Quand Facebook révèle nos liens de proximité (3)

Les réseaux sociaux et notamment Facebook ont favorisé la mobilisation des gilets jaunes. Quels sont les thèmes d'étude que l'on peut aborder dans le cadre de l'Education aux médias et à l'information (EMI) et de l'Education Morale et Civique (EMC) ? Cette liste de ressources sélectionnées sur Internet est destinée à documenter le rôle des réseaux sociaux et à nourrir les débats.


1) Le partage des données sur les réseaux sociaux : Facebook et son nouvel algorithme

Le pouvoir de Facebook est de fédérer des personnes autour d’affinités multiples (voir le billet n°2). En changeant son algorithme en janvier 2018, la firme de Mark Zuckerberg a voulu prendre ses distances avec les contenus des médias traditionnels. Ce "nouveau" Facebook a généré une plus grande exposition aux contenus de ses amis, voisins ou proches, ce qui a contribué à la forte mobilisation des gilets jaunes lors de la première manifestation du 17 novembre et aussi en partie lors des actes suivants.
  • « #GiletsJaunes : de l'algorithme des pauvres gens à l'internet des familles modestes », 30 décembre 2018, Blog Affordances.info
    Facebook a énormément servi de relai à la mobilisation des Gilets Jaunes. Le mouvement n'y est peut-être pas "né" mais il y a tout au moins été largement incubé.
  • "Gilets jaunes : de l'algorithme Facebook à la rue »3 décembre 2018, France 24
    Les porte-parole désignés des “Gilets jaunes” ont en commun une forte présence sur Facebook. Un récent changement d’algorithme du réseau social a contribué à leur popularité et à celle du mouvement.
  • « Nouveau monde. Le nouvel algorithme de Facebook a-t-il favorisé le mouvement des gilets jaunes" ? », 6 décembre 2018, France Info
    Le changement d’algorithme du réseau social aurait décuplé la mobilisation des mouvements de protestation en ligne.
  • Les « gilets jaunes », récit d’un mouvement hors norme né sur Facebook, 10 décembre 2018, Le Monde
    Le mouvement, né sur les réseaux sociaux pour protester contre les prix à la pompe, s’est mué en vaste colère populaire qui ébranle le gouvernement.
  • « Gilets jaunes: les groupes les plus actifs sur Facebook », 5 décembre, BFM TV
    Le réseau social grouille désormais de centaines de groupes dans lesquels les Gilets jaunes expriment leur colère et organisent leurs rassemblements. Les plus populaires ont une activité foisonnante.
  • « Plongée dans les comptes Facebook des gilets jaunes », 14 janvier 2019, Le Nouvel Observateur
    Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein a étudié les comptes Facebook de nombreux "gilets jaunes". Dans la première partie de cette note, il revient sur la constitution du mouvement et analyse le rôle des algorithmes de Facebook dans sa constitution. Dans un second volet, il se penche sur les profils Facebook et les déclarations des principaux leaders : Maxime Nicolle et Eric Drouet.
  • « Facebook, le début de la fin ? », 14 janvier 2019, The Conversation
    Les utilisateurs (notamment français) sont de moins en moins convaincus de l’utilité sociale de Facebook. Selon eux, le réseau est utilisé pour maintenir des liens faibles plus que pour cultiver des liens forts. 
  • « Facebook change ses règles... et la taille des groupes de gilets jaunes diminue », 18 janvier 2019, Le Monde
    Le réseau social a introduit une nouvelle manière de compter les membres actifs dans les « groupes Facebook », un outil utilisé notamment par les manifestants. Depuis le 14 janvier 2019, les utilisateurs de Facebook ne peuvent plus faire entrer un de leurs contacts dans un groupe sans l’autorisation de ce dernier.
  • « Les groupes Facebook des gilets jaunes s’essoufflent et se restructurent », 23 janvier 2019, Le Monde, Les Décodeurs.
    Après l’effervescence des premières semaines, une partie des internautes s’est désengagée de ces communautés, dont seules quelques-unes restent très actives.

 L'essor des publications sur 148 groupes Facebook étudiés du 13 novembre
au 3 décembre 2018 (source : BFM TV)


2) La place importante des fake news sur les réseaux sociaux
  • « Gilets jaunes : démêler le vrai du faux de trois jours de mobilisation », 19 novembre 2018, Agence AFP
    La mobilisation des "Gilets Jaunes" contre la hausse des taxes sur les carburants a suscité le partage de nombreux commentaires, photos et vidéos sur les réseaux sociaux. L'AFP revient sur cinq éléments, vrais ou faux.
  • « Les gilets jaunes et la fracture médiatique », 18 décembre 2018, Le Figaro
    Une polémique est née après que la chaîne France 3 a été accusée d'avoir retouché une photographie. Sur une pancarte indiquant « Macron démission », n'apparaît plus que « Macron ». Peut-on parler de « fake news » ?
  • « Fake news : les gilets jaunes ont une tendance plus importante que la moyenne à adhérer aux thèses complotistes », 13 janvier 2019, France Info
    Rudy Reichstadt est spécialiste des thèses complotistes. Selon lui, le partage de fausses nouvelles provient entre autres d’une volonté de se distinguer des autres, de se penser "plus malin que les autres".
  • « Gilets Jaunes : sur Facebook et Twitter, des internautes dénoncent les dérives des manifestants », 21 novembre 2018, Phone Android
    Sur Facebook et Twitter, des internautes n’hésitent pas à dénoncer les dérives du mouvement. Sur Twitter, les hashtags #Balancetongilet et #Balancetongiletjaune sont apparus.
  • « Facebook censure-t-il le mouvement des Gilets jaunes ? », 22 novembre 2018, Numerama
    Les militants arborant des gilets jaunes se plaignent d'une « censure » de Facebook. Joint par Numerama, le réseau social s'en défend. Plongée au cœur d'une théorie du complot qui prend de l'ampleur.
  • « Gilets jaunes : les journalistes ne sont pas des cibles ! », 20 novembre 2018, Syndicat de journalistes de France Télévision
    La haine des journalistes est aussi attisée par une prétendue censure à France 3. Il s’agissait en réalité d’une rédaction régionale qui devait rendre l’antenne à la fin d’un JT, et donc interrompre le direct d’une consœur. Le SNJ apporte tout son soutien aux consœurs et confrères victimes de ces agissements délictueux.
  • « Gilets jaunes et journalistes : aux sources du rejet », 29 novembre, The Conversation
    Des journalistes insultés, menacés, cibles de jets de pierre, sur les Champs Élysées, à Toulouse, dans la Drôme, etc. Tweets où fleurissent les « merdiasses » et autres « journalopes ». Vidéos de « gilets jaunes » où s’affichent la conviction que les médias sont aux ordres du gouvernement. Il serait possible de prolonger cette litanie des manifestations du violent divorce entre les acteurs du mouvement des « gilets jaunes » et les journalistes qui en rendent compte.
  • « Point de vue. Pourquoi et comment les réseaux sociaux ont influencé le mouvement des gilets jaunes », 13 décembre 2018, France InfoMéritée ou pas, la défiance à l'égard des médias a conduit beaucoup de gilets jaunes à faire davantage confiance aux contenus circulant sur les réseaux socionumériques pour s'informer. Ce simple état de fait est un encouragement pour les manipulateurs de tous poils à fabriquer des 'informations'", observe le chercheur Arnaud Mercier.
  • « Gilets jaunes : les médias en font-ils trop ? », 22 décembre 2018, France Culture
    Voilà plusieurs semaines qu’ils occupent le terrain et jusqu’aux pages de nos journaux, tous supports confondus. L’institut d’études Kantar média a même évalué la retombée médiatique de ces blocages à l’équivalent d’un match de foot de l’équipe de France lors de la dernière coupe du monde. Mais les "gilets jaunes", qui prévoient aujourd’hui de bloquer la capitale, ont cette semaine nourri un débat au sein même des rédactions.
  • « Sur Facebook, des gilets jaunes lancent leurs propres médias », 12 janvier 2019, Le Monde
    « Vécu » et « France Actus » sont nés de la défiance exprimée par de nombreux Gilets jaunes à l’égard des médias traditionnels. Leurs vidéos ont enregistré 4 millions de vues en un mois.
  • « Jaune, le journal pour gagner », journal téléchargeable sur le site Jaune.noblogs.org
    Jaune est diffusé en ligne et distribué sur des rond points. Ses rédacteurs et rédactrices l’annoncent comme le premier organe de presse des Gilets jaunes.

Un gilet jaune montre une pancarte contre les médias, le 1er décembre 2018 à Paris. 
(source : Laure Boyer / Hans Lucas / AFP)
 


3) Démocratie directe versus démocratie représentative
  • « Gilets jaunes : peut-on calculer sa légitimité grâce à son nombre de vues Facebook ? »  Emission Quotidien avec Yann Barthes, TF1
  • « Après avoir liké, les gilets jaunes vont-ils voter ? », 5 décembre 2018, Blog Affordance.info
    Dans mon dernier article sur le sujet je concluais en soulignant la forme "d'émancipation paradoxale" que produisait Facebook en permettant aux Gilets Jaunes d'accéder à un espace, discursif, médiatique, organisationnel et situationnel dont ces gens-là se retrouvaient privés depuis l'effondrement des corps intermédiaires supposés les représenter. Il n'est pas impossible que cette émancipation leur soit également volée parce qu'une nouvelle fois, il faut le dire, le répéter et le comprendre, Facebook facilite autant les révolutions sociales qu'il en compromet la victoire.
  • « Débat : Peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ? », 5 décembre 2018, The Conversation
    La révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan... Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques. A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public.
  • « Les Gilets Jaunes se font une place dans les médias et l'agenda politique », 7 décembre 2018, Rapport de recherche du LERASS
    Quatre chercheurs du Laboratoire d’études et de recherches appliquées en sciences sociales ont publié leur deuxième rapport sur l’expression des « gilets jaunes » sur Internet depuis le début de la mobilisation. Pour réaliser leur rapport, les chercheurs toulousains ont passé au crible grâce à un logiciel des centaines d’articles de presse et des milliers de posts, commentaires et tweets. Selon leur étude, les « gilets jaunes » ont en commun leur hostilité pour Emmanuel Macron et la volonté de voir mis en place des référendums d’initiative populaire.
    • « Débat : La foule n’est pas le peuple », 10 décembre 2018The Conversation
      On a entendu, depuis un mois, beaucoup d’approximations sur ce que la démocratie est censée être, du côté des gilets jaunes et des responsables politiques qui entendent récupérer leur mouvement, mais aussi du côté de certains journalistes et chroniqueurs.
    • « Éric Drouet et Priscillia Ludosky, deux figures des gilets jaunes actent leur rupture sur Facebook », 14 janvier 2019, The Huffington Post
    • Appel de la première « assemblée des assemblées » des Gilets jaunes, 27 janvier 2019, Reporterre.
      Nous, Gilets Jaunes des ronds-points, des parkings, des places, des assemblées, des manifs, nous sommes réunis ces 26 et 27 janvier 2019 en « Assemblée des assemblées », réunissant une centaine de délégations, répondant à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy... Nous sommes forts de la diversité de nos discussions, en ce moment même des centaines d’assemblées élaborent et proposent leurs propres revendications. Elles touchent à la démocratie réelle, à la justice sociale et fiscale, aux conditions de travail, à la justice écologique et climatique, à la fin des discriminations.
    • Le mouvement des gilets jaunes entre dans l’histoire de l'art grâce à ses tags, 20 février 2019, 20 minutes. Voir le site La Rue ou rien qui recense ces tags.
      Le nombre de graffitis contestataires explose avec le mouvement des « gilets jaunes ». Leur visibilité est décuplée avec les réseaux sociaux. Les graffitis politiques d’aujourd’hui dialoguent clairement avec le pouvoir et resteront liés historiquement à ce mouvement.

    Pancartes, tags, slogans : ce que disent les mots des gilets jaunes (source : Le Figaro)


    4) Les réseaux sociaux et le grand débat national
    • « Le Grand débat national », site officiel du Grand débat national
      Comment s'organise-t-il ? quels sont les thèmes ? Comment y participer ? A quoi serviront les contributions ?
    • « Débat : La citoyenneté du nombril des gilets jaunes », 23 novembre 2018, The Conversation
      Le mouvement des gilets jaunes nous renseigne sur ce que le politologue Christian Le Bart qualifie comme la montée conjointe du métier d’individu et de l’égo-politique.
    • « Sur les réseaux sociaux, le référendum d’initiative populaire a la cote... contrairement à Macron », 8 décembre 2018, 20 minutes
    • « L'article à lire pour comprendre le référendum d'initiative citoyenne, l'une des revendications des gilets jaunes », 17 décembre, France Info
    • « Débat : Des gilets jaunes au grand débat : quels enjeux institutionnels ? », 6 janvier 2019, The Conversation
      La saga des « gilets jaunes » et les pillages de décembre relayés dans le monde entier ont révélé les failles de la représentation démocratique dans le jeu politique français. La cristallisation de la colère autour de la figure présidentielle, plébiscitée encore six mois plus tôt, souligne l’acuité du problème institutionnel.
    •  « Gilets jaunes ou stylos rouges : le web carburant des débats », 8 janvier 2019, L'Express
      Via des pétitions ou sur Facebook, internet semble aider le citoyen à redevenir acteur central des débats.
    • « Le grand débat national n’a pas grand-chose à voir avec la démocratie participative », The Conversation, 9 janvier 2019.
      Laurent Mucchielli (Université d’Aix-Marseille) souligne la nécessité, l’urgence même, de favoriser l’émergence d’une vraie démocratie participative.
    • Gilets jaunes  : l'incertitude politique, The Conversation, 19 février 2019.
      Ni révolution, ni révolte, ni mouvement « populaire », le mouvement résiste aux catégories conventionnelles de l’analyse politique... Quel est l’ordre politique recherché par ce mouvement qui refuse toute structure, tout en revendiquant la démocratie directe ? Ce qui semble caractériser le mouvement : la spontanéité politique, la représentativité démocratique, la démocratie non-structurée, la société de réseautage, la liberté ambiguë de l'expression, l'invisibilité, le dit et le non-dit. Le Grand Débat peut-il être la réponse ?
        
      Une des nombreuses illustrations partagées sur des comptes Facebook de gilets jaunes pour dire "oui" 
      au référendum d'initiative citoyenne



      Cette liste de liens est complétée au fur et à mesure des publications repérées dans les médias et sur les réseaux sociaux. N'hésitez pas à nous en faire part...

      Articles connexes

      Quand Facebook révèle nos liens de proximité (billet n°1) : une analyse de la carte des relations d'amitié sur Facebook à l'échelle des Etats-Unis et son intérêt pour comprendre les effets de distance ou de proximité.

      Quand Facebook révèle nos liens de proximité (billet n°2) : l'image que Facebook et plus généralement les réseaux sociaux entendent promouvoir à travers la diffusion de cartes montrant la répartition de leurs utilisateurs dans le monde.

      Cartes et données sur le Grand Débat National en open data : suite au mouvement des gilets jaunes, le Gouvernement a décidé d'engager un Grand Débat permettant aux Français de s'exprimer. Associations, citoyens, chercheurs s'interrogent sur les possibilités d'analyse et la réelle transparence des données telles qu'elles sont publiées. 





       

      Interview de Philippe Rekacewicz sur la cartographie et le métier de cartographe


      Invité par Cédric Ridel, professeur d'histoire-géographie, le cartographe Philippe Rekacewicz est venu faire une conférences et conduire un  atelier cartographique en janvier 2019 au lycée international Marguerite Duras d’Ho Chi Minh Ville. A l’occasion de sa venue au lycée, il a bien voulu répondre aux questions de deux élèves de Terminale, Abin et Van concernant la cartographie et le métier de cartographe. 


      Voici quelques verbatims extraites de son interview :

      « La carte a toujours été pour moi un objet de fascination pendant très longtemps… » (1’53)

      « Dans les cours de géographie à l’université où il y a de la cartographie, j’ai tout de suite compris la puissance formidable de la carte comme outil du géographe, comme outil pour exprimer sa vision géographique. On peut écrire des textes, on peut écrire des poèmes, on peut faire de la poésie, de la littérature, écrire des narrations, mais vraiment dessiner la carte, cette rencontre entre la science, la géographie, l’explication des territoires, ça ouvrait des possibilités infinies et j’ai tout de suite compris qu’il y avait là un domaine extrêmement riche à explorer… » (4’40)

      « Mon premier outil en tant que cartographe, c’est ma tête, mon cerveau. C’est étonnant de dire cela comme ça. La cartographie, il faut la considérer comme une discipline où on raconte des histoires. Pour dessiner et créer une carte, il faut avoir des intentions… Est-ce qu’une carte peut montrer les injustices, par exemple la géographie des pays discriminés et celle des pays non discriminés ? Après on va rechercher des données… » (5’40)

      « Ensuite comme deuxième outil pour exprimer ses idées, on a des crayons et des feuilles de papier.  De la carte mentale à la carte papier, on va dessiner les formes, la symbolique, on va dessiner en fait nos idées. » (8’07)

      « Le troisième outil, c’est celui qui va vous permettre de réaliser votre rêve cartographique, c’est l’ordinateur, les logiciels, éventuellement vous pouvez dessiner avec de l’aquarelle, avec du pastel gras, avec de la gouache… » (8’20)

      « Vous avez des cartographes qui sont aussi des artistes qui font des cartes en 3D, qui font des installations, qui font même des cartes dans les champs en coupant l’herbe, ou avec de la glace, du cuir, du fer ou du métal, qui font même des pièces de théâtre cartographique. » (8’40)

      « Pour réaliser une carte, il me faut entre un jour... et trois ans. Si on veut être un observateur ou une observatrice du monde actuel, il faut le temps d’observer comment le monde se transforme… Il faut plusieurs années pour faire la carte de transformation d’un paysage urbain par exemple ou pour voir les transformations d’un terminal d’aéroport. » (9’30)

      « Je ne parle pas du plagiat lorsqu’on recopie la carte d’un manuel en changeant les couleurs… C’est en moyenne deux ou trois jours pleins de travail pour réaliser une carte complète. La cartographie est une discipline qui est assez chère finalement, c’est une discipline qui est très lente avec des étapes qui ne se font pas très rapidement. » (11’50)

      « Il est impossible de produire une “cartographie innocente”. La carte, c’est résolument une vision, une interprétation du monde. Il est impossible que ce soit autrement. Le choix d’une couleur est subjectif… Un simple trait rouge peut exprimer le danger, l’interdit ou la peur par exemple. Un trait bleu peut exprimer quelque chose de plus positif, de plus serein, un accord de coopération par exemple. » (12’10)

      « Tout est une question de choix. Il n’y a pas de manière neutre de représenter le monde, en particulier dans les endroits où il y a des désaccords entre les pays, et il y en a des milliers. Comme on vit dans des pays délimités par des frontières, où les pays sont souverains sur leurs territoires, les désaccords sont nombreux. » (13’30)

      « Il est impossible de faire de la cartographie sans prendre parti, ce qui fait de la cartographie une discipline éminemment géopolitique. » (18’28)


      Philippe Rekacewicz

      Collaborateur du Monde Diplomatique et de sa rubrique cartographie jusqu'en 2014, Philippe Rekacewicz s'intéresse aux rapports entre cartographie, art, science et politique. Il mène aussi divers projets liés au mouvement de la « cartographie radicale ». Outre sa participation régulière au Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, il coanime le site Visionscarto.net avec Philippe Rivière.






      Colloque international "Faire connaître les mondes en découverte"


      APPEL A COMMUNICATIONS pour le colloque international
      Faire connaître les mondes en découverte
      Strasbourg, 14, 15, 16 octobre 2019


      Le colloque propose de réfléchir aux processus par lesquels les mondes en découverte sont portés à la connaissance d’un public plus ou moins large. Les explorations novatrices ont depuis longtemps fait l'objet de formes de médiatisation, avec des filtres qui ont laissé une large place à la fiction, au merveilleux et aux stratégies des acteurs. Les supports ont considérablement changé au fil du temps : récits oraux ou écrits, cartes, images de toutes sortes, et plus récemment photographies, films, reportages, télévision, Internet… Désormais, la découverte ne se limite plus à l'espace terrestre. Elle se déploie dans l’univers sidéral, mais aussi dans les espaces de fiction qui, à travers les mythes, l'art, la littérature et les contes philosophiques, n'ont jamais été absents des mondes en découverte. Ces univers nouvellement explorés ou inventés sont aussi des "mondes en découverte", qui aident à populariser les nouvelles technologies et que le colloque prendra en compte.
      Le colloque s'intéresse au processus de la découverte au sein de la société qui prend l'initiative de celle-ci, aux liens entre découvreurs et médias, aux mécanismes de transmission par les médias, aux effets sociétaux de la médiatisation des découvertes.
      Les contributions peuvent relever de disciplines variées : géographie, histoire, sociologie, littérature, sciences politiques, etc. La réflexion n'est limitée à aucune période de l'histoire et à aucun lieu.

      Envoi des propositions de communication : Résumé d'une page, soit 500 mots environ, 3 à 5 mots-clefs, un bref CV, à envoyer pour le 31 janvier 2019, à l’adresse suivante : colloque-mondes-en-decouverte@bnu.fr

      Pour en savoir plus : consulter les infos détaillées sur le site de la BNU de Strasbourg.


      L'application cadastre solaire du Grand Lyon


      L'application Cadastre solaire expose le potentiel du bâti existant pour le développement de l'énergie photovoltaïque au sein du Grand Lyon.

      Le cadastre solaire indique le rayonnement solaire reçu par une toiture ainsi que le potentiel de production d’énergie solaire d’un bâtiment. Le cadastre solaire s'adresse aux professionnels (opérateur immobilier, bailleur, industriel, fabricant de matériel photovoltaïque), aux collectivités comme aux particuliers. Il permet de déterminer la viabilité d’un projet de production solaire photovoltaïque ou thermique.

       Interface du site Cadastre solaire (source : Grand Lyon)


      Clés de lecture sur la cartographie :

      Les toits mis en évidence en surbrillance jaune sont ceux pour lesquels une installation photovoltaïque est pertinente, les critères retenus sont les suivants :
      • surface utile > 20m²
      • irradiation solaire > 1200 kWh/m² pour les toits en pentes
      • irradiation > 1000 kWh/m² pour les toits terrasse (pente < 3°)

      Les toits des bâtiments industriels et des centres commerciaux ainsi que les toits des grands équipements collectifs (comme ici le Stade de l'Olympique Lyonnais) offrent des opportunités importantes pour implanter des panneaux solaires.



      L'application a été élaborée à partir des données vectorisées des bâtiments de l’agglomération en 3D (base de données du Grand Lyon), de la modélisation de la canopée de la métropole sous forme de nuages de points (LIDAR) et des données du rayonnement solaire intégrées au module de calcul RhinoSolar pour le calcul du rayonnement direct, en prenant en compte les masques solaires des bâtiments voisins et de la canopée.

      Page web du cadastre solaire sur le site du Grand Lyon :
      http://www.grandlyon.com/services/cadastresolaire.html

      Accès aux données métropolitaines du Grand Lyon :
      http://data.grandlyon.com/

      Données d'ensoleillement dans le monde sur le site Solargis :
      http://solargis.info/


      Lien ajouté le 27 avril 2022

      Articles connexes

      Etudier les formes urbaines à partir de plans cadastraux

      Utiliser Wikidata pour chercher des informations géographiques


      Wikidata est le projet frère de Wikipédia. Lancé en 2012, ce site permet de chercher des informations à partir de nombreux thèmes (53 millions d'items en janvier 2019). Comme Wikipédia, le projet est collaboratif et multilingue.

      Il comporte un moteur de recherche très puissant avec un langage d'interrogation structuré : Wikidata Query Service. Les résultats peuvent être filtrés selon différents critères et être affichés sur une carte avec leurs coordonnées lorsqu'il s'agit de données géolocalisées (voir ce tutoriel).

      Les domaines d'application sont très nombreux, des noms de rues ou de communes aux monuments et sites touristiques, en passant par des données plus rares concernant par exemple les accès au réseau wifi. En voici quelques exemples.

      Les stations de ski dans le monde avec leurs coordonnées géographiques (source : Wikidata)


      Carte des communes de France dont le nom finit par -ac (source : Wikidata)


      Gares ferroviaires avec accès wifi gratuit en France (source : Wikidata)


      Les résultats peuvent être affichés sous forme de tableaux, de graphiques ou de cartes dans OpenStreetMap. Ils sont exportables dans différents formats de bases de données (JSON, CSV, TSV...).

      Pour compléter, voici la carte des noms en "saint" ou en "holy" dans les pays européens à partir de la base de l'US National Geospatial-Intelligence Agency (NGA) : http://biqdata.wyborcza.pl/biqdata/7,159116,22172206,the-map-of-holy-places-in-europe.html


      Lien ajouté le 1er mai 2019

      Open Tapioca permet de déposer un texte afin d'obtenir une description des lieux, des organisations et des personnes citées dans le texte. La base de données est celle de Wikidata. Il s'agit d'une version béta (voir le projet sur GitHub pour plus d'informations).
      http://opentapioca.org/

      Lien ajouté le 12 mai 2021

      WikiShootMe affiche sur une carte toutes les entrées de la base de données Wikidata sur la ville de Barcelone qui n'ont pas de photographies dans Wikimeida (le référentiel multimédia ouvert). L'objectif est d'encourager des contributeurs à verser des photos pour alimenter cette base de données ouverte.

      Lien ajouté le 20 octobre 2021
      Lien ajouté le 14 juin 2022
      Articles connexes



      Simuler des courbes de niveau en réalité augmentée dans un bac à sable


      L'idée est simple, il fallait y penser. Des chercheurs de l'université de Californie à Davis ont mis au point un dispositif de visualisation 3D qui permet, en faisant des châteaux de sable, de reconstituer les courbes de niveau comme sur une carte topographique.


      Les ingrédients pour fabriquer un tel dispositif en réalité augmentée sont les suivants : un bac à sable, une caméra 3D pour capter le relief et un vidéoprojecteur pour projeter les courbes de niveau. Mais les chercheurs ne se sont pas contentés de représenter le relief, ils ont aussi représenté l'eau avec son sens d'écoulement en fonction de la pente. De quoi initier nombre d'enfants et d'adultes aux rudiments de la topographie et de l'hydrographie.


      Depuis sa création en 2012, ce bac à sable interactif a connu un grand succès et a été montré dans des centaines de lieux à travers le monde, sur presque tous les continents, dans les musées, les écoles et les universités.
      http://arsandbox.ucdavis.edu/

      Le dispositif interactif a été développé à l'origine par Oliver Kreylos, informaticien à l'Université de Californie, afin d'initier au fonctionnement des lacs et des bassins versants. Le logiciel SARandbox qui est nécessaire pour réaliser cette simulation est téléchargeable gratuitement :
      http://idav.ucdavis.edu/~okreylos/ResDev/SARndbox/Download.html

      Un tutoriel vidéo est disponible pour construire le bac à sable. Il faut tout de même un sable spécial (appelé sable «cinétique») composé principalement de dioxyde de silicium (sable ordinaire) et d’une faible quantité de polymère qui permet au sable d'adhérer sur lui-même.
      http://www.youtube.com/watch?v=YLYO0YhY83w

      L'université de Liège fournit également un mode d'emploi très complet
      http://matheo.uliege.be/bitstream/2268.2/2629/9/TFE-E%20Vivegnis%20V1.pdf

      En 2016, un papa français a fabriqué un bac à sable interactif pour son enfant de 3 ans http://www.huffingtonpost.fr/2016/02/09/bac-a-sable-interactif-video-diy_n_9193790.html


      Pour compléter :

      Une présentation des méthodes et des outils open source pour faire de la visualisation de terrain 3D (en anglais) : http://medium.com/@morishuz/visualising-large-scale-terrain-with-open-source-tools-25723a5a5461

      En route vers la simulation urbaine tangible. Cette vidéo présente une maquette augmentée du projet urbain Lyon-Confluence présentée lors de « l’École de l’Anthropocène ».
      http://mastergeonum.org/2019/02/14/en-route-vers-la-simulation-urbaine-tangible/

      La SandBox, outil dynamique au service de la représentation spatiale dans l’apprentissage de la géographie. Par Damien Roy (M@ppemonde, 134, 2022).
      https://journals.openedition.org/mappemonde/7890


      Faire de la veille cartographique sur Internet et sur les réseaux sociaux


      Le géographe Raf Roset tient, depuis plusieurs années, une veille quotidienne sur l'information géospatiale. Son site Rafagas Geospatial links everydays hébergé sur GitHub permet de consulter les bulletins d'information en ligne classés par dates et par mots-clés. Plus de 1000 bulletins sont déjà archivés. Les thèmes abordés sont très variés. Les mots-clés (en anglais) permettent d'accéder assez vite aux thèmes recherchés.

      Il est possible également de s'inscrire à la liste de diffusion Rafagas pour recevoir directement les informations par messagerie. Cette liste est hébergée sur le serveur de l'OSGeo qui comprend beaucoup d'autres listes de diffusion sur la géomatique, les SIG, l'information géospatiale...
      http://lists.osgeo.org/mailman/listinfo/rafagas


      D'autres listes ou bulletins d'information concernant l'information géospatiale existent en français. Citons entre autres exemples :

      Veille cartographique sur Twitter (liste non exhaustive) :
      • @1001Cartes. Cartes informatives, sérieuses ou non.
      • @Artisans_Cartos. Artisans cartographes conçoit la carte comme un objet artisanal travaillé avec précision et savoir-faire pour répondre à un besoin unique.
      • @AtelierHGSempai. Ici, on cherche, on bricole autour du cours d'histoire-géographie et de la cartographie
      • @BorisMericskay. Boris Méricskay. Cartographie numérique. Géoweb.
      • @Cartolycee. Jean-Christophe Fichet. Prof d'Histoire Géo. Cartographie et infographie. Webmestre du site Cartolycée.
      • @CarteduMonde. Cartographier les enjeux du Monde.
      • @CartoMag. Le magazine CARTO. Le monde en cartes.
      • @CedricRidel. Veille de Cédric Ridel en lien avec le site Kanaga.
      • @chronique_carto. Le site Chroniques cartographiques.
      • @ConcoursCarto. Association Concours Carto : organisation des concours de cartographie.
      • @DecryptaGeo. Pour décrypter l'information géographique.
      • @Delphinepapin. Responsable du service Infographie-cartographie au journal Le Monde. 
      • @darioingiusto. Dario Inguisto. Maps / dataviz / geopolitics.
      • @emilieaubry1. Emily Aubry, Le Dessous des cartes sur Arte.
      • @fbahoken. Chercheuse en géo cartographie. Spécialiste notamment de la cartographie des flux.
      • @geo_in_geo. Mathieu Noucher. Cartographie, géoweb, critical data studies.
      • @geotribu. Webmapping, opensource, GIS. Voir le blog de veille Geotribu.net.
      • @Gaiaclioalecole. Veille en géohistoire en lien avec la géographie scolaire sur le blog Gaiaclio.
      • @LeCartographe. Alexandre Nicolas. Cartographe et géomaticien. Des idées à la carte...
      • @LegendesCartoAgence de cartographie, infographie, interactivité.
      • @ljegou. Laurent Jégou. Cartographie, dataviz, géographie de la science. 
      • @LM_enCartes. Service infographie et cartographie du journal Le Monde.
      • @LoicHay. Veilleur et gazouilleur
      • @MapPornTweet. Veille cartographique. Compte du site de partage MapPorn
      • @mirbole01. Veille cartographique de Sylvain Genevois en lien avec le blog Cartographie(s) numérique(s).
      • @mondegeonumeric. Thierry Joliveau. Monde géonumérique.
      • @nico_lambert. Nicolas Lambert et son approche critique de la cartographie en lien avec le site Néocarto.
      • @RoelandtN42 : Nicolas Roelandt, geek, ingénieur SIG, FOSS4G.
      • @onlmaps. Veille cartographique du site Map on The Web.
      • @Pachacarto. Pacha cartographie.
      • @PMarques_HG. Patrick Marquez en lien avec le Scoop it quoi de neuf en Histoire-Géo.
      • @recif. Philippe Rivière. Vocateur. Data, cartes et journalisme. Membre de Visionscarto.
      • @rekacewicz. Philippe Rekacewicz en lien avec le site de veille Seenthis alimenté aussi par Françoise Bahoken (@bahoken), Christina Del Biaggo (@cdb_77)...
      • @RGuedon. Rémi Guédon. Prof Histoire Géo en REP. Association @ConcoursCarto
      • @rgeomatic. Thimothée Giraud, ingénieur SIG au CNRS.
      • @Rumseymapcenter. Le Rumsey Map Center. Veille sur la cartographie historique.
      • @simongerman600. Simon Kuestenmacher, amoureux des cartes et des données.
      • @ThomasG77. Thomas Gratier. Freelance SIG libres, OSM & OpenData /w JS & Python.
      • @VeilleCarto_UCP. Veille des étudiants du master géomatique de l'Université de Cergy. 
      • @visionscarto. Philippe Rekacewicz et le site Visions carto, Agnès Stienne (@odilon72), Philippe Rivière...
      • @XemartinLaborde. Journaliste-cartographe au journal Le Monde.



      Les histoires cartographiques racontées par Jules Grandin sur Twitter


      Jules Grandin a été cartographe et infographiste au journal Le Monde (voir ses publications entre 2011 et 2016). Il est actuellement cartographe et responsable du service infographie au journal Les Echos. Avec son équipe, il produit des infographies sur de nombreux sujets géographiques comme par exemple le marché de l'huile de palme ou la carte de la France par ses bâtiments (voir notre proposition d'activité pédagogique à partir de son article). L'ensemble de ses productions est consultable sur le site des Echos.

      Passionné par les "thingmaps" (voir sur son blog), il s'intéresse également aux usages médiatiques des cartes (écouter cette émission de 2015 sur France Culture). Les #thingmaps sont des cartographies aperçues dans des nuages, repérées dans des taches, observées sur des portes ou des morceaux de moquette... 
       
      Thingsmap : l'atlas mental de Jules Grandin. 
       
      Jules Grandin : cartographe du quotidien (interview sur Binge Audio Project)
       



      Sur son compte Twitter, il tient une veille très informée et personnelle sur la cartographie, ses usages actuels, ses évolutions en lien avec les potentialités ouvertes par la datavisualisation et le big data. Une fascination pour les cartes qui s'explique par le pouvoir des images et par leur rôle esthétique, mais aussi par son intérêt pour la géographie et le pouvoir des cartes à transmettre des savoirs.

      Ses histoires cartographiques sont très suivies sur Twitter, où il a ouvert un fil pour rassembler toutes ces histoires vivantes et souvent assez cocasses. Ses récits racontés souvent avec humour concernent aussi bien le tracé des frontières entre les Etats-Unis et le Canada que l'histoire secrète des cartes soviétiques ou encore la défense de la projection Mercator... A suivre absolument si l'on aime la cartographie.


      Les cartes secrètes de l'Union soviétique



      Connaissez-vous la tragique histoire de Tromelin ?



      Laissez-moi partager avec vous mon moyen mnémotechnique cartographique préféré : comment placer à coup sûr le Kentucky sur une carte des Etats-Unis (source : @JulesGrandin) :


      Les cartes utilisées dans la très médiatique série télévisée Game of Thrones suscitent beaucoup d'intérêt. Jules Grandin y revient dans plusieurs de ces fils Twitter.










      DATARAMA 2023 - Cartographie et datavisualisation pour simplifier et transmettre l’information


      Clara Dealberto, responsable de l’Infographie au Point  & Jules Grandin, responsable du service infographique aux Echos, montrent l'importance vitale de la cartographie et de la datavisualisation dans notre quotidien. Ils expliquent comment ces outils aident à comprendre des phénomènes complexes et influencent la culture populaire, tout en mettant en valeur l'évolution de la cartographie et son rôle dans des domaines variés tels que l'urbanisme, la santé publique et l’éducation. Intervention organisée par l’Agence d’Urbanisme de la Région Nantaise (AURAN) et le Service d’Information Géographique (SIG) de Nantes Métropole.


      Ce que la carte des kebabs révèle de Paris (Jules Grandin - Plan carte - Les Echos)




      Du métier de cartographe et de ses évolutions


      Utiliser les données CORINE Land Cover


      CORINE Land Cover (CLC) est un inventaire de l’occupation des sols mis en place à partir de 1985 dans le cadre du programme européen de coordination de l'information sur l'environnement (Corine). La base de données CORINE Land Cover (CLC) est un inventaire biophysique de l'occupation des terres. Il est produit dans le cadre du programme européen d'observation de la terre Copernicus (39 États européens). Les données sont issues de l'interprétation visuelle d'images satellitaires et sont disponibles pour les années 1990, 2000, 2006, 2012 et 2018. Ces bases de données sont accompagnées par des bases de changements entre ces dates (données sur les portions du territoire ayant changé d'occupation des sols). Le millésime 2018 est disponible sur le site Copernicus, le programme de l'Agence spatiale européenne chargé d'assurer l'acquisition des images satellites servant à produire ces données.

      Données CLC 2018 téléchargeables sur le site Copernicus :
      http://land.copernicus.eu/pan-european/corine-land-cover/



      Cet inventaire est produit par interprétation visuelle d’images satellites. L’échelle de production est le 1/100 000, ce qui permet des analyses à l'échelle régionale ou nationale. Pour des analyses plus fines à l'échelle des agglomérations, voir les données de l'Atlas urbain européen

      CORINE Land Cover permet de cartographier des unités homogènes d’occupation des sols d’une surface minimale de 25 hectares. Les données sont issues de l'interprétation visuelle d'images satellitaires et sont disponibles pour les années 1990, 2000, 2006, 2012 et 2018. Ces bases d'état (CLC) sont accompagnées par des bases de changements entre ces dates (portions du territoire ayant changé d'occupation des sols). Les bases de changement (LCC) permettent de suivre les évolutions sur des surfaces de 5 ha, elles ont donc une précision plus importante que les bases d'état (CLC).

      L'occupation du sol est décrite selon une nomenclature en 44 postes répartis en 5 grandes catégories. 

      Cette nomenclature permet de distinguer les grands types d'occupation du sol selon une typologie commune et d'affecter un code de couleurs officiel. Elle se répartit en 5 grandes catégories :
        - territoires artificialisés ;
        - territoires agricoles ;
        - forêts et milieux semi-naturels ;
        - zones humides ;
        - surfaces en eau.

       Schéma de principe de la photo-interprétation (source : Wikipedia)

      Cette typologie privilégie l’occupation biophysique du sol à son utilisation en classant la nature des objets (cultures, forêts, surfaces en eau,...) plutôt que leur fonction socio-économique.

      Découvrir le détail de la nomenclature sur le site du Ministère de la Transition écologique et solidaire.

      Voir le guide d'utilisation des données CORINE Land Cover.

      Télécharger les données d'occupation des sols pour la France sur le site Data.gouv.fr

      Les données sont disponibles en plusieurs formats :

      • au format raster (GeoTIFF) pour des analyses en mode pixel à une résolution de 100 mètres.
      • au format vecteur (SHP) pour utilisation dans un SIG.
      • au format vecteur (SQLite) pour utilisation dans des bases de données.
      • au format WMS (web service) sans avoir à télécharger les données
      A noter : il est nécessaire de s'inscrire sur le site Copernicus pour pouvoir télécharger les données (inscription gratuite). L'exploitation des données nécessite l'usage de logiciels SIG.


      Les données CLC ont de nombreuses applications dans le domaine de l'environnement, de l'agriculture, des transports, de l'aménagement du territoire, etc.

      L'artificialisation des sols s'opère au détriment des terres agricoles comme l'a montré le Service de l'Observation et des Statistiques (SOEs) du Ministère de l'Environnement, chargé de produire les données CORINE Land Cover pour la France. 
      http://www.epsilon.insee.fr/jspui/bitstream/1/85817/1/Point_75.pdf

      D'autres pays conduisent également un suivi de leur occupation des sols à partir d'images satellites. Lire notre article qui décrypte une carte originale d'occupation des sols aux Etats-Unis.

      Et pour finir avec un peu d'humour, les Savoirs Ambulants ont réalisé une carte du prénom Corinne en France (en 2019) : http://urlz.fr/eexs



      Lien ajouté le 1er août 2019
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