Les chiffres de la démographie de la France en 2025 (Insee)


Source : « En 2025, le solde naturel en France est négatif pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale » (Bilan démographique 2025 - Insee Première)

La démographe Hélène Thélot présente le bilan démographique 2025 de la France. L’étude analyse naissances, décès, migrations et structures par âge. Elle montre une rupture historique. Pour la première fois depuis 1945, le solde naturel devient négatif.  Au 1er janvier 2026, la France compte 69,1 millions d’habitants, soit +0,25% en un an. Cette croissance ne vient plus des naissances mais du solde migratoire, estimé à +176 000 personnes en 2025. Depuis 2010, les naissances ont chuté de 23,6%. Cette baisse ne vient pas du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants, mais du recul durable de la fécondité. L’indicateur conjoncturel de fécondité descend à 1,56 enfant par femme. C’est un niveau inédit depuis la Première Guerre mondiale. La baisse touche surtout les 25-34 ans. L’âge moyen à la naissance atteint 31,2 ans pour les femmes et 34,1 ans pour les hommes. Les décès augmentent de 1,5% en 2025 et atteignent 651 000. Cette hausse s’explique par une grippe hivernale sévère, mais surtout par l’arrivée des générations du baby-boom à des âges de forte mortalité. 

Les projections évoquent jusqu’à 800 000 décès annuels vers 2040. L’espérance de vie progresse encore légèrement. Elle atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. L’écart entre les sexes se réduit. Ce vieillissement par le haut modifie profondément les équilibres démographiques et sociaux du territoire français. En 2026, les 65 ans ou plus représentent 22,2% de la population, presque autant que les moins de 20 ans, à 22,5%. En 2006, ces parts étaient très différentes. La France entre dans une phase de vieillissement accéléré, comparable à celle observée dans le reste de l’UE. Le bilan montre une transition démographique achevée. La France rejoint la majorité des pays européens au solde naturel négatif. Vieillissement, baisse durable de la fécondité et rôle central des migrations redessinent les dynamiques territoriales, économiques et sociales à long terme.

Traitement du sujet dans les médias

« Population, naissances, espérance de vie : carte d’identité de la France en trois graphiques »  (La Tribune).
"Ce qui frappe, c’est à quel point, en quelques années, le solde naturel a diminué en raison de la diminution rapide des naissances », a relevé Sylvie Le Minez, cheffe de l’unité des études démographiques et sociales de l’Insee. On remarque, en parallèle, une tendance haussière concernant les décès, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité des générations nombreuses du baby-boom (les personnes nées entre 1945 et 1975)".

« La France a enregistré plus de décès que de naissances en 2025, une première depuis la fin de la seconde guerre mondiale » (Le Monde).
"Cette nouvelle donne ouvre des perspectives qui dépassent les seules considérations démographiques ; elle pose la question du financement de la dépendance et des métiers du care, peu valorisés mais essentiels dans l’accompagnement des personnes âgées, interroge les décisions à court et moyen termes en matière de politique familiale et d’emploi, et appelle enfin à assumer des choix concernant le recours à l’immigration, dans un marché européen à cet égard concurrentiel".

« Plus de décès que de naissances : 2025, l'année du grand basculement démographique » (Les Echos).
"La tendance amorcée au printemps 2025 où le solde naturel du pays avait basculé dans le rouge s'est donc confirmée. Ce qu'aucun démographe n'avait imaginé voir advenir si tôt. L'Insee anticipait un croisement des courbes des naissances et des décès en… 2035. L'évolution démographique du pays est devenue un sujet de préoccupation majeur pour la classe politique. « La fin programmée de la croissance démographique remet en question les fondements de notre modèle socio-économique », résume dans une interview aux « Echos » Pauline Rossi, prix du meilleur jeune économiste du « Monde » et du Cercle des économistes en 2023, qui publie ces jours-ci « Le Déclin démographique, une urgence économique ».  Une mission d'information sur la baisse de la natalité a été créée à l'Assemblée nationale à l'initiative du groupe Horizons et Indépendants. La consultation citoyenne lancée dans la foulée a confirmé un fort attachement à la parentalité des Français. Mais les jeunes adultes ne souhaitent plus avoir autant d'enfants que dans le passé. Selon une étude récente de l'Institut national d'études démographiques (Ined), le nombre idéal à leurs yeux est désormais de 2,3, contre 2,7 en 1998. De plus, l'arrivée du premier enfant est de plus en plus tardive. «Le désir d'enfant reste élevé, mais la fécondité chute. Cela place la France dans une situation inédite », relève Jérémie Patrier-Leitus, le rapporteur de la mission. Une enquête de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) présentée la semaine dernière montre que le manque de confiance dans l'avenir et le coût de l'enfant sont les deux premiers freins au projet familial. Les ruptures dans la politique familiale pèsent également. « Les politiques publiques doivent se donner comme but d'aider les gens à avoir le nombre d'enfants qu'ils souhaitent », a plaidé Bernard Tranchand, le président de l'Unaf".

« Solde naturel négatif, 69 millions de Français, unions en hausse : les cinq chiffres à retenir du bilan démographique de l’Insee » (Libération). 
"Si la baisse des naissances se poursuit, la population continue à augmenter légèrement. Avec une augmentation de 1,4%, les unions ont la forme. En 2025, l’Insee recense 251 000 mariages, dont 7 000 entre personnes de même sexe (2,9 % du total). En 2024, 197 000 pacs (pacte civil de solidarité) ont été enregistrés, dont 10 400 entre personnes de même sexe (5,6 %). Après un rebond de 2,7 % l’an dernier, les mariages continuent d’augmenter, avec + 1,4 % cette année. «On s’attendait à un rattrapage progressif par rapport aux années de pandémie, indique Sylvie Le Minez. Mais on s’aperçoit que ça va au-delà.» Depuis 2010, une baisse était observée tant du côté des mariages que pour les pacs. Un potentiel regain d’intérêt, notamment pour les mariages, que l’institut entend surveiller dans les années à venir."

« Le solde démographique négatif, une réalité qui gagne toute l’Union européenne » (La Croix).
"Alors que la France a enregistré cette année plus de décès que de naissances, l’Union européenne connaît cette réalité depuis 2015, selon les chiffres compilés par Eurostat. Depuis 2020, le nombre de décès dans l’Europe des 27 dépasse même chaque année de plus d’un million celui des naissances. Selon les chiffres compilés par Eurostat, le solde naturel de l’Union européenne (Royaume-Uni compris jusqu’en 2020) est devenu négatif en 2015. Depuis 2020, le nombre de décès dans l’Europe des 27 est même devenu supérieur, chaque année, de plus d’un million à celui des naissances. La France est le dernier grand pays de l’UE à basculer en négatif. Depuis sa réunification en 1990, l’Allemagne a toujours connu moins de naissances que de décès, tandis que le solde naturel italien est passé en négatif en 1993, le solde polonais en 2013 et le solde espagnol en 2015, précise Eurostat. Selon les chiffres les plus récents d’Eurostat, en 2024, la France, l’Irlande, la Suède, Chypre, le Luxembourg et Malte étaient les seuls pays de l’Union à afficher un solde naturel positif, soit six pays sur 27. Le Danemark est lui à l’équilibre.Malgré un solde naturel négatif depuis une décennie, la population de l’Europe des 27 a continué à augmenter ces dernières années, tirée par un solde migratoire positif. Mais selon ses dernières projections publiées en 2023, l’Union européenne s’attendait, dans son scénario central, à atteindre un pic de population en 2026, avant d’entamer une lente décrue à partir de 2027."

Avec la baisse démographique, le nombre d’élèves continue de chuter en France : quel impact pour l’école ? (Ouest-France).
"À l’école, cette baisse démographique est observée par l’Éducation nationale depuis de longues années. Les élèves sont de moins en moins nombreux, et les conséquences sont nombreuses pour les familles et les collectivités. « Nous connaissons une chute démographique massive, avec 150 000 élèves de moins attendus à la rentrée 2026, annonçait récemment le ministre Édouard Geffray dans Ouest-France . C’est considérable. Nous n’avons jamais été confrontés à une telle situation. » Ces dernières années, la France perdait en moyenne 100 000 élèves par an. Conséquence : entre 2015 et 2024, 3 000 écoles publiques ont été fermées, sur 47 400 comptabilisées à ce jour dans l’hexagone. Et à chaque annonce de la carte scolaire, qui redessine la répartition des classes à chaque rentrée au sein d’un département, parents et enseignants manifestent pour sauver leur établissement." 

Pour compléter

« Les populations de référence des communes au 1er janvier 2023. La population française continue de croître, le solde naturel y contribue de moins en moins » (Insee Focus).

"Entre 2017 et 2023, les littoraux atlantique et méditerranéen continuent de gagner des habitants (figure 2a). Les métropoles régionales de Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Rennes connaissent une hausse annuelle de la population de leur aire d’attraction supérieure à 1 %. Inversement, une large diagonale allant du nord‑est au sud‑ouest concentre les baisses de population en raison d’un solde naturel très négatif, compensé par le solde migratoire apparent uniquement dans le sud du pays. Cinq communes de plus de 100 000 habitants connaissent une croissance annuelle supérieure à 1 % : en premier lieu Villeurbanne, puis Montpellier, Toulouse, Rouen et Rennes. Elles tirent leur croissance à la fois du solde naturel et du solde migratoire apparent. À l’opposé, les populations de Mulhouse et Paris ont les plus fortes diminutions relatives malgré un solde naturel favorable. Paris connaît ainsi la deuxième plus forte baisse de population, en pourcentage, parmi les communes de plus de 100 000 habitants. L’excédent des naissances sur les décès ne compense pas le déficit des départs sur les arrivées".

Taux d'évolution annuel moyen de la population entre 2017 et 2023 (source : Insee Focus)



Évolution de la population par tranches d'âge (Carte du mois - Novembre 2025Région Nouvelle- Aquitaine, Direction de l'Intelligence Territoriale, de l'Evaluation et de la Prospective). 

De nombreux territoires misent sur l'attractivité vis-à-vis des jeunes pour assurer leur développement futur. L'analyse par tranche d'âge des dynamiques démographiques proposée dans ce récit montre que beaucoup de paris seront perdus : si 41% des intercommunalités connaissent une baisse de la population, elles sont 79% à connaître une baisse de la catégorie des moins de 30 ans et encore 70% dans ce cas pour les 30-59 ans. La baisse tendancielle de la population que connaissent un nombre croissant de territoires s'accompagne donc d'une déformation importante de la structure par âge de tous les territoires, qui conduit à une baisse tendancielle bien plus générale des catégories d'âges jeunes. Ces évolutions sont lourdes de conséquences pour les territoires, car les besoins diffèrent en fonction de l'âge des habitants, que l'on parle éducation, santé, commerces, emploi, culture... Les ressources des collectivités, qui dépendent en partie du nombre d'habitants, sont également impactées. Documenter précisément les dynamiques à l'oeuvre pour chacun des territoires est donc indispensable pour mieux anticiper, et donc mieux préparer, l'avenir.

Évolution de la population par âge entre 2011 et 2022 en France hexagonale (source : Région Nouvelle- Aquitaine)

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Cartographie des populations côtières confrontées aux risques liés à l'eau


Source : Olli Varis, Maija Taka, Matti Kummu (2026). Mapping world’s coastal population facing water-related risks [Cartographie des populations côtières mondiales confrontées aux risques liés à l'eau], Geography and Sustainabilityhttps://doi.org/10.1016/j.geosus.2026.100411

Des chercheurs de l’Université Aalto analysent la répartition mondiale des populations côtières exposées aux risques liés à l’eau. Leur étude cartographie submersions, inondations et stress hydrique à l’échelle globale. Les auteurs montrent que la concentration humaine sur les littoraux s’accroît plus vite que la moyenne mondiale. Près de 40% de la population vit à moins de 100 km des côtes, souvent dans des deltas et plaines basses très exposés aux aléas hydrologiques. L’étude combine données démographiques fines, élévation du niveau marin, inondations fluviales et pénurie d’eau douce. Cette approche intégrée révèle des zones cumulant plusieurs risques, notamment en Asie du Sud et du Sud-Est, mais aussi en Afrique de l’Ouest. Les auteurs soulignent que l’élévation du niveau de la mer, estimée à environ 3 à 4 mm par an à l’échelle globale, amplifie l’exposition des grandes villes côtières, en particulier là où l’urbanisation rapide dépasse les capacités d’adaptation. Les deltas densément peuplés comme ceux du Gange-Brahmapoutre, du Nil ou du Mékong concentrent des dizaines de millions d’habitants. Ces espaces cumulent subsidence, salinisation des sols et crues plus fréquentes liées au changement climatique. L’étude insiste sur les inégalités socio-spatiales face aux risques. Les pays à faibles revenus regroupent une part disproportionnée des populations exposées, avec des infrastructures hydrauliques et de protection souvent insuffisantes ou inégalement réparties. Les auteurs plaident pour une meilleure anticipation territoriale. La cartographie des risques hydriques côtiers doit guider l’aménagement, la protection des écosystèmes littoraux et les politiques de relocalisation ou d’adaptation des populations. Les risques liés à l’eau sur les côtes ne sont pas seulement climatiques mais profondément géographiques, car ils résultent de l’interaction entre dynamiques naturelles, densités humaines et choix d’urbanisation. 

Résumé graphique des facteurs de risques, exposition et vulnérabilité des zones côtières (source : Varis et al., 2026)

Pour compléter

Ohenhen, LO, Shirzaei, M., Davis, JL et al. (2026). Global subsidence of river deltas [Subsidence globale des deltas fluviaux]. Nature. https://doi.org/10.1038/s41586-025-09928-6

Des chercheurs publient une analyse globale de l’enfoncement des deltas fluviaux. À partir d’images radar satellitaires, ils montrent que la subsidence constitue aujourd’hui une menace majeure pour la durabilité des deltas habités. Les deltas ne couvrent qu’environ 1% des terres émergées mais accueillent 350 à 500 millions d’habitants et de grandes métropoles. Très bas, souvent à moins de 2 m au-dessus du niveau marin, ils concentrent populations, infrastructures, agriculture et écosystèmes stratégiques. L’étude analyse 40 deltas sur cinq continents grâce au radar Sentinel-1 entre 2014 et 2023. Tous les deltas s’enfoncent en moyenne. Plus de la moitié présentent des taux supérieurs à 3 mm par an, et 13 dépassent la hausse actuelle du niveau marin. Environ 460 000 km² de surfaces deltaïques sont concernés par la subsidence. Dans près de deux tiers des deltas étudiés, plus de 50% des surfaces s’enfoncent. Les régions les plus touchées sont l’Asie du Sud, de l’Est et du Sud-Est, très densément peuplées. Les causes sont majoritairement humaines. L’extraction d’eaux souterraines apparaît comme le facteur dominant dans de nombreux deltas. S’y ajoutent la réduction des apports sédimentaires par les barrages et l’urbanisation rapide qui alourdit et artificialise les sols. Ils montrent un fort contraste d’adaptation. Les deltas riches disposent de capacités de gestion mais restent vulnérables. Les deltas des pays à revenu faible ou intermédiaire cumulent subsidence rapide et faible préparation institutionnelle, exposant des centaines de millions de personnes. La subsidence est un risque immédiat, local et potentiellement réversible. Contrairement au climat global, elle peut être freinée par des politiques ciblées. Gérer les deltas exige donc de traiter l’enfoncement du sol au même titre que la montée des mers. 

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Cartes et données sur les types de revêtements routiers pour 50 pays et régions d'Afrique


Source
: Liu, Z., Zhou, Q., Zhang, F., et Basommi Laari, P. (2026).The first road surface type dataset for 50 African countries and regions, Earth System Science Data, 18, 267–285, https://doi.org/10.5194/essd-18-267-2026

Les types de revêtement routier non seulement ont une influence sur l'accessibilité des réseaux routiers et le développement socio-économique, mais constituent également une source de données essentielle pour l'évaluation de l'Objectif de développement durable (ODD) 9.1 des Nations Unies ("Mettre en place une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation"). Les recherches existantes indiquent qu'en Afrique, le taux de routes pavées est généralement faible, ce qui freine le développement socio-économique local. Bien que la Fédération routière internationale (IRF) fournisse des données statistiques sur la longueur et le taux de pavage des routes pour certains pays africains, ces données ne couvrent pas l'ensemble du continent et ne précisent pas le type de revêtement de chaque route, ce qui complique la prise de décision pour l'amélioration des infrastructures routières en Afrique. Pour combler cette lacune, cette étude a créé le premier jeu de données pour 50 pays et régions d'Afrique, en intégrant le type de revêtement de chaque route. Ce travail a été réalisé grâce à des données géospatiales multisources et un modèle d'apprentissage profond tabulaire. La méthodologie principale a consisté à concevoir 16 indicateurs indirects répartis en trois dimensions – dérivés de cinq jeux de données géospatiales ouverts (données routières OpenStreetMap, données du PIB, données de répartition de la population, données de hauteur des bâtiments et données d'occupation des sols) – afin de déduire les types de revêtement routier à travers l'Afrique. 

Visualisation de l'ensemble de données sur les types de surfaces routières pour
50 pays et régions d'Afrique (source : Liu et al., 2026)

L’analyse spatiale des taux de pavage des routes africaines aux échelles nationale, provinciale et départementale a révélé un taux moyen de seulement 17,4 % pour l’ensemble des 50 pays et régions. Une tendance claire se dégage, avec des taux de pavage plus élevés au nord et au sud et plus faibles dans la région centrale ; le taux de pavage moyen au nord du Sahara est environ trois fois supérieur à celui de l’Afrique subsaharienne (Afrique du Sud exclue). L'ensemble de données sur les types de revêtements routiers africains développé dans cette étude fournit un soutien en matière de données pour améliorer l'infrastructure routière et évaluer les progrès accomplis vers l'ODD 9.1 en Afrique. Elles facilitent également la recherche sur la façon dont les types de revêtements routiers ont un impact sur la sécurité routière, la consommation d'énergie, les environnements écologiques et le développement socio-économique.  

Ce premier référentiel continental permet des analyses fines à toutes les échelles. Il éclaire les inégalités d’accessibilité (ODD 9.1) et ouvre des perspectives sur les liens entre infrastructures, environnement et développement en Afrique. Le jeu de données est distribué sous licence CC BY 4.0. Ces données peuvent être téléchargées depuis le dépôt de données Figshare à l'adresse https://doi.org/10.6084/m9.figshare.29424107 (Liu et Zhou, 2025).

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Points saillants du climat mondial en 2025 (Copernicus)


Le rapport Global Climate Highlights 2025, compilé par le service Copernicus sur les changements climatiques (C3S) fournit des données climatiques faisant autorité et un aperçu concis à l'échelle mondiale des conditions climatiques de 2025, couvrant notamment la température de l'air, la température de surface de la mer, le stress thermique, l'étendue de la banquise dans l'Arctique et l'Antarctique.

Télécharger la version PDF du rapport

Accès aux données et méthodes

Graphiques tirés du rapport

La tendance au réchauffement climatique s'est poursuivie en 2025. 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée, avec une température moyenne mondiale de 0,59 °C supérieure à la moyenne de la période 1991-2020 et de 1,47 °C supérieure au niveau préindustriel de 1850-1900. Elle était inférieure de 0,13 °C à celle de 2024, l'année la plus chaude jamais enregistrée, et seulement de 0,01 °C à celle de 2023. Chacune des 11 dernières années (2015-2025) figure parmi les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. 

Copernicus propose une galerie de visuels et de graphiques animés à l'appui du rapport, pouvant être réutilisés en contexte d'enseignement ou de formation.

Distribution des anomalies quotidiennes de température de l'air en surface à l'échelle mondiale par rapport à la période 1991-2020 pour chaque année de 1940 à 2025. Source des données : ERA5. Crédit : C3S/ECMWF. Visualisation inspirée des travaux d'Erwan Rivault


Anomalies annuelles de température de l'air en surface pour chaque année de 2001 à 2025, par rapport à la moyenne de la période de référence 1991-2020. Une échelle de couleurs non linéaire est utilisée pour améliorer la visibilité des anomalies de faible amplitude et distinguer les écarts plus importants. Source des données : ERA5. Crédit : C3S/ECMWF.

La température de surface de la mer est restée élevée tout au long de l'année 2025, malgré l'absence de phénomènes El Niño. Le mois de février a enregistré la plus faible couverture de glace de mer mondiale depuis le début des observations satellitaires à la fin des années 1970. Les anomalies de température dans les régions polaires ont été particulièrement élevées, atteignant un niveau record dans la région antarctique et le deuxième niveau le plus élevé dans l'Arctique. En 2025, la moitié du globe a connu plus de jours que la moyenne avec au moins un stress thermique important (une température ressentie de 32°C ou plus ).

Anomalies du nombre de jours en 2025 présentant au moins un stress thermique important (à gauche) et un stress thermique important (à droite), par rapport à la moyenne de la période de référence 1991-2020. Source des données : ERA5-HEAT. Crédit : C3S/ECMWF.

Pour compléter

« 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre » (Yale Climate Connections).

En 2025, la planète a connu sa troisième année la plus chaude jamais enregistrée, selon les données de la NOAA, de la NASA, du service européen Copernicus sur le changement climatique, de Berkeley Earth, de l'Agence météorologique japonaise et du UKMET Office. L'année 2024 reste l'année la plus chaude jamais enregistrée, suivie de 2023 et de très peu 2025. En réalité, Carbon Brief a conclu que 2023 et 2025 étaient pratiquement à égalité pour la deuxième place. Le réchauffement climatique d'origine humaine a poussé les températures mondiales à des niveaux quasi records malgré l'influence du phénomène La Niña, qui a généralement pour effet de freiner la hausse des températures mondiales.

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Carte de l'exposition aux pesticides des établissements scolaires en France


Source
: « Votre école est-elle soumise à une forte "pression pesticide" » ? (Le Monde - Les Décodeurs)

Le journal « Le Monde » a établi, avec un collectif de chercheurs, une carte de France des écoles, collèges et lycées en fonction de leur proximité avec des parcelles agricoles où des pesticides sont utilisés. Selon ces résultats, près d’un établissement sur quatre est soumis à une « pression forte », c’est-à-dire que son environnement proche reçoit au moins un traitement de pesticides à pleine dose par an. Ce travail fait suite à une série d’études robustes sur la surimprégnation des habitants des zones agricoles et sur les risques que présente l’exposition à ces substances chimiques, notamment pour les plus jeunes et les plus sensibles. Il repose sur le recensement des parcelles agricoles, des cultures associées, de l’intensité des traitements utilisés ainsi que sur le calcul de la distance entre les cultures et les écoles, à partir d’indicateurs scientifiques et de bases de données publiques exploitables. Cette cartographie d’intérêt public, permettant à chacun de situer son école, vient combler un manque : si le débat sur la pollution de l’air en ville et ses effets sur la santé des enfants émerge, l’information reste peu disponible, voire absente, lorsqu’il s’agit des expositions possibles aux pesticides en milieu rural et rurbain, a fortiori des enfants.

Les écoles sont, après le domicile, les lieux où les enfants passent le plus de temps, souvent à l’extérieur, dans les cours de récréation. Or, les enfants constituent un public particulièrement sensible aux pesticides, comme le montrent plusieurs études. PestiRiv, une étude de Santé publique France et de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) destinée à connaître l’exposition aux pesticides des personnes vivant près de vignes, a mis en évidence une surimprégnation chez les plus jeunes résidents de zones viticoles. Et leurs conclusions sont « extrapolables à d’autres cultures, car les résultats concernent également des substances non exclusives du traitement de la vigne », précisent ses auteurs. Les établissements scolaires sont par ailleurs déjà reconnus comme des sites sensibles dans la réglementation, mais avec des protections jugées faibles ou trop hétérogènes.

Auteurs et méthodologie

Coordonné par Le Monde, le baromètre de la « pression pesticides » autour des établissements scolaires est le fruit d’une collaboration de plusieurs mois avec un collectif pluridisciplinaire constitué d’une dizaine d’experts, parmi lesquels Adrien Guetté (maître de conférences en géographie de l’environnement à l’université de Tours), Aurélien Chayre (ingénieur agronome à Solagro), Colin Fontaine (chargé de recherche CNRS - Centre d’écologie et des sciences de la conservation), Matthieu Mancini (docteur en épidémiologie, ingénieur bio-informaticien), Benjamin Nowak (maître de conférences en agronomie à VetAgro Sup - UMR Territoires), Karine Princé (chargée de recherche au Centre d’écologie et des sciences de la conservation), Stanislas Rigal (chargé de recherche à la Fondation pour la recherche sur la biodiversité), et des scientifiques du Joint Research Centre de la Commission européenne. La méthodologie et les données issues des analyses sont publiques et consultables en ligne.

Méthodologie complète

Le baromètre de la « pression pesticide » autour des écoles est calculé à partir de l’indice de fréquence de traitement (IFT) moyen, pour chaque parcelle dans un rayon de 1 000 mètres autour des établissements scolaires (c’est la distance couramment utilisée dans les études scientifiques) sur la période 2019-2022. « La carte ne doit pas être interprétée comme un indicateur de risque, précisent les experts du Joint Research Centre de la Commission européenne associés au projet. Il s’agit d’un outil servant à repérer les établissements situés dans des contextes de pratiques agricoles plus ou moins intensives », afin d’objectiver des situations locales, d’alimenter le dialogue et, le cas échéant, de mettre en place des mesures de précaution. Rappelons d’abord que cette carte est un outil de repérage, pas une évaluation des risques sanitaires. Elle renseigne sur l’intensité des usages agricoles de proximité, mais pas sur la dangerosité des substances, ni sur l’exposition réelle des enfants.

Accès aux données

Les données sont accessibles sur la plateforme data.gouv.fr. Elles couvrent la période 2019-2022. Les DROM sont inclus dans les analyses, à l'exception de l'indice Combined Pesticide Exposure.

Ce baromètre est construit à partir du registre parcellaire graphique et de l’indice de fréquence de traitements phytosanitaires (IFT) associé aux cultures présentes dans un rayon de 1 000 mètres autour de chaque école. Les établissements sont géolocalisés grâce à la base de données BD TOPO de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).

Pour compléter la lecture de la carte, des indicateurs sont disponibles pour chaque école consultée :

  • la part de surfaces cultivées en bio dans le périmètre ;
  • la distance entre l’école et la première parcelle traitée ;
  • la culture qui contribue le plus à la « pression pesticide » autour de l’école ;
  • l’exposition de l’ensemble de la commune aux pesticides les plus dangereux sur la période (ces données ne sont pas extrapolables à l’échelle d’un établissement).

Les auteurs aimeraient beaucoup avoir connaissance des réutilisations de ces données. Si ce jeu de données est utile à vos travaux, merci d'en informer Raphaëlle Aubert, journaliste coordinatrice de l'enquête, par mail (aubert[at]lemonde.fr).

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Cartes et données sur les taux de vaccination dans les écoles maternelles aux États-Unis


Le taux de vaccination aux États-Unis est en chute libre. Dans le cadre d'une enquête sur l'hésitation croissante face à la vaccination aux États-Unis, le Washington Post diffuse des données standardisées et nettoyées sur les taux de vaccination des enfants en maternelle. Ces données ont été utilisées dans un article publié dans le Post le 31 décembre 2025. 

Dans plus de 70 % des comtés, les classes de maternelle ne bénéficient pas d'une immunité collective
(source : Washington Post)

Analyse

Au moins 19 000 écoles sont désormais plus vulnérables aux épidémies. Avant la pandémie, environ la moitié des comtés affichaient des taux de vaccination en maternelle suffisamment élevés pour prévenir les épidémies de rougeole. Après la pandémie, de nombreux comtés ont augmenté leurs taux de vaccination, atteignant le niveau de protection recommandé. Mais beaucoup d'autres ont régressé, ne laissant qu'environ un quart des comtés avec une immunité collective chez les enfants de maternelle. De nombreux districts scolaires se désengagent de leur rôle traditionnel de rempart contre les maladies infectieuses, selon une enquête du Washington Post. Ce déclin accéléré révèle les conséquences sanitaires durables d'une réaction politique hostile aux efforts de santé publique durant la pandémie, qui a radicalisé depuis longtemps de nombreuses personnes contre les obligations vaccinales en vigueur. La proportion de comtés américains où 95 % ou plus des enfants de maternelle étaient vaccinés contre la rougeole — le taux jugé nécessaire par les médecins pour assurer une protection globale à cette classe, appelée « immunité collective » — est passée de 50 % avant la pandémie à 28 %, selon l'analyse des données publiques de 44 États et du District de Columbia réalisée par le Washington Post. Selon les conclusions de l'article, au moins 5,2 millions d'enfants en âge d'aller à la maternelle aux États-Unis vivent dans des comtés où le taux de vaccination en classe est inférieur au seuil d'immunité collective, contre environ 3,5 millions avant la pandémie. Bien que la grande majorité des personnes vaccinées contre la rougeole soient protégées contre les formes graves de la maladie et le décès, en l'absence d'immunité collective, la rougeole peut continuer à se propager parmi les personnes non immunisées, notamment celles qui ne peuvent être vaccinées en raison de leur âge ou de leur immunodéficience. La corrélation entre les communautés conservatrices et les faibles taux de vaccination reflète une tendance nationale. 

Méthodologie

Pour étudier les taux de vaccination dans les écoles américaines, des journalistes ont recherché les taux de vaccination ROR (rougeole, oreillons et rubéole) et les données d'exemption pour les enfants de maternelle dans les 50 États et le district de Columbia. Afin d'analyser l'impact de la pandémie sur ces taux, ils ont examiné les années scolaires 2018-2019, 2019-2020, 2023-2024 et 2024-2025. Les données ont été recueillies sur des sites web gouvernementaux accessibles au public ou par le biais de demandes d'accès aux documents administratifs auprès des agences étatiques et locales.

Trente-quatre États et le district de Columbia ont fourni des données de vaccination au niveau des établissements scolaires. Deux États, le Texas et le Kansas, ont fourni des données au niveau des districts scolaires, ce qui entraîne un sous-dénombrement, car même les plus grands districts ont été comptabilisés comme une seule école dans l'analyse. Lorsqu'un État n'a pas fourni de chiffres spécifiques au vaccin ROR, un taux de vaccination global reflétant les élèves à jour de toutes les vaccinations obligatoires a été utilisé. Les taux ROR incluent deux doses du vaccin et, dans certains États, représentent la vaccination spécifique contre la rougeole.

Plusieurs raisons expliquent l'absence de certaines écoles dans les données. De nombreux États ont supprimé les données relatives aux écoles ayant un faible effectif (généralement moins de 10 ou 20 élèves). Certaines écoles n'ont pas transmis leurs données à l'État. Par ailleurs, les données concernant les écoles en ligne ou virtuelles ont été exclues en fonction de leur nom. Les taux de vaccination pourraient également être affectés par l'absence de données concernant certains élèves. Les taux d'exemption déclarés pour les écoles ne concernent pas uniquement le vaccin ROR et reflètent, dans certains cas, les exemptions obtenues par les élèves pour d'autres vaccins.

Accès aux données

Taux de vaccination dans les écoles aux États-Unis à l'échelle des comtés (Github).

Ce dépôt sur Github contient cinq fichiers. La méthodologie détaille la collecte, le nettoyage et le filtrage des données. Aucune mise à jour de ces données n'est prévue.

Articles connexes

Ce que la géographie de la rougeole révèle de la résistance aux vaccins en France

La crise des décharges toxiques en Europe révélée par un projet de cartographie novateur


Source
: « Europe’s toxic landfill crisis exposed in groundbreaking mapping project » (Investigate Europe

Des milliers de décharges en Europe se situent dans des zones inondables, des régions susceptibles de contaminer l'eau potable ou des sites naturels sensibles, comme le révèlent Investigate Europe et Watershed Investigations. Le plus vaste recensement des décharges jamais réalisé sur le continent a mis en évidence le risque de lixiviation (percolation lente de l'eau à travers le sol) de produits chimiques toxiques dans les cours d'eau, créant ainsi un cocktail potentiellement dangereux pour la santé humaine et les écosystèmes environnants. On estime à 500 000 le nombre de décharges disséminées dans l'UE et au Royaume-Uni, dont environ 90 % ont été créées avant l'entrée en vigueur de la réglementation sur la pollution. Leur localisation exacte demeure cependant largement inconnue, principalement en raison du manque de données cohérentes et du fait que de nombreux sites ont été recouverts. L'analyse des données obtenues grâce aux demandes d'accès à l'information auprès des agences gouvernementales et de sources publiques a permis de localiser plus de 60 000 sites. Nombre d'entre eux sont probablement anciens, antérieurs à la directive européenne de 1999 relative à la mise en décharge des déchets, ce qui signifie qu'ils pourraient ne pas être équipés des mesures de confinement modernes, telles que l'utilisation de revêtements protecteurs pour prévenir les fuites de déchets dangereux.

Carte des décharges en Europe (source : Watershed Investigations)


Parmi les sites cartographiés, près de 30 % se situent dans des zones à risque d'inondation important, ce qui accroît la possibilité de contamination des cours d'eau et des terres environnantes par des déchets toxiques. Plus de 3 000 sites se trouvent dans des aires protégées, exposant ainsi les écosystèmes et les habitats naturels à un risque de pollution. Des milliers d'autres ont été recensés dans des zones où la qualité chimique des eaux souterraines est médiocre, un problème probablement aggravé par les décharges. Par ailleurs, près de 10 000 sites ont été identifiés dans des zones de captage d'eau potable en France, au Royaume-Uni, en Espagne, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie. Les sites les plus exposés aux risques sont situés le long du littoral. L'analyse a recensé 346 décharges dans des zones d'érosion côtière en Angleterre, au Pays de Galles et en France, tandis que plus de 250 autres sites en Europe se trouvent à moins de 200 mètres du littoral, potentiellement menacés par l'érosion ou les ondes de tempête. Au Royaume-Uni, on estime que 80 % de la population vit à moins de deux kilomètres de décharges connues.

Après avoir cartographié les sites, Investigate Europe et Watershed Investigations ont réalisé une modélisation afin d'évaluer l'ampleur probable des risques environnementaux. En élargissant l'analyse aux quelque 500 000 décharges que compte l'Europe, les dangers apparaissent encore plus aigus : 140 000 sites sont menacés d'inondation, 30 000 se situent dans des zones de conservation protégées et près de 300 000 présentent une pollution des eaux souterraines. Les décharges modernes bien gérées présentent vraisemblablement un faible risque. Le déversement illégal de déchets constitue également un problème majeur : Europol l’a identifié comme l’un des secteurs de la criminalité organisée connaissant la plus forte croissance en Europe. Bien que les données soient encore limitées, les analyses ont permis de recenser plus de 2 000 décharges illégales à travers l’Europe, et il en existe probablement bien davantage.

Pour compléter

Magali Talandier, Marjolaine Gros-Balthazard (2025). Circular Economy and Core–Periphery Relations : Territorial Inequalities in Waste Management through Agglomeration, Proximity, and Structural Effects [Économie circulaire et relations centre-périphérie : inégalités territoriales dans la gestion des déchets par le biais de l’agglomération, de la proximité et des effets structurels], Journal of Circular Economy (2025) 2:4, 1-36, https://circulareconomyjournal.org/ojs/JoCE/article/view/234/91

Quand les déchets deviennent des ressources, quel impact l'économie circulaire peut avoir sur les inégalités territoriales ? À partir d’un jeu de données de 62 millions de tonnes de flux de déchets en France métropolitaine, les chercheures analysent comment l’économie circulaire recompose les relations centre–périphérie. Résultats clés : les opérations de valorisation à forte valeur ajoutée (matières, énergie) se concentrent dans les centres urbains alors que les zones périurbaines et rurales demeurent les principaux espaces de stockage et d’élimination. Le modèle centre-périphérie ressortirait renforcé avec un risque d’accentuation des inégalités territoriales. Mais des complémentarités territoriales émergent :
- méthanisation, valorisation agricole dans les territoires ruraux ;
- recyclage spécialisé de matière dans des petites villes industrielles ;
- déploiement et extension de réseaux de chaleur vers le périurbain ;
- réseaux régionaux d'économie circulaire révélés par des modèles gravitaires.
L’économie circulaire ouvre ainsi des opportunités de développement pour certains territoires périphériques, tout en posant des défis de justice environnementale et d’équité spatiale. Pourquoi est-ce important pour l'action locale ? Alors que la transition écologique repose de plus en plus sur la circularité, comprendre ses effets territoriaux devient essentiel pour éviter de reproduire les asymétries du modèle linéaire — ou d’en créer de nouvelles.

Articles connexes





The refugee project. Un site pour sensibiliser le public au sort de millions de réfugiés dans le monde


« The Refugee Project » est une expérience pédagogique créée pour sensibiliser le public au sort de millions de personnes à travers le monde, qui n’ont eu d’autre choix que de fuir leur foyer. Le projet a été créé par Hyperakt et Ekene Ijeoma, qui remercient le HCR pour l'accès à plus de 50 ans de données sur les migrations de réfugiés, à ses archives numériques complètes de témoignages de réfugiés publiés et à des photographies originales.

Le nombre de réfugiés par pays d'origine et pays d'asile (therefugeeproject.org)


« En 2023, plus de 117 millions de personnes vivaient déplacées de leur foyer en raison de la guerre, des persécutions ou de la violence. Cela représente une personne sur 68 dans le monde. Lorsque des personnes déplacées franchissent les frontières internationales, on les appelle des réfugiés. En 2023, le nombre de réfugiés a atteint un niveau record de 37,6 millions de personnes. Découvrez comment et pourquoi les crises de réfugiés ont façonné notre monde au cours du dernier demi-siècle ».

Accès aux données du Haut commissariat aux réfugiés (HCR)

A noter : les données présentées ne concernent que les réfugiés relevant du mandat du HCR. Par ailleurs, six millions de réfugiés palestiniens relevant du mandat de l'UNRWA ne sont pas pris en compte ici.

Le site présente plusieurs intérêts. On peut comparer dans le temps de 1975 à 2023 (cliquer sur l'animation). On peut observer le phénomène sous l'angle des pays d'origine ou des pays d'asile. Il est possible de cibler l'étude sur un ou plusieurs pays (sélectionner des pays au choix). En cliquant sur "Explorer les données", on accède au détail des données (tableau + histogramme). Voici quelques exemples : 

Près de 1,5 million de réfugiés originaires du Soudan en 2023 ont trouvé asile principalement dans les pays limitrophes.



On compte près de 350 000 réfugiés vénézuéliens en 2023, qui se dirigent surtout vers l'Espagne et le Brésil suivis des Etats-Unis et du Mexique.



Plus de 5 millions de réfugiés ukrainiens. La Russie est le premier pays d'asile, suivi de l'Allemagne, la Pologne, le RU, l'Espagne, l'Italie.


Lien ajouté le 15 janvier 2026

Ronan Hervouet et Tatyana Shukan (2025). La guerre en Ukraine, l’exil et les sciences sociales, Ethnologie française, "La guerre en Ukraine et l’exil", 2025/3 Vol. 55, https://shs.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2025-3-page-5?lang=fr

"Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), en mars 2023, plus de 8 millions d’Ukrainien-nes ont dû quitter leur pays en fuyant les bombardements et/ou l’occupation de leurs territoires par l’armée russe et près de 5 millions ont été contraint-es à se déplacer, à l’intérieur même de l’Ukraine, vers des régions moins affectées par les combats. Les pays de l’Europe centrale et orientale, alors qu’ils étaient traditionnellement réticents à une politique européenne de l’asile [Gemenne et Thiollet, 2022] et à s’ouvrir aux exilés syriens et afghans [Wihtol de Wenden, 2022], ouvrent immédiatement leurs portes... Exilés, réfugiés politiques, réfugiés de guerre, bénéficiaires de la protection temporaire, déplacés, migrants ou encore relokanty. Plusieurs termes sont utilisés pour désigner les ressortissant-es des trois pays concernés par la guerre qui ont pris les routes de l’exil. Certains renvoient directement aux catégories juridico-administratives qui, produit d’enjeux politiques, économiques et sociaux, « en disent bien plus sur les sociétés qui les mettent en œuvre que sur les individus qu’elles sont censées désigner » [Akoka, 2020]. Comme dans le cas d’autres formes de migrations forcées, ces catégories contribuent à conforter les hiérarchies rendant certains étrangers (réfugiés en l’occurrence) plus légitimes que d’autres (migrants) et occultent la diversité des expériences, des parcours et des profils de ceux et celles qu’elles regroupent [Agier et Le Courant, 2022]."

Articles connexes

Rapport mondial 2023 sur les déplacements internes (Conseil norvégien pour les réfugiés)

Cartographier l'État. Les délimitations administratives en Angleterre et la réforme de 1832


Martin Spychal (2024). Mapping the State. English Boundaries and the 1832 Reform Act [Cartographier l'État. Les délimitations administratives en Angleterre et la loi concernant la réforme de 1832]. University of London Press, New historical perspectives, https://uolpress.co.uk/book/mapping-the-state/ (ouvrage disponible en open access).


Résumé 

La loi de réforme de 1832 a marqué un tournant dans l'histoire politique britannique moderne. En réformant en profondeur l'ancien système de représentation, cette législation a remodelé l'organisation constitutionnelle à Westminster, redynamisé les relations politiques entre le centre et les provinces, et établi des structures politiques qui ont à la fois influencé et freiné les réformes électorales au cours du siècle suivant. 
L'ouvrage « Maping the State » propose une relecture fondamentale de la loi de réforme de 1832 en montrant comment le découpage des limites administratives et la reconstruction de la carte électorale anglaise par la commission des limites de 1831-1832, peu connue du grand public, ont constitué le fondement de ce tournant dans l'histoire politique de la nation britannique. Rompant avec les approches traditionnelles de la loi de réforme de 1832, il s'appuie sur une important corpus d'archives – les documents de travail de la commission des limites – et sur un ensemble de techniques quantitatives novatrices pour offrir une réévaluation majeure des raisons et des modalités d'adoption de cette loi, de son impact sur la vie politique à Westminster et dans les circonscriptions, ainsi que de son importance pour l'expansion de l'État britannique moderne.

« Une étude originale qui met en lumière le rôle crucial des commissaires aux limites dans l'élaboration de la loi de réforme de 1832 et dans le paysage politique électoral post-réforme. Fondé sur des recherches d'archives approfondies et une méthodologie novatrice, l'ouvrage de Martin Spychal ouvre une nouvelle perspective pour tous ceux qui s'intéressent à l'évolution de la démocratie britannique. »
— Henry Miller, chercheur associé au vice-chancelier, Département des sciences humaines, Université de Northumbria, Royaume-Uni.

Plan de l'ouvrage

Introduction
Part I Envisioning England’s reformed electoral map
1. A balancing Act ? Interests and parliamentary reform, 1780-1832
2. "The most unpopular part of the bill throughout the country": reintegrating boundaries into the story of reform
3. Towards a science of government: the "spirit of inquiry" and the establishment of the 1831-2 boundary commission
4. Whipped by the beadles ? Data-gathering for the boundary commission
Part II Redrawing England’s electoral map
Chronology and voting data
5. "The work we are engaged in is intended to last for a century" : redrawing England’s ancient electoral map
6. The Droitwich dilemma : interests, grouping and the multiple parish borough
7. "All the kindred interests of the town and neighbourhood" : new borough limits
8. Under the knife : reconstructing the county map
Conclusion

Sources

Plans et rapports de la Grande Loi de réforme de 1832 (National Library of Scotland).

En 1831-1832, des plans furent publiés pour 75 villes d'Écosse afin de mettre en œuvre le Reform Act de 1832. Ces plans sont précieux pour plusieurs raisons :
  • Pour 15 villes, il s'agit de plus ancien plan imprimé enregistré, la plus ancienne représentation détaillée des rues et des bâtiments ;
  • Bien que John Wood ait publié des plans de plus de 50 villes en Écosse dans les années 1820, les commissaires parlementaires de 1832 cartographièrent 36 autres villes qui n’avaient pas été cartographiées par John Wood ;
  • Contrairement aux plans de Wood, les cartes de limites établies par les commissaires parlementaires présentent toutes un style et une échelle similaires (six pouces par mile), et montrent toutes une large étendue de l’arrière-pays environnant par rapport à la zone bâtie ;
  • Les plans représentent et nomment de nombreux éléments urbains importants, notamment les grandes rues, les bâtiments publics, les locaux industriels, les quais, les canaux et les ponts, ainsi que les fermes et villages environnants.
Contexte de la Réforme parlementaire et extension du droit de vote :

La « Grande » loi de réforme de 1832 accorda des sièges supplémentaires à la Chambre des communes aux grandes villes et villages qui s’étaient développés particulièrement pendant la Révolution industrielle. Cela eut pour conséquence de retirer des sièges à celles à très petite population – les soi-disant « rotten boroughs » en Angleterre. La loi a également élargi l’électorat de 4 239 en Écosse dans les années 1820 à plus de 65 000 boroughs après 1832. Cette multiplication par seize augmenta également la représentation des bourgs écossais au Parlement de 15 à 22, et établit des « parliamentary burghs » (comme Greenock et Paisley). Certains bourgs royaux plus anciens, comme Aberdeen, Dundee et Perth, reçurent pour la première fois un député, tandis que Glasgow et Édimbourg reçurent chacun deux députés. L’adoption de la loi fut accueillie favorablement par ceux qui recherchaient un droit de vote plus équitable et donna lieu à une procession festive de plus de 15 000 personnes dans les rues d’Édimbourg. Il représentait un important transfert de pouvoir des intérêts aristocratiques et fonciers vers la classe moyenne urbaine croissante ainsi que vers les propriétaires de propriétés évaluées à plus de 10 £. Cependant, la loi fut également critiquée pour n’accorder le droit de vote qu’aux classes respectables, et sans vote secret, les propriétaires fonciers conservaient une forte influence sur les nouveaux électeurs. Même après 1832, un seul homme adulte sur huit était en mesure de voter. Ce sont les lois de réforme de 1868 et 1884 qui ont largement étendu le droit de vote. De nombreux ouvriers non qualifiés, tous les hommes irlandais et toutes les femmes ne purent voter qu’en 1918

Voir l'article d'Emmanuelle de Champs, The Reform Bill Crisis, 1830-1832
« En seulement deux ans, de 1830 à 1832, la Chambre des communes adopta une réforme substantielle de la représentation parlementaire, réclamée sans succès par les radicaux depuis les années 1760. Pour les historiens whigs, l'adoption de la loi de réforme de 1832 fut un triomphe pour une réforme progressive orchestrée par les députés eux-mêmes. À l'inverse, l'« histoire vue d'en bas » met l'accent sur la pression extérieure exercée par le peuple sur l'élite dirigeante. Depuis la fin des années 1990, l'histoire sociale s'est éloignée des récits whigs ou marxistes articulés autour de moments de rupture. Elle privilégie les continuités tout en s'intéressant aux transformations des identités et des pratiques sociales dans toutes les classes de la société, en ville comme à la campagne. Cet article retrace le déroulement des événements intra- et extra-parlementaires afin d'examiner la portée de ce moment charnière de l'histoire politique britannique ».

Les plans furent publiés dans un « Rapport sur les délimitations des différentes villes, bourgs et bourgs en Écosse concernant l’élection des membres pour siéger au Parlement » (Document de la Chambre des communes 1831-1832 (408) XLII.1). Pour chaque bourg, le rapport contient :
  • Un rapport sur la Grande Loi de réforme pour Kirkcudbright
  • Une déclaration sur le commerce, les manufactures et le contexte général du bourg
  • Une présentation de la population et du nombre de maisons résidentielles dans le bourg et ses banlieues, y compris celles d’une valeur supérieure à £10
  • Le montant des taxes imposées à payer par les différents bourgs
  • Une description détaillée de la nouvelle limite parlementaire proposée, avec des points fixes indiqués sur les plans joints.
  • Arpentage et gravure des plans
Les bourgs furent visités par deux commissaires, M. William Murray et le capitaine J W Pringle des Royal Engineers, et des plans furent élaborés pour illustrer les descriptions orales des nouvelles limites. Selon leur rapport, « tous les bourgs furent visités deux fois, certains plus souvent », entre novembre 1831 et février 1832. Ils ont reçu des instructions claires pour former de nouvelles limites sans ambiguïté et précises, de préférence en utilisant des caractéristiques urbaines permanentes, décrites dans leur rapport.

Gravure et contenu des plans
Les plans ont été gravés par plusieurs graveurs londoniens, dont Benjamin Davies, Thomas Ellis, James Gardner, J Henshall et Henry Martin. Compte tenu de leur objectif principal, les plans présentent des détails relativement généraux pour la zone urbaine centrale, avec des bâtiments regroupés en blocs ombragés. Les principales rues, bâtiments publics, grandes unités industrielles, péages, canaux, ponts et carrières sont indiqués. La seule couleur sur les plans est la limite proposée en rouge, et l’eau en bleu. Compte tenu de leur rapidité d’exécution, les plans devaient au mieux se fonder sur une rapide enquête et toute cartographie publiée disponible de la ville. Dans certains bourgs, de nouveaux éléments tels que des ponts, des routes et des bâtiments, non représentés sur les plans de John Wood des années 1820, sont montrés. Cependant, dans d’autres bourgs, de nouvelles rues, déjà construites en 1831, ne sont pas montrées, et la cartographie semble par endroits plutôt précipitée.

Cartographie des limites municipales avant et après
Ces plans constituent le corpus le plus important de cartes dessinées spécifiquement pour illustrer les limites urbaines en Écosse. Seuls quelques exemples isolés de cartographies antérieures existent, notamment Tain en 1750 et la carte de la royauté étendue de Glasgow vers 1824. Les plans écossais furent tous réalisés à une échelle détaillée de six pouces par mile. Cela contraste avec les plans du Reform Act pour l’Angleterre et le Pays de Galles en 1831-1832, qui étaient dessinés à plus petites échelles. Au moment des lois de réforme ultérieures de 1868 et 1884, la cartographie centralisée financée par l’État par l’Ordnance Survey était largement disponible pour illustrer les limites parlementaires, et il n’y eut donc pas de répétition de la cartographie de 1831-1832.

Accès à l'ouvrage

Publication en libre accès financée par des bibliothèques institutionnelles via le cadre communautaire Jisc pour l'accès ouvert.

L'ouvrage est disponible en open access sous licence Creative Commons 4.0 :

CR de l'ouvrage sur le site de la Royal Historical Society

Articles connexes


Medieval Murder Maps. Un site de cartographie interactive sur les meurtres en Angleterre à la fin du Moyen Âge

Comparer les temps de trajets en Angleterre et au Pays de Galles de 1680 à nos jours





Points de passage stratégiques et évaluation des risques maritimes


Source : Verschuur, J., Lumma, J. et Hall, J.W. (2025). « Systemic impacts of disruptions at maritime chokepoints » [Impacts systémiques des perturbations aux points de passage maritimes critiques]. Nature Communications, 16, 10421. https://doi.org/10.1038/s41467-025-65403-w.

Le commerce maritime repose sur quelques points de passage stratégiques (les "chokepoints"). L'étude publiée dans Nature Communications révèle que les échanges commerciaux sont menacés de perturbation à hauteur de 192 milliards de dollars par an. Les auteurs quantifient pour la première fois les risques systémiques liés aux perturbations des points de passage maritimes. Ils ont analysé 24 points de passage maritimes stratégiques à travers le monde. Ils ont pris en compte 8 types de risques : 3 risques naturels (cyclones, sécheresses, séismes) et 5 risques d'origine humaine (piraterie, blocus économique, conflits armés, terrorisme, conflits interétatiques). Ils ont d'abord cartographié le volume des échanges commerciaux transitant par chacun des points de passage stratégique. Environ 20 % du commerce maritime mondial passe par le détroit de Taïwan et le détroit de Malacca. 15 % supplémentaires transitent par le canal de Suez, le détroit de Douvres, le détroit de Gibraltar et le détroit de Bab el-Mandeb, reliant principalement l'Asie à l'Europe. Les auteurs ont ensuite calculé la « valeur attendue des échanges perturbés » (VAEP) en combinant la valeur des échanges à chaque point de passage stratégique, la probabilité, la durée et la gravité de la perturbation. 

Part de la valeur du commerce maritime mondial transitant par les points de passage stratégiques
(source : Verschuur et al., 2025).


Les résultats montrent que le détroit de Bab el-Mandeb présente le volume de transactions en devises étrangères le plus élevé, avec 58,3 milliards de dollars par an. Viennent ensuite le canal de Suez avec 44,2 milliards de dollars et le détroit de Taïwan à 37,3 milliards de dollars par an. Pour le détroit de Bab el-Mandeb et le canal de Suez, le principal facteur est le risque de conflit interétatique (environ 40 milliards de dollars par an au total). Pour le détroit de Taïwan, il s'agit d'une combinaison de risques cycloniques (23,5 milliards de dollars) et de tensions géopolitiques (13,2 milliards de dollars). Certains pays sont bien plus exposés que d'autres. La Guinée-Bissau, la Guinée, le Mali, l'Érythrée, la Russie, la Sierra Leone et le Tchad voient chaque année plus de 3 % de la valeur de leurs échanges maritimes potentiellement perturbés. Les pertes économiques liées à ces perturbations sont estimées à 10,7 milliards de dollars par an. Ce montant inclut differents coûts (retards, déviations d’itinéraire, primes d’assurance, perturbations commerciales, pertes de recettes de péage). En outre, les auteurs estiment à 3,4 milliards de dollars américains les pertes annuelles supplémentaires dues aux flambées des prix du transport maritime. Lorsque les navires modifient leurs itinéraires, cela réduit la capacité de la flotte mondiale et fait grimper les tarifs de fret. Le canal de Suez et le détroit de Bab el-Mandeb concentrent 77 % du risque économique mondial. Le Panama et l'Égypte subissent les pertes relatives les plus importantes (0,3 % et 0,6 % de la valeur des échanges respectivement) en raison du manque à gagner lié aux droits de passage.

Risques économiques liés aux perturbations des points de passage maritimes 
(source : Verschuur et al., 2025)


Les dépendances des pays vis-à-vis des points de passage stratégiques et les données nécessaires à la reproduction de l'analyse sont disponibles sur Zenodo. Les données comprennent la dépendance du commerce maritime de chaque pays vis-à-vis de ces 24 points de passage stratégiques, calculée à partir des données commerciales de 2022 ainsi que les résultats concernant les indicateurs « valeur attendue des échanges perturbés » et « risque économique ». 

Pour compléter

L’économie mondiale repose largement sur les échanges maritimes, organisés selon des routes qui relient les bassins de production aux foyers de consommation. Ces routes possèdent un talon d’Achille : un nombre limité de points de passage obligé, caps, détroits ou grands canaux qui conditionnent leur tracé. Or, plusieurs d’entre eux sont aujourd’hui en crise : saturation, insécurité, tensions… Le fonctionnement du système maritime mondial en est perturbé et recomposé.

Les grands détroits et canaux internationaux, un système très hiérarchisé (source : Biaggi et Carroué, 2024)

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40 ans de piraterie maritime dans le monde (1978-2018) à travers une carte interactive

CLIWOC. Une base de données climatologique des océans à partir des journaux de bord des navires (1750-1850)