Source : Valentin Ledroit, « Le salaire des enseignants dans l'Union européenne, de l'école primaire au lycée », 1er septembre 2026 (Toute l'Europe).
Dans l’Union européenne, les salaires des enseignants diffèrent fortement selon les pays. Entre le Luxembourg, où ils figurent parmi les plus élevés, et la Bulgarie, où ils restent modestes, l’écart est considérable. Où se situe la France dans ce panorama ? En France, 11,6 millions d'élèves reprennent le chemin de l'école à la rentrée 2026. C'est également le cas pour les quelque 851 000 enseignants de l'Hexagone. À quelques mois de l'élection présidentielle, de nombreux candidats ont proposé d'augmenter les salaires des professeurs, notamment pour combler l'écart avec leurs voisins européens. D'un État membre à l'autre, les conditions salariales des enseignants sont en effet très différentes.
Salaire statutaire annuel brut d'un enseignant (en euros) pour l'année scolaire 2024/2025, au niveau lycée
Source :
Eurydice. Le comparatif utilise la Classification internationale type de l'éducation, et plus particulièrement les niveaux suivants : ISCED 1 (primaire), ISCED 2 (collège) et ISCED 3 (lycée). Pour les pays membres n'utilisant pas l'euro (Danemark, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Suède), les conversions ont été effectuées avec le taux donné par la BCE le 31 août 2026.
Des disparités fortes en début de carrière
Selon les chiffres publiés par la Commission européenne pour l’année scolaire 2024/2025 (dernières données Eurydice disponibles), un enseignant bulgare en école primaire gagne environ quatre fois moins que son collègue allemand en début de carrière.
En France (12e du classement européen), les enseignants du primaire gagnent, en début de carrière, 32 264 euros bruts par an, ce qui les place entre Chypre (26 553 €) et l'Espagne (35 030 €). Le niveau de rémunération est identique, de l'école primaire au lycée, dans une majorité d'États membres (14 au total). Le site Eurydice de l'UE permet de faire des comparaisons en fonction de l'évolution dans la carrière.
Des évolutions disparates
Les évolutions salariales au cours de la carrière ne sont pas non plus les mêmes selon les pays. C'est à Chypre que l'augmentation de salaire est la plus conséquente, avec une hausse de 143 % dans l'enseignement primaire. En France, un enseignant du primaire verra sa rémunération annuelle augmenter de 61 % après 34 ans de carrière en moyenne. Mais cette évolution est loin d'être régulière. Après 10 ans d'ancienneté, l'augmentation n'est que de 10 %, puis de 13 % après 15 ans. Les niveaux de rémunération affichés ne tiennent pas compte du temps de travail effectif dans chaque État membre. Ces chiffres correspondent toutefois au temps d'enseignement réglementaire, et non au temps de travail total des enseignants, qui comprend également la préparation des cours, la correction des copies, les réunions ou encore les échanges avec les familles. En France, une
étude de la DEPP (le service statistique public de l'éducation) publiée en 2025 estime ainsi que les enseignants du second degré à temps plein ont travaillé en moyenne 1 632 heures sur l'ensemble de l'année scolaire 2022-2023.
Une corrélation avec le PIB par habitant
Le niveau de salaire des enseignants est le plus souvent corrélé au niveau de PIB par habitant : plus ce dernier est élevé, plus le salaire moyen des enseignants tend à l'être également. Toutefois, même en ajustant ces salaires en fonction de la richesse par habitant, le classement évolue peu.
Pour compléter
« Bac +3, master ou simple baccalauréat… quel est le niveau de qualification requis chez nos voisins européens ? » (
Toute l'Europe).
Si 12 pays de l'UE demandent un niveau licence pour enseigner à l'école primaire, comme l'Autriche, la Belgique ou encore le Danemark, 14 autres pays de l'UE exigent un niveau master. C'est notamment le cas de l'Allemagne, de l'Italie et de la Suède. Pour pallier les difficultés de recrutement des professeurs en France, les concours d'enseignants sont désormais accessibles aux étudiants de licence 3.
« Crise d’attractivité : le rapport qui appelle à revaloriser le métier enseignant » (
Café pédagogique).
La question salariale est au centre de la rentrée, et cela continue avec le rapport de France stratégie publié lundi 31 août. Dans son
rapport sur le niveau scolaire, le Haut-commissariat à la stratégie et au plan décrit un métier sous tension, marqué par la baisse du nombre de candidats, la charge de travail, un sentiment de faible reconnaissance et une formation jugée insuffisante. « En France, le métier d’enseignant fait partie des métiers où le niveau de tension psychologique est le plus élevé. » : le rapport propose de profiter de la baisse démographique pour agir sur les rémunérations, la formation et les conditions d’exercice.
Articles connexes
Une typologie des communes pour décrire le système éducatif (DEPP-MEN)Étudier les inégalités entre établissements scolaires à partir de l'Indice de position sociale (IPS)Etudier les établissements scolaires en lien avec la politique de la ville : intérêt et limitesLes territoires de l’éducation : des approches nouvelles, des enjeux renouvelés