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NASA Worldview lance un nouvel outil de cartographie


Source : « NASA Worldview Releases New Charting Tool » (NASA Earthdata)

NASA Worldview permet aux utilisateurs de parcourir, comparer et animer plus de 1200 couches d'images satellites en haute résolution, fournies par les services GIBS (Global Imagery Browse Services) de la NASA, puis de télécharger les données sous-jacentes. Nombre de ces produits sont disponibles quelques heures après leur acquisition, illustrant ainsi la Terre entière telle qu'elle apparaît « à l'instant T ». Worldview propose actuellement 461 couches matricielles cartographiables.

NASA Worldview, un outil en pleine évolution

Depuis son lancement initial en décembre 2011, les ingénieurs et développeurs de NASA Worldview ont constamment ajouté de nouvelles fonctionnalités permettant aux utilisateurs de créer des animations personnalisées, de rechercher par lieu, de mesurer des distances et des superficies, et de comparer des images satellites à différentes dates. Worldview propose désormais une nouvelle fonctionnalité graphique permettant de créer un graphique linéaire présentant des statistiques (médiane, moyenne, minimum, maximum et écart type, par exemple) pour une variable unique, à une date donnée ou sur une plage de dates à partir dune zone d'intérêt définie par l'utilisateur.

« Les utilisateurs nous demandent depuis un certain temps d'ajouter une fonctionnalité de cartographie à Worldview, et bien qu'elle ne soit disponible que pour les tests bêta et l'évaluation à l'heure actuelle, nous sommes heureux de pouvoir fournir à nos utilisateurs une fonctionnalité qui leur permet de visualiser les tendances statistiques importantes pour une variable au fil du temps », a déclaré Minnie Wong, ingénieur système pour NASA Worldview avec le projet Earth Science Data and Information System (ESDIS) de la NASA. Lorsque la fonction de création de graphiques sera entièrement terminée, cette fonction permettra aux utilisateurs de représenter graphiquement plusieurs variables à la fois et d'augmenter le nombre de points tracés.

Interface de l'application (crédit : NASA Worldview)


La fonctionnalité de cartographie étant actuellement disponible en version bêta et en évaluation, toute analyse numérique réalisée sur les images ne doit être utilisée qu'à des fins d'exploration initiale et non pour une étude scientifique formelle. En effet, les images disponibles dans Worldview sont généralement moins précises que les données d'origine et ont souvent fait l'objet d'étapes de traitement supplémentaires (par exemple, projection dans un système de coordonnées différent). 

Les utilisateurs qui sont à la recherche d'une analyse statistique plus rigoureuse sur le plan scientifique doivent télécharger les données et les analyser avec une application plus robuste, telle que NASA Giovanni. Pour accéder à des images d'archive déjà traitées, voir les images de la semaine sélectionnées à partir d'exemples d'actualité.

Pour essayer l'outil cartographique

Suivez ce lien pour accéder à une carte Worldview présentant les données de température de surface de la mer pour le lac Huron, issues du système d'imagerie radiométrique infrarouge visible (VIIRS) du satellite Suomi National Polar-orbiting Partnership (Suomi NPP). Les données portent sur une période de deux ans, du 12 avril 2023 au 12 avril 2025.

Les utilisateurs peuvent créer leur propre graphique de séries chronologiques en suivant ces étapes :
  • Accéder à NASA Worldview.
  • Cliquez sur le bouton rouge « Ajouter des calques » dans le menu principal de Worldview (sur le côté gauche de l’écran).
  • Sélectionnez la couche à cartographier en cliquant sur le bouton radio à gauche du nom de la couche, puis fermez la fenêtre de sélection de couche.
  • Dans la fenêtre principale de Worldview, cliquez sur le bouton « Démarrer la cartographie », puis déplacez et redimensionnez le cadre de sélection selon votre zone d'intérêt. (NB : les utilisateurs peuvent également modifier les coordonnées du cadre de sélection dans « Modifier les coordonnées » en cochant la case « Écran entier ».)
  • Pour sélectionner une plage de dates, cliquez sur les dates dans la case « Sélection de date en mode graphique ». Pour sélectionner une seule date, sélectionnez « Une date ».
  • Pour générer un graphique d'évolution temporelle, cliquez sur le bouton rouge « Générer un graphique ». (Dans le cadre de cette version bêta, le nombre de points de données tracés peut être réduit s'il dépasse 31 points.)
  • Pour générer des statistiques, cliquez sur le bouton rouge « Générer des statistiques » pour calculer la médiane, la moyenne, le minimum, le maximum et l’écart type.

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Nouvelle version simplifiée du fond de carte communal Admin Express (IGN)


Source : « De nombreuses nouveautés arrivent avec la nouvelle version d’Admin Express » (IGN)

Depuis mi-2024, l’IGN œuvre en interne à une refonte du contenu autour de ses référentiels administratifs en réponse aux demandes d’évolution remontées par les utilisateurs. Ce travail de refonte arrive à son terme et se traduit par une nouvelle version 4 d'Admin Express. Cette nouvelle version s’accompagne d’un grand nombre d’améliorations : un enrichissement de l’offre existante, une meilleure cohérence entre les référentiels administratifs, et une mise à jour importante sur le littoral.

  1. Un référentiel administratif complet et cohérent
  2. Ajout de trois collectivités d’outre-mer : Saint-Barthélemy (977), Saint-Martin (978) et Saint-Pierre et Miquelon (975)
  3. Ajout systématique du code SIREN dans toutes les classes
  4. Le remplacement des géométries des pseudos-cantons par des vrais cantons (y compris infra-communaux)
  5. Des classes de chef-lieu (ponctuel) sur l’ensemble des niveaux administratifs
  6. L’ajout de la superficie cadastrale de l’INSEE sur la classe commune
  7. Mise à jour de la limite littorale suite à l’intégration de la limite terre-mer
  8. Deux nouveaux produits « petite échelle » :

  • Admin Express COG CARTO_PLUS PE (à télécharger)
    C’est la déclinaison CARTO_PLUS de sa grande sœur Admin Express COG CARTO PE arrivée en 2024. CARTO_PLUS est la version petite échelle millésimée COG offrant un rapprochement fictif des DROM autour de la métropole, plus adaptée à des besoins de datavisualisation. Elle s’inspire du travail réalisé par l’ICEM7 avec un dernier millésime publié en 2022. La géométrie « Carto Plus » ne possèdera pas de géoréférencement légal et sera proposée sur l’ensemble des couches administratives (commune, département, etc…).

  • Contour IRIS PE
    Ce nouveau produit est la déclinaison petite échelle de IRIS GE (Contour IRIS étant la version moyenne échelle). L’objectif est d'offrir sur la thématique IRIS les 3 niveaux d’échelle (grande, moyenne et petite échelles).
Éric Mauvière, qui administre le site Icem7 consacré à la datavisualisation et au data-storytelling, souligne tout l'intérêt de pouvoir disposer désormais d'une version simplifiée d'Admin Express, bien adaptée aux usages du web et avec les territoires ultramarins rapprochés de l'hexagone. Le rapprochement de l'outre-mer va faire gagner beaucoup de temps aux cartographes, même si on peut déplorer le fait que les DROM ne soient pas à l'échelle entre eux (voir notamment la superficie minorée de la Guyane)

Pour obtenir les régions, départements ou cantons dans la même précision, il est possible de télécharger le fichier gpkg de l'IGN pour faire les découpages administratifs ou bien d'utiliser l'outil en ligne Mapshaper. A partir de la couche communale, saisir dans la console la requête suivante, puis faire les exports dans le format choisi :
- "dissolve reg" =  pour faire apparaître les limites de régions
- "dissolve dept" = pour faire apparaître les limites de départements
- "dissolve can" = pour faire apparaître les limites de cantons

Les données Admin Express peuvent être visualisées aussi sur le site cartes.gouv.fr.

Mapshaper est un outil en ligne qui permet, sans avoir à installer un logiciel SIG, de lire et de convertir des fichiers au format Shp, GeoJson, TopoJson, Kml ou Svg. Voir le tutoriel de prise en main proposé par Eric Mauvière.

Découpage administratif à partir du fond simplifié d'Admin Express (source : IGN)



A titre de comparaison, le fond de carte des communes françaises proposé par l'Observatoire des territoires respecte davantage la taille des départements d'outre-mer. L'application Philcarto propose quant à elle des fonds à différentes échelles.

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Terre Australe, projection d'un monde à l'envers vu depuis l'hémisphère sud


Les cartes du monde ne sont pas forcément orientées avec le nord en haut. Tom Patterson propose une nouvelle carte du monde à l'envers, vu depuis l'hémisphère sud. Il s'agit d'une version spéciale de la projection Equal Earth, centrée sur l'Océanie (150° Est), qui a été inversée. 

« Tout ce qui était autrefois familier semble désormais inconnu. L'eau domine l'hémisphère sud reculé, encerclant la planète sans interruption près de l'Antarctique. Je n'ai pas pu résister à l'envie d'y ajouter un albatros. » 

Austral Earth, une vision du monde depuis l'hémisphère sud (source : Shaderelief, Tom Patterson)


Choisissez la version qui vous convient le mieux :
La carte de la Terre australe est dans le domaine public. Vous pouvez l'utiliser comme bon vous semble. Vous n'êtes pas obligé de citer son auteur.

Visitez également le site web principal d'Equal Earth pour des versions de cette carte avec le Nord en haut, disponible en plusieurs langues.

Le site Shaderelief de Tom Patterson fournit de nombreuses autres cartes physiques à télécharger en haute résolution ainsi que des tutoriels pour les réaliser. Parmi ces cartes avec les caractéristiques physiques et en haute résolution figurent l'Europel'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Asie du sud-estl'hémisphère nord circumpolaire et les Etats-Unis.

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Agroclimat2050, un outil pour prévoir l'impact des événements météorologiques sur la production agricole


Serge Zaka (sergezaka.bsky.social), qui est ingénieur agronome et docteur en agroclimatologie, s'est fait connaître en tant que lanceur d'alerte sur les impacts du changement climatique sur la production agricole. Il a créé le site Agroclimat2050 (agroclimatologie.com) qui entend devenir le premier service cartographique agroclimatique de France.

L'outil « gratuit, sans compte et ouvert à tous » vise à cartographier les risques agroclimatiques. Il propose actuellement les pertes de fleurs dues au gel, à une résolution de 1,3 km² sur toute la France, et de 5 à 12 km² sur l’ensemble de l’Europe. La pomme et la mirabelle ont également été ajoutés. A terme, d'autres cultures et arbres fruitiers vont rejoindre la danse. Les données sont issues du modèle ARPEGE (Météo-France) et de l'opendata du gouvernement français. Les prévisions s'appuient également sur les données des modèles de prévisions numériques Global Forecast System (GFS/NOAA) et AROME (Météo-France).

À terme, le site proposera :

  • L’accessibilité des parcelles agricoles
  • Des indices de stress thermique pour une dizaine d’animaux d’élevage
  • Des indices de développement pour plusieurs maladies et ravageurs
  • L’échaudage des céréales et le stress thermique et hydriques pour toutes les grandes cultures.
  • La vitesse de croissance des légumes potagers, en irrigué ou non ou des grandes cultures.
  • Les cumuls de degrés-jours pour toutes les espèces agricoles en France

Il s’agit encore d’un prototype. « Soyez indulgents : ce projet est entièrement autofinancé, développé avec mes propres moyens, au service du monde agricole ». Ces prévisions ne doivent pas être utilisées pour la protection des biens et des personnes. En aucun cas la responsabilité de leur auteur ou d'Agroclimat2050 ne pourrait être engagée. Ainsi, Agroclimat2050 souligne que ses prévisions sont informatives et ne remplacent pas les informations officielles des services météorologiques nationaux.

[Surprise] Une révolution dans le paysage agricole : voici le 1er service cartographique agroclimatique de France ! agroclimatologie.com Cela fait un an que je travaille, en toute discrétion, sur un outil GRATUIT, SANS COMPTE, OUVERT A TOUS, pour cartographier les risques agroclimatiques. 1/6

[image or embed]

— Dr. Serge Zaka (@sergezaka.bsky.social) 6 avril 2025 à 23:51

Pour compléter

Interview de Serge Zaka pour la Chambre d'agriculture de l'Ain.
« Il se consacre à l’étude de l’impact du changement climatique sur l’agriculture, qu’il s’agisse des grandes cultures, du maraîchage, de l'arboriculture, de la viticulture, de l’élevage. Son mot d’ordre : anticiper. Grâce à une approche scientifique rigoureuse, il s’efforce de mieux comprendre et prévoir ces transformations afin d’identifier des stratégies d’adaptation et d’atténuation. L’objectif est clair : préserver une production agricole durable, résiliente et de qualité afin que la France garde son indépendance agricole d’ici 2050. Serge ZAKA répond à nos questions. »

Il faut sortir de la politique pansement, court-termiste : pour révolutionner l'agriculture, les pistes de l'agroclimatologue Serge Zaka (FranceInfo). 
« Nouvelles cultures, gestion de l'eau, travail du sol : face aux pertes de plus en plus importantes des agriculteurs, l'agroclimatologue Serge Zaka nous présente ses solutions pour faire face au changement climatique dans la région. »

Benjamin Nowak, maître de conférences en agronomie, propose des cartes pour le suivi des cultures, les sciences du sol et les cycles biogéochimiques (principalement du carbone, de l'azote et du phosphore).

Lien ajouté le 26 juin 2025

Le Système canadien de surveillance des terres agricoles (SCSTA) fournit des données sur les anomalies hebdomadaires de l'indice de végétation naturelle (NDVI) ainsi que des cartes hebdomadaires sur l'état des cultures tout au long de la saison de croissance. Les données (de 2000 à aujourd'hui) sont à télécharger gratuitement sur le site ouvert.canada.ca.

Lien ajouté le 29 juin 2025

« Les prévisionnistes manipulent-ils les cartes météo pour nous affoler sur le déclin du climat ? » (France-Info). Des climatosceptiques accusent les prévisionnistes d'orienter les couleurs des cartes météo pour dramatiser les épisodes de chaleur. Les spécialistes démentent et prouvent le contraire.

Lien ajouté le 25 novembre 2025

« Comment utiliser l'API Climate Engine pour calculer les degrés-jours de croissance (GDD) pour n'importe quelle région des Etats-Unis »

Lien ajouté le 11 janvier 2026

Lien ajouté le 22 février 2026

Orange givrée est une application qui croise les données historiques de Météo-France avec la résistance au gel des agrumes. Elle permet de vérifier si une variété peut survivre à votre climat et si ses fruits pourront être récoltés avant les grands froids. 



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Climate Change Explorer, un outil cartographique pour visualiser les projections climatiques

Climate Trace, une plateforme pour visualiser et télécharger des données sur les émissions de gaz à effet de serre (GES)

Atlas climatique interactif Copernicus

Aborder la question de l'inégalité des pays face au changement climatique

Quels sont les États qui ont le plus contribué au réchauffement climatique dans l’histoire ?

Carte mondiale d'exposition aux risques climatiques, de conflit et à la vulnérabilité

Carte interactive du débat sur l'avenir industriel de Fos-Étang de Berre


« Projets industriels, impacts pour les territoires et alternatives. Débattons-en ! ». Pour le tout premier débat public en France consacré à l'avenir industriel du territoire de Fos-Étang de Berre, la Commission nationale du débat public (CNDP) a choisi de mettre à disposition des outils de diagnostic inédits. Et notamment cette carte interactive que Denis Vanier a réalisée avec Eclectic Experience à la demande de l'équipe du débat.

Fos - Étang de Berre, un avenir industriel en débat - Carte interactive proposée par Débat public

L'outil permet de localiser la trentaine de projets industriels en débat et d'ajouter des couches thématiques, en particulier en ce qui concerne les risques industriels, d'incendie et d'inondation-submersion. La carte ainsi que les fiches descriptives qui sont fournies permettent d'évaluer les enjeux pour la population, l'environnement, l'emploi, les transports. Son contenu va évoluer au cours des prochains mois en fonction des besoins (voir le dossier du débat). En l'état actuel, le fond de carte intègre les secteurs artificialisés et les zones d'habitat, dont l'empreinte a été calculée spécialement à partir de la BD Topo de l'IGN (voir la méthodologie).

L’Etat propose que la zone Fos-Berre devienne « un pôle industriel de référence en Europe du Sud pour les activités portuaires, l’industrie décarbonée et la logistique ». Le débat public porte aussi bien sur la vocation du territoire que sur les projets qui y contribuent et sur les enjeux liés (énergie, environnement, économie, santé, risques, mobilités, emploi, logements, etc.). Près de cinquante projets industriels ont été identifiés dans les secteurs de l’hydrogène, de l’acier, de la chimie ou de la pétrochimie, du secteur aérien, des énergies, des transports, de la logistique, etc. Ce débat public vise à informer et débattre de l’avenir du territoire (voir la carte des territoires concernés). Les thèmes du débat concernent les domaines suivants : 

  • Transition industrielle et décarbonation
  • Emplois et formation
  • Énergie et électricité
  • Environnement
  • Santé et qualité de vie
  • Risques naturels et technologiques
  • Mobilités et transports
  • Aménagement du territoire
  • Financement et gouvernance

Bien qu'il ne constitue pas en soi un outil de cartographie participative, l'objectif de ce type d'initiative citoyenne est de pouvoir alimenter le débat public en portant à connaissance les informations et les débats sur ce territoire, cartes à l'appui. Le site parviendra-t-il à aller au delà de la seule information du public ? Les éléments de débat, qui ont vocation à venir alimenter le site dans les mois qui viennent, permettront de le dire...
 

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Utiliser les applications cartographiques uMap et Framacarte


1) uMap et Framacarte, deux applications open source de cartographie en ligne

uMap est un outil open source qui permet de créer des cartes personnalisées à partir de fonds OpenStreetMap (données en libre accès). Il est possible d'importer des données géographiques en masse au format geojson, gpx, kml, osm. La gestion des calques offre des possibilités de superposition des données. L'application ne propose pas d'animation cartographique. En revanche, elle permet de rassembler un grand nombre de ressources et de les consulter à travers une seule interface cartographique. Le code source ouvert d'uMap est disponible sur GitHub. L'outil, assez simple d'usage, est très utilisé dans le domaine de l'enseignement et de la formation. Il est également mobilisé par des associations ou des mouvements pour développer des sites de cartographie participative. Pour une prise en main par étape, voir le tutoriel Maîtriser uMap en 12 leçons.

Dérivé du logiciel libre uMap, Framacarte, permet de dessiner, marquer, colorier, annoter les fonds de carte d’OpenStreetMap. L'application fait partie de la série d'outils libres proposés par Framasoft. Framacarte permet d'exporter le code et d'insérer la carte sur son site web (voir ce tutoriel).

Les applications en ligne uMap et Framacarte ne remplacent pas les outils de traitement cartograhique, tels Khartis ou Magrit. Leur vocation n'est pas de manipuler de la donnée statistique, mais plutôt d'assembler des ressources géolocalisées et de permettre une navigation entre ces ressources (cartes, images, textes...). Lorsqu'elles sont scénarisées, ces ressources géolalisées peuvent donner lieu à une narration et déboucher sur des story maps. Il s'agit d'outils de géovisualisation plus que de traitement cartographique. Vous pouvez vous reporter à la rubrique Globes virtuels et applicatifs pour accéder à d'autres outils de géovisualisation. Framasoft a fait également une page pour présenter la cartographie libre à vélo.

Carte participative des bassines contestées en France (source : uMap)


2) Présenter ses ressources pédagogiques avec uMap 

Jean-Christophe Fichet, professeur agrégé dans l’Académie de Normandie et formateur, montre comment utiliser uMap pour présenter géographiquement une large palette de ressources pédagogiques (films, textes…). 

Cartes à l’appui depuis son site Cartolycée, son témoignage ouvre des perspectives aux enseignants pour s’approprier les sujets, aux élèves pour plonger dans des documents variés, et à tous ceux qui veulent faire vivre des documents sur des cartes.

Lire son interview sur le blog d'uMap.


Exemples d'applications pédagogiques :

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Utiliser Khartis dans le cadre de la géographie scolaire

Utiliser Magrit dans le cadre de la géographie scolaire


Travailler en équipe avec l'outil MaCarte de l'IGN


Depuis octobre 2024, l'application MaCarte de l'IGN permet à ses utilisateurs de travailler en équipe pour réaliser et diffuser des cartes sur Internet. Jean-Marc Viglino, ingénieur à l'IGN, propose un rapide retour d'expérience sur cette application.

L'article montre l'intérêt de travailler en équipe ainsi que les étapes à suivre pour réaliser des cartes concues à plusieurs. Avec cette fonctionnalité, l'outil développé par l'IGN (Institut national de l'information géographique et forestière) offre de nouvelles perspectives pour la création de cartes au sein d'une organisation et permet de mettre en place une véritable chaine de rédaction afin de contrôler la publication de vos cartes en ligne.

Pour plus d'informations sur Macarte : 

Exemples d'applications :

Lien ajouté le 20 mars 2025

L'application MaCarte de l'IGN comporte également un module statistique. Celui-ci est facile à prendre en main pour faire des cartes thématiques. Il permet de faire de la discrétisation Head/tail qui produit des cartes mieux hiérarchisées (voir ce billet d'Eric Mauvière). L'interface est très intuitive, accessible à des élèves de collège. Avec un export image facilitant les réutilisations (format PNG ou SVG) et au format tabulaire (CSV, Parquet).

Lien ajouté le 27 mars 2025

Comment faire une carte statistique bivariée avec Ma carte de l'IGN
https://www.youtube.com/watch?v=9j7sFmKdvUo

Lien ajouté le 2 juillet 2025

Shirka, raconte moi une histoire (avec des cartes) ! 
https://ignf-ma-carte.github.io/apps/Shirka/

L'idée est de voir comment une IA peut se débrouiller avec un code qu'elle ne connaît pas juste à partir de la documentation. En l'occurrence, ici il s'agit de tester l'iFrame-API qui a été développé par IGN pour intégrer un widget cartographique sur une page web. L'API permet d'insérer une carte préalablement réalisée sur l'outil Ma carte sous forme de widget qu'on peut ensuite manipuler et piloter depuis une page web (récupérer des données, déplacer la carte, etc.). Jean-Marc Viglino a choisi de reprendre un exemple pour raconter une histoire à partir de photographies placées sur une carte. Voir également Dessiner une carte en quelques prompts.

Liens ajoutés le 30 novembre 2025

Vous aviez toujours rêvé de vous promener virtuellement dans le Paris du Monopoly. Jean-Marc Viglino a fabriqué une carte interactive avec les données de la BD Topo de l’IGN. A découvrir à travers l'application MaCarte de l'IGN.

C'est où ? Retrouvez la localisation d'un lieu à partir de son image sur une carte ou une photographie aérienne de l'IGN.

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Cartes IGN, une application mobile pour comprendre le territoire et découvrir la France autrement


« On ne peut pas laisser des grands acteurs capturer la manière de nous représenter notre propre territoire ». L’Institut national de l'information géographique et forestière lance Cartes IGN, une nouvelle application mobile pour « comprendre le territoire et découvrir la France autrement ». Contrairement à Google Maps ou Apple Plans qui demandent de créer un compte et de s'enregistrer, il s'agit de « tout localiser sans être localisé »

L'appli est en réalité une mise à jour de l'application mobile Géoportail. Son nouveau nom : Cartes IGN, repose sur les données de l’IGN et sur celles de l’outil collaboratif Openstreetmap, ce qui permet d'élargir les données au delà de celles déjà fournies par le Géoportail. Si l'application française ne comporte pas toutes les fonctionnalités de ses concurrentes américaines, elle permet malgré tout de tracer ses propres parcours à partir de données géolocalisées. 

Est-ce un champ de maïs ? À quelle hauteur puis-je faire voler mon drone ? Combien y-a-t-il d’habitants dans cette commune ?... Cliquez simplement sur la carte interactive pour obtenir des informations détaillées sur ce qui vous entoure. Les curieux vont se régaler.

Survolez la France et observez l’évolution du territoire français à l’heure du changement climatique en comparant des cartes IGN ou des photographies aériennes de différentes époques. Vue du ciel, l’empreinte de l’homme sur le territoire est surprenante.

L'application Cartes IGN comprend 4 fonctionnalités principales

  • Explorer 

Accès à des données thématiques superposables pour découvrir la France  : agriculture, environnement et risques naturels, foncier, immobilier et urbanisme, forêt, hydrographie, mer et littoral, services publics et administratif, tourisme et loisirs, transports.                                  Découverte de points d'intérêt autour de soi ou proche d'un lieu                                                  Création de points de repère sur la carte

  • Se déplacer

    Calcul d'un itinéraire depuis sa position ou un autre point de départ
    Tracer son propre parcours point à point en suivant ou non les routes et les chemins

  • Comparer

    Comparer des photographies aériennes anciennes ou actuelles
    Comparer des cartes (plan IGN, carte de l'état-major, carte de Cassini...)

  • Importer
Import d'itinéraires
Import de points de repères

Télécharger l'application mobile Cartes IGN sur Google Play ou sur App Store.

Pour en savoir plus

« L’IGN lance sa propre application de cartographie pour découvrir la France autrement » (Le Figaro)

« Cartes IGN, l'application de cartographie française qui veut se frotter aux géants américains » (France Culture)

« Face à Google Maps, une application française, publique et ambitieuse met le paquet » (Frandroid)

« Les cartes IGN vont-elles détrôner Google Maps ? » (France Culture)

« Une nouvelle application pour plonger au cœur des territoires » (Que choisir)

Rapport sur les modèles commerciaux durables pour les agences nationales de cartographie et de cadastre. Atelier conjoint EuroGeographics et EuroSDR.  


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CAPAMOB, un guide du Cerema pour réaliser des diagnostics de mobilités en territoire rural ou péri-urbain


Le Cerema met à disposition un guide pour réaliser des diagnostics de mobilités en territoire rural ou péri-urbain : Comprendre et analyser pour agir sur les mobilités (CAPAMOB). La méthode est destinée aux territoires peu denses. 


1- Pourquoi agir sur les mobilités dans les territoires peu denses ?

  • Pour améliorer l’accessibilité et l’attractivité du territoire

Les services de transport participent à la création de valeur et d’emplois, et à la compétitivité des territoires. « L’économie présentielle », générée par la production et la consommation locales, et portée notamment par de petits foyers industriels et le tourisme, a un poids croissant dans le développement économique des territoires ruraux. Ce développement est tributaire de la qualité des mobilités au sein des bassins d’emploi. L’amélioration des systèmes de déplacement, par la diversification des modes de transport et le renforcement de leur efficacité, est un objectif majeur de la politique de mobilité.

  • Pour alléger le budget « déplacement » des habitants

Des déplacements trop nombreux, trop longs, trop coûteux, trop pénibles, pèsent sur la qualité de vie quotidienne et sur le budget des ménages. En développant les possibilités d’usage des transports collectifs (rabattement vers les gares, transport à la demande…), des modes actifs (location de vélos à assistance électrique…), des modes partagés (covoiturage, auto-stop organisé…), il est possible de permettre aux habitants d’alléger la part de leur budget consacrée aux déplacements. En développant par exemple les tiers-lieux (coworking), les « hubs » de mobilité, le regroupement des services, le commerce ambulant, la communication auprès des habitants sur les offres des transports existantes, on peut également permettre d’éviter des déplacements ou de réduire leur longueur.

  • Pour favoriser la mobilité pour tous

Les contraintes de déplacement (absence de voiture, de permis de conduire, handicap…) peuvent amener des habitants à renoncer à accéder ou conserver un emploi, une formation, à consulter un médecin ou à un spécialiste, à pratiquer une activité sportive ou culturelle, à voir sa famille ou ses amis… Le risque est grand pour ces personnes de basculer dans l’exclusion et /ou l’isolement. Toutes les alternatives à la voiture individuelle, qui contribuent à une mobilité inclusive au sein du territoire, sont autant de nouvelles possibilités de déplacement pour ces habitants. Toutes les actions de mobilité solidaire offrent également des opportunités : transport d’utilité social (reposant sur des conducteurs bénévoles), garage et auto-école solidaire, accompagnement individualisé, mise à disposition de scooters et vélos…

  • Pour limiter l’impact sur l’environnement et la santé

Les transports engendrent des pollutions et des nuisances, comme le bruit, la pollution de l’air, l’émission de gaz à effet de serre, la consommation des espaces et des ressources non renouvelables. Ces impacts environnementaux concernent tous les types de territoire, dont les territoires ruraux, car contrairement à certaines idées reçues, les émissions de CO2 par habitant en zone rurale ne sont pas plus faibles que dans les espaces urbains. En termes de santé, les déplacements génèrent des accidents, en plus des effets de la pollution. Les solutions ne peuvent pas être que technologiques, via un usage massifié de véhicules électriques : de nombreuses actions pouvant contribuer à la sobriété énergétique des déplacements et à leur sécurisation sont également à lancer.

2- Méthodes pour établir un diagnostic de mobilités

Le guide du Cerema propose d'établir un diagnostoc en suivant 3 étapes :

  1. Déterminer le potentiel du territoire
  2. Évaluer la pertinence des services de mobilité
  3. Anticiper l’évolution des besoins



Les enjeux d'acessibilité sont au coeur du diagnostic territorial. Plusieurs outils sont proposés pour travailler sur l'intermodolatié et pour calculer des isochrones : Géoportail, Openrouteservice, outil du Cerema



A découvrir : l'outil de calcul d'isochrones autour des gares proposé par le Cerema permet de déterminer des aires d'accessibilit à 15mn à pied, à vélo ou en voiture (avec possibilité d'ajouter des couches et de faire des sauvegardes au format geojson).




Lien ajouté le 29 mai 2024
Lien ajouté le 5 septembre 2024
Lien ajouté le 5 septembre 2024

"Un réseau de recharge électrique en fort essor, avec en moyenne 23 points de charge pour 100 véhicules dans les grandes villes" (Insee Première, nov 2025) Avec de fortes inégalités territoriales à l'échelle nationale www.insee.fr/fr/statistiq...

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— Sylvain Genevois (@mirbole01.bsky.social) 21 novembre 2025 à 13:21
Lien ajouté le 2 mai 2026

« Les mobilités rurales au prisme de la redirection écologique » (ADEME).

L'ambition du projet est double : documenter les pratiques de mobilité en milieu rural peu dense, et interroger les conditions réelles d'acceptation des véhicules légers intermédiaires (les « vélis »). Pas dans l'abstrait ou le quantitatif, mais sur le terrain, dans deux petites communes rurales : Lamarche dans les Vosges et Lalouvesc en Nord-Ardèche, avec les habitants. Plusieurs constats ont structuré les travaux des cherhceurs. D'abord, les démarches expérimentales classiques souffrent de biais importants : elles introduisent des solutions techniques non sollicitées, auprès de panels peu diversifiés. Ensuite, les discours sur la transition écologique, quand ils sont perçus comme moralisateurs ou déconnectés des réalités locales, produisent l'inverse de ce qu'ils visent : du non-concernement. Enfin, la voiture en milieu rural n'est pas qu'un mode de transport. Elle est un espace-refuge, un marqueur social, un support de liens. Le rapport montre que l'efficacité des politiques publiques de mobilité dépend moins de l'objet technique introduit que de la capacité à créer du concernement – ce sentiment d'être directement touché par un enjeu collectif parce qu'il a des effets concrets sur sa vie quotidienne. Cela suppose d'ancrer les expérimentations dans les territoires plutôt que de les « déployer », de valoriser les savoir-faire locaux (la débrouillardise, la réparation), et de concevoir des dispositifs non prescriptifs qui partent des pratiques existantes. Et c'est ici un vrai enjeu de design ! Le rapport s'achève par une feuille de route opérationnelle en dix recommandations à destination des collectivités.

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La projection Peters, toujours aussi mal aimée ?


Sur son blog Mapping as Process, Matthew Edney consacre un long billet à Arno Peters et son travail cartographique. Pour rappel, le cartographe Arno Peters (1916-2002) a cherché à créer une nouvelle projection cartographique du monde afin de donner un poids égal aux surfaces des continents et favoriser l'image d'un monde équitable. C'est la publication de sa carte dans le rapport de Willy Brandt paru en 1980 qui a contribué à faire connaître la projection Peters dans la perspective d'une nouvelle vision des rapports Nord-Sud.

Page de couverture du rapport « Nord-Sud : un programme de survie, par la
Commission indépendante sur le développement international » (1980)


Bien que la projection Peters, très populaire dans les années 1980, soit « largement tombée en désuétude et que ses arguments spécifiques se soient révélés pour le moins tendancieux », il s'agit pour Matthew Edney de replacer le cartographe et son oeuvre dans son contexte. Son article se présente comme « une tentative d'organiser les informations sur Peters d'une manière qui a du sens, c'est-à-dire de manière historique ». Pour rappel, Matthew Edney est un historien très connu de la cartographie. Il est l'auteur de nombreuses publications dans ce domaine et a notamment dirigé le volume 4 de la monumentale History of Cartography publiée aux presses de l'Université de Chicago.

L'article s'organise autour de 7 points destinés à présenter la vision du cartographe et à discuter les arguments qu'il a mis en avant pour défendre l'idée d'une projection plus équitable du monde. La perspective de l'article est assez critique et cherche à déconstruire ces arguments (un point de vue à discuter).

1. Arno Peters (1916-2002)

Il s'agit d'abord de rappeler brièvement la biographie de l'auteur qui est né et a grandi à Berlin au sein d’une famille de communistes alignés sur le groupe Spartacus de Rosa Luxemburg et qui est resté socialiste toute sa vie. 

2. La quête de l’équité historique et géographique

Pour Peters, les atlas existants sont généralement euro-centrés et tendent à perpétuer l’estime de soi de l’homme blanc, en particulier de l’Européen, et à maintenir les gens de couleur dans la conscience de leur impuissance. Il s'en prend aux projections « Mercator » ou « pseudo-Mercator », sans toujours bien les définir. Pour rappel, contrairement à la projection Mercator qui conserve les contours mais pas les surfaces (projection conforme), la projection Peters est une projection équivalente, où les continents et les pays sont représentés à part égale. 

3. Une carte du monde équitable

Si elle accède à la notoriété dans les années 1980, la projection Peters à zone égale a en réalité été décrite dès 1967 devant l'Académie hongroise des sciences et a fait l'objet d'une première publication cinq ans plus tard en 1972. Des conférences de presse pour le grand public ont suivi, ainsi que des publications, un livre Die Neue Kartographie/The New Cartography (Peters 1983), enfin la publication d'atlas utilisant uniquement sa projection (Peters, 1985 ; Peters, 1990). L'ensemble des références figure en bibliographie à la fin de l'article.

4. Les trois stratégèmes rhétoriques de Peters

Selon Matthew Edney, Peters a utilisé trois stratagèmes sur le plan rhétorique pour persuader un public non spécialisé que sa projection cartographique du monde était non seulement la meilleure, mais qu'elle était la seule à générer une image appropriée et correcte du monde. Le premier stratagème consistait à associer des cartes du monde sur la projection de Mercator qui mettaient en évidence deux régions avec quelques chiffres de superficie afin de démontrer sans équivoque que la projection de Mercator déformait intrinsèquement le monde en le centrant sur l'Europe. Le deuxième stratagème rhétorique était d'inventer plusieurs propriétés permettant d'évaluer la pertinence des projections, sachant que seule sa projection répondait à tous ces critères. Enfin, le troisième stratagème rhétorique de Peters consistait à fournir un récit partiel et déformé de l'histoire de la cartographie visant à expliquer pourquoi les Européens ont adopté la projection de Mercator de 1569 (en raison de sa tendance à surreprésenter le Nord) et à positionner la propre projection de Peters comme le point culminant de l’histoire de la cartographie. 

5. Réponses essentielles au travail cartographique de Peters

Les scientifiques ont la plupart du temps ignoré les démonstrations de Peters concernant les distorsions spatiales de la projection de Mercator, du fait simplement que de telles déformations sont inhérentes à toute projection. Des cartographes universitaires ont dénoncé à plusieurs reprises la manière méprisante et frauduleuse avec laquelle Peters avait écarté un siècle d'analyse technique des projections cartographiques « uniquement pour produire des cartes assez laides » (sic). Enfin, les critiques ont rejeté l'historiographie de Peters comme étant « remplie de généralisations et d'affirmations douteuses » s'écartant de la théorie des projections cartographiques. Ce que Peters présentait comme sa propre invention avait déjà été décrit en 1855 par le géographe écossais James Gall. L’ensemble de ces critiques a abouti à appeler cette projection la « projection de Gall-Peters ». Plus récemment, un certain nombre de politologues ont examiné le rôle de Peters dans la politique contemporaine, considérant son travail comme un produit de la Guerre Froide.

Peter Vujaković a analysé la nature des discours concurrents que le phénomène Peters a engendrés au sein des cercles cartographiques et au-delà. « Les motivations de Peters ont été considérées soit comme une promotion égoïste de son propre matériel à des fins personnelles, soit comme une véritable tentative de renverser une cartographie traditionaliste qui perpétuait une vision du monde eurocentrique, tandis que les motivations de l'establishment cartographique ont été considérées comme étant une tentative égoïste de protéger leur statut de "guilde" et de maintenir une illusion de la cartographie en tant que science objective, ou bien, comme un effort sincère pour démasquer Peters comme un charlatan qui trompait le public et était déterminé à discréditer leur profession à des fins égoïstes » (Vujaković, 2003).

6. Quatre réponses à l’idée selon laquelle les cartes peuvent être politiques

Finalement Matthew Edney en arrive à la question centrale qui est d'interroger le rôle politique des cartes. Il distingue quatre grands types de réponses :
  1. les réponses de géographes centrés sur la cartographie analytique et les technologies émergentes des SIG qui considèrent les cartes comme des agrégations uniquement et strictement normatives de données métriques et les projections cartographiques comme des transformations géométriques : ces chercheurs ne peuvent concevoir que les cartes puissent être politiques ; 
  2. les réponses qui reconnaissent le caractère normatif des cartes et rejettent en même temps leurs dimensions proprement politiques ;
  3. les réponses qui considèrent que les cartes sont politiquement subjectives (point de vue « individualiste » pouvant aller jusqu'à des approches « marxistes », « postmodernistes » ou « déconstructionnistes ») ; 
  4. enfin les réponses qui reconnaissent la nature profondément politique des cartes qui véhiculent souvent des discours (approche discursive de la cartographie montrant que l'objectivité n'existe pas). Ces catégories établies par l'auteur peuvent éventuellement se recouper, elles méritent en tous les cas d'être interrogées et discutées.

7. Réflexions

Pour l'auteur, les écrits d'Arno Peters sur l'histoire, la géographie et la persuasion sont tout à fait conformes à la conception « individualiste » de l'idéal de la cartographie. Dans le chapitre 6 remanié de son ouvrage The Map : Concepts and Histories, il prend le "phénomène Peters" comme un exemple de la manière dont les cartes de propagande ont été comprises et étudiées dans l'après-guerre. Bien qu'argumenté, le jugement de Matthew Edney sur la projection Peters est assez sévère. Cela rappelle l'article d'Arthur Robinson (1985) « Tous les cartographes devraient baisser la tête et avoir honte si l’on en croit Peters. Cet historien allemand a décidé de sauver l’humanité de ce que nous avons fait ». Pour Robinson, la carte de Peters ressemble à « des sous-vêtements d'hiver longs, mouillés et en lambeaux suspendus pour sécher » en référence aux continents qui paraissent terriblement allongés comme si on les avait étirés (voir la représentation humoristique qu'en donne Kenneth Field).

Même si cette projection a pu souvent rebuter du fait qu'elle déforme beaucoup les contours des continents, d'autres auteurs ont pu en apprécier l'ambition et la portée politique. La carte publiée pour la première fois par le magazine New Internationalist (1983) a rencontré un énorme succès. La palette de couleurs harmonieuse a été choisie pour mettre en valeur les liens entre les pays d’une même région plutôt que les divisions politiques. La carte de Peters a été reprise par l'ONU, les agences humanitaires, les écoles (plus de 80 millions d'exemplaires publiés dans le monde jusqu'à aujourd'hui).  En cela, Arno Peters peut être comparé à un autre cartographe assez original qui entendait complètement révolutionner notre vision du monde par sa projection, Richard Buckminster Fuller (Kuchenbuch, 2021). 

Références 

Matthew Edney, « Arno Peters and his Map Work » (Mapping as Process, 2024). 

David Kuchenbuch, « Welt-Bildner. Arno Peters, Richard Buckminster Fuller und die Medien des Globalismus, 1940-2000 » (Böhlau Verlag Köln, 2021).

Peter Vujakovic, « Damn or Be Damned: Arno Peters and the Struggle for the New Cartography. » Cartographic Journal 40, no. 1: 61–67  (Cartographic Journal, 2003)

Arthur Robinson, « Arno Peters and His New Cartography », American Cartographer 12, no. 2: 103–11 (American Cartographer, 1985)

La carte de Peters publiée pour la première fois en 1983 par le magazine New Internationalist (New Internationnalit, 1983). 

La carte de Peters questionne nos représentations du monde, a fortiori lorsqu'elle est renversée (la carte Peters du CCFD-Terre Solidaire).

La Vraie Carte du monde de Chéri Samba (2011) reprend la projection Peters inversée (Exposition du Mucem, « Mondialités, d'autres possibles ? »)

Vincent Capdepuy, « La ligne Nord-Sud, permanence d’un clivage ancien et durable » (Géoconfluences, janvier 2024).

Lapon, L., Kristien O., De Maeyer, Ph (2020). The Influence of Map Projections on People’s Global-Scale Cognitive Map : A Worldwide Study, ISPRS International Journal of Geo-Information 9, no. 4: 196.






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Cartographie nationale des lieux d'inclusion numérique (ANCT - MedNum)


La Cartographie nationale des lieux d'inclusion numérique agrège une 30e de jeux de données et compte près de 18 000 structures. Elle permet d'identifier, localiser et mettre en avant les centres et les espaces qui proposent un accompagnement et des ressources pour aider les citoyens à développer leurs compétences numériques. Le travail est piloté par l’Agence nationale pour la cohésion des territoires (ANCT) et La MedNum avec l’appui de Datactivist.

Accès aux lieux d'inclusion numérique par région sur le portail cartographie.societenumerique.gouv.fr


La large diffusion de la Cartographie permet de : 

  • contribuer à une meilleure orientation des bénéficiaires de services de médiation numérique ;
  • promouvoir l'inclusion numérique, en mettant en avant les espaces d'inclusion numérique de notre territoire ;
  • faciliter les partenariats locaux : la collaboration avec diverses organisations pour le déploiement de cet outil peut favoriser des partenariats solides et durables au sein de votre écosystème local.
Une maison France services est un lieu qui combine accueil physique et accompagnement numérique, et qui regroupe en un même lieu plusieurs services (3854 lieux utilisent ce label). Certains centres bénéficient d'un Conseiller numérique. Celui-ci a pour mission d’accompagner les Français dans leur appropriation des usages numériques quotidiens (7149 lieux utilisent ce label). 

Zoom sur un territoire permettant de repérer les lieux où l'on trouve un Conseiller numérique (en rouge)



Le schéma répond aux spécifications du schéma "Lieux de médiation numérique" élaboré collaborativement et disponible sur le site schema.data.gouv.fr. Il existe un réel besoin d’une vision nationale, complète et actualisée de l’offre de médiation numérique. Des acteurs de la médiation numérique, notamment les hubs, ont produit de nombreuses données de recensement des lieux et des offres de médiation mais souvent, ces productions ne respectent pas le même format, rendant alors impossible une vision formalisée, complète et partagée de l’offre nationale de médiation numérique. La standardisation permet de décrire l'offre de médiation numérique de manière harmonisée. Elle repose sur un travail de concertation dans lequel des utilisateurs représentatifs ont défini un schéma de données qui décrit le format des fichiers, les différents champs, les valeurs possibles. 

Le jeu de données fourni par Data Inclusion est disponible au format json et csv sur Data.gouv.fr.

Une rapide représentation cartographique des données montre la forte inégalité dans la répartition des lieux d'inclusion numérique à l'échelle nationale (à recroiser avec la répartition de la population française). La base de données permet de mettre en évidence la diversité des lieux d'accueil (mairies, médiathèques, centres sociaux, maisons de quartier, missions locales, associations, fablabs...). 


La stratégie nationale pour un numérique inclusif, initiée en 2018, a permis l’émergence et le développement de nombreux dispositifs dédiés à l’accompagnement des 14 millions de Françaises et de Français en fragilité avec le numérique, sous l’impulsion de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). La création de La MedNum participait de cette stratégie, pour structurer l’offre de médiation numérique et participer à la consolidation économique comme à l’augmentation de la capacité d’action des acteurs et actrices de ce secteur. Les évolutions de ces dernières années semblent cependant participer à une reconfiguration de cet écosystème : crise sanitaire, généralisation de la dématérialisation, déploiement d'infrastructures numériques, recrutement massif de 4000 conseillers et conseillères numériques, mise en œuvre de solutions numériques pour les aidants et aidantes et installation sur les territoires de Hubs territoriaux pour un numérique inclusif. Afin d'accompagner ces évolations a été mis en place en 2022 un Observatoire de l'inclusion numérique qui est au coeur des missions de La MedNum.

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