La carte des résultats aux élections législatives en Espagne (scrutin du 28 avril 2019)


Signalé sur Maps Mania (29 avril 2019)

Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), de centre gauche, est le principal gagnant des élections nationales qui ont eu lieu le 28 avril 2018 en Espagne. Le parti obtient 28,7% des voix et remporte le plus de sièges (123 sièges, soit une augmentation de 38 sièges par rapport à 2016). Les plus grands perdants sont le Parti du peuple (PP), parti de centre-droit touché par la corruption, qui a perdu environ la moitié de ses électeurs. Le PP n'a réussi à remporter que 66 sièges (contre 135 en 2016).

Le quotidien El Pais fournit une carte interactive détaillant les résultats par municipe. La carte montre que le PSOE est bien implanté dans la plus grande partie du pays et que le Parti Populaire perd des voix presque partout, surtout dans le sud et l’est du pays. Le Parti Populaire avait pourtant obtenu les scores les plus élevés aux élections de 2016. Ce parti a été touché par des scandales liés à la corruption et accusé d'avoir mal su traiter la question de l'indépendance catalane.

Résultats aux élections législatives en Espagne en 2019 (Source : El Pais)


La carte peut être consultée à plusieurs échelles (provincias, escanos, municipios)  sur le site du journal El Diario : http://elecciones.eldiario.es/resultados28a/

Pour télécharger la carte avec la légende des couleurs correspondant aux différents partis :
http://i.redd.it/jqrmm0cpq2v21.png

El Pais avait publié auparavant une carte interactive des élections espagnoles de 2016. La comparaison montre clairement comment le PP a perdu du terrain dans le centre de l'Espagne et comment le PSOE s'est étendu de son fief traditionnel du sud pour s'emparer de la majeure partie de l'Espagne. La chute du Parti populaire a également entraîné une augmentation des sièges pour le Parti des citoyens de centre-droit et le parti d'extrême droite Vox. Le parti des citoyens a remporté 57 sièges (une augmentation de 25) et pour la première fois Vox a remporté 24 sièges (0 siège en 2016).
  
Résultats aux élections en Espagne en 2016 (Source : El Pais)




En dépit de l'augmentation du soutien au PSOE de centre gauche, il ne dispose toujours pas des 176 sièges dont il a besoin pour obtenir une majorité. Le parti devra donc compter sur le soutien du parti Unidas Podemos (42 sièges) et de certains  petits partis régionaux et nationalistes pour former un gouvernement.

Suite aux élections de mi-mandat aux États-Unis en 2018, les médias en ligne se sont mis à proposer des cartes interactives avec des flèches montrant le déplacement de voix en faveur des démocrates ou des républicains. Le journal El Diaro propose une cartographie similaire pour les élections espagnoles de 2019, afin de montrer les changements depuis les élections de 2016.

En cliquant sur l'onglet « Por Bloques » au-dessus de la carte interactive El Diaro et en sélectionnant la carte « Variation 2016 », vous pouvez voir une carte avec des flèches indiquant où le vote a basculé à gauche ou à droite lors de cette élection. La carte révèle un énorme basculement vers les partis de gauche dans les régions du nord-ouest de l'Espagne, le long de la côte méditerranéenne et à Madrid. Il semble qu’il y ait eu un basculement vers les partis de droite dans le sud de l’Espagne, mais ces mouvements semblent en comparaison très faibles.

Voir la carte sur El Diario :
http://elecciones.eldiario.es/resultados28a/bloques

Déplacements de voix aux élections en Espagne entre 2016 et 2019  (Source : El Diario)



 Scores électoraux gauche-droite en 2019 proportionnellement à la population (Source : El Diario)




La carte du vote pour le parti d'extrême droite Vox :
http://i.redd.it/4jy6jotgk6v21.png

L'"Espagne du vide" a été un enjeu important des élections du 28 avril 2019. Il faut dire que l’Espagne est aujourd’hui le pays d’Europe le plus touché par la dépopulation des zones rurales, qui perdent en moyenne cinq habitants toutes les heures. 13% du territoire est considéré officiellement comme un désert démographique. Inversement 46,7% de la population se concentre sur 4% du territoire. Le portail « La España vacío » rassemble des données et des cartes montrant l’évolution et la répartition de la population. Les deux Castilles, l'Extremadurea, la Galicie et l'Aragon sont les régions les plus touchées par le dépeuplement.

Accéder aux jeux de données cartographiques : La España vacía



Le monde selon Polandball : quand la cartographie et la bande dessinée jouent sur nos visions du monde entre humour et stéréotypes


Polandball (balle-Pologne en français), également appelé Countryball (balle-Pays), est un mème internet apparu en 2009 sur le site allemand Krautchan.net. Ce mème - phénomène repris et décliné en masse sur Internet - se présente comme une bande dessinée dans laquelle les pays sont représentés sous la forme de personnages sphériques avec leurs drapeaux (cf tableau détaillé), qui communiquent entre eux dans un anglais souvent approximatif. Il s'agit d'exploiter les stéréotypes sur les pays et les relations qu'ils entretiennent.

Au début, les productions avaient pour thème l'histoire de la Pologne figurée par un personnage en rouge et blanc (d'où le nom de Polandball). Un gag récurrent sur la Pologne est qu'elle n'est pas capable d'aller dans l'espace ou que le seul métier qu'on y trouve est celui de plombier. Chaque pays a désormais son countryball : le Royaume-Uni est représenté avec un chapeau haut-de-forme et un monocle qui lui confèrent une allure de vieux gentleman ayant la nostalgie de son empire ; les États-Unis portent constamment des lunettes de soleil ce qui leur donne un air supérieur ; l'Allemagne ne pense qu'à travailler et à reconquérir sa place ; la France est souvent en émeute ou en élection. Elle finit toujours par se rendre, elle se mêle aussi des affaires des autres (voir par exemple son implication avec les autres pays européens et les pays qu'elle a envahis ou colonisés dans le monde).

La carte du monde de Polandball 2018 (version officielle)


Au delà des stéréotypes, Polandball ressemble à notre monde actuel où chaque pays cherche à défendre jalousement ses propres intérêts. Les clins d'oeil à l'actualité nationale et internationale sont nombreux. On peut lire le planisphère en cherchant les relations ambivalentes entre les pays qui ont bien du mal à s'entendre, comme dans une sorte de pantomime à l'échelle mondiale. Chaque année, une nouvelle carte est publiée donnant une lecture du monde et de ses tensions. On peut donc partir de ces cartes humoristiques pour tenter d'esquisser une analyse géopolitique. Le décryptage peut s'effectuer à partir des nombreux détails et symboles, mais aussi en observant la taille des personnages, la forme et la direction de leurs regards.

La carte du monde de Polandball 2014 (version officielle)



Polandball est devenu un subreddit très important (un groupe de pages du forum Reddit) qui réunit tous les passionnés de ce type de cartographie satirique : http://www.reddit.com/r/polandball/wiki/index/about/why#wiki_history_of_polandball

Les stéréotypes vont et viennent, c'est bien connu. Le subreddit r/polandball en donne des explications et fournit de nombreuses cartes, images, gifs animés...

Le dessinateur, qui est à l'origine de Polandball, était connu sur les réseaux sociaux sous le pseudo Brain4Breakfast. Il animait une chaîne sur Youtube très appréciée par les internautes. Ses vidéos à base d'histoire, de géographie et de géopolitique étaient "beaucoup plus amusantes et attrayantes que l’école" selon les témoignages de ces fans. L'auteur vient de disparaître et laisse le souvenir d'un dessinateur de BD, "comique mais aussi éducateur" qui avait "le goût de transmettre". 

L'ascension et la chute, puis l'ascension et la chute et finalement l'ascension de l'Allemagne (source : Brain4Breakfast)



Le style Countryland a inspiré beaucoup d'autres artistes au point de devenir un style de représentation cartographique en tant que tel. Depuis plusieurs années, les cartes officielles du monde selon Polandball sont le fruit d'un travail collectif d'artistes et dessinateurs (la version de 2019 a réuni 44 artistes).

Voir la très belle sélection de "Ball nations" sur Pinterest :
http://www.pinterest.com/bibi02846/ball-nation/?lp=true

La version 2019 de Polandball donne lieu également à des sélections d'images pour les amateurs et autres collectionneurs : http://www.pinterest.fr/SlitherpuffOHG1/countryball-polandball/

Toute entité ayant un drapeau reconnaissable peut être représentée sur la carte de Polandball, qu'il s'agisse d'une région non-indépendante (Écosse, Québec, Principauté de Sealand, Transnistrie), d'une entité supranationale (Union européenne, OTAN, ONU) ou d'un état n'existant plus de nos jours (Empire romain, URSS, Troisième Reich, Empire allemand, États confédérés d'Amérique).

La carte du monde de Polandball 1910 (source : r/Polandball)


Les règles sont néanmoins assez strictes : il est interdit de représenter des ONG, des villes qui ne sont pas des cités-états ou des micro-nations ; l'usage des drapeaux militaires à la place des drapeaux civils est également interdit. Pour le reste tout est permis et les dessinateurs ne manquent pas d'imagination...


Un countryball sur la France, ses régions et ses rapports avec les pays voisins :  
http://i.redd.it/46qak0vz05331.jpg



Sur les gilets jaunes et l'incendie de Notre-Dame :


On peut s'interroger sur les visions du monde véhiculées par Polandball. Certains messages jouent sur les préjugés de race ou de religion, sur les formes de domination ou de discrimination, avec le risque de les renforcer. Mais le plus souvent ces préjugés sont tournés en dérision. C'est avant tout la vision d'une communauté de dessinateurs passionnés issus de différents pays qui aiment se moquer des travers de notre monde et de nos sociétés. 

"Ce polandball n’a pas pour objectif de critiquer la présence des mahorais à La Réunion (ils sont dans leur droit) mais plutôt de montrer la perception de la situation par les réunionnais" (source : Le Letchi amer).


Polandball s'inscrit dans une longue tradition de cartographie satirique que l'on peut faire remonter au XIXe siècle, voire au delà. Pour en avoir un aperçu, vous pouvez consulter la collection de "persuasive maps" de la Cornell University Library. Les cartes de cette collection abordent un large éventail de messages religieux, politiques, militaires, commerciaux, moraux et sociaux : http://persuasivemaps.library.cornell.edu/


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Les histoires cartographiques racontées par Jules Grandin sur Twitter

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Faire de la veille cartographique sur Internet et sur les réseaux sociaux



Mise à disposition de la base Demandes de valeurs foncières (DVF) en open data


La base de données Demande de Valeur Foncière (DVF) recense les mutations à titre onéreux (vente, vente en l'état futur d'achèvement, terrain à bâtir, échange, adjudication, expropriation) advenues dans les 5 dernières années. Les transactions sont visualisables à la maille de la parcelle cadastrale (avec surface, prix et année de la transaction) :
http://app.dvf.etalab.gouv.fr


Les données sont téléchargeables par commune et par département sur le site du Cadastre :
http://cadastre.data.gouv.fr/data/etalab-dvf

Les prix des ventes immobilières sont également consultables sur le site meilleursagents.com :
http://www.meilleursagents.com/prix-immobilier/dvf/lyon-69000/

La publication de ces données répond à l’objectif de transparence des marchés fonciers et immobiliers. Conformément au décret n° 2018-1350 du 28 décembre 2018 relatif à la publication sous forme électronique des informations portant sur les valeurs foncières déclarées à l'occasion des mutations immobilières, ces données sont désormais disponibles en open data. Le fichier DVF contient des données à caractère personnel. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) attire l'attention des utilisateurs sur les obligations légales qui en découlent.

Pour télécharger les données DVF sur la période 2014-2018 et voir leurs conditions d'utilisation, consulter le site data.gouv.fr : http://www.data.gouv.fr/en/datasets/demandes-de-valeurs-foncieres/

Une enquête a été mise en ligne afin d'améliorer le site de visualisation des données de transactions immobilières et foncières à titre onéreux :  http://framaforms.org/demande-de-valeur-fonciere-dvf-votre-avis-nous-interesse-1556111586

"Ce que nous avons appris en développant Etalab, les visualisations de données touchent plus de gens que les données brutes" : voir les premiers retours et les actualités sur le blog



Un hackathon a eu lieu le 24 avril 2019. Cette journée, à laquelle ont participé des acteurs publics et privés, professionnels de l'immobilier, bailleurs sociaux, établissements publics fonciers, chercheurs, représentants des collectivités locales et de l'administration, a été l'occasion de mieux s'approprier le ficher DVF et d'en exploiter les données pour les usages de leur secteur d'activité : http://www.collectivites-locales.gouv.fr/open-data-hackathon-sur-fichier-demande-valeurs-foncieres-dvf

La mise à disposition de ces données ouvrent des pistes d'analyse en ce qui concerne le prix du foncier selon les secteurs géographiques, les types de biens immobiliers mis en vente, la localisation des zones d'expropriation en fonction des projets d'aménagement, etc.

Boris Mericksay a élaboré une carte interactive de la valeur des transactions foncières par communes, qui met bien en évidence les écarts dans le prix du foncier entre les zones urbaines, les zones rurales et les zones intermédiaires :
http://carteblanche.carto.com/builder/436ecfab-ecfe-4e1d-89d0-620365a716cc/embed








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Data France, une plateforme de visualisation de données en open data

OpenDataSoft : une plateforme avec plus de 1800 jeux de données en accès libre

Utiliser Wikidata pour chercher des informations géographiques

Geonames, une base mondiale pour chercher des noms de lieux géographiques

Numbeo, une banque de données et de cartes sur les conditions de vie dans le monde



Les nouveautés de Google Earth Timelapse


En avril 2019, Google a procédé à une mise à jour de l'outil Google Earth Timelapse de manière à permettre aux utilisateurs de visualiser les évolutions à la surface de la Terre sur les 35 dernières années, soit de 1984 à 2018. Introduite en 2013, cette application s'appuie sur Google Earth Engine, la plateforme cloud de Google et exploite des séries d'images satellites acquises sur plusieurs années.

Google Earth Timelapse ne couvre pas la totalité du globe, mais seulement quelques lieux emblématiques où les changements sont importants et bien visibles (cf déforestation, étalement urbain, exploitations minières, fermes solaires...). Ce sont plus de 15 millions d'images satellites qui ont été exploitées, en provenance de l'USGS, de la NASA (Landsat) et des satellites d'observation du programme européen Sentinel.



La cartographie des opportunités dans les quartiers des grandes métropoles : un outil au service de la justice spatiale ?


La "cartographie des opportunités" se développe surtout aux Etats-Unis et dans les pays où les questions de justice spatiale et d'équité entre les différentes communautés sont devenues des questions sensibles. Selon l'Institut Kirwan (Université de l'Ohio) qui conduit des recherches dans ce domaine, il s'agit de mieux appréhender les caractéristiques des quartiers urbains des grandes métropoles de manière à déterminer les chances qu'ils offrent en termes de réussite, notamment pour les populations défavorisées. 

Les indicateurs d’opportunité correspondent au fait de pouvoir disposer d'emplois durables, d’écoles performantes, d'un environnement porteur, d'un accès à des soins de qualité, de transports efficaces, de quartiers sûrs et d'institutions facilitant l’engagement civique et politique. Ces multiples indicateurs d'opportunité sont évalués de manière globale à la même échelle géographique, permettant ainsi la production d'une "carte d'opportunité" complète pour un quartier ou une ville. 

L'Institut Kirwan a élaboré dès 2008 une géographie des opportunités dans une douzaine d'aires métropolitaines (voir diaporama), souvent à la demande de groupes communautaires ou d'organisations impliquées dans le développement communautaire et le logement équitable :
Le blog Mapping for justice recense un grand nombre d'initiatives pour élaborer ce type de cartographie d'opportunités : http://mappingforjustice.blogspot.com/

Certaines villes américaines comme par exemple Denver proposent une cartographie des crimes et délits recensés dans chaque secteur de recensement (5000 personnes en moyenne). Outre les données sur la criminalité, la carte contient des données sur le revenu, la santé, l’accès aux transports et les niveaux d’éducation. Y figurent également des informations aussi diverses que le nombre d’arbres présents dans chaque parcelle, les magasins d’alcool, les dispensaires, les salons de tatouage... Il s'agit, selon les services de sécurité de la ville, de "prévenir le crime avant qu'il ne se produise" (sic). Cette cartographie fait partie d'un plan plus vaste qui vise à résoudre les problèmes sociaux en même temps que le crime. 

Pour accéder à la carte, consulter le Denver Opportunity Index Overview

Louisville (Kentucky) a choisi de créer des cartes détaillées de "tout ce qui est bon ou mauvais" dans les quartiers en déclin afin de déterminer exactement les types de problèmes et comment y remédier. Cela concerne aussi bien les parcelles vides que les maisons à rénover. Les terrains vacants, qui entraînent des problèmes de criminalité et de santé, constituent un problème dans l’ensemble du pays, en particulier depuis la crise des subprimes : Mapping Neighborhoods To Create Neighborhood Opportunities

 


William Stancil de l'Université du Minnesota a élaboré une carte montrant l'évolution de la pauvreté par secteurs de recensement entre 2000 et 2016. Il distingue les quartiers en expansion économique où la part de la population à faible revenu a diminué de plus de 5%, des quartiers en déclin où la part de la population à faible revenu a augmenté de plus de 5% depuis 2000. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la gentrification des zones intra-urbaines n'est pas la caractéristique principale. De nombreuses métropoles américaines voient leurs quartiers péri-centraux s'appauvrir. 



L'Atlas of justice montre que les peines de prison et les incarcérations concernent des populations venant le plus souvent de zones urbaines défavorisées où vivent les minorités ethniques.
http://www.justicemapping.org/projects
Trajectoires des quartiers urbains au Royaume-Uni : voir la cartographie en ligne

La carte montre une classification des trajectoires des différents quartiers au Royaume-Uni. Elle est basée sur les chiffres de population (grille de carreaux d'1 km), cohérents dans le temps et sur le plan géographique, et affichant des attributs démographiques, socio-économiques et de logement tirés des recensements britanniques réalisés en 1971, 1981, 1991, 2001 et 2011.

Pour plus de détails sur la méthodologie, voir Patias, N. Rowe, F. et Cavazzi, S., 2018. A scalable analytical framework for spatio-temporal analysis of neighbourhood change: A sequence analysis approach. Prepared for the Association of Geographic Information Laboratories in Europe (AGILE) 2019: Geospatial Technologies for Local and Regional Development. Limassol, Cyprus on 17-20 June, 2019.A


Liens ajoutés le 12 mai 2019

Enterprise Community Partners, dont la mission est de créer des opportunités pour les personnes à faibles et moyens revenus en leur permettant l'accès à des logements abordables, a mis au point un outil de cartographie interactive qui permet de savoir si les quartiers se sont gentrifiés dans 93 villes américaines. Trois mesures différentes sont proposées pour établir le degré de gentrification. En sélectionnant une ville américaine dans l’outil de comparaison, on peut voir quels sont les quartiers qui ont connu une gentrification au cours des quatre dernières décennies.

A titre de comparaison, la gentrification à Paris entre 1950 et 2000 en cartographie animée (réalisée par CartoMouv') :
http://www.cartomouv.parisgeo.cnrs.fr/index.php?page=anim&page2=map5

Emmanuel Vigneron (2011.05). La ville, la vie, la mort dans Paris et ses banlieues au long du RER B / Les inégalités de santé dans les territoires français, état des lieux et voies de progrès. Issy les Moulineaux : Elsevier Masson.
L’espérance de vie peut varier du simple au double alors que la ligne du RER B ne parcourt que 70 km. « C’est l’effet ZUS », explique le chercheur à Rue89. « Il a été démontré que le simple fait d’habiter dans une zone urbaine sensible – une fois qu’on a neutralisé les effets d’âge, de sexe et de classe sociale – a des effets pathogènes. Ils sont liés à mille choses : au cadre de vie, au stress, à la pollution éventuelle, au fait qu’il n’y a pas d’offre de santé suffisante dans ces zones-là ».
http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/02/23/democratie-sanitaire-lesperance-de-vie-au-fil-de-la-ligne-du-rer-b/

Avec une carte des inégalités le long du RER B : http://parismetropole.adreva.org/documents/442


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Les ségrégations raciales aux Etats-Unis appréhendées en visualisation 3D et par la différence entre lieu de travail et lieu d'habitat

Des différentes manières de cartographier la pauvreté dans le monde
 

Comment le changement climatique a déjà commencé à affecter certaines régions du monde


Signalé sur Maps Mania, 24 avril 2019

Le site Buzzfeed a publié le 22 avril 2019 deux cartes interactives qui montrent comment le changement climatique commence à affecter certaines régions du monde. 
http://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/climate-change-maps-ice-sea-level-rise

La première carte représente le réchauffement climatique depuis 1950. En cliquant sur la carte , on affiche un graphique qui indique l'évolution de la température moyenne depuis 1880 à l'endroit choisi (on peut utiliser également le menu "Search).




Une deuxième carte témoigne de l'augmentation du niveau de la mer dans les différents océans, en comparant le niveau moyen de la mer en 2008-2010 à celui de 1993-1995. Plus le bleu est foncé sur la carte, plus le niveau de la mer est monté sur cette période. Le graphique permet d'afficher le niveau moyen de la mer pour chaque année depuis 1993 avec les variations en millimètres. En moyenne, le niveau de la mer monte d’environ 3 millimètres par an, mais les variations sont importantes d’un lieu à l’autre, en raison notamment de l’interaction des courants et de la géographie côtière, ainsi que des variations de l’attraction gravitationnelle. Près des Philippines, le niveau de la mer augmente cinq fois plus vite que la moyenne mondiale.



Voici une simulation qui montre à long terme l'impact de la remontée du niveau marin :



Le déplacement prévu des espèces animales en Amérique du Nord en raison du réchauffement climatique :
http://blog.nature.org/science/2016/08/19/migration-in-motion-visualizing-species-movements-due-to-climate-change/


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Resource Watch, un portail intégré pour visualiser des jeux de données en vue d'assurer "un avenir durable" à la planète

Cartographier l'empreinte humaine à la surface du globe

La liberté de la presse dans le monde selon Reporters sans frontières


L’édition 2019 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) montre que la liberté de la presse recule en Europe et dans le monde. Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité, continue de se réduire, tandis que les régimes autoritaires renforcent leur emprise sur les médias. 

Pour accéder à la carte de Reporters sans frontières (en français) : http://rsf.org/fr/classement
 

Le classement est établi selon un indice composite, le World Press Freedom Index qui prend en compte le pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et la qualité des infrastructures soutenant la production de l’information (voir la méthodologie).

Les pays sont colorés en fonction de leur classement. Les pays de couleur jaune pâle sont jugés « satisfaisants ». Les pays de couleur orange sont considérés comme « problématiques ». Les pays rouges sont dans une  « situation difficile » et les pays noirs sont dans une « situation très difficile ». En cliquant sur un pays au choix, on affiche son rang de classement, son score global et son évolution depuis 2018. Le site fournit en outre des analyses par continent. Les données sont téléchargeables au format CSV. La page archives permet d'accéder aux données des années précédentes avec possibilité de remonter jusqu'en 2002, date du premier rapport de RSF.
Extrait du rapport 2019 :

Seulement 24% des 180 pays et territoires affichent une situation “bonne” (zone blanche) ou “plutôt bonne” (zone jaune) contre 26% l’année dernière. Les Etats-Unis (48e), où un climat toujours plus hostile s’est installé au-delà des propos de Donald Trump, perdent trois places en 2019 et basculent dans la zone orange, ce qui signale une situation problématique.

Plusieurs régimes autoritaires perdent des places au classement. C’est le cas du Venezuela (148e, -5 places), où les journalistes ont été confrontés aux arrestations et violences infligées par les forces de l’ordre. Et de la Russie (149e, -1 place), où le Kremlin a accentué la pression contre internet et les médias indépendants, à coup d’arrestations, de perquisitions arbitraires et de lois liberticides. Le Vietnam (176e), talonné par la Chine (177e, -1), perd également une place. Dans la Corne de l’Afrique, l’Erythrée atteint l’antépénultième place (178e, +1), malgré la pacification de ses relations avec l’Ethiopie, tandis que le Turkménistan (180e, - 2) est désormais dernier, à la place de la Corée du Nord (179e, +1).

Les plus fortes dégradations affectent des régions en principe vertueuses. Cette année, c’est la zone Amérique du Nord et du Sud qui enregistre la plus grande dégradation de son score régional (+3,6%). Ce mauvais résultat n’est pas seulement dû aux piètres performances des Etats-Unis, du Brésil et du Venezuela. Le Nicaragua (114e), qui dévisse de 24 places, subit l’une des baisses les plus significatives en 2019. Les journalistes nicaraguayens qui couvrent les manifestations anti-gouvernement Ortega, considérés comme des opposants, sont fréquemment agressés.

L’Union européenne et les Balkans enregistrent la deuxième plus forte dégradation du Classement (+1,7%). Dans cette zone qui reste celle où la liberté de la presse est la mieux respectée et qui est en principe la plus sûre, les journalistes doivent aujourd’hui faire face aux pires menaces : le meurtre à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie (111e), des attaques verbales et physiques notamment en Serbie ou au Monténégro (104e, -1), ou un niveau inédit de violences lors des manifestations de “gilets jaunes” en France (32e, +1), au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps. La stigmatisation des journalistes s’affiche aussi désormais de façon décomplexée : en Hongrie (87e, -14), les responsables du parti de Viktor Orban refusent de répondre aux questions des journalistes qui ne travailleraient pas pour des médias considérés comme des “amis du Fidesz”. En Pologne, ce sont les médias publics transformés en instruments de propagande qui permettent, de façon de plus en plus intensive, d’exercer des pressions sur les journalistes.


Cette carte peut être confrontée à celle de la Banque mondiale (Doing Business) qui établit chaque année un classement des pays libres dans le monde en fonction de 6 indicateurs (économiques, politiques et personnels) : http://i.redd.it/sp07qm12g9p01.png




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Carte de l'indice de perception de la corruption (Transparency International)

Notre-Dame de Paris au coeur de la fabrique de l'image et de l'information


L'incendie spectaculaire qui a complètement détruit la toiture et la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019 a donné lieu à une importante production de photographies, de plans, de cartes, d'infographies, d'images de drone... En voici une sélection thématique qui permet d'évaluer les dégâts, d'envisager les possibilités de reconstruction, mais aussi d'interroger le rôle de l'image et de l'information à l'heure d'Internet et des réseaux sociaux.


Images et traitement médiatique de l'information :

Notre-Dame de Paris : émotion et stupeur en une des journaux partout dans le monde :  JDD
Notre-Dame de Paris ravagée par un incendie, émotion internationale : Agence France Presse

"Notre-Dame, notre drame" : Libération, France24, LCI, L'Express

Notre-Dame de Paris : « C'est le cœur de la nation qui est en flammes » : Le Figaro

La cathédrale des cathédrales : La Vie

De la fragilité du monde : Reporterre

Le rôle clé des médias en ligne dans le traitement de l’information : Upday

Moins de 5 heures après le début de l’incendie de Notre-Dame, Wikipédia avait déjà un article en 32 langues sur le sujet : Zdnet.

Incendie de Notre-Dame : les théories du complot et fake news se multiplient : BFM TV et AFP Factuel 

Notre-Dame de Paris, défigurée mais encore debout, sera "rebâtie" promet Macron : Agence France Presse

Hommages en dessins : Le Figaro, France Info, Huffington Post, Pure Break, CNews 

Images et caricatures de presse  : Le Canard enchaînéCharlie Hebdo, France TV InfoOuest France, Médiapart


Images et évaluation des dégâts liés à l'incendie

Images prises par un drone de la police et utilisées par les pompiers pendant l'incendie : Numérama

Une vue aérienne en 3D de Notre-Dame-de-Paris après l’incendie : Gigarama

Une image de drone en haute définition prise à la verticale montrant l'ampleur des dégâts : Stéphane Larue

Images avant / après l'incendie : France TV info

Infographies montrant les parties détruites, souvent accompagnées de commentaires décomposant les étapes de l'incendie :
Les Echos
, Statista, Le Monde, Le Journal de Montréal, New York Times, Graphic News, The Guardian, AFP, Reuters, Reddit.

Une sélection d'infographies en 3D issues de différents journaux : Inconsolata


Pourquoi Notre-Dame de Paris était une poudrière : une infographie animée en 3D par le New York Times

Une story map sur la plateforme d'Arcgis (en anglais) : ESRI

Les vitraux de Notre-Dame à en très haute résolution (24 giga pixels) : Gigascope


Images et plans anciens : l'histoire de la cathédrale

Sélection d'images et plans anciens : Gallica et BNF

La charpente en chêne (appelée "la forêt") était constituée de 1 300 arbres dont certains remontaient au XIIe siècle : site officiel de Notre-Dame

Les plus vieilles photographies de la cathédrale : un daguerrotype de 1838 et un autre de 1842 lors des funérailles du duc d'Orléans.

Itinéraire pratique de l'étranger dans Paris (1848) : Bibliothèque du Congrès

Notre-Dame, le coeur de Paris. Documents d'archives de l'INA notamment lors du 800e anniversaire de la cathédrale en 1963.

Vues anciennes de Notre-Dame par le compte Twitter des Archives nationales : plan de l'île de la Cité en 1610, photos aériennes de 1955. Affiches publicitaires d'Air France.

Notre-Dame de Paris : les dates qui ont marqué l’histoire de la cathédrale en 12 photos : Géo

De la Reine Margot à la Libération, Notre-Dame ou l’église de la nation : Libération

Notre-Dame de Paris, joyau gothique : revue L'Histoire

Comment Notre-Dame est devenue un monument national - entretien avec Yann Potin pour la revue L'Histoire

Notre-Dame, une émotion patrimoniale (entretien avec Nathalie Heinich) : La Vie des Idées

Notre-Dame : un incendie et ses instrumentalisations. Interview de Julien Théry, historien spécialiste du Moyen-Age : Le Media TV

Un thread sur Twitter racontant la longue histoire de la cathédrale à partir d'images (par Actuel Moyen Age) :
L'incendie de Notre-Dame de Chartres en 1836 : Retronews

La cathédrale de Reims détruite... et reconstruite : The Huffington Post

Incendie de la cathédrale Saint-Pierre de Nantes en 1972 : le temps de l'émotion n'est pas celui de la reconstruction : En Envor


Images et plans pour la reconstruction

Plan simplifié pour expliquer les différentes parties de la cathédrale : L'Histoire de France

Plan en sections 3D : Imgur

Notre-Dame de Paris : les reconstitutions en 3D peuvent aider à la reconstruction : Le Monde

Sur des disques durs américains, le modèle en 3D le plus précis de Notre-Dame. Voir aussi la vidéo du National Geographic : L'Internaute

Non, le jeu vidéo « Assassin’s Creed Unity » ne servira pas à reconstruire Notre-Dame de Paris : Le Monde

La tech au secours de Notre-Dame : le fantasme et la réalité : Le Point
Les joueurs PC peuvent récupérer une copie du jeu vidéo Assassin's Creed Unity gratuitement : Numerama

De l’émotion à la reconstruction d’un patrimoine mondial : The Conversation

Notre-Dame, c'est "l'incendie de trop" : pourquoi les historiens de l'art et spécialistes du patrimoine sont en colère : FranceTvInfo

Les projets qui devraient « réenchanter » l’île de la Cité d’ici à 2040 : Le Parisien

Notre-Dame de Paris : pour ou contre la reconstruction de la flèche de Viollet-le-Duc à l'identique ? LCI

Notre-Dame de Paris : toit végétalisé, flèche de cristal... les architectes ont déjà des plans : MSN


Ressources pédagogiques :

Ressources pédagogiques et articles sélectionnés sur le site Eduscol

Ressources proposées par le Café pédagogique

L'actualité à hauteur des enfants, n°231 d'1jour1actu sur Notre-Dame en téléchargement libre.

Notre-Dame de Paris, source de la littérature et des arts : LeVif.be et Techno-Sciences

De Victor Hugo à Assassin's Creed, comment Notre-Dame s'est enracinée dans notre imaginaire culturel : France Inter

Notre-Dame de Paris, le roman de Victor Hugo (1831) en e-book libre et gratuit : CRDP de Strasbourg

L’hommage de Victor Hugo à Notre-Dame de Paris : Mediapart

La cathédrale humaine par Paul Le Bohec (inspiré par Célestin Freinet) :
"Ce qu'il faut viser, c'est l'élévation harmonieuse, l'assise solide qui permettra à la flèche de monter et de braver le temps. Et nous ne pourrions mieux comparer notre projet qu'à la structure merveilleuse des cathédrales moyenâgeuses."


Articles connexes :

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Une cartographie historique du Paris populaire de 1830 à 1980

Les story maps : un outil de narration cartographique innovant ?



La cartographie des déchets plastiques dans les fleuves et les océans


Signalé par Maps Mania, 16 avril 2019

Environ 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans. Ce plastique constitue un danger pour la vie marine et pour la santé des personnes. Les déchets de plastique non collectés ou intentionnellement déversés dans les fleuves se retrouvent dans les océans. Des études commencent à être conduites afin de cartographier les zones concernées et déterminer l'origine de ce plastique.

Litterbase est une organisation qui rassemble des études scientifiques sur les niveaux de pollution plastique présents dans les océans du monde. Litterbase fournit un aperçu des résultats de plus de 1900 études sur la quantité et la composition des déchets et leur effet sur les environnements marins. OpenLittermap constitue un projet de cartographie collaborative pour recenser et collecter les déchets plastiques à l'échelle mondiale.


L'une des façons de combler ces lacunes dans nos connaissances consiste à modéliser la densité de la pollution dans les océans à partir des résultats d'études scientifiques. L'agence Dumpark a produit  Sailing Seas of Plastic, une carte par densité de points qui indique la concentration estimée de plastique flottant dans les océans sur la base des résultats de 24 expéditions effectuées entre 2007 et 2013 et de modèles de dérive des vents et des courants marins. 

Chaque point représente 20 kg de plastique flottant. Selon la carte, 550 milliards de pièces de plastique dérivent sur les mers du monde. Les données proviennent d'un modèle lagrangien de suivi des particules qui simule 30 années d'intrants, de transports et d'accumulation de débris de plastique flottants dans le monde. Le modèle suit les trajectoires des particules plastiques de la terre à la mer et estime la taille relative de chacun des cinq grands gyres de plastique en circulation dans les océans Pacifique Nord, Atlantique Nord, Indien, Atlantique Sud et Atlantique Nord.

La visualisation inclut également un diagramme alluviale (de Sankey) qui indique la quantité de débris de plastique selon les  pays et à leur contribution à chacun des cinq grands gyres. Ce diagramme révèle que la Chine est de loin le plus gros pollueur des océans dans le monde, suivie de près par l'Europe. L'idée selon laquelle la Chine est à l'origine d'une grande partie de la pollution des océans est corroborée par les campagnes de nettoyage.



L'organisation Ocean Cleanup estime qu'entre 1,15 et 2,41 millions de tonnes de plastiques déversées dans les océans proviennent des cours d'eau. Les deux tiers proviennent des fleuves d'Asie. Pour aider à expliquer comment et où le plastique finit dans les océans du monde, Ocean Cleanup a publié une carte interactive, River Plastic Emissions to the World’s Oceans.
http://www.theoceancleanup.com/sources/

Le National Geographic a créé une story map pour savoir où va le plastique que nous jetons. Il identifie le fleuve Yangtsé comme le fleuve le plus pollué au monde. La majeure partie de la pollution du Yangtsé finit par se retrouver dans le Pacifique via la mer de Chine : http://www.nationalgeographic.com/magazine/2018/06/the-journey-of-plastic-around-the-globe/


Prolongements :

Pollution plastique planétaire : quelles responsabilités et solutions ? Notre-Planete-info, 6 mars 2019.
http://www.notre-planete.info/actualites/348-pollution-plastique-responsables-solutions

D'ici 2030, la production mondiale de déchets plastiques pourrait augmenter de 41 % et la quantité accumulée dans l'océan pourrait doubler. En cause, notre système de production, d'utilisation et d'élimination du plastique, système défaillant dans lequel aucun acteur n'est tenu pour responsable. Dans son dernier rapport "Pollution plastique, à qui la faute ?", le WWF tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme et formule des propositions pour sortir de cette crise mondiale.

Pollution plastique des océans : les pays membres du G7 divisés. Sciences et Avenir, 11 juin 2018.
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution-plastique-des-oceans-les-pays-membres-du-g7-divises_124856

Le Japon et les États-Unis ont refusé de signer une charte contre la pollution plastique des océans, lors du sommet du G7, organisé au Canada.

Le site Septième Continent organise des expéditions scientifiques et fournit des ressources pédagogiques afin de comprendre et réduire la pollution des océans par les plastiques.
http://www.septiemecontinent.com/pedagogie/

95% des déchets plastiques proviennent de 10 fleuves dans le monde selon une étude récente :
https://www.defendevropa.com/2019/news/95-of-the-plastic-in-the-oceans-comes-from-third-world-countries/



Articles connexes :

La carte de protection des océans proposée par Greenpeace pour 2030 : utopie ou réalisme ?

Données cartographiques sur les énergies marines renouvelables consultables sur le Géoportail

Une carte réactive de toutes les ZEE et des zones maritimes disputées dans le monde

Les villes les plus polluées dans le monde en 2018



La baisse de l'espérance de vie au Royaume-Uni et aux Etats-Unis : un révélateur des écarts entre les revenus ?


Signalé par @gmapsmania (15 avril 2019).

L'espérance de vie baisse au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une série de cartes thématiques permet de montrer que la baisse de l’espérance de vie est liée à l’augmentation du fossé entre les revenus.

Pour consulter l'article du site Maps Mania qui recense de nombreux liens :
http://googlemapsmania.blogspot.com/2019/04/why-are-we-dying-younger.html 




"Un cartogramme comparant les espérances de vie à l'échelle mondiale peut engendrer une autosatisfaction présomptueuse ou susciter un sentiment de culpabilité compassionnelle " (Mark Monmonier, Comment faire mentir les cartes, réédition 2019). Voir notre présentation.


Articles connexes :

Cartographie de l'espérance de vie par pays (1800-2018) sur Mapipedia

Numbeo, une banque de données et de cartes sur les conditions de vie dans le monde

Cartographier et comparer l'accès aux soins dans le monde

 

Les nouvelles façons de « faire mentir les cartes » à l'ère numérique


Avec l'essor de la cartographie en ligne, de l'infographie, de l'imagerie 3D et des nouvelles techniques de géovisualisation, y aurait de nouvelles façons de faire mentir les cartes ?

La réédition de l'ouvrage de Mark Monmonier est l'occasion de s'interroger sur les façons, anciennes ou nouvelles, de « faire mentir les cartes » comme nous invite à le faire le titre de son célèbre ouvrage. La première édition  publiée en 1991 et traduite en 1993 s'est vue ajouter, dans la traduction française, un sous-titre assez ambigu Du mauvais usage de la géographie, qui a pu faire penser qu'il s'agissait seulement de dénoncer les dérives de la cartographie à travers ses usages grand public. 

Mark Monmonier affirmait au contraire : « Non seulement le mensonge est facile avec les cartes, mais il est même essentiel ». Autrement dit loin d'être une dérive, le "mensonge" serait consubstantiel à la carte, un attribut essentiel et inhérent au processus de re-présentation. Si on voulait filer la métaphore, on pourrait dire qu'il y a plusieurs façons de mentir : par facilité, par arrangement, par exagération, par omission... Il existe de petits et de grands mensonges. Comme les blancs de la carte, il y a également tous ces petits oublis, ces mensonges "blancs" dont on pense qu'ils ne portent pas à conséquence pour l'interlocuteur, du moins en apparence. Les mensonges, petits ou grands, sont particulièrement répandus dans notre société de l'information et de la communication qui cherche souvent à marquer les esprits, à frapper l'opinion, à jouer sur nos imaginaires. Mais on ne peut pas éduquer avec des mensonges : cela empêche d'exercer sa pensée critique et de s'émanciper. La métaphore vaut pour la cartographie qui mérite décryptage et sens critique.


 


Dans l'introduction à la réédition de l'ouvrage de Monmonier, Christian Grataloup appelle à une vigilance cartographique à l’ère d’une omniprésence renouvelée des cartes dans nos environnements quotidiens. Depuis les années 1980-90, avec les travaux de cartographie critique de Mark Monmonier, de Brian Harley ou de Denis Wood, la cartographie est entrée dans l'ère du soupçon. Il ne faudrait pas pour autant tomber dans l'approche hyper-critique qui consisterait à se défier systématiquement de toutes les cartes puisque toutes mentiraient d'une certaine façon. Comme le notait Yaïves Ferland dès 1997 :

« Tout le monde sait maintenant qu’il existe cinq sortes de mensonges : les petits, les gros, les statistiques, les cartes et les arguments de vente. En paraphrasant Sir Winston Churchill, avec l’aide de Mark Monmonier (1991), on en vient à couvrir à peu près tout les maux dont les cartographes seraient coupables, en tant que communicateurs de réalités géographiques par des représentations graphiques. »

L'apport principal de Monmonier et Harley est de nous avoir montré qu'il fallait apprendre à se défaire du réalisme apparent de la carte, à prendre conscience des formes de pouvoir et de domination qu'elle peut exercer. S'il n'y a point d'objectivité de la carte, ce n'est pas pour autant qu'elle n'obéit pas à certaines règles. Mark Monmonier distinguait, parmi les formes de "mensonges", ceux liés aux choix sémiologiques et ceux correspondant davantage à la volonté de manipuler ou de convaincre. Parmi ces éléments, figure notamment le choix :
  • de la projection cartographique
  • de l'échelle de représentation
  • de la taille, de la forme ou de la couleur des figurés
  • du message que le cartographe souhaite délivrer...
Dans l'épilogue de son ouvrage, Mark Monmonier invite à dépasser l'opposition entre les cartes qui se contentent de "pieux mensonges" et celles qui cherchent à manipuler l'opinion. Et l'auteur de conclure par un avertissement concernant la versatilité de la carte, en particulier dans les journaux : « lorsqu'une carte doit avoir un double rôle d'informer et d'impressionner son public, elle risque de plus en plus de déformer la réalité de ce qu'elle prétend représenter... Les cartes ayant un double rôle ne sont pas intrinsèquement mauvaises. Certaines d'entre elles, parfaitement exactes, existent avant tout pour donner une allure de vérité aux faits, tandis que d'autres ne sont là qu'à titre décoratif... Les cartes, comme les bâtiments, souffrent lorsque le concepteur place la forme au dessus de la fonction... S'il n'est pas maîtrisé par un savant aux intentions honnêtes, le pouvoir des cartes peut échapper à tout contrôle. » (p. 280-283).

Maarten Lambrechts (@maartenzam), data journaliste et consultant en visualisation, s'est appuyé sur l'approche critique de Monmonier pour analyser les cartes que l'on peut trouver aujourd'hui sur Internet. Son constat est intéressant : ces cartes numériques "mentent" pour les mêmes raisons, mais aussi pour de nouvelles raisons non forcément mises en avant dans la première édition de l'ouvrage de Monmonier (d'où les compléments ajoutés dans la réédition de 2019 concernant les cartes numériques, les images satellitaires et la cartographie en ligne).

Maarten Lambrechts, The essential lies in news maps, 8 February 2019
http://datajournalism.com/read/longreads/the-essential-lies-in-news-maps


L'auteur recense plusieurs problèmes récurrents dans les cartes que l'on peut trouver dans les médias ou sur Internet  :
  • Les cartes de localisation utilisées sur Internet ou dans les reportages sont généralement trop petites pour être lisibles. A quoi bon vouloir étudier un espace si on ne peut d'abord le localiser ? Parmi la règle des 5 W (What, Who, Where, When, Why), la question "Où" est essentielle, sachant que la capacité à (géo)localiser ne préjuge pas d'une autre capacité encore plus importante, celle de situer par rapport à un ensemble plus large, ce qui est plus difficile et suppose d'avoir soi-même quelques repères et connaissances géographiques.
  • Les cartes et images issues de globes virtuels ainsi que les infographies produites dans les médias comportent souvent des vues obliques ou en 3D, difficiles à orienter si on n'est pas familier des lieux ; les images aériennes et satellitaires sont difficiles à distinguer. Souvent drapées sur un modèle numérique de terrain, elles donnent l'illusion du réel. En l'absence de dates précises, elles sont difficilement interprétables. 
  • Les cartes visant à comparer des espaces par leur taille (voir notre recension de comparison map) ont tendance à proliférer. Mais là encore, la zone utilisée pour la comparaison doit être familière. A quoi bon comparer l'étendue des glaces qui se détachent de l'Antarctique à celle du Delaware si on n'a aucune idée de la superficie de cet état américain ?
  • Les cartes-images de comparaison avant / après sont souvent prises dans des conditions différentes (cf notre présentation). Avez-vous remarqué que le soleil brille toujours après une catastrophe, cela veut-il dire qu'on exclut généralement les régions qui sont sous les nuages ?
  • Les cartes par aplats de couleur qui utilisent des valeurs brutes au lieu de pourcentages (cf rappel des règles de la sémiologie sur Néocarto).
  • La projection cartographique utilisée par Google Maps ou dans des SIG a longtemps été la projection Mercator, très déformante. Depuis 2018, Google Maps l'a remplacé par un globe : le Groenland a cessé (enfin !) d'être plus grand que l'Afrique. Il vaut mieux utiliser des projections plus récentes comme par exemple les projections Robinson, Winkel-Tripel ou Equal Earth
  • Les cartogrammes et autres infographies censées simplifier la compréhension d'un phénomène finissent par le complexifier si elles sont trop sophistiquées. L'esthétique ne doit pas l'emporter sur la clarté des explications.
Comme le rappelle Maarten Lambrechts, les cartographes doivent prendre des décisions et faire des choix pour rendre leurs cartes claires et utiles. Ce faisant, ils omettent ou simplifient des choses, soulignent des éléments, en mettent d’autres en arrière-plan. Ce que résumait Mark Monmonier en affirmant : « Une seule carte n'est qu'un nombre infini de cartes pouvant être produites pour la même situation ou à partir des mêmes données » . Et l'auteur de rappeler dans une formule célèbre :

« Les cartes sont comme le lait : l’information est une denrée périssable et il est prudent de vérifier sa date de validité »
Mark Monmonnier (1993)

Une chose est sûre : à l'ère du numérique, il convient de continuer à décrypter les cartes, à déchiffrer l'information, à interroger les sources de données, à analyser leurs traitements et à décoder les nouvelles formes de data- ou de géo-visualisation.


Références

Monmonier, Mark (2019). Comment faire mentir les cartes [How to Lie with Maps]. Édition revue et augmentée. Préface de Christian Grataloup. Traduction (Anglais) : Denis-Armand Canal

Monmonier Mark (1991). Comment faire mentir les cartes, ou du mauvais usage de la géographie. Chicago. [Traduction française par Denis-Armand Canal. Paris : Flammarion, 1993, 233 p.]
Voir le CR fait par Yves Guermond dans L'Espace géographique (1994)

Réédition de "Comment faire mentir les cartes" de Mark Monmonier, site Géoconfluences.

Gould, Peter, Bailly, Antoine (1995). Le pouvoir des cartes - Brian Harley et la cartographie. Economica.

Harley, J. B. (2002). The New Nature of Maps : Essays in the History of Cartography. The Johns Hopkings University Press, Baltimore and London.

Wood, Denis (2010). Rethinking the Power of Maps, New York / London, The Guilford Press.

Ferland, Yaïves (1997). Les défis théoriques posés à la cartographie. Colloque "30 ans de sémiologie graphique" (Paris, 12-13 décembre 1997). Revue du Comité Français de Cartographie, n°156, juin-août 1998.
http://www.lecfc.fr/new/articles/156-article-8.pdf

Joliveau Thierry, Noucher Matthieu, Roche Stéphane (2013). La cartographie 2.0, vers une approche critique d’un nouveau régime cartographique. Information géographique, Armand Colin, 77 (4), pp.29-46.

Noucher, Matthieu (2015). De la trace à la carte et de la carte à la trace. Pour une approche critique des nouvelles sources de fabrique cartographique. Marta Severo, Alberto Romele. Traces numériques et territoires, Presses des Mines.

Noucher Matthieu, Hirt Irène et Arnauld de Sartre Xavier (2019). « Mises en chiffres, mises en cartes, mises en ordre du monde. », EspacesTemps.net [En ligne], Traverses http://www.espacestemps.net/articles/mises-en-chiffres-mises-en-cartes-mises-en-ordre-du-monde/

Desbois, Henri (2015). La carte et le territoire à l’ère numérique, Socio, 4 | 2015, http://socio.revues.org/1262

Bord, Jean-Paul (dir). La face cachée des cartes. Cartes et géomatique, n° 235-236 - mars-juin 2018.

Lambert, Nicolas (2018). Cartographie radicale. Blog Néocarto :


Pour compléter

La collection de "persuasive maps" de la Cornell University Library
http://persuasivemaps.library.cornell.edu/
Plus de 800 cartes de propagande classées par thème et par époque. Il s'agit d'un ensemble de cartes "persuasives" destinées principalement à influer sur l'opinion publique plutôt qu'à communiquer des informations géographiques. Les cartes de cette collection abordent un large éventail de messages : religieux, politiques, militaires, commerciaux, moraux et sociaux (voir une sélection sur le site du National Geographic).

Pour Nicholas Carr, il faut se méfier des fake maps comme des fake news. L'auteur est connu pour son approche critique d'Internet à travers l'ouvrage qu'il a publié en 2001, Ce qu'Internet fait à nos cerveaux. L'essayiste tient le blog Rough Type où il consacre plusieurs articles aux mensonges cartographiques. Il prend l'exemple d'Uber qui n'a pas hésité à utilisé des cartes mensongères. Le site Radionova complète avec d'autres exemples, notamment Google Maps qui produit différentes cartes des frontières en fonction des pays.
http://www.nova.fr/radionova/79384/episode-mensonges-cartographiques

Sortir de la carte. Comment les cartes formatent notre vision du territoire. Extrait du mémoire de fin d'études d'Hugo Poirier (2017) : http://www.en-dehors.fr/sortir-de-la-carte.html
« Les cartes détiennent un pouvoir particulier : celui de ne jamais mentir. Ou plutôt, elles s'arrangent pour qu'on les croie sur parole. Si quelqu'un est perdu, on supposera qu'il avait la tête ailleurs, on mettra en cause son piètre sens de l'orientation ou son incapacité à déchiffrer correctement un plan. Mais la carte ne sera pas mise en défaut, puisqu'elle ne se trompe jamais. Depuis l'école primaire, nous sommes éduqués à nous fier aux cartes : elles sont objectives, car tracées à partir de relevés techniques précis et selon des principes mathématiques fiables... Sortir de la carte passerait alors peut-être par le fait de retrouver une prise sur le support. Malgré l'écran, avoir la possibilité de plier, déchirer, raturer, corriger, surligner cette représentation figée et partielle du territoire. Laisser sa marque sur la carte pour la déborder. »

De « fausses » cartes pour dire le « vrai ». Par Pierre Singaravélou, Fabrice Argounès et Christian Grataloup dans le cadre du Printemps des cartes de Montmorillon (Libération, 25 avril mai 2019). Puisque la carte trahit toujours le territoire, pourquoi ne pas se pencher sur les cartes fictives, périmées, utopiques ou imaginaires qui en disent davantage sur notre vision du monde et permettent d’imaginer d’autres sociétés possibles ?
http://www.liberation.fr/debats/2019/04/25/de-fausses-cartes-pour-dire-le-vrai_1723374

The "colonial cartography" par Apoorva Tadepalli. Un article sur la manière dont la cartographie hier comme aujourd'hui "colonise" nos représentations :
http://reallifemag.com/colonial-cartography/

"Power and Responsibility : Maps and Journalism". Comment les cartes et le journalisme ont le pouvoir d’informer et en même temps de façonner notre perception du monde :
http://www.directionsmag.com/article/8799

"Researcher explores what causes maps to go viral on the web". Anthony Robinson, géographe à l'Université de Pennsylvanie, s'intéresse aux raisons pour lesquelles certaines cartes deviennent virales sur Internet :
http://phys.org/news/2018-08-explores-viral-web.html

De l'Antiquité à Google Maps, la cartographie miroir du pouvoir (France Culture) :
http://www.franceculture.fr/histoire/de-lantiquite-google-maps-la-cartographie-miroir-du-pouvoir


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