Brésil, de la Bolivie et du Paraguay, ont été 35 fois plus vastes à cause du climat. Les incendies amazoniens et congolais ont libéré des milliards de tonnes de CO₂, aggravant encore le dérèglement. Les incendies ont émis plus de 8 milliards de tonnes de CO₂ en 2024-25, soit 10% de plus que la moyenne depuis 2003. Dans les forêts boréales canadiennes, ces émissions ont doublé. Ce surplus dépasse les émissions fossiles annuelles de 200 pays. Les solutions passent par la réduction rapide des émissions, la protection des forêts et la valorisation des savoirs locaux, notamment autochtones. L’adaptation doit être à la fois mondiale et territoriale pour limiter ces feux devenus marqueurs de l’Anthropocène.

Lien ajouté le 15 janvier 2026

« Cartographie : comment le monde perd ses forêts à cause des incendies » (The Guardian).

Ashley Kirk et Pablo s’appuient sur des travaux du World Resources Institute et d’universités pour analyser la géographie mondiale des incendies de forêt et montrer que les feux détruisent aujourd’hui bien plus de forêts qu’il y a 20 ans. À l’échelle mondiale, les incendies ont brûlé plus de 134 000 km² de forêts en 2024, soit une surface supérieure à celle de l’Angleterre. Chaque jour, plus de 360 km² de couvert forestier ont disparu, révélant un rythme devenu écologiquement insoutenable. Sur 24 ans, 1,5 million de km² de forêts ont été détruits par le feu, une superficie équivalente à la Mongolie. Quatre des cinq pires années jamais enregistrées ont eu lieu depuis 2020, signalant une rupture récente dans la dynamique des feux forestiers. En 2024, des feux majeurs ont touché à la fois l’Amazonie humide et les forêts boréales du Canada et de la Russie. En Russie, plus de 620 000 km² ont brûlé depuis 2001, avec des incendies atteignant le pergélisol arctique. Au Canada, 78.000 km² de forêts ont brûlé en 2023, avec des températures jusqu’à 10°C au-dessus des normales. Les fumées ont affecté des millions de personnes, montrant que les impacts des feux dépassent largement les régions incendiées. Ces incendies menacent le rôle climatique des forêts. En 2023-2024, elles n’ont absorbé qu’un quart du CO2 habituel. En brûlant, elles relâchent du carbone ancien, renforçant un cercle vicieux entre réchauffement, sécheresse et multiplication des feux. Réduction des émissions, arrêt de la déforestation et gestion locale des risques peuvent freiner les incendies. Certains territoires, comme des zones indigènes en Bolivie, prouvent que la gouvernance locale peut protéger les forêts. 

Lien ajouté le 15 janvier 2026

Vieira, DCS, Borrelli, P., Scarpa, S. et al. (2026). « Global estimation of post-fire soil erosion » [Estimation globale de l’érosion des sols après incendie]. Nature Géoscience, 19, 59-67. https://doi.org/10.1038/s41561-025-01876-0

Des chercheurs européens montrent que les incendies déclenchent une érosion durable des sols à l’échelle mondiale. Les pertes se prolongent sur des décennies et affaiblissent la résilience des territoires. Chaque année, les incendies brûlent environ 4 millions de km², soit une surface proche de celle de l’UE. Jusqu’ici, leurs effets durables sur les sols restaient mal connus. Les chercheurs comblent ce vide par la première cartographie mondiale de l’érosion post-incendie. L’étude combine données satellites de 2001 à 2019 et un modèle RUSLE adapté aux paysages brûlés. Elle compare l’état des sols avant et après les feux en intégrant couverture végétale, intensité des pluies et ruissellement de surface. Les résultats montrent une perte annuelle de 8,1 milliards de tonnes de sols liée aux incendies, soit 19% de l’érosion mondiale. L’Afrique concentre 62% de ces pertes, devant l’Asie 12%, l’Amérique du Sud 11% et l’Océanie 10%. L’érosion ne suit pas seulement les feux récents. Seuls 31% des pertes sont dues à des incendies récents. Les 69% restants proviennent de feux plus anciens, montrant que les effets géomorphologiques persistent sur plusieurs décennies. Même vingt ans après un incendie, plus de 50% des surfaces brûlées n’ont pas retrouvé leur état initial. Les sols restent fragiles, plus exposés au ruissellement et aux pluies intenses, ce qui modifie durablement les dynamiques paysagères. Le changement climatique accentue le phénomène. Des pluies plus intenses après les feux pourraient accroître l’érosion post-incendie de 28% d’ici 2070. Les incendies deviennent ainsi un facteur structurant de la dégradation des terres. L’inaction n’est pas viable. La gestion post-incendie devient un enjeu central pour limiter l’érosion, restaurer les sols et renforcer la résilience des territoires face au climat, en lien avec les politiques de neutralité de la dégradation des terres. 

Lien ajouté le 30 janvier 2026

Kari E. Norman et al. (2026). « Exposure of western United States bird communities to predicted high severity fire » [Exposition des communautés d'oiseaux de l'ouest des États-Unis aux incendies de forte intensité prévus]. Nature Communications, vol 17, n° 1775 (2026), https://www.nature.com/articles/s41467-026-68480-7

Le feu est un processus biogéographique omniprésent qui façonne la biodiversité à l'échelle mondiale et qui connaît actuellement des changements sans précédent. Malgré les impacts bien documentés des incendies sur la biodiversité, on ignore où celle-ci est la plus vulnérable à l'évolution des régimes de feux. Les auteurs tirent parti des progrès récents en matière de prévision des incendies et de modélisation de la distribution des espèces pour évaluer l'exposition de la richesse spécifique des oiseaux, de l'unicité des communautés et de la richesse fonctionnelle aux modifications des régimes de feux dans l'ouest des États-Unis. Les résultats indiquent que 55 à 58 % des points chauds de biodiversité sont classés comme « refuges », où une forte biodiversité coïncide avec des zones où l'intensité des feux est faible. À l'inverse, 24 à 30 % de ces points chauds sont classés comme « zones préoccupantes », où une forte biodiversité coïncide avec des zones où l'intensité des feux est élevée. Plus de la moitié (52 à 60 %) de ces « zones préoccupantes » se situent dans des régions historiquement caractérisées par des régimes de feux de faible intensité ; ce décalage entre les régimes de feux et la biodiversité actuelle révèle une menace potentielle pour la biodiversité. Les auteurs constatent que les espèces préférant une végétation dense et possédant un bec peu profond sont les plus susceptibles d'être exposées à des incendies de forte intensité, ce qui indique un risque de perte d'habitat pour ces espèces. Nos résultats renforcent les appels à une gestion ciblée afin de réduire l'impact des futurs incendies là où leur intensité devrait dépasser les variations historiques.

Lien ajouté le 30 mars 2026

Baumann, M., Maillard, O., Gasparri, I. et al. « Fire dynamics in the South American Chaco and their link to agriculture and drought » [Dynamique des feux dans le Chaco sud-américain et son lien avec l'agriculture et la sécheresse]. Nature Sustainability (2026). https://doi.org/10.1038/s41893-026-01793-z

Des chercheurs analysent les incendies dans le Gran Chaco. Leur étude montre comment agriculture et sécheresse interagissent pour expliquer les incendies dans ce vaste territoire sud-américain. Le Gran Chaco, vaste région de 1,1 million de km² entre Argentine, Bolivie et Paraguay, a été profondément transformé. Depuis les années 1980, plus de 35% des forêts ont été converties en agriculture, faisant de cet espace un front pionnier majeur. Les chercheurs montrent que le feu est omniprésent. Environ 65% du Chaco a brûlé au moins une fois depuis 1985, soit plus de 70 millions d’hectares. Les incendies culminent au début des années 2000, avec près de 60.000 km² brûlés en 2004. L’analyse distingue trois types de feux. 70% sont liés au défrichement pour l’agriculture. 28% sont des feux de gestion des pâturages. Les feux naturels restent marginaux, ce qui montre le rôle dominant des activités humaines dans les dynamiques de feu. L’agriculture agit directement sur l’espace. Lorsqu’une forêt est convertie, la probabilité de feu bondit jusqu’à 87%. Sur les pâturages, le feu reste fréquent pour entretenir les terres, tandis qu’il diminue fortement dans les zones cultivées intensivement. La sécheresse amplifie ces dynamiques. Les années sèches voient davantage de feux agricoles, car les acteurs profitent de conditions favorables pour brûler. Mais paradoxalement, les feux naturels diminuent lorsque la sécheresse réduit la biomasse disponible. Les contrastes entre pays confirment ce rôle humain. Argentine et Paraguay suivent des dynamiques liées à leurs modèles agricoles, tandis que la Bolivie, longtemps moins déboisée, connaît une hausse récente des feux avec l’expansion agricole. L’étude montre que le climat n’est pas le moteur principal des incendies. Ce sont surtout les usages du sol qui expliquent leur intensité. Mieux réguler la déforestation et les pratiques agricoles apparaît donc central pour limiter les feux. 

Lien ajouté le 15 avril 2026

« Il ne reste que des squelettes d’arbres » : des incendies de forêt d’une ampleur sans précédent ravagent les régions d’élevage bovin aux États-Unis (The Guardian).

Le chercheur Dirac Twidwell montre que ces feux printaniers dans les Grandes Plaines américaines deviennent plus fréquents et plus destructeurs, sous l’effet combiné du réchauffement, des sécheresses et des pratiques d’élevage.  En 2026, plus de 400.000 hectares ont brûlé dans le Nebraska. Le feu de Morrill à lui seul a parcouru 260.000 ha en quelques jours. Ces prairies, normalement en phase de reverdissement au printemps, se transforment en paysages noircis, fragilisant les équilibres écologiques. Le phénomène repose sur une combinaison climatique précise. Étés orageux favorisant la croissance des herbes, hiver chaud et sec, vents violents. Sans couverture neigeuse, la biomasse sèche devient un combustible idéal, ce qui fait exploser les probabilités d’embrasement. Les impacts sur les territoires sont considérables. Dans une région où le bétail est 4 fois plus nombreux que les habitants, des milliers d’animaux périssent et les pâturages disparaissent. Dans les Sandhills, vaste prairie tempérée, des dizaines de kilomètres sont réduits en cendres. Les chercheurs décrivent une transformation des socio-écosystèmes. La suppression des feux naturels et l’extension des arbustes augmentent la charge combustible. Le changement climatique accentue ces dynamiques, rendant les incendies plus rapides, plus étendus et plus intenses. Pourtant, selon Victoria Donovan, le feu est un processus écologique qui peut régénérer les prairies et limiter l’envahissement ligneux. L’enjeu est d’adapter les pratiques pour coexister avec ces dynamiques dans un climat plus chaud et plus instable.

Lien ajouté le 6 mai 2026

« Vers des géographies socio-juridiques du feu » (The Guardian).

Sloan Morgan, Onyx. 2026. « Toward Socio-Legal Geographies of Fire » [Vers des géographies socio-juridiques du feu], Geography Compass, https://doi.org/10.1111/gec3.70079.

Onyx Sloan Morgan, géographe à l’Université de Colombie-Britannique Okanagan, propose une géographie socio-juridique du feu. Son article montre que l’incendie n’est jamais seulement un aléa, car il expose les liens entre propriété, droit, pouvoir et injustice. La géographie du feu reste souvent centrée sur l’écologie des incendies ou l’interface forêt-ville. Morgan critique ce cadrage, car il traite les terres dites sauvages comme des espaces vides et fait de la propriété bâtie la mesure dominante du risque et de la valeur. Le feu devient politique dès qu’il rencontre le droit. Les règles qui autorisent, interdisent, assurent ou indemnisent un incendie ne protègent pas tout le monde de la même manière, et peuvent criminaliser des pratiques autochtones anciennes d’entretien des milieux. Dans plusieurs contextes coloniaux, les feux autochtones d’entretien des milieux ont été interdits, tandis que l’incendie a pu servir à effacer des villages, ouvrir des terres à la spéculation, créer des parcs ou imposer la propriété privée comme usage légitime du sol. L’Anthropocène ne se comprend pas seulement par le climat, mais aussi par la combustion. Charbon, mines, villes industrielles et empires relient le feu à des territoires précis, où certains corps, sols et droits ont été plus exposés que d’autres au danger. Après les incendies, les inégalités se recomposent par les assurances, les zonages, les permis et les rachats fonciers. De la Colombie-Britannique à Hawaï ou à la Grèce, la catastrophe peut accélérer une gentrification climatique et déplacer les habitants les plus fragiles. Morgan invite à lire les archives, les codes incendie, les cartes de risque et les contrats d’assurance comme des documents géographiques. Ils montrent comment le feu produit des frontières, attribue des responsabilités, crée des pertes, puis parfois des profits. Le feu n’est donc pas un simple phénomène naturel. Il brûle dans des rapports de propriété, de mémoire et d’autorité. Une géographie socio-juridique aide à voir ce que l’urgence masque souvent, des injustices anciennes déjà installées avant même les flammes. 

Liens ajoutés le 25 mai 2026

« Nous devons cesser d'utiliser Facebook et X pour avertir les gens des catastrophes » (Faine Greenwood). « Aux États-Unis, il faut réclamer une législation locale obligeant les autorités à utiliser plusieurs canaux de communication en cas de catastrophe ou de crise... Ne comptez pas sur Mark Zuckerberg ou Elon Musk pour vous garder en vie ».

Exemple pour développer des réseaux d'alerte indépendants aux États-Unis : Watch Duty, une appli d'alerte en temps réel pour les feux de forêt. Suivi des infos sur les incendies de forêt aux États-Unis à partir de l'application en ligne. Watch Duty est une organisation à but non lucratif, apolitique et non gouvernementale qui diffuse en temps réel des informations de sécurité publique provenant de sources vérifiées. Le service repose sur une équipe de professionnels – pompiers actifs et retraités, répartiteurs et secouristes (et non des volontaires) – qui surveillent assidûment les fréquences radio et collaborent 24 h/24 et 7 j/7 pour fournir des informations vitales en temps réel. "Notre mission est de publier uniquement les faits permettant une compréhension fiable de la situation en cas d'urgence, sans commentaires ni prédictions. Nous privilégions l'intégrité et l'exactitude à la rapidité ou au sensationnalisme afin de bâtir et de maintenir la confiance non seulement de notre communauté, mais aussi des services d'urgence. C'est pourquoi nous respectons un code de déontologie strict pour tous nos reportages."


Lien ajouté le 31 août 2026

« Le coût des incendies en France évalué à près de 500 millions d’euros »  (Reporterre).

À titre de comparaison, en 2022, pourtant marqué par les gigantesques feux de Landiras et de La Teste-de-Buch, les assureurs avaient déboursé « seulement » 80 millions d’euros. Cette facture, encore provisoire, ne raconte toutefois qu’une fraction du désastre.

Lien ajouté le 15 septembre 2026

« Rendre les forêts des Landes moins vulnérables aux incendies : comment faire ? »  (The Conversation). Diversifier les espèces, la structure et l’âge des peuplements pourraient notamment rendre les forêts plus résilientes aux flammes, mais également aux pathogènes.

Jean-Christophe Domec (Inrae), Christopher Carcaillet (EPHE) et Richard Michalet (Université de Bordeaux) étudient les incendies dans les Landes. Leurs recherches montrent que diversifier le paysage forestier peut freiner les feux et renforcer sa résilience. Avec près de 800.000 ha, les Landes de Gascogne forment la plus grande forêt de plantation d’Europe. Dominé par le pin maritime, ce massif privé est très homogène. Ce modèle productif, développé depuis le XIXe siècle, accroît aujourd’hui la continuité des combustibles et donc le risque. Le feu n’est pas nouveau dans les Landes. Des charbons attestent sa présence depuis au moins 10.000 ans. Mais le réchauffement d’origine humaine renforce sécheresses et incendies intenses. Les mégafeux peuvent alors dépasser la capacité naturelle des écosystèmes à se régénérer. La structure du paysage explique une part du danger. Une jeune plantation compte souvent 1.100 à 1.400 pins/ha, puis environ 300 avant la coupe finale. Arbres du même âge, aiguilles sèches, sous-bois et bois mort forment un combustible continu qui accélère la propagation des flammes. Le point décisif est la continuité du combustible. Le sous-bois peut conduire le feu du sol jusqu’aux cimes, où il devient plus rapide et plus intense. À l’inverse, des peuplements mêlant espèces, âges et hauteurs créent des discontinuités et des mosaïques capables de ralentir l’incendie. Les chercheurs proposent de mêler davantage feuillus et pins. Chêne tauzin dans les secteurs secs, bouleau verruqueux dans les zones humides. Limiter les coupes rases et conserver un couvert plus continu maintient aussi un microclimat et des sols plus humides, donc moins vulnérables. La prévention passe aussi par l’aménagement. Des zones d’appui d’environ 300 mètres autour des infrastructures DFCI pourraient réduire l’intensité des feux. Éclaircies, retrait des combustibles fins et maintien de feuillus moins inflammables offriraient de meilleures conditions aux pompiers. L’écoforesterie ne supprimera pas les incendies. Plus de 97% des départs de feu en France et en Europe sont d’origine humaine. Mais diversifier les Landes peut réduire leur sévérité, protéger la biodiversité, limiter des ravageurs et rendre la forêt plus résiliente. 

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La répartition géographique des prénoms en France (INSEE)


Chaque année, l'INSEE publie le Top10 des prénoms les plus donnés en France. Il est possible de faire des comparaisons dans le temps et dans l'espace du fait que les données remontent à 1900 et qu'elles sont livrées à différentes échelles (nationale, régionale et départementale).

Prénoms attribués aux enfants nés en France depuis 1900

Le fichier des prénoms fournit des données sur les prénoms attribués aux enfants nés en France depuis 1900 aux niveaux national, régional et départemental. Pour le millésime disponible le plus récent, le classement des 10 prénoms masculins et féminins les plus donnés en France ainsi que des cartes présentant les prénoms masculins et féminins les plus donnés dans chaque région sont également proposés.


Évolution de la méthode de diffusion

A partir de 2025, la méthode de diffusion des prénoms évolue afin de fournir davantage d'informations tout en respectant le secret statistique. En complément des produits habituels, de nouvelles données régionales ainsi qu'une liste des prénoms par sexe donnés au moins 3 fois depuis 1900 sont désormais proposées. La méthode de secrétisation est également modifiée, les effectifs étant notamment arrondis au multiple de 5 le plus proche (voir la documentation). Les effectifs arrondis nuls ne sont pas diffusés. Les prénoms ayant les mêmes effectifs arrondis sont classés suivant l'ordre alphabétique.

Fichiers des prénoms à télécharger

Les données disponibles sont regroupées sur cette page. Dans le détail, il est possible de les télécharger à différentes échelles :

  • un fichier de données nationales qui contient les prénoms attribués aux enfants nés en France entre 1900 et 2024 (les données avant 2012 ne concernent que France hors Mayotte) et les effectifs par sexe associés à chaque prénom, arrondis au multiple de 5 le plus proche (environ 711 000 lignes).
  • un fichier de données régionales qui contient les mêmes informations au niveau régional (environ 1,9 million de lignes).
  • un fichier de données départementales qui contient les mêmes informations au niveau départemental, sauf pour la Corse où les départements 2A (Corse-du-Sud) et 2B (Haute-Corse) sont regroupés sous le code DPT=20 (environ 3,9 millions de lignes).
  • des fichiers par département qui contiennent les informations pour chaque département de naissance depuis l'année 2000 uniquement.
Un fichier avec l'ensemble des données est disponible au format PARQUET.

La base de données permet de faire des animations. Voici par exemple le Top10 des prénoms masculins sur une génération (2000-2024) à partir des données nationales :


L'outil graphique en ligne de l'INSEE permet de retrouver le classement des prénoms en France depuis 1900 et d'observer des phénomènes de générations, avec des prénoms anciens qui disparaissent et d'autres qui reviennent à la mode :


Il est possible d'utiliser Gallicagram pour effectuer différents types de visualisation. Choisir dans le champ Corpus "Prénoms INSEE 1900-2023", puis saisir des prénoms au choix, générer le type de graphique que l'on souhaite. Les données sont téléchargeables en csv. 

Le même type d'analyse peut être conduite à partir des noms de famille. D'où viennent les gens qui portent votre nom de famille ? Et quels sont les noms les plus portés en France et dans votre département ? L'Insee tient à jour le Fichier des noms (données à télécharger), d'après les informations de l'état civil concernant les naissances. Découvrez la popularité de votre nom de famille, et ses territoires de prédilection, grâce aux données publiées pour la période 1891-2000. A découvrir sur le site du Journal de Saône et Loire.

Liens ajoutés le 16 juillet 2025


« Le Top20 des prénoms se renouvelle-t-il plus vite maintenant qu'avant ? Sur le 20 premiers prénoms de 2024, 10 étaient déjà présents 11 ans avant ». Par Baptiste Coulmont.



Yovel Dutel a proposé une cartographie détaillée des prénoms les plus donnés de 1900 à 2018 par départements et par régions (Tableau public). De manière générale, les prénoms garçons sont un peu plus diversifiés que pour les filles. Il y a 72 prénoms différents au total pour les garçons, contre 65 pour les filles. A découvrir sous forme de carte animée (Reddit). 

Lien ajouté le 7 janvier 2026

« L’Indice de Diversité Patronymique :  enjeux, principes et applications » (ONDES).

Début d’année 2024, l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) publie son dernier rapport, intitulé « l’Indice de Diversité Patronymique : enjeux, principes et applications ». Ce document de réflexion statistique propose une méthode simple pour calculer un Indice de Diversité Patronymique (IDP), qui permet d’objectiver la diversité d’origine à l’échelle d’un groupement donné d’individus dans le strict respect du cadre juridique français. Un avantage de la méthode patronymique réside dans le fait de travailler sur des données déjà collectées pour d’autres finalités. Les noms de famille, comme les prénoms, le sexe ou l’âge, figurent dans la plupart des fichiers de gestion et des sources administratives. Par conséquent, le chercheur n’a pas à les collecter. D’où le faible coût de cette approche comparée à celui des grandes enquêtes par questionnaire. La méthode n’utilise que les noms de famille et échappe aux limites des méthodes utilisant les prénoms, caractérisées par une grande instabilité des règles de transmission entre les générations et/ou les groupes d’origine, qui peuvent par ailleurs être influencés par les trajectoires sociales et individuelles d’intégration. En France, Coulmont et Simon (2019) mettent en évidence un mouvement de convergence entre population majoritaire et descendants d’immigrés en matière de choix des prénoms.  

Liens ajoutés le 18 janvier 2026r

« Les prénoms les plus donnés aux États-Unis depuis 100 ans » (Social Security Administration).

Le tableau présente les 100 prénoms les plus populaires pour les garçons et les filles nés au cours des 100 dernières années (1925-2024). Pour chaque rang et chaque sexe, le tableau indique le prénom et sa fréquence d'apparition. Ces prénoms, qui ont traversé les âges, ont été sélectionnés parmi 179 421 535 naissances de garçons et 173 631 916 naissances de filles. A noter : les prénoms les plus populaires ne le sont pas forcément d' une année sur l'autre. Par exemple, James, qui a été le prénom masculin le plus populaire au cours des 100 dernières années, a figuré jusqu'à la 19e place. De même, Mary, le prénom féminin le plus populaire du tableau, a atteint la 134e place.

« Quel est le deuxième prénom le plus donné aux États-Unis ? » (erdavis.com)

Bien que l'administration américaine de la sécurité sociale publie chaque année des données sur les prénoms des bébés, celles-ci restent assez sommaires. Elles ne contiennent que l'année de naissance, le sexe, le prénom et le nombre de bébés. Aucune information n'est fournie sur l'origine ethnique, ni sur le deuxième prénom ou le nom de famille. Pour obtenir un ensemble de données gigantesque sur les deuxièmes prénoms de vrais Américains, Erin Davis s'est tournée vers les listes électorales. Ann est de loin le deuxième prénom le plus féquent. Mary arrive en deuxième place. Le plus étonnant est le grand  nombre de diminutifs dérivés d'autres prénoms, comme Tammy pour Tamara.

Lien ajouté le 17 septembre 2026

Amandine Rodrigues (2026). « 80 ans de prénoms : de plus en plus de diversité  », Insee Première, n°2127, 16 septembre 2026, https://www.insee.fr/fr/statistiques/9040114

Si Gabriel et Louise sont les prénoms les plus donnés en 2025, le paysage des prénoms donnés aux bébés nés en France s’est profondément transformé en 80 ans. De 8 007 prénoms différents donnés aux enfants nés en 1946 à 65 940 pour ceux nés en 2025, les choix des parents se sont largement diversifiés, à la faveur notamment de l’assouplissement de la réglementation. Avec cet éventail de prénoms beaucoup plus large aujourd’hui, de moins en moins de bébés portent un même prénom : les 5 prénoms les plus donnés en 2025 représentent 6 % des naissances de garçons et 4 % des naissances de filles, contre 33 % et 21 % en 1946. Même des prénoms intemporels comme Marie et Jean, profondément ancrés dans le patrimoine des prénoms, sont beaucoup moins choisis. Véritables marqueurs générationnels, les prénoms ont un cycle de popularité de plus en plus court. Ils émergent, se diffusent rapidement, atteignent un pic de popularité, puis leur usage décline. Certains prénoms comme Louise ou Louis reviennent à la mode après des décennies d’éclipse. Les prénoms uniques se multiplient, reflétant la quête d’originalité par les parents.

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