Démographie scolaire. Projections d’effectifs d’élèves dans les 1er et 2nd degrés à horizon 2035 (DEPP)


Source : André, P., Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026). Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035, Note d'Information, n° 26-09, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-26-09

Les projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 s’inscrivent dans un contexte démographique marqué par une baisse des naissances amorcée depuis 2010 et qui s’est accentuée ces dernières années. Cette évolution entraîne une diminution progressive de la taille des générations entrant dans le système éducatif, qui se traduit d’abord dans le premier degré avant de se répercuter dans le second degré. Au total, la baisse des effectifs s’établirait à 1,7 million d’élèves en dix ans, avec des évolutions contrastées selon les académies et les départements.

Les projections d’effectifs d’élèves reposent sur des hypothèses démographiques liées à l’évolution de la fécondité. Trois scénarios (bas, intermédiaire et haut) encadrent les évolutions possibles. Le scénario intermédiaire retenu ici poursuit la tendance à la baisse mais à un rythme plus modéré jusqu’à se stabiliser en 2030 à 1,5 enfant par femme. Ces projections, établies à partir d’hypothèses nationales, sont déclinées au niveau départemental en tenant compte des dynamiques locales.

En élémentaire, les effectifs diminueraient de 68 500 élèves (- 1,8 %), avec des baisses particulièrement marquées en CP, CM1 et CM2. Ces évolutions dans le premier degré résultent principalement de la diminution des naissances observée depuis le début des années 2020. Dans le second degré, les effectifs s’établiraient à 5,58 millions d’élèves à la rentrée 2026, soit 36 200 élèves de moins qu’en 2025 (- 0,6 %). La baisse concernerait principalement les collèges qui perdraient 37 400 élèves, en raison de l’entrée d’une génération moins nombreuse que celle quittant le collège. La diminution serait particulièrement marquée en classe de sixième (- 20 800 élèves). Dans les dispositifs d’inclusion scolaire, les effectifs continueraient d’augmenter (+ 2,2 %) alors qu’ils seraient stables en Segpa. Au lycée, les effectifs des formations générales et technologiques enregistreraient une légère diminution en 2026 (- 4 700 élèves, soit - 0,3 %) et s’établiraient à 1,59 million d’élèves, tandis que les formations professionnelles poursuivraient leur progression à court terme mais à un rythme moindre (+ 5 800 élèves, soit + 0,9 %). Cette hausse s’explique notamment par la politique de soutien à la voie professionnelle et par la diminution progressive des sorties en cours de formation

Un Document de travail publié par la DEPP en avril 2026 complète cette analyse :
Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026) Projections d'effectifs d'élèves dans les premier et second degrés à horizon 2035, Document de travail - série études, n° 2026-E08, DEPP.

Pour aller plus loin

« Quand la baisse des effectifs scolaires transforme la vie locale : fermetures, regroupements et inégalités entre territoires » (Parlons politique). 
Les projections ministérielles prévoient 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035, avec le premier degré le plus affecté. Ce recul impose des choix locaux : fermetures d’écoles, regroupements ou réorganisation du maillage scolaire selon les territoires. Quand une classe perd des élèves, la promesse est simple : plus d’espace, plus de temps, plus d’attention. Mais dans la vraie vie, la baisse des effectifs peut aussi entraîner des fermetures de classes, des regroupements et des trajets plus longs pour les familles. C’est tout l’équilibre local qui bouge, pas seulement un tableau de statistiques...

« Baisse démographique : les effectifs scolaires du public reculent plus vite que ceux du privé » (Banque des territoires)
Une note de l'Institut des politiques publiques montre que la chute de la natalité entraîne une baisse des effectifs scolaires plus importante dans le secteur public que dans le privé. Ce déséquilibre se traduit par une hausse mécanique du poids du secteur privé et contribuerait, par conséquent, à renforcer la ségrégation sociale à l'école. 
Pauline Charousset,  Julien Grenet (2026) « Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ? » Note IPP, n°124, mars 2026.

« Plus de 17 000 écoles ont été fermées en France depuis 40 ans » (France-Info). 
Avec un nombre d’écoles publiques qui passe de 60 059 en 1985 à 42 443 en 2025, la France a connu la fermeture de 17 616 établissements en 40 ans. Franceinfo détaille la localisation de ces fermetures, principalement en zone rurale. Avec un moteur de recherche, il est possible de connaître le pourcentage de diminution d’écoles par département et les fermetures par commune. Par exemple, à Morlaix dans le Finistère, « depuis 1985, 12 écoles ont fermé dans la commune (-66,7%). Dans le département, le nombre d’écoles publiques du premier degré a diminué de 38,8% depuis 1985 ». (voir les données sur les écoles fermées sur Data.education.fr)

« La compétence scolaire des collectivités territoriales face aux évolutions démographiques et aux défis d'aménagement du territoire » (Rapport du Sénat, 4 décembre 2025).
Au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, l’élaboration de la carte scolaire reste trop souvent vécue comme un « couperet » s’imposant, sans véritable concertation, aux enseignants, aux parents d’élèves et aux élus locaux. Dans les territoires déjà fragilisés, cette situation est particulièrement critique, la disparition d’une classe ou d’une école pouvant menacer la vitalité même de la commune. Les rapporteurs proposent ici des pistes pour une carte scolaire mieux concertée et plus équitable reposant, d’une part, sur une méthode offrant davantage de prévisibilité, et s’appuyant, d’autre part, sur des critères qualitatifs tenant mieux compte des spécificités territoriales. 

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