Atlas du réseau ferré en France


L'Atlas du réseau ferré national a été mis à jour (version 2026). Cet Atlas constitue un outil précieux pour tous les passionnés de géographie ferroviaire, ou pour celles et ceux qui réfléchissent aux enjeux de l’aménagement du territoire. C'est l'outil cartographique de référence pour décrypter les infrastructures ferroviaires françaises :

  • 28 000 km de voies 
  • 15 000 trains en circulation chaque jour 
  • 1 700 chantiers pour construire le réseau de demain

Carte simplifiée du réseau ferré en France en avril 2025 (source : Atlas du réseau ferré national 2026)

La carte du réseau ferré national représente de manière exhaustive l'ensemble des lignes, exploitées ou non, selon des critères d'électrification et de circulation mixte ou fret. Elle représente également la liste des gares et autres points d'arrêts sur l'ensemble du territoire métropolitain.

Lien pour télécharger l'Atlas en pdf

Lien pour télécharger la carte du réseau ferré national en haute résolution

Base de cartes du réseau national et régional de la SNCF

Chronotrains, une cartographie isochrone depuis la gare de votre choix

Données SIG en open data de la SNCF

Carte des trafics voyageurs régionaux (source : Atlas du réseau ferré national 2026)


L'Atlas se décompose en 4 parties qui abordent non seulement le tracé des lignes ferroviaires, mais aussi les trafics voyageurs ou marchandises (avec les deux cumulés), ainsi que l'organisation territoriale depuis la création de SNCF Réseau en 2014.

1) LE RÉSEAU FERRÉ NATIONAL

Le réseau hier, aujourd'hui et demain
Tableau d'assemblage
Cartographie du réseau ferré
Carte simplifiée du réseau
Le réseau des Trains d'équilibre du territoire

2) UN RÉSEAU CIRCULÉ : LES TRAFICS

Les trains aptes à la grande vitesse
Les voyageurs régionaux
Le Transilien
Le fret
Tous trafics

3) UN RÉSEAU FRANÇAIS AU COEUR DE L‘EUROPE

4) UN RÉSEAU HUMAIN : ORGANISATION TERRITORIALE

Pour compléter

Jean Dupin propose une belle dataviz montrant la circulation des trains en France sur 24h : plus de 12 400 trains par jour, le tout condensé en une minute. La carte animée est réalisée à partir des données du site carto.tchoo.net mises à disposition par Nicolas Wurtz. Elle est inspirée de ce travail de SNCF Numérique.

Cette belle dataviz proposée par Jean Dupin montre la circulation des trains en France sur 24h : plus de 12 400 trains par jour, le tout condensé en une minute. Elle est réalisée à partir des données de carto.tchoo.net mises à disposition par Nicolas Wurtz github.com/JeanDupin/Da... 5/

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 20 avril 2026 à 13:32

Aurélien Boyer-Moraes a créé en 2021 une carte stylisée du réseau voyageurs SNCF en hommage à la carte du réseau voyageurs de 1976 de Rudi Meyer, commissionnée par l'agence Design Programmes pour la SNCF. Pour rappel sa carte était au départ sur un fond bleu nuit, puis elle passa sur un fond gris anthracite. Elle était encore visible dans les voitures corail (fruit du travail de l’agence Design Programmes de R. Tallon, quelques années avant la carte en question) de certaines grandes lignes jusqu’en 2011, puis elles furent toutes retirées.

Le collectif « La Colère des sans trains » lance une pétition à l'Assemblée nationale (Le Journal du Centre). Composé de 40 organisations de défense du ferroviaire, le collectif souhaite l'étude d'une loi cadre sur les transports. "La crise actuelle nous rappelle l’importance de disposer d’un maillage ferroviaire juste et équitable du territoire, et non pas d’une connexion performante uniquement concentrée sur les plus grands centres urbains de notre pays".

« TGV : la vitesse pour les métropoles, les taxes pour les autres ? » (Les affaires).

Le géographe québécois Rémi Guertin propose une lecture critique du TGV. Il montre que la grande vitesse, souvent présentée comme une solution miracle, masque des effets territoriaux contrastés et des inégalités rarement discutées dans le débat public. Le modèle TGV fonctionne surtout sur des axes très denses, comme Paris-Lyon. Les travaux du Laboratoire d’Économie des Transports montrent qu’il accompagne des dynamiques existantes plutôt qu’il ne crée du développement, limitant son impact dans les régions moins dynamiques. Cette logique renforce les hiérarchies spatiales. Les métropoles connectées concentrent activités et investissements, tandis que les périphéries risquent de dépendre davantage de ces pôles. Un axe Québec-Toronto pourrait ainsi accentuer ces déséquilibres territoriaux. Jean-Marc Offner remet en cause l’idée d’un lien automatique entre transport et développement. Il parle d’un "mythe" qui sert des intérêts politiques et économiques, sans garantir des retombées équilibrées pour l’ensemble des territoires. Les effets sont aussi matériels. Les lignes à grande vitesse LGV fragmentent les espaces, coupent terres agricoles et propriétés, avec peu de franchissements. Elles transforment les paysages et génèrent des nuisances, affectant les équilibres locaux et les valeurs foncières. Le coût constitue un enjeu central. L’exemple californien, lancé depuis 20 ans avec plus de 100 milliards de dollars prévus, illustre les dérives possibles. Les dépenses sont collectives, mais les bénéfices se concentrent sur certains territoires et usagers. Des alternatives plus accessibles existent. Des trains à 150-160 km/h permettent un meilleur maillage territorial, avec davantage d’arrêts. Le modèle suisse privilégie ainsi fréquence, fiabilité et accessibilité, plutôt que la seule recherche de vitesse maximale. L’analyse met en lumière un choix d’aménagement. Le TGV peut accélérer la croissance des métropoles tout en marginalisant d’autres espaces. La question centrale devient celle d’un équilibre entre performance, coût et accessibilité pour le plus grand nombre. 

« Quelle place pour les liaisons interrégionales ? » (Quai numéro 2).

Passant d’une Région à l’autre sans pour autant relever de la compétence nationale, les liaisons interrégionales sont souvent des « excroissances » aux services régionaux liées à la géographie, tant du territoire que du réseau ferroviaire. En un mot : une desserte de compétence régionale n’est pas strictement circonscrite au strict périmètre administratif de son autorité organisatrice. Certaines liaisons disparaissent dans un anonymat quasi total. Autre point à souligner, la consistance des dessertes. En faisant abstraction des liaisons avec l’Ile-de-France, certaines transversales sont réduites à leur plus simple expression avec un unique aller-retour par jour. Ce sont évidemment les liaisons dans la situation la plus précaire pour lesquelles un coup de ciseau pourrait vite arriver… d’autant plus aisément que certaines relations sont très discrètes, comme cet aller Paris – Dijon par Troyes et ce retour Dijon – Troyes. Enfin, il ne faut pas négliger la propension de ces liaisons interrégionales à fréquenter les lignes de desserte fine du territoire, surtout lorsqu’elles sont transversales, ajoutant à la complexité du montage administratif de ces dessertes l’état des infrastructures. Faut-il préciser qu’elles ne sont alors pas électrifiées ?

« Contrôle budgétaire - L’impact de la concurrence dans le ferroviaire sur les finances publiques » (Sénat).

Si elle a des avantages indéniables, notamment en termes d’efficience des concours publics consacrés par les autorités organisatrices aux services conventionnés, l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de passagers implique également une série de bouleversements, porteurs de risques pour le système qui ont été insuffisamment anticipés. La concurrence fait baisser les coûts d’exploitation des TER permettant aux régions de proposer plus d’offre pour des concours publics identiques voire de réaliser des économies. Toutefois, au-delà de ce succès, le système ferroviaire se trouve confronté à une série de forces centrifuges qui menacent sa cohérence et qui pourraient, à terme, fragiliser l’attractivité du train. Trop de problèmes identifiés dans le présent rapport, présenté par les rapporteurs spéciaux Mme Marie-Claire Carrère-Gée et M. Hervé Maurey devant la commission des finances le 19 mai 2026, ont été sous-estimés, comme si, les pouvoirs publics avaient fait le choix de s’en remettre aux seules vertus de la concurrence. Les effets de bord de l’ouverture du marché des services librement organisés (SLO), c’est-à-dire le TGV, sur le financement du réseau et l’aménagement du territoire ont été ignorés en dépit d’alertes précoces et de propositions de la part du Sénat. Sur ces enjeux majeurs, la France se retrouve désormais dos au mur.

Les recommandations :

  • Dans le nouveau cadre concurrentiel, en s’appuyant notamment sur SNCF Réseau, l’État doit se mettre en capacité, y compris en renforçant ses moyens à cette fin, d’assurer pleinement le rôle d’intégrateur et de garant du système ferroviaire qui était auparavant assumé par SNCF Voyageurs. 
  • Afin que la pérennité des dessertes TGV d’aménagement du territoire ne repose pas sur le contribuable, créer les conditions permettant de préserver le financement de ces dessertes par les exploitants sans réduire les moyens financiers alloués aux investissements dans le réseau existant. 
  • Pour que la mise en concurrence puisse réellement s’effectuer dans toutes les régions et que celles-ci puissent bénéficier des gains d’efficience budgétaire en résultant, appliquer à certains appels d’offres, la dérogation temporaire à l’obligation de mise en concurrence permise par le droit de l’Union européenne. 
  • Afin d’optimiser les lourds investissements consentis par les autorités publiques pour l’acquisition de rames ferroviaires, l’État, en concertation avec les régions, doit établir une stratégie nationale visant à définir les besoins futurs en termes de matériel roulant des services ferroviaires conventionnés et créer les conditions permettant aux autorités organisatrices qui le souhaitent de passer des commandes groupées aux fabricants. 
  • Dès 2028 et jusqu’à l’échéance des principales concessions autoroutières, assurer, par une combinaison de ressources, le financement de la régénération et de la modernisation du réseau ferroviaire. 

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Géofer, une plateforme pour connaître le potentiel des gares voyageurs et des sites fret

Intensification de la déforestation en Indonésie


Source
: « État de la déforestation en Indonésie en 2025 » (Auriga Nusantara).

Selon les chiffres publiés par l'ONG Auriga Nusantara dans le cadre du rapport Indonesia Deforestation Status 2025 (STADI 2025), la déforestation en Indonésie a atteint un total de 433 751 hectares en 2025, soit une augmentation de 66 % par rapport aux 261 575 hectares enregistrés en 2024. Depuis 2023, Auriga Nusantara publie des données annuelles sur la déforestation en Indonésie. Son objectif est de démocratiser l'accès à ces données et de prévenir les monopoles qui pourraient masquer les réalités du terrain et éloigner les politiques et pratiques publiques de la nécessité concrète d'enrayer la déforestation en Indonésie. Toutes les grandes îles d’Indonésie voient leur couvert forestier reculer, avec des pertes particulièrement marquées à Kalimantan, Sumatra et en Papouasie. Depuis 2013, Kalimantan, la partie indonésienne de Bornéo, reste le principal moteur de la déforestation.

Déforestation sur les principales îles d'Indonésie (en hectares) entre 2021-2025 (source : Auriga Nusantara)


La déforestation en Indonésie est en augmentation depuis plusieurs décennies. La déforestation est due pour une grande part à l'exploitation de palmiers à huile destinée pour l'essentiel à l'exportation d'huile de palme en vue de la fabrication d'agrocarburants, mais aussi à la multiplication des mines à ciel ouvert de charbon, dont l'Indonésie est l'un des premiers producteurs mondiaux, et à l'exploitation de bois tropicaux en vue de l'exportation. Entre 2000 et 2012, l’archipel a perdu plus de 6 millions d’hectares de forêts vierges, avec un record dans les années 2010 à 2015 et une baisse tendancielle depuis lors, en raison de la mise en place d'un moratoire forestier en  2011 et d'un moratoire sur l'huile de palme en 2018. L'arrivée au pouvoir du président Prabowo Subianto en 2024 semble marquer une nouvelle accélération de la déforestation à travers l’archipel. De quoi raviver les critiques sur la responsabilité de l’État dans la gestion des zones protégées.

Évolution de la déforestation en Indonésie entre 2001 et 2024  (source : Auriga Nusantara)


Dans un souci de transparence, ces cartes et analyses de la déforestation sont mises à disposition du public via la plateforme Simontini (Système indonésien d'information sur l'occupation et les usages des sols). Les données et cartes de déforestation pour 2025 ont été élaborées grâce à une combinaison de modélisation spatiale (à partir d'images satellites Sentinel-2 d'une résolution de 10 mètres), d'inspections visuelles et de vérifications sur le terrain. Les zones déboisées ont été détectées à partir des alertes mensuelles de déforestation générées par l'Université du Maryland, lesquelles ont été traitées afin de couvrir des superficies beaucoup plus vastes et ainsi minimiser le risque d'omission de zones déboisées. Pour ce faire, Auriga Nusantara a utilisé comme références les cartes de couverture forestière naturelle produites par MapBiomas Indonesia, le ministère des Forêts, le Centre commun de recherche de la Commission européenne et la base de données Forest Persistence de Google. L'organisation a mené des visites de terrain couvrant 49 321 hectares de sites déboisés dans 38 villages répartis dans 28 districts et 16 provinces de Sumatra, Kalimantan, Sulawesi, Nusa Tenggara, l'archipel des Moluques et la Papouasie.

Cartes et données sur la couverture et l'utilisation des sols en Indonésie pour la période de 1990-2024
(source : MapBiomas Indonesia)


Pour remédier aux problèmes de déforestation, Auriga Nusantara avance les recommandations suivantes :
  1. promulguer des réglementations garantissant la protection de toutes les forêts naturelles restantes en Indonésie ;
  2. se procurer et appliquer des instruments de contrôle des révisions de la planification spatiale ;
  3. accélérer l’expansion des aires de conservation, en particulier en dehors des domaines forestiers ;
  4. redistribuer les responsabilités institutionnelles et le personnel de gestion forestière afin que l’ensemble du couvert forestier soit supervisé et protégé ;
  5. veiller à ce que les entreprises gérant des zones forestières s’engagent à respecter les principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) ;
  6. offrir des incitations aux gouvernements régionaux, aux communautés et aux entreprises qui protègent les forêts naturelles.
Une analyse complète est disponible sous forme de diaporama. Les données SIG de la déforestation en Indonésie en 2025 sont accessibles en téléchargement ou en consultation sur la plateforme Simontini.

Déforestation en Indonésie - comparaison 2023, 2024 et 2025 (source : Simontini)


L'Atlas de Nutansara s'adresse à tous ceux qui s'intéressent au suivi de la déforestation, des incendies, de la dégradation des tourbières et de la régénération forestière en Asie équatoriale. Cette plateforme suit les actions des producteurs d'huile de palme, de pâte à papier, d'exploitation minière et de bois, principaux responsables de la déforestation, afin de garantir que ce qui se passe sur le terrain soit juste, transparent et démocratique. Il rassemble en un seul espace des images satellites (Planet/NICFI, Sentinel-2, Landsat, NOAA-20, S-NPP, Aqua et Terra), des alertes de déforestation quasi en temps réel (RADD ; GLAD), des zones à risque d'incendie (VIIRS et MODIS) et des informations cadastrales. Ce site propose également des reportages et des articles sur la déforestation et les incendies destinés à la société civile et aux journalistes qui analysent les entreprises impliquées, soumettent leurs conclusions aux autorités compétentes et informent le public. Il géoréférence les articles de presse sur la conservation en les associant à des lieux précis afin d'enrichir le contexte.


L'atlas recense quotidiennement les zones à risque d'incendie, l'expansion du réseau routier et ses impacts sur les forêts. Il suit la déforestation à proximité des usines d'huile de palme afin d'améliorer la traçabilité des produits dérivés, dans les aires protégées pour évaluer les résultats des efforts de conservation, et dans les différentes juridictions pour mesurer l'efficacité des politiques gouvernementales de lutte contre la déforestation. 

Pour compléter

On se souvient du film "Green" montrant une femelle orang-outan victime de la déforestation en Indonésie. A  travers les yeux de ce grand singe, Patrick Rouxel a filmé en 2009 un documentaire poignant sur l'impact dévastateur de la déforestation. Ce film de 48 minutes sur l'extinction des orangs-outans est disponible sur ImagoTV.

« Le géant de l'huile de palme Korindo accusé à nouveau d'avoir brûlé illégalement la forêt tropicale de Papouasie » (Mongabay). Une enquête indépendante basée sur des images satellitaires a conclu que le géant de l’huile de palme Korindo a délibérément mis le feu en 2020 pour dégager la forêt tropicale dans sa concession de la province indonésienne de Papouasie.

Jean-Benoît Bouron, « Étudier les relations environnement-sociétés à partir du cas de l'huile de palme à Bornéo », Géoconfluences, décembre 2018. L'étude des liens entre production d'huile de palme et déforestation à Bornéo invite à démêler l'imbrication des acteurs à différentes échelles autour de questions environnementales, sociales, économiques, ou encore de santé publique.

Forêts tropicales défrichées pour des concessions forestières : carte-infographie de l’AFP retraçant le transport du bois à pâte provenant de concessions forestières indonésiennes vers une usine d’emballage chinoise (source : @AFP et Atlas de Nutansara).


« Dans la forêt tropicale indonésienne, un projet de méga-ferme est en cours de développement » (Yale Environment 360). 

Le gouvernement indonésien accélère un vaste projet agricole qui transforme 7 millions d'acres de forêt tropicale en rizières et plantations de canne à sucre. Ses détracteurs affirment qu'il s'agit du plus grand projet de déforestation au monde et qu'il bouleversera la vie de milliers d'autochtones. Situé dans la régence de Merauke, en Papouasie du Sud, sur l'île de Nouvelle-Guinée, ce projet, connu sous le nom de Pôle agroalimentaire, est un objectif de longue date du gouvernement indonésien. En 2023, il a été relancé par Joko Widodo, prédécesseur de Prabowo, en tant que projet stratégique national, ce qui a permis d'accélérer les procédures administratives. Sous l'égide de Prabowo, le projet s'étend désormais sur plus de 7 millions d'acres et son développement s'accélère considérablement. Il prévoit également la création d'une autre exploitation, plus modeste, sur l'île de Bornéo. L'objectif est de produire suffisamment de riz pour mettre fin à la dépendance du pays aux importations et de fournir des millions de tonnes de canne à sucre pour la production d'éthanol, un biocarburant qui contribuera à la réalisation de l'engagement parallèle de Prabowo en faveur de l'autosuffisance énergétique nationale. Cependant, les dommages collatéraux seront importants, préviennent les défenseurs de l'environnement et des droits humains. 

Liens ajoutés le 22 mai 2026

« Pourquoi la profusion de cartes ne nous aide pas forcément à être mieux informés » (The Conversation).

Carl Bethuel (docteur en géographie, Rennes 2) souligne un des paradoxes de notre époque. Satellites, avions, drones et intelligences artificielles nous permettent de cartographier le monde avec une précision inédite. Pourtant, de nombreuses cartes d’un même endroit montrent des réalités différentes. Comment l’expliquer, et comment faire pour ne pas tomber dans du « map-washing » où chacun prendrait la carte qui l’arrange ? L'exemple qui est donné est celui des palmiers à huile : trop de cartes, pas assez de clarté. De nombreux produits cartographiques ont ainsi été développés afin de localiser les plantations et d’en suivre l’évolution, en mobilisant des données et des méthodes variées. Cette diversité offre une pluralité de regards sur un même objet d’étude, constituant une richesse scientifique. Cependant, elle s’accompagne de résultats parfois difficilement comparables. Ainsi quatre cartes de plantations de palmiers à huile sur l’île de Sumatra ont donné quatre mesures différentes de l’étendue de ces plantations, avec une différence de parfois presque 2 millions d’hectares, soit plus que la superficie de la Bretagne. Par exemple, la précision des images utilisées ou la période d’observation peuvent varier, influençant les surfaces estimées. Des divergences dans la définition de ce que l’on cartographie peuvent également générer des résultats différents. Dans le cas des plantations de palmier à huile, une question apparemment simple se révèle en réalité complexe : qu’inclut-on exactement ? Selon les approches, il peut s’agir uniquement de plantations industrielles ou bien comprendre également de petites exploitations paysannes. À cela s’ajoute la question de la temporalité : une plantation mature, immature ou une parcelle en transition ne seront pas toujours représentées de la même manière. Pour les utilisateurs finaux (décideurs publics, ONG ou acteurs privés) cette diversité de méthodes et de définitions peut alors devenir difficile à interpréter.

R. Padfield, S. Math, A. Tyson, C. Wong, P. Gemma, A. Dales, « Transparency or Map-Washing ? Digital Geospatial Visualisation Tools in the Palm Oil Industry » [Transparence ou manipulation de la carte ? Les outils de visualisation géospatiale numérique dans l’industrie de l’huile de palme], https://doi.org/10.1002/bse.4280

C. Bethuel, D. Arvor, T. Corpetti et al., « Applying the Dempster–Shafer Fusion Theory to Combine Independent Land-Use Maps: A Case Study on the Mapping of Oil Palm Plantations in Sumatra, Indonesia » [Application de la théorie de fusion de Dempster-Shafer à la combinaison de cartes d'occupation des sols indépendantes : une étude de cas sur la cartographie des plantations de palmiers à huile à Sumatra, en Indonésie], Teledetection 2025, 17 (2), 234, https://doi.org/10.3390/rs17020234.


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L'ampleur inégale de la déforestation en Amazonie selon Amazon Conservation

Cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux

 

Source : « Retrait-gonflement des argiles : la carte nationale d’exposition évolue » (BRGM).

À la demande de l’État, le BRGM et la Mission risques naturels ont actualisé la cartographie d’exposition au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux, qui cause chaque année des dommages considérables aux bâtiments. Environ 240 000 sinistres dus au retrait-gonflement des sols argileux ont été déclarés entre 2018 et 2022, soit 58% des sinistres survenus depuis 1989 (chiffres Mission risques naturels). Face à cette situation, l’État a demandé au BRGM et à la Mission risques naturels d’actualiser la cartographie d’exposition à ce phénomène. Le nouveau zonage sera applicable dans le cadre de l’article 68 de la loi Élan au 1er juillet 2026.

À compter du 1er juillet 2026, la nouvelle cartographie des zones exposées au retrait-gonflement des argiles s’appliquera aux promesses de vente, aux actes de vente de terrains non bâtis constructibles et aux contrats visés par le Code de la construction et de l'habitation (CCH) en matière de sols argileux. Le sujet est loin d’être marginal : les zones d’exposition moyenne à forte représentent désormais 55 % du territoire métropolitain, contre 48 % auparavant. Ce phénomène, lié aux alternances de sécheresse et de réhydratation des sols est à l’origine de nombreux désordres structurels sur les bâtiments. La nouvelle cartographie résulte d’un croisement entre données géotechniques et sinistralité, avec près de 446 000 sinistres recensés entre 1989 et 2022. Le CCH prévoit dans ces zones, une étude géotechnique préalable en cas de vente d’un terrain non bâti constructible, ainsi que sa transmission avant contrat. Certaines régions sont particulièrement impactées par cette révision, notamment le Centre-Val de Loire, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est, où la part du territoire classée en exposition moyenne à forte progresse fortement. L’Île-de-France est elle aussi concernée.

Carte d’exposition au retrait-gonflement des argiles 2026 (source : © BRGM)

Consulter la nouvelle carte d’exposition sur le site Géorisques

Télécharger les données SIG de la base Retrait gonflement des argiles

En savoir plus sur le retrait-gonflement des argiles


Dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles (RGA)

Pour compléter 

« Aléa argileux : c’est l’un des plus importants risques de catastrophe naturelle mais il est médiatiquement invisible » (The Conversation).

D’après le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et le Ministère de la transition écologique, les dégâts des habitations liés à cet aléa concernent déjà un cinquième du territoire. Ils représentent le premier poste d’indemnisation au titre de l’assurance dommage-ouvrage pour les sinistres touchant les maisons individuelles. C’est-à-dire bien plus que les indemnisations liées aux avalanches, feux de forêt, séismes ou mouvements de terrain. Courant, cet aléa est pourtant très faiblement médiatisé. C’est ce que montre une étude systématique réalisée sur tous les articles de presse publiés dans la presse écrite locale et nationale sur les phénomènes de retrait-gonflement des argiles arrivés dans le Puy-de-Dôme entre 2011/2013 et 2018/2020. Plusieurs raisons ressortent des entretiens menés. La première explication, relativement banale, tient à la dimension peu spectaculaire des aléas argileux comparativement à d’autres aléas à la survenue plus soudaine, comme les inondations, les avalanches ou encore les feux de forêt. D’autres facteurs tiennent à l’organisation des médias qui s’emparent le plus de ces questions : les médias locaux. Obligés de couvrir un vaste territoire, les journalistes locaux qui doivent traiter ces aléas en sont rarement spécialistes. De même, du point de vue des services techniques en charge de la cartographie des zones argileuses risquées, le déploiement d’une communication de prévention ne fait pas partie de leurs missions, a fortiori pour des acteurs qui considèrent que la communication du risque doit avant tout être précise et pédagogique et reposer sur des documents techniques mis à disposition de la population. Dès lors, en l’état, le risque argileux reste présenté comme un risque dépolitisé qui nécessite uniquement des solutions techniques, des solutions dont la mise en œuvre et la responsabilité incombent aux particuliers et non aux responsables politiques en charge de l’aménagement des territoires, y compris des communes les plus sujettes à ce risque.
Cette situation limite la prise de conscience du phénomène par le grand public et la prise de décisions collectives visant à en réduire l’impact.

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Démographie scolaire. Projections d’effectifs d’élèves dans les 1er et 2nd degrés à horizon 2035 (DEPP)


Source : André, P., Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026). Projections d’effectifs scolaires à horizon 2035, Note d'Information, n° 26-09, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-26-09

Les projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 s’inscrivent dans un contexte démographique marqué par une baisse des naissances amorcée depuis 2010 et qui s’est accentuée ces dernières années. Cette évolution entraîne une diminution progressive de la taille des générations entrant dans le système éducatif, qui se traduit d’abord dans le premier degré avant de se répercuter dans le second degré. Au total, la baisse des effectifs s’établirait à 1,7 million d’élèves en dix ans, avec des évolutions contrastées selon les académies et les départements.

Les projections d’effectifs d’élèves reposent sur des hypothèses démographiques liées à l’évolution de la fécondité. Trois scénarios (bas, intermédiaire et haut) encadrent les évolutions possibles. Le scénario intermédiaire retenu ici poursuit la tendance à la baisse mais à un rythme plus modéré jusqu’à se stabiliser en 2030 à 1,5 enfant par femme. Ces projections, établies à partir d’hypothèses nationales, sont déclinées au niveau départemental en tenant compte des dynamiques locales.

Dès la rentrée 2026, la Depp anticipe une baisse des effectifs de 161 000 élèves. Dans le premier degré, le nombre d'élèves s'établirait ainsi à "6,02 millions d'élèves, soit 125 400 élèves de moins qu'à la rentrée 2025 (‑ 2,0 %)". Sur dix ans, les effectifs du premier degré baisseraient de 933 000 élèves, pour atteindre 5,22 millions d'élèves en 2035, soit une baisse de 15,2 %. Dans le second degré, le nombre d'élèves baisserait de 743 800 élèves pour atteindre 4,88 millions en 2035, soit une baisse 13,2 %. Dans le second degré, on compterait "5,58 millions d'élèves, soit 36 200 élèves de moins qu'en 2025 (‑ 0,6 %)". La Depp précise que cette évolution démographique connaîtra "plusieurs phases", avec une première phase jusqu'en 2035 "particulièrement marquée dans le premier degré, notamment dans le préélémentaire" entre 2026 et 2028, puis à partir de 2028 un recul des effectifs qui "se déplacerait progressivement vers le second degré". Puis les effectifs du préélémentaire pourraient "se stabiliser à partir du début des années 2030, voire légèrement augmenter".La Guyane et Mayotte sont les seuls départements qui connaîtront une hausse du nombre d'élèves du second degré d'ici à 2035.

Un Document de travail publié par la DEPP en avril 2026 complète cette analyse :
Barhoumi, M., Miconnet, N., Serre, P. (2026) Projections d'effectifs d'élèves dans les premier et second degrés à horizon 2035, Document de travail - série études, n° 2026-E08, DEPP.

Télécharger les données associées à l'étude au niveau national et académique.

Pour aller plus loin

« Géographies scolaires : quelles évolutions post-covid ? » (La carte du mois du Pôle DATAR de la région Nouvelle-Aquitaine).

Dans la carte du mois de novembre 2025, les dynamiques démographiques ont été analysées à l'échelle des intercommunalités, dans un contexte de baisse de la natalité et de vieillissement de la population. Entre 2011 et 2022, 41% des intercommunalités ont connu une baisse du nombre d'habitants, baisse bien plus forte encore si on se concentre sur les classes d'âges jeunes : 79% des intercommunalités ont connu une baisse du nombre des moins de 30 ans sur la période, 70% une baisse du nombre des 30-59 ans. Nous proposons ce mois-ci d'approfondir l'analyse, en nous focalisant sur la démographie scolaire. Les résultats à l'échelle du pays dans son ensemble sont bien documentés (voir par exemple cette note de Maxime Sbaihi " Des écoles au marché du travail : la marée descendante de la dénatalité"), l'objectif est de les compléter en se situant à des échelles géographiques plus fines.

« Quand la baisse des effectifs scolaires transforme la vie locale : fermetures, regroupements et inégalités entre territoires » (Parlons politique). 
Les projections ministérielles prévoient 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035, avec le premier degré le plus affecté. Ce recul impose des choix locaux : fermetures d’écoles, regroupements ou réorganisation du maillage scolaire selon les territoires. Quand une classe perd des élèves, la promesse est simple : plus d’espace, plus de temps, plus d’attention. Mais dans la vraie vie, la baisse des effectifs peut aussi entraîner des fermetures de classes, des regroupements et des trajets plus longs pour les familles. C’est tout l’équilibre local qui bouge, pas seulement un tableau de statistiques...

« Quand la chute des effectifs transforme l’école de quartier : garantir la proximité scolaire et l’accompagnement des élèves face à la baisse démographique » (Parlons Politique).
Quand les élèves se font plus rares, la question n’est pas abstraite. Est-ce que l’école du quartier restera ouverte ? Est-ce que le trajet pour aller en classe va s’allonger ? Et qui paiera, au bout du compte, la baisse des effectifs : les enfants, les enseignants, ou les communes ? La baisse démographique scolaire touche d’abord la proximité. Puis elle touche l’organisation du service public, surtout dans les territoires où chaque fermeture de classe pèse plus lourd qu’ailleurs. Le ministère dit maintenant vouloir traiter ce sujet comme une transformation de fond, pas comme un simple ajustement comptable.

« École : une chute historique des effectifs sur fond de mobilisation sociale » (Le Café pédagogique).
"Dans un contexte de mobilisation contre les suppressions de postes, cette projection démographique nourrit un débat central : la baisse du nombre d’élèves doit-elle conduire à réduire les moyens, ou au contraire à améliorer les conditions d’enseignement, particulièrement dans le service public d’éducation fragilisé ?"

« Suppressions de postes : la démographie contestée par les syndicats » (Le Café pédagogique).
Au total, 4 000 postes d’enseignants seront supprimés à la rentrée 2026, dans le public comme dans le privé. Malgré la baisse du nombre d’élèves, les organisations syndicales dénoncent des choix budgétaires qui aggravent les inégalités et dégradent les conditions d’enseignement. L'argument démographique est vivement contesté par les syndicats, qui estiment qu’il ne correspond pas aux réalités du terrain.

« Baisse démographique : les effectifs scolaires du public reculent plus vite que ceux du privé » (Banque des territoires)
Une note de l'Institut des politiques publiques montre que la chute de la natalité entraîne une baisse des effectifs scolaires plus importante dans le secteur public que dans le privé. Ce déséquilibre se traduit par une hausse mécanique du poids du secteur privé et contribuerait, par conséquent, à renforcer la ségrégation sociale à l'école. 
Pauline Charousset,  Julien Grenet (2026) « Baisse démographique et dynamiques public-privé : vers une ségrégation scolaire accrue dans les grandes villes ? » Note IPP, n°124, mars 2026.

« Plus de 17 000 écoles ont été fermées en France depuis 40 ans » (France-Info). 
Avec un nombre d’écoles publiques qui passe de 60 059 en 1985 à 42 443 en 2025, la France a connu la fermeture de 17 616 établissements en 40 ans. Franceinfo détaille la localisation de ces fermetures, principalement en zone rurale. Avec un moteur de recherche, il est possible de connaître le pourcentage de diminution d’écoles par département et les fermetures par commune. Par exemple, à Morlaix dans le Finistère, « depuis 1985, 12 écoles ont fermé dans la commune (-66,7%). Dans le département, le nombre d’écoles publiques du premier degré a diminué de 38,8% depuis 1985 ». (voir les données sur les écoles fermées sur Data.education.fr)

« Baisse démographique, réussite des élèves : quel maillage scolaire pour la France de demain ? » (Rapport d'information du Sénat, n°749, 18 juin 2025).
La politique éducative territoriale qui inclut une réflexion sur le maillage des établissements scolaires doit répondre à un impératif : garantir à chaque élève la maîtrise des savoirs fondamentaux et la réussite de son parcours scolaire. Cela suppose de faire de l’école primaire une priorité nationale et d’élaborer un maillage territorial des établissements scolaires – qu’il s’agisse des écoles, collèges ou lycées – avec pour objectif : trouver le bon équilibre entre proximité géographique et qualité de l’offre éducative. 

Rapport public annuel 2026, « Adapter la carte des collèges aux enjeux de la démographie et de la mixité sociale », Cour des comptes, 2026. Entre le manque de mixité sociale dans certains quartiers urbains et la déprise démographique qui fragilise les établissements ruraux, la Cour des comptes tire la sonnette d'alarme pour les collèges. Elle prône une réforme d'ampleur, demande de repenser le maillage territorial et imagine même des regroupements entre écoles, collèges et lycées.

« La compétence scolaire des collectivités territoriales face aux évolutions démographiques et aux défis d'aménagement du territoire » (Rapport d'information du Sénat, n°186, 4 décembre 2025).
Au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, l’élaboration de la carte scolaire reste trop souvent vécue comme un « couperet » s’imposant, sans véritable concertation, aux enseignants, aux parents d’élèves et aux élus locaux. Dans les territoires déjà fragilisés, cette situation est particulièrement critique, la disparition d’une classe ou d’une école pouvant menacer la vitalité même de la commune. Les rapporteurs proposent ici des pistes pour une carte scolaire mieux concertée et plus équitable reposant, d’une part, sur une méthode offrant davantage de prévisibilité, et s’appuyant, d’autre part, sur des critères qualitatifs tenant mieux compte des spécificités territoriales. 

« Éducation : faisons le pari de la proximité »  (Vers le Haut)
Cette étude du think tank Vers Le Haut (présentée au Sénat) propose "des idées et des initiatives pour un pilotage local renforcé". La baisse démographique y est présentée comme une "opportunité de réinventer le pilotage local de l’éducation". Elle constitue "un nouveau chantier de gouvernance éducative". "Une gouvernance éducative inclusive suppose des espaces pérennes de dialogue, de reconnaissance mutuelle et de codécision, capables d’articuler expertise institutionnelle et expertise vécue".

« Actualisation des projections de la population en France à l’horizon 2070 : quelles hypothèses retenir ? » (Blog de l'Insee). 
Combien serons-nous en France en 2070 ? Combien d’enfants à accueillir dans les écoles ? Combien de personnes en âge de travailler ? Combien de seniors ayant besoin d’être accompagnés dans leur quotidien ? Pour répondre à ces questions, l’Insee réalise depuis plusieurs décennies, tous les 5 ans environ, un exercice de projection de la population vivant en France, qui alimente à son tour de nombreux autres exercices de projection.

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Géo-éducation, un portail de cartographie permettant de visualiser des indicateurs sur l’éducation en France

Étudier les inégalités entre établissements scolaires à partir de l'Indice de position sociale (IPS)

Une typologie des communes pour décrire le système éducatif (DEPP-MEN)

Les territoires de l’éducation : des approches nouvelles, des enjeux renouvelés

Etudier les établissements scolaires en lien avec la politique de la ville : intérêt et limites

L'éducation en France, un service public vraiment pour tous ? La réponse en cartes et en graphiques

Etudier les mobilités scolaires à partir des données de déplacements domicile-études de l'Insee

Évolution de la mixité sociale des collèges : des écarts croissants de composition sociale entre secteurs public et privé

Géographie de la formation et de la mobilité étudiante d'après une étude de l'INSEE

Cartographier et comparer le niveau de scolarité dans le monde

Présentation de l'Opportunity Atlas et des problèmes d'interprétation qu'il pose

Atlas des territoires éducatifs à La Réunion


Les déchets augmentent à un rythme alarmant dans le monde (rapport de la Banque mondiale)


Source :  « La montagne de déchets mondiale s'accroît à un rythme alarmant » (The Conversation).

Costas Velis (Université de Leeds) et Ed Cook (Imperial College London) analysent la croissance mondiale des déchets. Leur étude, appuyée sur 217 pays et 262 villes, montre que la production augmente plus vite que les capacités de gestion. Les volumes explosent : 2,6 milliards de tonnes de déchets municipaux en 2022 et 3,9 milliards attendus en 2050. Cette hausse reflète l’urbanisation, la croissance démographique et la consommation, qui redessinent les flux matériels à l’échelle mondiale. La part de déchets mal gérés baisse de 30% à 20%, mais les volumes restent stables autour de 760 millions de tonnes. Concrètement, brûlage, dépôts sauvages et rejets dans les milieux persistent, surtout dans les Suds où les services restent incomplets. Environ 2 milliards d’habitants n’ont pas accès à une collecte formelle. Ils gèrent eux-mêmes leurs déchets, souvent par brûlage à ciel ouvert. Ces pratiques diffusent des polluants toxiques et dégradent l’air, l’eau et les écosystèmes locaux. Le coût constitue un frein majeur. Gérer une tonne coûte 40 à 45 dollars dans les pays pauvres, plus de 200 dans les pays riches. Pourtant, la dépense publique reste inférieure à 0,15% du PIB dans de nombreux pays, bien en dessous des besoins. Le système mondial repose sur un déficit d’investissement. En 2022, la gestion des déchets coûte 250 milliards de dollars, contre 426 milliards attendus en 2050. Les pays à revenu faible et intermédiaire devront investir des centaines de milliards supplémentaires. L’absence de gestion déplace les coûts : pollution, maladies, baisse de la valeur foncière ou impacts sur le tourisme et l’agriculture. Les déchets deviennent un facteur structurant des inégalités territoriales et des vulnérabilités socio-environnementales. La crise des déchets dépasse l’environnement. Elle relève aussi du financement, de la gouvernance et du développement. Sans accélération des investissements, les volumes mal gérés resteront élevés et continueront de dégrader les territoires. 

Référence scientifique :

Cook, Ed, Ionkova, Kremena, Bhada-Tata, Perinaz, Yadav, Sonakshi, Van Woerden, Frank (2026). « What a Waste 3.0. Global Snapshot of Solid Waste Management toward Circularity until 2050 » [Aperçu mondial de la gestion des déchets solides vers une économie circulaire à l’horizon 2050]. Collection Développement urbain. Washington, DC : Banque mondiale. https://openknowledge.worldbank.org/entities/publication/8f74a308-a490-4743-8cd4-9539fd8c3f52

Ce rapport est la troisième édition (2026) de la série « What a Waste » du Groupe de la Banque mondiale, faisant suite aux publications de 2012 et 2018. Elle actualise et enrichit ces publications précédentes et fournit un ensemble de données de référence mondial sur les déchets solides municipaux dans le contexte de la transition vers l'économie circulaire, en s'appuyant sur les données publiques les plus récentes provenant de 217 pays et économies et de 262 villes. Cette édition consolide les données relatives à la production, la composition, la collecte, le traitement et l'élimination des déchets, et présente les tendances par région et par groupe de revenu. Elle inclut également des informations sur la législation, les dispositifs institutionnels, la gestion des plastiques, la participation du secteur privé, l'emploi, les impacts environnementaux, ainsi que les coûts et le financement des services municipaux de gestion des déchets.

Génération de déchets par pays en kg par habitant et par jour (source : What a Waste 3.0 - Worldbank)


Les pratiques de gestion des déchets varient considérablement selon le niveau de revenu et la région. Alors que près de 100 % des déchets solides municipaux dans les pays à revenu élevé sont gérés dans des installations contrôlées répondant ainsi à l’objectif de développement durable (ODD), seulement 3% des déchets dans les pays à faible revenu sont gérés dans des installations contrôlées, la plupart des déchets étant soit non collectés, soit éliminés dans des décharges sauvages. À l’échelle mondiale, la mise en décharge demeure la méthode de gestion des déchets la plus courante, représentant 29 % de l’ensemble des déchets, suivie par la valorisation des matériaux par le recyclage, le compostage et la méthanisation (21 %), et l’incinération avec valorisation énergétique (20 %). Les 30 % de déchets restants produits dans le monde sont soit déversés à ciel ouvert, soit ne sont pas collectés du tout, un défi particulièrement aigu dans les pays à faible revenu et dans les régions à forte croissance démographique comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud.

Traitement, élimination et déchets non collectés par région (source : What a Waste 3.0 - Worldbank)

Les déchets plastiques constituent un sujet de préoccupation majeur. Près de 29 % de tous les déchets plastiques, soit 93 millions de tonnes par an, sont gérés de manières inadéquates (13 % sont traités dans des installations non contrôlées telles que des dépotoirs et 16 % ne sont pas collectés). Les pays à revenu intermédiaire sont la principale source de déchets plastiques non gérés, représentant 87 % du total mondial. L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est et le Pacifique produisent les plus grandes quantités de déchets plastiques non gérés, respectivement 15 millions de tonnes, 14 millions de tonnes et 12 millions de tonnes. 

Génération de déchets plastiques solides par pays (source : What a Waste 3.0 - Worldbank)



Génération de déchets plastiques et mode de gestion par région (source :  What a Waste 3.0 - Worldbank)

Télécharger le rapport complet (en anglais)

Télécharger le résumé du rapport (en français)

Les données sont fournies sous forme de tableaux à la fin du rapport en anglais. Elles permettent d'étudier la génération de déchets par pays en tonnes par an en fonction de la population, avec des estimations pour 2030, 2040 et 2050. Elles permettent en outre d'analyser la part de déchets collectés, traités, recyclés ou abandonnés. Les sources des données sont précisées pour chaque pays. 

Pour compléter

« Les décharges formelles et informelles en France, de la montagne de déchets à la colline végétalisée » (Géoconfluences). 

La consommation des entreprises et des ménages produit une quantité importante de déchets chaque année, dont une partie seulement est recyclée ou valorisée. Tout ce qui reste doit être stocké dans des installations dédiées, communément appelées "décharges". Cet article s’intéresse à ces espaces qui enfouissent et cachent ce dont nous ne voulons plus, entre renaturation des installations légales et gestion des décharges sauvages existantes.

« Gestion des déchets dans l’UE : que fait l'Union européenne ? » (Parlement européen). 

Chaque Européen a produit en moyenne cinq tonnes de déchets en 2022, ce qui représente un total de plus de 2,2 milliards de tonnes. Environ 38,4 % de tous les déchets provenaient du secteur de la construction (38,4 %), suivi par l'exploitation minière et les carrières (22,7 %), les services de gestion des déchets et de l'eau (10,5 %), la fabrication (10,4 %) et les ménages (8,9 %). D'autres activités économiques, principalement les services (5,2 %) et l'énergie (3,0 %), ont généré la partie restante (9,2 %). Les déchets valorisés représentaient plus de la moitié des déchets totaux (61,4 %) en 2022. Les déchets restants ont été soit mis en décharge (30,2 %), incinérés sans récupération d'énergie (0,4 %), soit éliminés d'une autre manière (8,0 %). Les déchets municipaux comprennent les déchets générés par les ménages, les commerces, les bureaux et les institutions publiques. Ils représentent environ 10 % des déchets totaux et sont gérés par les autorités municipales. La part des déchets municipaux recyclés est passée de 19 % en 1995 à 48 % en 2022, tandis que, sur la même période, la part des déchets mis en décharge a chuté de 61 % à 23 %. Conformément à la directive européenne sur les décharges, les pays de l'UE doivent réduire la quantité de déchets municipaux envoyés en décharge à 10 % ou moins des déchets municipaux totaux générés d'ici 2035. En 2022, le volume de déchets municipaux générés variait considérablement entre les pays de l'UE, allant de 301 kilos par habitant en Roumanie à 803 kilos par habitant en Autriche.


« Les e-déchets  augmentent cinq fois plus vite que leur recyclage » (ONU).

Seulement 20%% des déchets électriques et électroniques sont traités via des filières de recyclage officielles malgré leur valeur est estimée à 55 milliards d’euros. Moins d’un quart des 62 millions de tonnes de déchets électroniques produits en 2022 ont été recyclés, entraînant des pollutions de métaux lourds, de plastiques et de produits chimiques toxiques, alerte un rapport de l’ONU, relevant que ces « e-déchets » augmentent cinq fois plus vite que la quantité recyclée. Selon l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche (UNITAR) et l’Union internationale des télécommunications (UIT), chaque personne génère annuellement en moyenne 7,8 kilogrammes de déchets électroniques sur la planète. Ce volume record de 62 millions de tonnes (Mt) est en hausse de 82 % par rapport à 2010. Ce chiffre est même en passe d’atteindre 82 millions de tonnes d’ici à 2030.

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La cartographie des déchets plastiques dans les fleuves et les océans

La crise des décharges toxiques en Europe révélée par un projet de cartographie novateur

Données de limites administratives à l'échelle mondiale (Banque mondiale)


L’accès à des données cohérentes, comparables et fiables décrivant les variations à l'échelle infranationale constitue une difficulté constante. Le Groupe des données sur le développement de la Banque mondiale a lancé un nouvel ensemble de données sur les frontières mondiales dans le cadre de son programme Space2Stats. Il couvre les pays (ADM0), les provinces/États (ADM1) et les districts (ADM2).

Les jeux de données de frontières existants, tels que GADMGeoBoundaries ou Natural Earth sont largement utilisés, mais ils ne sont pas toujours conformes aux normes cartographiques de la Banque mondiale ni à son calendrier de mise à jour. Le nouveau jeu de données remédie à ce problème. Le Groupe des données de la Banque mondiale a collaboré avec l'Unité de cartographie pour produire un ensemble de données mondiales sur les frontières, normalisé, à haute résolution et régulièrement mis à jour.

Fonds de cartes SIG avec limites administratives à l'échelle infranationale (source : Banque mondiale)

Ces fichiers de limites administratives sont régulièrement mis à jour. Vous pouvez les télécharger depuis le Centre de données de la Banque mondiale, les explorer via sa plateforme geoweb ou l'intégrer dans vos applications via son API Data360. Les limites administratives sont disponibles également sur la plateforme ArcGis d'ESRI.

Chaque option de téléchargement (format shapefile, GeoPackage ou GeoJSON) inclut les zones administratives 0, 1 et 2, les zones à statut juridique indéterminé (NDLSA) ainsi qu'un masque océanique. Un fichier de lignes pour la zone administrative 0 (à des fins de visualisation, avec les instructions de dessin spécifiques à la Banque mondiale) est également disponible dans le dossier shapefile. Un dictionnaire de données et des colonnes d'informations supplémentaires, pouvant être associées aux fichiers des zones administratives 1 et 2, sont disponibles en téléchargement séparé. 

La Banque mondiale fournit par ailleurs des ensembles de données thématiques à couverture mondiale (à télécharger ou à consulter directement sur sa plateforme geoweb) :

  • Démographie. Population totale en 2025, ventilée par âge et par sexe. (WorldPop)
  • Degré d'urbanisation. Population et nombre de cellules dans différentes classes rurales/urbaines. (GHSSMOD)
  • Lumières nocturnes. Somme des valeurs de luminosité mesurées par le satellite VIIRS
  • Exposition aux inondations. Population exposée à des inondations de plus de 15 cm, période de retour de 1 sur 100. (Fathom v3 et WorldPop)
  • Surface bâtie (en m²) par périodes de 5 ans (GHSL)
  • Série chronologique climatique. Indice mesurant la gravité de la sécheresse basé sur les anomalies de précipitations (SPI)
Jeux de données thématiques accessibles sur la plateforme géoweb (source : Banque mondiale)

A noter : on peut se demander pourquoi la Banque mondiale continue à diffuser ses données en projection Mercator, alors que d'autres organisations internationales (à commencer par l'ONU) l'ont abandonnée depuis longtemps. Il est possible de reprojeter les données dans un SIG, mais cela demande un peu de temps et de formation.

Chaque année, la Banque mondiale classe les économies mondiales en quatre groupes de revenus : faible, moyen-inférieur, moyen-supérieur et élevé. Ces classifications, mises à jour chaque année le 1er juillet, sont basées sur le revenu national brut (RNB) par habitant de l’année précédente, exprimé en dollars américains. Depuis la fin des années 1980, la classification des pays en fonction de leurs revenus a évolué. Le nombre de pays à faible revenu a diminué de façon constante, tandis que celui des pays à revenu élevé a augmenté (voir les données).

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Atlas of the Human Planet 2020. Pour des géodonnées ouvertes et gratuites

Cartographier l'empreinte humaine à la surface du globe

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Données carroyées de population à l'échelle mondiale sur le site WorldPop


Cartographie haute résolution des sols et des paysages de Grande-Bretagne


Un nouvel ensemble de cartes haute résolution des sols et des paysages de Grande-Bretagne a été développé afin de soutenir les outils en ligne utilisés par les agriculteurs et les gestionnaires fonciers, ainsi que les futures recherches en sciences environnementales. Ces cartes, créées dans le cadre du programme AgZero+, visent à fournir des informations plus détaillées, harmonisées et facilement actualisables sur les aspects clés des sols qui sous-tendent les écosystèmes et la production alimentaire du Royaume-Uni.

Des sols sains jouent un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité, l'amélioration de la résilience climatique et la production alimentaire. Cependant, sans cartographie précise et actualisée, les pratiques de gestion des terres risquent de contribuer à l'érosion, au tassement et à la perte de matière organique des sols – autant de menaces majeures pour la santé des sols à long terme et, en fin de compte, pour la société et l'environnement en général.

Bien que le Royaume-Uni dispose déjà de vastes données sur les sols, les nouvelles cartes offrent des informations faciles à interpréter avec un niveau de détail spatial plus fin, une cohérence sur l'ensemble de la Grande-Bretagne et une plus grande capacité de mises à jour régulières à mesure que les conditions environnementales évoluent, garantissant ainsi leur pertinence à long terme.

Pour élaborer ces cartes, des ensembles de données à l'échelle nationale sur la géologie, l'hydrologie, le relief et l'occupation des sols ont été combinés. Ces facteurs, qui déterminent la formation et l'évolution des sols, ont été intégrés afin de produire une nouvelle carte haute résolution de 13 classes de sols couvrant l'ensemble de la Grande-Bretagne.

Carte des sols en Grande-Bretagne répartis selon 13 pédotypes (source : UKCEH, 2026)



Classe

Nom

Code couleur

Sol léger et bien drainé

#009292

Sol léger, moyennement à mal drainé

#004949

Sol moyennement bien drainé

#b6dbff

Sol moyennement mal drainé

#6db6ff

Sol moyennement mal drainé

#006ddb

Sol argileux lourd 

#924900

Sol calcaire peu profond

#24ff24

Sol non calcaire peu profond

#ffff6d

Sols alluviaux et côtiers 

#db6d00

10 

Sol organo-minéral bien drainé

#b66dff

11 

Sol organo-minéral moyennement à mal drainé

#490092

12 

Sol tourbeux

#920000

13 

Sols fortement perturbés ou excavés

#d9d9d9



L'ensemble de données est disponible pour une utilisation non commerciale via le Centre de données d'information environnementale du Royaume-Uni.

Cet ensemble de données contient des cartes à l'échelle nationale présentant diverses caractéristiques des sols et des paysages de Grande-Bretagne, datant d'environ 2020. Les principales catégories de matériaux parentaux des sols incluent la texture, le drainage, la profondeur, la teneur en matière organique et en carbonate de calcium. Les informations topographiques comprennent les classes de relief, l'indice topographique d'humidité et les indices de planéité des fonds de vallée et des crêtes.

L'ensemble de données complet comprend 9 cartes raster à une résolution de 50 x 50 mètres, couvrant intégralement l'Angleterre, l'Écosse et le Pays de Galles. L'Irlande du Nord a été exclue faute de données tierces accessibles permettant d'appliquer notre cadre de classification. L'ensemble de données est considéré comme représentatif des sols et des paysages en 2020, d'après les cartes de teneur en carbone organique du sol et de localisation des carrières et des décharges utilisées. Il convient toutefois de souligner que plusieurs propriétés du sol, telles que la texture, la profondeur, la teneur en carbonate de calcium et le drainage, reflètent des conditions à beaucoup plus long terme.

Référence scientifique :
Feeney, CJ; Robinson, DA; Lawley, R.; Holbrook, H.; Dhiedt, E.; Williamson, JL; Tye, AM; Redhead, JW (2026). National scale maps of parent material properties, terrain and soil natural capital units at 50 metre resolution for Great Britain, 2020. NERC EDS Environmental Information Data Centre, NERC, EDS. https://doi.org/10.5285/5bcd927d-8114-4937-af7e-258cfd137109

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Première carte mondiale de la température des sols

Carte des anomalies de températures à la surface du sol