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Dark Light Viewer, un outil pour repérer les changements à partir d'images satellites (OSINT)


Source : « Quand les lumières s'éteignent, les satellites veillent » (benjaminstrick.com).

Depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011, les images et vidéos en ligne provenant des zones de conflit sont devenues monnaie courante. Cependant, ces images ne sont pas toujours fiables ni exactes. Benjamin Strick, responsable de la recherche au Centre for Information Resilience (CIR) de Londres, utilise des techniques open source et l'imagerie satellite pour analyser les zones de conflit à travers le monde. Entre octobre 2023 et janvier 2024, 84% de la lumière nocturne de Gaza avait disparu. Que l'on interprète ce changement comme des dommages au réseau électrique, une pénurie de carburant, des déplacements de population, des couvre-feux ou un mélange de tout cela, le fait est que l'obscurité est mesurable.

1) Dark Light Viewer, un outil d'observation dérivé de Google Earth Engine

Dark Light Viewer est un outil gratuit et open source qui permet de suivre l'évolution nocturne des villes, des zones de conflit, des secteurs d'aménagement ou de transformation de l'espace. Basé sur Google Earth Engine, l'outil permet de repérer, puis de télécharger au format geojson, les zones de changement perceptibles à partir des images satellites. Dark Light Viewer génère une couche de détection des changements en comparant la capture VIIRS la plus récente à une période antérieure de son choix. Par défaut, on peut sélectionner une période d'un mois, d'un an, de cinq ans ou de dix ans. Pour une période plus précise, les paramètres avancés permettent de définir une plage personnalisée.

Interface de l'outil Dark Light Viewer dérivé de Google Earth Engine (source : Dark Light Viewer)

L'idée de base est simple : la nuit, là où il y a des gens, il y a généralement de la lumière. Usines, maisons, routes, magasins, presque toute activité économique humaine produit une forme d'éclairage visible depuis l'espace. Les scientifiques savent depuis des décennies que cette lueur peut servir à mesurer des phénomènes autrement très difficiles à quantifier. Par exemple, des chercheurs ont établi des corrélations entre la luminosité nocturne et le PIB. Cette observation a été formalisée par les économistes Henderson, Storeygard et Weil dans un article de référence publié en 2012 dans l'American Economic Review, démontrant que les données lumineuses satellitaires pouvaient permettre de mesurer indépendamment la croissance économique dans des pays où les statistiques officielles étaient peu fiables. Dans le cadre des conflits et de l'aide humanitaire, les applications sont encore plus directes. L'outil qui rend ces données particulièrement utiles est VIIRS, actuellement embarqué sur trois satellites : Suomi NPP, NOAA-20 et NOAA-21. Contrairement aux capteurs satellitaires précédents, VIIRS effectue des mesures précises de l'intensité lumineuse avec une résolution d'environ 750 mètres. Il peut distinguer un village d'une autoroute. Ses mesures restent nettes même dans les centres-villes très lumineux. Et il couvre l'ensemble du globe chaque nuit. Toutes ces données sont hébergées gratuitement sur Google Earth Engine , une plateforme de cloud computing pour l'analyse des données satellitaires.

2) Comment fonctionne l'outil Dark Light Viewer ?

Dark Light Viewer est basé sur Google Earth Engine mais élimine tout besoin de programmation. Vous l'ouvrez dans un navigateur, vous vous rendez sur la carte, vous choisissez une période de comparaison (de un mois à dix ans) et vous cliquez sur « Analyser ». L'outil se charge du reste. Vous obtenez ainsi une carte en écran partagé. À droite, l'image satellite nocturne de la période de départ choisie. À gauche, la vue satellite hybride de Google Maps. Un calque de changement de couleur met en évidence précisément les zones où la lumière a augmenté ou diminué, et de combien. Les couleurs chaudes indiquent une forte diminution de la luminosité (généralement entre 30 et 70 % de réduction). Les couleurs vertes/froides signalent les zones de croissance. Cliquez n'importe où sur la carte et l'outil génère un graphique montrant comment les niveaux de lumière à cet endroit précis ont évolué sur l'ensemble des données VIIRS, mensuellement, depuis 2012.

L'outil dispose également d'une bibliothèque de lieux préchargés permettant aux nouveaux utilisateurs d'explorer immédiatement des exemples avant d'effectuer leurs propres recherches où bon leur semble. C’est cette caractéristique qui distingue un déclin économique progressif d’un effondrement soudain, ou une fluctuation saisonnière d’une véritable crise. Le site propose cinq études de cas : 1) Gaza après octobre 2023, l'un des exemples les plus alarmants de l'évolution de la luminosité nocturne jamais documentés, 2) la ville de Sumy plongée dans l'obscurité dès le début de la guerre en Ukraine, 3) les serres regroupées de la province de Flevoland aux Pays-Bas, 4) la frontière Thaïlande/Myanmar après les combats au Myanmar, 5) la nouvelle capitale adminsitrative de l'Egypte.

Nouveau Caire : l'arrivée progressive de la lumière, quartier par quartier, année après année, avant même toute annonce officielle déclarant la ville achevée (source : Dark Light Viewer)


3) Interpréter les données avec objectivité : ce que l’outil peut et ne peut pas révéler

Les données satellitaires sur la luminosité nocturne sont précieuses, mais elles présentent des limites réelles que tout utilisateur se doit de comprendre.

Le problème le plus fréquent est la couverture nuageuse. Le capteur VIIRS ne peut pas voir à travers les nuages ; par conséquent, dans les régions constamment nuageuses, comme une grande partie des tropiques ou le nord de l’Europe en hiver, les composites satellitaires mensuels peuvent présenter des lacunes importantes. Comparer des images de deux saisons présentant une couverture nuageuse très différente peut donner des résultats trompeurs.

Les incendies et les torchères à gaz apparaissent comme des sources de lumière intense et peuvent être confondus avec l'éclairage urbain. Les régions où s'effectuent des brûlis agricoles, où se trouvent des plateformes pétrolières en mer ou en activité volcanique présentent des variations de luminosité sans lien avec les zones habitées ou les infrastructures.

Les régions polaires présentent un problème particulier : durant l’été, le soleil ne se couche pas complètement aux hautes latitudes, ce qui empêche le capteur de détecter la moindre lumière artificielle. L’outil émet une alerte pour les zones situées au-delà de 65 degrés de latitude.

Surtout, il est essentiel de contextualiser les variations en pourcentage. Une étude universitaire de 2025 a révélé que près d'un quart de la population mondiale vit dans des zones totalement dépourvues d'éclairage nocturne, ce qui rend cet outil intrinsèquement moins pertinent pour le suivi des communautés les plus pauvres et les plus rurales. Une réduction de 50 % de la luminosité nocturne n'a pas la même signification dans une ville européenne densément éclairée que dans une zone rurale faiblement éclairée.

Le Dark Light Viewer doit être considéré comme un outil parmi d'autres, et non comme une preuve définitive de l'état du terrain. Il est particulièrement efficace pour signaler un changement. Déterminer la cause exacte de ce changement exige des recherches complémentaires, des rapports et un jugement éclairé.

Pour compléter

« Les images satellites cartographient avec précision les conséquences de la violence » (interview de Benjamin Strick pour le site MO).

« Documenter la guerre israélo-gazaouie : réflexions et perspectives d'avenir » (Centre for Information Resilience).
La carte du conflit israélo-palestinien est une carte des incidents documentés par le CIR couvrant les territoires palestiniens occupés (la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est), Israël et le Liban depuis le 7 octobre 2023. Le CIR publie et met à jour régulièrement cette carte afin d'améliorer l'accès du public et sa compréhension des informations vérifiées relatives au conflit.

« Cartographie et visualisation des incidents de frappes aériennes au Soudan » (story map).
Le Centre de ressources sur les frappes aériennes au Soudan présente l'ampleur et l'impact des frappes aériennes menées par les Forces armées soudanaises (FAS) à travers le Soudan depuis le début du conflit armé qui les oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) rivales en avril 2023, comme documenté par Sudan Witness. En décembre 2025, le projet Sudan Witness avait recensé 384 frappes aériennes des FAS à travers le Soudan, ayant entraîné au moins 1 719 morts et plus de 1 000 blessés parmi les civils.

Lien ajouté le 11 mars 2026

« Cruauté extraordinaire : des images révèlent une "stratégie de famine" à long terme au Soudan » (The Guardian)

Des chercheurs de l'Humanitarian Research Lab de Yale utilisent l’imagerie satellitaire pour montrer comment les Rapid Support Forces ont détruit des villages agricoles du Darfour afin d’affamer les populations durant la guerre au Soudan. Exemple à Ammar Jadid, au Darfour. Ce village agricole produisait mil et maïs pour nourrir la région et la ville d’El Fasher située à 30 km. Entre mars et juin 2024, la milice RSF a attaqué sept fois la zone et incendié maisons, champs et infrastructures agricoles. Les chercheurs de Yale identifient 41 villages agricoles attaqués dans le nord du Darfour durant cette période. L’objectif semble clair. Détruire les campagnes pour couper l’approvisionnement alimentaire d’El Fasher avant le siège de la ville. Les données satellitaires montrent une forte hausse des incendies agricoles. Les capteurs détectent une augmentation de 2040% des feux dans les zones étudiées. Un quart des villages ont subi plusieurs attaques et 68% ne montrent plus de signes de vie normale. Nathaniel Raymond, directeur du Humanitarian Research Lab, parle d’une stratégie délibérée. Les milices ont détruit ce qu’il appelle le « grenier à blé » d’El Fasher afin d’affamer la ville et affaiblir les populations civiles pendant le siège. Les juristes Tom Dannenbaum (Stanford) et Oona Hathaway (Yale) estiment que ces destructions constituent un crime de guerre. Les milices ont ciblé des biens essentiels à la survie. Bétail, greniers, infrastructures agricoles et villages entiers. Le siège d’El Fasher a duré environ 18 mois, d’avril 2024 à octobre 2025. Les RSF ont bloqué nourriture, eau et médicaments. Elles ont même construit une digue de terre d’environ 30 km pour empêcher les civils de quitter la ville. La crise alimentaire s’étend. À Kadugli, autre ville touchée par la guerre, les prix explosent. Entre 2023 et 2026, les prix du sorgho ont augmenté d’environ 1061% et ceux des oignons de 1340% selon les données du Programme alimentaire mondial. Les attaques agricoles se multiplient aussi dans l’État du Nil Bleu. Des agriculteurs ne peuvent plus accéder à leurs champs. Des récoltes restent abandonnées tandis que le prix de la farine a encore augmenté de 43% en janvier selon l’ONG Avaaz. Les analyses des images satellites documentent une stratégie militaire utilisant la faim comme arme. Les chercheurs estiment que ces preuves pourraient être utilisées par la justice internationale pour qualifier ces pratiques de crimes de guerre. 

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La grille communale de densité : un nouveau zonage d'étude proposé par l'INSEE


La grille de densité communale à 7 niveaux proposée par l'INSEE depuis 2022 est intéressante car elle permet de tenir compte de la distribution de la population à l’intérieur de chaque commune. Elle fait partie des zonages d'étude proposés par l'INSEE, qui permettent de regrouper les communes selon différentes logiques (zones d'emploi, bassins de vie...). Cette grille de densité n'est cependant pas très pertinente pour des petits territoires comme les DROM, caractérisés par un faible nombre de communes.

La grille communale de densité à 7 niveaux (source : INSEE, 2022)

La grille communale de densité peut être consultée sous forme de carte interactive sur le site de l'Observatoire des territoires (avec des données actualisées et une palette de couleurs différente).


La grille est construite en découpant le territoire en carreaux de 1 kilomètre de côté. On repère ainsi les zones agglomérées. C’est l’importance de ces zones agglomérées au sein des communes qui va permettre de les caractériser (et non la densité mouyenne de la commune que l'on utilise habituellement). Le passage des carreaux à la commune se fait en fonction de la part de la population communale dans les différents types de cluster. La détermination des agrégats suit la méthode européenne (par degré d'urbanisation conçue en 2011), mais avec des adaptations selon le type de clusters urbains ou ruraux.

La grille à 7 niveaux est une subdivision de la précédente grille européenne à 3 niveaux. Ce zonage plus fin permet de distinguer :

  • au sein des communes rurales : les "bourgs ruraux", le "rural à habitat dispersé" et le "rural à habitat très dispersé" ;
  • au sein des communes de densité intermédiaire : les "centres urbains intermédiaires", les "petites villes" et les "ceintures urbaines" ;
  • les communes denses, ou densément peuplées, restent inchangées. Elles correspondent aux communes des "cities" européennes, dénommées "grands centres urbains" dans la grille détaillée.

D'un point de vue méthodologique, la détection des carreaux se fait en fonction de leur contiguité. Mais ensuite pour passer à la commune, les densités sont recroisées avec des seuils de population en ce qui concerne les clusters urbains et les clusters ruraux compris entre 300 et 50 hab/km². Ce qui a tendance à généraliser la donnée (voir la méthodologie).



Une fois constituée, la typologie peut être recroisée par exemple avec le temps d'accès aux équipements de gamme intermédiaire ou supérieure.

Temps d’accès médians aux équipements selon la grille de densité communale à 7 niveaux (source : INSEE, 2022)

Cette nouvelle grille de densité propose ainsi une lecture plus fine du territoire. Cependant, dans certaines analyses socio-démographiques, cette grille ne suffit pas, à elle seule, pour comprendre les spécificités territoriales comme le phénomène de périurbanisation et le rapport des pôles à leur couronne.

La grille communale de densité fait partie des zonages d'étude proposés par l'INSEE (au même titre que les unités urbaines, les aires d'attraction des villes, les zones d'emploi, les bassins de vie). Les données sont à télécharger sur le site de l'INSEE.


Le jeu de données disponible sur le site de l'INSEE permet d'aller plus loin dans l'analyse en observant, pour chaque commune, le pourcentage que représente chaque niveau, de P1 (grands centres urbains) à P7 (rural à habitat très dispersé).


Dans un logiciel de cartographie ou un SIG, cela permet ensuite de faire des typologies plus fines. Voici par exemple les communes rurales en France qui présentent un habitat dispersé, voire très dispersé. Attention : par habitat, il faut entendre ici un habiter plus ou moins dense et non la morphologie du bati.

Typologie des communes rurales en fonction de leur part d'habitat dispersé (source : INSEE, 2024)



Typologie des communes rurales en fonction de leur part d'habitat très dispersé (source : INSEE, 2024)


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Cartographier les inégalités en France à partir des données carroyées de l'INSEE

Guide de visualisation de données (Office des publications de l'Union européenne)


L'Office des publications de l'Union européenne a publié en novembre 2023 un Guide de visualisation de données accessible en open data (très pratique avec son format interactif). Le site vous guide à travers 7 sujets importants liés à la visualisation de données :
  1. Principes de conception
  2. Narration de données
  3. Pièges
  4. La Dataviz en pratiques
  5. Types de graphiques
  6. Accessibilité
  7. Grammaire des graphismes
Il commence par cinq sujets destinés aux utilisateurs débutants et avancés, suivis de deux sujets destinés aux utilisateurs expérimentés. Il existe 3 façons d'explorer le site : en utilisant les liens thématiques, en recherchant par sujet ou en suivant les pages dans l'ordre proposé.

Guide de visualisation de données (source : Office des publications de l'Union européenne, 2023)

Le Guide de visualisation de données contient des pages sur les formats de fichiers de données, le nettoyage des données, les outils de visualisation et la conception de datavisualisations. C'est une ressource utile pour tous, des débutants aux experts. Le guide a été créé par l'Office des publications de l'Union européenne en collaboration avec l'expert en visualisation de données Maarten Lambrechts. L'un des points forts de ce Guide est de pointer les pièges courants que l'on peut rencontrer et de proposer des trucs et astuces pour les éviter. 



Et pour mettre en pratique les conseils de ce Guide, on peut aller consulter les cartes et  datavisualisations contenues dans la publication Régions de l'UE en 2023 réalisée à partir des données Eurostat. Le site contient des  cartes et des graphiques interactifs sur la population, la santé, l'éducation, le marché du travail, la société numérique, les activités économiques, l'environnement et les ressources naturelles...

Régions de l'Union européenne en 2023 (source : site interactif Eurostat)


Le site data.europa.eu propose également une rubrique Datastories qui fournit des articles de réflexion et des analyses originales à partir de jeux de données. Les sujets abordés sont nombreux : des compétences numériques par pays aux données de gestion des inondations, du recyclage des déchets aux données de mobilité durable...

Bruitparif, la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France


La plateforme carto.bruitparif.fr est produite par Bruitparif, l'observatoire du bruit en Île-de-France. Bruitparif est une association à but non lucratif qui réalise différentes missions d'intérêt général :

  • Caractériser le bruit en Île-de-France par la réalisation de mesures et de modélisation du bruit sur le territoire régional, la conduite d'études et d'enquêtes ;
  • Faire progresser les connaissances relatives aux impacts sanitaires et socio-économiques du bruit ;
  • Accompagner les acteurs institutionnels dans l'élaboration et la mise en oeuvre de politiques efficaces de lutte contre le bruit, notamment pour établir des Plans de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) ;
  • Informer et sensibiliser le grand public en ce qui concerne les problèmes de nuisances sonores de manière à les réduire.

I) Présentation de la plateforme cartographique Bruitparif 

Interface de la plateforme cartographique Bruitparif (source : carto.bruitparif.fr)



Cette plateforme permet de consulter les cartes stratégiques de bruit (CSB) élaborées au sein de la région Île-de-France, dans le cadre de la mise en œuvre de la directive européenne 2002/49/CE. Il s’agit d’un outil de référence en matière d’information du public. Trois sources de bruit sont cartographiées (routes, voies ferrées, trafic aérien) avec la possibilité de les cumuler. Accès aux statistiques d'exposition des populations pour les différents échelons territoriaux, téléchargement des cartes, module de localisation par saisie d'adresse... les fonctionnalités de la plateforme sont nombreuses. Un tutoriel permet de découvrir les différentes fonctionnalités de la plateforme :

Tutoriel de présentation de la plateforme cartographique du bruit en Île-de-France Bruitparif


L'objectif des cartes de bruit est d'aider à la décision pour prévenir et réduire les expositions au bruit, l'objectif final étant d'améliorer le cadre de vie et la santé des riverains. Les cartes sont réalisées non par prélèvement direct du bruit, mais par modélisation informatique à partir de différentes sources (données de topographie, de trafic à différents horaires, de révêtement de chaussées ou de nature des voies ferrées, de composition du parc automobile...). Pour chaque zone, on peut obtenir des statistiques sur le niveau d'exposition de la population. Il est possible d’accéder aux données de la 4ème échéance, les plus récentes (produites en 2023), mais aussi aux données relatives à la période 2017-2022 (3ème échéance), et à la période 2007-2012 (1ère et 2ème échéances). 

D'après les données 2023, ce sont plus de huit millions et demi de Franciliens (soit 80% des habitants de la région) qui sont exposés à des niveaux de bruit supérieurs à 53 décibels, objectif recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), en raison du trafic routier. Plus d'un million se situent au-delà de la limite réglementaire française, moins stricte. Si le nombre de personnes exposées au bruit ferroviaire a tendance à diminuer, les nuisances sonores aériennes, elles, se sont aggravées en raison de la densification de certaines communes survolées par les avions et de la hausse du trafic aérien. 

II) Les indicateurs utilisés pour élaborer des cartes de bruit

Le niveau sonore sur une carte de bruit est représenté à partir d'indicateurs de bruit. L’intensité sonore d’une source donnée varie au cours du temps sur une journée et la perception de l’intensité sonore par l’être humain est différente le jour, le soir et pendant la nuit. C’est la raison pour laquelle on décompose une journée de 24h en trois périodes : le jour entre 6h et 18h, le soir entre 18h et 22h et la nuit entre 22h et 6h et que l’on exprime les niveaux sonores à l’aide de moyennes énergétiques sur ces périodes de temps considérées :
  • Ld (pour Level day) correspond à la moyenne de bruit sur la période 6h-18h
  • Le (pour Level evening) correspond à la moyenne de bruit sur la période 18h-22h
  • Ln (pour Level night) correspond à la moyenne de bruit sur la période 22h-6h
Deux indicateurs réglementaires, définis au niveau européen, doivent être utilisés a minima pour produire les cartes de bruit. Ils sont issus ou dérivés de ces indicateurs par période. Il s’agit du :
  • Lden (pour Level day evening night) qui correspond à un indicateur de bruit global perçu au cours de la journée qui tient compte de la sensibilité plus forte des individus au bruit sur les périodes de soirée et de nuit. Ainsi, l’indicateur Lden est calculé à partir des indicateurs Ld, Le et Ln en appliquant des pondérations de +5 dB(A) et de +10 dB(A) respectivement aux niveaux de bruit de soirée et de nuit.
  • Ln ou Lnight qui correspond à la moyenne énergétique de bruit sur la période 22-6h.
Ces indicateurs sont exprimés en dB(A) – décibel pondéré A – qui est l’unité utilisée pour évaluer le niveau sonore perçu par l’oreille humaine. Il faut savoir en effet qu’un bruit émis est composé de plusieurs sons allant du grave à l'aigu (le spectre fréquentiel) et que notre oreille ne perçoit pas de la même manière ces différentes fréquences. Elle est plus sensible aux moyennes et hautes fréquences qu’aux basses fréquences. Le filtre A est utilisé pour représenter cette sensibilité de l’oreille aux différentes fréquences.

Les cartes de bruit représentent les valeurs de ces indicateurs évalués pour une journée moyenne annuelle sous la forme d’aplats de couleur par tranche de 5 en 5 dB(A). Afin de faciliter la lecture des cartes, une échelle de couleurs est appliquée aux différents niveaux de bruit. Sur l’échelle réglementaire, établie selon la norme NF S 31 130, les zones les plus bruyantes apparaissent en violet alors que le vert fait ressortir les secteurs plus calmes.

Des cartes de dépassement de seuil sont également produites. Elles permettent de représenter les zones susceptibles de contenir des bâtiments dont les façades sont exposées à un niveau sonore moyen qui excède les valeurs limites réglementaires définies par la France. Ces valeurs limites dépendent de la source de bruit et de l’indicateur.

Carte des zones de dépassement de la valeur limite réglementaire de 68 dB(A) pour l’indicateur Lden.


Lien ajouté le 28 mai 2024


Lien ajouté le 30 novembre 2024

Europe’s Noise Capital Tries to Turn Down the Volume. www.bloomberg.com/news/feature...

[image or embed]

— Veille Géographie Académie Lille (@veillegeolille.bsky.social) 30 novembre 2024 à 09:13
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Des outils d'IA gratuits pour identifer un lieu à partir d'une photographie

 

Vous connaissez peut-être le jeu Geoguessr (65 millions de joueurs en 2023) où le but est d'identifier son emplacement à partir d’une image issue de Google Street View. Il se pourrait que les nouvelles applications de géolocalisation en ligne viennent offrir une sérieuse concurrence à ce jeu. La géolocalisation d'images à l'échelle planétaire constitue un problème important en raison de la diversité des images et de la difficulté à les interpréter. Même si l'on en est encore à l'aube des outils de géolocalisation par intelligence artificielle, ceux-ci progressent rapidement et donnent des résultats de plus en plus précis. Ce billet présente quelques outils en ligne gratuits permettant d'identifier un lieu à partir d'une simple photographie.


I) GeoSpy, un outil récent mais déjà prometteur

L'application GeoSpy est sortie fin décembre 2023 dans une version beta. La version 0.1 montre des résultats prometteurs, notamment en milieu urbain. L'utilisation est assez simple : il suffit de déposer une photographie d'un lieu et l'application en recherche les coordonnées géographiques. Les résultats ne sont pas toujours précis, mais le taux d'erreur reste acceptable. Il est conseillé d'utiliser des plans un peu larges prenant en compte plusieurs bâtiments, sinon l'application a tendance à se focaliser sur tel ou tel détail architectural. Malgré quelques imperfections, l'outil est en train de gagner en popularité auprès de la communauté du renseignement open source. Le site Bellingcat, qui s'intéresse également à la géolocalisation d'images par des chatbots, est en train de le tester pour l'intégrer à sa panoplie d'outils. L'application peut s'avérer très pratique pour lancer des défis ou accompagner des enquêtes OSINT. Cyber-Détective donne un exemple d'utilisation de GeoSpy avec Openstreetmap pour géolocaliser des panneaux routiers

Contrairement aux méthodes traditionnelles, GeoSpy ne nécessite aucune interrogation par écrit. Son efficacité est liée à la méthode CLIP de lecture d'image par clustering d'OPenAI décrite dans cet article "PIGEON : Predicting Image Geolocations". Le système utilise une combinaison de modèles : CLIP pour comprendre les images dans le contexte du langage naturel, OCR (Optical Character Recognition) pour extraire le texte des images et LLM (Large Language Models) pour comprendre et générer du texte. Dans les prochaines versions, Geospy utilisera des graphes de connaissances, ce qui devrait constituer une avancée significative.

Interface de l'application GeoSpy version 0.1 (source : GeoSpy)



II) Picarta, un service de base gratuit

Picarta, qui vend des services de géolocalisation aux entreprises, offre un service de base pour géolocaliser des images. Il faut cependant s'inscrire pour afficher les résultats sur une carte. Dans l'exemple pris ici, l'application a bien reconnu qu'il s'agissait d'une image de favela au Brésil. Elle a même réussi à indentifier la ville, Rio de Janeiro. Les coordonnées géograhiques restent toutefois un peu imprécises par rapport à la localisation exacte de la favela de Rocinha (écart d'environ 500m).

Interface de l'application Picarta (source : Picarta)



III) Geolocation Estimation, un outil adapté également aux paysages naturels

Alors que la plupart des outils d'IA sont plutôt adaptés au milieu urbain où les batiments sont plus facilement reconnaissables, Geolocation Estimation procède par détection automatique de scènes selon une méthode décrite dans cet article. Ce qui permet de l'utiliser pour des paysages ruraux ou naturels peu denses. L'application propose plusieurs lieux possibles selon les degrés de probabilité indiqués sur une heatmap. Elle permet aussi de récupérer les données EXIF de l'image, si elles sont disponibles. Comme dans les cas précédents, on relève quelques approximations dans la géolocalisation même si l'île de la Réunion a bien été identifiée pour la photographie choisie.

Interface de l'application Geolocation Estimation (source : Geolocation Estimation)



IV) Kosmos-2, une application utile pour commenter une image

Kosmos-2 ne permet pas de récupérer les coordonnées géographiques d'un lieu. Mais l'application peut s'avérer utile pour en obtenir une description sommaire. Une fois la photographie téléchargée et analysée, on obtient un commentaire de l'image où chaque élément du descriptif renvoie à une partie de l'image avec un code couleurs permettant d'associer les deux.

Interface de l'application Kosmos-2 (source : Kosmos-2)


V) Intégrer les photos géolocalisées dans QGIS

Le site Geography Realm propose un tutoriel pour intégrer des photos géolocalisées dans QGIS. 

Les logiciels SIG comme QGIS peuvent lire des images avec des coordonnées géographiques codées, permettant ainsi de cartographier le lieu de prise de vue. L'intégration de ces photographies à vos projets QGIS améliore la visualisation des informations de terrain et offre une connaissance approfondie des situations spatiales. L'intégration de photographies géolocalisées dans QGIS améliore également la compréhension visuelle dans des domaines tels que la surveillance environnementale, l'urbanisme et les relevés de terrain. Une fois que l'on a géolocalisé toutes les photos à l’aide des différentes solutions proposées, on peut ensuite cartographier les emplacements à l’aide du plugin « Importer des photos » dans QGIS.

Pour compléter

« A partir d'une simple photo, cette intelligence artificielle peut vous géolocaliser instantanément » (BFM-TV)

« PIGEON : Predicting Image Geolocations » (arXiv:2307.05845)

« Férus de Géographie » (@FerusdeGeo) propose de reconnaître des lieux géographiques à partir de photographies, avec le hashtag #geofinding. Il devient si facile d'utiliser des outils de géolocalisation pour résoudre les énigmes qu'il est bien préciser : "N’oubliez pas de justifier le mode opératoire qui vous a permis de trouver le lieu, c’est cela qui détermine la Victory".

« Enquête sur la géolocalisation, les métadonnées et les données de localisation implicites : conseils, astuces et outils » (Plessas.nrt). De plus en plus d'outils en ligne proposent une technologie de géolocalisation qui permet de déterminer un emplacement affiché sur des photos, des vidéos et d'autres formes de médias. Cela peut être une capacité essentielle pour les analystes OSINT qui cherchent à localiser un lieu ou une personne d'intérêt. Cependant, il est impératif de savoir quel outil répondra le mieux à vos besoins pour le type d'enquête que vous suivez. 

Lien ajouté le 4 novembre 2025

« Photo de presse ou pièce à conviction judiciaire ? Quand les photojournalistes enquêtent en zone de guerre » (La Revue des médias). Le travail des photographes peut constituer une aide précieuse pour documenter les lieux de crimes de guerre et aider une justice débordée, comme en Ukraine.

Lien ajouté le 4 novembre 2025

« Réel ou généré par IA ? Pourquoi les outils de détection d'image ne sont pas toujours fiables » (France 24). Alors qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer à l’œil nu une image générée par intelligence artificielle, de nombreux outils de détection en ligne assurent pouvoir les détecter. Mais un test mené par la rédaction des Observateurs de France 24 montre pourquoi leurs résultats doivent être interprétés avec prudence.

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Pour aider à géolocaliser des photographies, Bellingcat propose un outil de recherche simplifié à partir d'OpenStreetMap



Images satellites Maxar à télécharger en open data


Maxar exploite une flotte de satellites qui capturent des images de la Terre en haute résolution. En 2022, l'entreprise a gagné environ 1,6 milliard de dollars, en grande partie grâce à la vente des images produites par ses satellites. Maxar publie également des données ouvertes lors de crises majeures. Le programme Maxar Open Data fournit des images satellites haute résolution avant et après l'événement. L'objectif est de faciliter l'évaluation des risques et de fournir un appui à l'intervention d'urgence. La diffusion de ces données ouvertes participent en retour à la notoriété de l'entreprise.

Pour pouvoir télécharger ces images, il faut remplir au préalable un formulaire. Il est cependant possible d'accéder directement au catalogue ARD de Maxar pour une 30e de ces images. Les données prêtes pour l'analyse (ARD) offrent un flux d'images conçues pour minimiser le temps de travail nécessaire pour l'analyse.

Extrait d'image Maxar ARD de San Francisco avec masques de polygones (source : Maxar)

Catalogue Maxar ARD :

Qiusheng Wu, professeur agrégé à l'Université du Tennessee, gère un dépôt GitHub qui contient des métadonnées et des manifestes pour ces images Maxar mises gratuitement à disposition. Mark Litwintschik propose un tutoriel pour extraire et analyser ces images avec GDAL, Python et QGIS.

Autres sites donnant accès à des images satellites lors de catastrophes :

Articles connexes

Cartes et données sur les séismes en Turquie et en Syrie (février 2023)

Cartes et données sur le séisme au Maroc (septembre 2023)


Les images satellites Spot du CNES (1986-2015) mises à disposition du public

Images satellites Landsat 9 mises à disposition par l'USGS

Le programme Landsat, lancé en 1972, fête ses 50 ans d'observation de la Terre

La NASA met à disposition plus de 11 000 vues satellitaires prises ces 20 dernières années

Traitements et cartographie de l’information géographique (Cunty & Mathian, 2023)


Avec la massification des données et la systématisation du référencement géographique de l’information, les cartes constituent aujourd’hui des enjeux importants, tant pour les spécialistes que pour les organismes d’aménagement, d’urbanisme ou le grand public. Cependant, si produire une carte peut paraître facile, le passage concret des données à une carte utile pour la question posée est jalonné par une succession d’opérations précises mobilisant des connaissances en divers domaines : statistique, géographie, cartographie, etc.

Claire Cunty, Hélène Mathian (dir.), Traitements et cartographie de l’information géographique, Isté éditions, 2023 (site de l'éditeur).


L’ouvrage présente une diversité d’enchaînements d’opérations à partir d’exemples variés. Chaque chapitre emprunte un chemin différent, explicitant les choix méthodologiques opérés en fonction du thème traité et du but poursuivi. Cette approche couvrant l’ensemble de la démarche de production d’une carte permettra à tout lecteur, qu’il soit étudiant, chercheur, enseignant ou aménagiste de comprendre les multiples rôles que la carte peut jouer dans des analyses de données géographiques.

Avant-propos et introduction
 
3. Données environnementales et objets cartographiques
4. Cartographier et identifier les formes géographiques : l’exemple de la ségrégation
5. Carte et modèle statistique pour explorer l’hétérogénéité spatiale
6. Cartographier les phénomènes temporels
7. Cartogrammes, anamorphoses : des territoires transformés
8. Exploration, agrégation et visualisation spatiotemporelle de données massives 

Les chapitres sont positionnés le long d'un continuum où sont identifiées les étapes-clés d'un cycle qui relie les données à la carte (cercle orange sur la figure ci-dessous). Les chapitres s'associent, se complètent, renvoient les uns aux autres.

 « Carte des chapitres, ce qui les relie, les notions qui les jalonnent » (extrait de l'ouvrage, p. 16) 


Claire Cunty est enseignante-chercheuse en géographie à l’Université Lumière Lyon 2, membre de l’UMR Environnement Ville Société. Ses recherches portent sur la conception et les usages des interfaces de géovisualisation d’informations spatiotemporelles ainsi que sur les approches numériques des cartes sensibles.Elle fait partie de l’équipe de pilotage du master Géographies Numériques des Universités Lyon 2 et Saint-Etienne.

Hélène Mathian est ingénieure CNRS en méthodes d’analyse spatiale à l’UMR Environnement Ville Société. Ses travaux intègrent la dimension spatiale dans les traitements et modèles statistiques, et la géovisualisation comme élément d’exploration des données géographiques et des dynamiques spatiales. Elle fait partie de l’équipe de pilotage du master Géographies Numériques des Universités Lyon 2 et Saint-Etienne.

Pour compléter

Françoise Bahoken (17 novembre 2024). [Book] Traitements et cartographie de l’information géographique. Carnet (neo)cartographique. https://neocarto.hypotheses.org/21483

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Utiliser l'application Observable pour créer ses propres visualisations de données


Source : « Observable pour les géographes »  (Nicolas Lambert, blog Neocarto, 1er décembre 2021).

Observable est une startup fondée par Mike Bostock et Melody Meckfessel, qui propose une plateforme 100% en ligne pour concevoir, partager et diffuser des visualisations de données (à partir de javascripts simplifiés).

Depuis plus d'un an, Nicolas Lambert réalise des cartes et des visualisations de données avec Observable. Dans un notebook (billet de blog), il explique pourquoi il considère que cet environnement est idéal pour créer des cartes. 

Au premier abord, l'application Observable semble réservée aux geeks initiés aux lignes de code informatique. Avec quelques conseils et un peu de patience, on finit par y arriver !

Voir la vidéo de présentation d'Observable proposée par Nicolas Lambert.

Comment utiliser Observable quand on est géographe avec une collection d'exemples

Liens ajoutés le 8 juin 2023


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Cartographie des noms qui servent à désigner les couleurs en Europe


La manière de désigner et même de se représenter les couleurs varie d'une langue à l'autre. Le site Mapologies propose une série de cartes concernant l'étymologie des noms de couleurs en Europe. http://mapologies.wordpress.com/2020/11/25/colors/

La couleur bleue dans différentes langues classées selon l'étymologie (source : 🄫 Mapologies)


Le bleu est l'une des couleurs les plus intéressantes, car selon les chercheurs, c'est l'une des dernières à se différencier dans nos langues. Au Japon par exemple, jusqu'à récemment, on ne distinguait pas le vert du bleu. Certaines langues dont le russe distinguent le bleu clair et le bleu foncé, avec deux mots complètement différents. D'autres cultures ou civilisations anciennes ont pu manquer d’intérêt pour les couleurs "froides", mais cela ne signifie pas qu’elles n’avaient pas la capacité de les voir (la vision est biologique, tandis que la perception est culturellement déterminée). L'histoire du mot bleu est l'histoire de la difficulté à extraire les pigments et les colorants.

Le site Mapologies propose d'autres cartes étymologiques des noms de couleurs concernant l'orange, le violet, le rose, le rouge, le jaune et le vert. Le site s'intéresse également aux différentes manières de désigner les termes carte, jour/nuit, santé, vaccins, seringue, zéro... mais aussi comment on manifeste qu'on ne comprend pas en comparant à une autre langue (par exemple : c'est du chinois pour moi).


Pour aller plus loin

Przemysław Dębowiak (2010). Les couleurs dans les noms de lieux habités en France. Romanica Cracoviensia.
http://www.academia.edu/13015484/Les_couleurs_dans_les_noms_de_lieux_habit%C3%A9s_en_France

Étudier la structure et l'évolution des logements dans 50 métropoles des États-Unis


Le géant du marketing immobilier Zillow est bien connu dans le domaine de l'achat, de la vente et de la location de biens immobiliers aux Etats-Unis. Créée en 2006, la société a été l'une des premières à proposer à ses clients d'estimer leurs biens immobiliers directement en ligne en fonction des prix du marché. Un modèle de marketing qui a largement inspiré d'autres sites comme par exemple MeilleursAgents.com

Zillow a publié en décembre 2019 une étude portant sur 50 métropoles américaines, avec des données très intéressantes qui permettent d'étudier les types de logements en fonction des espaces urbains et des périodes. Il y a actuellement près de 140 millions de logements aux États-Unis. Analyser où, quand et comment ceux-ci ont été construits permet de retracer l'histoire de la croissance métropolitaine américaine. 

Les données présentées dans les cartes sont issues de l'American Community Survey (2013-2017) conduite par le Census.gov et permettent de suivre la croissance et l'étalement urbains depuis les années 1940. Le site Zillow fournit également ses propres données sur le marché immobilier américain à travers la rubrique Data de son site. 

En légende, sont indiquées les grandes périodes d'urbanisation (avant 1940, 1940-60, 1960-80, 1980-2000, 2000-2017) que l'on peut cocher ou décocher. En couleurs figurent les 3 types de logements retenus : maisons uni-familiales en bleu, petits et moyens immeubles d'appartements (de 2 à 49 logements) en jaune, grands immeubles d'appartements (50 unités ou plus) en violet. Ce qui permet de bien distinguer les banlieues pavillonnaires des habitations plus en hauteur en centre-ville (bien que la tendance soit aujourd'hui à densifier aussi les couronnes périurbaines). Le degré de transparence correspond à la densité des logements - plus transparent signifie moins dense, plus opaque signifie plus dense. Ce qui permet de mettre en évidence la densité du bâti.

Le site propose de prendre trois régions métropolitaines (Los Angeles, Houston et Détroit) pour illustrer trois types de développement urbain très différents. Il est possible de faire d'autres choix parmi les 50 métropoles proposées (on peut aussi voir comment les autres métropoles peuvent ou non se rattacher à ces trois grands types).

Structure et évolution des logements à Los Angeles (source : Zillow)



Structure et évolution des logements à Houston (source : Zillow)



Structure et évolution des logements à Détroit (source : Zillow)


En complément, voici d'autres sources pour étudier l'évolution du bâti dans d'autres grandes métropoles :

Pour comparer : les villes américaines avec leur bâti telles que représentées dans le Times Atlas de Bartholomew (1922).


Lien ajouté le11 avril 2021


Liens ajoutés le 28 avril 2021


Lien ajouté le 13 août 2021
Lien ajouté le 28 novembre 2021
Lien ajouté le 20 janvier 2022
Lien ajouté le 4 avril 2022
Lien ajouté le 2 octobre 2022
Lien ajouté le 21 septembre 2024
Lien ajouté le 17 novembre 2024

Part du télétravail aux Etats-Unis d'après les données de recensement de 2023. Dans les grandes métropoles, le travail à domicile est souvent plus répandu dans les banlieues aisées. Cela étant dit, les centre-villes de nombreuses PUMA ont une part de télétravail supérieure à 25 %, ce qui soulève des questions sur les tendances à long terme en matière de retour au bureau (walker-data.com)
Lien ajouté le 12 décembre 2024

« Comment les personnes chauffent leur logement aux Etats-Unis ? »

La géographie du chauffage domestique divise le pays en régions distinctes, chacune dominée par différents types de combustibles. Comprendre pourquoi certaines maisons et certaines zones utilisent différentes sources de combustible est une question de géographie. Cette analyse est basée sur les données de l'American Community Survey  réalisée en 2021.
https://www.maps.com/home-heating-fuels/

Lien ajouté le 29 octobre 2025

« La politique de logement anti-immigrés de l'administration Trump reflète une longue histoire de xénophobie dans le logement social » (The Conversation).

Rahim Kurwa, sociologue à l’Université de l’Illinois Chicago, montre que la politique anti-immigrés du gouvernement Trump dans le logement prolonge une longue histoire de xénophobie urbaine aux États-Unis, nourrie par la peur et l’exclusion. Aux États-Unis, les prix immobiliers ont augmenté de 60% depuis 2019 et 22 millions de locataires dépensent plus de 30% de leurs revenus pour se loger. Pourtant, le vice-président JD Vance accuse les immigrés d’être responsables de la crise. Les recherches contredisent ces accusations. Les déportations aggravent la crise en réduisant la main-d’œuvre du bâtiment, ce qui limite la construction de logements et fait monter les prix. L’immigration n’est donc pas un facteur central. Rahim Kurwa inscrit ce discours dans une continuité historique. Dès les années 1950, des figures d’extrême droite comme Gerald L.K. Smith liaient nationalisme chrétien, anticommunisme et rejet des immigrés dans la politique du logement. Des lois adoptées entre 1980 et 1996 ont progressivement exclu les sans-papiers de l’aide publique au logement, créant une hiérarchie d’accès à l’habitat selon le statut légal. Les plus précaires restent les plus exposés aux logements insalubres. L’administration Trump veut aller plus loin : expulser les familles entières si un seul membre est jugé inéligible à l’aide. Environ 25.000 ménages seraient concernés, alors que 700.000 logements publics ont déjà été perdus depuis 1990. En parallèle, les tarifs douaniers sur le bois, l’acier et l’aluminium ont renchéri la construction de 10.900 $ par maison. Ces choix économiques renforcent la pénurie et la vulnérabilité des ménages américains les plus modestes. Pour Rahim Kurwa, cette politique illustre un détournement du débat. La crise du logement résulte d’un sous-investissement public, non de la migration. Une approche inclusive du logement renforcerait la cohésion urbaine et sociale.

Lien ajouté le 31 octobre 2025

« Les loyers à New York : une hausse continue malgré les mesures de la mairie » (revue Conflits).

John Mackenzie analyse la crise du logement à New York, métropole où le loyer moyen dépasse 3 900 dollars mensuels contre 1 576 dollars aux États-Unis. Malgré l’interdiction d’Airbnb, la ville reste piégée entre attractivité mondiale et pénurie structurelle. À New York, le logement est devenu un luxe. Malgré les mesures de la mairie, dont l’interdiction quasi totale des locations Airbnb, les loyers continuent de grimper. L’interdiction des locations de courte durée type Airbnb, via la loi locale 18, a supprimé 80% des annonces. Mais elle n’a eu aucun effet sur les loyers, car ces logements ne représentent qu’une part marginale du parc locatif. Certains propriétaires, privés de revenus touristiques, ont compensé en augmentant leurs loyers de longue durée. L’échec de la régulation illustre les limites d’une politique centrée sur la contrainte plutôt que sur la construction. La métropole mondiale révèle ici une géographie urbaine des inégalités. Face à la rareté foncière et à la pression démographique, seule une politique de production massive de logements pourrait stabiliser durablement le marché

Lien ajouté le 13 novembre 2025

« L’intelligence artificielle est arrivée à San Francisco. Un véritable boom immobilier s’en est suivi » (Smart Cities Dive).

Les logements s’arrachent à prix d'or alors que la ville regorge d’emplois bien rémunérés dans le domaine de l’IA, mais une pénurie de logements se profile à l’horizon, selon une analyse de Redfin. Ryan Kushner analyse un basculement territorial lié à l’essor fulgurant de l’IA. Les chercheurs du marché immobilier montrent que l’arrivée massive d’emplois très rémunérés à San Francisco et San José déclenche un boom d’achats et recompose profondément la géographie résidentielle. En septembre 2025, les ventes en attente grimpent de 17% contre moins de 1% aux USA. Les nouveaux salariés de l’IA, jeunes et bien payés, accèdent plus vite à la propriété. Cette dynamique crée une pression intense dans des espaces déjà parmi les plus chers du pays. Le territoire connaît aussi un retour marqué au bureau. Les visites augmentent de 19% et renforcent la demande de logements proches des pôles technologiques. Le prix médian atteint 1,85 million $, niveau le plus haut depuis 2022 révélant une flambée immobilière concentrée dans la baie. L’offre demeure rare. San Francisco est le seul comté de la région sans hausse d’inventaire. Les propriétaires attendent une baisse des taux pour vendre, ce qui bloque le marché. Cette faible rotation renforce la tension et accentue une forte compétition entre acheteurs solvables. Les zones proches des transports et des écoles. Cette stratégie vise à créer un espace urbain plus mixte, capable d’accueillir familles et travailleurs du secteur technologique. Les critiques craignent cependant une multiplication de projets haut de gamme qui excluraient les ménages modestes. L’étude montre ainsi un territoire sous pression où l’essor de l’IA redéfinit prix, mobilités et ségrégations, enjeux centraux de la baie. 

Liens ajoutés le 23novembre 2025

« Graphique. Le déclin de l’accessibilité au logement aux États-Unis (1967-2023) » (Visual Capitalist).

L'accessibilité au logement s'est considérablement détériorée depuis les années 1970, les prix augmentant plus vite que les revenus. Le prix de vente médian d'une maison neuve aux États-Unis a atteint 428 600 $ en 2023. Ce prix était plus de cinq fois supérieur au revenu médian des ménages, qui s'élevait à 80 610 dollars. Le graphique illustre l'évolution du prix de vente médian des logements résidentiels privés nouvellement construits (maisons et appartements compris) et du revenu médian des ménages depuis 1967. Les données de ce graphique proviennent du Bureau du recensement (prix des logements et revenus des ménages). L'indice CPI-U de la Réserve fédérale a été utilisé pour convertir les deux montants en dollars de 2023 afin de permettre une comparaison équitable.

« Comment aggraver encore la crise du logement ? Donald Trump a un plan » (The Guardian).

Une proposition vantant les mérites des prêts hypothécaires sur 50 ans pourrait doubler les paiements d'intérêts et aggraver les inégalités. Les États-Unis font figure d'exception en matière de prêts immobiliers. Dans la plupart des pays, le taux fixe n'est valable que pendant quelques années avant de s'ajuster en fonction des taux d'intérêt en vigueur.

Lien ajouté le 13 janvier 2026

« Pénurie de logements aux États-Unis par États, comtés et villes » (AEI Housing Center).

Cette carte présente les estimations de la pénurie de logements dans les comtés américains, en supposant un déficit national d'environ six millions de logements. La pénurie est exprimée ici en pourcentage du parc de logements existant, ce qui permet de mettre en évidence les différences entre les grands comtés urbains et les petits comtés ruraux. 


Lien ajouté le 5 mars 2026

« En défense du QIMBY (Quality In My Back Yard
» (Planetizen).

Les États-Unis ont besoin de davantage de logements, mais l'offre ne suffit pas. Le problème de fond réside dans l'inadéquation entre l'offre et la demande, tant en termes de localisation que de type de logement. Nombre de logements vacants se situent dans des zones dépeuplées ou ne répondent pas aux besoins (taille, type, état ou coût inadéquats). Cela souligne l'urgence de construire davantage de logements de types spécifiques, dans des zones ciblées. La « qualité » implique que les nouveaux bâtiments ne devraient jamais être plus hauts que les bâtiments plus ancien. Mais la qualité est par nature subjective, et chacun valorise des choses différentes. L'urbaniste Michael W. Mehaffy (Arizona State University) défend le concept de QUIMBY (Qualité dans mon jardin). Il propose d’impliquer les habitants en amont pour définir collectivement la qualité des projets urbains et améliorer la production de logements. Aux Etats-Unis, la crise du logement n’est pas seulement une question de quantité. Le recensement compte 148,3 millions de logements dont 15,2 millions vacants, alors qu’environ 770.000 personnes sont sans domicile. Le problème tient surtout à la localisation et au type de logements disponibles. Beaucoup de logements vacants se trouvent dans des régions en déclin démographique ou ne correspondent pas aux besoins. taille, prix ou état inadaptés. Le défi urbain devient donc géographique. produire les bons logements, aux bons endroits, dans des marchés immobiliers sous tension. Les conflits d’aménagement reposent souvent sur la peur des impacts locaux. trafic, stationnement, ombre portée, perte de vue ou dégradation esthétique. Les habitants ne rejettent pas toujours la densité en soi. Ils redoutent surtout une dégradation concrète de leur cadre de vie. Les recherches en psychologie montrent une convergence des préférences esthétiques chez la plupart des habitants. Pourtant, les architectes et urbanistes évaluent souvent les projets différemment. Ce décalage alimente la méfiance et renforce les oppositions locales aux projets urbains. La démarche QUIMBY propose une autre logique. Au lieu d’opposer NIMBY et promoteurs, les habitants participent dès le départ à définir les formes urbaines acceptables. Des enquêtes visuelles comparent différents types de logements et orientent ensuite les règles d’urbanisme. Des villes comme White Salmon (État de Washington) ont appliqué cette méthode. Les habitants ont sélectionné 16 modèles de "middle housing" et 6 maisons préapprouvées. Les réformes ont permis plus de logements, moins d’obligations de stationnement et une opposition très limitée. Cette approche vise à transformer la gouvernance urbaine. En définissant la qualité architecturale et urbaine en amont, les règles deviennent + claires et les projets avancent plus vite. La planification urbaine devient alors un processus coopératif plutôt qu’un conflit permanent. 

Lien ajouté le 12 mai 2026

« Cartographie : Les secteurs où le logement absorbe la plus grande part des revenus » (Visual Capitalist).


Dans certaines régions des États-Unis, le logement représente jusqu'à la moitié du revenu d'un ménage. Cette carte montre comment les coûts du logement — y compris le loyer, les prêts hypothécaires et l'énergie — se comparent au revenu médian des ménages dans les 50 États en 2026. L'écart est frappant : les États côtiers sont confrontés à certaines des charges les plus élevées, tandis qu'une grande partie du Midwest reste beaucoup plus abordable. Les données proviennent de WalletHub (mars 2026), qui a analysé les dépenses de logement par rapport aux revenus afin de classer les États du plus au moins abordable.

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