La carte, objet éminemment politique : la Société des Nations en 1927


Les Archives des Nations Unies à Genève possèdent une importante collection de cartes du monde qui portent principalement sur l'Entre-deux-guerres et la Deuxième Guerre mondiale. On y trouve des cartes de la SDN, des cartes des empires coloniaux, des cartes des grandes voies de communication terrestres et maritimes ainsi qu'un important matériel cartographique issu de différents pays.

Au sein de cette collection figure une très belle carte concernant La Société des Nations en 1927. La SDN, créée en 1919 en réponse au traumatisme de la Première Guerre mondiale, a été la première organisation internationale dédiée à la préservation de la paix. Sa charte engageait ses membres à la réduction des armements, à la sécurité collective et à un ensemble de procédures pour le règlement pacifique des différends à l'échelle internationale. Bien qu'elle se soit révélée incapable d'empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la Société des Nations a joué un rôle important et précurseur en matière d'éducation à la paix. Cette carte participe de cet idéal pacifiste et irénique propre à l'entre-deux-guerres.

Carte de la Société des Nations en 1927 par Laura H. Martin
(crédit : Archives des Nations Unies, licence CC BY-NC-ND 3.0 IGO)


La carte de la SDN en 1927 a été réalisée à partir d'une projection homolosine de Goode qui coupe les océans mais permet de représenter les pays à parts égales. La projection venait d'être inventée en 1923 par John Paul Goode, professeur de géographie à l'université de Chicago, afin de fournir une alternative à la projection de Mercator jugée trop déformante. La carte a été imprimée par les Presses universitaires de Chicago, alors que les Etats-Unis ne faisaient pas partie de la SDN. Sa conceptrice, la cartographe Laura H. Martin (1884-1956), était notamment spécialisée dans les questions juridiques liées à la souveraineté en Antarctique, à une époque où l'Europe, les États-Unis et le Japon commençaient à convoiter ce continent. Elle était mariée au lieutenant-colonel Lawrence Martin (1880-1955), chef du Département de géographie et cartographie de la Bibliothèque du Congrès et président de l'Association américaine des géographes.

La carte de Laura H. Martin se présente comme une grande carte murale montrant l'importance de la Société des Nations en 1927. Bien que tout de rouge colorée pour montrer l'apparente unité des nations, on y distingue cinq catégories de pays en fonction du dégradé de couleurs et de la trame ajoutée discrètement par dessus : les nations membres de la SDN, les territoires sous mandat (anciennes colonies allemandes et anciennes provinces de l'empire ottoman), les nations non membres, celles non membres mais coopérant officieusement, ainsi que celles qui ont signé mais n'ont pas ratifié le traité fondant la SDN (notamment les Etats-Unis). La carte est complétée par trois tableaux statistiques qui occupent une place importante venant combler le vide laissé par les océans. Ces grands tableaux regroupent les états membres, les non membres et les territoires sous mandats, dans le but de comparer leur poids démographique respectif. Des cercles proportionnels permettent de comparer leur population directement sur la carte. Au bas, un graphique montre que, nonobstant l'absence de grands Etats comme les Etats-Unis ou la Russie, le poids démographique des nations membres de la SDN (55 pays en 1927, soit plus d'1,4 milliards d'habitants) l'emporte sur les nations non membres (340 millions d'habitants).



Détail intéressant : la grande carte murale de la SDN de 1927 (64 x 89 cm) a été précédée d'une carte en plus petit format La  Société des Nations en 1925. La carte est ainsi présentée dans l'International Journal of Ethics (vol. 35, n° 4, juillet 1925). : « une nouvelle carte en couleurs qui rendra bien des services à tous ceux qui s'intéressent à l'actualité… Cette carte est dessinée selon la projection homolosine ou à surface égale du Dr J. Paul Goode. Elle mesure 20 ½ pouces x 10 ½ pouces, elle est adaptée à une utilisation au bureau… Un format plus grand pour les conférences (8 x 4 pieds, à vendre à environ 3 $ l'exemplaire) est envisagé pour une publication ultérieure ».

Pour comprendre le pacifisme qui anime cette carte de la SDN, on peut la comparer à une autre carte du monde "rouge sang" montrant tous les pays touchés par la Grande Guerre en 1914. Simple ressemblance ou réminiscence cartographique entre les deux cartes ? Bien que différente par leur projection, les deux cartes restent centrées sur l'Europe qui reste la référence (cf siège de la SDN implanté à Genève).

The Blood-Red World. Map Showing Territory of the Earth Directly Affected by the Great War 
(crédit : Wikimedia, carte dans le domaine public)



La belle unité affichée par la carte de la Société des Nations en 1927 reste assez fictive quand on la compare à la réalité. La carte rassemeble des territoires aux statut très différents, notamment les possessions coloniales de l'Europe, ce qui augmente d'autant la superficie des membres de la SDN (58 pays à son apogée). Une particularité est cependant à souligner : certaines colonies de l'Empire britannique avaient un siège à la SDN. Dans sa thèse de doctorat en histoire internationale, Thomas Gidney a étudié l'adhésion de trois États coloniaux britanniques à la Société des Nations : l'Inde en 1919, l'Irlande en 1923 et l'Égypte en 1937. Il retrace ainsi l'évolution de la représentation coloniale depuis ses débuts lors de la création de la SDN juqu'au déclin de son autorité dans la seconde moitié des années 1930. Bien que l’admission des colonies dans les organisations internationales n’ait été pratiquée que par l’Empire britannique, l’inclusion des régimes coloniaux  dans les organisations internationales révèle de nouvelles pratiques de politique impériale visant à légitimer l’empire face à la résistance nationaliste croissante à la domination coloniale. 

La SDN a connu des changements fréquents dans sa composition avec des pays qui ont pu entrer, sortir ou rester complètement en dehors de l'organisation. Alors que le président Woodrow Wilson avait largement promu sa création, les États-Unis n'en ont jamais fait partie du fait que le Sénat refusa d'en ratifier le traité. L'Égypte fut le dernier pays membre en 1937. L'Union soviétique fut exclue de la SDN le 14 décembre 1939, cinq ans après son adhésion le 18 septembre 1934. Il faudra attendre la création de l'ONU en 1945 pour que les Nations Unies ne soit plus "un club limité à certains" (Moreau Defarges, 2004). La carte de reconstitution historique ci-dessous permet d'appréhender ces fragilités internes qui contrastent avec la belle unité affichée par le document source.

Carte du monde montrant les adhésions à la Société des Nations de 1920 à 1945 (source : Wikipédia)



Au sein des Archives des Nations Unies à Genève, on trouve d'autres cartes représentant la Société des Nations, mais celles-ci sont en général plus classiques avec des découpages coloniaux ou des drapeaux représentant chaque pays. On n'y retrouve pas le pacifisme et l'universalisme qui animent la carte de Laura H. Martin. Il faut aller chercher dans l'oeuvre cartographique d'Otto Neurath pour retrouver ce même type d'inspiration. Celui-ci représente la Société des Nations en 1930 sous la forme d'isotype montrant l'importance numérique de la SDN par rapport à la population mondiale. On peut admirer le minimalisme et en même temps le modernisme de  ce type de représentation schématique (1 pictogramme pour 100 millions d'êtres humains)

Der Völkerbund - Völkerbundstaaten übrige Staaten - Otto Neurath, 1930 (crédit : David Rumsey Map Collection)


La sobriété et la modernité des isotypes utilisés par Otto Neurath contrastent avec la carte surchargée de détails publiée par l'éditeur Philip en 1929 "sous les auspices de la SDN". Une carte jugée incohérente et sémiologiquement incorrecte déjà à l'époque comme le montre cette critique publiée dans la revue Geographische Zeitschrift.

Extrait de la carte du monde publiée "sous les auspices de la SDN" par George Philip & Son en 1929
(crédit : Archives des Nations Unies, licence CC BY-NC-ND 3.0 IGO)


En complément

Pour comparer avec d'autres cartes du monde issues des Archives des Nations Unies à Genève :
Accès à l'ensemble de la collection des cartes de la Société des Nations (15 000 cartes) sur le site des Archives des Nations Unies.

La collection de cartes numériques de la bibliothèque de l'American Geographical Society (Université du Wisconsin) contient plus de 19 000 cartes, allant des premières cartes de l'Asie aux cartes historiques du Wisconsin et de Milwaukee, ainsi que d'autres villes, États et parcs nationaux américains. 

« Le mensonge genevois d’Hitler » (Le Temps). Un document inédit trouvé en 2012 dans les archives de la Société des Nations révèle comment le chancelier allemand avait trompé le président de la Conférence du désarmement de Genève sur sa vraie intention: réarmer massivement l’Allemagne

Lien ajouté le 16 septembre 2024

Cette série de caricatures parues dans des journaux américains montre les conditions dans lesquelles l'URSS a été admise à entrer dans la SDN en 1934 et comment elle en a été expulsée en 1939 suite à l'invasion de la Finlande.
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Une story map pour découvrir le voyage d'Albert Kahn en Amérique du Sud (1909)


Le musée départemental Albert Kahn organise une exposition « Rio-Buenos Aires 1909, Modernités sud-américaines »  (27 juin-19 novembre 2023). Des avenues de Buenos Aires au quartier balnéaire de Rio de Janeiro, l’exposition retrace le voyage d’affaires entrepris par Albert Kahn en Argentine et au Brésil d’août à octobre 1909 et entraîne le visiteur dans un périple sensible, celui du passage à la couleur, avec les premières autochromes répertoriées du Brésil. Véritable archive visuelle, le fonds du voyage en Amérique du Sud est le témoin d’une modernisation urbaine en devenir.

Parcours de visite muséale

Le fonds du voyage en Amérique du Sud, longtemps peu connu, est constitué de 600 photographies stéréoscopiques monochromes, 61 plaques autochromes et 3 minutes de film. Le parcours de visite suit la chronologie du voyage et débute à bord du paquebot König Friedrich August. Après cette introduction maritime, les visiteurs découvriront, dans une déambulation visuelle et sonore, d’étonnants portraits de villes d’Amérique du Sud à rebours des clichés exotiques, ainsi que les premières autochromes de la baie de Rio, qui marquent l'apparition de la couleur. Enfin, l'exposition dévoile le travail d'enquête mené par lemusée autour de ce fonds inédit, juste avant le voyage retour jusqu’aux côtes espagnoles.

Découverte du voyage à travers une story map

Le musée Albert Kahn propose de poursuivre la visite de l'exposition à travers un feuilletoir numérique. L'occasion de découvrir une très belle série de cartes interactives présentant l'intégralité du fonds photographique "Voyage en Amérique du Sud" conservé par le musée départemental Albert Kahn. La storymap s'ouvre sur une carte originale représentant le voyage d'Albert Kahn sous la forme d'un plan de métro (#transitmap) mettant bien en valeur le trajet aller-retour du célèbre voyageur-photographe.

Voyage en Amérique du Sud (conception et rédaction : Delphine Allannic, Jean-André Assié, Gaspard Costa, Serge Fouchard, Isabelle Peretti - crédit : musée Albert Kahn)


Une table ronde pour discuter et analyser ces images

« Quand l’image devient source : regards croisés autour de l’exposition Rio – Buenos Aires 1909 / Modernités sud-américaines ». Table ronde le 10 octobre de 14h à 17h à l'auditorium du musée.

La table ronde réunira, autour des commissaires de l’exposition, des chercheurs, responsables de collections, conservateurs-restaurateurs, documentalistes et débattra de conditions d’usage de la photographie comme source pour l’histoire, des méthodologies à mettre en place et des enseignements que le collectif a pu tirer de ce fonds. Les images réalisées en lors de son voyage en Amérique du Sud sont longtemps restées peu connues. Constitué de 600 photographies stéréoscopiquesmonochromes, 61 plaques autochromes et 3 minutes de film, cet ensemble est présenté dans l’exposition Rio – Buenos Aires 1909 / Modernités sud-américaines du 27 juin au 31 décembre 2023.

Sous le regard d’Albert Kahn et de son photographe se dessine le portrait d’un continent et de villes en pleine mutation où l’Europe apparaît comme une référence incontournable. Cet ensemble d’images réalisé de Porto jusqu’à la baie de Rio de Janeiro, en passant par Buenos Aires, Rosario, São Paulo, avant de se terminer à Lisbonne, sont le point de vue d’un banquier occidental qui fait photographier et filmer son périple. Images souvenir ? Projet documentaire en devenir ? Cet ensemble de photographies enrichit notre connaissance du continent au début du XXe siècle et des relations qui se tissent entre Europe et Amérique. Si Albert Kahn milite très tôt pour que les Archives de la Planète deviennent des documents pour l’Histoire, comment faire l’Histoire par la photographie quand les images sont muettes, pour reprendre les mots de Jorge Semprun ? Fonds partiellement ou mal légendé, sans photographe identifié et sans archives, le fonds du voyage en Amérique du Sud était une matière brute, inexploitable sans l’apport de la recherche.

L'occasion de découvrir les Archives de la Planète (fonds d'archives visuelles du musée Albert Kahn)

Constituées entre 1909 et 1932 et conservées par le musée départemental Albert-Kahn, les Archives de la Planète, sont nées de l’initiative d’Albert Kahn (1860-1940), banquier philanthrope et pacifiste. Soucieux de garder une trace pour l’avenir d’un monde en profonde mutation, intéressé par les questions politiques et sociales, et militant pour le rapprochement entre les peuples, il tire parti de l’apparition de nouveaux modes d’enregistrement mécaniques – l’autochrome (1907) et le film (1895) – pour constituer cette vaste entreprise de production d’archives visuelles. À partir de 1912, sous la direction scientifique du géographe Jean Brunhes (1869-1930), une douzaine d’opérateurs parcourent près de cinquante pays et produisent 72 000 autochromes et plus d’une centaine d’heures de films.

Pour Albert Kahn, la période qui précède le démarrage officiel des Archives de la Planète est un temps d’expérimentation de l’image. Entre 1908 et 1909, lors des voyages que le banquier d’affaire accomplit en Europe, en Asie ou encore en Amérique du Sud, des praticiens réalisent pour son compte de nombreuses photographies stéréoscopiques monochromes, des autochromes ainsi que des films. 

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Exposition virtuelle. Figures d’un géographe, Paul Vidal de la Blache (1845-1918)

Les modèles de langage (LLMs) utilisés en intelligence artificielle reproduisent l'espace et le temps


Avec le développement des agents conversationnels, il devient possible de conduire des recherches en langage naturel et de mobiliser des données géospatiales. Les modèles de langage (LLMs) utilisés en intelligence artificielle reproduisent à leur manière l'espace et le temps. C'est ce que tend à montrer l'article publié par Gurnee & Tegmark :

Wes Gurnee, Max Tegmark (2023). Language Models Represent Space and Time. ArXiv:2310.02207v1 [cs.LG] 3 Oct 2023. https://arxiv.org/abs/2310.02207


Les capacités des grands modèles linguistiques (LLMs) suscitent des débats autour de la question de savoir si ces systèmes apprennent simplement à partir d'une énorme collection de statistiques ou s'ils constituent un modèle cohérent de génération de données – un modèle mondial. Dans cet article, les auteurs fournissent des preuves concernant le deuxième point en analysant les représentations à partir de trois ensembles de données spatiales (lieux du monde, des États-Unis, de New York) et de trois ensembles de données temporelles (personnages historiques, œuvres d'art, titres d'actualité) dans la famille de modèles Llama-2. Ils montrent que les LLMs apprennent des représentations linéaires de l'espace et du temps à plusieurs échelles. Ces représentations sont robustes pour fournir de l'unité et des variations entre différents types d'entités (par exemple, villes et monuments). De plus, ils identifient des « neurones spatiaux » et des « neurones temporels » individuels qui codent de manière fiable les coordonnées spatiales et temporelles.

Pour télécharger l'article en pdf.

Accès au code et aux données sur Github.

Pour compléter

« IA & Géographie. Les intelligences artificielles génératives s'appliquent à beaucoup de domaines, notamment à l'information géospatiale. Il est désormais possible, par exemple, de choisir une liste de lieux, d'en faire chercher automatiquement les coordonnées géographiques par un agent conversationnel (du type ChatGPT ou autre) et de produire directement un fichier kml utilisable dans un globe virtuel (voir ce tutoriel).

Lien ajouté le 19 novembre 2024

« Les joueurs de Pokémon Go ont involontairement entraîné l'IA à naviguer dans le monde » (404Media). 

Niantic, la société à l'origine des jeux mobiles de réalité augmentée extrêmement populaires comme Pokémon Go ou Ingress, a annoncé qu'elle utilisait les données collectées par ses millions de joueurs pour créer un modèle d'IA capable de naviguer dans le monde physique.  « Comment Pokémon Go a permis à Niantic de récolter trente milliards de photos pour entraîner des robots livreurs » (Libération). Maud Mathias analyse les travaux de Niantic et de la startup Coco Robotics qui montrent comment le jeu  Pokémon Go a permis de collecter des données spatiales massives pour entraîner des IA et produire une carto urbaine très précise. Lancé en 2016, Pokémon Go connaît un succès mondial avec plus de 500 millions de téléchargements en deux mois et encore 100 millions de joueurs en 2024. Ces utilisateurs ont généré une base de plus de 30 milliards de photos géolocalisées. Ces données alimentent Niantic Spatial, une IA capable de reconstruire l’espace urbain. Les images prises sous différents angles et conditions permettent de localiser un point à quelques centimètres près, dépassant les limites du GPS classique. Cette innovation répond à un problème spatial précis. Dans les centres urbains denses, les signaux GPS sont perturbés par les immeubles, tunnels ou infrastructures. Les robots livreurs doivent pourtant se déplacer avec précision à environ 8 km/h. Coco Robotics utilise ces données pour améliorer ses robots de livraison. Déjà présents dans plusieurs villes, ces dispositifs reposent sur une cartographie fine des trottoirs et espaces urbains, construite à partir des pratiques des joueurs. Niantic développe ainsi une « carte vivante » du monde. Cette simulation évolutive du territoire repose sur des flux continus de données. Elle illustre l’émergence d’une géographie numérique où les mobilités humaines produisent de nouveaux savoirs spatiaux. 

Lien ajouté le 7 juin 2025

« Les LLM maîtrisent-ils enfin la géolocalisation ? » (Bellingcat).

Pour évaluer la comparaison actuelle des LLM d'OpenAI, Google, Anthropic, Mistral et xAI, le site Bellingcat a effectué 500 tests de géolocalisation, avec 20 modèles analysant chacun le même ensemble de 25 images. Il ne s'agit pas d'une analyse exhaustive de tous les modèles disponibles, en raison notammentde la rapidité avec laquelle les nouveaux modèles sont actuellement publiés. Lors des tests, ChatGPT o3, o4-mini et o4-mini-high ont été les seuls modèles à surpasser Google Lens pour identifier la position exacte, mais de peu. Tous les autres modèles se sont montrés moins performants pour géolocaliser les photos. Même Gemini, le LLM de Google, a obtenu de moins bons résultats que Google Lens. Étonnamment, il a également obtenu un score inférieur à celui de Grok de xAI, malgré la tendance bien documentée de Grok à halluciner. Le mode Recherche approfondie de Gemini a obtenu des résultats à peu près identiques à ceux des trois modèles Grok testés, DeeperSearch s'avérant le plus efficace des LLM de xAI.

Lien ajouté le 3 février 2026

« Biais culturel et alignement culturel des grands modèles linguistiques » (PNAS Nexus)

La culture influence profondément le raisonnement, le comportement et la communication. Avec l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle générative (IA) pour accélérer et automatiser les tâches personnelles et professionnelles, les valeurs culturelles intégrées aux modèles d'IA peuvent biaiser l'expression authentique des individus et contribuer à la prédominance de certaines cultures. Les auteurs ont mené une évaluation désagrégée des biais culturels de cinq grands modèles de langage largement utilisés (GPT-4o/4-turbo/4/3.5-turbo/3 d'OpenAI) en comparant leurs réponses à des données d'enquêtes représentatives à l'échelle nationale. Tous les modèles présentent des valeurs culturelles proches des pays européens anglophones et protestants. Ils ont testé l'intégration de facteurs culturels comme stratégie de contrôle afin d'améliorer l'adéquation culturelle pour chaque pays ou territoire. Pour les modèles les plus récents (GPT-4, 4-turbo et 4o), cette intégration améliore l'adéquation culturelle des résultats pour 71 à 81 % des pays et territoires. Ils suggèrent d'utiliser des facteurs culturels et une évaluation continue pour réduire les biais culturels dans les résultats de l'IA générative.

Liens ajoutés le 25 mars 2026

« Chaîne de mise à mort. Sur la machinerie bureaucratique automatisée qui a tué 175 enfants » (Artificial Bureaucracy). Le premier matin de l'opération Epic Fury, le 28 février 2026, les forces américaines ont frappé l'école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, dans le sud de l'Iran, touchant le bâtiment au moins deux fois durant la matinée. Les forces américaines ont tué entre 175 et 180 personnes, principalement des filles âgées de sept à douze ans. En quelques jours, la question qui a dominé la couverture médiatique était de savoir si l'IA avait choisi l'école comme cible. L'article met en perspective l'utilisation de l'IA dans "la chaîne de destruction" sur un temps long.

« Les États-Unis avaient élaboré un plan pour éviter les pertes civiles en temps de guerre. L'administration Trump l'a abandonné » (Pro Publica).  Le Pentagone travaillait sur un plan visant à éviter les pertes civiles. Sa mise en œuvre était imminente lorsque l’administration Trump l’a interrompue en 2025. Le plan visant à réduire le nombre de victimes civiles étant mis de côté, les experts affirment que les plans militaires américains font l’objet d’un examen limité avant le lancement des attaques.

« Le danger de l’IA militaire réside dans une dilution progressive de la responsabilité » (Le Monde). Les sociétés ont su fixer des limites lorsque la violence technologique menaçait d’échapper à tout contrôle, rappelle, dans une tribune au « Monde », Ridhwane Allouche, doctorant en droit, qui plaide pour un traité international d’éthique de l’intelligence artificielle dans la guerre.

« L’usage d’armes létales autonomes pilotées par IA est contraire aux principes d’une guerre juste » (Le Monde). 
La philosophe Marie-des-Neiges Ruffo de Calabre, chercheuse au Université de Namur, analyse l’usage militaire de l’IA. Elle montre que ces technologies transforment la guerre et posent des problèmes majeurs pour la protection des civils. Les conflits récents, en Iran ou à Gaza, révèlent une intensification des frappes ciblées guidées par IA. Cette accélération réduit le temps de décision humaine et multiplie les risques d’erreurs, comme l’illustre le bombardement d’une école à Minab en février 2026. La massification des cibles transforme la logique de guerre. Certains systèmes intégreraient des seuils de pertes civiles acceptables. Cette approche utilitariste remet en cause le principe de proportionnalité, pilier du droit international humanitaire. L’IA peut pourtant améliorer certaines fonctions militaires. L’analyse du terrain, la reconnaissance ou la planification renforcent la précision des opérations. Mais une limite claire est posée. Le déclenchement autonome du tir constitue une ligne rouge morale. Les chercheurs soulignent les limites techniques. Les systèmes reposent sur des données imparfaites, peuvent être piratés ou mal programmés. Une étude récente montre même que certaines IA prennent plus facilement des décisions extrêmes, comme l’usage du nucléaire. La solution avancée repose sur une "supervision humaine efficace". L’humain doit intervenir en amont, comprendre les algorithmes et vérifier les données. Sans cela, les décisions deviennent opaques et les erreurs difficilement détectables. La question de la responsabilité est centrale. Une machine ne décide pas et ne peut être jugée. En cas de crime, la responsabilité remonte toute la chaîne humaine, des concepteurs aux décideurs politiques, condition essentielle pour garantir justice et paix durable. Cette évolution révèle une transformation profonde de la guerre. L’espace conflictuel devient aussi numérique et algorithmique. Sans régulation collective, l’IA risque d’affaiblir les normes internationales et d’accroître la vulnérabilité des populations civiles. 

« Maven : le projet du Pentagone pour faire la guerre avec l’IA » (Le Grand Continent). Depuis presque dix ans, l’armée américaine travaille sur le projet Manhattan de notre temps. Maven est le nom du programme qui permet à l’IA de faire la guerre à la place des humains — et il est utilisé quotidiennement en Iran. Dans une enquête saisissante au cœur du Pentagone, Katrina Manson retrace les origines d’une révolution invisible.

« Penser le cyber : l’IA dans la conflictualité numérique » (Areion 24 News). 

Le chercheur Stéphane Taillat (Centre de géopolitique de la datasphère) analyse le rôle de l’IA dans la conflictualité numérique. Il montre que les LLM transforment les cyberopérations, entre automatisation, montée en puissance et nouveaux risques. Une première rupture apparaît en 2025. Selon Anthropic, un acteur lié à la Chine aurait automatisé une attaque contre une trentaine d’organisations. L’IA permet de découper et exécuter chaque phase d’une cyberattaque, accélérant fortement les opérations à grande échelle. Ces outils démultiplient les capacités offensives. Les LLM facilitent le phishing ciblé, la création de malwares ou les fraudes massives. Ils permettent d’opérer rapidement et à l’échelle industrielle, ce qui modifie la géographie des cybermenaces et leur intensité. L’IA joue aussi un rôle déterminant dans les campagnes d’influence. Elle produit des contenus faux en très grand nombre, imite des médias et alimente les réseaux sociaux. Des opérations russes en Europe et en Afrique illustrent cette diffusion massive et accélérée de la désinformation. Les systèmes d’IA deviennent eux-mêmes des cibles. Les acteurs peuvent manipuler les données d’entraînement en ligne pour influencer les résultats. Cette technique, dite LLM-grooming, consiste à saturer Internet de contenus biaisés pour orienter les modèles. Les États et entreprises tentent d’encadrer ces usages. Aux USA et au RU, des institutions comme le NIST développent des normes de sécurité. Mais les dispositifs restent fragiles, notamment face aux techniques de contournement comme le jailbreaking (contournement des règles de sécurité). Malgré ces risques, l’IA renforce aussi la cyberdéfense. Elle aide à détecter les attaques, corriger les failles et assister la décision. Cette ambivalence souligne un système socio-technique hybride où offensive et défense évoluent simultanément. Les opérations restent encadrées et validées par des acteurs humains. Les limites techniques, comme les erreurs ou "hallucinations", freinent son autonomie. L’IA ne remplace donc pas totalement l’humain. La conflictualité numérique devient ainsi plus complexe. 

Lien ajouté le 31 mars 2026

« Wikipedia (version anglaise) interdit la publication d'articles générés par LLM ou révisés par LLM » (Wikipédia). Les textes générés par des modèles de langage complexes (LLMs) tels que ChatGPT, Gemini, Claude, DeepSeek, etc., enfreignent souvent plusieurs règles fondamentales de Wikipédia relatives au contenu. C'est pourquoi l'utilisation de LLMs pour générer ou réécrire le contenu des articles est interdite , à deux exceptions près :
  1. Les rédacteurs sont autorisés à utiliser des outils de correction linguistique pour suggérer des corrections de base à leurs propres textes et à en intégrer certaines après relecture humaine, à condition que ces outils n'introduisent pas de contenu original. La prudence est de mise, car ces outils peuvent aller au-delà de ce qui leur est demandé et modifier le sens du texte au point de le rendre non conforme aux sources citées .
  2. Les contributeurs sont autorisés à utiliser des LLMs pour traduire des articles de Wikipédia dans une autre langue vers Wikipédia en anglais , mais doivent suivre les directives énoncées sur Wikipédia : traduction assistée par LLMs.
Lien ajouté le 6 avril 2026

« Au-delà de l'interdiction de l'IA : un premier aperçu de la gouvernance de l'IA générale dans les communautés de logiciels libres » (ArXiv). 

L'intelligence artificielle générative (GenAI) joue un rôle de plus en plus important dans les logiciels libres. Au-delà de la finalisation du code et de la documentation, la GenAI est de plus en plus impliquée dans la résolution des problèmes, les demandes de fusion, les revues de code et les rapports de sécurité. Or, une génération moins coûteuse ne signifie pas une revue moins onéreuse ; la charge de maintenance qui en résulte a poussé les projets de logiciels libres à expérimenter des règles spécifiques à la GenAI dans les directives de contribution, les politiques de sécurité et les instructions des dépôts, allant même jusqu'à interdire totalement les contributions assistées par l'IA. Cependant, la gouvernance de la GenAI dans les logiciels libres est bien plus complexe qu'une simple question d'interdiction ou non. Les réponses restent dispersées, sans cadre de gouvernance partagé en pratique ni compréhension systématique dans la recherche. Dans cet article, les auteurs conduisent une analyse en plusieurs étapes sur divers documents qualitatifs relatifs à la gouvernance de la GenAI, extraits de 67 projets de logiciels libres à forte visibilité. Leur analyse identifie des préoccupations récurrentes dans les flux de travail de contribution, dégage trois orientations de gouvernance et cartographie 12 stratégies de gouvernance et leurs modèles de mise en œuvre. Ils montrent que la gouvernance de la GenAI dans les logiciels libres va bien au-delà de l'interdiction : elle exige des réponses coordonnées en matière de responsabilité, de vérification, de capacité de revue, de provenance du code et d'infrastructure de la plateforme. Globalement, ce travail condense les pratiques communautaires dispersées en un aperçu structuré, fournissant une base conceptuelle aux chercheurs et une référence pratique aux responsables de la maintenance et aux concepteurs de plateformes.

Lien ajouté le 14 avril 2026

« Déjouer les LLM : pour une IA improbable » (Le Grand Continent). 

Comme leurs prédécesseurs, les grands modèles de langage (LLM) sont des technologies culturelles — des systèmes qui absorbent, réorganisent et régénèrent l’expression humaine à l’échelle planétaire. Nourris par des textes sur Internet qui surreprésentent l’anglais et les sources institutionnelles, les LLM reproduisent structurellement ces surreprésentations dans chacune de leurs réponses. Cette déformation est empiriquement documentée. Une recherche publiée dans PNAS Nexus (« Cultural Bias and Cultural Alignment of Large Language Models ») a cartographié les valeurs culturelles de cinq grands modèles GPT par rapport à des données d’enquête représentatives de 107 pays : chaque modèle se trouvait proche des valeurs des pays anglophones, indépendamment de la langue dans laquelle il était interrogé. Aujourd’hui, une poignée d’entreprises concentre la quasi-totalité de la capacité d’entraînement des modèles de pointe. L’infrastructure nécessaire — calcul, données, talents — crée des barrières à l’entrée considérables. L’Europe se trouve face à un dilemme : face à des plateformes transnationales aux biais architecturaux, il lui faut non seulement un cadre normatif — elle en possède déjà un — mais une capacité productive : des données, des modèles et des normes d’alignement qui portent ses propres références culturelles. 

Lien ajouté le 17 avril 2026

Walter Quattrociocchi, Valerio Capraro, Matjaž Perc (2025). « Epistemological Fault Lines Between Human and Artificial Intelligence » [Lignes de fracture épistémologiques entre l'intelligence humaine et l'intelligence artificielle], arXiv:2512.19466v1, 22 Dec 2025, https://arxiv.org/abs/2512.19466v1

Les grands modèles de langage (GML) sont souvent décrits comme relevant de l'intelligence artificielle, pourtant leur profil épistémique diverge nettement de la cognition humaine. Les chercheurs montrent ici que l'alignement apparent entre les productions humaines et artificielles masque une inadéquation structurelle plus profonde dans la manière dont les jugements sont élaborés. En retraçant l'évolution historique de l'IA symbolique et des systèmes de filtrage de l'information vers les transformateurs génératifs à grande échelle, ils soutiennent que les GML ne sont pas des agents épistémiques, mais des systèmes stochastiques de complétion de motifs, formellement descriptibles comme des parcours sur des graphes de transitions linguistiques de grande dimension, plutôt que comme des systèmes formant des croyances ou des modèles du monde. En cartographiant systématiquement les processus épistémiques humains et artificiels, ils identifient sept lignes de fracture épistémiques, des divergences au niveau de l'ancrage, de l'analyse syntaxique, de l'expérience, de la motivation, du raisonnement causal, de la métacognition et de la valeur. Ils nomment cet état épistémique « épistémia » : une situation structurelle dans laquelle la plausibilité linguistique se substitue à l'évaluation épistémique, produisant le sentiment de savoir sans effort de jugement. Ils concluent en soulignant les conséquences pour l'évaluation, la gouvernance et la culture épistémique dans des sociétés de plus en plus organisées autour de l'IA générative.

Liens ajoutés le 28 avril 2026

« La guerre à l’heure de l’IA : comment les algorithmes bousculent l’éthique militaire » (Le Monde).
Le rôle croissant des systèmes d’intelligence artificielle générative dans l’identification des cibles à abattre marque un basculement moral et juridique, et divise les spécialistes d’éthique militaire. Si certains sont convaincus qu’un contrôle humain est possible, d’autres en doutent, et affirment que ces technologies repoussent les limites de la violence.

« Google : plus de 600 salariés s’opposent à la fourniture d’IA à l’armée américaine pour des opérations classifiées » (Le Monde).
Plus de 600 salariés de Google ont signé une lettre adressée au PDG d’Alphabet, Sundar Pichai, publiée lundi 27 avril, qui réclame à la direction du groupe de renoncer à fournir à l’armée américaine ses modèles d’intelligence artificielle (IA) pour des opérations classifiées. Google est déjà prestataire du ministère de la défense, mais pour des activités non classifiées. En 2018, un mouvement interne avait poussé le groupe à renoncer à participer au projet Maven, qui s’appuyait sur l’IA pour analyser des images recueillies par des drones. Tout comme Anthropic, Google a demandé que son IA ne puisse pas être sollicitée pour de la surveillance de masse aux Etats-Unis ou pour des attaques mortelles. Mais l’administration Trump estime qu’il lui est suffisant de s’engager à agir dans le cadre de la loi.

Articles connexes 

Cartographier l'anthropocène. Atlas 2023 de l'occupation du sol (IGN)


Comme le souligne Sébastien Sorano, Directeur général de l’Institut national de l’information géographique et forestière, les défis climatiques nécessitent de repenser l'usage de nos sols. L’IGN publie l'édition 2023 de son Atlas annuel des cartes de l'anthropocène dédié à l’occupation et à l’usage des sols. Un nouveau recueil de cartes et de points de vue pour éclairer les décisions et actions publiques relatives à ce levier majeur pour répondre au défi climatique.

Cet ouvrage de référence aborde la question de l’occupation des sols face aux défis climatiques sous trois points de vue : historique, aménagement du territoire (urbanisme) et environnemental. Cet atlas montre l’influence des choix politiques de « consommation » et recomposition de l’espace naturel : les choix du passé et la façon dont ils ont modelé le territoire français et les choix d’aujourd’hui, répondant à de nouvelles problématiques.

Cartographier l'anthropocène. Atlas 2023 de l'occupation du sol (source : IGN)


  • La carte, témoignage de l'histoire. Entretien avec l’architecte et historien Jean-Luc Arnaud
    Des ruelles du centre-ville aux grands axes fluviaux, des massifs forestiers aux champs à perte de vue, le sol français est une mosaïque en constante évolution. Depuis sa création, l’IGN oeuvre pour graver sur ses cartes l’état des lieux du territoire à un instant précis. En remontant ses archives cartographiques, les transformations du territoire défilent sous les yeux du lecteur, tel un kaléidoscope.

  • Aménager un territoire, une question d'équilibre
    Le paysage français n’est pas qu’une simple réalité environnementale, il est le résultat de transformations culturelles et économiques profondes. Son organisation, tiraillée par les intérêts des uns et des autres, produit et supprime des continuités territoriales, reflets des priorités d’époques différentes. Étalement urbain, déprise agricole, reconquête forestière… aménager un territoire est d’abord une question de choix et d’équilibre entre l’usage des espaces communs.
  • « Le paysage, partie sensible du territoire ». Découvrir le point de vue de Jacqueline Osty
    Le paysage est le résultat d’une forme d’alchimie qui croise de nombreuses thématiques, au carrefour du vécu et du perçu. À une époque où l’on cherche à stopper l’artificialisation des sols, travailler sur le paysage permet de prendre le recul suffisant pour repenser nos territoires de manière plus globale. Entretien avec Jacqueline Osty, paysagiste et Grand prix de l'urbanisme 2020
  • Comment adapter le territoire français au changement climatique ?
    Sous la pression du changement climatique, le territoire français doit s’adapter. La raréfaction de l’eau douce, la propagation des incendies et l’intensification des épisodes de pluie extrême demandent une réorganisation des espaces. Des îlots de chaleur en ville aux glaciers du Mont-Blanc, des essences d’arbre aux types de culture, connaître l’occupation des sols est la première étape pour structurer un territoire résilient. Un défi auquel l’IGN veut participer par le futur jumeau numérique du territoire.
  • « L’eau est un flux dépendant du climat ». Découvrir le point de vue d'Agnès Ducharne
    L’eau est un élément précieux. Qu’elle vienne à manquer, et tout le système de société humaine perdra alors l’équilibre. Avec le réchauffement climatique, c’est précisément ce qui se dessine pour l’avenir. Entretien avec Agnès Ducharne, Directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la modélisation de l’hydrologie des surfaces continentales.
  • L’OCS GE, l'outil phare de l'IGN pour détecter et suivre l'artificialisation du sol
    En s’appuyant sur ses données socles, l’IGN pilote la production d’un référentiel à grande échelle pour la description de l’occupation du sol français : l’OCS GE. Cet outil, au service de l’État et des collectivités, cartographie les couches de surface du sol, distingue les zones imperméables, agricoles, forestières et permet de quantifier et de qualifier l’évolution des territoires et leur artificialisation nette. Depuis 2019, l’Institut emploie la télédétection par intelligence artificielle pour accélérer la production et multiplier les usages.
  • Énergies renouvelables à la carte
    En mai 2023, un nouveau portail cartographique des énergies renouvelables a vu le jour. Réalisé par l’IGN et le Cerema, cet outil est indispensable pour favoriser le développement des énergies renouvelables terrestres.

Consulter l'Atlas de l'occupation du sol en ligne

Télécharger l'Atlas en version pdf

En complément

Sébastien Soriano : « On a besoin d’une vision plus sensuelle et moins mathématique du territoire » (interview pour Usbek & Rica).

Lien ajouté le 2 mai 2024

Lien ajouté le 26 février 2026

 « Crues, crise agricole : les sols français sont-ils en train de mourir ?  » (France Culture)

Crues records, nappes saturées, villages inondés : au début de l'année 2026, l’eau a débordé partout en France. Les sols ne parviennent plus à absorber les pluies intenses. Ces inondations ne sont pas seulement une crise de l’eau : elles révèlent une crise plus profonde, celle de nos sols. Julien Denormandie considère que le sol est “un personnage essentiel mais complètement oublié”. Pourtant, rappelle-t-il, il est nécessaire dans la gestion de l’eau pour éviter les inondations, concernant le réchauffement climatique puisqu’il contient “deux fois plus de carbone que l'atmosphère et que s’il le rejetait, la planète brûlerait”, mais aussi concernant la biodiversité. L’ex-ministre de l’Agriculture avance le fait que “dans une cuillère à soupe de sol, il y a plus d'êtres vivants, de bactéries, de champignons, de micro-organismes, qu'il n'y a d'humains sur Terre”. À ce titre, le sol est donc “le réservoir principal de biodiversité” et il est “urgent de recréer un récit collectif autour du sol”, affirme-t-il.

Articles connexes

Cartographier l'anthropocène - Le risque inondation (Atlas IGN, 2025)

Cartographier l'anthropocène à l'ère de l'intelligence artificielle (IGN, 2024)

Cartographier l'anthropocène. Changer d'échelle pour pouvoir agir (Atlas IGN, 2022)


Copernicus : accès libre et ouvert aux cartes concernant la couverture des sols (2015-2019)

Traitements et cartographie de l’information géographique (Cunty & Mathian, 2023)


Avec la massification des données et la systématisation du référencement géographique de l’information, les cartes constituent aujourd’hui des enjeux importants, tant pour les spécialistes que pour les organismes d’aménagement, d’urbanisme ou le grand public. Cependant, si produire une carte peut paraître facile, le passage concret des données à une carte utile pour la question posée est jalonné par une succession d’opérations précises mobilisant des connaissances en divers domaines : statistique, géographie, cartographie, etc.

Claire Cunty, Hélène Mathian (dir.), Traitements et cartographie de l’information géographique, Isté éditions, 2023 (site de l'éditeur).


L’ouvrage présente une diversité d’enchaînements d’opérations à partir d’exemples variés. Chaque chapitre emprunte un chemin différent, explicitant les choix méthodologiques opérés en fonction du thème traité et du but poursuivi. Cette approche couvrant l’ensemble de la démarche de production d’une carte permettra à tout lecteur, qu’il soit étudiant, chercheur, enseignant ou aménagiste de comprendre les multiples rôles que la carte peut jouer dans des analyses de données géographiques.

Avant-propos et introduction
 
3. Données environnementales et objets cartographiques
4. Cartographier et identifier les formes géographiques : l’exemple de la ségrégation
5. Carte et modèle statistique pour explorer l’hétérogénéité spatiale
6. Cartographier les phénomènes temporels
7. Cartogrammes, anamorphoses : des territoires transformés
8. Exploration, agrégation et visualisation spatiotemporelle de données massives 

Les chapitres sont positionnés le long d'un continuum où sont identifiées les étapes-clés d'un cycle qui relie les données à la carte (cercle orange sur la figure ci-dessous). Les chapitres s'associent, se complètent, renvoient les uns aux autres.

 « Carte des chapitres, ce qui les relie, les notions qui les jalonnent » (extrait de l'ouvrage, p. 16) 


Claire Cunty est enseignante-chercheuse en géographie à l’Université Lumière Lyon 2, membre de l’UMR Environnement Ville Société. Ses recherches portent sur la conception et les usages des interfaces de géovisualisation d’informations spatiotemporelles ainsi que sur les approches numériques des cartes sensibles.Elle fait partie de l’équipe de pilotage du master Géographies Numériques des Universités Lyon 2 et Saint-Etienne.

Hélène Mathian est ingénieure CNRS en méthodes d’analyse spatiale à l’UMR Environnement Ville Société. Ses travaux intègrent la dimension spatiale dans les traitements et modèles statistiques, et la géovisualisation comme élément d’exploration des données géographiques et des dynamiques spatiales. Elle fait partie de l’équipe de pilotage du master Géographies Numériques des Universités Lyon 2 et Saint-Etienne.

Pour compléter

Françoise Bahoken (17 novembre 2024). [Book] Traitements et cartographie de l’information géographique. Carnet (neo)cartographique. https://neocarto.hypotheses.org/21483

Articles connexes

Les systèmes d'information géographique. Principes, concepts et méthodes (Armand Colin)

La longue histoire qui va conduire à la cartographie numérique et aux débuts des SIG

Des sources aux SIG : des outils pour la cartographie dans les Humanités numériques

L'apport de la cartographie et des SIG pour évaluer l'accès aux vaccins contre le Covid-19

L'histoire des SIG open source et de leurs formats ouverts à travers une infographie interactive

« Cherche appartement pour habiter à Mumbai » ou comment s'initier à l'analyse spatiale avec un logiciel SIG

Jeu de données SIG sur le classement des métropoles mondiales

Cartographier le marché locatif de Beyrouth avec un SIG

Systèmes d'Information Géographique (SIG)

Fonds de cartes pour utiliser dans un SIG


« Si la nature dessinait une carte du monde, à quoi ressemblerait-elle ? » (Bioregions 2023)


« Si la nature dessinait une carte du monde, à quoi ressemblerait-elle ? ». Nous sommes habitués à voir le monde divisé en pays, États et provinces, mais il existe une autre façon de voir et de mieux comprendre la planète dans laquelle nous vivons. One Earth présente un nouveau cadre biogéographique appelé Bioregions 2023, qui délimite 185 biorégions organisées au sein des principaux domaines biogéographiques du monde. 

Une nouvelle carte de la Terre créée en croisant des biomes avec des structures géologiques
 à grande échelle et des groupements écorégionaux (source : Bioregions 2023)

Télécharger la carte (6 Mo). Crédit : Karl Burkart, One Earth

Les biorégions et les espèces emblématiques associées à chacune peuvent être explorées via un navigateur interactif en 3D.

Une biorégion est une zone géographique définie non pas par des frontières politiques mais par des systèmes écologiques. Une biorégion est plus petite qu’un domaine biogéographique mais plus grande qu’une écorégion ou un écosystème. Sur Terre, le cadre biorégional le plus répandu est le « biome » (parfois appelé « écozone »), une vaste communauté de plantes et d'animaux adaptés aux conditions climatiques spécifiques que l'on retrouve sur divers continents. Il existe 14 principaux types de biomes.

Cartes à télécharger en haute résolution (format jpeg) :

One Earth est une organisation à but non lucratif qui s'efforce d'accélérer l'action collective pour résoudre la crise climatique. Les solutions à la crise climatique existent déjà, et les dernières recherches scientifiques menées par One Earth montrent que "l'on peut atteindre l'objectif critique de 1,5°C grâce à trois piliers d'action collective" :
  • Une transition juste vers une énergie 100 % renouvelable ;
  • Protection et restauration de la moitié des terres et des océans de la planète ;
  • Un passage à des systèmes alimentaires à consommation zéro nette.

Lien ajouté le 9 mai 2024

Lien ajouté le 15 septembre 2026

« Entretien. Instaurer des éco-régions ? Le projet de Jean-Luc Mélenchon serait "inadapté" selon ce géographe breton » (Ouest-France). L’une des mesures phares de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2027 consiste à remplacer les régions actuelles par des « éco-régions » calquées sur les bassins versants, pour mieux répondre à la crise climatique. Le géographe breton Yves Lebahy, spécialiste de l’aménagement maritime et littoral, décrypte cette idée et soumet une contre-proposition.

Le géographe Yves Lebahy, spécialiste breton de l’aménagement maritime et littoral, juge inadapté le projet d’"éco-régions" calquées sur les bassins versants. Il défend une géographie qui articule milieux, sociétés, héritages et pratiques locales plutôt qu’un découpage naturel. Pour Lebahy, les bassins versants sont utiles pour penser l’eau, mais trop vastes pour devenir des régions politiques cohérentes. Loire-Bretagne, Seine ou Rhône-Loire rassemblent des territoires très différents. Une même unité hydrographique ne crée ni histoire, ni culture, ni projet commun. L’idée n’est pas nouvelle. Dès le XVIIIe siècle, certains projets voulaient fonder les limites administratives sur les grands systèmes hydrographiques. Ils furent écartés au profit d’autres découpages, mieux adaptés à l’organisation politique du pays et au renforcement du pouvoir central.  Lebahy préfère l’échelle du "pays", au sens de Vidal de la Blache. Plus resserrée, elle permet de croiser usages de l’eau, agriculture, économie, paysages et vie sociale. L’adaptation climatique se joue alors dans des territoires vécus, connus par leurs habitants et plus faciles à gouverner. La Bretagne offre un exemple concret. Après-guerre, la disparition d’une partie des talus bocagers a accéléré l’écoulement vers la mer. Selon Lebahy, une goutte d’eau tombée en amont du bassin de la Vilaine mettait environ 8 jours à atteindre la mer ; elle n’en mettrait plus que 3 aujourd’hui.  Un aménagement local peut donc transformer le fonctionnement hydrologique d’un bassin. Reconstituer haies et talus ralentit le ruissellement, favorise l’infiltration et peut atténuer sécheresses ou inondations. Pour Lebahy, l’action concrète compte plus qu’un vaste redécoupage administratif. Face aux sécheresses, incendies, inondations et tensions sur l’eau, Lebahy doute qu’un État très centralisé puisse réagir assez vite. Il plaide pour davantage de responsabilités locales. Selon lui, la transition écologique suppose que les habitants redeviennent acteurs de leur territoire.  L’échelle d’action est donc décisive. Un bassin versant éclaire les flux d’eau, mais ne résume jamais à lui seul un territoire. Pour Lebahy, l’adaptation climatique exige surtout des décisions locales capables d’articuler milieux, activités, héritages, solidarités et démocratie.

Articles connexes

Données SIG sur les écorégions terrestres (Resolve et OneEarth)

Une carte animée des biomes anthropogéniques ou anthromes à l'échelle mondiale (Anthroecological Lab)




Rapport annuel 2023 du Haut Conseil pour le Climat « Acter l’urgence, engager les moyens »


Le Haut conseil pour le climat (HCC) est un organisme indépendant chargé d’évaluer la stratégie du gouvernement en matière de climat, et sa cohérence avec les engagements européens et internationaux de la France, en particulier l’Accord de Paris, l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, et le respect des budgets carbone de la France. 

En 2022, année record avec +2,9°C de température moyenne en France, le changement climatique a eu des impacts graves sur les personnes, les activités économiques, les infrastructures et les écosystèmes. Les dispositifs de prévention et de gestion de crise n’ont pas permis d’éviter toutes ces conséquences. La France n'est manifestement pas prête à faire face aux effets du changement climatique (avec un réchauffement qui pourrait atteindre +4°C en 2100).

Le réchauffement futur dépendra des émissions futures de GES (source : rapport 2023 du HCC)

Accéder au rapport complet 

Ressources pédagogiques à télécharger

Le rapport grand public rendu par le Haut Conseil pour le Climat (HCC) présente, en 16 pages illustrées, une analyse des impacts récents du changement climatique ainsi qu'un suivi des émissions des Gaz à effets de serre (GES) et des politiques associées. Le rapport ne se contente pas d'un état des lieux mais propose aussi des recommandations :

  • Connaître et anticiper les impacts du changement climatique. Les nombreux impacts liés aux conditions climatiques de l’année 2022 soulignent l’importance de renforcer conjointement les dispositifs de gestion de crise et ceux de prévention, et d'anticiper les années extrêmes au sein desprojections climatiques.

  • Opérationnaliser l’adaptation au changement climatique. Les politiques d’adaptation doivent changer d'échelle en France, en s’appuyant sur la trajectoire de référence de +4°C, en tenant compte des coûts d’adaptation pour les finances publiques et privées, et en améliorant le suivi de l’action publique d’adaptation et l’évaluation de son efficacité.

  • Systématiser le cadre d’action public. Le cadre stratégique qui se construit doit être mis en œuvre de manière opérationnelle et systématique. La nouvelle stratégie climatique (SFEC) est l’occasion de préciser les engagements de la France afin de renforcer leur portée. 

  • Engager les moyens nécessaires. La politique économique permettant de déclencher les changements nécessaires à l’atteinte des objectifs climatiques doit être renforcée, y compris la politique budgétaire, fiscale, commerciale, industrielle et de l'emploi, tout en accompagnant les plus vulnérables dans un esprit de transition juste. 

  • Prioriser le déploiement des énergies renouvelables et les mesures de sobriété. La France doit consolider les mesures de sobriété structurelles prises cette année, et poursuivre les efforts pour formuler et appliquer des mesures structurelles qui encouragent la sobriété énergétique des infrastructures et des usages de manière systématique pour tous les secteurs émetteurs.

  • Relancer la dynamique internationale. La France peut œuvrer au développement d'un plan d'investissement climat européen. Au niveau international, elle peut préparer sa position pour la COP28, et œuvrer à un meilleur suivi des engagements internationaux qu’elle soutient 

Lien ajouté le 7 mai 2024

Lien ajouté le 19 mars 2025

Un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale fait état de l'escalade des impacts météorologiques et climatiques wmo.int/news/media-c... Lien vers le rapport de l'OMM (mars 2025) wmo.int/sites/defaul...
[image or embed]

— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 19 mars 2025 à 20:31
Lien ajouté le 4 avril 2026

« Les politiques climatiques dans les territoires. Mieux mobiliser le potentiel des collectivités » (rapport 2026 du HCC).

Le Haut Conseil pour le climat analyse les politiques climatiques locales et montre que les territoires sont en première ligne face au réchauffement, tout en restant encore insuffisamment préparés. Il appelle à une transition plus ambitieuse. Les effets du réchauffement s’intensifient nettement dans l’espace français. Entre 2015 et 2024, les vagues de chaleur sont multipliées par six et la sécheresse des sols augmente de 50%. Littoraux, montagnes et espaces urbains sont exposés à des aléas climatiques différenciés. Les territoires contribuent de manière inégale aux émissions. Les régions industrielles ou agricoles émettent davantage que d’autres. Les capacités d’action varient selon la richesse, la taille et les ressources locales, ce qui accentue les inégalités territoriales face au chgement climatique. La planification climatique existe à plusieurs échelles mais demeure incomplète. Seules 73% des intercommunalités ont adopté un plan climat. Les objectifs régionaux visent une baisse de 39% à 40% des émissions d’ici 2030, loin de la cible nationale fixée à 50%. Le principal frein reste financier et structurel. Les investissements doivent fortement augmenter. +130% pour les communes, +240% pour les départements et +80% pour les régions. Dans le même temps, les financements publics diminuent et restent complexes à mobiliser pour les collectivités. Le HCC propose un "big bang" financier reposant sur des plans pluriannuels, un recours ciblé à l’endettement et une réduction des subventions aux énergies fossiles. Les investissements doivent renforcer la résilience des territoires et permettre des économies durables, notamment énergétiques. Le Haut Conseil pour le climat appelle les collectivités locales à plus d’ambition en faveur de la transition écologique L’instance indépendante estime que les territoires, en première ligne face au réchauffement, devraient s’endetter pour financer des actions qui renforcent leur résistance aux aléas climatiques. L’adaptation territoriale devient centrale et concrète. Elle implique le rachat de biens exposés à l’érosion, la relocalisation de populations ou encore la transformation des infrastructures. Ces politiques interrogent directement l’habitabilité future de certains espaces fragilisés.

Lien ajouté le 18 septembre 2026

« Conférence systémique sur les enjeux environnementaux et sociétaux » (ÉLECTROCHOC intégrale).
Face à la déferlante de données disponibles, ÉLECTROCHOC est une conférence systémique sur les enjeux environnementaux et sociétaux, les perspectives des années à venir et les actions à enclencher.

Le monde à +4°C de réchauffement global (source : © Parag Khanna)


Cette carte spéculative, publiée à l'origine par Nigel Hawtin pour New Scientist à partir des données du service météorologique britannique, projette les zones climatiques dans un monde à +4°C de réchauffement global. La carte, mise en avant par l'essayiste Parag Khanna, imagine la géographie de la Terre si la température moyenne mondiale augmente de 4 °C. 

Les nouvelles zones fertiles (Le Grand Nord)
Le Canada et la Sibérie : profitent de températures plus douces et deviennent de vastes zones de production agricole.
L'Arctique et le Groenland : voient leurs glaces fondre rapidement, devenant des espaces habitables pour des centaines de millions de personnes.
La Scandinavie et la Russie du Nord : abritent une grande partie de la population mondiale grâce à des villes denses en hauteur. 

Les zones inhabitables et les déserts
L'Amazonie et l'Afrique du Nord : se transforment en déserts arides et inhabitables.
Le Moyen-Orient et le sud des États-Unis : subissent une forte désertification, malgré l'utilisation d'énergie solaire intensive.
Le sud de la Chine : souffre de sécheresses extrêmes et de rivières taries.

Les nouveaux refuges de population
L'Antarctique occidental : devient méconnaissable et se couvre de villes denses dotées de gratte-ciels.
La Nouvelle-Zélande : se transforme en un important centre de population et d'agriculture intensive. 

Il convient d'avoir un regard critique vis-à-vis de ce type de carte en ayant en tête les limites scientifiques de ce type de scénario climatique prospectif.

Articles connexes


Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?

Comment la cartographie animée et l'infographie donne à voir le réchauffement climatique

Aborder la question de l'inégalité des pays face au changement climatique

Analyser et discuter les cartes de risques : exemple à partir de l'Indice mondial des risques climatiques

Les plus gros émetteurs directs de CO² en France

La pollution de l'air est la première menace mondiale pour la santé humaine (rapport de l'EPIC, août 2023)


Exposition « Cartografia, la Corse en cartes 1520-1900 »


Le musée de la Corse vous invite au voyage et à la découverte du monde des cartes. « Cartografia, la Corse en cartes 1520-1900 » réunit géographie et histoire dans un corpus de représentations de l’île et de la Méditerranée tracé sous l’œil du cosmographe, du politique, du militaire, de l’hydrographie. L’exposition présente une sélection de documents anciens, de cartes et de plans, de livres et d’atlas, ainsi que les acteurs et les nombreuses techniques qui participent à la discipline cartographique. La diversité des collections exposées éclaire par leurs formes, leurs matières et leurs couleurs. La présentation rassemble un florilège d’images qui témoignent de l’intérêt dont la Corse fut l’objet durant plusieurs siècles.


Dossier de presse de l'exposition à télécharger en PDF.

Le parcours de l’exposition s’inscrit dans la longue durée. 1520-1900 : quatre siècles de regards portés sur le territoire corse et ses rapports au monde. La présentation d’une sélection des collections du musée de la Corse vise à partager une part du patrimoine insulaire enrichi par la participation de prêts d’œuvres de diverses institutions corses, nationales, internationales et de collections particulières, très rarement présentées au public. Cette exposition est aussi l’occasion d’accéder à une longue et précieuse séquence figurative de l’histoire corse. Construite autour de deux séquences principales et 5 sections distinctes, l’exposition « Cartografia, la Corse en cartes 1520-1900 » présente plus de 300 œuvres.

Séquence I : L’ère géographique

• Section 1 : le XVIe siècle et l’extension du monde connu

• Section 2 : le XVIIe siècle, l’héritage des pairs

Séquence II : L’ère scientifique

• Section 3 : le XVIIIe siècle et la souveraineté disputée

• Section 4 : le XIXe siècle et la topographie moderne

Du plan Terrier à la carte de Jacotin (1770-1824)

Parmi les cartes remarquables à découvrir :

Articles connexes

Atlas stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient (FMES)

Etudier les formes urbaines à partir de plans cadastraux