Géographie mondiale du risque d’invasion végétale


Source : Omer, A., Dullinger, S., Wessely, J. et al. « The global geography of plant invasion risk under future climate and land-use changes » [La géographie mondiale du risque d'invasion végétale face aux changements climatiques et d'utilisation des terres futurs]. Nature, Ecology & Evolution (2026). https://doi.org/10.1038/s41559-026-03040-2 (article en accès libre).

Des chercheurs analysent la géographie mondiale du risque d’invasion végétale. Leur étude montre comment le climat et les usages du sol redessinent la diffusion des plantes exotiques à l’échelle planétaire. Les échanges mondialisés déplacent massivement les espèces. Plus de 16.000 plantes se sont déjà installées hors de leur région d’origine. Cette diffusion transforme les paysages et tend à uniformiser la biodiversité, en remplaçant des flores locales par des espèces communes. Les chercheurs modélisent 9.701 espèces à l’échelle du globe. Aujourd’hui, 33,9% des terres sont favorables à ces plantes. Les régions les plus exposées se situent surtout dans les zones tempérées, comme l’Europe ou l’Amérique du Nord, où les activités humaines sont intenses. L’intensité des activités humaines joue un rôle central. Les transports, l’urbanisation et les échanges facilitent l’arrivée et l’installation des espèces. Ces espaces perturbés offrent des conditions favorables, alors que les milieux plus préservés résistent davantage aux invasions. D’ici 2100, les surfaces à risque augmentent légèrement, jusqu’à environ 37% des terres. Mais l’essentiel n’est pas l’extension globale. Le changement majeur réside dans le déplacement des zones à risque, révélant une recomposition spatiale profonde des équilibres écologiques. Le réchauffement climatique déplace les invasions vers les hautes latitudes. Les régions froides, aujourd’hui peu concernées, deviennent plus vulnérables. À l’inverse, certaines zones chaudes et sèches pourraient perdre en attractivité pour ces espèces exotiques. Les transformations ne concernent pas seulement le nombre d’espèces. La composition de la flore change fortement selon les régions. Certaines zones pourraient voir disparaître leurs espèces actuelles et être remplacées par de nouvelles, modifiant profondément les écosystèmes locaux. Les invasions végétales sont à la fois un phénomène écologique et spatial. Elles résultent du croisement entre climat et mondialisation. Anticiper ces déplacements devient essentiel pour protéger la biodiversité et adapter les politiques territoriales. 

Modèles de prédiction de la richesse en espèces végétales exotiques naturalisées sur des cellules de grille de 10 × 10 km
(source : Omer et al., 2026)



Cette étude modélise la distribution de la flore exotique naturalisée à l'échelle mondiale à partir de données publiques. Les résultats des modèles par espèce, utilisés pour produire les figures, sont accessibles à l'adresse suivante : https://bioinvasion-glodi.univie.ac.at/. Le site GloNAF permet de produire des cartes monospéficiques et de télécharger les données au format tiff pour chaque espèce invasive.


Exemple : la vigne marrone (Rubus alceifolius), une espèce de la famille des Rosacées originaire du Sud-est de l'Asie et qui prolifère notamment à la Réunion et à Maurice


Base de données GloNAF sur Zenodo :
Davis, AJS, Dawson, W., Essl, F., Kreft, H., Pergl, J., Pyšek, P. et al. (2025). Flore exotique naturalisée mondiale (GloNAF). Données en libre accès pour soutenir la recherche sur la compréhension des invasions végétales à l'échelle mondiale. https://doi.org/10.5281/zenodo.14696776

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