Le site Marine Traffic permet de visualiser la densité des routes maritimes


On ne présente plus Marine Traffic, le célèbre site qui fournit gratuitement et en temps réel des informations sur l'emplacement et le déplacement des navires dans le monde entier. Grâce à leur système de balises AIS (voir l'article d'Hervé Théry dans M@ppemonde), les navires donnent en permanence leur position, leur vitesse, leur origine et leur destination.

Le projet universitaire Marine Traffic, qui a pour but la collecte et la diffusion de ces données en vue de leur exploitation dans divers domaines, s'est doté d'un service d'analyse en intelligence artificielle pour exploiter tout ce Big data. L'agrégation de milliards de points de données à partir de 2017 et la refactorisation des données de l'année 2016 réinterrogées avec de nouveaux algorithmes ont permis d'établir de nouvelles cartes de densités des routes maritimes, très intéressantes pour mesurer tout à la fois l'importance et l'évolution du trafic. Ce nouveau format de carte de densité créée à partir des trajectoires des navires au lieu de leurs positions permet le suivi des navires même dans les endroits les plus difficiles, où la couverture AIS n'est pas aussi précise. A terme, il est prévu de dégager plus d'informations à partir des données brutes AIS notamment pour savoir, quand un navire s'arrête, s'il est immobilisé à un terminal offshore ou s'il est en train de charger ou décharger des marchandises dans un port.


Si vous ne voulez plus seulement vous contenter de regarder passer les navires (vu leur gigantisme, il n'est pas non plus interdit de rêver sur leur forme et leur taille !), alors suivez le guide : une fois sur la page d'accueil du site Marine Traffic, cliquer dans la barre menu à gauche sur l'icone "Density Maps" qui fait apparaître la boîte de dialogue suivante :


Choisir l'année de référence (2016 ou 2017), le type (porte-conteneurs, cargos, pétroliers, méthaniers...) ou la taille des navires (de moins de 500 à plus de 60 000 tonnes). Sinon par défaut cliquer sur "All traffic". La carte fait apparaître la densité des routes selon un dégradé de couleurs allant du bleu-vert (pour les moins denses) au ocre-orangé (pour les plus denses). Outre le caractère discutable de ce dégradé de couleurs qui renvoie à une hiérarchie de flux bien spécifique, ce type de carte n'échappe pas complètement à "l'effet spaghetti" dénoncé par Françoise Bahoken dans sa thèse : au delà d'un trop grand nombre de lieux de départ et d'arrivée, les flux sont peu lisibles. Noter cependant que les algorithmes utilisés parviennent en partie à agréger les flux et à réduire cette complexité graphique. En jouant sur le mode "on/off", il est possible également de faire apparaître en filigrane le trafic en temps réel des navires sillonnant ces routes au moment même où l'on est en train de consulter le site. Utiliser le curseur pour régler l'opacité ou, si vous avez coché les deux dates 2016 et 2017, pour voir les évolutions d'une année à l'autre.

Exemple de l'océan Indien : concentration des flux maritimes de la Mer rouge et du golfe arabo-persique à l'Inde (route nord) ainsi que de l'Afrique du Sud à l'Asie du Sud-Est (route sud). Les deux routes aboutissent au détroit de Malacca, sorte de goulot d'étranglement du trafic maritime :


Exemple de l'océan Pacifique : forte dissymétrie entre le Pacifique Nord et le Pacifique Sud avec concentration du trafic sur la façade de l'Asie (entre le Japon, la Chine et l'Asie du Sud-Est) :


Exemple de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique : une nouvelle "Méditerranée" de plus en plus saturée par les flux maritimes :


Exemple de l'Atlantique Nord et de la voie arctique : à comparer de "l'autoroute maritime" que constituent la Manche et la Mer du Nord, les passages par l'Arctique, qu'il s'agisse du passage Nord-Ouest par le Canada ou du passage Nord-Est par la Russie, semblent encore relativement peu empruntés. Noter cependant le grand nombre de traits bleus qui laissent penser qu'il n'y a pas encore de route bien établie dans le Grand Nord.


Zoom sur le détroit de Malacca entre la Malaisie et l'Indonésie : plus de 80 000 passages de navires par an, l'une des zones de trafic les plus denses au monde, à la jonction du triangle de l'océan indien et de la route de l'Asie-Pacifique  :



Par comparaison voici à quoi ressemblaient les flux de trafic maritime entre 1750 et 1850, tel qu'ils ont pu être reconstitués à partir des livres de bord des navires (source : CLIWOC). Il est possible d'accéder aux données par année et par navire. Si l'on croise cette carte avec celle du trafic actuel (Marine Traffic), il est possible de conduire des comparaisons intéressantes. Au milieu du XIXe siècle, le trafic se concentre essentiellement dans l'océan Atlantique et dans l'océan Indien. Avant l'ouverture du canal de Suez, la route de l'Orient passe par le sud-ouest de l'océan Indien. A partir du XXe siècle, on assiste à un basculement au profit du nord de l'océan Indien et les flux s'étendent jusqu'au Pacifique, particulièrement sur la façade orientale de l'Asie.


Le trafic maritime entre 1750 et 1850 (source : CLIWOC)



Grâce aux livrets de bord des navires, les routes maritimes ainsi que les saisons de navigation ont pu être reconstituées année par année entre 1750 et 1850. Voici l'animation cartographique proposée sur le site Sapping Attention.

Animation cartographique reconstituant les flottes par pays, les routes et les saisons
de navigation entre 1750 et 1850




Ces journaux de bord tenus par les marins depuis le XVe siècle présentent également un intérêt majeur pour étudier le changement climatique ; ils fournissent une signature du climat avant les changements majeurs induits par l'homme. La gravité des tempêtes, les changements relatifs à la direction du vent ou aux régimes pluviométriques figurent parmi les données intéressantes à observer avant même le XIXe siècle. Les modèles climatiques et les enregistrements anciens peuvent être combinés avec d'autres sources de données sur terre de manière à fournir des outils plus précis pour évaluer comment le climat a changé au cours des dernières périodes (voir des pistes sur le site Geography Realm).

Des planisphères montrant les routes maritimes sillonnées par les flottes anglaises, espagnoles et hollandaises au cours du XVIIIe siècle sont téléchargeables sur le site Spatial Analysis. Pour le XIXe siècle, on peut comparer en utilisant cette très belle carte de 1863 montrant les liaisons maritimes par bateaux à vapeur.

En complément, une carte des liaisons maritimes et des câbles dans l'océan Atlantique en 1905. Une autre carte sur les routes commerciales maritimes dans le Pacifique en 1938-39 à la veille de la 2e Guerre mondiale.

Avec la diminution progressive de la banquise, la navigation devient possible en Arctique durant une saison de plus en plus longue (voir carte montrant la rétraction de la banquise l'été sur la période 1970-2100). Dans le cadre du projet Panarcticoptions.org, des scientifiques ont cartographié les routes des navires à partir de leur balises AIS et en utilisant les images de la NASA qui montrent l'extension des glaces entre 2010 et 2016. La vidéo restitue sous forme d'animation le trafic intense des navires le long des passages du Nord-Ouest et du Nord-Est (vus ici depuis le détroit de Béring). Cette carte animée fait l'objet d'une analyse sur le site du master GéoNum.
 
Le logiciel QGIS comporte un module Trajectools qui permet de transformer une série de points avec leurs coordonnées géographiques en routes maritimes avec des indications de trajectoires journalières.

Le site European Marine Traffic rassemble les données cumulées du trafic maritime en 2017 et permet de visualiser la densité du trafic maritime européen. La carte indique les zones où le trafic maritime est le plus dense et les voies de navigation les plus utilisées par les navires. La Manche est la voie maritime la plus fréquentée au monde, avec plus de 500 navires la traversant chaque jour :



Carte du trafic maritime mondial en 2017 (plateforme Arcgis) :
http://arcg.is/15Tj5f



Le site Vessel Traffic est assez équivalent à celui de Marine Traffic. Les deux sont disponibles en version nomade sur Google Play et Apple Store. Bien que gratuit, Vessel Traffic semble cependant moins détaillé : http://www.vesselfinder.com/fr


Commerce mondial : les nouvelles routes maritimes (IFRI)
L’évolution des flux de transport mais aussi des considérations stratégiques poussent à l’émergence de nouvelles routes, qui permettraient de diversifier les possibilités (en contournant des points de passage stratégiques) et répondre au défi de sécurité. L'IFRI propose une dizaine de notes réalisées pour l'émission "Le Dessous des cartes" d'Arte sur des sujets de géopolitique tels que la transformation des routes commerciales maritimes.


Pour compléter

Présentation des cartes de densités des routes maritimes par le site Marine Traffic.
https://www.marinetraffic.com/en/p/density-maps

Blog du site Marine Traffic pour se tenir au courant des évolutions.
https://www.marinetraffic.com/blog/mapping-density-ship-routes-using-big-data/

Théry H. (2011). Marine Traffic Project, un outil d’observation des routes et des ports maritimes, Revue M@ppemonde, n°104. 
https://mappemonde-archive.mgm.fr/num32/internet/int11401.html

Dossier "Enseigner la mer" sur le site Eduscol.
http://eduscol.education.fr/histoire-geographie/se-former/actualiser-et-approfondir-ses-connaissances/par-theme-en-geographie/geographie-thematique/mers-et-oceans.html

Ducuret, C. (2016). Ports et routes maritimes dans le monde (1890-1925). M@ppemonde n°106, 2012.
http://mappemonde-archive.mgm.fr/num34/lieux/lieux12201.html

Genevois, S. (2017). La cartographie des espaces maritimes au prisme de la géographie scolaire. Actes du Grand Séminaire de l'océan Indien 2016. "Entre terres et mers, cartographies du sud-ouest de l'océan Indien", Sep 2016, Saint-Denis. Université de la Réunion. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01650707

Numa, J-P (2018). Océan Indien : étude géopolitique et stratégique des flux maritimes, risques et menaces. Site Diploweb. https://www.diploweb.com/Ocean-Indien-etude-geopolitique-et-strategique-des-flux-maritimes-risques-et-menaces.html

Bahoken F. (2021). Géo-graphie des circulations maritimes. Néocarto (d'après une communication à SAGEO'2016).  http://neocarto.hypotheses.org/11993

Bahoken F. (2016). Contribution à la cartographie d’une matrice de flux. Thèse de doctorat, Université Paris Diderot (Paris 7), Sorbonne Paris Cité, 408 p. + Annexe. Voir le résumé sur Mappemonde.


Lien ajouté le 18 septembre 2021

Lien ajouté le 17 décembre 2021

Lien ajouté le 4 mai 2022

Lien ajouté le 24 juin 2023


Lien ajouté le 3 mars 2024


Lien ajouté le 8 mars 2024
Lien ajouté le 15 avril 2026

«  Détroit d’Ormuz : MarineTraffic, le site de suivi des navires qui captive les internautes » (La Croix).

La guerre en Iran transforme le détroit d’Ormuz en un espace saturé, scruté en continu par des millions d’écrans. Elisa Brinai montre comment Marine Traffic révèle ce verrou stratégique par lequel transitent près de 20% du pétrole mondial. Les cartes produisent une lecture immédiate des blocages. Près de 2.000 navires restent immobilisés selon l’Organisation maritime internationale. L’accumulation de points colorés matérialise une congestion exceptionnelle dans cet espace clé de la mondialisation. La sémiologie graphique structure l’analyse. Les pétroliers apparaissent en rouge, les cargos en vert, les navires spécialisés en bleu. Cette lecture permet d’identifier la nature des flux et de comprendre la dépendance énergétique mondiale à ce passage étroit et vulnérable. Cette transparence repose sur les balises AIS imposées depuis 2002. Pensées pour éviter les collisions et sécuriser la navigation, elles ont transformé les routes maritimes en données ouvertes, alors qu’elles étaient auparavant protégées pour limiter piraterie et espionnage. Lancé en 2007 en Grèce puis intégré à Kpler, Marine Traffic illustre la montée en puissance des données dans la mondialisation. Experts, traders et médias s’appuient sur ces flux pour analyser crises, marchés et tensions géopolitiques. L’outil révèle efficacement les blocages civils mais reste limité pour les opérations militaires. Les navires de guerre coupent souvent leur signal, produisant une géographie partielle du conflit, entre visibilité des flux commerciaux et invisibilité stratégique. 

Articles connexes



 



40 ans de piraterie maritime dans le monde (1978-2018) à travers une carte interactive

Lancement du Concours de Cartographie d'Actualité 2018

Sujet proposé en 2018 : "En Libye, des Subsahariens déchirés entre besoin d’argent, rêve d’Europe et peur de l’esclavage"

Consulter le blog où se trouvent tous les renseignements :

http://cartographieraucollege-cca.blogspot.fr

Les Pacs à l’Ouest, les mariages à l’Est : une répartition des types d’unions différente selon les territoires

"En 2016, en France, 7 % des personnes vivant en couple sont pacsées. Cette forme d’union est bien moins fréquente que le mariage, largement prédominant, et l’union libre. Le type d’union varie fortement avec l’âge des conjoints, leur niveau de diplôme, leur nombre d’enfants, le fait d’être immigré. Il varie aussi avec le département de résidence. Ainsi, le Pacs est plus présent dans les départements du Sud-Ouest et sur la façade atlantique. Le mariage reste plus fréquent sur la moitié est du territoire. Des différences existent aussi entre les grandes villes : l’union libre et le Pacs sont plus fréquents dans les métropoles estudiantines."

Pour en savoir plus : INSEE Première n° 1682 - 16/01/2018



Bien que le mariage y soit encore le plus souvent majoritaire, l'union libre est très courante dans les départements d'outre mer : elle atteint 51,1% des couples cohabitants en Guyane, 28,2% à la Réunion, 25,9% à la Martinique, 23,9% en Guadeloupe. D'après la carte et la légende ci-dessus, "l'effet départemental" y est présenté comme positif sur la part de l'union libre (cf présence d'un petit triangle rouge sur chaque DROM)  L'un des principaux intérêts des cartes statistiques produites dans cette étude de l'INSEE est en effet d'envisager le phénomène "toutes choses égales par ailleurs". Entendez par là en supposant que la structure sociodémographique du territoire est identique à celle de l’ensemble de la population résidant en France. Raisonner « toutes choses égales par ailleurs » revient à fixer tous les facteurs explicatifs sauf un, dont on mesure l’effet propre sur la probabilité d’être dans un type d’union donné. De là à penser qu'il y aurait un "effet départemental" il n'y a qu'un pas qu'il faudrait prendre garde de franchir comme le fait l'INSEE. Certes les analyses sont conduites à l'échelle des départements, mais cela n'implique pas un effet de la maille administrative en tant que telle ! Quand l'échelle de représentation des données guide l'analyse scientifique...

Carte des anomalies de températures à la surface du sol

Source : earthobservatory.nasa.gov - Observations du 26 décembre 2017 au 2 janvier 2018.

Cette carte des anomalies de température est basée sur les données du spectro-radiomètre imageur à résolution moyenne (MODIS) du satellite Terra de la NASA. Des températures anormalement basses ont été enregistrées au Canada et à l'est des Etats-Unis, tandis que l'ouest des Etats-Unis et l'Alaska bénéficiaient de températures très douces. Les Rocheuses forment une barrière importante dans la répartition des masses d'air. Cela est lié aux ondes de Rossby : lorsque l'air passe au-dessus d'obstacles du relief, il doit s'écouler dans une couche atmosphérique plus mince, ce qui accélère la rotation dans le flux. Ce phénomène est fréquemment observable au niveau du courant-jet qui sépare les masses d'air. Avec le changement climatique, il prend une dimension très spectaculaire.


Le courant-jet est orienté nord-ouest. Comme une balançoire, le courant-jet s'écrase sur l'est de l'Amérique du Nord et laisse s'échapper l'air glacial provenant de l'Arctique. Pendant ce temps, la circulation autour de l'énorme tempête océanique sur l'Atlantique (qualifiée de "bombe cyclonique")  renforce le flux d'air froid de l'Arctique sur la façade Est des États-Unis. Le terme de bombe cyclonique ("bomb cyclone") est discuté, mais le phénomène est bien là : une baisse exceptionnellement rapide de la pression atmosphérique qui creuse la dépression sur l'Atlantique. 
 

Pendant ce temps, l'Europe, une grande partie de l'Asie et le Moyen-Orient ont été anormalement chauds. Dans l'hémisphère sud, l'Antarctique, l'est de l'Australie, l'Afrique australe et la corne de l'Afrique ont été plus chaudes que d'habitude, tandis que l'Amazonie en Amérique du Sud, le Sahara en Afrique et l'ouest de l'Australie étaient fraîches.




Lien ajouté le 12 novembre 2025

Coulée d'air froid (coldwave) sur la moitié est des Etats-Unis en novembre 2025. Environ 200 millions de personnes à travers les États-Unis ont subi des températures glaciales. En raison de cette anomalie majeure, il faisait plus froid dans le nord de la Floride que dans certaines régions du Groenland. Le mercure est descendu jusqu'à -4 °C en Floride.


Articles connexes
 




Shipmap, une visualisation dynamique du trafic maritime à l'échelle mondiale


Voici une visualisation étonnante qui permet de suivre le trafic maritime à l'échelle du monde entier. Cette carte interactive, créée par la firme de visualisation de données Kiln Research et l'University College London's Energy Institute, montre les mouvements de tous les navires de la flotte marchande mondiale pour l'année 2012 (plus de 50 000 navires de commerce sillonnent les océans chaque année). Même si on ne suit pas les navires en temps réel (comme sur Marine Traffic), l'intérêt est de pouvoir étudier les grandes routes commerciales par types de navires et de marchandises.

Pour accéder à l'application :
http://www.shipmap.org/



La carte permet aux utilisateurs de filtrer cinq types de navires, chacun étant identifié par une couleur (avec la possibilité de mettre toutes les routes en couleur unique) :

• En jaune les porte-conteneurs (pour les produits manufacturés)
• En bleu, les vracquiers (pour le charbon, les agrégats)
• En rouge les pétroliers ou tankers (pour le pétrole, les produits chimiques)
• En vert les gaziers (pour le gaz naturel liquéfié)
• En violet les porte-véhicules (pour les voitures)

La carte montre les ports les plus importants et les plus fréquentés du monde ainsi que les routes maritimes les plus utilisées. Elle traite également des aspects environnementaux à travers la quantité de carburant utilisée par les navires et la quantité de dioxyde de carbone qu'ils déversent dans l'environnement. La vidéo qui accompagne la carte souligne le fait que "les navires commerciaux produisent plus d'un million de tonnes de CO2 par jour, soit plus que l'ensemble du Royaume-Uni, du Canada ou du Brésil". Les compteurs qui indiquent mois par mois le volume de trafic ainsi que les quantités de CO2 dégagées par les navires permettent de se rendre compte du gigantisme atteint par les flottes de transport maritime et des problèmes environnementaux que cela génère. En mode vidéo, la voix off qui vient commenter les images attire l'attention sur ces dimensions.


Liens ajoutés le 25 février 2019

Une animation montrant le trafic maritime dans l'océan Arctique, principalement dans les passages Nord-Ouest (par l'Atlantique) et Nord-Est (par le Pacifique). On perçoit qu'il s'agit d'un trafic saisonnier qui a tendance à augmenter entre 2010 et 2016.

L'ouverture de nouvelles routes commerciales en Arctique est à mettre en relation avec la diminution importante de la banquise depuis plusieurs années.

Une carte en haute définition montrant la densité des routes de navigation dans le monde (site MapPorn).


Lien ajouté le 24 août 2020

 Liens ajoutés le 21 septembre 2020

Base de données des épaves de navires recensées dans le monde :
https://www.wrecksite.eu/

 
Lien ajouté le 5 décembre 2020

Lien ajouté le 2 août 2021








 

Nouvelles fonctionnalités d'Edugéo


Un exemple des nouvelles fonctionnalités d'Edugéo qui s'ouvre sur l'extérieur.

Mathieu Chartier propose un croquis sur l'organisation du port du Havre qu'il enrichit avec des liens, des vidéos et diverses autres sources. Cette proposition pédagogique permet de sortir un peu du croquis inventaire. Il resterait à organiser les étapes de cette géoexploration.

Edugéo, qui n'offrait au départ qu'un outil de croquis géographique, commence à intégrer des fonctions d'édition et même de traitement de données. L'outil statistique permet même d'importer des données externes.




Articles connexes

Zoom sur le service Edugéo (IGN) proposé à travers le portail de ressources Eduthèque

Etudier les formes urbaines à partir de plans cadastraux

Consulter la rubrique Globes virtuels et applicatifs


The Racial Dot Map et la diversité ethnique des États-Unis


Cette carte par points permet de visualiser la distribution géographique de la population américaine ainsi que sa diversité ethnique à l'échelle de l'ensemble des Etats-Unis.  

La carte affiche 308 745 538 points (un par habitant) au lieu où il a été dénombré lors du recensement de 2010. Chaque point est codé par une couleur selon l'origine ethnique de l'individu. La carte peut être visualisée en version noir et blanc (densité de population) ou en couleur (répartition par ethnie).



Pour accéder à la carte :
http://racialdotmap.demographics.coopercenter.org/

Pour accéder aux commentaires auxquels elle a donné lieu sur le forum Map Porn :
http://www.reddit.com/r/MapPorn/

Les données affichées sur la carte proviennent de l'ensemble de données du fichier récapitulatif du Bureau du recensement des États-Unis rendu public en 2010 par le biais du Système d'information géographique national. Les données sont basées sur le « bloc de recensement », à peu près équivalent à un quartier en zone urbaine.

La carte a été créée par Dustin Cable, ancien chercheur en démographie au Weldon Cooper Centre for Public Service de l'Université de Virginie.
Cette carte s'appuie sur son travail en ajoutant les données ethniques du Census Bureau et en corrigeant les erreurs de cartographie. Brandon Martin-Anderson du MIT Media Lab et Erica Fischer, créateurs de cartes pour les réseaux sociaux, ont contribué à ce projet original. 

Outre le fait qu'une telle carte serait impossible sur le territoire français (la France interdit de collecter des informations personnelles fondées sur des caractères telles la race, l'ethnie, la couleur de peau...), on est assez impressionné par la fragmentation et la ségrégation qui peuvent exister aux Etats-Unis, particulièrement au sein des grandes métropoles.


Lien ajouté le 2 mars 2019 :

Qui peut habiter à Chicago ? Les écarts par revenus et par appartenance ethnique.

Lien ajouté le 19 mars 2019

Le Mobiloscope est un outil de géovisualisation pour explorer la population présente en ville au cours des 24 heures de la journée (cf mobilité différenciée selon les types de population). Il permet de voir comment les quartiers, leur composition sociale et la ségrégation urbaine évoluent au fil des heures dans une 20e de villes françaises.
http://mobiliscope.parisgeo.cnrs.fr/


Liens ajoutés le 7 août 2019

Le Centre anti-discrimination a produit une série de cartes permettant de visualiser les niveaux de ségrégation résidentielle aux États-Unis. Les cartes utilisent les données du recensement de 2010 et des données de l'Enquête sur la communauté américaine sur 5 ans de 2016 pour montrer le pourcentage des populations blanche, noire, hispanique / latino-asiatique et asiatique vivant dans chaque état, comté et secteur de recensement.
http://www.antibiaslaw.com/map-data-tool/segregated-really-segregated-or-ultra-segregated-0

Le Washington Post a utilisé les mêmes données de recensement et de l'enquête American Community Survey pour cartographier le niveau de ségrégation dans les villes américaines. Il s'agit d'une très grande carte par points, qui illustre la répartition ethnique de la population à l'échelle de l'ensemble des Etats-Unis. Au bas de la page, il est possible de consulter une ville ou un comté au choix pour avoir plus de détails et pouvoir comparer entre les différents recensements de 1990 à nos jours.


Liens ajoutés le 25 septembre 2019

Six cartes montrant la diversité grandissante de la population des Etats-Unis à partir de l'évolution 2010-2018 selon Brookings :

Where we live, block by block : une carte interactive du National Geographic qui montre
la diversité américaine. Cette cartographie révèle non seulement un instantané d’aujourd’hui, mais l’empreinte de deux siècles et demi de migration, de conflit et de prospérité.
Lien ajouté le 20 février 2020

Lien ajouté le 14 août 2021
Lien ajouté le 25 octobre 2021
Lien ajouté le 2 novembre 2021
Liens ajoutés le 14 avril 2022


Articles connexes





La face cachée des cartes



Colloque international « La Face cachée des cartes »
Montpellier, lundi 18 et mardi 19 décembre 2017
Auditorium site Saint-Charles - Université Paul Valéry Montpellier 3

« La face cachée des cartes » c’est tenter de mettre au grand jour l’incroyable nombre de réflexions, gestes et opérations « dissimulés », « non dits », véritables « boîtes noires », pourtant nécessaires à la réalisation de toute carte géographique.

http://cartocachee2017.sciencesconf.org/

L’UMR GRED Gouvernance, Risque, Environnement, Développement (UPVM3/IRD), et plus précisément l’axe 4, transversal, « Modélisation et représentations spatiales pour l’aide à la décision en aménagement » propose une rencontre autour de la question de « La face cachée des cartes ». La carte géographique, modèle réduit du paysage, mise en scène d’un territoire à différentes échelles, représentation simplifiée du territoire, aide à la compréhension du Monde ou d’un morceau du Monde et remplace avantageusement un long discours. Elle donne à voir l’empreinte humaine sur le globe et témoigne également de la manière dont ceux qui la produisent pensent leur territoire, le monde d’une part et envisagent leur place et leur action dans l’espace, la société d’autre part. L’usage et la production des représentations spatialisées quittent aujourd’hui l’espace académique avec les images satellitaires et les SIG à la portée de tous. La carte paraît de moins en moins l’apanage des savants ou des experts, tant dans sa production que dans sa lecture et ses usages. Pour autant, on n’a jamais autant mobilisé de technologies de pointe et de ressources de haut niveau pour réaliser des cartes. Cette floraison actuelle, jointe aux multiples dimensions de la carte, entre science, technique, art et politique, la désignent donc comme un objet toujours actuel de réflexion : réflexion sur sa pertinence, mais aussi réflexion sur les intentions plus ou moins explicites de ses auteurs et sur les objectifs qui lui sont assignés en relation avec ses usages.

Objectifs de la rencontre

La thématique de « La face cachée des cartes » n’a guère été abordée si ce n’est par le biais des « mensonges » (Monmonier, 1991), de la propagande (Bord, 2003) ou du pouvoir des cartes (Harley, 1995). Mais il s’agit ici d’aller plus loin dans la réflexion. La carte est d’abord un objet à voir (Bertin, 1967), un instrument de communication (Jacob, 1992), une interprétation du monde qui témoigne de (des) vision(s) de son (ses) auteur(s), mais nombre d’opérations et de gestes participent à sa réalisation. Cette succession d’ajustements et de bricolages est bien souvent de l’ordre du « caché », volontairement ou non, c’est-à-dire de boîtes noires qui sont indispensables, certes, inévitables dans les étapes de la construction avec des choix multiples à opérer, mais qui restent encore peu explorées. C’est cette « partie cachée » de la représentation cartographique que l’on se propose de mettre à jour, d’expliciter et d’interroger. Il s’agira de mettre en lumière et contextualiser les choix cartographiques, conscients ou non, revendiqués, assumés ou occultés. A l’heure où le rôle des cartes ne cesse de croître dans un monde de communication et d’échanges instantanés, une approche critique de la cartographie et de ses usages, à travers ses acteurs, leurs relations passées et actuelles, le poids des héritages, peut s’avérer utile. Les inévitables distorsions entre réalités, faits géographiques et les cartes réalisées pour rendre compte de ces faits peuvent-elles être analysées comme des opérations de « traduction » et les cartes comme des « artefacts », voire comme des « acteurs » dans le sens donné à ces termes par Akrich, Callon, Latour (2006) ?

Ces distorsions, matérialisées et territorialisées dans les cartes, peuvent répondre à des objectifs précis qui orientent alors les choix cartographiques en amont de la réalisation des cartes. Elles peuvent être liées à des contraintes techniques et matérielles ou se construire peu à peu en fonction des jeux d’acteurs et des contextes scientifiques, politiques, sociétaux. Mais ces distorsions, liées aux choix cartographiques, peuvent également en retour influencer les représentations que les différents acteurs (scientifiques, gestionnaires, élus, décideurs, grands organismes internationaux, ONG, opinions publiques…) se font du monde ou de tel ou tel phénomène cartographié. En cela, elles peuvent être amenées à peser sur des décisions scientifiques, politiques, sociétales ; accélérer ou ralentir des prises de conscience, faciliter ou non des processus d’instrumentalisation…

Au-delà de la carte « traditionnelle » (sur supports papier ou numérique), on souhaite intégrer à la réflexion les représentations visuelles utilisées aujourd’hui couramment : Géoportails, images satellites avec Google par exemple, Système d’Information Géographique, etc. On peut ainsi interroger le développement de nouveaux outils ou interfaces cartographiques liés à de nouveaux usages (cartographies en temps réel pour gestionnaires de crise, cartographies inédites de certains territoires vécus, perçus…). Les nouvelles formes de cartes sont à relier aux nouvelles formes d’échanges (mondialisés, en temps réel, etc.) entre ceux qui les font, ceux qui les lisent et les voient, ceux qui les utilisent. Quelle articulation entre ces nouveaux outils, ces nouvelles pratiques et des difficultés anciennes toujours d’actualité, comme le passage d’une échelle à une autre, l’intégration et la structuration des données-source et des métadonnées, la qualité des données, la gestion de l’incertitude ?

Akrich Madeleine, Callon Michel, Latour Bruno, « Sociologie de la traduction », Ed. Mines-ParisTech, 2006, 304 p.

Bailly Antoine et Gould Peter, textes édités par, « Le pouvoir des cartes – Brian Harley et la cartographie », Paris : Economica, 1995, 120p.

Bertin Jacques, « Sémiologie graphique : les diagrammes, les réseaux, les cartes », Paris/La Haye, Éd. Gauthier-Villars/Mouton, 1967, 431p. (La Sémiologie graphique a été écrite en 1965, publiée en 1967, rééditée en 1973, 3e édition en 1999, Paris, Les réimpressions des Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 444 p. Ouvrage traduit en allemand, 1974, en anglais, 1983).

Bord Jean-Paul, « Cartographie, géographie et propagande. De quelques cas dans l'Europe de l'après-guerre », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 4/2003 (no 80), p. 15-24.

Jacob Christian, « L’empire des cartes – Approche théorique de la cartographie à travers l’histoire », Paris : Albin Michel, 1992, 537p.

Monmonier Mark, « Comment faire mentir les cartes – Du mauvais usage de la géographie », University of Chicago Press, 1991 [Traduction française Paris : Flammarion, 1993, 233p.]