Cartographie des institutions culturelles en accès libre sur Internet (Open GLAM)


Open Glam est un réseau informel de personnes et d’organisations cherchant à favoriser l’ouverture des contenus conservés ou produits par les institutions culturelles (GLAM : Galleries, Libraries, Archives, Museums – Galleries, bibliothèques, archives et musées)

Ouvrir les institutions culturelles passe par deux types d’action :

  • l’ « open content » (ouverture des contenus) : ouverture des reproductions numériques d’œuvres qui sont elles-mêmes dans le domaine public
  • l’ « open data » : ouverture des données concernant ces œuvres (catalogues, bases de données descriptives, etc...)

L'enquête Open GLAM fournit un aperçu des politiques et des pratiques d'accès libre concernant les galeries, les bibliothèques, les archives et les musées (GLAM) à l'échelle mondiale. L'enquête révèle des disparités importantes entre pays en matière d'accès ouvert aux institutions culturelles.

Cartographie des institutions culturelles en accès libre (source : enquête Open GLAM)



Plus de 1600 institutions ou organisations ont été répertoriées entre 2018 et 2024. L'enquête, réalisée sur une base contributive, n'a pas vocation à être exhaustive. Il convient également de distinguer le degré d'ouverture des données qui peut concerner l'intégralité ou seulement une partie des données. Pour télécharger les données par pays et organisations (sous licence CC BY 4.0 attribution internationale) :

Pays

Institutions culturelles en accès ouvert

États-Unis d'Amérique

291

Allemagne

158

Royaume-Uni

112

Suède

82

Pologne

78

France

70

Pays-Bas

58

Espagne

55

Finlande

53

Brésil

50

Estonie

44

Norvège

44

Portugal

43

Suisse

33

Belgique

31

Lituanie

31

Italie

29

Hongrie

25

Roumanie

24

Australie

22

Tchéquie

22

Autriche

21

Slovénie

21

Canada

20

Danemark

20

Nouvelle-Zélande

20

Uruguay

14

Grèce

13

Lettonie

12

Japon

11

Irlande

10

Bulgarie

9

Russie

9

Argentine

8

Serbie

7

Slovaquie

7

Indonésie

6

Mexique

6

Croatie

5

International

5

Ukraine

4

Chili

3

Inde

3

Malte

3

Chypre

2

Islande

2

Luxembourg

2

Turquie

2

Aruba

1

Cameroun

1

Europe

1

Israël

1

Monténégro

1

Qatar

1

Taïwan

1

Venezuela

1

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Une carte de 330 millions de points pour représenter la répartition ethnique aux États-Unis


La carte raciale des États-Unis a été supprimée en 2022 car elle n'était plus considérée comme fournissant une représentation fidèle de la répartition de la population du pays et de l'évolution de sa composition raciale (nécessité de prendre en compte notamment les métissages). Créée par Dustin Cable, ancien chercheur en démographie au Weldon Cooper Center for Public Service de l'Université de Virginie, cette carte utilisait les données du recensement de 2010 pour placer un point de couleur pour chaque Américain, soit 308 745 538 points au total. La couleur de chaque point était déterminée par la "race", avec toutes les ambiguïtés liées à ce type de catégorisation (voir par exemple l'ambiguïté sur la catégorie "hispanique/latino").

Malgré ces limites, Luke Loreti a souhaité créer une nouvelle version en utilisant les données du recensement de 2020. Il a suivi exactement la même méthodologie que l'original, en utilisant des points colorés pour visualiser la composition raciale des États-Unis. Le résultat est assez inpressionnant, avec toutes les réserves que l'on peut émettre par rapport à ce type de cartographie "ethnique".

Carte par points représentant la répartition ethnique aux Etats-Unis (source : censusdots.com)


Voici quelques faits intéressants sur la répartition raciale et ethnique aux États-Unis, tels que mis en évidence par la carte :
  • Concentration urbaine : les grandes villes comme New York, Los Angeles ou Chicago présentent une forte densité de population et une composition raciale diversifiée. Ces zones urbaines se caractérisent par un mélange important de groupes raciaux et ethniques vivant à proximité.
  • Homogénéité rurale : à l'opposé, de nombreuses zones rurales présentent une diversité raciale moindre, souvent avec une population majoritairement blanche. La carte met en évidence les différences marquées dans la composition raciale entre les régions urbaines et rurales.
  • Variations régionales : le Sud et le Sud-Ouest des États-Unis présentent respectivement une plus forte concentration de populations afro-américaines et hispaniques. Par exemple, des États comme le Texas et la Californie comptent une importante population hispanique, tandis que le Sud-Est est réputé pour ses communautés afro-américaines.
  • Modèles de ségrégation : certaines villes présentent des modèles clairs de ségrégation raciale, où différents groupes raciaux et ethniques sont regroupés dans des quartiers distincts. Cette visualisation souligne les défis permanents de l'intégration raciale dans les zones urbaines.
  • Évolution démographique : la carte mise à jour à partir des données de recensement 2020 reflète les changements survenus au cours de la dernière décennie, montrant des tendances telles que l’augmentation de la population hispanique et la diversité raciale croissante dans de nombreuses zones suburbaines.
Cette carte a été réalisée en combinant deux sources de données de recensement : les chiffres de population publiés dans les données de redécoupage des circonscriptions et les fichiers shapefiles définissant les zones géographiques du recensement.  Les points d'un bloc de recensement donné sont placés de manière aléatoire, c'est pourquoi l'on peut trouver des points dans des endroits improbables comme des parkings ou des plans d'eau. En plus de la carte mise à jour de Luke Loreti, une carte à points similaire créée par CNN offre une autre perspective sur la répartition raciale et ethnique aux États-Unis. En comparant ces cartes, on peut acquérir une compréhension globale des changements et des tendances démographiques à travers le pays.

Avec ses points colorés, la carte illustre assez nettement les divisions raciales souvent marquées dans de nombreuses communautés urbaines. Par exemple, à Saint-Louis, dans le Missouri, une nette division nord-sud apparaît, avec une population blanche dense au sud et une forte présence noire au nord. La fameuse Delmar Divide - du nom du boulevard Delmar - est particulièrement évidente sur la carte par points de recensement.

Le contraste ethnique de part et d'autre de la Delmar Divide à Saint-Louis (source : censusdots.com)



Une autre fonctionnalité intéressante de la carte est son URL dynamique, qui permet aux utilisateurs de se connecter directement à des endroits spécifiques. Cela facilite le partage de liens directs vers des lieux que l'on trouve intéressants.

Le croisement de cette carte avec la carte du « redlining » dans les années 1930 permet de voir la permanence de la ségrégation raciale aux Etats-Unis (voir des exemples sur Maps Mania).

La diversité ethnique à Los Angelès (source : censusdots.com)



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Les inégalités femmes-hommes en matière d'emploi en France


Le Système d'observation sur les femmes et d'information sur l'emploi (SOFIE), développé par l’ANCT, permet d’identifier les faiblesses et les pistes d’action de chaque territoire en matière d’insertion professionnelle des femmes. Ce site fournit toutes les données et les cartes utiles pour porter des politiques en faveur de l’égalité professionnelle. Il met à disposition des outils pour :

  • réaliser un diagnostic de l’insertion professionnelle et des conditions d’emploi des femmes dans leur territoire ;
  • identifier des leviers d’action afin d'améliorer l’accès à l’emploi des femmes.

Typologie des inégalités femmes-hommes en matière d’insertion professionnelle et de conditions d’emploi (source : Sofie ANCT)


Cette typologie est construite à partir de 5 indicateurs statistiques relatifs à l’insertion professionnelle et aux conditions d’emploi des femmes et des hommes :
  • La part des inactifs / inactives (hors étudiant.e.s et retraité.e.s)
  • Le taux de chômage
  • La part des salarié.e.s en contrat précaire (hors apprenti.e.s et stagiaires)
  • La part des femmes / hommes travaillant à temps partiel
  • La part des jeunes non inséré.e.s (ni en emploi, ni en études, ni en formation).
Les inégalités en matière d'emploi proviennent principalement du fait que les femmes occupent des emplois souvent plus précaires et moins rémunérés. Le temps partiel est considéré comme la principale raison de la moindre rémunération des femmes.

Part des actives / actifs en emploi à temps partiel (source : Sofie ANCT)

La rubrique Cartes et données du site Sofie de l'ANCT donne accès à de nombreuses cartes classées par thèmes. Le mode de calcul est expliqué pour chaque carte, de sorte que l'on peut les refaire avec ses propres outils cartographiques ou avec l'interface cartographique fournie par l'Observatoire des territoires de l'ANCT.

Typologies

  • Insertion professionnelle et conditions d'emploi
  • Inégalités femmes-hommes
  • Freins potentiels

Insertion professionnelle et conditions d'emploi

  • Inactivité
  • Chômage
  • Temps partiel
  • Précarité
  • Jeunes non insérés

Freins potentiels à l'accès à l'emploi des femmes

  • Familles monoparentales
  • Familles nombreuses
  • Non-mixité de l'offre d'emploi
  • Femmes peu diplômées
  • Accueil des jeunes enfants
  • Éloignement de l'école
  • Trajet domicile-travail

Pour aller plus loin

« Droits des femmes : où en est l'égalité professionnelle ?  » (Vie publique).

« Les inégalités entre les femmes et les hommes, de l'école au travail » (Cour des comptes).

« La dimension territoriale de l'accès à l'emploi des femmes » (Observatoire National de la Politique de la Ville).

Inégalités entre les femmes et les hommes : travailler plus pour gagner moins (Libération). Selon la nouvelle édition du « Rapport sur les inégalités mondiales » publié le 9 décembre 2025, les inégalités de genre restent très fortes, même si elles diminuent dans certaines régions du monde comme en Europe.

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Comparaison entre l'INSEE Statistiques locales et l'Observatoire des Territoires

Les animaux sur les cartes géographiques anciennes (1500-1800)


La thèse d'Émilie Dreyfus sur les animaux des cartes géographiques anciennes est disponible en téléchargement sur HAL :

Émilie Dreyfus. Les animaux sur les cartes géographiques anciennes (1500-1800) : espaces, savoirs et représentations. Thèse de géographie sous la direction de Gilles Palsky. Université Panthéon-Sorbonne - Paris I, 2023. https://theses.hal.science/tel-04634875

Nova Africa par Hugo Allardt, XVIIe siècle  (source : Gallica)


Résumé

Cette thèse s’intéresse aux motifs zoologiques figurés sur les cartes géographiques produites en Europe à l’époque moderne. Le point de départ repose sur l’hypothèse que l’animal n’est pas seulement là pour combler un blanc, ni que son rôle est exclusivement décoratif, mais qu’en fonction de son positionnement sur la carte et de son association avec un espace géographique déterminé, il est utilisé pour véhiculer un savoir zoologique, caractériser un territoire, ou pour construire une certaine vision du monde. Dans cet objectif, l’animal est envisagé à la fois comme un signe et une image. En croisant des perspectives spatiales (l’Europe et les autres parties du monde) et temporelles (de 1500 à 1800), et en étudiant les sources géographiques au prisme d’autres supports du savoir naturaliste (livres d’histoire naturelle, livres de voyage, catalogues de cabinets de curiosité), l’objectif est également de positionner la carte géographique au sein des différentes formes de « récits » ou « d’images » qui écrivent et décrivent le monde. Enfin, étant entendu que la carte géographique est une représentation politique du monde, la dernière partie explore des enjeux de domination : de l’homme sur l’animal, en utilisant la carte géographique comme source originale pour une étude géohistorique des relations homme-animal ; de l’Europe sur les territoires extra-européens, à travers la mise en lumière de l’animal comme élément de la construction d’espaces idéologiques, exotiques ou imaginaires. 

L’objectif de cette thèse est ainsi de produire une réflexion géohistorique renouvelée sur le statut de l’iconographie animale en démontrant qu’elle fait partie intégrante du discours géographique produit par les cartographes de la première modernité. Elle s’inscrit à la croisée de plusieurs champs disciplinaires : histoire de la cartographie et de la géographie, histoire de l’édition, histoire de l’art et histoire des sciences, liées à la question des relations homme-animal (« géographie humanimale »). L'analyse s’appuie sur la création puis l’exploitation d’une base de données recensant 7 765 animaux sur 1 332 cartes et globes de toutes les parties du monde et 61 autres sources du savoir naturaliste.

Isle de Madagascar par Etienne de Flacourt, 1656 (source : Gallica)


Le blanc des cartes ou la dialectique du plein et du vide

La thèse comporte des pages très intéressantes sur le blanc des cartes en lien avec la dialectique du plein et du vide. Les historiens de la cartographie datent « l’invention » des blancs de la carte du début du XVIIIe siècle (Surun, 2004, pp. 117-144). Dans un article sur les enjeux épistémologiques de la cartographie au XVIIIe siècle, Lucile Haguet montre cependant que dans la cartographie de l’Égypte, le vide semble la règle bien avant le siècle des Lumières et que s’il y a une mutation de l’objet cartographique au XVIIIe siècle, il s’agit plutôt d’une évolution du sens du « blanc » (Haguet, 2011). À la lumière de l’analyse de la présence de l’animal sur les cartes, ces deux postulats épistémologiques peuvent être complétés par un troisième : la représentation picturale de l’animal, avant de quitter l’intérieur de la carte, est remplacée par sa représentation textuelle. Loin d’avoir pour seule fonction de combler les blancs, l’iconographie animale, construit un espace géographique complexe, véhiculant, au-delà de la représentation topographique du territoire, de multiples discours sur le monde : naturalistes mais également politiques et symboliques.

La production cartographique de Nicolas de Fer constitue un exemple représentatif de la dialectique du vide et du plein et du remplacement de l’image par le texte. La mappemonde en deux hémisphères de 1694 laisse ainsi l’hémisphère sud totalement vide, tandis que les espaces inconnus sont occupés soit par la toponymie, le relief, les fleuves et rivières, le tracé des frontières, soit par des informations textuelles. Au nord des Montagnes de la lune, lieu supposé des sources du Nil depuis la cartographie de la Renaissance, la mention inscrite peut être considérée comme programmatique du projet cartographique en devenir de Nicolas de Fer. On y lit : « On a mieux aimé laisser cette Place Vide que de la remplir de particularités inconnues, ou imaginaires ». Ce qui frappe dans cette information c’est justement le fait qu’elle ne laisse pas vide l’espace géographique mais le remplit. Dans la production de Nicolas de Fer, les animaux se situent, à une exception près, exclusivement dans les marges des cartes, sous forme de vignettes le plus souvent ou associés aux cartouches, notamment dans les cartes de l’Europe. L’animal se replie donc dans les marges, et les espaces géographiques sont réservés aux figurés, aux représentations conventionnelles ou au texte. Cependant, certains cartographes assument de laisser des espaces vides sur les territoires inconnus ou non explorés, ces espaces sont très souvent occupés par des textes relatant les singularités relatives aux moeurs des peuples, à l’histoire naturelle, ou encore à l’histoire des explorations.

Références

SURUN, I. (2004). Le blanc de la carte, matrice de nouvelles représentations des espaces africains. Dans I. LABOULAIS (éd.), Combler les blancs de la carte : Modalités et enjeux de la construction des savoirs géographiques (XVIIe-XXe siècle). Presses universitaires de Strasbourg. https://doi.org/10.4000/books.pus.12552

HAGUET, L. (2011a). La carte a-t-elle horreur du vide ? Réexaminer les enjeux du tournant épistémologique du XVIIIe siècle à la lumière de la cartographie occidentale de l’Égypte. Cartes et géomatique, 210, 95-106. https://www.lecfc.fr/new/articles/210-article-7.pdf

DREYFUS, É. (2022). Spectacle zoologique, inventaire de la nature ou encyclopédie naturaliste ? Approche épistémologique de la représentation des animaux sur quelques cartes murales des Amériques (XVIe-XVIIIe siècles). Bulletin du Comité Français de Cartographie, Cartes & Géomatique, 249, 13-29. https://www.lecfc.fr/new/articles/249-article-3.pdf


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Utiliser le lion pour politiser la géographie (blog de la Bibliothèque du Congrès)

Analyser et comparer l'accessibilité ferroviaire pour 250 villes dans le monde


Source : Aniket Kali, Jeff Allen (2025). Rail Transit & Population Density. Comparing and ranking 250 cities around the world, School of Cities, University of Toronto.

1) L'intérêt des cartes d'accessibilité ferroviaire

Un bon système de transport en commun relie les gens aux différents lieux de la ville. Dans l'idéal, il doit être efficace et durable, avec des lignes et des stations de transport en commun desservant le plus grand nombre de personnes possible. Mais dans la réalité, l'efficacité de ce système varie considérablement au sein des villes et entre elles.

Pour étudier cette question, les auteurs ont créé des cartes des principales lignes et gares ferroviaires pour les trains rapides, les trains régionaux et le LRT (Light Rail Transit) regroupant aussi bien des tramways que des trains légers ou encore des métros lourds de petite capacité. Ils les ont superposées à la densité de population pour 250 régions urbaines qui figurent parmi les plus peuplées au monde. Les cartes sont à la même échelle (100 km de diamètre) de manière à être facilement comparables entre elles.

Densité de population et réseau de transport ferroviaire pour 250 villes (source : Kali & Allen, 2025).



À partir de ces cartes, plusieurs indicateurs permettent de saisir les caractéristiques du développement axé sur le transport en commun. En urbanisme, le développement axé sur le transport en commun (TOD) est un type de développement urbain qui maximise la quantité d'espaces résidentiels, commerciaux et de loisirs à proximité immédiate des transports publics. Il favorise une relation symbiotique entre une forme urbaine dense et compacte et l'utilisation des transports publics. Plus la densité de population vivant à proximité des transports ferroviaires est élevée, mieux la ville est desservie. Il est possible de faire des comparaisons selon les indicateurs choisis. 

Les villes sont classées les unes par rapport aux autres en ce qui concerne les indicateurs suivants : 

  • population urbaine
  • densité de population urbaine
  • densité de population urbaine à 1km d'une station ferroviaire
  • part de population urbaine à 1km d'une station ferroviaire
  • part de l'aire urbaine à 1km d'une station ferroviaire
  • indice de concentration (ratio part de population / part de l'aire urbaine proche des transports ferroviaires)

2) Données et méthodes

Les données de population proviennent de GlobPOP et les données de transport ferroviaire d'OpenStreetMap. La liste de villes est issue de l'ensemble de données Natural Earth. Les auteurs de l'étude ont commencé avec la liste des 300 villes les plus peuplées, puis ont supprimé manuellement les cas où une ville était la banlieue d'une autre ville (par exemple, Howrah a été supprimée car elle est très proche de Kolkata), ainsi que les villes sans aucun transport ferroviaire.

Pour chaque ville, ils ont ensuite défini la région urbaine représentée sur les cartes par un cercle d'un rayon de 50 km à partir du point central. Le choix a été d'utiliser une taille de cercle standard plutôt que le périmètre des zones métropolitaines qui varient considérablement dans leur délimitation administrative. Le rayon de 50 km correspond approximativement à la distance à laquelle une personne se rend au centre-ville ou en revient le long d'un corridor ferroviaire majeur.

Les données de densité de population sont issues de GlobPOP, qui fournit des données de dénombrement et de densité de population à une résolution spatiale de 30 secondes d'arc (environ 1 km à l'équateur) à l'échelle du monde. Les mesures de densité de population urbaine sont calculées après avoir supprimé les zones où la densité de population est inférieure à 400 km², afin de tenir compte de la façon dont les régions varient en termes de superficie de terres agricoles et de surfaces inhabitables (par exemple, montagnes, eau, etc.). 400 km² est le  seuil utilisé par Statistique Canada pour définir les lieux peuplés.

Les données ferroviaires et les gares ont été extraites d'OpenStreetMap (OSM) en utilisant l'outil Overpass Turbo avec cette requête. Les auteurs ont ensuite calculé des zones tampons de 1 km autour de chaque gare, puis estimé la population dans la zone tampon via une interpolation. OSM est une base de données collaborative, et bien que la qualité et l'exhaustivité des données OSM soient assez bonnes pour la plupart des villes, plusieurs villes ont des données manquantes ou incorrectes. Si vous constatez des erreurs, veuillez mettre à jour OSM ! Au fur et à mesure que les données OSM sont modifiées et améliorées, les auteurs s'efforceront de mettre à jour les cartes et les indicateurs.

Ces données sur le transport en commun présentent deux limites principales :

  1. Elles ne concernent que le transport ferroviaire, et non le transport par bus à haut niveau de service (BRT), qui dans de nombreuses villes offre un service comparable au transport ferroviaire.
  2. Elles ne tiennent pas compte de la fréquence (c'est-à-dire de l'intervalle) des trajets. Bien que de nombreuses agences de transport partagent leurs itinéraires et leurs horaires au format GTFS, qui comprend des informations sur la fréquence et souvent la technologie (bus, train, etc.), on constate que la disponibilité du GTFS à l'échelle mondiale n'était pas disponible partout, en particulier en dehors de l'Europe et de l'Amérique du Nord.

Bien sûr, le lieu de résidence des gens n’est qu’un élément parmi d’autres ; l’objectif ultime du transport en commun est d’amener les gens là où ils veulent aller (travail, école, loisirs, etc.). Il serait intéressant d’ajouter à ces cartes des données sur l’emploi et la localisation des activités pour examiner également la destination et analyser la connectivité des réseaux. Un point sur lequel il faudra travailler à l’avenir.

Pour plus d'informations sur le projet (code, données, etc...), vous pouvez aller consulter le site GitHub.


Lien ajouté le 3 mars 2025

L’Autorité de régulation des transports (ART) publie son rapport intégral sur le marché français du transport ferroviaire en 2023. En 2023, comme en 2022, le mode ferroviaire a connu une forte hausse de fréquentation des voyageurs, en dépit d’une nouvelle baisse des circulations à grande vitesse, qui a affecté notamment les plus petites gares.

Interesting data about rail in France 12% fewer high speed train services, and some stations with even 20% fewer trains (all the red dots), BUT passenger numbers *up* (bigger trains, and filling them more) Source: www.autorite-transports.fr/actualites/l...

[image or embed]

— Jon Worth (@jonworth.eu) 3 mars 2025 à 16:13

Lien ajouté le 22 avril 2025

« Voyager en train vers l’Europe : un cauchemar pour les passagers en correspondance » (Réseau action climat).

Billets non affichés, manque de liaisons directes et de protection en cas de retard... Dans un rapport dévoilé le 21 avril 2026, le Réseau Action Climat pointe des freins encore importants pour voyager en train sur le Vieux Continent. L'association, qui a pour objectif de « lutter contre les causes des changements climatiques de l’échelle locale à l'échelle internationale », a examiné 31 liaisons aériennes ayant transporté plus d’un million de personnes entre la France et l’Europe, et leurs alternatives ferroviaires. L’objectif : mettre en lumière et lever les obstacles rencontrés par les voyageurs en train, pour enfin encourager les passagers à choisir ce mode de transport plus soutenable que l’avion. Sur les 31 liaisons analysées, 4 sont impossibles à réaliser en train dans la journée, 18 nécessitent au moins une correspondance, et seulement 9 disposent d’un train direct. Et même lorsqu’un trajet direct existe en train, l’offre est insuffisante face à la demande : sur Paris-Barcelone par exemple, il n’existe que 2 trains par jour, loin de permettre un report significatif depuis l’avion. Quant aux trajets avec correspondance, les passagers prennent un véritable risque financier. En cas de correspondance ratée causée par le retard du premier train, le passager risque de devoir repayer un billet au prix fort.

  Les principales villes européennes accessibles avec une seule correspondance en train depuis Paris 
(source : « Voyager en train vers l'Europe ; un casse-tête pour les passagers », Réseau action climat, 2026)

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Temps de trajets vers les grands centres urbains à l'échelle du monde

Explorer la cartographie des réseaux de transports publics avec des données GTFS


Cartes et données sur les élections législatives en Allemagne (23 février 2025)


Dimanche 23 février 2025, les Allemands ont été appelés aux urnes pour élire 630 parlementaires destinés à siéger au Bundestag. La réforme électorale de juillet 2023 a encore renforcé le système proportionnel, les électeurs votant deux fois sur le même bulletin, une fois pour leur circonscription et une fois pour leur Land. Du fait de ce mode de scrutin, il est extrêmement rare qu’un parti obtienne la majorité à lui tout seul. La vie politique allemande est donc rythmée par la formation de coalitions entre partis qui se rassemblent pour gouverner après s’être affrontés dans les urnes (Le Monde). 

La coalition conservatrice (CDU/CSU) a remporté le scrutin national avec 28,5%, tandis que l'l'extrême droite (AfD) a enregistré son plus haut score depuis 1945 (20,8%), en gagnant des voix et en s'implantant durablement dans la partie est de l'Allemagne. Les socialistes du SPD (16,4%) sont en net recul. Les Verts arrivent en 4e position avec 11,6%, tandis que le parti plus à gauche Die Linke fait un score inattendu de 8,8%. Les jeunes électeurs se sont déplacés massivement vers l’extrême gauche (Die Linke) et l’extrême droite (AfD). Les partis conservateurs (CDU/CSU) et socialistes (SPD) ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes.

1) Cartes des résultats diffusées par les médias

Les cartes de résultats éléctoraux témoignent d'un fort différentiel est-ouest pour les « deuxièmes voix » (au niveau des Länder). Au niveau local, la « première voix » montre l’ancrage territorial du SPD dans ses bastions (Ruhr, Basse-Saxe, Hambourg, Brême), malgré la débâcle électorale au niveau national. L’AfD avec plus de 20% renforce son ancrage à l’Est (38,6% en Thuringe, 37,3% en Saxe ; à Görlitz, le chef du parti Tino Chrupalla fait 48,9%). Mais l’AfD progresse aussi à l’Ouest dans des « bastions » du SPD, notamment industriels : pour la première fois le parti arrive premier pour la « deuxième voix » dans des circonscriptions de l’Ouest à Kaiserslautern et Gelsenkirchen. Alors que l’AfD a renforcé son implantation à l’Est, Die Linke, malgré son fort succès (8,8%), a perdu, en partie, cette spécificité face à la concurrence de la BSW. Néanmoins le « plan » Silberlocken du parti Die Linke a doublement fonctionné : il gagne 6 circonscriptions directes (dont Bodo Ramelow en Thuringe et Gregor Gysi à Berlin) sur les 3 visées et nécessaires en cas d’échec pour dépasser la barre des 5%… qu’il dépasse largement (8,8%). Fait nouveau, Die Linke arrive en tête à Berlin où le parti gagne pour la première fois une circonscription à l’ouest (Neukölln). Il devient le premier parti des jeunes au détriment des Verts. Les libéraux du FDP sortent du parlement pour la deuxième fois de leur histoire. Malgré leur affaissement, les « bastions » restent inchangés (bourgeoisie-libérale à Bonn ou Cologne, Mittelstand du Bade-Wurtemberg…). Les Verts (Die Grünen) restent un parti ouest-allemand implanté dans les villes moyennes libérales et universitaires (Freiburg, Heidelberg…). Ils n’emportent aucune circonscription « rurale », pas même celle de Robert Habeck dans le Schleswig-Holstein (voir l'analyse de Paul Maurice, @Pl_Maurice).

Comparaison des résultats entre 2021 et 2025 (source : Le Monde - Les Décodeurs)

Les libéraux du FDP ainsi que la gauche populiste de l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW, 4,97%) manquent leur entrée au parlement. Avec les « petits » partis, près de 15% des électeurs ne seront pas représentés. Mais cela facilite la tâche pour la constitution d'une « grande coalition » par Friedrich Merz (CDU/CSU). Ayant exclu de s’allier avec l’AfD, Friedrich Merz devra probablement s’appuyer sur le SPD pour rassembler une majorité au Parlement. Une alliance avec les Verts (85 sièges) serait en effet insuffisante, et ils ne pourront pas compter sur les libéraux du FDP, qui ont perdu toute représentation parlementaire, faute d’avoir atteint le seuil de 5 % des voix nécessaire. Comme en France, cela va être compliqué pour les Allemands d'avoir un gouvernement stable.

On observe un clivage Est/Ouest très marqué pour l'ensemble des partis, et notamment pour le BSW, un peu moins pour l'AfD. L'électorat Die Linke est toujours ancré à l'est, mais nettement moins que dans le passé.

Les cartes codées par couleur selon le vainqueur local peuvent être trompeuses dans la mesure où les partis peuvent gagner des voix en restant en dessous du seuil nécessaire pour l'emporter au niveau de la circonscription. Le fait de choisir le bleu pour représenter l'AfD d'extrême droite à la place du noir (utilisé pour le CDU/CSU) peut également poser question. Depuis 2017, le soutien à l'AfD a augmenté parallèlement à l'Est et à l'Ouest à partir de bases différentes. 

Les bastions par parti en Allemagne (source : Zeit-online)


Le vote différe beaucoup selon les tranches d'âge. Les jeunes électeurs se sont déplacés massivement vers l’extrême gauche (Die Linke) et l’extrême droite (AfD). Les plus de 60 ans ont voté davantage pour les partis traditionnels (CDU/CSU et SPD).

La répartition du vote par tranches d'âge (source : Tagesschau.de)


  • « Législatives en Allemagne : visualisez le score historique du parti d’extrême droite AfD en graphiques » (Le Monde)
  • « Les élections allemandes ravivent de vieilles divisions » (Politico)
  • « Allemagne : tous les résultats de l’élection par circonscription » (Le Grand Continent)
  • « Les résultats des élections en détail par circonscription » (source : Zeit-online)
  • « Résultats des élections fédérales allemandes » (Bloomberg)
  • « La frontière Est/Ouest renaît de ses cendres après la victoire historique de l'AfD » (Rtbf.be)
  • « Les résultats des élections allemandes expliqués en graphiques » (Deutsche Welle)
  • « Les résultats des élections en données et graphiques » (Süddeutsche Zeitung)
  • « Voici comment l'Allemagne a voté  »  (Berliner Morgenpost)
  • « Elections allemandes : les résultats et la composition du nouveau Bundestag » (Toute l'Europe)
  • « Élections fédérales allemandes anticipées de 2025 : le comparatif des programmes des partis »  (IFRI)
  • « Élections fédérales allemandes anticipées de 2025 : le comparatif des programmes des partis »  (The Conversation)
  • « Élections en Allemagne : quelles fractures ? Avec Bénédicte Laumond » (Arte)
  • « Avec un œil au beurre noir » (Republik). L’Allemagne se déplace vers la droite. Mais il y a aussi beaucoup de mouvements à gauche – et la démocratie est vivante. Six thèses sur la classification des élections fédérales.
  • « Les électeurs du bloc de l'Est ont-ils voté de manière radicale ? Pas exactement » (Datajournalism.studio)
  • « Allemagne, semaine 1 : les leçons positives des élections au Bundestag » (Le Grand Continent)
  • « La fragmentation politique de l'Allemagne complique la formation d'une coalition » (Bloomberg)
  • « Sélection de cartes et datavisualisations » (Datawrapper du 25 février et du 4 mars 2025)
  • « Composition du Bundestag en 2021 et en 2025 » (Visactu)
  • « La CDU s’est-elle imposée sur le SPD ? Une analyse statistique des 2 740 phrases du contrat de coalition allemand » (Le Grand Continent)
  • « Pour la première fois, les femmes ont voté davantage à gauche que les hommes » (ZdF.de). Ce qui se cache derrière l’écart croissant entre les sexes.
  • « En Allemagne, la mémoire s’estompe et l’AfD donne le tempo » (OrientXXI). Au sein d’une Europe en proie à la montée des extrêmes droites, l’Allemagne a longtemps fait figure d’exception. Depuis quelques années cependant, les digues de la vertueuse exception germanique paraissent s’affaisser devant la montée du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), qui constitue désormais la deuxième force du pays. 


Afin de montrer certains héritages, le site Brilliant Maps propose une comparaison des élections de 1932 avec celles de 2025. L'élection de 1932 a marqué un tournant car c'était la première fois que les nazis remportaient la plus grande part des voix, même s'ils étaient loin d'avoir la majorité, ce qu'ils n'avaient jamais obtenu auparavant lors d'élections libres. 

« Les premières élections d'après-guerre en Allemagne de l'Ouest (14 août 1949) » sur Rare Maps.

« Ces cartes des résultats des élections en Allemagne montrent les divisions héritées de l’histoire du pays » (Huffington Post).

Si on compare les résultats avec la carte de la répartition des étrangers en Allemagne, on s'aperçoit que l'Allemagne de l'est où le score de l'extrême droite est le plus élevé est la partie où il y a le moins d'étrangers.

Les partis d'extrême droite deviennent « les plus populaires en Europe ». A ce stade, ils restent exclus du pouvoir (car minoritaires dans l'absolu). Mais selon The Economist, plus leurs idées sont reprises et plus le cordon sanitaire s'effrite, plus ils se développent.

Le déclin des partis traditionnels et la montée de l'extrême-droite en Europe (source : The Economist)

Répartition de la population étrangère en Allemagne (carte à commenter sur Reddit). On observe une corrélation négative étroite entre la présence réelle d'étrangers et le vote pour le parti radical anti-immigrants. Cela pourrait être dû au fait que le sentiment anti-immigrant est principalement alimenté par les récits médiatiques et les dirigeants politiques, moins par l'expérience réelle des immigrants, qui tend à être plus nuancée.

2) Données et fonds de carte à télécharger

Les données officielles du scrutin législatif 2025 sont publiées sur le site Bundeswahlleiterin.de. Elles sont disponibles par Land et par circonscription sous forme de tableaux (voir l'atlas interactif donnant le nom des circonscriptions).

Il est possible de télécharger directement les résultats par candidats élus (fichier pdf et csv) ou par circonscriptions (pdf). En outre un fichier de synthèse permet de comparer les résultats 2021 et 2025. Pour avoir un aperçu de l'ensemble des données mises en open data, voir la page récapitulative par ici.

Le site Zeit-online donne également le détail des résultats par circonscription et par candidat. En cliquant sur une circonscription dans le tableau proposé, on accès à un grahique donnant l'évolution des scores par parti depuis 1949. 

Les cartes avec la géométrie des circonscriptions pour les élections fédérales sont disponibles sous différents formats (ai, svg, shp, kml + descriptif en csv) :

Gregor Aisch, journaliste en données visuelles au journal Zeit.de, a documenté la manière de produire des cartogrammes sur un bloc-notes Observable.

Ansgar Wolsing partage son code R pour une animation qui superpose une carte choroplèthe et une carte par points de taille égale pour chaque circonscription : une manière de montrer que ce sont les populations qui votent, non les territoires.

Patrick Stotz revient sur les cartes politiques qu'il a créées pour le journal Der Spiegel. Consacrées aux élections primaires allemandes, ces cartes illustrent les régions où des coalitions potentielles ont réussi à obtenir une majorité. 

Liens ajoutés le 3 novembre 2025

@cart0graf a cartographié les élections fédérales de 2025, marquées par la défaite du SPD, des Verts et du FDP, la montée de la droite et de l'extrême droite, et le retour du parti Die Linke. Les clivages est-ouest, les traditions religieuses et les divisions entre groupes sociaux s'entremêlent dans la géographie du vote.

La base de données électorales allemande (GERDA) fournit un ensemble complet de données sur les résultats des élections locales, régionales et fédérales en Allemagne, permettant ainsi d'étudier le comportement électoral, la représentation et les évolutions politiques à différents niveaux administratifs. Chaque ensemble de données inclut les taux de participation et les parts de vote pour les principaux partis. Les ensembles de données harmonisés tiennent compte des modifications des limites municipales et des circonscriptions de vote par correspondance, garantissant ainsi la comparabilité dans le temps.

Heddesheimer, Vincent, Hanno Hilbig, Florian Sichart et Andreas Wiedemann. 2025. GERDA : Base de données électorales allemandes . Nature : Scientific Data, 12 : 618, https://www.nature.com/articles/s41597-025-04811-5

Articles connexes


Résultats des élections au Bundestag en Allemagne (26 septembre 2021)

Cartes et données sur les communes allemandes à partir du recensement de 2022 (Wahlatlas.net)